TRENTE-TROISIÈME LEÇON
Messieurs,
s altérations anatomiques qui siègent dans le cervelet et dont ndiqué la nature dans la dernière leçon, donnent lieu à des )les variés qui ne concordent pas toujours parfaitement avec les tats fournis par la physiologie expérimentale. Nous allons, dans étude générale, soumettre à l'analyse physiologique les plus )rtants de ces troubles.
Physiologie pathologlviko générale.
"OU blés de la motilité, -*-* Examen fait de toutes les observations iées jusqu'à ce jour, on peut assurer que les troubles de la ilité consistent, le plus souvent, dans un affablissement progressif 1 force musculaire. Cette faiblesse p«ut porter sur tout le système culaire, ou sur une partie seulement. Elle peut môme rester Usée jdans un groupe très-restreint de muscles. Au début, elle ne 'aduit que par un simple sentiment de lassitude. Le malade se fatigué. Il est incapable de fournir une dépense, même ordinaire, nouvements. Cette incapacité se prononce de plus en plus et finit se transformer en un accablement profond et même en une )Iution presque complète. Le malade exprime lui-môme l'état s lequel il se trouve par le mot affaiblissement, 11 dit qu'il perd forces de jour en jour. Il veut toujours rester couché et il tombe s une apathie telle, que ce n'est que par des menaces qu'on arrive 5 faire lever. 11 ne peut marcher qu'à l'aide d'un bâton et il est igé de se reposer à chaque instant. Cet affaiblissement progressif forces a réellement quelque chose de caractéristique. Dans les niplégies produites par les maladies du cerveau, du corps strié de la protubérance, dans les paraplégies produites par les malais de la moelle, la paralysie est presque toujours complète pour
les muscles atteints. Dans les maladies du cervelet, il v a rarement des paralysies complètes. Elles sont toujours lentes à s'établir, au point que, pendant longtemps, elles peuvent passer inaperçues. C'est qu'en effet, dans le premier cas, la lésion, par le fait même de son siège, interrompt brusquement et tout à fait la communication entre les ordres de la volonté et les muscles qui doivent obéir. Dans le second cas, cette communication persiste. 11 n'y a de perdu, pour le mouvement, que la part de force que les cellules cérébelleuses sont appelées à fournir; et cette perte ne peut se faire sentir que graduellement, parce que l'altération anatomique ne supprime ellemême que peu à peu les cellules créatrices. Môme quand cette suppression est arrivée à être aussi complète que possible, il ne saurait encore y avoir une paralysie absolue, parce que le corps strié, la protubérance et les cornes antérieures de la moelle peuvent encore alimenter la contraction musculaire et se mettre au service de la volonté (1).
Quelques auteurs ont signalé, au lieu de cet affaiblissement général, une hémiplégie qu'ils assimilaient complètement à celles que peuvent déterminer les maladies du cerveau. D'autres ont même indiqiiô l'existence d'une paraplégie identique à celles qu'engendre la moelle. Mais en lisant attentivement ces observations exceptionnelles, on constate qu'à part celles où le cerveau et la protubérance ont été mis en cause, directement ou indirectement, ainsi que l'attestaient les troubles intellectuels ou l'état comateux , ces hémiplégies ou coi» paraplégies se sont établies avec une certaine lenteur, et que jamais elles ne sont devenues absolues. Au fond, il s'agissait d'affaiblissements partiels qui, pour des raisons qu'il est impossible de connaîtr»^ actuellement, se trouvaient nettement localisés à une moitié du corps. Il n'y avait, du reste, nullement lieu à rapprocher ces hémiplégies de celles qui sont d'origine cérébrale. Celles-ci sont toujours en correspondance régulière avec l'hémisphère cérébral du côté opposé. Il n'en est plus de même pour le cervelet : tantôt la paralysie siégeait du môme côté que la lésion, tantôt du côté opposé. Le plus souvent, un seul lobe malade suffît pour affaiblir en même temps les deux moitiés du corps. Il est absolument impossible d'établir une
(1) L'affaiblissement muscnlaire aboutissant i l'impossibilité de la locomotion a été signalé depuis par Richard Caton {The Lancetf 80 octobre 1875, tumenr du cervelet) ; parWiart, de Caen (abcès dn cervelet, Gazette médicale, 1875, n" 35, p. 437)} par Carion (hémorrhagies cérébeUeuses. Thèses de PariSf 1875).
