C. les mêmes transposés : ai |> i£ G 2i c c
IOO LE SYSTÈME MUSICAL DE LÉGLISE GRECQUE
Y Alléluia, Laetatus sum (Avent), l’antienne Curn inducerent (2 février) (>).
Le verset alléluiatique Veni Domine (Dom. III. Adv.) présente un exemple des plus curieux sous ce rapport. L Alléluia, étant chanté sans doute par cœur, est noté d’après l’oreille et le monocorde en deuteius latin. Le verset au contraire était, à coup sûr, noté dès le principe sur le parchemin (oicpOepa) dont se servaient les chantres. S’il l’est en protus , c’est un protus byzantin qui correspond au deuterus latin.
Donc ici encore vestiges de classification des types modaux selon les principes de la technique byzantine.
C’est surtout le tetrardus des théoriciens et des tonaires qui a posé à nos musicologues des énigmes insolubles, étant donné que les types classés sous cette catégorie n’ont manifestement rien de commun avec le tetrardus latin, mais sont du protus ou du deuterus latins. Or ces énigmes s’évanouissent dès qu’on admet un tétrardus byzantin du type établi par nous et conservé sous cette désignation dans l’école musicale de Rome. C’est le tétrardus authente correspondant au deuterus plagal (IV e ) latin avec sib et le tétrardus plagal ou plutôt moyen correspondant au premier latin avec B (et, par voix de modulation, aussi avec b).
Mettant de côté les variétés qui entraîneraient de longues discussions, citons comme représentant du tétrardus plagal byzantin la fameuse antienne Urbsfortitudinis et surtout la Comtn.Potum ineutn (Hebd. maj.). Cette dernière antienne, classée par les uns comme tetrardus, par les autres comme protus, tout en offrant partout le même type modal ( 1 2 ), présente à l’endroit cum fletu temperabam les
intervalles mixolydiens D 1 CJ B que le ttÀ ayioç tst>. p70ç byzantin
offre si souvent, seulement un degré plus bas C 1 Bî A.
Les Byzantins emploient ce même mode aussi transporté de C à F, surtout dans les petits tropaires nommés àTroXimxia (espèce d’antiennes de commémoraison). Nous retrouvons cette forme dans le soi-disant tonusperegrinus classé au moyen âge comme une variété
1. Tout au plus peut-on dire qu’elles auront subi quelques légères modifications de nature à mieux les adapter au type du protus latin qu’on y voyait, p. ex. changement delà quarte carac-
téristique dorienne D (E F) G ( = E — a classique) en la quinte hypodorienne D (E F G) a. Plus d'un chant du TtptÜTo; byzantin d'aujourd’hui a dû passer, lors de la réforme, par de semblables modifications.
2. Voir la discussion très détaillée que M. Jacobsthal consacre à ce chant, /. c. chap. VI, p. 179 ss.
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du tétrardus ('). C’est un premier latin (D) transposé à la quarte aiguë G. L’antienne bien connue Nos quivivimus nous a conservé une des formules (êTn^ua), employées par les musiciens byzantins pour effectuer en quelque sorte séance tenante cette transposition ( 1 2 ). La voici d’après le ms. IV, 65 de la Bibliothèque Barberini à Rome f. 30 v (XII e s.). A. latin : D E D D E F G
B. byzantin : C D C C DE F Ue a Y’.-s z[a] z[a]
Elle part de C (= D classique) pour monter à F ( = G classique). Nous voyons que le traducteur grégorien a conservé les notes CD voulues par la technique byzantine, puis il a sauté un degré, pour ne pas devoir noter Mib et pour rentrer cependant dans la série des intervalles transmis par la tradition auriculaire. Il fit donc usage de cette transposition partielle ( 3 ), enseignée par Cotton comme moyen de corriger les «erreurs». Elle a été, selon toute apparence, fréquemment mise à contribution en ce mode. C’est elle qui nous a dotés de ces mélodies désignées comme hybrides par M. Gevaert ^ 4 ). Mais elles cessent de l’être dès qu’on redresse les compromis manifestement hasardés par les théoriciens latins entre la notation toute byzantine de leur livre et l’interprétation que leur suggérait 1 oreille