CONTROLE DE LA TRÉSORERIE
des facultés d'un ordre inférieur, reçoivent des traitements considérables ; la Trésorerie le sait bien, mais ces agents sont fils, cousins, neveux des juges et l'on n'ose apporter aucun trouble dans des existences aussi précieuses. De l'autre côté, il s'agit d'un intérêt social de premier ordre, d'assurer la poursuite et la répression des crimes : c'est ici, que J/y Lords 1 ont beau jeu pour déclarer que, lorsqu'il s'agit des deniers de l'État* aucune économie n'est à négliger.
Qu'un malheureux conducteur d'omnibus perde sa journée pour venir témoigner, devant une cour de police, au sujet d'un fait qui s'est passé dans son véhicule, on refuse de lui rembourser le prix de sa journée2, ou bien l'on donne aux témoins des indemnités dérisoires de un franc quatre-vingts, en les obligeant à perdre plusieurs heures et à faire plusieurs lieues pour aller les toucher, de telle sorte qu'ils préfèrent souvent y renoncer. Lorsque les cours de sessions trimestrielles oui taxe les frais de poursuites criminelles, la Trésorerie trouve encore à tondre. Dans le Lancasbirc, elle supprime une allocation de vingt-trois shillings et demi, allouée à un avocat pour la rédaction d'un acte d'accusation ou elle réduit d'une gujnée à une demi-guinée les li moraires d'un médecin appelé comme expert. Dans 1*' Kent, elle diminue de quarante-quatre à vingt- trois shillings les honoraires de l'avocat qui a soutenu une
l. — Toutes les communications adressées à un personnage ou à uni; autorité quelconque, au nom <le la Trésorerie, sont invariablement faites au nom de My Lords. Il va sans dire que les Lords de la Trésorerie ne se mêlent en rien de l'administration et ne savent rien de ce qui - y fait. (Voir le Gouvernement et le Parlement britanniques, vol. I,
ch. XVI.)
i. — (Jour de police de Westminster, 2o août 1887.
LE GOUVERNEMENT ET LA JUSTICE
accusation, etc. Les magistrats protestent, ils s'adressent à la haute Cour; la section du Banc de la Reine, tout en s'avouant impuissante, blâme hautement les procédés de My Lords ; ces derniers font la sourde oreille. En réalité, on ne saurait trop les blâmer d'exercer, sur le budget de la justice, un vigilant contrôle. Bien des abus ont déjà été réformés, mais il en reste encore beaucoup à déraciner et la tâche est ingrate autant qu'ardue. Peut-être seulement vaudrait-il mieux : Parcere subjectis et debellarc super bas l.