)n fixe entre la région paralysée et le point malade du cervelet. , du reste, que les faits d'hémiplégie véritable se sont surtout rés dans les cas d'Hillairet, c'est-à-dire dans les apoplexies céréises. Or, les épanchemenls sanguins, en raison môme de leur ition brusque, font retentir. la compression qu'ils exercent sur ; les parties de l'encéphale, et malgré la présence de la tente du let, le foyer de sang qui s'est formé instantanément dans le let, peut agir sur le cerveau ou la protubérance (1). tableau que je viens de tracer de l'état de motilité dans les lies du cervelet n'est certainement pas applicable à tous les cas. des sujets chez lesquels il semble n'exister aucun affaiblissemusculaire, mais ils forment des exceptions tellement rares i peut se demander s'il n'y a pas eu un degré d'asthénie assez ; pour échapper à l'observateur non prévenu. Je n'ai encore été in que de deux cas de maladies du cervelet vérifiées par l'au- ?, et j'ai été frappé de celte paralysie progressive qui m'a rappelé à fait celle que nous rencontrerons dans la maladie appelée lysie générale des aliénés. Dans tous les cas, je crois qu'elle ?sez constante pour que le médecin physiologiste n'hésite pas larer que le cervelet est avant tout un centre locomoteur, et n'est pas seulement un centre coordinateur, comme le veut 'ens.
ursuivons du reste notre analyse des phénomènes morbides, et
ns jusqu'à quel point la thèse de Flourens peut être soutenue
t du malade et s'il y a lieu d'annexer ce rôle de coordination
recèdent. Beaucoup de malades présentent, dès le début, une
line irrégularité dans la démarche. Leurs pas semblent se faire
une grande hésitation, ils trébuchent à chaque instant et tom-
même souvent ; ils sont, comme le dit Luys, constamment à
t d'équiUbre instable. H y a des moments où ils sont tout à fait
pables de se tenir debout. Quelques-uns présentent môme une
désharmoniedans la locomotion et la station, qu'ils reproduisent
itement l'aspect d'un homme ivre. Il s'est passé à Paris un fait
prouve bien cette ressemblance avec l'ivresse. Une femme de
ms se présente dans un hôpital. Tout le monde reste convaincu
îlle est ivre et on la met à la porte. Elle fait une nouvelle tentative
Fleischmann signale Phémiplégie et la paraplégie comme nn des symptômes des idies du cerrelet. {Œattrr. Jahrh. fUr Pœdiatriekf p. 1)5, 15. Jahrg. 1873.)
dans un autre hôpital où elle est enfin admise. Elle y meurt au bout de 5 jours et à Tautopsie on trouve des tumeurs gommeuses daofile cervelet. Lallemand avait, du reste, déjà rapporté un fait analogue. Sans doute les choses ne sont pas toujours aussi prononcées, mais il y a, la plupart du temps, des troubles du même genre assez apparente pour que Lewen et Olivier aient pu déclarer que, dans les maladies du cervelet, la station et la marche sont difficiles et même impossibles; pour que Shearer, de Liverpool, ait pu conclure de sa collection personnelle de faits que les malades présentent un défaut de coordination, qu'ils font des chutes fréquentes, qu'ils semblent parfois ivre? ; pour qu'Hillairet, qui a surtout réuni les cas d'apoplexies cérébelleuses, ait posé en règle générale la difficulté et môme l'impossibilité de la station, de l'équilibration et de la progression. Une simple commotion cérébelleuse peut même, d'après Castan, produire ce résultat d'une manière passagère. Il paraît aussi en être de môme chez les animaux, dans leurs maladies spontanées du cervelet. Pœlman a vu un chien non paralysé, mais incapable de coordonner ses mouvements volontaires. A l'autopsie, on constata dans le ce^ yelet un nombre considérable de concrétions calcaires. Il est vrai qu'Andral a déclaré qu'il n'a rencontré aucun fait qui tende à confirmer l'opinion de Flourens ; mais on ne peut voir là qu'un effet du hasard, car tous les observateurs ont été, sous ce rapport, plus heureux que lui. H est vrai aussi que Toulmouche a voulu ôter de leur valeur à quelques-uns des faits connus. C'est ainsi qu'il reproche aux cas observés par Dufour de Montargis, Maclean, Marugin de Lubeck, d'avoir présenté des lésions concomitantes du cerveau suffisantes pour expliquer la titubation observée, sans avoir recours à celles du cervelet. Mais devrait-on renoncer à faire entrer ces cas en ligne de compte, qu'il en resterait toujours assez pour autorisera déclarer que très-souvent il y a du désordre dans les fonctions locomotrices. Le même auteur, qui s'attache à réfuter l'opinion de Flourens, rapporte plusieurs observations de maladies du cervelet qui ne donnèrent lieu à aucun trouble de la locomotion. Mais ces faits négatifs ne sont pas suffisants pour la condamner, car en pathologie il y a toujours des exceptions à toutes les lois générales, par la raison que les conditions ne sont jamais identiques et qu'il suffit souvent d'une circonstance qu'on ne peut pas toujours apprécier pour changer les résultats. Tout ce qu'on peut dire, c'est que l'affaiblissement musculaire est encore plus constant que la désharmonie des mouve-
