‹ Le système nerveux central au point de vue normal et pathologique: leçons de physiologieChapitre 18 sur 29 · DU CERVELET · texte numérisé non relu

DU CERVELET

Constitution anatomique du cervelet.

Le cervelet, ou portion de l'encéphale qui se trouve correspondre aux fosses inférieures de l'occipital, représente une masse moins considérable que celle du cerveau. Le poids relatif entre ces deux parties est comme 1 est à 9. Chez le fœtus, comme il est moins avancé dans son développement que le cerveau, le rapport est comme 1 est à 14. Ce fait a sa signification physiologique, car c'est peut-être pour cette raison que le jeune enfant ne peut ni marcher ni tenir son équilibre. La substance du cervelet se putréfie assez vite, ce qui peut induire en erreur et faire croire à l'existence d'un ramoUissement. Cela tient à la position déclive de l'organe, soit pendant la vie, soit après la mort, et à sa grande richesse en substance grise. Quàut aux

itails de conformation, ils n*ont aucun intérêt pour nous. Pour la

celle, le bulbe et la protubérance, il était indispensable de rappe-

r, à la fois par des figures et des descriptions détaillées, les diffé-

ntes faces de ces centres nerveux, parce que dans les vivisections

s résultats variaient suivant le point lésé et qu'il était nécessaire

issi pour le physiologiste de bien préciser le point d'origine des

îrfs. Il n'en est plus de môme pour le cervelet. Jusqu'à présent, on

îst trouvé en présence des mômes phénomènes, en agissant tantôt

,r un point, tantôt sur un autre. Les vivisections n'ont besoin que

une chose, c'est de porter sur la masse cérébelleuse. De plus cette

asse ne donne naissance à aucun nerf , quoiqu'on ait prétendu le

»ntraire. Tout ce que nous avons besoin de savoir, c'est qu'on lui

stingue trois lobes, lun moyen qu'on appelle wiMari, et deuxlaté-

lux qu'on appelle hémisphères cérébelleux; que chez l'homme les

bes latéraux sont très-développé^, tandis que le lobe médian est très-

Btit; que chez les mammifères le lobe médian prend plus de dévelop-

sment que les latéraux ; que chez les oiseaux, les reptiles et les

Dissons le cervelet n'est représenté que par le lobe médian, qui alors

iquiert un certain volume. Un fait qu'il est utile aussi de se rappeler,

est que cet organe contribue à circonscrire le quatrième ventricule.

Quand on fait une coupe horizontale et qu'on l'examine à l'œil nu,

1 voit que, contrairement à ce qui existe dans la moelle et la pro-

ibérance, la substance blanche est au centre et la substance grise à

; périphérie. Au milieu de la substance blanche, on aperçoit une

lembrane jaunâtre plissée sur elle-même. C'est le corps r/iomôoïda/

u olive cérébelleuse. La substance blanche envoie dans la grise des

rolongements qui, par leur ensemble, constituent l'arbre de vie.

Ile envoie d'autre part des prolongements extrinsèques qui forment

îs divers pédoncules cérébelleux. Le supérieur se porte au-dessous

es tubercules quadrijumeaux ; le moyen vers la protubérance, et

inférieur vers le bulbe.

Si maintenant nous nous servons du microscope, nous constateons que la substance grise est composée de deux couches : 1° la uperficielle, d'une teinte de rouille, très-molle et caractérisée par de rosses cellules d'une forme spéciale, qui ont reçu le nom de cellules iC Purking, Elles sont disposées en séries régulières. Elles présenent une extrémité renflée qui regarde le centre de l'organe et qui est nunie de prolongements très-fins ; et une portion efiBlée composée le plusieurs prolongements volumineux et tournés vers la périphé-

rie (1). A la surface externe de cette couche se trouve une lamelle mince de très-petites cellules sous-jacentes à la pie-mère et recevant les prolongements des grosses cellules. 2° La couche profonde de couleur grise est composée presque exclusivement d une quantité prodigieuse de petites cellules sphériques et hrillantes. Celles-ci ont le volume des globules du sang et sont dix fois plus petites que les cellules de Purking. Robin les regarde comme des myélocytes ne contractant aucune connexion avec les prolongements des cellules de Purking, qui se contenteraient de traverser leur masse. Luys prétend qu'elles ont des prolongements propres, très-déliés, qui s'anastomosent entre eux en formant un lacis inextricable et qui de plus viennent s'accoler aux prolongements de Purking en entourant chacun d'eux d'un véritable chevelu. Pour mon compte, je ne suis pas encore arrivé à les apercevoir. La substance blanche est formée de tubes nerveux dont les cylinder-axis font suite aux prolongements des cellules de Purking qui, là, se trouvent débarrassées du voisinage des petites cellules ou myélocytes de Robin. Suivant Luys, là se retrouveraient aussi les petits filaments provenant de ces petites cellules et accolés aux tubes précédents. Quoi qu'il en soit, les tubes flanqués ou non de ces filaments convergent vers les cellules du corps rhomboïdal, comme les fibres du cerveau convergent vers le corps strié. Du corps rhomboïdal partent alors de nouvelles fibres qui se disposent en trois faisceaux qui deviendront les trois pédoncules cérébelleux. D'après Luys, ces trois faisceaux viendraient se terminer dans les cellules du côté opposé du bulbe, de la protubérance et des pédoncules cérébraux; ces cellules d'aboutissement formeraient un tout continu, qu'il appelle substance grise cérébelleuse périphérique et qui serait réuni par de nouvelles fibres, d'une part avec le corps strié, d'autre part avec les pyramides antérieures. Elles seraient toutes grosses et appartiendraient à la catégorie des cellules motrices. Cette disposition, si elle existe (et elle semble se confirmer de plus en plus), indique que le cervelet se rattache aux parties cérébrales de l'axe cérébro-spinal qui sont affectées au mouvement et qu'il est un des agents centraux de la locomotion. Le schéma suivant va vous donner une idée de la forme des éléments qui entrent dans la composition du cervelet, de leur disposition et de leurs

(1) Sankey a pu gnlvre jasqa'à 25 bifurcations des prolongements des cenules de Purking, prolongements qui aboutiraient à des cellules en forme de pastilles. {T%e WeH Riding lunatic aiylum médical Rep. 1875.)

