‹ Le système judiciaire de la Grande BretagneChapitre 445 sur 481 · Voir vol. I, p. 3î · texte numérisé non relu

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LE PERSONNEL JUDICIAIRE

sents, ni par la crainte, ni par la pitié, ni par aucun autre sentiment de haine ou d'amitié1 ».

Ce n'est pas seulement la haute magistrature qui est digne de louange : les juges des cours de comté et des cours de police sont, en général, des hommes de valeur, et non seulement leur intégrité, mais encore leur indépendance sont au-dessus de tout soupçon. Leur situation est un peu fausse et la coutume qui leur interdit d'aspirer à un plus haut siège est assurément rigoureuse 2; dii^ moins, n'ont-ils pu ignorer ce qui les attendait : le jour où ils ont accepté un siège, ils ont entendu résonner, à leurs oreilles, le vers de Dante :

Lasciate ogni speranza voi clientrate*

Si dure que soit la règle, je la crois utile et saine : on voit ce que produit, dans d'autres pays, l'incessant désir de l'avancement et jusqu'à quel point il avilit le juge. Toutefois, il serait équitable, si l'on étend les attributions et l'importance des cours de comté, de relever la situation et le prestige des magistrats et d'augmenter leurs traitements, après un certain temps de service, en vertu d'une règle générale, ne laissant aucune place à la faveur.

Quant aux magistrats non payés, on les attaque souvent, et sans raison, suivant moi. Assurément, ils ne sont pas de forts jurisconsultes, mais les questions qui leur sont soumises soulèvent bien rarement un point de droit. Il n'est pas nécessaire d'avoir mangé beaucoup dedîners au Temple ou à Lincoln s inn, pour savoir s'il y a lieu d'infliger huit jours de prison à l'au-

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