Gevaert, Mus. de l'Ant II
même sur les kpuov'la; toioSouç d’ion chez Cléonide ( T )
qui ont tant intrigué nos musicologues. Celles-ci ressemblent fort à nos tricordes emmêles (o’up.cptovoti'xaç) accordés entre eux en quartes justes (sens ordinaire de o-uuicpwvo’jTa;). Complétés à l’aigu par les notes mit), ré (accordées sur Fa, Sol), ils forment la lyre hendécacorde chantée par le poète ( 1 2 ). Mais ce dernier trîcorde nous fait penser à cet autre dont l’invention a valu les éloges à son inventeur ou à ses inventeurs ; car plusieurs se disputent cet honneur. De même que le poète semble avoir en vue un système ou une combinaison (ipfxovta) par systèmes (TpioSouç) plutôt qu’un instrument, ainsi s’agit-ii ici, selon plusieurs ( 3 ), d’un système, ou ce qui revient au même, d’une combinaison par systèmes de tricordes. La manière dont Clément d’Alexandrie en parle, mérite particulièrement notre attention. Voici ses paroles: «On dit que c’est Hyagnis qui a inventé leTricorde et l’harmonie diatonique».L’expression «harmonie diatonique » ne donne aucun sens. Nous proposerions de lire tt,v Svtovov iopurnav, c’est-à-dire l’harmonie ou échelle modale construite de systèmes à deux tons, les diphonies égales de la musique byzantine ( 4 5 ). Celles-ci remonteraient ainsi à une époque très reculée.
Appliquons ces données au second mode de la musique byzantine. Celle-ci, nous l’avons démontré plus haut ( s ), a abaissé d’un ton l’échelle antique. Le tricorde lydien la 1 Sol 1 Fa devient conséquemment Sol 1 Fa 1 Mib. Répété par disjonction au grave de Mib (donc sur Ré) et à l’aigu de Sol (sur lab) il fournit l’ennéacorde suivant (série A) entièrement conforme à l’antique ennéacorde (série B) :