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et jusqu'à nouvel avis, il achèterait l'or, extrait récemment des États-Unis ainsi que celui importé aux États-Unis par l’intermédiaire de la Federal Reserve Bank de New-York, au prix de 35 dollars l’once troy de fin, moins une commission de 1/4 de 1 pour cent, et qu’il vendrait, par l'intermédiaire de la Federal Reserve Bank de New-York, de l'or pour être exporté vers les Banques Centrales étrangères quand le cours du change avec les pays à étalon-or atteindrait le point de sortie d’or. Le prix de vente a été fixé à 35 dollars l’once troy de fin, plus une commission de 1/4 de 1 pour cent, mais l'exportation n’était autori- sée qu’en faveur des Banques Centrales étrangères achetant ou vendant le métal jaune à un cours fixé.
La loi du 9 mars 1933 avait attribué au Président des États- Unis le pouvoir de contrôler les changes et le régime de l'or. Les restrictions auxquelles furent soumises les opérations de change ont été progressivement atténuées et complétement abolies le 12 novembre 1934.
Cependant, le Gold Reserve Act a créé un Fonds de Stabilisation des changes et'a autorisé le Secrétaire du Trésor à effectuer, par l’intermédiaire de ce Fonds, des opérations sur l'or, les monnaies étrangères et tous autres instruments de crédit et valeurs en vue de stabiliser la valeur du dollar sur le marché des changes.
Le Fonds de Stabilisation a été doté de $ 2.000 millions provenant du bénéfice de réévaluation ($ 2.800 millions) du stock d’or national sur la base de la nouvelle teneur-or du dollar fixée par la proclamation présidentielle. Cette dotation fut réalisée sous forme de certificats d’or. Elle était donc d’une nature différente de celle du Fonds d’égalisation britannique et il s’en est suivi une différence sensible dans le fonctionnement des deux Fonds. Les certificats d’or n’étant plus monnaies légales depuis le 5 avril 1933, le Fonds a transféré à la Federal Reserve Bank de New-York $ 200 millions de certificats d’or pendant les premiers mois de son existence pour se procurer des dollars. C’est avec
. cette somme relativement faible que la Federal Reserve Bank est intervenue sur le marché des changes pour le compte du Fonds. | 1
En fait, la création du Fonds de Stabilisation des Etats-Unis
n'a été que la «personnification » d’une abstraction comptable (1).
(4) Voir à ce sujet le n° de novembre 1938 de la Midland Bank,
F. Moliexe 2
L'organisme régulateur des changes a été composé, en réalité, à la fois du Fonds et du Département d’achat et de vente du métal précieux du Trésor américain. Les achats et ventes d’or de ce dernier à prix fixe et dans les conditions énumérées cidessus, ont eu pour contre-partie des ventes et des achats de dollars, si bien que ce Département a’ joué le rôle le plus actif dans la stabilisation du dollar et a réduit d’autant la nécessité d’une intervention directe sur le marché des changes.
En janvier 1934, les États-Unis sont donc revenus à un système monétaire voisin de celui de l’étalon de change d’or lingots ; ils n’ont pas rétabli l’étalon-or pur et simple. Le métal jaune a été nationalisé et la fixation de la teneur-or du dollar n’a pas eu un caractère définitif. Le Président des États-Unis a gardé, en effet, le droit de l’abaïsser encore de 10 % environ. Il a d’ailleurs déclaré en octobre 1933 que sa politique monétaire tendrait à établir et maintenir un dollar à pouvoir d'achat et pouvoir libératoire constant et que les États-Unis devaient prendre fermement en mains le contrôle de la valeur-or du dollar. En fait, les États-Unis ont voulu se réserver un moyen de contre-attaque au cas où l’Angleterre laisserait glisser la livre sterling de façon à bénéficier des avantages d’une nouvelle dépréciation sur les marchés commerciaux internationaux.
Après la stabilisation du dollar, un grand nombre de pays, notamment de l'Amérique centrale et latine, ont rattaché leur monnaie à l’étalon monétaire des États-Unis et ont ainsi constitué le bloc dollar.
Rivaux sur les marchés commerciaux et financiers, le bloc sterling et le bloc dollar (1), sous la conduite de leur chef de file, ont adopté, avec des variantes, la politique de la monnaie: dirigée.