Acte 4, Georges Ier, ch. U
4. — A l'origine, les individus condamnés devaient se rendre, à
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laguerre de l'Indépendance, il fallu! renoncer à la transportation; en L776, l'on imagina le système des pontons (huttes) e\ cel expédient temporaire n'a pas duré moins de quatre-vingt-dix ans. En outre, on essaya d'établir mit1 colonie pénitentiaire à Sierra Leone, mais il fallut y renoncer, en raison de l'insalubrité du climat et, en ITSS. on fonda le seulement de Port-Jackson. De nouveaux centres furent successivement établis, en Australie, mais sans ordre et sans méthode. Les condamnés étaienl soumis à un véritable esclavage, et tout magistral pouvait leur faire infliger jusqu'à cent cinquante coups de fouet1. A l'île de Norfolk, l'état de ces infortunés déliait toute description; plus d'un huitième des condamnés se livraient à ce que les Anglais nomment Vinnatural crime, les meurtres étaient si fréquents que l'on coupait la chair humaine comme de la viande et que vingt-un convicls, reconnus coupables d'assassinats, furent exécutés, en une semaine, à Moreton Bay, Les misérables, au moment de leur exécution, remerciaient Dieu d'être délivrés de cet enfer.
La Chambre des communes s'émut enfin de cette situation ; des comités d'enquête furent nommés, en 1831, puis en 1838; le nombre des transportions diminua peu à peu et l'on commença à construire, en Angleterre, des prisons à l'usage des condamnés. Enfin,
leurs frais, en Amérique, sous peine d'êlre pendus, s'ils y manquaient. En 1817, le Gouvernement se chargea de les faire transporter; à l'arrivée, l'entrepreneur du service les mettait aux enchères et les vendait, à raison de cinq cents francs par tête, comme des sortes d'esclaves. La mortalité, pendant le voyage, était énorme.
1. — Eu 1834, il y avait, à Van Diémen, la. 000 condamnés : 15 . 000 condamnations furent prononcées et plus de 50.000 coups de fouets furent appliqués.
LA SERVITUDE PÉNALE
les colonies se refusèrent successivement à recevoir l'écume de la population britannique 1 et il devint indispensable d'aviser.
Dans la séance de la Chambre des lords, du 11 juillet 1853.1e lord Chancelier exposa que la déportation était assurément le plus efficace des châtiments, parce qu'elle donnait le maximum de crainte et le minimum de souffrance, mais que toutes les colonies, sauf une, refusaient de recevoir les convicts 2 et qu'il était indispensable de renoncer à ce système. Une loi intervint, pour organiser une nouvelle pénalité3 : la servitude pénale.
L'essai fut heureux et, d'un autre côté, la seule colonie qui consentît encore à recevoir des condamnés, ayant, à son tour, protesté contre leur envoi, aucun condamné n'a été déporté, depuis 1867, et c'est en Angleterre même que les convicts subissent actuellement leur peine.
Tout récemment encore, le minimum de durée des condamnations à la servitude pénale était de cinq ans. D'un autre côté, le maximum de l'emprisonnement est de deux ans, et même, comme cette peine est subie dans des conditions qui la rendent pénible, les juges l'infligent très rarement pour plus de dix-huit mois. Il y avait donc une lacune, qui offrait souvent des inconvénients, en obligeant les magistrats à prononcer une
1. — On trouvera d'intéressants détails sur l'état des colonies australiennes et des déportés, ainsi que sur les divers essais tentés depuis un siècle, dans le livre de sir E. Ducane, the Punishment and prévention of crime.
2. — Il y avait alors plus de 48.000 condamnés en Australie. La théorie du lord Chancelier fut vivement combattue, à la Chambre des communes, où l'on affirma, au contraire, que la peine de la déportation avait cessé d'effrayer les malfaiteurs.