SA SUPPRESSION
Delambre avait interrompu la mesure des triangles depuis plus d'un an; et tous les travaux étaient en suspens, quand ils furent repris en vertu de la loi du 18 germinal an III, rendue sur le rapport du même Prieur qui avait provoqué l'arrêté du 3 nivôse an II.
D'ailleurs une autre circonstance faisait espérer déjà la reprise des opérations géodésiques (M •' le général Galon, membre de la Convention, directeur du Dépôt de la Guerre, et qui dans sa jeunesse avait été employé comme ingénieur à la Carte de Cassini, conçut ridéed'une opération géodésique destinée à servir de fondement à une Carte des nouveaux départements de la France. II engagea Méchain et Delambre à se charger des triangles principaux, en attendant la reprise de la méridienne. Il voulait attacher au Dépôt de la Guerre tous les savants dont les travaux pouvaient avancer la Géographie (^). « Il écrivit à Méchain et il me fit
M D'après Delambre, dans Jhise du syst. métrique, t. I, p. 5j du Discours prél., et dans Histoire de la Mesure de la Terre.
(*) Foir Lalande, Uist. del'Astr., p. 745.
6o Chapitre VI.
chercher, dit Delambre : il avait demandé à l'artiste Lenoir en quelle prison j'étais pour m'en faire sortir; on lui répondit que j'étais libre et tranquille à la campagne. Il nous donna le titre d'astronomes du Dépôt de la Guerre (M. Je n'eus pas de peine à lui persuader que pour la plus parfaite exécution de son projet, il fallait d'abord terminer la méridienne. « Les dispositions avaient été prises pour le printemps de Tan III [1795) ^-)].
En même temps, la question des nouvelles mesures était agitée de nouveau devant leComitéd'instruction publique ; C.-A. Prieur (de la Côte-d'Or), chargé du rapport, le présenta à la séance de la Convention du 11 ventôse an III (1795 mars 1) :
« Parmi les heureux changements nés de la Révolution, il en est un, dit-il ('), qui, par ses rapports moraux et politiques, industriels et admi-
(*) A la fin de 1796 (frimaire an V), Delambre avait le titre d'ingénieur-géographe ; il eut ensuite celui d'ingénieur-astronome.
(*) L'Observatoire de Paris a reçu récemment de M""" Laugier divers papiers relatifs à la méridienne et parmi lesquels se trouvent des lettres écrites par Calon à Delambre, du 17 thermidor an III au 2 ventôse an V. Cette correspondance montre la noble passion que mettait Calon à pousser à l'achèvement de la méridienne ; il avança parfois de sa bourse l'argent qui manquait à Delambre.
Le 27 thermidor an III, il lui écrivait : « ... Oui, mon cher Delambre, quoique vous soyez un honorable membre du Bureau des Longitudes, je réclamerai avec constance vos bons soins pour le Dépôt de la Guerre. Je tiens donc votre parole pour dite; tenez mes sentiments pour assurés. Votre collègue Laplace a usé de la même amitié que vous à mon égard. Il restera aussi couché sur la liste des hommes qui vouent leurs lumières au perfectionnement des sciences géographiques. »
D'abord par un arrêté du Comité de salut public du 24 floréal an III, puis par un autre arrêté du Directoire exécutif du 23 floréal an IV, Calon, directeur du Dépôt de la Guerre, fut chargé d'assurer la continuation de diverses opérations géodésiques, entre autres de celles de la méridienne. Aussi, fréquemment on le trouve sollicitant soit du Comité de salut public, soit de la Commission temporaire des poids et mesures, l'argent nécessaire pour continuer le- travaux de la méridienne. Si l'on songe à la pénurie de ressources avec laquelle Delambre eut si souvent à compter, on peut penser combien lui fut précieux le chaleureux appui que lui prêta Calon.
(') Jncicn Moniteur, numéros du i3 et du 14 octobre 179^; Béim pression, t. XIV, p. 1R6 et 193.
Reprise des travaux de la méridienne. ôx
nisiratifs, en même temps que par son influence sur les sciences exactes, sur l'avancement des lumières générales et sur les habitudes de la société entière, doit être considéré comme étant d'une grande importance pour la République, et mérite par conséquent de fixer l'attention des législateurs : c'est le nouveau système des poids et mesures. L'Assemblée constituante jeta les premiers fondements de cette régénération; mais il semblait réservé à la Convention Nationale de terminer cette glorieuse entreprise : elle acquerra ce nouveau titre à la reconnaissance publique qui lui est due pour ses immenses travaux; elle continuera de garantir le peuple des prestiges de l'erreur et des menées des fripons, comme elle a extirpé les dernières racines de la tyrannie.
» Je viens donc, au nom du Comité d'instruction publique, vous proposer le complément nécessaire au renouvellement des poids et mesures, sans lequel cette belle opération demeurerait suspendue, et ne produirait pas l'effet que l'on attend de vos décrets antérieurs.
