‹ Le système musical de l'Église grecque d'après la traditionChapitre 54 sur 90 · AO · texte numérisé non relu

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D’autres fois, les éditeurs modernes semblent s’être contentés de donner tel quel le texte traditionnel (p. ex. le I er mode hirmologique), tout en l’interprétant avec Mi (*). On n’a souvent qu’à replacer, comme nous l’avons expliqué pour le Pange lingua romain, le degré altéré au lieu du degré naturel, réputé à tort plus légitime. On obtient alors un dorien du type le plus pur. Or, fait digne de remarque, si l’on n’admettait pas cette substitution, ce mode

1. Et en modifiant quelquefois une note et autre pour l’adapter davantage à leur interprétation.

« hellène » par excellence ne se retrouverait nulle part dans toute la musique byzantine,— ce qui est de tout point invraisemblable ( x ). C’est la tâche de l’interprète et du restaurateur du chant byzantin, de distinguer, selon les cas, le mode de correction — ou pour mieux dire, de corruption — employé par les réformateurs modernes, afin d’appliquer le remède en rapport avec le mal. Or, cette tâche, des plus ardues, ne peut souvent être remplie que par voie de tâtonnements, à moins d’avoir sous la main tous les documents anciens. D’autres fois encore on se trouve en présence d’arrangements d’anciennes mélodies ou bien encore de compositions toutes neuves. L’interprète n’a qu’à se résigner alors à suivre les intentions du compositeur.

A part ces chants plus ou moins revêches à nos principes, notre interprétation peut être appliquée sans plus à la musique ecclésiastique byzantine. Nous en avons souvent trouvé la confirmation dans la pratique des Grecs de Sicile, et cela, dans des modes considérés comme les plus propres aux Orientaux, tel le 8eù?epoç. Ainsi le chant tout à fait traditionnel du IXapov des éditions modernes, interprété selon nos principes, c’est-à-dire avec b b b> représente identiquement le type modal qu’il a chez les Italo-Grecs et en Corse, où un prêtre grec l’apporta, sous une forme abrégée, au début du XIX e siècle.

La difficulté soulevée, loin d’infirmer le caractère traditionnel de nos principes, n’a donc fait que le corroborer davantage.

Cependant, nous l’avons dit, ces principes sont incomplets, parce qu’ils ne tiennent aucun compte des variétés d’intervalles réelles et légitimes de la musique byzantine. Ce point sera traité dans la dernière partie de cette étude.

Section B.

l’élément asiatique dans la musique byzantine.

Le lecteur se rappelle la double thèse que nous nous étions proposé de prouver, à savoir que le système musical de l’Église grecque repose sur une double gamme, sur la gamme dorienne et sur la gamme lydienne. La gamme dorienne, conservée dans Prr/oç ttowto;

i. La modulation en TiXocytoc Ô£'jT£pOs qu'on rencontre souvent dans ce mode trahit, a n en point douter, la présence d’un Mi b primitif ; quant au Fa $, avec Mi b concurremment exprimé par cette martyrie, il n’a que faire ici. C’est l’observation déjà faite en substance par M. Tzetzès. Déprimé abord (voir ci-dessus au chapitre II, P* 24) nous la crûmes douteuse; après un examen plus mûr, elle nous paraît fondée. Nous reviendrons plus loin sur ce point.

l’ancienne tradition byzantine.

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byzantin, est la base de tout le système modal byzantin : c’est la première thèse développée dans la première section. La gamme lydienne, conservée dans le second mode byzantin, est la source des phénomènes particuliers à ce même chant et contient l’élément asiatique de la musique byzantine: c’est la seconde thèse qu’il reste à démontrer.

Nier l’existence de cet élément, ce serait aller à l’encontre des faits, et, si nous n’y avons pas donné grand poids jusqu’à présent, nous voulions uniquement simplifier la marche de notre exposé. Loin de le méconnaître, nous pensons qu’il y est de droit et qu’il est même plus ancien qu’on le croit communément (')• Suivant nous, il n’est pas le fait d’une influence turque ou arabo-persane, mais remonte aux origines mêmes de la musique hellène. De fait, cellec \ f __ comme M. Gevaert ne cesse de le rappeler dans son grand ouvrage, — est elle-même fille de la musique asiatique ; et tel point obscur de la théorie ancienne ne pourra se résoudre qu en tenant compte de cet élément primordial de la musique hellene dont, ici encore, la musique byzantine est restée la fidèle héritière.

Les principaux phénomènes dont nous parlons, sont les intervalles autres que les tons et demi-tons, leurs déterminations au moyen de la division de la gamme en 68 parties (ou Tp.T|[AaTa), les genres, systèmes et nuances, etc.

Nous aurons à en examiner la nature, la légitimité, la loi qui les gouverne, leurs rapports avec les données et les enseignements de {'antique théorie grecque. Et comme nous disions qu’ils ont leur source dans l’harmonie lydienne, nous devrons commencer par l’étude de celle-ci. L’examen de ces diverses questions comprendra donc les paragraphes suivants :

1. L’identité du second mode byzantin avec l’antique mode lydien.

2. Genres, systèmes, loi d’attraction chez les Byzantins et chez les anciens Hellènes.

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