‹ Le système musical de l'Église grecque d'après la traditionChapitre 75 sur 90 · Études , p · texte numérisé non relu

Études , p

est connu ( , ). Plutarque (I er -II e s. après J.-C.) qui nous l’a conservé ne le contredit pas. Suivent Ptolémée, Aristide Ouint. (II e - 11 I e s. apr. J.-C.), Gaudence (vers 400), qui en disent autant de leur époque respective. Nous demandons, comment ils ont pu bien décrire une chose qui n’existait plus dans la pratique de leur temps? Et s’ils ont, comme de juste,puisé leurs renseignementsdansdes écrits antérieurs, en ont-ils compris le sens, ne les ont-ils pas travestis en les commentant ?

Autre question. Le genre enharmonique est célébré par les écrivains anciens comme le plus parfait et le plus beau de tous ( 1 2 ). (Inutile de faire remarquer que ce n’est pas sa « difficulté » seule qui peut lui avoir valu cet éloge et d’autres encore qui lui ont été décernés dans le cours des âges). Or, comment concilier ces louanges avec l’effet que produit nécessairement le genre enharmonique des théoriciens ( 3 ) ?

Ne faut-il pas plutôt conclure avec quelques auteurs, ou bien que le genre enharmonique décrit par les anciens théoriciens n’a, à la vérité, jamais existé dans la pratique ( 4 ),ou du moins qu’il n’est pas visé dans ces éloges décernés par l’antiquité ( 5 )? Mais alors, quel est le genre enharmonique qui les a mérités? Nous estimons que c’est celui-là même appelé diatonique par les théoriciens dont nous parlons.

Pour procéder avec ordre,il nous faut examiner chaque genre en particulier. Commençons parle genre diatonique. Il a été reconnu de tout temps comme le premier dans l’ordre chronologique et dans l’ordre physiologique. « Il est constant», dit Aristoxène,« que le chant diatonique est le plus ancien 4 c’est celui que la nature de l’homme trouve tout d’abord ( 6 ) ». D’autre part nous avons vu que la musique primitive des Asiatiques, auxquels les Grecs l’ont prise ( 7 ), ne pouvait êtrebasée que sur l’échelle acoustique. Celle-ci

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