‹ Le système judiciaire de la Grande BretagneChapitre 5 sur 481 · LE SERVICE J II 1)1 CI AI RIO · texte numérisé non relu

LE SERVICE J II 1)1 CI AI RIO

L année judiciaire commence le 2i octobre, mais elle Q*esl marquée par aucune cérémonie spéciale. Les juges revêtent cependant leur cosLume de cérémonie cl traversent, eu cortège, le grand hall central, après quoi, ils vont siéger dans leurs chambres respectives, sans qu'il y ail un service religieux ou une audience solennelle accompagnée de discours de rentrée l.

Parmi les occasions qui viennent rompre la monotonie des termes est la présentation du Lord-Maire, qui a lieu le 9 novembre. Le jour môme de son entrée en fonctions, le premier magistrat de la Cité se rend à la chambre du lord chef justicier d'Angleterre, auquel il est présenté par le recorder. Le lord chef justicier place, sur sa perruque, le coif noir et prononce un discours, dans lequel il fait allusion aux événements du jour2, et qu'il termine par quelques

4. — Los discours d'apparat et les phrases creuses n'ont aucun attrait pour les juges d'Angleterre. Ils ne croient donc pas nécessaire de perdre toute une journée pour entendre des harangues semblables à celles qui sont prononcées dans les audiences de rentrée de nos cours, el Ma us lesquelles nos magistrats avaient naguère le plaisir d'apprendre, dota bouche d'un illustre premier président, que « la propriété reste debout assise sur la justice et fortifiée par le droit ».

2. — Le î) novembre dernier (1892), par exemple, le lord chef justicier a commencé son discours par quelques remarques sur la situation du Lord-Maire, M. Stuart Knill. C'était la deuxième fois, depuis la Réforme, qu'un catholique était élu Lord-Maire, mais c'était la première fois qu'un catholique avait affirmé hautement, avant son élection, la ferme inten. tion d'agir, en toute occasion, conformément à ses croyances. « Dans anciens temps, a dit lord Goleridge, lorsque la Cité avait à résister à une tyrannie violente, les rapports entre les cours de justice et la Cité étaient assurément intimes. A notre époque, qui est bien plus heu. reuse, ils ont, — je le dis avec bonheur, — une force et une vigueur que les siècles n'ont pas diminuées. Votre présence en ces lieux montre que nos temps sont plus heureux que ceux qui les ont précédés : âges d'intolérance et de bigoterie, qui ont malheureusement déshonoré jadis notre pays. L'on oublie trop souvent que ces choses n'étaient pas le privilège spécial ou particulier d'un parti ou d'une croyance religieuse. Tous les partis, toutes les confessions ont été jadis coupables d'actes

félicitations, à la suite desquelles le Lord-Maire prie les juges de venir dîner, le soir, au Guildhall^ où se donne le grand banquet d'inauguration. Le lord chef justicier répond que quelques-uns des magistrats se rendront à l'invitation, après quoi le représentant de la Cité regagne sa demeure officielle, au milieu de son extraordinaire cortège, analogue, sous maint rapport, à celui qui parcourait naguère les rues de Paris, en compagnie du bœuf gras L.

Le 12 novembre, a lieu, dans la même chambre, la séance du Conseil privé pour la nomination des shériffs-

Le dimanche de la Trinité, les juges se rendent, en grand costume, à la cathédrale de Saint-Paul, pour entendre un service religieux : ils sont reçus, à la porte du temple, par le Lord-Maire et les dignitaires de la Cité et, dans le courant de la semaine qui suit, ils sont

que chaque parti répudie également aujourd'hui. Si un empereur d'Allemagne brûlait Huss, Calvin brûlait Servet, avec une extrême traîtrise et après des tortures effroyables. Les persécutions d'Elisabeth ont été au moins aussi prolongées et aussi cruelles que celles de Marie, avec cette infamie de plus que, sous Elisabeth, la loi traita les opinions comme des crimes, et qu'avec une hypocrisie détestable, on assura que nul n'était mis à mort à cause de ses opinions, mais seulement pour avoir violé la loi, qui considérait ces opinions comme des crimes. De mon temps môme, nous avons vu les restes de lois pénales, qui formaient un code aussi odieux qu'aucune chose qui ait jamais existé depuis la création du monde. My Lord-Maire, tout cela doit nous rendre modérés, modestes et charitables dans nos jugements, mais ne doit pas diminuer notre ferme résolution de résister à tout ce qui ressemble à l'cspritd'intolérance, de quelque côté que ce détestable sentiment essaie de faire sentir son odieuse influence. Je suis sûr que vous et chacun reconnaîtront ce fait que tout sujet de ce splendide empire a le droit absolu, sous le bienveillant et le bienfaisant Gouvernement de la Reine, d'adorer, suivant sa conscience, l'Être tout-puissant que nous vénérons et adorons tous. »

1. — Jusqu'à présent, cet animal n'a pas figuré dans le cortège du Lord-Maire, mais on y a vu des éléphants. Autrefois, le trajet de la Cité aux cours de justice s'effectuait en barque, sur la Tamise.

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