» Aux considérations morales s'en joignent de politiques qui ne sont pas moins intéressantes. L'unité de la République exige qu'il y ait unité dans les poids et mesures, comme il y a unité dans les monnaies, unité dans le langage, unité dans la législation, unité dans le gouvernement, enfin unité d'intérêt pour se défendre des ennemis du dehors et pour marcher ensemble à tous les genres de prospérité. Comment les amis de l'égalité pourraient-ils souffrir une bigarrure si incommode de m.esures qui conservent encore le souvenir du honteux servage féodal r et quelle contradiction n'est-ce pas pour des républicains d'évaluer leurs champs avec l'arpent royal, ou de manier une toise, un pied de roi, tandis qu'ils ont voué à l'exécraiion jusqu'à la dénomination de la tyrannie, quelle qu'elle soit.
» Il s'agit aujourd'hui de reprendre l'opération au point où elle est restée, d'y ajouter ce qui doit la terminer entièrement, et en même temps d'adopter quelques modifications qui, en mettant plus d'accord dans l'ensemble, en rendront le- résultat plus heureux.
» Deux conditions principales étaient désirées depuis longtemps pour un nouveau système de mesures :
» La première, de la faire dépendre d'une seule unité naturelle, invariable, évaluée avec la plus grande précision, et telle que, dans tous les lieux et dans les temps les plus reculés, on pût la retrouver exactement la même : le quart du méridien terrestre a été, comme l'on sait, adopté pour cette unité.
62 Chapitre VI.
» La seconde condition était de former de toutes les mesures de même genre une seule série de décimales, afin que les calculs devinssent aussi simples que ceux des nombres qui ne seront accompagnés ni de fractions, ni de sous-espèces. Cette innovation devait produire surtout l'avantage de rendre praticables pour beaucoup de citoyens la plupart de ces calculs qu'ils ne peuvent exécuter à cause de leur complication. Jusqu'à présent il leur a fallu ou s'en rapporter à d'autres sur ces objets, ou y renoncer entièrement, et dans tous les cas c'est pour eux une dépendance très-désagréable ou nuisible à leurs intérêts.
» Les détails techniques qui lienneni à celte grande opéiaiion me semblent devoir être réservés pour une note instructive à joindre à ce rapport. Si, lors de l'examen des articles du projet de décret, il devenait nécessaire de développer quelques-uns des moyens d'exécution qu'il contient, j'en donnerais les explications qui me paraîtront propres à en faire sentir la liaison et la convenance, en rappelant les objets que l'on pourrait avoir perdus de vue.
» Relativement à la partie administrative proprement dite, il faut observer que c'est de la création d'une agence temporaire, et du zèle qu'elle mettra dans ses fonctions, que dépend presque entièrement le succès de l'opération, c'est-à-dire le renouvellement certain et prochain des poids et mesures dans toute la France.
» Votre Comité d'instruction publique a senti combien il était important de faire un bon choix pour les membres qui doivent former la nouvelle administration. Joindre à la pureté l'intelligence, l'activité, les talents, et une grande affection pour le travail qui leur sera confié, voilà la garantie de la réussite; mais cela ne dispense pas des précautions à prendre dans la délégation des fonctions, et de la surveillance continue qui doit en suivre l'exercice; c'est sur cela que votre Comité d'instruction publique s'est concerté avec celui des finances, qui a nommé plusieurs de ses membres pour prendre connaissance de cet objet, et c'est le résultat de leur examen commun que j'ai à vous offrir.
» Il ne faut pas Juger de l'agence temporaire des poids et mesures par ce que l'on connaît du service des autres agences placées sous les Commissions executives. Ici le nom ne fait rien à la chose; on aurait pu choisir celui de directoire, de commissariat, ou un autre encore : peu importe. Ce qu'il est utile de considérer, c'est que la nature des fonctions de l'agence pfo-
Reprise des travaux de la méridienne. 63
posée tient à la nature de l'opération dont elle doit être chargée : elle a son caractère propre; elle a aussi des parties qui se rapportent à des administrations différentes, et qui cependant doivent ici être réunies dans une seule. Instruction, sciences, arts, commerce, police, tout cela entre dans le renouvellement des poids et mesures.
)) L'organisation proposée ne surcharge pas celle du gouvernement, c'est un appendice qui ne cause ni complication ni entraves. D'ailleurs son existence est bien passagère, puisqu'avec de l'activité une année peut suffire pour terminer ou avancer beaucoup l'opération. Remarquez aussi qu'elle va se faire dans un temps où le gouvernement lui-même n'est qu'un provisoire qu'il faudra par la suite régulariser. On doit donc se hâter d'achever ces grandes créations qui sont incompatibles avec le service-ordinaire. Le renouvellement des poids et mesures est indispensable; il faut pour cela des moyens efficaces; il faut aussi que ces moyens soient différents de ceux emplo3^és jusqu'à présent, puisqu'ils n'ont pas suffi.
