Salemann, etc., Persische Grammatik , Berlin, 1889, p
6. Menan, Grammaire assyrienne , Paris, 1868, p. 12 ; Delitzsch, Assyrische Grammatik , Berlin, 1889, p. 20.
de l’écriture hébraïque d’écriture phénicienne qu’elle était avant la captivité de Babylone (') en écriture carrée, appelée par les Juifs eux-mêmes écriture assyrienne . Aussi serait-ce une question bien intéressante d’examiner à cette occasion, si l’antique notation grecque avec ses caractères carrés n’accuse pas une origine perse ou chaldéenne, ou sémitique en général, plutôt que phénicienne en particulier, comme l’a prétendu Westphal (*). En tout cas le caractère servant à désigner mi (By/ra dp9ov) ne ressemble en aucune façon au Betli phénicien ( i. * 3 ) auquel il devrait correspondre, mais parfaitement au Beth ninivite ; tandis que le caractère du sol, Z, se rencontre également dans les deux alphabets. Le nom za lui-même de son côté indique une origine autre que la phénicienne.
Mais contentons-nous de tirer la conclusion qui se dégage de notre examen touchant les martyries du oeuTepoç et du Si leur
forme avait pu laisser quelque doute au sujet de leur valeur et de leur véritable connexion avec les caractères alphabétiques et musicaux de l’antiquité, les noms conservés jusqu’à présent devraient, à eux seuls, le dissiper.
Le résultat acquis au sujet du nom de 'j.eç (pron. vés ou véz) nous permet aussi de deviner l'origine, le sens et la forme primitive du nom XevETÔî. Nul doute que les textes écrits n’aient porté à l’origine : Xéye V.e; ou lève te ( 4 ) qui est, suivant nous, le mot original ( s ).
Il nous reste à examiner les dénominations des autres martyries.
i. Témoin entre autres l’inscription de la fontaine de Siloah de 1 époque du roi Ezéchias
(726-698 av. J.-C.). „
2 Cité par Gevaert. Mus. de l'Ant ., I, 398. — Faisons remarquer ici que l’écriture cunéiforme même parait, d'après nos plus savants assyriologues, Halévy, Delitzsch, être une invention des Sémites babyloniens.
3. Voir la forme p. e. dans Vigouroux, /. c., ou Gesenius, Hebràische Grammatik , etc.
4. Ne comprenant plus la vraie valeur du r, retourné, on aura pris cet appendice pour une désinence qualificative en rapport avec le verbe, et l’on sera ainsi arrivé à lire une sorte d adiectif verbal de XÉYW, si barbare qu'il fût. On dirait que le k qui s y prêtait au reste fût pris pour un t avec une fioriture de convention en guise d’abréviation. C’est de fait ainsi que le mot Us Vmo ou mieux Ussxco (ou encore Usso) selon de plus anciens manuscrits lu généralement nenano fut lu autrefois tenano par Auréliende Réomé (ch. vin), ou son copiste. Il serait bien curieux d’examiner à ce point de vue la vraie origine de la solmisation x rj to £ des anciens Hellènes dont nous avons parlé.
, Nous pouvons ajouter ici aux manucrits de Grottaferrata cités plus haut («-dessus p. 60) comme renfermant encore la martyrie du Às-sto; entre autres les mss. grecs 791 de la Bibl. Vaticane (du commencement du XIV e siècle) et III. 2 delà Bibl. Barber.m de Rome
(XV e siècle). On y trouve la forme à côté de Xsys U — le mot Xsys étant écrit tout au long en rouge - et comme pendant Xeys Z etc. Dans le second des deux manuscrits on rencontre
même d e f io*. en abréviation non équivoque le mot XsySTo; lui-même remplaçant le ü de coutume (= mil») et surmonté de l’oligon et des Kentimata complément propre à cette martyrie. Le trait droit du X est traversé d'une petite barre et surmonté de F* - Ce mot n'est donc pas de formation récente.
l’ancienne tradition byzantine.
Celle du premier n'offre aucune difficulté. Comme la lettre représente une voyelle, a, et non une consonne, il allait de soi qu on employait dans le solfège non le nom Aleph ni le mot tzowto;, mais le son phonétique qu’elle désigne : a. Du reste l’antique musique employait également a comme première lettre de solmisation pour
le degré inférieur du tétracorde dorien.
Il n’est pas également facile d’expliquer le nom de la quatrième martyrie : ay.a (agia). Inutile de dire que ce nom n’a rien à voir avec ày»o* saint. Il est vrai qu’on l’a expliqué comme le féminin de cet adjectif, àyia, dont il faudrait sous-entendre le substantif Tpwç : sainte Trinité (‘). La première impression peut être favorable à cette explication. Mais tout l’ensemble des faits et l’analogie des autres martyries doivent nous faire penser qu’il n y a là qu’une pure coïncidence fortuite ( 1 2 3 ), résultant de la corruption d’un ancien mot qu’il s’agit de rétablir.
Voici quelques conjectures que nous voudrions soumettre a ce propos à l’appréciation et au choix du lecteur. Disons tout d abord qu’il n’était guère possible d’employer ici le nom de la martyrie même qui eût été TSTapTo;, ce mot étant trop long et trop pesant pour servir de syllabe de solmisation. Comment y remédier ? Le plus naturel était de recourir encore à l’antique notation. Or, celleci donnait au signe correspondant au sol byzantin ( = la antique) un a de forme étrangère ; c’est la première lettre de cet alphabet musical. Mais comme a servait déjà de syllabe de solmisation, il fallait donc distinguer ce second a du premier. Au moyen âge on doublait dans ce cas la lettre, aa (3). On fait de même aujourd hui ( 4 ). Auraiton usé d’un expédient analogue dans l’antiquité ? Le fait est que dans la langue assyrienne, c’est précisément la syllabe ia, qui produit l’effet d’un dédoublement en même temps qu’elle présente l’avantage d’une prononciation plus facile que aa. Aussi le signe cunéiforme de ia change-t-il souvent avec celui de a ( 5 ). Le nom de la
1. Voir l’Anonyme du Vatican, l’Hagiopolitès, Papadopoulos etc. cités plus haut.
2. En réalité cette explication n’a pas plus de valeur que celle qui fait dériver le X&y&TO^de
Xsy 2 va((pron.v£), =dis oui (en considérant vs comme une faute d orthographejet qui interprète les syllabes déjà examinées comme des invocations, p. e. comme àva; otv=,ç (Seigneur
remets), etc. Si tel en eût été le sens, n'eût-il pas été plus simple et plus intelligible pour les chantres d’écrire ces mots mômes? Au surplus, le musicien grec, maître d’Aurélien de Reomé (IX e siècle), ne connaît pas encore ces explications et s’approche certainement delà vérité en y voyant des syllabes de vocalises. Voiropp. cit. ; Tzetzès, /. c. p. 74; Chrysanthos, Bitoptitixov piva, p. 29; Papadopoulos, SojaSoX at, p. 178-179. etc.
3. Guido d’Arezzo dans son Micrologus (Migne, Gerbert, Hermesdorff) et ses successeurs
pour les « excellentes » (GïrspooXauxi).