1. C'est pourquoi je regarde le rôle créateur du cervelet comme mieux établi que son rôle coordinateur (1).
it en reconnaissant l'existence de ces troubles de coordination, în les décrivant exactement, comme les autres auteurs, Luys s attribue cependant pas au défaut de fonctionnement d'un j chargé d'associer les mouvements entre eux. Il ne voit en lie la conséquence toute naturelle d'un affaiblissement de la
motrice. Mais je crois que la faiblesse ne suffît pas pour tout luer. Le convalescent chancelle bien, mais cela ne va jamais 'à simuler l'ivresse. D'ailleurs, chez certains sujets, on a vu un t considérable de coordination apparaître dès le début, bien
que l'affaissement des forces musculaires soit devenu appréj. Il est évident que la titubation doit dépendre d'une autre
que la faiblesse, puisque les deux phénomènes ne sont pas )rtionnels l'un à l'autre.
itrairement à Voisin qui déclare que l'alaxie cérébelleuse est lent identique avec la maladie dite ataxie locomotrice, que ci doit provenir d'un état pathologique du cervelet (comme si •ation des cordons postérieurs ne venait pas indiquer le véri-
siége de son affection), Duchenne place au contraire tout un
e entre les désordres du mouvement produit par la Sclérose des
Dns postérieurs et ceux qu'engendrent les nialadies du cervelet.
erve le mot ataxie pour les premiers, et il désigne les seconds
e mot titubation. S'appuyant sur des faits publiés par Gusco,
, Mesnet et Hérard, il déclare que le malade du cervelet n'exécute
is des mouvements brusques et saccadés comme l'ataxié ; que
nembre, en se portant en avant, ne va pas non plus, comme chez
îrnier, au delà du pas et ne retombe pas sur le sol en le frappant
lion ; mais qu'il se balance et qu'il décrit des zigzags comme un
me ivre. L'ataxié, dit-il, fait des oscillations plus brusques,
courtes et plus rapides. Il ressemble à un danseur qui veut se
• sur une corde sans balancier. Les muscles ont des spasmes
)le8 à l'œil. Le malade du cervelet se balance tranquillement et
lement. Sa titubation n'est pas produite par le défaut de coordion des mouvements. Elle est causée par des vertiges. Les vertiges , en effet, le premier symptôme des affections cérébelleuses. Les
Drozda a publié nn cas de sarcome du cervelet qui démontre l'action coordinatrice et organe. {Wlen. ned. Wochenschr,, n* 1 à 10, 1B76.)
ataxiés ne se plaignent pas de vertiges. Ils disent eux-mêmes qoe l'équilibration ne leur manque que dans les jambes. Telles senties remarques qui ont conduit Duchenne à attribuer au cervelet une faculté psychique d'harmonisation générale dominant l'action plus locale et toute mécanique de la coordination médullaire.
Sans doute l'action coordinatrice du cervelet est supérieure à celle de la moelle puisqu'elle correspond à la partie de l'encéphale où se centralisent tous les actes de la locomotion, et puisque, dans la superposition des segments autonomes du système nerveux, le cervelet occupe à la fois un rang plus élevé et une place plus considérable. Mais il n'est pas vrai de dire que le simple ataxié n'a rien de l'homme ivre, car dernièrement j'ai vu un homme incontestablement atteint de sclérose médullaire être accusé devant un tribunal de se livrer à la boisson.
