‹ Le système musical de l'Église grecque d'après la traditionChapitre 78 sur 90 · Voir Gevaert. Mus de f A nt, I, p. 27 t · texte numérisé non relu

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4. Plutarque, de Mus. (Westph. § XXI), cité par Gevaert, /. c., p. 297, note 3.

5. Compris ainsi, le genre commun « qui ne se compose que de sons stables» (Ps. Euclide, p.9-10), n’est pas une fiction théorique, mais une réalité technique. Ce ne sont que les auteurs postérieurs, y compris Aristoxène, qui, par malentendu, ont cru devoir appliquer les modifications enharmoniques, aussi à ce tétracorde commun. Plutarque le dit clairementen parlant de l’enharmonique d’Olympe : « To yàp Èv tou; piéa-ou; évapjjidviov rcuxvôv... ou àoxeï xoû rO'.TjTOÛ (’ÜAUjXTTOu) îTvou fr. De Mus., XI.

sait (tuxvôv) la fraction de gamme susceptible de modifications et d’améliorations.

Quel est en cela le rôle de chaque genre en particulier?

Le genre chromatique, croyons-nous, avait pour objet de régulariser le degré si, soit en le haussant, soit en le baissant : sio (terme 11 jdevenait sitj ou sib Certes,l’un et l’autre, sib et si!J, ils représentent un chroma (ypwya, ypodt), une nuance différente du degré diatonique sid qui, lui, se trouve à distance égale de do et de la, tandis que les deux autres se rapprochent, l’un de la, l'autre de do. Ils étaient donc compris tous les deux sous le nom chromatique. Les Byzantins, de leur côté, désignent (si nous ne nous abusons) comme chromatique tant le lat, du second mode (équivalent du sib antique) que le do# du second mode plagal (équivalent du sifl classique). Cependant c’est principalement la nuance sibj qui semble avoir constitué le caractère propre du chromatique primitif. Il faut le croire, si, ainsi que le pensent des écrivains antiques ( J ), Olympe en a été l’inventeur. En effet le genre enharmonique de ce musicien (nous allons le voir) suppose le haussement de ce degré.

La même conclusion se dégage, ce semble, des renseignements que l’antiquité nous a laissés sur le chromatique des successeurs de Terpandre ( 1 2 ).Ce chromatique aurait consisté à remplacer le ton do par une nuance plus élevée du si, donc: si si+ ré mi. On ne comprend vraiment pas ce qui aurait pu motiver l’élimination d’un degré aussi consonnant que l’est le degré diatonique do (chiffre 12). Les termes de ce renseignement doivent avoir une autre portée, et le mécanisme de la notation antique nous la laisse deviner. Ces auteurs auront remplacé le caractère désignant do par une forme variée, couchée ou retournée, du caractère de si, pour exprimer le rapprochement des degrés. C’est par ce moyen que dans la suite le vrai demi-ton si-do sera toujours représenté ( 3 ).

Le genre chromatique, en corrigeant le degré si, avait remédié à l’absence d’un second demi-ton, lacune la plus sensible dans la gamme acoustique. De cette façon, il préludait au genre enharmo-

1. Philochore ap. Athén., XIV, 637, 638. Cf. Volkmann, Comm. in Plut. Mus., p. 107; Gevaert, op. c., I, p. 298.

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