III — L'INAMO VI B IL I TÉ
La magistrature a été, pendant de longs siècles, à la fois servile et vénale. Sa complaisance pour le Souverain était naturelle, en des temps où les juges étaient desimpies officiers de la Couronne et où l'on admettait encore, dans une certaine mesure, la fiction légale que le Roi rendait personnellement la justice. Contre ce mal, pas de remède tant que le pouvoir royal fut à peu près absolu. Quant à l'improbité, au contraire, on essaya plusieurs fois delà réprimer.
Sous le règno d'Edouard Ier, en 1290, le chancelier Robert Burnel, homme intègre et zélé, accusa les juges d'actes de corruption et même de faux : John de Mattingham et Elias de Bekingham furent acquittés, mais tous leurs collègues furent reconnus coupables. Le chef justicier des Plaids communs fut condamné au bannissement pour la vie et ses biens furent confisqués : le baron en chef de l'Échiquier fut frappé d'une amende de 34.000 marcs, le chef justicier du Banc du Roi dut payer 7.000 marcs, et le maître des rôles 1.000 marcs1. Ce cas n'est pas le seul que l'on puisse citer et, en dehors des faits qui furent découverts et punis, combien ne furent ni connus ni réprimés !
Il faudrait,en quelque sorte, raconter l'histoire desTudorspour montrer le rôle à la fois ignoble et cruel de la plupart des juges, pendant cette triste période de l'histoire d'Angleterre. Les paroles manquent pour flétrir la