‹ Le système musical de l'Église grecque d'après la traditionChapitre 10 sur 90 · Musica sacra de Gand, janvier · texte numérisé non relu

Musica sacra de Gand, janvier

2. Nous ne pouvons donc pas partager la manière de voir du R. P. Thibaut, Assomptioniste, lorsqu’il dit que « il eût été préférable... pour les Hellènes d’accepter notre notation diastématique sur lignes)) [La musique byzantine, dans la Tribune de St-Gervais déc. 1898, p. 269). Dans l’état actuel des choses, les Grecs y auraient, sinon tout, au moins beaucoup perdu.

3. Uber die altgriechische Musik in der griechischen Kirche , von D r Johannes Tzetzès. München, Kaiser, 1874.

4 Metrik der Griechen und Romer, I er vol. Leipzig, 1867.

etc.(0, jîapù; (grave)fi t les çQopai (altérations) ( 1 2 )était employée déjà dans l’antiquité, sinon par les « harmoniciens », du moins par les praticiens ( 3 4 ); d’autre part, que les octaves modales, les échelles de transposition, les genres et les nuances continuèrent a être non seulement connus,mais employés dans la pratique musicale de 1 Église grecque. On en voit, dit M.Tzetzès, des traces indubitables dans la notation neumatique des Grecs. Les combinaisons d echelles qui en résultent, montent au chiffre respectable de 96 (quatre-vingt-seize), richesse et variété de ressources dont l’Église grecque peut justement se glorifier vis-à-vis de l’Église latine qui n’en possède que huit ou douze. Cet état de choses s’est conservé intact jusqu a la reforme du chant ecclésiastique réalisée en 1818. Les auteurs de cette réforme, il est vrai, ont transcrit dans la notation qu’ils avaient inventée bon nombre de mélodies telles que la tradition orale de leur temps les leur offrait ; mais dans d’autres ils ont introduit des altérations. Ignorant les vrais principes de la musique byzantine, ils se sont guidés sur la théorie musicale des Occidentaux pour ai ranger, réformer, croyaient-ils, la musique de leur Eglise.

M. Tzetzès cite comme exemple le chant Tov ràtpov *ou Ïcoty.o ( 4 ) que l’ancienne notation assignait au mode dorien. Nos réformateurs, dit-il, remarquant que le premier mode latin (nommé par eux dorien) correspondait au type phrygien et que la mélodie chantée dans l’octave phrygienne, changeait complètement de caractère, se trouvèrent fort embarrassés et crurent ne pouvoir mieux se tirer d’affaire qu’en 1 assignant au genre chiomatique ( 5 ).

Pour notre part, nous craignons que cet exemple allégué contre l’authenticité du chant actuel (pas plus que ceux cités par l’auteur, p. 55, note 1, en sa faveur) ne milite contre sa propre thèse. Nous y reviendrons. Mais que dire de 1 inculpation en elle-même ? Les adhérents du groupe réformateur seront étrangement surpris de voir mise en cause dans la décadence de la musique grecque cette même musique latine qu’ils auraient voulu prendre comme modèle dans leur œuvre de réforme. Mais qu ils se tranquillisent. Hatonsnous de le dire, huit ans plus tard, l’auteur fut amené, par des

1. Bryennios, Harmonica , Lib. III, sect. 4. — Tzetzès, /. c., p. 24.

2 Aristide Quintilien les nomme çOdoot, p.254. — Tzetzès, l. c p. 25.CT. ib. ,p. 55,note 2.

3! Bryennios ( 1 . c.)les nomme vEWTspot twv p.sXoTüOtwv.Westphal ( Metrik , I, §27®) entend par ceux-ci les « praticiens contemporains de Bryennios, die praktischen Musiker dei Bryennischen Zeit ». Mais M. Tzetzès démontre par le contexte et par des textes parallèles de Ptolémée qu'il ne peut s'agir que des praticiens postérieurs ^ EWTEpOt) à Pythagore et 1 erpandre désignés, eux, sous le nom de raXoe.ot. et npa/cot twv TtaXcttlov.

4. Nous le retrouvons dans le Nsov E'.puLoXoYiov de Tjixvo7rouXo^i Athènes chez Michalopoulos, 1895, p. 339.

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