J'ai déjà donné à entendre comment je comprenais une machine nerveuse de la coordination. L'agencement des actes résulte lui-même de l'agencement des moyens anatomiques. Les agents d'association des actions cellulaires sont les fibres blanches qui réunissent les cellules entre elles et qui peuvent ébranler à la fois les deux éléments qu'elles portent à leurs extrémités. Dans le cervelet, ces agents d'association ont surtout pour but de combiner suivant un ordre préétabli l'action des éléments cérébelleux avec celle des éléments du corps strié, de la protubérance et de Taxe bulbo-médullaire. Quand la substance grise du cervelet est seule compromise par la maladie, il ne peut en résulter que de l'affaiblissement dans la force motrice, puisque celle-ci a perdu ses moyens de production. Quand la substance blanche est seule atteinte, c'est au contraire- le désordre sans faiblesse qui se produit, parce que la machine se trouve détraquée dans ses moyens d'association. Lorsque la lésion porte à la fois sur les deux substances, la faiblesse se môle à l'incoordination en la rendant plus manifeste encore. Voilà pourquoi, sans doute, on rencontre dans les maladies du cervelet, tantôtun simple affaiblissement, tantôt de la titubation avec ou sans faiblesse. L'affaiblissement progressif, c'est la démence du cervelet, analogue à celle qui se produit dans l'ordre psychique, lorsque les cellules des lobes cérébraux agonisent et meurent de dégénérescence graisseuse. La titubation, c'est Fincohérence des actes locomoteurs, l'analogue de celle qui se montre dans l'association des idées chez l'aliéné. J'ajouterai qu'il est probable que l'ivresse cérébelleuse tient encore plutôt à l'excitation pathologique des fibres blanches qu'à leur destruction. Irritées elles-mêmes,
neanent provoquer follement la mise en activité de cellules
i devraient pas encore intervenir. Ce sont des doigts qui frap-
.u hasard, çà et là, plusieurs touches d'un clavier. Comme l'a
jserver Castan, quand on analyse de près les mouvements de
ibation cérébelleuse, on constate qu'aux mouvements voulus
[imandés s'en mêlent d'autres involontaires, d'où le chancelle-
et rincértilude. Ce qui fait supposer encore qu'il en est ainsi,
[ue, dans l'ivresse alcoolique qui vient passagèrement produire
hénomènes analogues, l'alcool n'agit qu'à titre d'excitant des
nts nerveux. Ce n'est que de cette façon que je comprends et
'accepte le rôle coordinateur du cervelet. Il n'est pas, comme
3ru le lire dans la pensée de Flourens, un centre, un pendule
iteur des actes produits par d'autres centres. S'il en était ainsi,
sordre devrait être à son maximum lorsque le cervelet est
létement enlevé. A ce moment les centres locomoteurs, dont
tence a été respectée, devraient pouvoir fonctionner encore,
sans ordre, parce qu'ils auraient perdu leur régulateur. Or,
cette ablation, ils ne fonctionnent même plus, pour ainsi dire.
ens dit lui même que l'animal tombe ivre-mort. En réalité, par
loyens anatomiques,. le cervelet coordonne ses propres actes
eux et avec ceux des autres centres moteurs; et c'est cette
►inaison qui fait défaut dans les altérations de cet organe. Tout
)ule dans un édiflce lorsqu'une des assises principales vient à
luer. Dans l'état normal, les cordons postérieurs coordonnent
ctes locomoteurs propres à la moelle. Le cervelet, par ses épa-
ssements blancs qui vont dans toutes les directions, coordonne
ctes de la partie encéphalique des centres moteurs, c'est-à-dire
. partie la plus importante de tout le système.
i résumé, il ressort de tout ce que nous venons de dire qu'en face
'aits pathologiques, le cervelet doit être considéré comme étant,
it tout, un centre de production de force motrice; qu'il constitue
ce rapport une pièce importante du système locomoteur encé-
ique représenté par les corps striés, la protubérance, le bulbe et
que, par ses pédoncules qui viennent se concentrer en lui vers
)rps rhomboïdal, il se trouve renfermer la plupart des moyens
sociation des actes collectifs de ce systèine ; que, par suite, à son
d'agent producteur se trouve annexé un rôle d'agent coordi-
jur. De ce double rôle naît l'appareil symptomatique mixte qui
ictérise les maladies de cet organe.
Devons-nous admettre, dans la production de cette symptomalologie, l'intervention d'un troisième élément ? Dans les maladies du cervelet les opérations du sens musculaire se trouvent-elles compromises et le trouble de la locomotion est-il augmenté par Tabsence des renseignements dus à ce sens? Lussana, je vous l'ai dit, va beaucoup plus loin. Pour lui le cervelet n'est que le centre où viennent se rendre toutes les impressions d'origine musculaire, visuelle et auditive capables de guider la marche. La titubalion n'est que la conséquence de ce manque de renseignements. La faiblesse ou la paralysie n'est qu'apparente et tient à ce que le malade, ne pouvant plus réaliser une locomotion régulière faute de ces données sensorielles, est entraîné instinctivement à ne même plus chercher à se servir des moyens de locomotion qu'il possède encore. A l'appui de sa thèse, il cite les propres expressions d'un jeune ouvrier atteint d'un fongus de la dure-mère comprimant le cervelet, et qui disait lui-même : que ce qui l'empêchait de bien marcher, c'est qu'il ne sentait pas la résistance du sol ; il rappelle que Renïi cite un paysan qui attribuait sa démarche insolite à la même cause ; il met aussi en avant la malade de Fournet, qui marchait mal, uniquement parce qu'elle avait une grande' défiance d'elle-même, et qu'elle craignait de tomber -, il dit enfin qu'il a soigné un jeune homme atteint d'une tumeur du lobe droit du cervelet, qui paraissait paralysé uniquement parce qu'il n'osait pas confier son corps au terrain qu'il ne sentait pas. On n'a pas encore appliqué, que je sache, aux personnes atteintes de titubalion cérébelleuse, le procédé expérimental dont Jaccoud s'est servi pour l'ataxie locomotrice. Mais les détails consignés dans beaucoup d'observations autorisent à déclarer que l'espèce d'insensibilité accusée par les malades précédents est loin d'être un fait fréquent. Beaucoup même, dans les mouvements partiels de leurs membres supérieurs, étaient capables d'un dosage régulier de force musculaire et pouvaient apprécier des nuances de résistance. On ne saurait donc voir là la cause unique du désordre de la locomotion; mais est-ce à dire pour cela qu'il n'y a pas là une condition dont il faille tenir un certain compte? Évidemment les moyens de communication indirects par lesquels les ébranlements sensoriels peuvent influencer les actions motrices du cervelet doivent être parfois interrompus par les altérations de cet organe. La pathologie, comme la physiologie, nous conduit donc à attribuer au cervelet, dans l'ordre de la motilité, avec une-certaine certitude, un rôle à la fois
iir et coordinateur auquel viendrait s'ajouter, peut-être, une 3nliou dans rexécution des phénomènes centraux du sens laire.