DU SYSTÈME NKRVEDX.

connexioiis tant intrinsèques qu'extrinsèques. Je m'abstiendrai toutefois d'y reprÉsenler les filaments des petites cellules, sur l'existence leEqnelE je ne suis pas encore édifie. II est inutile de dire que, dans ce schéma, il n'; aura d'observé que les proportions relatives des tellules. Pour tenir compte de celles qui existent entre les parties blaocties et grises, il faudrait donner à l'ensemble de la figure une Htaiae à laquelle ne pourrait satisfaire aucun tableau ni aucun format de livre.

Fig. 4t.

*j ligne npr&teatxnt uns ] petiUi cellnlei formifll l> farmés pu- de (roua> c»l

t. — &, eonuhea ds

boîdil

. ïolBinige àf mriloc^te.. -/, o g&miats précAdenli. — m, flbra du pédoncale eârébeUenï laférlânr iboat une oeUale du balb« repriaeaté par lu llgina llmlunts n. -- o, fibre da pédoD ribeUeoi inoren nboulluaut i uns Eet[nla de U molllé oppBB^B ie U protu représentée pur !■ llcoe llmllule p. — q, flb» da pédoncale ctiébeltSDX ■< ■.boatleiKDl à ooe cellnls dn oorpi itili ri

Physiologie normale.

La quantité de théories et d'expériences dont le cervelet a été l'objet est prodigieuse et tout à fait désespérante. Mais le sentiment d'impartialité que j'ai toujours cherché à apporter dans ces leçons me force à les mentionner toutes. Je le ferai aussi succinctement que possible, sans suivre aucun ordre bien rigoureux, cherchant seulement à allier Tordre chronologique avec le besoin de variété, sans laquelle Télude devient monotone et se poursuit sans grand profit. Quand on reste toujours dans le même genre de vue, les simples variantes finissent par ne plus frapper Tesprit. Cet exposé historique une fois terminé, nous nous efforcerons de nous créer une opinion, si c'est possible, au milieu de ce dédale d'hypothèses et de conclusions.

Si on remonte aussi loin que possible, on voit que Malacarme plaçait dans le cervelet le siège de Tàme. Viennent ensuite plusieoiB médecins qui, quittant le point de vue spiritualiste et ne se plaçant qu'au point de vue physiologiste, attribuaient au cervelet, ou la mémoire seule, ou l'intelligence tout entière et les instincts. Cette dernière supposition a encore trouvé un défenseur, en 1864, dans M. Bourillon, qui a fait sa thèse inaugurale sur ce sujet. Cette exhumation par un moderne d'une idée ancienne nous forcera à la réfuter dans la discussion générale. La première hypothèse sérieuse mise en avant, le fut par Villis. Suivant lui, le cervelet préside aux mouvements involontaires et aux fonctions de la vie organique. C'est de là qu'il faisait partir ce qu'on appelait alors les esprits vitaux destinés à animer les viscères. Sa théorie était uniquement basée sur l'anatomie, et il partait du reste d'une donnée fausse. Il faisait provenir le pneumo-gastrique du cervelet, particulièrement d'une petite saillie qui conserve encore aujourd'hui le nom de lobule du nerf vague. Gomme ce nerf se distribue à peu près à tous les organes du thorax et de l'abdomen, il était logique de penser que ces viscères recevaient leur force vitale du foyer-cervelet, dont la dixième paire représentait le système de conduits de distribution.

Une théorie qui a eu beaucoup de succès, surtout en dehors du monde médical, est celle de Gall. Il plaçait dans le cervelet l'instinct de la propagation et le penchant à l'amour physique. Il s'appuyait sur un assez grand nombre d'arguments qu'il nous sera facile de condamner dans la discussion : T sur l'existence constante de cet

ane chez tous les animaux qui s'accouplent et sur son plus grand eloppement chez ceux qui se livrent le plus fréquemment à la lulation ; 2° sur ce que le cervelet suivrait dans son développent le^ phases de Tamour physique ; qu'il augmenterait considérament de volume à l'époque de la puberté pour s'atrophier penit la vieillesse ; 3* sur ce que la femme, qui est moins portée que )mme vers les rapports sexuels, a le cervelet plus petit que lui ; 5ur ce qu'il acquiert au contraire un grand développement chez les )ts, qui tous se font remarquer par une grande salacité ; 5" sur ce que iz les animaux le cervelet se montrerait turgescent au printemps, ►que des amours, et presque exsangue pendant l'hiver; 6° sur ce il s'atrophierait chez les animaux soumis à la castration ; 7° sur ce 3, dans l'espèce humaine, les arrêts de développement marcheâut de front du côté des organes génitaux et du côté du cervelet ; sur ce que les maladies de cet organe produiraient le priapisme ou n l'impuissance, suivant qu'elles seraient de nature inflammatoire de nature paralysante.

Rolando, ayant remarqué que les animaux chez lesquels il avait

ililé le cervelet étaient atteints d'une telle faiblesse musculaire

Ils étaient devenus tout à fait incapables de marcher et même de

tenir debout, tandis que ceux chez lesquels il se contentait d'irri-

l'organe se montraient possesseurs d'une puissance musculaire

Jii au-dessus de la normale, en a conclu que le cervelet devait

e considéré comme le centre où se crée toute la force motrice

se au service de la volonté. Il comparait même, sous ce rapport, le

rvelet à une pile voltaïque. L'enchevêtrement des replis de subs-

ice grise et de substance blanche dans l'arbre de vie donnait

Bsque un appui matériel à celte hypothèse et rappelait l'alternance

s disques de métaux différents de la pile.