» La Commission temporaire était composée de douze hommes très savants et justement célèbres; mais, par l'organisation même de cette Commission, ils étaient plutôt portés vers des objets scientifiques que vers la partie administrative. La plupart avaient d'ailleurs et ont encore d'autres fonctions très importantes à remplir, et qui occupent presque tout leur temps. La guerre et d'autres circonstances ont apporté des obstacles qui ont mis forcément dans une sorte de stagnation les travaux commencés. Il faut les en retirer par une activité nouvelle. C'est en resserrant le principe de l'action qu'on le rendra plus énergique. Voilà pourquoi on propose de confier cette direction à trois hommes, déjà préparés à cette grande opération et qui s'empresseront de satisfaire à ce que l'opinion publique et la Convention attendent d'eux.
» Une partie considérable de leur occupation consistera dans l'examen de diverses questions importantes; ce sont des problèmes à résoudre et qui sont indispensables. Ils auront besoin du concours des lumières en différents genres : tout a été disposé en conséquence.
)) Enfin, quant à la dépense, s'il n'est pas possible de l'évaluer exactement, il est du moins des limites dans lesquelles on peut toujours se renfermer. Il n'est pas question de faire payer à la nation le renouvellement des mesures de tous les citoyens; il faut cependant que ce renouvellement ait lieu; il faut l'encourager, le faciliter, afin qu'il s'achève sous peu de temps, comme tous les autres mouvements révolutionnaires.
64 Chapitre VI.
» L'argent qui y sera employé n'est pas une charge annuelle pour le trésor public; elle n'aura lieu qu'une seule fois. L'occasion ne s'en représentera jamais, et si on la laissait échapper, tout ce que l'on a fait jusqu'à présent serait en pure perte et ne ferait qu'augmenter la complication de choses que l'on cherche à anéantir. Cette dépense est un capital, mais un capital bien placé. En effet, soutenir la morale publique, perfectionner les arts, nationaliser une fabrication considérable qui nous rédime de l'étranger, enfin mettre l'instruction à la portée du plus grand nombre de citoyens, ne sont pas des avantages que l'on doive regretter d'acheter au prix de quelque argent. On ne peut pas faire de grandes choses sans des moyens proportionnés : plus ils seront grands et bien choisis, plus ils seront efficaces. L'intérêt de la République et sa dignité, sous plusieurs rapports, exigent que l'on exécute la réformation des poids et mesures. Que la Convention Nationale manifeste solennellement sa volonté de l'effectuer; mais ne souffrons pas que la cupidité s'éveille pour abuser des encouragemerits qui seront offerts.
» Il a paru qu'il serait convenable d'affecter provisoirement 5oo 000 livres à cette opération. L'emploi en sera réglé de la manière la plus utile, et le compte qui en sera rendu fera juger de ce qui restera à faire pour obtenir un succès complet. D'ailleurs, en surveillant les opérations, vos Comités en apprécieront les progrès, même dès les premiers résultats.
» La Convention Nationale avait ordonné qu'au i*'' juillet 1794 (c'est-à-dire au i3 messidor dernier), l'usage des anciens poids et mesures serait totalement aboli, et que les citoyens seraient tenus d'employer les nouveaux dans toutes leurs transactions. Mais, pour remplir cette obligation, la condition essentielle était évidemment que la fabrication des nouveaux poids et mesures les eût assez multipliés pour que chacun pût s'en procurer. Les circonstances n'ont pas permis d'atteindre ce but. On sent combien la guerre a dû y influer, ne fût-ce que par l'occupation qu'elle a donnée à presque tous les hommes capables de rendre des services à la patrie par leurs talents. D'ailleurs, l'emploi des matières et des ouvriers était requis pour les besoins les plus impérieux. Aujourd'hui ces raisons n'existent plus au même degré, et le moment devient plus favorable pour reprendre des opérations qui tiennent encore aux changements de la Révolution, et que l'intérêt de la République exige de terminer à l'époque où le calme va tout faire rentrer dans une situation plus ordinaire.
» Cependant, malgré les interruptions forcées dont je viens de parler, vos
Reprise des travaux de la méridienne. 63
Comités n'ont pas cessé de s'occuper des poids et mesures; c'est en approfondissant cet objet qu'ils onl pu en mûrir les moyens d'exécution, et tout leur présage qu'ils réussiront par l'impulsion nouvelle que la Convention Nationale va leur donner. »
Suit un projet de décret qui fut adopté sans discussion dans la séance du i8 germinal, et qui est ainsi devenu la loi suivante :
Loi du i8 germinal an III (7 avril lygS) sur les nouveaux poids
(( La Convention Nationale, voulant assurer au peuple français le bienfait des poids et mesures uniformes et invariables, précédemment décrétés, et prendre les mojens les plus efficaces pour en faciliter l'introduction dans toute la République, après avoir entendu le rapport de son Comité d'instruction publique, décrète ce qui suit :
» Article premier. — L'époque prescrite par le décret du i^' août 1793 (vieux style) pour l'usage des nouveaux poids et mesures est prorogée, quant à sa disposition obligatoire, jusqu'à ce que la Convention Nationale j ait statué de nouveau en raison des progrès de la fabrication : les citoyens sont cependant invités de donner une preuve de leur attachement à l'unité et à l'indivisibilité de la République en se servant dès à présent des nouvelles mesures dans leurs calculs et transactions commerciales.
