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LA RESTAURATION MONÉTAIRE APRÈS LA GUERRE

La restauration monétaire s Éectua assez Rs dans un très petit nombre de pays neutres (Hollande, Suisse notamment) ou belligérants ayant peu souffert de la guerre (États- Unis), par le retour à l’étalon-or, tel qu’il a été caractérisé cidessus, avec, toutefois, une circulation intérieure PIRE ou moins effective de métal ; jaune.

Mais, dans la majorité des autres pays, cette restauration ne fut TÉATiSEe que progressivement par l'adoption d’un système monétaire dérivé de l’étalon-or, appelé « « l’étalon de lingot d’or » ou «gold bullion standard ».

Dans ce système, l’unité monétaire reste définie par un certaïn ‘poids d’or, mais la circulation intérieure ‘est constituée essentiellément par des billets de la Banque d’Emission, ou des monnaies en métal autre que l’or. Ces billets ou monnaies sont convertibles en lingots d’or notamment pour faciliter les règlements à l’étranger ; le métal jaune est donc en principe destiné surtout à servir aux paiements extérieurs, il est l’étalon de change. C'est ce système qui fut pratiquement introduit en Grande-Bretagne :én 1925 (2), en France en 1928 ; toutefois,

(1) G. Cassel : La monnaie et le change après 1914, trad. franc. (2) :G: bacout: Le retour à l ’étalon-or. La politique monétaire de l'Angleterre (1914-1926), 1926 ; À. E. Feavearyear : The pound sterling, 1931.

dans ce dernier pays, il ne devait être qu’une étape sur le chemin du retour au monométallisme-or.

La Conférence de Gênes d’avril 1922 avaït recommandé l’adoption d’un étalon de change d’or (1) comme un excellent moyen d'économiser le métal jaune. Mais, dans certains pays, le souci de porter à l’extrême cette économie incita les autorités monétaires à constituer la réserve destinée à maintenir le taux de change fixé par la loi entre l’or et la monnaie intérieure par des devises-or : billets étrangers convertibles en or et traites sur des pays assurant cette convertibilité (notamment lettres de change libellées en dollars, livres sterling ou francs), au lieu de conserver un stock d’or improductif pour les besoins des échanges internationaux.

C’est à ce système d’étalon de change d'or devises qu’a été peu à peu réservée l’appellation de « gold exchange standard », alors que, d’après son sens originaire, cette expression dési-

gnait l’étalon de change d’or lingots, communément dénommé .

actuellement «gold bullion standard ».

Dans ces deux modalités de l’étalon de change d’or, l’obligation qui incombe à la Banque Centrale d’acheter ou de vendre des devises-or ou des lingots d’or à un taux fixe remplace, en quelque sorte, la frappe libre du métal jaune. L’importation æt l’exportation de ce dernier — ou des devises — est libre.

$ 3. — L’ABANDON DE L’ÉTALON DE CHANGE-OR PAR LA GRANDE-BRETAGNE ET LA CONSTITUTION DU BLOC-STERLING.

En 1930, le système monétaire dominant était l’étalon de lingot d’or. Il possédait, à peu près totalement, deux des principaux avantages de l’étalon-or pur, c’est-à-dire : empêcher de trop grandes fluctuations dans la valeur des monnaies et faciliter les règlements entre nations en maintenant une relation fixe entre les monnaies nationales et l’or.

Mais l'équilibre monétaire mondial fut de courte durée, Il fut détruit en 1931 par l'abandon de l’étalon de change d’or par l'Angleterre.

(1) Il avait vu le jour aux Indes en 1893. Dans ce pays, la circulati intérieure était constituée par la roupie d’argent. 75 ation

Cet abandon a eu pour but d'arrêter les pertes d’or considérables que subissait la Banque d'Angleterre. Ces pertes résultaient essentiellement, d’une part, du déficit de la balance du “commerce du Royaume-Uni, imputable lui-même à la cherté des prix-or britanniques par suite du retour de la livre à la parité du dollar d’avant-guerre et, d’autre part, des retraits massifs de capitaux étrangers de la place de Londres provoqués par le «gel » des avoirs étrangers dans les pays de l'Europe Centrale. |

En septembre 1931, l’Angleterre, devant l’hémorragie qui ‘épuisait ses réserves d’or, a préféré trancher le lien qui rattachaït la livre au métal jaune plutôt que de les engager toutes à son maintien. Le 21, la Banque d'Angleterre a été déchargée de . l'obligation de vendre de l’or à toute personne, à son siège cen- tral, au prix de 3 £ 17 sh 10 p et 1/2 par once troy (1) d’or à 11/12 de fin ou 916,66 millièmes pour une quantité minima de 400 onces troy de fin et, du début de septembre à fin décembre 1931, le prix de l’once d’or fin sur le marché libre de Londres passait de 85 à 120 sh environ, soit une hausse supérieure à 41 %. Entre les mêmes dates, et vis-à-vis des monnaies rattachées à l’or, particulièrement du dollar des États-Unis et du franc français, la dépréciation de la livre atteignit un pourcentage voisin de 30 %. |

L’abandon de l’étalon de change d’or lingots par l’Angleterre porta un coup fatal à l’étalon de change d’or devises. La réserve de devises de la plupart des banques centrales des pays qui avaient adopté ce dernier systeme monétaire était, en effet, composée, en tout ou partie, de livres sterling. La dépréciation de la monnaie britannique par rapport au métal jaune leur causa de lourdes pertes. Aussi, tous les Instituts d’Emission se hâtèrentils de convertir en or, dans la mesure du possible, leur portefeuille d’effets sur l'étranger ; l’étalon de change d’or lingots recueillit de nouveaux adeptes, chaque pays s’efforçant, par la possession d’une encaisse métallique propre, d'affirmer son indé-

pendance monétaire.

Quant à l'Angleterre, elle ne définit pas avec précision sa politique monétaire en 1931 ; les autorités britanniques déclarèrent seulement qu’elles entendaient laisser la livre sterling

(1) Une once troy égale 31,1035 grammes.

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