‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 232 sur 441 · LES HONORAIRES · texte numérisé non relu

LES HONORAIRES

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comme les juges, et parfois avec eux ; ils logent à l'auberge et il v a même, dans chacune des villes du circuit, un hôtel spécialement choisi pour la tenue du bar mess et dans les caves duquel sont emmagasinés les vins i. Tout cela est très agréable, sans doute, et la compagnie est souvent joyeuse, surtout après dîner, mais, à l'audience, pour un avocat qui tient un brief, combien ont les mains vides 2 î

C'est seulement après plusieurs années qu'un avocat peut espérer recevoir à peu près autant qu'il dépense et il faut un long temps pour qu'il parvienne à gagner des sommes importantes. On se fait souvent, sur ce point, des illusions qu'il convient de rectifier; on parle de l'énormité des honoraires payés aux avocats et l'on cite des chiffres fabuleux, qui peuvent, d'ailleurs, être exacts, mais on oublie d'aller au fond des choses. La vérité, c'est qu'au barreau Lcomme autre part la loi de l'offre et de la demande produit ses effets naturels. Il y a des hommes de premier ordre, que tout plaideur désire avoir pour soi et il est bien rare que, dans une grave affaire, ils ne soient pas retenus par l'une ou par l'autre des parties. Sans doute, il faudra leur donner des ho-

1. — Les avocats mangent la cuisine de l'hôtel, mais ils ont, dans chacune des villes où se tiennent les assises, un dépôt de vins leur appartenant et dont le soin est confié au trésorier du circuit.

2. — J'ai vu, à certaines audiences de sessions trimestrielles, sept affaires inscrites au rôle ; un seul des accusés avait un défenseur et il y avait, sur les bancs, plus de vingt avocats. Même chose en circuit; j'ai vu, dans maintes villes, un nombre insignifiant de causes civiles et criminelles : les premières presque toutes plaidées par le leader du circuit et par un autre conseil de la Reine, assistés de deux juniors, les dernières généralement assez courtes ; encore l'accusé n'était-il défendu par un avocat que dans deux ou trois cas. Il y avait vingt avocats, quelquefois trente et plus, venus de Londres et suivant le circuit, et c'est à peine si cinq ou six étaient employés.

L E BARREAU

noraires considérables, mais cette dépense est souvent insignifiante, en comparaison de l'énormité des intérêts en jeu et de l'importance capitale d'avoir pour soi le plus habile avocat.

Dans certaines affaires exceptionnelles, X attorney général, ou l'un des trois ou quatre principaux leaders aura facilement quarante mille francs marqués sur son brief et recevra, en outre, 2.650 francs de refresher pour chaque audience, ce qui, s'a joutant à un retainer spécial, pourra former, à la fin, une assez belle somme1; mais, dans les cas ordinaires, on est bien loin de ces chiffres.

En dehors du retainer^ qui est généralement d'une guinée, sauf lorsqu'il s'agit d'un grand avocat, auquel on donne un retainer spécial, le barrister reçoit un droit de consultation, qui es1 de deux «ruinées pourles conseils de la Reine et de une guinée pour les juniors. Moyennant cette somme, il consacre une heure à causer avec l'avoué; si l'entretien se prolonge au delà, c'est double droit: l'étiquette est même en train de se modifier, sur ce point, et les avocats commencent à poser la règle que la durée réglementaire delà consultation doit être d'une demi-heure seulement. Vient ensuite le fee marqué sur le brief: dans une affaire, même importante, l'avoué indiquera le chiffre de cinquante à soixante guinées pour le leader, de trente guinées pour le junior et de vingt guinées pour le troisième avocat.

i. — Le lord chief justice d'Angleterre m'a dit avoir reçu, pour l'affaire Tichborne, qu'il a plaidée étant soliciter général, 150.000 francs. Il ajoutait qu'il y avait certainement perdu, à cause du nombre considérable de brie/s qu'il avait dù refuser, pendant le temps de cet interminable procès.

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