Foss, Judges of England, vol. VIII
2. — Lord Mansfîeld, par exemple, voulant sauver un prêtre traduit devant lui, sous prévention du crime, alors impardonnable, d'avoir exercé les fonctions sacerdotales, parlait ainsi au jury: « Quant au point de savoir si l'accusé est un prêtre, vous ne devez pas tirer cette conclusion du fait qu'il a prêché, car un diacre peut prêcher et faire toutes les cérémonies que l'accusé a faites. Il n'y a pas de preuves qu'il soit prêtre, car on n'a fait entendre aucun témoin qui ait assisté à son ordination. Vous ne devez pas conclure qu'il est prêtre parce qu'il a dit la messe, ou qu'il a dit la messe parce qu'il est prêtre. » (Campbell, Lives of the chief justices, vol. II, p. 515.) De même un juge, voulant épargner à un accusé les rigueurs des lois très sévères sur la chasse, engageait le jury à déclarer que le gibier n'avaitpas été tué, mais était mort de peur.
LA MAGISTRATURE
le règne de Georges III 1 ». Ni lord Mansfield, ni aucun desjuges ne méritaient un aussi grave reproche; mais, à l'exception de lord Camden, les magistrats les plus éminents de ce règne étaient contraires à la liberté. « Quels hommes furent jamais aussi liés avec la Cour, aussi fidèles aux principes du gouvernement arbitraire, aussi hostiles aux droits populaires et aux réformes que lord Mansfield, lord Thurlow, lord Loughorough, lord Eldon et lord Ellenborough? Mais, à peine les principes de la liberté et du goinernement responsable curent-ils triomphé, que les juges furent animés d'un esprit libéral et indépendant. Ils administrèrent désormais la justice, à la manière de lord Camden et poussèrent à la revision des lois, avecla sagesse d'hommes d'Etat2. » Ce mouvementne s'estpas arrêté, et l'on peut dire que, depuis lors, la magistrature n'a pas cessé de s'élever moralement.