‹ Le système musical de l'Église grecque d'après la traditionChapitre 18 sur 90 · Anthol., p. CXX · texte numérisé non relu

Anthol., p. CXX

2. Poètes et mélodes. Nîmes, Maison de l’Assomption, p. 247-248.

3. Cf. aussi les ms 3088 de la Bib . Nat. de Paris et III 19 de la Bibl. Barber. (XV e -XVI* s. )

4. Faute de type spécial, nous mettons un Ç couché. Le vrai signe sera représenté et expliqué plus loin.

L ANCIENNE TRADITION BYZANTINE

A lui tout seul, le témoignage de l’écrivain byzantin, fût-il interprété exactement, n’infirmerait en rien celui du ms. 261 de Paris, qui lui est antérieur. Mais l’interprétation de nos contradicteurs est sujette à discussion. Le contexte montre clairement que Bryennios n’entend pas parler des r\yoi de l’Église grecque, mais d’une nomenclature similaire employée déjà par les anciens praticiens (*) pour désigner par un numéro d’ordre les échelles de transposition, en commençant par la plus élevée . Bryennios le dit lui-même en termes exprès ( 1 2 ). De fait, la série de Bryennios est identique à celle que donne M. Gevaert ( 3 ) d’après Ptolémée. Pour avoir les rf/oi de Bryennios, on n’a qu’à donner des numéros d’ordre aux tons de Ptolémée énumérés chez M. Gevaert, sauf à réserver le numéro 1, -pwTo;, pour l’hypermixolydien (non hypomyxolydien, comme dit Bouvy), qui manque dans ce dernier.

Voici le tableau qui résulte de cette combinaison :

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1. VoirTzetzès, 1 . c. f p. 24. D'aprcs Westphal ( Metrik , I, 85, 318.) cet usage remonterait, au plus tard, aux derniers siècles de l’empire romain. Cf. Christ, Anthol ., p, cxix*cxx. et Dit Harmonik des Bryennios dans Sitzungsberichte der bayr. Akad. der Wissensch ., 1870, II, p. 266.

2. « *0 d;uxaxoç ôè 7ràvxwv &7repjJu!*oXu8Loç xexX^xai, Ôç xal ïj/o; 7rpüSxo; u7ro twv jjls Xotioiûv Xsysxat.» p. 489. M. Gastoué, qui transcrit (4 Tribune », juin 1899, p. 147) le tableau de Christ et de Bouvy, fait erreur en le faisant lire de bas en haut et en assignant successivement aux rj/oi de Bryennios les notes ascendantes Ré, Mi, Fa, Sol etc.

3. Mus. de l'Antiq ., I, p. 258, tableau. Du reste, Bryennios (p. 389) a trouvé dans le môme Ptolémée les huit tons de transposition. Il le dit dans ces mots : « Kaxà jxèv xov ’ApiaxoijEvov tovoi Etal xptçxatôexa • • • xaxà Sè xov IIxoXep.aIov o’xxto* uTTO&uptoç, uTrocppuyio;, UTtoXudio;, Ôtup'.o;, Ÿpuytoç, Xuôtoç, p.i!;oXd$toç, vrtTcp 4 u.!!;oXu8ioç». D’où provient l'omis-

Si le itpwTo; de Bryennios est le ton le plus élevé, il est évident que son Ssi/TEpoç ne peut être que celui qui le suit en descendant. Donc, si le premier est, p. ex. le ton de mi ou de ré , le second ne peut être que le ton de ré ou de do , et jamais le mode de Mi, comme c’est le cas pour le oeikepo; byzantin. De même, le -pèro; ne peut être que le ton de do ou de si, jamais celui de Fa, comme chez les Byzantins, etc. Nous sommes donc en droit de conclure que Bryennios ne peut pas avoir eu en vue les r^ot byzantins.