Pourfour du Petit, Saucerotle et, depuis, Foville, ont fait du cer-

let le siège du sensorium commune. Selon eux, il représenterait le

yer où sont perçues toutes les impressions afférentes à la sensibilité

îuérale, sensations de toucher, de température, de chatouillement,

î douleur. Le point de départ moderne de cette idée a été une

reur à la fois anatomique et physiologique que nous avons déjà

i maintes fois l'occasion de réfuter. On s'est basé tout d'abord sur

î que les pédoncules cérébelleux inférieurs semblent être la con-

auation des cordons postérieurs, et sur ce qu'on croyait ceux-ci

larges de transmettre les impressions sensitives. Nous savons

qu'il n'en est rien. On s'est appuyé aussi- sur ce que les maladies du cervelet donneraient lieu à une céphalalgie très-intense, sur ce que dans ces mêmes maladies, il y aurait altération de la sensibilité générale, hypereslhésie ou anesthésie. Nous verrons dans la physiologie pathologique qu'il est loin d'en être toujours ainsi. Développant le système primitif de Saucerotte, Foville a prétendu que c'était là que s'opérait aussi la perception des impressions visuelles et auditives. Aux faits pathologiques qui, en effet, montrent que, dans les maladies du cervelet, la vision et l'audition peuvent être compromises, il a cherché à joindre des preuves anatomiques, et il pense avoir suivi les racines du nerf auditif à travers les corps restiformes jusque dans le cervelet, et il admet dans les pédoncules cérébelleux supérieurs l'existence d'une lamelle blanche spécialement chargée de relier les points d'origine du nerf optique avec le cervelet.

Flourens est venu donner une tout autre direction aux idées classiques par des expériences qui, en raison même de la constance des résultats, lui font encore compter aujourd'hui parmi ses partisans la plupart des médecins. Comme Rolande, il voit dans le cenelet un organe affecté à la locomotion. Gomme lui, il a constaté que la destruction du cervelet donnait heu à des troubles du mouvement tels que la locomotion devenait presque impossible. Mais il est

arrivé, par une observation minutieuse, à une autre conclusion. Selon , lui, l'ablation partielle ou complète du cervelet altère la fonctiott locomotion, non pas parce que la force motrice vient à manquer, comme le pensait Rolande, mais parce qu'elle est mal dirigée et que' les mouvements sont mal coordonnés, mal associés entre eux. Le cervelet est, non pas un foyer de force motrice , mais un organe d'équilibration et de coordination qui règle les actes des véritables centres du mouvement. Chez un grand nombre d'oiseaux il a enlevé le cervelet par couches successives. L'ablation des premières couches ne produisit qu'un léger manque d'harmonie dans les mouvements. Lorsque les couches moyennes furent enlevées, il se manifesta une agitation presque universelle, les mouvements devinrent brusques et déréglés. La faculté de sauter, de voler, de marcher, de se tenir debout se montra très-altérée. Les oiseaux n'arrivèrent plus à se tenir debout qu'en s'appuyant sur leurs ailes et sûr leurs queues. Ils marchaient absolument comme s'ils étaient ivres. Us tombaient souvent et roulaient sur eux-mêmes. Lorsque les dernières couches furent retranchées, la marche, le vol, la station, devinrent

, fait impossibles. Placés sur le dos, les animaux étaient tout à [capables de se relever. « En uu mot, dit Flourens, la volition, les salions, les perceptions persistent; la possibilité d'exécuter des uvements d'ensemble persiste aussi. Mais la coordination de

mouvements en mouvements de locomotion réglés et déterlés est perdue. Dans le cervelet il existe donc une propriété

consiste à coordonner les mouvemeiits voulus par certaines lies du système nerveux, excités par d'autres. » Dans une série d'expériences, Flourens a obtenu des résultats qui avaient élé signalés par Magendie, et qui, selon lui, viennent à l'appui

première conclusion. Les lésions de la partie postérieure du

let ont souvent produit une tendance à marcher ou à courir en

; et les lésions des parties antérieures une tendance au recul.

ibue ces effets à ce que les lésions partielles ne pouvaient que

1er les conditions d'équilibre. Duchenne de Boulogne va plus

fue Flourens. Se basant uniquement sur des faits pathologiques,

t dans le cervelet quelque chose de plus qu'une machine bien

lisée de coordination. Il en fait le siège d'une certaine faculté

lique d'harmonisation des mouvements.

