Tzetzès, /. c., p. 74, note ; — cf. p. 55, note
CRITIQUE ET RÉFORME
études ultérieures, à modifier sa manière de voir sur ce point, ainsi que sur quelques autres.
Dans une dissertation très érudite, lue à la réunion du syllogue du « Parnassos » et publiée dans le bulletin de cette société ( x ), il avoue l’erreur qu’il avait commise en concluant de la musique actuelle à celle des époques précédentes. Les modifications qui ont créé l’état actuel de la musique grecque datent surtout de la prise de Constantinople. Cet événement forme, sous ce rapport, une ligne de démarcation qu’il est aisé de constater. Antérieurement à cette date la musique d’église était de tout point semblable à l’antique musique hellène du genre diatonique et par conséquent aussi à la musique occidentale. Les deux autres genres avaient été manifestement exclus du sanctuaire dès les origines. La meilleure preuve de ce fait est que la notation ancienne, dite damascénienne, ne connaît ni signe ni enichima (év/^y^a) ( 1 2 ) autres que ceux du genre diatonique. Depuis cette date, au contraire, la musique fut insensiblement envahie et transformée par l’élément oriental, et finit par être complètement « arabisée, turquisée, persisée ». C’est l’état où elle se trouve aujourd’hui. Il n’y a d’ailleurs rien en cela qui doive étonner, vu que les maîtres de musique ont été formés par des professeurs imbus des principes de la musique turque. On reproche à Pétros Péloponnésios ( 3 ) d’avoir été l’un des principaux agents de cette funeste influence : musicien des plus remarquables du XVIII e siècle, parfaitement versé dans la musique turque, il était l’habitué de la cour du sultan autant que du temple du Seigneur des armées. Il devint, par l’intermédiaire de rétros Byzantios, son élève immédiat,le vrai maître de ceux qui nous ont dotés du système actuel : Chrysanthos,Chourmouzios,Grégorios, etc. De fait la théorie d’aujourd’hui repose sur les bases de la musique arabo-persane, ainsi que Chrysanthos l’avoue lui-même dans son grand ouvrage.
Sans doute, continue l’éminent écrivain, il y a eu des changements aussi à d’autres époques, aux V e , Vil I e , XII e , XV e siècles ; mais c’est surtout depuis la prise de la Capitale de l’Empire d’Orient que tout a été bouleversé et que le chant nasillard des Asiatiques a remplacé la musique polyphone usitée dans l’ancienne Église byzantine.