‹ Le système musical de l'Église grecque d'après la traditionChapitre 49 sur 90 · Reginon, de harm. inst · texte numérisé non relu

Reginon, de harm. inst

4. « Sunt namque antiphonae, quas nothas i! e. dégénérés et non légitimas appellamus , quae ab uno tono incipiuut ; alterius sunt in medio, et in tertio finiuntur ». Ep. de harm inst. 2. p l I32i x 85. — Ce texte donne à entendre que même les finales intermédiaires (axsXets) doivent régulièrement être des notes modales. Notons aussi en passant que chez Aurélien, Réginon et autres auteurs latins, le nombre (primus, secundus etc. ) désignant le mode, désigne en même temps, tout comme dans l’ancienne tradition byzantine (cf. TiapaXXayal tw>v oxtw •q/mv), aussi la note modale du mode et la note initiale régulière des cantilcnes qui lui appartiennent.

antiennes commençant par Sol, telles que Adhaesit anima , Malos male perdet , Gloriosi principes, A scendente Jesu , Fac ben igné, ne peuton pas conclure que, dans l’Antiphonaire qu’il avait sous les yeux, elles aient fini en ce mode (*)? Cette observation est d’autant plus certaine qu’il ressort de ses propres paroles que, dans le choix du ton psalmodique, il n’a tenu aucun compte de la finale de l’antienne, mais de son début. Or le début de ces antiennes est en VIII e latin (G)==F byzantin.

Mais pourquoi alors dira-t-on, la psalmodie en III e latin et non en VIII e latin ? C’est que, selon toute vraisemblance, ces antiennes étaient notées en TptTo; byzantin, sur F, ou du moins classifiées sous le tritus, position dans laquelle des éditions en ont conservé quelques-unes jusqu’à ce jour. Or, comme elles n’avaient pas le caractère modal d’un tritus latin = VI e avec son subsemitonium modal et qu’elles en rejettent conséquemment le ton psalmodique, Réginon a voulu, sans doute, satisfaire à l’attribution traditionnelle, en joignant à une antienne classée comme tritus la psalmodie d’un iertius ; mais non sans prévenir les chantres qu’ils ne doivent pas s’étonner de trouver la psalmodie du tertius joint à un chant qui ne finit pas en tertius ( 1 2 ). — Du reste, la psalmodie même du tertius d’après la Comm. brevis de Hucbald ( 3 ) et d’après Gui d’Arezzo ( 4 ) (si l’on écarte, comme de juste, avec M. Gevaert (/. c ., p. 190) le E final) ainsi que d’après YIntonarius Odonis ( 5 ) qui, lui, commence et finit en Sol, représente les contours de l’antique harmonie phry-

1. Nous pouvons au contraire supposer a priori que les dites antiennes ont à l’origine toutes eu pour note finale Sol qu'il marque expressément pour quelques-unes d’entre elles, ou plus primitivement encore Fa byzantin (avec Mi sous-entendu).

2. Voici à ce propos quelques textes où semble se refléter l’état des choses que nous venons

d’exposer. « Cum autem tritus duorum tonorum accipiet (sic) authenticam vim, aptissime coaptabitur tetrardo... » Guido, de modorum for mu lis, Couss., Script., II. 99. — « Affinitate autem conjungitur aufhento deutero et plagis triti. Unde minus capacibus tam per-

fusus error sit, ut multa mêla quae sunt deuteri modi faciant in sexto aut octavo, et ea quae sunt sextifaciant in deuteroaut in plagali tetrardofitqueerror maximus, ignorantes quod cuitribuere possint. Quapropter necesse est, ut quibus signis eos perfecte discernere possimus, proponamus ». Guido Aret., I. c., Couss. II, 107. Il est très important, à notre point de vue, d’entendre constater le célèbre musicien du XI e siècle une grande confusion faite à son époque précisément entre ces trois modes qui nous occupent, le TptTOÇ ( Vie), le tertius (deuterus) et le tetrardus (VIII e ). Etait-il lui-même homme à discerner la cause de la confusion et partant le vrai critère de la distinction? Nous ne pouvons l’examiner ici. Entendons seulement Aurélien constater et mettre en jeu une semblable parenté entre le III e et Ville latins : « Retinet quandam connexionem deuteri tetrardus in sui fine ». C. XII. Le tertius (SîUTSpo;) d’Aurélien, à l’instar du tertius ambrosien, a évidemment fini en VIII US latin ; avons-nous ici encore un TptTo; byzantin latinisé d’abord en tertius et passé ensuite, sous cette fausse étiquette, dans le domaine du deuterus (3 e et 4 e latin)?

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