physiologiste italien, Lussana, a, comme tout le monde, constaté

rite des faits signalés par Flourens. Il reconnaît aussi que ces

ne doivent pas être attribués à une faiblesse musculaire. Mais

itend que le cervelet n'est pas non plus un agent de coordina-

que ce qu'on supprime en lésant cet organe, c'est le sens

ulaire, et que le défaut d'harmonie n'est que la conséquence

tte suppression. Pour lui, le cervelet serait le centre de perception

mpressions nées dans les muscles. Il serait l'agent central de

sensibilité particulière qui nous donne la faculté de mesurer

r suite de gouverner les contractions musculaires. Dans l'échelle

aie, il y aurait une correspondance parfaite entre la finesse du

musculaire et le développement du cervelet. Ce sens, en effet,

ssez prononcé chez les poissons, qui montrent tant d'agilité à la

. Il l'est peu chez les reptiles qui rampent ou sautent sans me-

. Aussi leur cervelet est-il plus petit que chez les poissons. Les

lux, qui, anatomiquemcnl, sont mieux favorisés que les ani-

X précédents, ont déjà un sens musculaire plus délicat ; car ils

3cent parfaitement leur vol. Mais c'est chez les quadrupèdes plus

es encore en niasse cérébelleuse que les mouvements sont le

1 souples et le moins saccadés. Lussana signale une expérience

qui, à ses yeux, prouve bien la nature du désordre. Lorsqu'un dindon, privé de son cervelet, veut saisir un morceau de pain, il pointe son bec bien nettement. Mais il ne mesure pas bien la force de projection et il va pointer à un pouce de distance. Il essaye denoayeau et tombe toujours à côté. Le mouvement est bien coordonné dans ses détails, mais il n'est pas bien dosé. Dans d'autres expériences plos récentes et plus nombreuses, il a obtenu des résultats qu'il regarde encore comme confirmant son idée. Lorsqu'il se contentait d'irriter l'organe sans ablation d'aucune de ses parties, il n'observait aucun trouble des mouvements volontaires. 11 en était de^môme lorsqu'il n'en enlevait qu'une très-faible portion, ou tout au moins les troubles étaient tellement peu apparents qu'ils passaient inaperçus, parce qu'alors le sens musculaire n'était qu*un peu afifaibli. Ils ne devenaient appréciables que dans l'obscurité, parce qu'alors la vue ne pouvait plus rectifier les erreurs dues à l'affaiblissement du sens musculaire. Lorsqu'enfin il enlevait la plus grande partie du cervelet, la perte du sens musculaire était telle qu'il semblait y avoirune paralysie réelle, absolument comme chez la grenouille à laquelle on a coupé toutes les racines postérieures. Lussana complète son système en annexant les renseignements fournis par l'audition et la vision à ceux qui sont apportés par les nerfs sensitifs du système musculaire. Le cervelet centraliserait en lui toutes les impressions j capables d'éclairer l'action des muscles dans la locomotion, qu'elles' soient d'ordre tactile, ou visuel, ou auditif. Selon lui, la membrane ' nerveuse blanche, décrite par Foville et qui s'étendrait depuis la : couche corticale du cervelet jusqu'aux tubercules quadrijumeaux, ' existerait réellement et serait chargée d'établir les rapports néces- ' saires entre le centre visuel et celui du sens musculaire. Ce serait grâce à elle que, toutes les fois qu'on incise le cervelet, les bulbes i oculaires sont aussitôt saisis de contractions violentes. Sans doute ' qu'alors naissent les hallucinations visuelles, comme si les objets tournaient autour des animaux. Ce serait grâce à elle que les lésions spontanées du cervelet peuvent produire de l'amaurose ou tout au moins de l'affaiblissement de la faculté visuelle. Cette corrélation aurait surtout pour but d'aider le cervelet dans la direction générale des mouvements volontaires. D'un autre côté, dans le môme but, le cervelet, s'associerait aussi l'action de l'audition par l'intermé' diaire du nerf vestibulaire, qui apporterait les renseignements fournis par la direction des sons. Mettant toujours à profit les vues

DU SYSTÈME NERVHiUX. 141

)miques de Foville, Lussana fait remarquer que la branche

:éeniie, qui est pour la tonalité et qui ne peut en rien aider le

musculaire, prend naissance dans le bulbe de môme que le nerf

oût, tandis que la branche vestibulaire va au cervelet.

; 1865, Luys a publié sur le système nerveux un ouvrage des

remarquables où se presse une foule de vues nouvelles rehaus-

par un style des plus imagés. Dans ce livre, il reprend l'idée de

ado en la développant et en la mettant au niveau de la science

îlle, il attaque de front Tinterprétation rendue classique par

rens. Il reconnaît que les résultats qu'il a obtenus sur les ani-

s. rappellent ceux signalés par Flourens et qu'au premier abord

îmblent justifier l'opinion de ce physiologiste. Les pigeons aux-

3 il avait enlevé successivement, dit-il, diverses portions du cer-

, se mouvaient en chancelant dans toutes les directions, d'une

ière tout à fait irrégulière. Placés sur un bâton ou sur une table,

herchaient incessamment à se maintenir en équilibre, tantôt en

Qçant leurs ailes, tantôt à l'aide de leurs queues. Ils étaient en

lation continuelle et toujours sur le point de tomber en avant ou

irrière. Les phénomènes étaient encore plus apparents chez les

sons de rivière à forme plate. Ils n'avaient plus qu'une sorte de

ncement latéral, irrégulier, qui portait immédiatement à compa-

ces poissons à des corps flottants, dépourvus de lest, et réduits

îtat d'équilibre instable. Toutefois en raison de son observation

)re, il n'hésite pas à attribuer ces résultats, non pas à un défaut

coordination, mais à un affaiblissement de la force musculaire.

^s les lésions du cervelet, la marche serait désordonnée comme

5 les convalescents, uniquement parce qu'elle n'aurait plus assez

force à sa disposition. Pour lui, le cervelet représente le plus

jsant centre de force motrice ; par les pédoncules moyens, il dé-

56 dans la protubérance, pour les besoins de la locomotion, une

tie de la force qu'il produit. Par les pédoncules inférieurs; il

tribue à l'innervation ndotrice du cœur, de la respiration, de

:estin et de la vessie. Par les pédoncules supérieurs, non-seule-

3t il va prendre une part active dans le rôle que le corps strié

iplit dans la locomotion, mais il exerce môme une véritable in-

ince psychique. L'influx envoyé par le cervelet dans le corps strié

eille l'action des cellules intellectuelles et leur donne del'initia-

3. Il est pour beaucoup dans les déterminations de la volonté.

nsuflBsance de cet influx peut au contraire produire l'asthénie mo-

raie. Peut-être même, faut-il chercher dans cette insuffisance la cause de la pusillanimité et de la timidité; à un degré moins avancé, chez d'autres, la circonspection et l'absence d'entraînement; chez d'autres enfin, où l'insuffisance est plus grande et môme morbide, la mélancolie.