» Art. 2. — Il n'y aura qu'un seul étalon des poids et mesures pour toute la République : ce sera une règle de platine sur laquelle sera tracé le mètre qui a été adopté pour l'unité fondamentale de tout le système des mesures.
» Cet étalon sera exécuté avec la plus grande précision, d'après les expériences et les observations des commissaires chargés de sa détermination; il sera déposé près du Corps Législatif, ainsi que le procès-verbal des opérations qui auront servi à le déterminer, afin qu'on puisse les vérifier dans tous les temps.
» Art. 3. — Il sera envoyé dans chaque chef-lieu de district un modèle B. 5
66 Chapitre VI.
conforme à l'étalon prototype dont il vient d'être parlé, et en outre un modèle de poids exactement déduit du système des nouvelles mesures. Ces modèles serviront à la fabrication de toutes les sortes de mesures employées aux usages des citoyens.
» Art. 4. — L'extrême précision qui sera donnée à l'étalon en platine ne pouvant pas influer sur l'exactitude des mesures usuelles, ces mesures continueront d'être fabriquées d'après la longueur du mètre adopté par les décrets antérieurs.
» Art. 5. — Les nouvelles mesures seront distinguées dorénavant par le surnom de républicaines ; leur nomenclature est définitivement adoptée comme il suit :
» On appellera :
Mètre, la mesure de longueur égale à la dix-millionième partie de l'arc du méridien terrestre compris entre le pôle boréal et l'équateur.
Are, la mesure de superficie, pour les terrains, égale à un carré de dix mètres de côtés.
Stère, la mesure destinée particulièrement aux bois de chauffage, et qui sera égale au mètre cube.
Litre, la mesure de capacité, tant pour les liquides que pour les matières sèches, dont la contenance sera celle du cube de la dixième partie du mètre.
Gramme, le poids absolu d'un volume d'eau pure égal au cube de la centième partie du mètre, et à la température de la glace fondante.
» Enfin, l'unité des monnaies prendra le nom de franc , pour remplacer celui de livre usité jusqu'aujourd'hui.
» Art. 6. — La dixième partie du mètre se nommera décimètre et sa centième partie centimètre.
» On appellera décamètre une mesure égale à dix mètres : ce qui fournit une mesure très commode pour l'arpentage.
» Hectomètre signifiera la longueur de cent mètres.
» Enfin, kilomètre et myriamètre seront des longueurs de mille et dix mille mètres, et désigneront principalement les mesures itinéraires.
» Art. 7. — Les dénominations des mesures des autres genres seront déterminées d'après les mêmes principes que celles de l'article précédent :
Reprise des travaux de la méridienne. 67
» Ainsi, décilitre sera une mesure de capacité dix fois plus petite que le litre; centigramme sera, la centième partie du poids d'un gramme.
)) On dira de même décalitre pour désigner une mesure contenant dix litres; hectolitre, pour une mesure égale à cent litres. Un kilogramme sera un poids de mille grammes.
» On composera d'une manière analogue les noms de toutes les autres mesures.
» Cependant, lorsqu'on voudra exprimer les dixièmes ou les centièmes du franc, unité des monnaies, on se servira des mots décime et centime, déjà reçus en vertu des décrets antérieurs. »
» A.RT. 8. — Dans les poids et mesures de capacité, chacune des mesures décimales de ces deux genres aura son double et sa moitié, afin de donnera la vente des divers objets toute la commodité que l'on peut désirer. Il y aura donc le double litre et le demi-litre, le doublé hectogramme et le demihectogramme, et ainsi des autres ( ').
» Art. g. — Pour rendre le remplacement des anciennes mesures plus facile et moins dispendieux, il sera exécuté par parties et à différentes époques. Ces époques seront décrétées par la Convention Nationale aussitôt que les mesures républicaines se trouveront fabriquées en quantités suffisantes, et que tout ce qui tient à l'exécution de ces changements aura été disposé.
» Le nouveau système sera d'abord introduit dans les assignats et monnaies, ensuite dans les mesures linéaires ou de longueur et progressivement étendu à toutes les autres.
» Art. 10. — Les opérations relatives à la détermination de l'unité des mesures de longueur et de poids, déduite de la grandeur de la Terre, commencées par l'Académie des Sciences et suivies par la Commission temporaire des mesures, en conséquence des décrets des 8 mai 1790 et 1*1" août 1791 ( vieux style), seront continuées jusqu'à leur entier achèvement par des commissaires particuliers, choisis principalement parmi les savants qui y ont concouru jusqu'à présent, et dont la liste sera arrêtée par le Comité d'instruction publique. Au moyen de ces dispositions, l'administration dite Commission temporaire des poids et mesures est supprimée.
(^ ) On voit que cette loi modifiait profondément la nomenclature adoptée précédemment. Foir à ce sujet le Chap. VII, p. 80.
