VITESSE DE CIRCULATION DE LA MONNAIE
La quantité de monnaie scripturale existante, prête à servir d’intermédiaire des échanges, est constituée essentiellement par l’ensemble des soldes créditeurs, chez les banques ou organismes similaires. Le tableau ci-dessous donne le montant des comptes créditeurs chez les principales banques et celui des comptes de chèques postaux à la fin de 1939. 11 permet donc de se faire une idée du volume de la circulation de cette monnaie à la date la plus récente à laquelle il est possible de faire une comparaison, entre ce volume et celui des billets émis, qui ne soit pas trop influencée par les perturbations monétaires engendrées par la guerre et ses suites.
MONTANT DES COMPTES CRÉDITEURS CHEZ LES PRINCIPALES BANQUES ET BUREAUX DE CHÈQUES POSTAUX A FIN 1939.
(en milliards de francs).
Compte de chèques postaux. (1) 77... 7,0 (2) Banque: de; France tte Le IEC SR RE 16,7, 8 Etablissements semi-publics (3) .................. 4,0 57: Ranques/populaires tient ATE OT 4,2 6 grands établissements de crédit (4) ............: Root 500Mprincipales banquesdiS) SERRE. . 34,0 Total des comptes créditeurs RP Eau 114,1 Billets et espèces en circulation......,............. 455,5 Rapport entre le montant des comptes créditeurs et
celui des billets et espèces en circulation ......... 73,3%
1) Comptables publics et particuliers.
2) Estimation (6,2 milliards à fin 1938). À . (3) Crédit Foncier de France. Banque de l’Indo-Chine, Paris. Crédit National. Banque Nationale Française du Commerce Extérieur. Banque de Syrie et du Liban, Paris. Banque de l’Afrique Occidentale française, Paris. Banque de l’Algérie, Paris. Banque de Madagascar, Paris.
(4) Société Générale. Crédit Lyonnais. Comptoir National d’Escompte de Paris. Crédit Commercial de France. Banque Nationale pour le Commerce et : monte Société Générale de Crédit Ftustrl et Commercial (sans les
iales).
(5) D’après l’importance de leur capital.
A la fin de 1935 le rapport était de 85,7 %, entre le montant des comptes créditeurs (72 milliards) et celui des billets et espèces en circulation (84 milliards). A la fin de 1941, il était voisin de 94,5 % en estimant le montant des comptes créditeurs à 260 milliards (1) contre une circulation de billets et d'espèces d’environ 275 milliards.
Le montant des virements des comptes courants postaux (moyenne des virements-recettes et des virements-dépenses) est passé de 161,9 milliards de francs en 1935 à 296,05 milliards en 1939, et a dû atteindre 430 milliards en 1941. Les règlements opérés par écriture à la Banque de France (recettes et paiements) ônt atteint en 1941 3,925,2 milliards contre 2.754 milliards et 1939 et 2.065,2 milliards en 1935.
Ces chiffres font ressortir le rôle important joué par la monnaie scripturale comme instrument de paiement.
La vitesse de circulation (2) dé la monnaie peut se définir par le rapport entre le stock des moyens de paiements existants et la quantité de règlements qu’ils servent à opérer au cours d’une unité de temps déterminée. La monnaie scripturale est la monnaie dont la vitesse de circulation se laisse calculer le plus facilement avec une approximation relativement satisfaisante, et les résultats obtenus donnent un apercu de la vitesse de circülation de l’ensemble des signes monétaires. En faisant le quotient de la demi-somme des débits et crédits imputés aux comptes courants créditeurs de la Banque de France par le solde moyen de ces comptes, on obtient une vitesse de 63,4 pour 1935, de 65 pour 1939 et de 47,4 pour 1941 (3).
(1) Dont, il est vrai, plus de 60 milliards pour le seul compte de l’Administration centrale des Reichskreditkassen chez la Banque de France.
2) J. M. Keynes : op. cit., ch. 24. M "
8) Il n’a pas été tenu compte du Compte de l'Administration centrale des Reichskreditkassen chez la Banque de France.
F, Moliexe 7