Monlcsquiou, Esprit des lois, livre VI, ch. il
RT8 CONCLUSION
vonl dsI favorable, ils se hâtenl avec lenteur 5 lorsque la brise tombe, ils restent au repos : quand ils arriveront, nul ne le peut savoir exactement, car Ja traversée esl féconde en incidents. Tout cela est imposant et admirable, mais Insuffisant pour les besoins de l'heure
sente. Les hommes d'affaires considèrent qu'une justice lentemonl rendue équivaut à un déni de justice, qu'une cause perdue, par suite d'un vice de forme ou d'une argutie légale, alors qu'au fond le droit n'est pas douteux, constitue une criante iniquité. L'incertitude enfin leur paraît la pire des choses et ce droit d'appel, qui rôste si longtemps suspendu sur Ja tête d'un plaideur auquel un jugement a donné raison, est pour eux un intolérable ennui. 11 en est résulté que les hommes d'affaires ont préféré la vapeur à la voile ; ils ont peu à peu abandonné les cours de justice et ils ont pris l'habitude de soumettre leurs différends à des arbitres1.
C'est un grave reproche, pour le système judiciaire d'un pays commerçant par excellence, que cet abandon cl cette condamnation tacite. Les pouvoirs publics et les juges s'en sont émus et ils ont cherché à découvrir un remède. En 1873, la commission royale qui a préparé la réforme judiciaire s'était demandé s'il n'y aurait pas lieu de constituer des tribunaux de commerce 2, et la même question a été, plusieurs fois, soulevée depuis li rs, sans qu'aucune solution ait été adoptée. Le seul remède que l'on ait tenté jusqu'ici a consisté à faire siéger deux juges du Banc de la Reine, au cœur de la Cité ,