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nombreux éléments figurés et où pénètrent bientôt des bourgeons vasculaires provenant de la séreuse. Les éléments de la néo-membrane se multiplient rapidement, et bientôt son tissu devient très-analogue au jeune tissu connectif ordinaire. Ces néo-membranes organisées, arrivant au contact de néo-membranes semblables situées sur le. feuillet opposé de la séreuse, peuvent former avec elles une adhérence complète ; nous y reviendrons plus tard, à propos du rôle mécanique des séreuses ; d’autres fois elles forment de simples brides qui traversent la cavité séreuse et qui, ainsi que l'ont montré Cornil et Ranvier à l’aide dimprégnation d'argent, sont revètues d'un épithélium. Le tissu séreux est donc là reconstitué entièrement.
Il suffit d’une irritation bien légère pour mettre en jeu ce pouvoir adhésif des surfaces séreuses. La méthode dite de Récamier pour pénétrer jusqu'aux viscères et traverser une cavité séreuse, sans l'ouvrir, est fondée sur la connaissance de ce fait. Tout le monde sait comment Dupuytren et Jobert ont utilisé ce pouvoir adhésif, l’un pour la destruction de l’éperon dans l’anus contre nature, l’autre pour la cure des plaies de l'intestin.
Lorsqu'il n’y a pas adhérence, ces néo-membranes peuvent subir des modifications diverses, dont nous devons dire un mot : parfois leur tissu se condense de plus en plus, c'est ce qui se produit pour les plaques laiteuses du péricarde ; c’est encore là l’origine de ces plaques cartilaginiformes épaisses, que l’on trouve parfois à la surface du foie et de la rate. Le tissu peut s’incruster de sels calcaires et l’on a alors les plaques appelées ossiformes. Nous n'avons rien à dire ici du rôle capital indiqué par Cruveilhier, et que jouent les néo-membranes dans la pathogénie des hé-
morrhagies des séreuses.
A côté de cette reproduction du tissu séreux, nous devons
placer la reproduction et l’hypertrophie de certains appendices des séreuses, tels que les appendices épiploïques, les villosités de la plèvre, les franges synoviales. Ces appendices peuvent devenir le siége de néoplasmes divers, tels que les lipômes arborescents, les myxômes, .les fibrômes ; ces diverses productions suivent une marche variable suivant la nature de chacune, mais, quelle que soit leur nature, elles peuvent, à un moment donné, se détacher de la séreuse et constituer une variété de corps étrangers des articulations, du péritoine, de la tunique vawinale, et même du péricarde.
Absorption. — Le lissu des membranes séreuses est perméable, mais à l'état normal il semble qu'il n’absorbe n1 ne sécrète d’une façon notable ; néanmoins, il est utile d’étudier ici son pouvoir d’absorber, comme plus loin, sa faculté de sécréter.
Il n'est pas sûr que l'étendue de l’un corresponde à celle de l’autre. S'il ne s'agissait que de l’épithélium, nous ne verrions là qu'une membrane poreuse ou non, également perméable dans les deux sens et ressemblant, à ce point de vue dans les séreuses vraies, à l’épithélium des vésicules pulmonaires. Mais il s'agit aussi de la situation des vaisseaux : très-bien placés pour l'absorption ils le sont peut-être moins bien pour ia transsudation, car les vaisseaux sanguins, dont le plasma supporte une: forte tension favorable à l'exosmose, ne sont pas aussi rapprochés de l’épithélium que les lymphatiques, où la tension faible semble faire appel à l’eudosmose. Quoi qu'il en soit, le pouvoir absorbant des séreuses est énergique ; il ne le cède qu'à celui des bronches ou plutôt des vésicules pulmonaires.
Il est probable que l’épais épithélium des synoviales articulaires est moins perméable que celui des séreuses