68 Chapitre VI.
» Art. II. — Il sera formé en remplacement une Agence temporaire composée de trois membres, et qui sera chargée, sous l'autorité de la Commission d'instruction publique^ de tout ce qui concerne le renouvellement des poids et mesures, sauf les opérations confiées aux commissaires particuliers dont il est parlé dans l'article précédent.
» Les membres de cette Agence seront nommés par la Convention Nationale, sur la proposition de son Comité d'instruction publique. Leur traitement sera réglé par ce comité en se concertant avec celui des finances.
)) Art. 12. — Les fonctions principales de l'Agence temporaire seront :
» 1° De rechercher et employer les moyens les plus propres à faciliter la fabrication des nouveaux poids et mesures pour les usages de tous les citoyens ;
» 2° De pourvoir à la confection et à l'envoi des modèles qui doivent servir à la vérification des mesures dans chaque district;
)) 3° De faire composer et de répandre les instructions convenables pour apprendre à connaître les nouvelles mesures et leurs rapports avec les anciennes ;
» 4° De s'occuper des dispositions qui deviendraient nécessaires pour régler l'usage des mesures républicaines et de les soumettre au Comité d'instruction publique, qui en fera rapport à la Convention Nationale;
w 5° D'arrêter les étais de dépenses de toutes les opérations qu'exigeront la détermination et l'établissement des nouvelles mesures, afin que ces dépenses puissent être acquittées par la Commission d'instruction publique;
» 6° Enfin, de correspondre avec les autorités. constituées et les citoyens dans toute la République, sur tout ce qui sera utile pour hâter le renouvellemen-t des poids et mesures.
» Art. i3. — La fabrication des mesures républicaines sera faite, autant qu'il sera possible, par des machines, afin de réunir à l'exactitude la facilité et la célérité dans les procédés, et par conséquent de rendre l'achat des mesures d'un prix médiocre pour les citoyens.
» Art. 14. — L'Agence temporaire favorisera la recherche des machines les plus avantageuses : elle en commandera, s'il en est besoin, f.ux artistes les plus habiles, ou les proposera au concours suivant les circonstances. Elle pourra aussi accorder des encouragements ou avances, matières ou machines, aux entrepreneurs qui prendraient des engagements conve-
Reprise des travaux de la méridienne. 69
nables pour quelque partie importante de la fabrication des nouveaux poids et mesures.
» Mais, dans tous ces cas, l'Agence sera tenue de prendre l'autorisation du Comité d'instruction publique.
» Art. i5. — L'Agence temporaire de'terminera les formes des différentes sortes de mesures, ainsi que les matières dont elles devront être faites, de manière que leur usage soit le plus avantageux possible.
» Art. 16. — Il sera gravé sur chacune de ces mesures leur nom particulier; elles seront marquées en outre d'un poinçon de la République qui en garantira l'exactitude.
» Art. 17. — Il y aura à cet effet, dans chaque district, des vérificateurs chargés de l'apposition du poinçon. La détermination de leur nombre et de leurs fonctions fera partie des règlements que l'Agence préparera, pour être ensuite soumis à la Convention Nationale par son Comité d'instruction publique.
» Art. 18. — Le choix des mesures appropriées [à chaque espèce de marchandise aura lieu de manière que, dans les cas ordinaires, on n'ait pas besoin de fractions plus petites que les centièmes.
» L'Agence recherchera les moyens de remplir cet objet, en s'écartant le moins possible des usages du commerce.
)) Art. 19. — Au lieu des tables des rapports entre les anciennes et les nouvelles mesures, qui avaient été ordonnées parle décret du 8 mai 1790, il sera fait des échelles graphiques pour estimer ces rapports sans avoir besoin d'aucun calcul. L'Agence est chargée de leur donner la forme la plus avantageuse, d'en indiquer la méthode, et de la répandre autant qu'il sera nécessaire.
» Art. 20. — Pour faciliter les relations commerciales entre la France et les nations étrangères, il sera composé, sous la direction de l'Agence, un ouvrage qui offrira les rapports des mesures françaises avec celles des principales villes de commerce des autres peuples.
n Art. 21. — Pour subvenir à toutes les dépenses relatives à l'établissement des nouvelles mesures, ainsi qu'aux avances indispensables pour le succès de cette opération, il y sera affecté provisoirement un fonds de
70 Chapitre VI.
5oo ooo livres, que la trésorerie nationale tiendra à cet effet à la disposition de la Commission d'instruction publique.
» Art. 22. — La disposition de la loi du 4 frimaire an 2% qui rend obligatoire l'usage de la division décimale du jour et de ses parties, est suspendue indéfiniment.
)) Art. 23. — Les articles des lois antérieures au présent décret, et qui y sont contraires, sont abrogés,
» Art. 24. — Aussitôt après la publication du présent décret, toute fabrication des anciennes mesures est interdite en France, ainsi que toute importation des mêmes objets venant de l'étranger, à peine de confiscation et d'une amende du double de la valeur desdits objets.
» La Commission des administrations civiles, police et tribunaux, et celle des revenus nationaux sont chargées de l'exécution du présent article.