ôté de la faiblessse musculaire et de l'incoordination peuvent Qtrer, dans les maladies du cervelet, des troubles de motilité tant, tantôt dans des mouvements convulsifs, tantôt, mais beauplus rarement, dans des phénomènes plus ou moins rudimende rotation. Du moment où le cervelet constitue un organe :tif du système locomoteur, du moment où il forme avec les renflements nerveux de ce système un tout dont les diverses 5 sont physiologiquement inséparables, du moment où il traen collaboration avec elles, particulièrement avec la protubé- , il est évident qu'il a sa part à réclamer dans les écarls pathoes de cet ensemble et qu'il joue un rôle important dans toutes iladies que nous avons rapportées au mésocéphale. Son intern dans l'épilepsie est môme matériellement démontrée par les tions anatomiques signalées par Luys. Mais, môme quand il est lalade, il peut engendrer des phénomènes convulsifs qui sont 3uvre propre et non pas celle d'un retentissement réflexe vers 'es centres, comme le veut Brown Sequard. Seulement ils sont 5 généraux, moins complets, tout justement parce qu'ils puisent origine dans un seul département jje la région locomotrice, t ce sont des convulsions cloniques qui siègent dans les mus- Le la face ou dans ceux du cou, tantôt ce sont des contractions ques ou des contractures qui occupent particulièrement les mités des membres, tantôt ils prennent l'aspect de mouvements iiformes. Dans tous les cas, ces symptômes traduisent un état -Texcitation de la substance cérébelleuse. Vugner a rencontré des Dlements tout à fait indentiques ù ceux de Itiparalysis agitans. - alors, très-probablement, affaissement du tonus d'origine cérélïse.
s phénomènes de rotation sont en général peu marqués. Le souvent ils consistent en un simple entraînement latéral. On rve aussi fréquemment une incurvation du corps en arc, ou bien torsion de la tête sur le cou et du cou sur le tronc. Quelques- DUt une tendance au recul qui, la plupart du temps, aboutit prèstout de suite à une chute à la renverse. Lussana, qui allribue ces mouvements anormaux à un trouble dans le fonctionnet du sens musculaire, explique en particulier le mouvement de
recul en disant que le sujet, sentant que la résistance du sol lui manque, recule comme l'homme qui verrait un abîme s'ouvrir sous ses pieds. Ce pigeon que vous voyez se livrer de temps en temps à des mouvements de recul a bien dans sa physionomie Texpression de l'effroi, mais le voilà qui tourne autour de son axe vertical, sans môme regarder devant lui. Ce n'est évidemment pas pour chercher s'il aperçoit un terrain plus sûr dans une autre direction. D'ailleurs, le malade qui recule déclare toujours qu'il est entraîné irrésistiblement et que ce n'est pas la sensation d'un vide qui le fait agir ainsi.
Troubles de la sensibilité. — Lewen et Olivier, Hillairet, Shearer, Combettes, Vagner, s'accordent tous à déclarer que la sensibilité générale est parfaitement conservée dans toutes les maladies du cervelet, même dans celles qui sont arrivées à détruire complètement cet organe. Non-seulement elle n'est ni abolie ni amoindrie, mais encore elle n'est ni pervertie ni exaltée; elle reste, en un mot, tout à fait normale. Il en était ainsi, entre autres, chez la jeune fille de Combettes, qui était née sans le moindre atome de cervelet. Un seul auteur pose une réserve insignifiante, c'est Hillairet. Il dit qu'elle s'émousse au moment de l'agonie, mais c'est là un résultat qui se montre dans toute espèce d'agonie. En présence d'une pareille unanimité on reste étonné que Serres et Foville aient pu regarder le cervelet comme un centre de sensibilité ; car tous les centres de ce genre, comme la couche optique, la protubérance, ceux même qui ne servent qu'à la transmission, comme la moelle, donnent lieu à des modifications de la sensibilité lorsqu'ils sont malades. Ils s'appuient bien sur quelques observations, mais dans lesquelles les lésions n'étaient pas limitées exclusivement au cervelet.
