‹ Le système judiciaire de la Grande BretagneChapitre 188 sur 481 · VERDICT DU CORONER · texte numérisé non relu

VERDICT DU CORONER

qui peuvent fournir d'utiles renseignements1. Le coroner convoque directement, s'il le croit utile, les médecins qui ont assisté le défunt ou ceux qui ont été chargés de faire un examen post mortem.

Les enquêtes ou, pour employer le style officiel, les cours des coroners se tiennent dans des conditions qui manquent essentiellement de dignité. A Londres même, les séances ont généralement lieu dans l'arrière-boutique, souvent très étroite, d'un cabaretier du quartier. Un commis du coroner fait l'appel des jurés, dont plusieurs se sont rafraîchis, en passant près du comptoir : il les invite à choisir un chef (foreman) et il leur fait prêter serment, huit par huit, en touchant de la main une petite Bible crasseuse. Quoique le nombre légal des jurés soit de vingt-trois, on en prend habituellement un plus petit nombre, en ayant soin toutefois d'en choisir plus de douze, parce qu'aucune mise en accusation ne peut être prononcée que par le verdict unanime de douze citoyens.

Cette première opération terminée, le commis lit, à haute voix, la proclamation : « Oyez, oyez, oyez,)) etc., puis le coroner, les jurés, les commis et les policemen se rendent au lieu où est déposé le cadavre : la distance n'est généralement pas longue, le cabaret ayant été choisi dans le voisinage.

Tantôt la procession se rend au domicile du défunt, tantôt dans un dépôt (mortuary), où le corps a été porté, à la suite de l'accident ou du crime 2. Les jurés regar-

1. — Le mandat adressé aux témoins est, à pou prés, conçu dans les mêmes termes.

2. — Il n'y a pas de morgue, eu Angleterre, mais il y a, dans quelques grandes villes, des dépôts mortuaires.

L'ACTION CRIMINELLE

doal le corps, ou font somblant de jeterun coup d'œil et

toul le inonde se relire .

La coutume de cette pénible exhibition est très ancienne, niais il es! assez difficile de comprendre quelle en peul être L'utilité ou plutôt, lorsque l'on a été témoin de la façon donl se passenl les enquêtes, on est convaincu de leur complète inutilité1. Il y a quelques années, un membre du Parlement en avait demandé la suppression, mais le ministre de l'Intérieur a répondu qu'il ne croyait pas pouvoir conseiller au Parlement de modifier un usage aussi ancien 2.

Quoiqu'il en soit, après cette lugubre visite, les jurés retournent au public house. L'audience reprise, on entend successivement les témoins et les médecins ou experts, auxquels le coroner et les jurés adressent, au besoin, des questions. Cela fait, le coroner présente, au moyen des notes qu'il a prises, le résumé de Y évidence, les jurés délibèrent et déclarent qu'à leur avis la mort esl due à une cause naturelle, à une cause inconnue, à un accident ou à un crime, et, dans ce dernier cas, ils ajoutent : « dont l'auteur est inconnu,» ou bien : « dont nous chargeons l'accusé d'être l'auteur 3. »

\. — J'ai assiste à plusieurs do ces enquêtes, et je n'ai jamais vu un jure regarder sérieusement le cadavre; la plupart passent, en détournant les yeux et en se pinçant le nez.

2. — Chambre des communes; séance du 25 février 1887. Le ministre ajoutait que, lorsqu'il y a plusieurs corps, on n'en montre qu'un ou deux au jury. Alors à quoi bon ce wiew of the bo'dy.

'à. — Voici un spécimen de ces enquêtes : Hiddieseï Enquête légale faite pour Notre Souveraine ladylaReine, . y ,,;jns Ja Paroissc de Saint-Georges à l'Est, dans le comté 0 1 ' de Middlesex, le premier jour de juillet de la cinquantième année du règne de Notre Souveraine lady Victoria, par la grâce de Dieu, Reine du Uoyaume-Uni, etc.. Défenseur de la foi. '

Devant YV. E. Baxter E.sqr", l'un des coroners de notre dite lady la

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