Messieurs, les théories dont je vous ai entretenus jusqu'à présent étaient basées sur des interprétations en partie enfantées par des vues systématiques. Depuis, les médecins ont cherché à entrer dans une voie peut-être un peu vague, mais plus impartiale. Ils ont pratiqué des vivisections, ils ont interrogé la nature, enregistrant tous les faits sans s'inquiéter des déductions plus ou moins contradictoires auxquelles conduisaient leurs expériences. Ce sont ces groupes d'expériences, qui n'ont différé entre eux que par le procédé opératoire, qu'il me reste à vous indiquer.

MM. Lewen et Olivier se sont servis d'une aiguille d'acier fortement trempée, permettant de piquer l'organe à travers le crâne. Comme cette aiguille ne donnait lieu à aucune déchirure grave des parties molles extérieures et à aucune hémorrhagie capable de comprimer le cervelet, ils ont pensé avec raison qu'ils se plaçaient ainsi dans des conditions non complexes et aussi nettes que possible. De plus, l'aiguille étant munie d'un curseur, on pouvait limiter à volonté l'étendue de pénétration de l'aiguille. Les kutopsies faites après coup leur; ont permis de diviser leurs expériences en deux catégories, cdles où il n'y eut point d'hémorrhagie cérébelleuse et où les phénomènes restèrent simples et non compliqués ; celles au contraire où il y eiïl ; épanchement de sang déterminant des phénomènes afférents ^ux organes voisins. De la première catégorie d'expériences ils ont pu conclure :

V Que les piqûres simples du cervelet ne déterminent jamais b mort et que, même au bout de huit à quinze jours, tout parait rentré dans l'ordre ;

2° Qu'elles ne troublent jamais ni la sensibilité générale, ni les o^ ganes des sens ;

3*^ Qu'elles ne produisent jamais ni vomissements, ni diarrhée, ni perte d'appétit ;

4** Qu'elles ne déterminent jamais que des troubles de motiUtéqm sont très-inconstants et très- variables. Le plus souvent il en résulte seulement une certaine lenteur dans la progression ; parfois unebémiplégie incomplète, double fait qui viendrait peut-être à l'appui de

. D'autres fois on observe des mouvements de rotation ou de ma- , ou des inflexions de la tête sur le tronc. Si on pique un seul , la rotation commence de suite et s'exécute avec une grande iité. L'animal fait plusieurs tours en une minute, la vitesse dile ensuite ; puis quand il revient au repos, il reste couché sur le lésé (i).

ms la deuxième série d'expériences, ils ont constaté, en outre phénomènes précédents, de l'incontinence d'urine, des déjec- ; alvines fréquentes. Lorsque l'hémorrhagie avait envahi le e, l'animal tombait dans un état de mort apparente pendant ques secondes; puis, douze heures après, survenaient desmou- 3Qts convulsifs. La respiration devenait anxieuse. Il y avait des Issements fréquents ; puis la mort terminait la scène, après Vagner, lorsqu'on n'enlève que 70 à 80 milligrammes des ;hes superûcielles du cervelet, on n'observe rien. Si on enlève profondément, on constate en effet un certain défaut d'équiliion. Mais ce défaut ne persiste pas : bientôt il ne reste plus qu'un d'incertitude; puis, plus tard, tout rentre dans Tordre. Aussi croitle les troubles du début sont dus au tiraillement des parties plus ondes, telles que les pédoncules cérébelleux. Si on enlève la que totalité du cervelet, l'animal reste couché sur le ventre; les émités postérieures tendent de plus en plus à se placer dans :ension. Si on touche l'animal, aussitôt l'extension s'exagère. On it un animal strychnosé. Le cou se tourne de plus en plus en aie ; puis, par moments, l'animal est pris d'un tremblement ana- 18 à la paralysis agilans, qu'exagère le moindre contact. Quelfois surviennent des vomissements et une diarrhée aqueuse, lus récemment encore, Weir-Michell a interrogé la nature par 3rs procédés. H a injecté du mercure ; il a lié diverses parties de gane; il a enfoncé des tiges de bois dans plusieurs directions; il 1 aussi le premier recours à la congélation, qu'il produisit surtout c la rhigoline. Le premier phénomène a toujours été un rcnverlent de la tête en arrière qui donnait à la démarche des oiseaux air de fierté. Il a vu la marche en avant et la marche à reculons, tes les deux produites par une seule et môme lésion de la région

) Oarflchmann prétend qne la section des pédonenles eérébeUeux ne produit jamais véritable monyement de rotation ; qae l'animal tombe sur le côté correspondant & Ssion ; qu'il y reste, mais que si on le déplace, il se retourne pour reprendre sa po*> >n primitiye. {DeuUches Arehiv fur KlinUehe Medic^ XII» voU)

postérieure du cervelet. Le premier effet du froid était d'abordia marche en avant; puis après venait le recul ; on aurait dit le premier effort d'un animai égaré qui cherche à fuir. Il a vu aussi de la titabation ; mais il croit que cette confusion dans les mouvements pourrait bien provenir d'actions musculaires réflexes. Ces actions réflexes contre-balanceraient pendant quelque temps l'influence des centres de la volonté, qui d'ordinaire sont tout-puissants. De l'ensemble dfe^

ses expériences, il conclut que le cervelet n'est point un centre par

ticulier dont l'irritation ou la suppression retentisse sur une fonctionzzj déterminée; qu'il n'est sans doute qu'un renflement, qu'un épanouis-^ sèment du système spinal ; que sa substance grise a absolument le mêmes propriétés et les mômes fonctions que la substance grise d « la moelle ; qu'il n'est en définitive qu'un moyen de renforcement d__^ l'axe médullaire. Notons enfin l'opinion plus radicale encore dL.« Brown Sequard qui déclare que le cervelet ne possède aucune de fonctions qu'on a voulu lui attribuer jusqu'à présent, et que les phi nomènes si variés qu'on observe dans les vivisections ne sont qotc l'expression de retentissements réflexes de cet organe sur les divei8^t« parties du système nerveux, d'où l'inconstance de ces résultats (l >

