C. tetrardus latin : d i c 1 5 i a i C i F 1 E i D
Ce qui aura empêché Gui d’Arezzo de choisir, à l’exemple du Pseudo-Odon, l’échelle C, c’est, à n en pas douter, l’assignation traditionnelle de ces chants au tritus , lequel n’est autre que notre tritus byzantin. Le vrai type de ce dernier ressort nettement de la description qu’on en lit dans les auteurs. Phokaeus p. e., après avoir manifestement confondu le xptxoç proprement dit avec la variété plus récente du Sapu; (laquelle ne veut qu’un seul fc), finit par caractériser le vrai Tptxo; en ces termes : « [Dans cet fi/oç] les intervalles Do-Fa (ascendant), Fa-si, et si-mi sont égaux, To $iajxr,p.a vrj-ya eTvaio|Jiotov pi xo ya-Çw, xal pi xo Çw-éou (KpT) 7 TtÇ? P- 5 °)»* Gela ne peut signifier pour tout musicien que de deux choses l’une, ou bien que cet T)/o<; repose sur les tétracordes, Do 2 1 Fa Si* 2I Mtë, ou bien qu’il se base sur ces
autres, Do 2^ Fa 2.\ si 2\ mi. La seconde alternative est en contradiction avec la pratique autant qu’avec la tradition. Donc il ne reste que la première : un mode de Fa avec 6^ pour garniture.
L ANCIENNE TRADITION BYZANTINE
authenticité pour ces altérations et une preuve à priori qu’elles ne peuvent être anciennes, mais doivent provenir « ex vitio cantorum » et conséquemment doivent être corrigées. Nous pourrions lui laisser la responsabilité d’une telle argumentation ; pour nous il suffirait toujours de voir dans ses paroles mêmes une preuve irrécusable de l’existence de semblables altérations à son époque, et même antérieurement à lui ; cependant le docte musicologue fait manifestement une petitioprincipaux, rien n’empêche de croire ces altérations toutes aussi anciennes que les autres.
Telle est aussi la conclusion de M. Jacobsthal, /. c.
Il n’y a donc pas de doute; nous retrouvons ici dans la plus ancienne pratique du chant latin ce même Mib que nous avons démontré par d’autres arguments être caractéristique pour la technique musicale byzantine. Il a choqué les auteurs médiévaux autant que nos lecteurs auront peut-être été surpris de nous voir lui donner une place normale dans le chant byzantin. Mais le fait de son existence ne peut être révoqué en doute. Et son origine, encore un coup, il faut la trouver, tout naturellement, dans la technique byzantine indiquée déjà par toute la terminologie.
2 et 3. Le canon musical abaissé d'un ton , et conséquemment la classification des types modaux en contradiction avec la classification latine (*) reçue ; conséquemment aussi des types modaux notés un degré au-dessous de leur diapason modal régulier .
Déjà nous avons rencontré des faits de cette nature. Cependant il importe d’en parler d’une façon spéciale. Voici comment les principaux types modaux byzantins doivent correspondre aux types latins, si nos principes sont exacts. (Nous ajoutons entre parenthèse la garniture. La lettre indique la note modale de l’vr/oç ou du mode. Voir le tableau à la page suivante.)
On le voit, les numéros d’ordre ne représentent pas les mêmes types de part et d’autre. Le Tpvro; byzantin p. e. ne représente pas le tritus latin, mais le tétrardus latin, tout en ayant, ainsi que nous l’avons fait remarquer, sa note modale un degré plus bas que celui-ci.
Voici maintenant l’argument qu’il est permis de formuler. Si nous trouvons des chants qui, tout en étant notés à la façon latine, sont classés cependant et désignés comme le seraient des chants byzantins, c.-à*d. par exemple des chants notés en D (protus latin) dési-
1. Pour éviter toute confusion, nous prévenons le lecteur que nous entendons par <L latin » ou <£ soi-disant grégorien » la théorie latine reçue depuis Charlemagne environ, et par <.< vrai grégorien » ou romain » celle antérieure à cette époque.
Système musical grec.
gnés et classés comme tetrardus , d’autres notés en G (tetrardus latin) désignés et classés comme tritus, cette classification doit remonter à une source plus ancienne, à la même source que la terminologie.
Or les faits de ce genre abondent. Tantôt, en effet, certains chants ont été unanimement classés au point de vue byzantin, tantôt les auteurs les ont ordonnés de façons très différentes. Dans ce cas leur embarras et leur incertitude, souvent très grands, n’ont pas