II. \ï
CONCLUSION
rique, le barreau anglais n'en es! pas moins une excellente pépinière pour la magistrature: les avocats apporlonl sur le banc, lorsqu'ils y sont appelés^ une grande oxpérionec des affaires, un esprit prompt et droit, une parfaite honorabilité et, par-dessus tout, des habitudes d'indépendance absolue. Sur tous ces points essentiels, la magistrature anglaise esthors de pair. Peu importe qu'un juge soil incapable de citer, à l'appui de ses arrêts, lesapophthegmes d'Ulpien ou de Papinien, ce qui importe in- Qnimcnt, c'est qu'aucun magistrat ne soit capable défaire la moindre concession à la plus puissante influence.
Je ne dissimule pas mon admiration pour la magistrature anglaise. Je reconnais que son mérite ne vient pas de sa science; il tient à son caractère, et ce caractère la rend digne du grand rôle que lui assigne la loi écrite et non écrite de la constitution.
La justice possède, en effet, le maximum de l'indépendance qu'il soit possible de lui assurer, dans un Etat. Les juges sont peu nombreux et ils sont mis à l'abri de l'influence gouvernementale , au moyen de l'inamovibilité, à l'abri de leur propre ambition, grâce à l'absence de tout avancement. Pour attirer les barristers distingués, on leur offre non seulement un titre entouré de prestige, mais encore une situation matérielle en rapport avec leur rang : pour le présent, un traitement considérable, pour l'avenir, une forte pension de retraite1. C'est ainsi que l'on a formé ce banc d'élite qui, pour employer la langue de Platon, « fait consister sa force à ne so laisser vaincre, ni par les pré-