Messieurs, nous venons de passer en revue les nombreuses hypothèses physiologiques dont le cervelet a été l'objet jusqu'alors. J« vous avoue que je suis bien embarrassé de formuler une opinion personnelle au milieu de ce conflit d'assertions et d'expériencea Cependant il me parait possible de circonscrire un peu les débats ei d'arriver pas à pas à une solution provisoire, qui pourra peut-être se fortifier encore sur le terrain de la pathologie. En effet, toutes ces théories, toutes ces expériences, quelque disparates qu'elles puissent paraître, peuvent être rapportées aux cinq chefs suivants : 1® le cervelet est préposé à l'exercice des facultés intellectuelles ou instinctives; 2° il est le centre nerveux de la génération; 3° il est un centre moteur pour les phénomènes mécaniques des fonctions végétatives; 4° il est un centre de sensibilité générale et spéciale; 5" il est un centre affecté à la locomotion et à la station. Tels sont en définitive les divers points de vue qu'il nous faut chercher à juger.

!• On peut déjà, sans la moindre hésitation, passer condamnation

(1) D'après Ferrieri le cervelet serait le centre moteur des globes oculaires. Son élee* trisation produirait un nystagpmus convulsif. Le lobe moyen présiderait aux mouvements de convergence et de divergence ; les lobes latéraux à ceux d'élévation, d'abatsiament et de rotation. {The Weet Riding lunatic asylum médical Beport9. 1878.)

la première de ces idées. Le cervelet D*est pour rien danslafor-

on des idées. 11 n'est pas non plus, quoi qu'ait pu dire Bourillon,

entre des facultés instioctives. Tous les expérimeolateurs ont

nnu, ainsi que Flourens l'avait annoncé, que les animaux privés

eurs lobes cérébraux se montraient complètement dépourvus

elligence, malgré l'intégrité de leur cervelet; que ceux, au con-

e, dont on avait respecté le cerveau, après avoir détruit leur cer-

t, prouvaient par leur physionomie et leurs actes qu'ils possédaient

>re leur degré ordinaire d'intelligence. Ce pigeon auquel nous

ms d'enlever une bonne partie de sa masse cérébelleuse, présente

certains troubles dont nous aurons à tenir compte ultérieure-

t, mais il ne paraît pas avoir perdu quelque chose de son mo-

3 entendement. Il en est de môme pour les instincts. Ainsi que les '

aux de Flourens, celui-ci mange, cherche lui-même sa nourri-

. 11 a conservé toutes les tendances instinctives préposées à la

ition et à la conservation de l'individu. 11 est accessible au

iment de la peur, il évite ce qu'il croit être un danger pour lui,

rend des précautions contre les causes d'accident. La chose est

aitement jugée depuis longtemps du reste : le cervelet n'est pas

igent direct des phénomènes psychiques. La pathologie viendra

)re confirmer cette donnée des plu^ positives de la physiologie.

cellules de la couche corticale du cerveau sont seules affectées

58 phénomènes. Quant à savoir si le cervelet peut indirectement

ir fouetter ces cellules et les provoquer à agir avec plus d'impé-

ité et de ténacité comme Ip veut Luys, c'est là une supposition

la physiologie n'autorise ni à rejeter ni à accepter. Les faits patho-

ques ont pu seuls lui faire prendre naissance dans un esprit aussi

deux. Nous verrons s'ils sont de nature à lui donner raison.

° La seconde idée, celle de Gall, est loin aussi d'être bien établie,

presque tous les arguments que cet auteur a mis en avant sont

sibles d'une réfutation facile. On ne peut pas déclarer que le cer-

ît est d'autant plus développé qu'il s'agit d'une espèce plus portée

s les rapports sexuels, puisque cet organe est presque nul chez

grenouille rainette, les crapauds et les vipères qui se livrent à des

;ouplements fréquents; puisqu'il a des proportions mesquines

iz les singes cynocéphales qui se font remarquer par leur lasci-

é. 11 n'est pas vrai non plus qu'il existe une espèce de parallé-

me entre le développement du cervelet et celui des organes géni-

IX, puisque ce centre nerveux acquiert des proportions presque

PoiNCARÉ. — 2® édit. II. — 10

définitives avant la puberté, et puisqu'il ne s'atrophie pas dans la vieillesse. La femme a bien, comme le dit Gall, le cervelet un peu plus petit que celui de l'homme, mais c'est au même titre quelece^ veau lui-même, en raison de ses conditions physiques et sociales particulières. Du reste, il est loin d'être prouvé qu'elle a moins d'instincts erotiques que l'homme. C'est aussi une erreur de prétendre que le cervelet est moins volumineux chez les animaux qui ont été soumis à la castration, car tous les vétérinaires s'accordent à dire que, dans l'espèce chevaline, c'est le contraire qui a lieu. C'est mie prétention, non-seulement erronée, mais même ridicule, que de dire que le cervelet est plus turgescent au printemps qu'en hiver. L'argument relatif aux idiots est beaucoup plus rationnel que ceux qui précèdent, car en général, chez eux, les proportions du cervelet contrastent avec l'atrophie du cerveau, mais ce n'est là ordinairement qu'un effet de comparaison. Serait-il du reste réellement plus développé, que cela pourrait tout aussi bien se rattacher aux convulsions épileptiformes dont ces êtres sont très^souvent atteints.