» Art. 25. — Dès que l'étalon prototype des mesures de la République aura été déposé au Corps Législatif par les commissaires chargés de sa confection, il sera élevé un monument pour le conserver et le garantir de l'injure des temps.
» L'Agence temporaire s'occupera d'avance du projet de ce monument, destiné à consacrer de la manière la plus indestructible la création de la républiq'ue, les triomphes du peuple français, et l'état d'avancement où les lumières sont parvenues dans son sein.
» Art. 20. — Le Comité d'instruction publique est chargé de prendre tous les moyens de détail nécessaires pour l'exécution du présent décret et l'entier renouvellement des poids et mesures dans toute la République.
)) II proposera successivement à la Convention les dispositions législatives qui devront en dépendre.
» Art. 27. — L'Agence temporaire rendra compte de ses opérations à la Commission d'instruction publique et au Comité de ce nom avec lequel elle pourra correspondre directement pour la célérité des opérations.
» Art. 28. — II est enjoint à toutes les autorités constituées, ainsi qu'aux fonctionnaires publics, de concourir de tout leur pouvoir à l'opération importante du renouvellement des poids et mesures. »
En conséquence de l'article 11, la Convention, par décret du
Reprise des travaux de la méridienne. 71
2 1 germinal suivant (10 avril 1795), nomma comme membres de j'Agence temporaire le géomètre Legendre., Charles- Etienne docquebert et François Gattey : ce sont principalement eux qui disposaient des fonds nécessaires à la continuation des opérations (§ 5 de l'art. 12 de la loi du 18 germinal).
Cette Agence envoya aux corps administratifs une circulaire pour les inviter à une correspondance active sur la question des poids et mesures, et pour leur adresser une série de questions.
« Elle a, dit Prieur ('), fait des invitations aux artistes; elle a fréquemment communiqué avec eux, soit isolément, soit en les réunissant; elle a usé de la faculté qui lui était donnée de distribuer à propos quelques encouragements, de faire des avances à ceux qui en avaient besoin pour commencer leur travail; elle a passé -des marchés pour des livraisons de mesures à des conditions avantageuses; elle a procuré à ceux qui ont entrepris des machines, quelque partie de fabrication ou de fourniture, toutes les facilités qui ont dépendu d'elle, autant que l'ont permis les circonstances pénibles dans lesquelles on se trouve relativement au prix excessif des denrées, des matières et de la main-d'œuvre.
» Enfin, elle élabore à l'avance toutes les parties qui tiennent à l'exécution de cette grande réforme, dont il était réservé à la France libre et républicaine de donner le premier exemple aux autres nations.
» Les travaux de l'Agence temporaire, dont j'ai déjà donné une idée bien sommaire, se sont portés particulièrement sur ce qu'il y avait à faire pour renouveler les mesures à Paris et dans le département de la Seine.... Ainsi, l'Agence a dû principalement prendre les moyens de procurer aux marchands une quantité suffisante de mesures propres à faire la fonction d'aunes. Le mètre se prête parfaitement à cette destination....
» Cette quantité de mètres nécessaire a été évaluée, par approximation, d'après des renseignements pris dans les sections de Paris. Il a été en con-
(*) Séance de la Convention du i"^'' vendémiaire an IV, [Jncisn Moniteur, numéro du 4 vendémiaire, ou Réiinpr., t. XXVI, p. 27 et suiv. Rapport fait au nom du Comité d'instruction publique et servant dVxpo.9e des motifs à la loi du i"^'' vendémiaire an IV (1795 sept. 23).]
72 Chapitre VI.
séquence passé des marchés avec différents citoyens pour des livraisons prochaines. On a reçu des soumissions aux conditions les moins onéreuses, soit pour la fourniture seule des bois, soit pour appliquer les divisions et les autres accessoires.
» Au moyen de tout ce qui a été préparé, l'Agence temporaire estime que les mètres peuvent être substitués aux aunes le i*"" frimaire prochain, à Paris, et dix jours après dans le reste du département de la Seine.
» L'Agence se plaît à rendre hommage aux talents et au zèle de plusieurs artistes qui ont concouru directement à ces travaux. Votre Comité d'instruction publique a pensé que cette récompense honorable leur était due, d'être désignés à la Convention Nationale. Ce sont les citoyens Lenoir, Fortin, Kuth, Jecker, Tourroude, Charpentier, Merklein, Fourché, les frères Dumotier et plusieurs autres.... Il devient indispensable de mettre en ce moment une nouvelle somme de 5ooooo livres à la disposition de la Commission, pour subvenir aux dépenses urgentes; caria première que vous avez accordée par le décret du 18 germinal est presque entièrement épuisée, et le service courant serait entravé si vous n'y ajoutiez un supplément. On ne doit pas être étonne de cette nécessité, si l'on considère quel a été depuis plusieurs mois le renchérissement prodigieux des matières premières, des denrées et de la main-d'œuvre. Au reste, le Comité peut assurer la Convention que l'Agence n'a agi qu'avec la plus sévère économie, que les fonds n'ont été employés qu'à ce qui dépend évidemment des opérations qui lui ont été confiées; enfin, que ce sera au zèle, aux soins assidus et à l'intelligence que cette administration met dans son travail, que l'on sera principalement redevable de la réussite. »
Lorsque l'Agence disposa d'un assez grand nombre de nouvelles mesures, on dut songer à les substituer aux anciennes : tel fut le but de la loi du i^'" vendémiaire an IV (1795 sept. 23), proposée par le Comité d'instruction publique, dont Prieur fut l'organe.