Le contexte de l’exposé de Bryennios fait ressortir encore cette conclusion d’une façon indubitable. En effet l’érudit byzantin avait donné (p. 483) une autre nomenclature, également par numéros d’ordre descendant, vjyoç TrpwTOç, etc., nlayto; npwTOç, etc., toute différente de celle qu’on vient de lire. S’il entendait désigner par ses r,yo'. les r^o'. ecclésiastiques, ne serait-il donc pas en contradiction avec lui-même ? Mais non, là pas plus que dans le passage qui nous occupe, il n’a entendu parler des modes de l’Église grecque : il expose simplement une seconde manière de désigner les modes au moyen de numéros d’ordre. Ceux-ci, également employés par les mêmes pteXoroiwi, sont introduits, non plus selon le principe de la hauteur absolue de la mélodie, mais selon la place relative occupée par chaque octave dans le système parfait non transposé, ou dans l’échelle commune. En effet, Bryennios distingue nettement entre les deux ordres, descendant tous les deux, lorsqu il nomme les octaves du premier, eï8ï| tov piXovç, ou 74; \xtki jiôtaç (ordre de la hauteur absolue), celles du second, éio'i\ ~oü f,pp.oTjj.svo’j ( ordre du système non transposé). A lap.410.il taxe « d’inexpérience, ou plutôt d’ignorance », ceux qui confondent ces deux ordres, et donnant un exemple pratique, il démontré qu un même ton peut etre à la fois rzpù-o; et i'ëooyo; (l* r et 7 me ) suivant le principe

d’ordre adopté (•).

sion de ce dernier mode chez M. Gevaert ? Il est vrai que, plus loin (p. 410), Bryennios luimême ne tient pas compte du ton et du mode hypermixolydien ou hypomixolydien. - Digne de remarque est encore tordre ascendant dans lequel Bryennios énumère ici les memes tons de transposition. Cf. Tzetzès l. c. p. 27.

1. Au même endroit encore, il insinue la possibilité d’autres ordres d’énumération : p. ex. celui de compter de bas en haut. Voir ci-dessus note 3.

l’ancienne tradition byzantine.

Nous donnons ici ce second tableau (*) :

Ici encore Bryennios dit expressément que le mode le plus éleve a été lriyo; TipwTo;, désignant nettement le mode de mi. Il en résulte que, dans aucun des deux tableaux de cet écrivain, la colonne des rf/oi ne peut indiquer les i\yo\ ecclésiastiques ( 1 2 ), mais que ce sont des dénominations librement employées dans la pratique de la musique classique, bien antérieurement à l’époque de Bryennios. Aussi dit-il lui-même, ainsi que le fait justement remarquer Tzetzès, que les musiciens appelèrent (êxàXeTav) les modes de ces noms et non les appellent .

Un passage du traité de l’Hagiopolitès, ms. grec n° 360 de la Bibliothèque Nationale de Paris ( 3 ), que M. Gastoué oppose « à ceux qui espéreraient retrouver dans la tradition byzantine les noms des modes de l’antiquité » ( 4 ), doit être interprété dans le sens du pre-

1. « Le système parfait comprenant deux octaves,l'une aiguë, l’autre grave, composée chacune de deux tétracordes, l’un aigu, l’autre grave, les praticiens (’p.sXotTrotot) appelèrent communément et justement rj/Os Trptoios la gamme qui a pour mèse [commencement] le ton le plus ilevé du tétracorde grave de l'octave supérieure », c. -à-d. mi. — Mèse indique le milieu de la

double octave modale, et par conséquent la note fondamentale ou le terme de l’octave simple.

Cf. Tzetzès, /. c.; Gevaert, Xtusiq. de fAnt., I, 258, et surtout Mélopée App ., p. 367, note, etc...

2. Christ, Die Harmonik des Bryennios , dans Siltungsber. der bayr. Akad, der IVissensck. 1870, II p. 266 donne les deux séries de Bryennios en prenant, dans l’une et dans l’autre, les r\yjOi de Bryennios pour les rj yoi ecclésiastiques. Conséquemment, il dit en note, que c’est par erreur que Philoxenoset Margaritès renversent l’ordre et nomment l f 4 y . X'jôto;, etl’rjy. Y cpp’jyto;. Selon nous, l’erreur n’est pas du côté des théoriciens grecs.

3. Attribué par Vincent au XIII e s., par M. Gastoué au XIV e (« XVI e s. », dans la Tribune, est une simple faute d’impression.

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