Les vivisections ne semblent pas non plus capables d'apporter une lumière bien grande sur ce sujet, car elles ont conduit depuis Gall à des résultats tout à fait contradictoires. Segalas déclare n'avoir rien observé du côté des organes génitaux en irritant le cervelet. Budge et Valentin prétendent au contraire avoir vu les trompes et les vésicules séminales se contracter manifestement dans les mêmes circonstances. Vulpian, Brown Sequard ont eu des résultats variables, tantôt positifs, tantôt négatifs. D'autre part, Flourens a vu Tinstinct de la propagation parfaitement conservé chez un coq qui avait survécu à l'extirpation du cervelet, tandis que Lussana déclare qu'un dindon, qui s'était toujours montré très-libidineux avant l'extirpation du cervelet, resta désormais parfaitement calme quoique restant en rapports continuels avec ses anciennes femelles. Somme toute, la physiologie ne permet pas de rejeter complètement l'idée de Gall. Nous verrons qu'il en sera de même pour la pathologie. Il semble y avoir là en effet une certaine influence, mais qui est si peu marquée et si inconstante que Vulpian n'hésite pas à l'attribuer à la propagation de l'irritation au bulbe, et Brown Sequard à une irritation sensilive agissant d'une manière réflexe sur un autre centre nerveux. Lussana, qui regarde l'effet comme constant, l'attribue, non pas à une action psychique, ni à une action motrice, ni à une action sécrétoire, mais uniquement à la perte du sens musculaire qui donnerait aux

DU SYSTÈME NERVEUX. i47

mes génitaux, comme aux organes de la locomotion, une para- 5 apparente. Quoi qu*il en soit, que l'influence génitale du cert existe ou n'existe pas; qu'elle soit directe ou indirecte, il n'en }as moins évident que ce genre d'action serait secondaire et que îrvelet serait en même temps affecté à des fonctions plus impor- Bs ; car on ne peut pas admettre que la nature ait attribué uni- Bent à la propagation de l'espèce une partie si considérable de lasse encéphalique. Évidemment ce rôle ne pourrait être qu'un it de détail, qu'une des facettes du fonctionnement du cervelet. • L'idée de Villis, qui de sa part n'était en définitive qu'une conion d'amphithéâtre, ne saurait non plus être admise dans son er. Plusieurs expérimentateurs modernes prétendent que les lés du cervelet retentissent sur les battements du cœur ou sur les ivemenls de l'intestin. Cl. Bernard lui-même dit avoir arrêté la étion du jabot sur des pigeons par une blessure du cervelet. 5, outre que le fait est contesté par Vaguer, on peut encore oppoà ces assertions celles d'un plus grand nombre d'observateurs

tous, déclarent que les phénomènes mécaniques des fonctions étatives ne sont pas troublés par l'ablation du cervelet. La pathoe humaine nous conduira aussi aux mêmes conclusions. De sorte l est bien probable que les influences signalées plus haut étaient s exceptionnellement à une action réflexe. Aussi Luys est-il à peu 3 seul aujourd'hui à lui accorder une intervention directe dans actes moteurs de la vie organique. Quant à Lussana, il n'admet jne influence indirecte due à la perte du sens musculaire. ° Le cervelet n'est pas non plus un centre de sensibilité géné- I ou spéciale. Ce quatrième point de vue n'a absolument pour lui : quelques faits cliniques qui, au premier abord, semblent favora- 5 à cette théorie et sur lesquels nous aurons à nous prononcer s lard , et Tes résultats des dissections particulières de Foville qui t loin d'être acceptés par les anatomistes les plus autorisés. Mais le terrain de la physiologie expérimentale, elle ne rencontre que

données qui lui sont tout à fait opposées. Flourens, Vulpian, etc., mt jamais observé le moindre affaiblissement de la sensibilité, •es avoir lésé le cervelet de mille manières et très-profondément, nae après l'avoir enlevé complètement. Vulpian a rencontré quelques une exagération de la sensibilité. Mais l'examen des faits expélentaux l'a convaincu qu'il s'agissait d'une hyperesthésie due à e irritation des parties voisines, de sorte que, classiquement, il est

à peu près établi aujourd'hui que les maladies et les vivisections n'ont jamais pu troubler la sensibilité générale qu'à la condition d'avoir retenti sur la protubérance elle-même. D'autres expériences de Flourens démontrent que l'exercice de la vision et de l'audition reste intact après l'ablation du cervelet. Quand on approche, chei un animal ainsi mutilé, la main de l'un des yeux, il retire sa tête pour éviter le coup. De môme il cherche à fuir quand on faituû bruit intense. Ce pigeon voit parfaitement et entend de même. 1! sent aussi le moindre contact, n'importe où on le touche. D'ailleurs un résultat contraire aurait été de nature à nous faire renoncer complétemeat à tout ce que nous avons admis antérieurement. Nous avons reconnu que les impressions scnsilives sont transmises uniquement par la substance grise. Or il n'y a pas, entre le cervelet et les autres parties du centre cérébro-rachidien, continuité de cette substance. 5° Nous voilà donc conduits par voie d'exclusion à n'avoir plus en face de nous- que le cinquième point de vue qui regarde le cervelet comme étant avant tout un organe attaché à la locomotion. Cette opinion ne va pas être pour nous un simple pis-aller, car elles'im — pose évidemment à toute personne qui n'est pas dominée par u ^ esprit de système. En effet, il est une chose qui me parait parfait^^ ment acquise aujourd'hui, c'est que la suppression ou même la din^i^ nutiou d'action du cervelet amène des désordres dans la locomotici=: ou dans la station, chez tous les animaux. Tous les expérimenta s teurs modernes signalent même l'apparition d'une grande ata>5^ dans les mouvements. Flourens, Magendie, Duchenne, Lussana, Lu^^s Lewen et Olivier, Weir-Michell le déclarent de la façon la plus un.ânime. Un seul prétend qu'ils ne sont pas constants, c'est Vaguer. Vo«y pouvez constater, d'ailleurs, qu'il en est ainsi sur notre pigeon. Poî^^ les modernes, il n'y a, de dissentiment que sur l'interprétation à doflner de cette ataxie. Flourens veut qu'elle tienne à ce que le cerve/ef a pour mission de coordonner les mouvements voulus par le cerveau, engendrés par la protubérance et l'axe médullaire. Luys ne voit en elle que l'expression d'un affaiblissement de la force motrice à la création de laquelle le cervelet prendrait une large part. Enfin, Lussana veut qu'elle soit due à ce que le cervelet serait le centre du sens musculaire qui doit fournir les renseignements nécessaires à la juste exécution des actes de la locomotion. Il est incontestable que les faits dont on est témoin dans les vivisections peuvent également s'expUquer par l'une ou l'autre de ces trois hypothèses, de sorte

