EXTENSION D E LA JURIDICTION
Le nombre des causes portées à la Cour suprême est très restreint : que deviendrons-nous, pensent les hommes de loi, s'il vient encore à diminuer, et s'il nous faut aller devant des tribunaux inférieurs, où l'on recueille peu d'honneur et encore moins de profit. La tendance du législateur semble être cependant d'augmenter bien plus que de restreindre la juridiction des cours de comté et l'on fera probablement de nouveaux pas dans cette voie.
Quoiqu'il en soit, lescours de comté offrent aux créanciers, comme aux débiteurs, des facilités qui ont été appréciées. En général, les marchands n'aiment pas aller réclamer à domicile les dettes arriérées ; ils savent que les baillis eux-mêmes sont souvent mal reçus et ils préfèrent ne pas s'exposer à des désagréments et à des pertes de temps. A la lin de chaque trimestre, ils lancent, le même jour, des assignations, qu'ils remettent à un agent ou à un solicitor. Beaucoup de créanciers, qui ne se décident à payer que sur le vu d'une assignation, versent, dès la veille de l'audience, la somme réclamée; quelques autres , plus récalcitrants, se laissent condamner et ne prennent le parti de payer qu'au moment où ils sont menacés d'emprisonnement.
D'un autre côté, le système des à-comptes (banking System) est favorable aux pauvres gens. Le juge ayant le pouvoir d'accorder terme et délai et d'autoriser à payer par à-comptes, les individus condamnés se libèrent peu à peu, en versant, chaque semaine, une petite somme, au greffe. Ils connaissent le chiffre exact de leurs dettes, ils savent que tous leurs paiements sont régulièrement inscrits et qu'un créancier peu scrupu-