Mélopée , p. 93 ; p. 118 etc
du concept de la technique latine. Pour être conséquent il aurait dû traduire en latin aussi la première note et la mettre un degré plus D E D
haut: Assumpsit, note pour note traduction latine de l’éirr^Trijjia mo-
CDCC
dal ordinaire du rCïà-y'SA ~ézzp to; byzantin, (bb) Ueayte.
Cette antienne ainsi que Jérusalem gaude et autres de ce genre doivent par conséquent finir et commencer par D ( r ).
Il n’est pas aussi facile de rencontrer chez les Latins les traces d’une classification du deuterus grec. Cela ne doit pas surprendre, lorsqu’on se rappelle que la note modale même du Ssûtepoç, Mi est exclue par les Latins, et que sa quinte aiguë, si b, même ne peut pas servir de base modale pour un III e ou IV e latin. Cependant il est permis d’en voir des vestiges dans certains chants du deuterus plagal (= IV e ) latin, ayant E pour finale mélodique, mais C pour note fondamentale harmonique. C’est le cas de l’antienne Ne reminiscaris (à moins d’y voir le trétrardus, XéyeTOç). D’autres, d’un type apparenté au SeuTepoç grec, semblent avoir été classés sous le II e latin et munis de la finale de ce mode : tels que le Répons Responsum accepitSimeon.Nous mettrions volontiers les improperia du Vendredi saint dans la même catégorie. Les petits versets « Ego te eduxi de terra Aegypti » sont certainement du type lydien = oeôzcpoç byzantin. Or ils se trouvent ici joints à des versets et répons (Quia eduxi te) d’un type semblable mais classés par la finale (d’emprunt ?) sous le II e latin ( 1 2 ). La psalmodie même du II e latin d’après Hucb. (Corn, brevis, Gerb. Script. I, 215) n’a besoin que du changement du D final en C pour représenter un parfait SsuTepoç byzantin.
Voilà donc, dans le répertoire romain, des exemples d’une classification qui ne s’accorde pas avec les types de la théorie latine, mais bien avec ceux de la théorie byzantine. Que celle-ci en
1. L’antienne Venite benedicti { Gevaert, /. c. 94; 109 etc.) a subi les mêmes vicissitudes, mais en sens inverse. C’est la finale byzantine qui a été conservée sans traduction : elle doit être un ton plus haut.—Citons avant de continuer,comme exemples de tétrardus byzantin transposé ('jOopixoç) le Credo II,dont Y Amen final, en quartus latin, dissimule mal la vraie nature; YÀgnus Dei férial (ou de Requiem ), dans la version selon nous plus « authentique » de l’édition « romaine î> avec sifc dans le mot miserere ou dona eis ; l’Invitatoire de Noël et l’Invitatoire férial, etc., etc.
2. Le chant àyto< 6 0 eoç de cette même cérémonie devait se chanter, selon nous, comme $£’jTcpo; (byzantin), comme s’il y avait ^ à la clef : (G aurait ainsi la fonction de tierce harmonique au lieu d’être quinte). Il serait ainsi conforme à la notation des anciens livres byzantins auxquels il est certainement emprunté ; et, de plus, les versets grands et petits, mais surtout les petits, s’enchaîneraient plus naturellement sur le Mi (bémolisé) du aytOs* Il y aurait plus de proportion entre le diapason des deux chants, proportion qui fait actuellement défaut.
l/ancienne tradition byzantine. 103
est la source, Aurélien nous le dit clairement. Car c’est précisément à propos de la classification que cet auteur affirme formellement la dérivation de source grecque.
4. Importance de la note initiale. Elle doit en règle générale coïncider avec la note modale et par conséquent avec la note finale. Sont cependant admis au rôle de notes initiales les soi-disants tons dominants (tovoi oe sïtôÇovreç).
Cette règle a de l’importance surtout comme critère d’authenticité. Elle peut se déduire de la pratique régulière des cantilènes byzantines, et elle a laissé des traces indubitables dans la théorie, mais aussi dans la pratique des Latins.
Pour les retrouver, essayons de retraduire en grec les expressions des théoriciens latins. Laissons parler l’un des plus anciens, l’auteur du Musica Enchiriadis du X e (peut-être IX e ) siècle. Il dit entre autres choses au sujet du premier mode : Etenim primi toni i. e. proti melum et subjugalis sui sono archoo D regitur et finitur{ 1 2 3 ). Les mots regitur et finitur traduisent, à n’en pas douter, les mots grecs ipysrun xa't (ou xaTaWiyet). Or, à'pyrrai peut signifier deux
choses : commencer ou être régi. Il est évident que être régi ici n est pas assez clair ; c’est une expression figurée qui n’a pas de portée nette et partant n’est pas à sa place dans une définition didactique telle qu’il la faut ici. Il ne reste donc qu’à lui donner le sens commencer , sens du reste qui s’indique comme corrélatif de finitur, finir. Pourquoi les théoriciens ne l’ont-ils pas pris ? Mais adopter ce sens, c’eût été condamner leur propre pratique, c’eût été condamner tous ces expédients inventés pour mettre d’accord des données apparemment contradictoires («), celles de la tradition romaine et celles de la « musica naturalis » ( 3 ). D’ailleurs Régir.on s’exprime en des termes qui ne laissent aucun doute à cet égard. Il désigne une série de chants comme illégitimes pour cette seule raison qu’ils ne commencent et ne finissent pas par les mêmes tons ( 4 ). Aussi lorsque ce même auteur assigne la psalmodie du III e mode a certaines