‹ Le système musical de l'Église grecque d'après la traditionChapitre 34 sur 90 · Delitzsch, /. c., p. 21, n° 38 et ailleurs · texte numérisé non relu

Delitzsch, /. c., p. 21, n° 38 et ailleurs

Système musical grec. 5

quatrième martyrie tirerait-il son origine d’une forme assyrienne dissyllabe a-ia à laquelle les Grecs auraient donné par une espèce d’accommodation linguistique la forme trissyllabe que nous connaissons ?

Voilà une première conjecture qui ne manque pas d’une certaine probabilité. En voici une qui a peut-être plus de droit à nos suffrages, vu qu’elle reste encore plus dans l’ordre des faits graphiques déjà constatés. Elle se rattache, elle aussi, à un mot sémitique. En effet il doit paraître assez naturel qu’on ait donné à cet a non le nom sémitique aleph, mais celui qui désignait son rôle de premier dans la notation et dans les sons musicaux. Or ce nom sémitique est èhâdh ou ahâdh ; nous traduisons par h le Cheth hébraïque conformément à l’usage des LXX (qui transcrivent cette lettre par rfi) et des Grammairiens, p. e. Buxtorf qui dans son Thésaurus la caractérise de « spiritus asperior (*) ». Le ^ grec auquel on pourrait songer de prime abord, représente le Kaph aspiré. Or, les musiciens grecs auront voulu conserver ici encore le terme technique étranger avec ses caractères qui du reste dans l’écriture en capitales et onciales grecques antérieures au IV e siècle av. J.-C.était assez semblable aux caractères ninivites de cette lettre. Il s’agit ici surtout du caractère H. Celui-ci représente le Cheth ninivite aux V e et IV e siècles av. J.-C., et dans l’écriture grecque il servait jusque vers cette date de signe pour l’esprit rude, si bien qu’il y a correspondance graphique et phonétique parfaite de part et d’autre. Dans la suite l’écriture onciale donne à cette lettre la forme du Cheth hébraïque d’aujourd’hui (semblable au grand II grec), la commodité sans doute ayant fait mettre la barre horizontale du milieu tout en haut. Un petit bout du trait vertical qui dépassait un peu à gauche, le distinguait seul. De là une grande ressemblance et des confusions fréquentes entre les trois formes Iï = h (Esprit rude), II = p, I I=yi( 1 2 ) Le besoin de vraisemblance aura fait deviner aux copistes et peu à peu aux praticiens de l’art le mot AFIA (A) pour Al IA ou anciennement AH V (A) (pron. ahadh ou ahaz ou aïadh) qui ne semblait donner aucun sens. Nous mettons le A final entre parenthèses pour indiquer que cette lettre traduisant le Daleth (= dh aspiré ou Z) a dû disparaître pour motifs ordinaires et naturels aux phénomènes linguistiques. Et pourtant, on dirait que des traces s’en sont conser-

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