Il est cependant un fait, à peu près constant dansr ces maladies, qui cadre mal avec cette impuissance du cervelet sur les phénomènes de sensibilité tactile, c'est la céphalalgie. Elle siège ordinairement à la région occipitale ; elle répond même au lobe cérébelleux malade. Elle semble donc bien prendre naissance dans l'organe lui-môme. Toutefois, elle petit aussi siéger loin du cervelet, au front ou à la tempe, mais c'est exceptionnel. Souvent elle ouvre la scène symptomatologique et peut même rester toujours le seul symptôme apparent. Elle se développe d'une manière toute spéciale. Elle commence sous forme d'accès nettement intermittents, soit tous les jours, soit avec un jour ou deux d'intervalle. Beaucoup de médecins ont môme
Bvolr administrer du sulfate de quinioc, mais toujours sans le ire succès. Elle a aussi pour cachet d'être excessivement inet douloureuse; les malades poussent des cris déchirants et se it convulsivement dans leur lit. Une condition remarquable c'est qu'elle s'exagère considérablement dans la position vertandis qu'elle diminue et peut devenir presque nulle dans le itus dorsal, ce qui, avec de la faiblesse, conduit les malades à constamment couchés. Ge symptôme est pour moi une énigme, on-seulement le cervelet ne semble pas être un organe affecté insibilité, mais en outre, dans les vivisections, il se montre inle. Vulpian pense que cette céphalalgie tient à l'irritation des s voisines, telles que la protubérance et le bulbe. Mais ce fait î peut correspondre mathématiquement au seul lobe latéral e, n'est pas en faveur de cette explication. On ne peut voir là 3 sensibilité purement morbide, analogue à celle que peut faire l'inflammation dans les organes même les moins sensibles, e les os^ •
ubles de la vision. — Les pupilles sont presque toujours dila- )uivant Hillairet cette dilatation serait presque caractéristique, uand les parties voisines sont comprimées, c'est le resserrement on observe au contraire. Le regard devient fixe et hébété. Ces symptômes semblent indiquer une certaine inertie des fibres aires de l'iris et des muscles de l'orbite. Il est probable que ces es subissent, comme ceux du corps, l'influence de la diminution force jnotrice produite par le cervelet. C'est d'autant plus proque Lussana, Lewen et Olivier ont constaté qu'il suffit de piquer velet, c'est-à-dire de l'irriter, pour provoquer des convulsions obe oculaire. Il est à remarquer du reste que les pupilles, tout int dilatées, ne sont pas tout à fait immobiles, comme quand le ar oculaire commun est comprimé. Elles se resserrent encore 3u et lentement sous l'influence de la lumière. Ge n'est, comme les muscles du corps, qu'une simple faiblesse et non une paracomplète. G'cst de la même façon que s'établit aussi le strabisme nplet qu'on observe très-souvent dans les maladies du cervelet, xabisme est simple ou double, le plus souvent croisé. Il tient îmment à ce que la faiblesse est inégalement répartie dans les îles de l'orbite. Beaucoup de malades se plaignent d'avoir la vue ssivement affaibhe. Cette amblyopie est loin de traduire, comme 'Oient la plupart des médecins, une semi-paralysie de la rétine.
POiNCARÉ. — 2" édit. II. — Il
Elle n"e3t Irès-souveiit t[ue la const^uence d'un trouble dans ie Ir vaU d'adaptation, de sorte qu'il y alù encore un effet moteur, coms les précédents, et non un effet sensoriel. En réalité, il s'agit tai d'une paralysie dn muscle de Baumann, tantôt d'une excitations] modique de ses fibres, correspondant soit à uu affeissemenl, boîB une irritation du cervelet. Comme le dit Gubler, plusieurs malad restent normalement impressionnables à la lumière, mais sont seul ment incapables de lire à la distance ordinaire. Il faut, euivant 1 Bujets, ou rapprocher ou éloigner considérablement les objets pa que la vision puisse s'exercer convenablement.
