‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 222 sur 441 · II. — DROITS ET DEVOIRS DES AVOCATS · texte numérisé non relu

II. — DROITS ET DEVOIRS DES AVOCATS

A partir du moment où il est appelé à la barre, l'avocat jouit de tous les droits et est soumis à toutes les obligations que comporte le titre de barrister.

En ce qui concerne les droits du barreau, le principal consiste dans le privilège exclusif de plaider devant les cours civiles et criminelles; cependant, devant les cours de sessions trimestrielles, les solicitors peuvent se présenter à la barre, concurremment avec les avocats, toutes les fois où ceux-ci ne sont pas assez nombreux pour constituer un bar. On considère généralement que la présence de quatre avocats est nécessaire à cet effet; en cas de difficulté sur ce point, les magistrats tranchent la question l.

Les avocats ont droit au titre à! esquive ; ils ne peuvent être arrêtés, si ce n'est pour crime, lorsqu'ils sont devant une cour ou dans une tournée de circuit; ils sont dispensés du service du jury, enfin, ils ont droit à la liberté de la parole, dans l'exercice de leur profession.

Quant aux obligations, elles résultent à peu près exclusivement de la coutume ; elles n'ont jamais été codifiées ou même écrites. Ces usages se transmettent

de la situation respective des avocats était absolument choquant et l'inégalité des parties aussi accentuée qu'il soit possible de le concevoir. Je dois dire néanmoins que, pendant les quatre audiences qu'a duré le procès (du 2 au 5 juillet 1888), l'attorney général a eu pour son jeune confrère autant d'égards qu'il aurait pu en témoigner aux plus anciens du barreau et j'ai à peine besoin d'ajouter que le lord chef justicier a montré la plus stricte impartialité; mais, en outre, il était visible que le jury, comme le public, se montrait sympathique au plus faible. 1. — Rex v. Justices of Denbighshire, 9, Q. B. Rep., 279.

LE BARREAU

de génération en génération et s'apprennent de la même façon que les habitudes sociales; leur ensemble constitue ce que l'on appelle l'étiquette du barreau (étiquette of the bar). Leur importance est. d'ailleurs, très inégale : il y a, en celte matière, des fautes vénielles et des manquements graves. Le jeune avocat qui charme les loisirs du circuit en flirtant avec la fille d'un avoué et en dansant avec elle, ou celui qui se laisse aller à dîner chez un solicitor l, échappe généralement à la censure, mais l'avocat qui change indûment de circuit peut être certain d'être envoyé à Coventry 2.

Le premier soin d'un débutant est de choisir sa spécialité. En principe, tout barrister peut aujourd'hui plaider devant toutes les cours, sans aucune exception ; mais, en fait, chaque avocat se consacre spécialement à une certaine catégorie d'affaires. Les uns se dirigent vers ce que l'on appelle le barreau parlementaire (parliamentary bar), c'est-à-dire qu'ils comparaissent devant les comités des deux Chambres, chargés d'examiner les bills privés 3. Les autres s'occupent soit des causes de divorces, de testaments ou d'amirauté, soit des affaires portées devant les cours ecclésiastiques. Le plus grand, nombre se consacre aux deux principales sections de la haute Cour de justice : la Chancellerie et le Banc de la Reine.

Page 1