‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 253 sur 441 · SON INDÉPENDANCE · texte numérisé non relu

SON INDÉPENDANCE

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ment impossible de la rétablir. Si Ton excepte le lord haut Chancelier, qui est, en réalité, un ministre, aucun des juges ne prend part aux affaires publiques, et ceux d'entre eux qui font partie de la Chambre des lords ne se mêlent guère aux débats que pendant la discussion des questions affectant la législation civile et criminelle ou l'administration de la justice

Peut-être pourrait-on croire que les magistrats se laissent influencer par la reconnaissance envers les ministres qui les ont nommés; en fait, il n'en est rien. Sir Robert Walpole, le grand maître dans l'art de mener ses semblables, définissait la gratitude : « l'espérance de nouvelles faveurs. » Les hommes, ajoutait-il, « pensent moins à ce qui leur a été donné qu'à ce qui leur sera donné ». Or il se trouve précisément que les juges, une fois en possession de leur siège, n'ont plus rien à attendre du pouvoir.

Autrefois, il arrivait assez souvent qu'un magistrat fût promu à un plus haut rang, et ce système provoquait de sérieuses critiques. Lord Brougham n'hésitait pas à poser en principe qu'un juge ne devrait jamais recevoir d'avancement2. Suivant lui, la promotion d'un juge puisne au rang de chef justicier était extrêmement critiquable; elle tendait à rendre les magistrats complaisants pour le pouvoir, en les habituant à rechercher ses faveurs et à s'occuper de politique. Ce mal n'est plus à redouter aujourd'hui, car, d'un côté, la place de chef justicier des Plaids communs et celle de chef baron ont été

1. — Tous les juges peuvent être membres delà Chambre des lords, mais aucun d'eux, saufle maître des rôles, ne peut faire partie de la Chambre des communes.

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