On est obligé de le reconnaître cependant, il est des malades (p BB montrent incontestablement atteints d'nne véritable amauroseï qui aeiableat donner raison à Foville. Vous vous rappelen dernier faisait du cervelet un centre de sensibililé spéciale et <jrf M attribuait notamment la perception des impressions vJsuellMi auditives. Quand bien même l'existence de l'amaurose, dans les ia ladics du cervelet, resterait "nu fait à jamais inexplicable, je cTfl qu'on ne devrait pas encore accepter celte opinion, car chez lesaiï maux, la mutilation et l'ablation du cervelet n'allèrent en rien 1 fonctionnement de la rétine. La jeune flile de Combeltes, quoifil privée du cervelet depuis sa naissance, voyait parfaitement, Of,tt fbnction sensorielle devrait forcément disparaître avec son ceaB nerveux spécial. Évidemment les maladies du cervelet ne peuva entraîner des troubles daus ta sensibilité visuelle que d'une mania indirecte ; mais il est bien difficile de préciser quelle est celte maniù indirecte. Andral y voit une conséquence des rapports anatomiiia établis entre le cervelet et les tubercules quadrijumeaux à l'aide di processus ad testes. Vulpian objecte que si l'amaurose était dQeid rapporls anatomiques, elle devrait s'observer dans la plnpiu^ i cas des maladie du cervelet, ce qui est loin d'être ; qu'en outre a tumeur ou un ramollissement siégeant dans l'uu des lobes du c^ let devrait toujours ne paralyser la vue que d'un des deux jeus,^ que les deux processus sont tout à fait indépendants l'un de l'antl que du reste il n'est pas prouvé qu'il y ait des libres allant des p( cessus à l'intérieur des tubercules quadrijnmeaux qui, pour l'd semblent seulement reposer sur les pédoncules. Lussana, qui ai l'existence de la lame blanche décrite par Foville, mais qui Toili elle le moyen matériel par lequel le centre visuel envoie Si gnemenlfl spéciaux au centre du sens musculaire, pense qu'elle!
la voie par laquelle les maladies du cervelet retentissent sur itres visuels. Cette interprétation est passible des mêmes obis que celle d'Andral. Longet invoque Tinfluence nutritive que uneau exerce sur les organes des sens. Il fait observer que la ème paire a des connexions intimes avec les pédoncules îUeux moyens dont elle écarte les fibres à son point d'émer-
L'irritation du cervelet pourrait retentir sur ce nerf par l'in-
iiaire du pont de Yarole. Mais les connexions qui existent
ce pont et le trijumeau sont si insignifiantes, qu'on ne peut
admettre une influence aussi considérable. Beaucoup de mé-
pensent que le cervelet, tuméfié par une tumeur ou par un iflammatoire, peut très-bien exercer une compression capable ire ses eflFets jusque sur les tubercules quadrijumeaux ; taais 11 l'amaurose survenir chez des malades dont le cervelet avait •vé ses proportions normales, tandis qu'au contraire la vue •estée intacte chez des individus qui, à Vautopsie, offrirent mes tumeurs du cervelet. Dans l'état actuel de la science, il qu'une seule explication possible. L'amaurose serait le résultat action réflexe, fonctionnelle ou nutritive. Dans l'amaurose sine ia (s'il en existe), il y aurait une paralysie réflexe analogue à îue peuvent produire les vers intestinaux. La lésion cérébelserait le corps titillant de ce mécanisme réflexe. Dans Tamauvec altération anatomique de la ïétine ou du nerf optique, ou ntre visuel, il y aurait une désorganisation sympathique enant à la fois le cervelet et les agents nerveux de la vision, irable à celle qui se produit dans l'ataxie locomotrice. ubles de Vaudition. — Cette fonction est beaucoup moins Qt atteinte que la vision dans les maladies du cervelet. Sur as on n'a rencontré que 9 fois de la surdité. Cette rareté prouve le-même que Foville a eu tort de faire du cervelet un centre de ption auditive. Dominé par son idée préconçue, il prétend avoir jusque dans la substance grise du cervelet une des branches rf auditif, la branche vestibulaire. Lussana utilise encore cette ion anatomique de Foville, mais il l'interprète tout autrement, lui, le limaçon et la branche limacéenne sont seuls affectés à la ption du son et de sa tonalité, et tout justement cette branche lit pas dans le cervelet. Quant au vestibule et à la branche qui 3it son épithète, ils ne servent qu'à fournir la notion de la direcles sons. Voilà pourquoi cette branche se rend dans le cervelet j
qui a pour but de réunir ëq lui loules ti^s impressions capabU d'aider à la directioa de Ea locomotion. Dans les maladies cërëbd leuses, elle sérail directement intéressée et pourrait entratacrdaDSl dégénËresceuce la brancbc limacéenne (^ui vient s'adjoindre à dl Quoique nous n'ayons pas condamné en dernier ressort la théoB de Luasana dans sou ensemble, nous ne pouvons cependant accepter cette explication particulière, car s'il en était ainsi, la i dite devrait se rencontrer plus fréquemment. Le rûte moteur qi nous avons accordé au cervelet nous permet bien de lui atlribw une influence indirecte sur l'esercice de l'audition, par l'inlermédisà des muscles du marteau qui tendent ou reiiclient la membrane d tympan pour atténuer ou accentuer l'intensité des vibralions Bonon ces muscles pourraient fort bien, comme tous les autres, ûtre 90 daires des états d'exaltation ou de dépression du cervelet ; mais il i pourrait en résulter qu'un défaut de perfectionnement dans l'exî cice de Taudilion-, et on ne saurait trouver là la cause d'une surdi complète. Celle-ci tient très-probablement à une compression direci du nerf acoustique qui, en définitive, n'est pas hors de la portée cervelet.
