‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 396 sur 441 · Municipal corporations commission; firit report, p · texte numérisé non relu

Municipal corporations commission; firit report, p

L'A NGI EN SYSTEM E

de se faire une idée de ce qu'était cette organisation, ou plutôt ce manque d'organisation1.

Un auteur écrivait, à la fin du siècle dernier2, en parlant de la ville de Londres : « Les watchmen chargés de protéger les vies et les propriétés d'habitants résidant dans huit mille rues, cours ou allées et dans cent cinquante-deux mille maisons composant la capitale et les faubourgs, sont sous la direction de soixante-dix autorités diverses, organisées par un nombre peut-être double d'actes locaux du Parlement, dillérents les uns des autres, et en vertu desquels ces directeurs, gardiens, gouverneurs, fidéi commissaires ou vestries, suivant les titres qu'ils prennent, sont autorisés à agir, chacun ne s'occupant que de son quartier, paroisse, hameau, liberté ou enceinte.» Mal recrutés,mal payés, mal dirigés,

1. — Shakspeare nous a laissé une piquante satire de la façon dont les constatées de son temps exerçaient leurs fonctions.

Dogberry. Appréhendez au corps tous les vagabonds. Vous devez ordonner à tout passant de s'arrêter au nom du Prince. — Le constabte. Et s'il ne veut pas s'arrêter ? — Doyberr y. Alors ne prenez pas garde à lui et laissez-le passer..., vous éviterez ainsi de faire du bruit dans les rues. — Le gardien. Nous aimons mieux dormir que bavarder : nous savons quel est le devoir du guet. — Doyberry. Bien, vous parlez comme un ancien, prenez garde seulement qu'on vous vole vos piques. Ensuite, vous devez frapper à tous les cabarets et commander à ceux qui sont ivres d'aller se coucher. — Le gardien. Et s'ils ne le veulent pas? — Dogberry. Alors laissez-les tranquilles. Si vous rencontrez un voleur, moins vous aurez affaire à lui et mieux ce sera. — Le gardien. Ne mettrons-nous pas la main sur lui? — Dogberry. Vous le pouvez, mais la manière la plus tranquille est de le laisser montrer ce qu'il est, en fuyant votre compagnie. .. Si vous entendez un enfant crier, pendant la nuit, vous devez appeler la nourrice et le faire taire. — Le gardien. Et si la nourrice est endormie et n'entend pas? — Dogberry. Alors, allezvous en paisiblement et laissez l'enfant l'éveiller lui-même par ses cris... Le guet ne doit offenser personne et c'est faire offense à un homme que de l'arrêter contre sa volonté. [Beaucoup de bruit pour rien, acte III, scène ni.)

2. — Colquhoun, Treattse on the police of the melropolis , publié en 1796, p. 2o2.

LA POLICE

ces agents ne rendaient, pour ainsi dire, aucun service.

« Nos ancêtres, dit E. May, se fiant à la sévérité de leurs châtiments, pour la protection de la vie et de la propriété, s'inquiétaient peu de prévenir le crime. La capitale était abandonnée aux soins des veilleurs de nuit, âgés et ivrognes, et de misérables agents de sûreté, compagnons ou associés des voleurs, a Les abus de cette police, notoires depuis de longues années, étaient un sujet constant de moquerie et de reproches *.

Cependant, en 1749, il y avait eu une première tentative d'organisation : Henry Fielding, surtout connu comme auteur dramatique, satiriste etjournaliste, ayant essayé, en vain, de réussir au barreau, obtint, grâce à lord Lyttelton, la place de magistrat de Bov streeU Il traita d'abord sa nomination comme une plaisanterie, mais il ne tarda pas à s'intéresser à son métier el à prendre ses fonctions au sérieux. On voit, par les récits qu'il a lui-même laissés dans Jonathan IVild, h quel point il était infatigable, siégeant seize heures sur vingtquatre. Plus honnête que ses collègues, les trading^ justices dont j'ai parié, il réussi t à diminuer singulièrement le nombre des vols-. Il dut se retirer, en 1 7 3 . et fut remplacé par son demi-frère, homme très clairvoyant, quoique aveugle3.

4. — Les caricatures représentaient le watchman (Charley) auquel on avait arraché son bâton, sa lanterne et son manteau, et que i'on avait enfermé dans sa guérite, en la retournant contre le mur.

2. — Un de ses procédés fut très simple. On offrait une prime de cent livres pour l'arrestation des voleurs; de pauvres diables s'entendaient: l'un deux commettait un vol. l'autre le dénonçait et touchait la prime. Fielding supprima les primes. (Voir Perc y Fitzgerald, Chronicles of Bow strèet public office.)

3. — 11 n'hésita pas à faire fermer les théâtres patronnés par les plus puissants personnages et il répondit tranquillement à ceux qui se

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