Cette loi décide sagement que la substitution ne se fera pas en bloc pour toutes les mesures et pour tous les arrondissements, mais qu'elle sera étendue graduellement aux diverses espèces de mesures et aux divers arrondissements, à la discrétion du Direc-
Reprise des travaux de la méridienne . 73
toire, à mesure que la fabrication le permettra ; on pense toutefois que la substitution sera complète dans deux années, le i '''' vendémiaire an VI.
La loi du 17 frimaire an II (1793 déc. 7) avait déjà introduit la réforme relativement aux monnaies. Maintenant on l'étend aux mesures de longueur, en commençant par Paris, où le mètre deviendra obligatoire à partir du i^' nivôse an IV (1795 déc. 22).
On voit que le fonctionnement de l'Agence temporaire absorbait des ressources considérables, à un moment où l'Etat était très obéré. Bientôt on lui reprocha de s'être laissé envahir par la bureaucratie (^). En outre, son nom lui faisait peut-être partager la défaveur qui s'attachait alors à un grand nombre d'autres agences^ formées de divers côtés, le 12 germinal an II (1794 avril i), lors de la suppression des ministères^ et qui s'étaient emparées arbitrairement des plus beaux édifices, « détruisant et construisant, sans motif que de frivoles convenances, ou le caprice; multipliant, puis changeant les destinations avec la même insouciance et la même prodigalité », et contribuant ainsi beaucoup à augmenter le déficit (^ ).
Le 22 pluviôse an IV, le Directoire ayant demandé au Conseil des Cinq-Cents l'autorisation de transférer l'Agence d'une maison nationale dans une autre, il fut nommé, pour l'examen de cette demande, une commission qui constata que le déplace-
(*) La discussion qui eut lieu au Conseil des Cinq-Cents, le 23 pluviôse an IV (1796 févr. 13), nous apprend que cette Commission temporaire avait sept bureaux (Secrétariat général. Sciences et Arts, Correspondance, Commerce, Dépenses, Prisons, Contentieux) dont un, celui du Secrétariat général, comptait à lui seul six secrétaires. ( Moniteur du 26 pluviôse, ou Réimpr., t. XXVIl, p. 447.) Ailleurs on dit qu'elle occupait plus de trente commis.
(») Moniteur du 6 venlôse an IV, ou Réimpr . , t. XXVII, p. 520 (séance du 3o pluviôse du Conseil des Cinq-Cents) .
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ment en question était déjà fait en très grande partie. Dès le lendemain, cette commission, par l'organe de Camus, conclut à la suppression de l'Agence, à compter du i*^*" ventôse prochain (i 796 février 20) ; et la suppression fut votée.
Vainement, le lendemain. Prieur essaya de faire revenir les Cinq-Cents sur cette résolution : il était trop tard, car le Conseil des Anciens avait déjà été saisi et approuva la suppression.
Tout n'était pas fini, cependant, car le 3o pluviôse « le Directoire réclame contre la loi qui supprime l'Agence des poids et mesures, et fait sentir la nécessité de conserver cet établissement dont l'existence est encore indispensable pour la mise en activité du système des mesures républicaines. La véritable économie consiste à laisser au gouvernement une certaine latitude dans le développement des dépenses utiles à la chose publique (^) ». Vainement Guyton-Morveau demande le renvoi à une commission. Pelet (de la Lozère) s'écrie : « Il faut enfin secouer le joug de cette bureaucratie dispendieuse, qui a ruiné les finances de l'Etat (2) »,et le représentant Boudin ajoute : « Si dans cette circonstance vous faiblissez, vous ne parviendrez jamais à établir l'économie dans l'administration ).. La loi votée fut maintenue : elle portait qu'à partir du i^"" ventôse prochain (1796 février 20) l'Agence temporaire serait supprimée et réunie au ministère de l'intérieur : elle avait vécu dix mois.
Peu après, l'art. 25 de la loi du i5 germinal an IV (1796 avril 4) contenant le règlement pour l'Institut national, chargea
(*) Ancien Moniteur, numéro du 26 pluviôse an IV (1796 févr. i5) ; Réimpr.^ t. XXVII, p. 446.
(*) Ancien Moniteur, numéro du 6 ventôse an IV (1796 févr. 25); Réimj^r., t. XXVII, p. -528.
Reprise des travaux de la méridienne. y5
rinstitut de toutes les opérations scientifiques relatives à la fixation de l'unité de poids et mesures. Aussi voyons-nous l'Institut désigner Lefèvre-Gineau pour faire les déterminations relatives à l'unité de poids.