m s'en tenant au point de vue rationnel, on se trouve fort em-

'assé de faire un choix. On serait réellement forcé d'accepter

seule de ces interprétations à l'exclusion des autres, que moi,

lecin, je n'hésiterais pas à me prononcer pour celle de Luys. Car

i physiologie expérimentale nous fournil généralement des faits

nous procurent Timage d'une machine détraquée et non affai-

, si, autrement dit, elle paraît donner raison plutôt à Flourens, la

lologie au contraire donne, d'une manière plus complète encore,

on à Luys, vu que, dans les maladies du cervelet, la faiblesse

sculaire est des plus évidentes. Mais, même sans tenir compte des

5 cliniques, moi qui crois à l'existence d'une machine coordina-

e dans le système nerveux central , je déclarerais encore que le

irelet, tout en faisant probablement partie de cette machine, est

nt tout un foyer créateur, vu qu'il renferme une grande quantité

cellules. Dans le système ndrveux, des agents de coordination ne

vent consister qu'en des flbres commissurantes réunissant entre

s deux cellules déterminées et les associant dans un travail d'en-

ible. Les .cordons postérieurs que nous avons regardés comme

stituant la partie coordinatrice des actions motrices de la moelle

sont formés que par un amas de fibres remplissant cette destina-

1 -, il doit en être de même pour le cervelet. Là aussi les cellules

Vent représenter les agents de création, et les fibres les moyens

ssociation. Là, la machine coordinatrice doit être constituée par

Gbrcs blanches qui, en se rendant au corps rhomboïdal, font

iverger vers un nouveau centre plus restreint toutes les actions

détail de la substance grise de la périphérie, et surtout par les

loncules cérébelleux qui combinent entre elles les actions des

Iules du cers-^elet et avec celles des corps striés, de la protubérance

de la moelle. Le cervelet, c'est la moelle grossie et étalée qui se

rouve là avec ses cornes antérieures et ses cordons postérieurs

3Ctant une nouvelle disposition respective. Dans la machine loco-

)trice, la partie coordinatrice ne peut pas être séparée de la partie

jatrice. Ces deux parties sont forcément complémentaires l'une de

atre. Elles se fusionnent entre elles anatomiquement et physiolo-

îuement. Voilà pourquoi le cervelet doit être considéré comme

mt à la fois un centre créateur et coordinateur, et c'est à ce double

re que ses lésions produisent de l'ataxie. Voilà pourquoi les deux

;erprétations de Flourens et de Luys sont peut-être également

aies. Dussé-je être accusé de vouloir faire de l'éclectisme à tout

prix, j'ajouterai que je ue serais pas étonné qu'il y eût aussi du vrai dans l'interprétation de Lussana, puisque si le sens musculaire existe réellement, il ne saurait être efficace qu'à la condition de venir surtout retentir là môme où s'engendre le mouvement. C'est d'autant plus probable que ce sens est à peu près inconscient. Il ne serait donc pas étonnant que le cervelet, qui est un centre considérable de production de force motrice et de coordination des actes moteurs, le cervelet qui, par sa position et son développement, domine les autres centres du mouvement, soit en môme temps (passez-moi TexpressioD) un bureau de renseignements nécessaire pour l'accomplissement de ces actes. • '

AnaUmle pathologique générale.

Après tous les détails dans lesquels nous sommes entrés sur les résultats nécroscopiques à propos de la moelle et surtout de la protubérance, nous n'avons que fort peu de chose à dire ici. Le cervelet s'est montré passible de toutes les altérations qu'on a pu rencontrer dans les autres centres nerveux, et celles-ci n'y présentent même aucun caractère particulier. Elles sont là, au microscope comme i l'œil nu, ce qu'elles sont partout ailleurs. La production morbide qu'on y rencontre le plus fréquemment est le tubercule. Viennent ensuite, comme fréquence, les hémorrhagies. Les tumeurs se montrent presque aussi souvent que les épanchements de sang. Il est vrai que, jusque dans ces dernières années, la sclérose a été confondue avec les tumeurs fibreuses. Le ramollissement occupe le quatrième rang. Le ramollissement inflammatoire parait y aboutir à la suppuration avec la plus grande facilité, car on y rencontre très-souvent des abcès qui acquièrent même un volume considérable. Quant aux kystes, ils se tiennent, pour la fréquence, à une grande distance de toutes les lésions précédentes. Dans un des cas relatés par Ândral, les parois s'étaient ossifiées en partie. Un fait digne de remarque, c'est que ces altérations, quelle qu'en soit la nature, siègent excessivement rarement dans le lobe médian. Elles occupent presque toujours un des lobes latéraux et plus souvent le droit que Je gauche. Disons, enfin, que cet organe se prête à des absences congéniales portant sur un des lobes et môme sur le cervelet entier. Ce dernier cas a été observé par le docteur Combettes sur une jeune fille qui a même vécu jusqu'à l'âge de 21 ans. Ce fait est môme très-embarrassant pour toutes les théories qui ont été enfantées jusqu'à ce jour, puisqu'il n'a donné lieu qu'à une symptomatologie presque nulle.

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