Die Harmotiik des Bryenrtios, etc., p
3. Le même manuscrit (colonne 3-1), donne un pendant de cette martyrie dans le signe Xa=Xeye.a, c.-à-d. chantez le premier ton (= mi ancien, re byzantin).
qui, chez les Anciens, jouaient le rôle de nos diapasons de poche. Il ressort, en effet, de tout ce que nous avons exposé jusque maintenant que les Byzantins chantaient sur un diapason fixe. Or, un instrument destiné à un semblable usage devaitêtre nécessairement petit, commode, et facile à porter sur soi. Par conséquent, à raison de son exiguïté, il ne pouvait rendre que des sons aigus. L’instrument antique qui réalisait le mieux ces avantages, nous paraît être « la flûte enfantine ou hémiope » (genre de chalumeau), connu pour sa petitesse, « exclu des Concours, admis dans les festins», jouant à « l’octave aiguë des voix d’homme» (*). Ne serait-ce donc pas cet instrument, employé exclusivement, diraiton, à donner le ton au chantre, qui aurait prêté sa nomenclature, et servi ainsi de point de repère aux praticiens byzantins ?
D’ailleurs Tison représenté par ces notes modales était et est encore tenu par des voix d’enfants.
Quoi qu’il en soit,ce qu’il importait avant tout de connaître, c’était la valeur musicale de ces signes ; elle est maintenant certaine, si nous ne nous abusons pas. Au demeurant, les noms que la tradition leur paraît avoir conservés, viennent encore confirmer nos conclusions. C’est ce que nous aurons l’occasion de montrer dans le paragraphe suivant.
§ 5. Les noms des Marty ries.
Dans le paragraphe précédent nous avons cherché à établir la connexion graphique et dynamique entre les martyries et certains caractères de l’ancienne notation grecque, en les identifiant euxmêmes à d’anciennes lettres sémitiques ou chaldéennes.
Ici cependant surgit une grave difficulté. Nous voulons parler de l’époque relativement récente où reparaît pour la première fois, après tant de siècles, l’usage pratique de la notation de l’antiquité. Comment en effet expliquer l’attitude des musiciens du XIII e siècle, qui ont pu songer à des signes graphiques, hors d’usage depuis huit siècles, d’autant plus que dans ce même laps de temps l’on entend des plaintes et des regrets comme ceux de Michel Psellus (XI e siècle), écrivant à son ami que la musique de son temps n’est plus qu’un « faible écho de cette antique musique tant admirée et tant vantée ( 1 2 ) » ?