L'article lo de la loi du 18 germinal an III porte que les opérations purement scientifiques « seront continuées jusqu'à leur entier achèvement par des commissaires particuliers, choisis principalement parmi les savants qui y ont concouru jusqu'à présent, et dont la liste sera arrêtée par le Comité d'instruction publique ».
Par arrêté du 28 germinal (1795 avril 17), ce Comité nomma en conséquence les douze commissaires suivants :
Berthollet, Borda, Brisson, Coulomb, Delambre, Hatiy, Lagrange, Laplace, Méchain, Monge, Prony, Vandermonde.
Ces commissaires (^), réunis au lieu des séances du Comité d'instruction publique, le 21 floréal, convinrent des articles suivants :
« Article premier. — Il sera procédé sans délai à la fabrication d'un mètre en cuivre, de la plus grande exactitude possible, et qui sera remis au Comité d'instruction pour servir d'étalon provisoire et légal.
)) Art. 2. — Les citoyens Borda et Brisson sont nommés commissaires particuliers pour diriger et surveiller la fabrication de cet étalon provisoire. Ils feront en sorte que sa confeciion soit achevée dans une décade.
» Us présenteront le résultat de ce travail, avec un procès-verbal de la vérification qu'ils en auront faite, aux autres commissaires pour les poids et mesures, qui seront convoqués à cet effet, et qui remettront au Comité
(*) Base du système métrique, t. I, p. Ci
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d'instruction publique l'étalon accompagné du procès-verbal et des calculs nécessaires, après les avoir revêtus de leurs signatures.
» Art. 3. — Les citoyens Méchain et Delambre sont les commissaires chargés spécialement de la mesure des angles, des observations astronomiques et de la mesure des bases dépendantes de la méridienne.
» Art. 4. — Les citoyens Delambre, Laplace et Prony iront incessamment déterminer sur les lieux remplacement le plus convenable pour la base près de Paris, et en indiqueront les extrémités. Ils présenteront le résultat du tout à l'assemblée des commissaires réunis, qui statuera sur ce qui sera le mieux à faire.
» Le Comité d'instruction sera invité à ordonner sans délai la construction des édifices des extrémités de la base, d'après les plans qui auront été adoptés.
» Art. 5. — Le citoyen Delambre partira le plus tôt possible (') pour la continuation de la détermination des triangles, en allant vers le Midi.
» Le citoyen Méchain fera les mêmes opérations en partant des Pyrénées, et venant à la rencontre du citoyen Delambre.
» Cependant, le citoyen Méchain se rendra préalablement à Paris, et ce ne sera qu'après avoir conféré avec lui que l'assemblée des commissaires réunis prendra un parti définitif relativement aux observations de la hauteur du pôle et à la mesure des bases. Ce sera alors que l'assemblée pourra informer le Comité d'instruction publique de la durée probable de ces opérations, ainsi que de ce qui sera le plus propre à les rendre plus parfaites.
» Art. 6- — Les commissaires chargés de la détermination de l'étalon des poids, seront les citoyens Borda, Haûy et Prony. Ils y emploieront la méthode la plus susceptible d'exactitude. Néanmoins, ils feront fabriquer,
(') Prieur, chargé de veiller à l'exécution de la nouvelle loi, assistait à l'élaboration du règlement, car, dit Delambre, « à cette occasion Prieur crut devoir m'adresser un long discours pour me démontrer la nécessité de mettre dans ces observations toute la célérité possible. Je riais intérieurement de voir tant d'éloquence prodiguée sans nécessité. Borda s'impatientait, et malgré tous mes efforts pour le calmer, je ne pus l'empêcher de demander assez brusquement à Prieur qui donc avait, depuis seize mois, réduit à l'inactivité l'astronome qui avait montré tant de zèle et de persévérance «.(Delambre, Histoire de la mesure de la Terre.
Reprise des travaux de la méridienne.
sous le délai de deux ou trois mois, un poids pour servir d'étalon provisoire, et avec une précision suffisante. Ce poids, ainsi que le procèsverbal de vérification et les calculs de sa détermination, sera remis au Comité d'instruction publique, après avoir été adopté par l'ensemble des commissaires qui se trouveront alors à Paris.
» Art. 7. — Enfin, les citoyens Berthollet, Monge et Vandermonde dirigeront le travail du platine destiné à former non seulement l'étalon de mètre de la République, mais encore d'autres étalons d'une similitude parfaite, que l'on pourra envoyer soit aux compagnies savantes, soit aux divers gouvernements du monde policé.
» Art, 8. — Les divers commissariats désignés par les articles précédents se hâteront de proposer à l'assemblée générale des commissaires leurs vues générales sur les différentes branches de travail qu'ils ont à suivre, afin que l'assemblée puisse bientôt fixer ce qu'il est important d'arrêter concernant lesdites opérations. Les commissariats feront d'ailleurs leurs dispositions particulières et se pourvoiront des objets dont ils auront besoin, conformément à l'arrêté du 18 (1795 mai 7) du Comité d'instruction. »