‹ Le système judiciaire de la Grande Bretagne (volume 2)Chapitre 397 sur 441 · L'ANCIEN SYSTÈME · texte numérisé non relu

L'ANCIEN SYSTÈME

Son successeur, sir W. Addington, resta, pendant vingt-ans1, de 1780à 1800, àla tète de la police; en I796j il attacha à la station de Bow strect huit agents spéciaux, dits runncrs, dont le chef, le fameux Townsend, devint le favori de Georges III. C'étaient des gens fort habiles, mais peu scrupuleux 1 : il y avait, en dehors d'eux, six constables pour chacune des autres stations et soixante-sept agents de police à cheval.

Tout cela était bien insuffisant, malgré les soi-disant organisations paroissiales. A Westminster, par exemple, il y avait une cour leet présidée par le doyen ou le haut intendant, qui chargeait quatre-vingts marchands de remplir les fonctions de constables, pendant une nuit sur quinze, sauf empêchement, ce qui veut dire que les constables se faisaient remplacer, moyennant finance, par le premier venu.

Le Parlement avait nommé plusieurs fois, et notamment en 1770, 1793 et 1812, des comités pour étudier les réformes à introduire : rien de sérieux n'avait été fait ; rien, non plus, après les rapports présentés en 1818, en 1822 et 1828 2. Enlin, sir Robert Pcel réplaignaient. «Le rang, lorsqu'il est en opposition contre la loi, n'inspire jamais de crainte à la justice, il doit, au contraire, et c'est ce qu'il fera, l'animer à plus d'exactitude et d'attention. » Maintes fois menacé de mort par les brigands, il montra toujours le plus grand sang-froid: ce fat lui notamment qui eut l'idée d'organiser les patrouilles.. Il a publié, en 1753, des mémoires sur ce point: an account of the origines and effect of a police. Son plan était assez curieux, il voulait que les habitants se cotisassent pour lui fournir des fonds et lui permettre de poursuivre les voleurs. Sir John B'ielding fut créé chevalier en 1760.

1. — On assure qu'ils faisaient eux-mêmes commettre des vols chez les riches personnages, puis ils faisaient retrouver les objets dérobés, moyennant le paiement d' une certaine somme et le retrait de la plainte.

2. — Report from the select commiltee into the state of the nightly walch. Pari, papers, 1812, n° 127. — Into the state of the police of

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solut d'opérer les réformes si longtemps attendues. Le 15 avril 1820, il soumit au Parlement un bill sur la police de Londres . 11 rappelait que le nombre dea criminels était, en province, d'un par huit cent vingtcinq habitants, tandis qu'à Londres il était de un par trois cent quatre-vingt-trois habitants; de 1811 à 1828, le nombre des crimes commis dans la capitale avait augmenté de cinquante-cinq pour cent. L'organisation de la police était déplorable: non seulement chaque paroisse avait une police distincte, mais encore elle était divisée en districts, dont chacun riait presque indépendant. A Marylebone, a Saint-James, a Backney, il y avait une watch police, composée de volontaires; la paroisse de Saint-Pancras avait dix-huit établissements de police séparés et indépendants: à Fulham, à Lambeth, il n'existait aucune surveillance de nuit et ÉCensingtou, avec son territoire de quinze milles d'étendue, n'avait, pour surveillants, que trois bedeaux toujours ivres ; à Spitalûelds, il y avait dix-huit agents, mais leur chef était un vieillard aveugle et les bandes de voleurs opéraient en plein jour. Deptford, véritable repaire de bandits, n'avait pas un agent.

Si l'on ajoute à cela que la plupart des xcutchmen, misérablement payés à raison de vingt centimes par heure, étaient souvent pris parmi les réfugiés du work- Jiouse et qu'en outre leurs pouvoirs étaient limités à leurs districts respectifs, de sorte qu'ils ne pouvaient même pas traverser le ruisseau pour arrêter un voleur pris en flagrant délit, dans une rue qui séparait deux

tlie m*>tron)H<>\ 1S < 6. n° 510; — 1817, n°* 233 cl 4S«; — 1818. q" 423 ; — 1822, tt° 448, — 18:>8 ; 11e 533.

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