Ci-dessus, p. 46 ss
l’anciennf. tradition byzantine.
A. Ennéacorde byzantinrdo 1 si b 1 lab II Sol 1 Fa 1 Mib II Ré 1 Do 1 Sib
B. Ennéacorde antique : ré 1 do 1 sib f| la 1 sol 1 Fa || Mi I Ré 1 Do
(et latin) ^10 : 9 : § '77 L° : 9 : ^ Vr 1° : 9 : 8
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Pour établir que c’est là véritablement la seule diphonie égale de la tradition byzantine, nous avons à prouver que la diphonie centrale Sol Fa Mi est formée de deux tons entiers, et en second lieu, que les différents tricordes se succèdent par disjonction (81e- ^euyfjisva) au moyen d’un demi-ton interposé,et non par jonction (œuvr t u as va). Or l’un et l’autre résultent irrécusablement de ou
formule modale propre à cet y\yoç, c’est-à-dire les syllabes f xe-[z]a- V.e; appliquées aux dits degrés Mi, Fa, Sol. Leur valeur, fixée par la TzoLpcdlkoLyi) traditionnelle du Tpo^oç, est de deux tons ascendants encadrés au grave et à l’aigu d’un demi-ton, le demi-ton grave devant être basé sur Ré (= Béth droit). Or c’est précisément la diphonie Mib Fa Sol, surmontée de lab comme base d’un nouveau tricorde, et flanquée au grave de l’intervalle sémitonal disjonctif Mib-Ré, Ré servant de point de départ à un nouveau tricorde grave Ré 1 Do 1 Sib.
Tel est le type traditionnel du second mode que nous avons rencontré dans les manuscrits et dans la pratique des Grecs de Sicile et aussi dans celle des Maronites. La théorie moderne cependant a donné occasion à une interprétation différente dont les éditions se sont ressenties quelque peu. Elle fait consister le tricorde en un ton aigu et en un demi-ton grave Sol 1 Fa £ Mi et, de plus, elle fait relier les tricordes entre eux par jonction (xarà avvasTjv). Mais ce sont là deux erreurs qui s’expliquent par la conception latine que les théoriciens ont de l’intervalle Fa-Mi. En effet, si, d’une part, la diphonie type représente une tierce mineure descendante Sol 1 Fa i Mi, avec le demi-ton au grave, et que, de l’autre côté, la tradition auriculaire signale au-dessus de Sol un demi-ton suivi d’un grand, la conclusion naturelle sera que ce mode se constitue par tricordes mineurs enchaînés , le demi-ton se trouvant toujours au grave du tricorde : si b 1 lab j Sol 1 Fa j Mi 1 Ré h Do.
Mais que ce soit là une combinaison pratiquement invraisemblable et impossible, même pour des voix et des oreilles orientales, c’est ce qui est rendu manifeste par les inconséquences et les contradictions des théoriciens avec eux-mêmes et entre eux, et par la liberté, l’arbitraire même avec lequel ils traitent et permettent de
traiter cette question ( T ). Ainsi on suppose ou plutôt l’on voudrait avoir entre si-do le demi-ton européen. Pour ce faire, on haussera le si sans s’inquiéter que lab-si ne correspondra plus alors au ton Fa-Sol. Il faut faire la même observation pour Ré-Mi (si l’on veut obtenir un demi-ton entre Ré-Do sans hausser Do). Que devient alors la diphonie égale ( 1 2 3 ) ? De plus, une semblable combinaison de la diphonie ne cadre ni, à l’aigu, avec l’étendue ordinaire des cantilènes, dans les éditions, do, ni, au grave, avec celle des manuscrits, Sib. Mais il est inutile de nous arrêter à réfuter des théories aussi peu appuyées sur la tradition byzantine.
D’après tout ce que nous avons dit, il paraît hors de doute que la diphonie égale du second mode est le tricorde ou plutôt l’ennéacorde que nous venons de décrire. Ce mode n’a donc rien de spécifiquement asiatique, rien de proprement chromatique, si ce n’est le lab mol, en tant qu’il s’écarte de l’échelle normale byzantine caractérisée par
Déjà plus haut (3) nous avons assimilé ce mode à l’antique syntonolydien. Une étude plus approfondie de la matière nous porte, non pas à abandonner cette assimilation — nous croyons pouvoir la maintenir plus que jamais — ,mais à en modifier l’explication,c’està-dire que le ovoç XuStoç désigne soit un lydien co7icordant ) c.-à-d. consonnant ou simplement emmêle ( 4 ), soit un lydien construit selon les principes d’attraction ou de la note sensible ou appellative ( 5 ). De toute façon, (X'jvtovoç semble opposé à oiaTOvo;, ainsi que nous le verrons plus loin en parlant des genres.
Telle est, selon nous, la portée pratique des systèmes chez les anciens Hellènes et chez leurs descendants. Ils nous paraissent comme le terme d’une évolution complète dont les genres et l’attraction marquent les premiers essais et les phases successives.
b . Les genres. Par genre on entend une manière de diviser le tétracorde [en intervalles plus ou moins grands] ( 6 ). Cette définition est la même non seulement chez les théoriciens anciens, mais aussi
1. Voir Phokaeus, /. c. xs<p. i£. Cf. les divisions de Philoxenos et de Margaritès chez Christ dans Sitzungsberickte der bayr. Akad. etc. 1 . c.
2. Nous défions qui que ce soit de la retrouver dans l’échelle du second authente d'Amanitis, Échos d'Orient, 1 . c. : Do — Ré — Mi — Fa — Sol — la — si — do.