LES SIIÉRIFFS DES COMTES
ne comprennent guère que les officiers de la milice, les avocats et les avoués.
La plupart des auteurs, y compris Blackstone, affirment que le shériff est le premier personnage du comté et que son'rang est supérieur à celui de tout noble et à celui du lord lieutenant. Ce principe a été nettement affirmé jadis par le chef justicier Coke *, et tout récemment par le lord chef justicier Coleridge 2 ; mais il n'est pas universellement admis et le Roi d'armes de la Jarretière, qui est chargé de régler toutes les questions de préséance, le conteste formellement 3.
Le rôle du shériff est d'assurer, dans le comté, le service de la justice et l'exécution de ses arrêts. Luimême n'a aucune attribution judiciaire et même, s'il est juge de paix, il lui est interdit de siéger. Ses fonctions réelles consistent à recevoir les juges, à les accompagnerpendantles tournées d'assises et à présider, en qualité de returning officer^ aux élections parlementaires.
Il y a soixante ans encore, cette charge était très lourde et c'était, entre les shérifïs des divers comtés, une véritable rivalité de luxe. Ils fournissaient au juge une voiture de grand gala, attelée de quatre chevaux, escortée de cinquante à soixante vigoureux yeomen, vêtus de leur livrée, montés sur de fortes bêtes et armés d'énormesbâtons, terminés par des piques ornées de crépines. A la suite, venaient de cent à deux cents gentlemen en
1. — Cas deGlieerie contre Pigot, shériff de Londres. Rolle' s report, I, 237.
2. — lligh shériff report (H. of lords 1888) Voir aussi M. Disraeli, dans son roman de Lolhair (vol. II, p. 78).
3. — Sir Charles Young. — Voir aussi, Reminiscenses of sir Bernard Burke (1884) et High shériff report, 1888, p. 125.