Troubles de la génération. — Lussana n'accorde pas aeulemf au cervelet une influence sur les acles moteurs de la génération [ l'intermédiaire du sens musculaire : dans une de ses lettres, il enl plus franchement dans Ins vues de Gall, et il attribue au lobe s dian le siège du sens erotique. Il prétend que chaque fois que lobe est intéressé, et uniquement quand il l'est, il existe destroubl de la fonction génératrice. Chez le séminariste auquel il a donné soins,etdanl le lobe médian était manifestement malade, il y availi tendance continuelle et effrénée aux rapports sexuels. Chez le paya de Renzi, dont l'état aoatomique était analogue, il y avait dese portements sexuels avec priapisme. Un jeune homme, dont le 11 médian passa pur une période inflammatoire avant sa destructio montra au début de sa maladie des penchants vénériens très-vil puis il manifesta de la froideur et devint tout à fait impuissanl. fait observer, en outre, que ceux qui ont abusé des plaisirs riens sont souvent atteints d'une espèce toute particulière de verti| ayant pour caractères de la titubation, de la faiblesse et un AUl notable du sens musculaire. 11 a bien paru, en outre, dans les joi naux, fâ et là quelques observations favorables à cette opinion ;db que signiBent ces quelques faits à côté de ceux, beaucoup pi
eux, qui semblent indiquer que le cervelet n'exerce aucune
ce sur les organes génitaux? D'ailleurs, puisque la patho-
)t la physiologie s'accordent à nous montrer que les facultés
tives siègent dans le cerveau proprement dit', pourquoi y
il une exception pour Tinstinct génital ? La jeune fille du
tibettes avait cet instinct très-développé puisqu'elle se livrait
nisme avec passion, et cependant elle n'avait point de cervelet.
ibles de la phonation, — L'articulation des sons se trouve
Dmise environ dans le cinquième des cas. On peut assister à
s degrés, depuis le simple embarras de la parole et l'affaiblis-
t de la voix, jusqu'à l'impossibilité complète d'articuler les
les malades ont une parole lente et monotone. Il en est qui ne
lent que par des monosyllabes ou qui ne donnent leur réponse
e longs intervalles. Ces phénomènes sont la conséquence de
lissement des muscles de la langue, du pharynx et du larynx.
3t, quand on leur demande de tirer la langue, ils ne le font
c une extrême lenteur et après une série d*oscillations succes-
Du reste, leurs lèvres sont prises de tremblement chaque fois
veulent parler. La lenteur de la parole ne tient pas à la lenteur
formation des idées, car leurs facultés intellectuelles sont
!S et leurs réponses sont nettes et précises.
Mes digestifs et respiratoires. — On observe quelquefois
3S maladies du cervelet une constipation opiniâtre, ce qui sem-
indiquer ((ue la force motrice produite par le cervelet profite
luscles intestinaux comme aux muscles de la vie de relation,
qui tendrait à prouver que l'idée de Willis n'avait que le tort
trop exclusive. Mais le symptôme le plus constant du côté des
digestives est bien certainement le vomissement, qui se montre
e tiers des cas. Gendrin et Vaguer le rapportent à une lésion
mitante de la protubérance. Brown Sequard l'attribue à ce
rritation du cervelet provoquerait une action réflexe de la part
Ibe. Hillairet pense que le pneumo-gastrique est assez voisin
pouvoir être irrité directement. Tout ce qu'on peut dire, c'est
l'implique pas le moins du monde une action spéciale du cer-
car c'est là un symptôme à peu près commun aux maladies
ites les parties de Fencéphale.
régularité du pouls et la respiration stertoreuse n'apparaissent a fin des affections cérébelleuses et indiquent que le bulbe est tour compromis. C'est encore à celte propagation du processus
morbide qu'on doit attribuer les syncopes auxquelles les malades sont sujets.
Modifications dans le caractère. — La physiologie nous a Mt refuser au cervelet toute intervention dans les phénomènes intellectuels. La pathologie conduit aux mêmes conclusions, car TintelligeDce reste parfaitement intacte dans les maladies de cet organe. L'imagination, le raisonnement, le jugement, conservent leur degré de développement antérieur. Luys le reconnaît avec tout le monde, mais il prétend que la force nerveuse engendrée par le cervelet peut, par rintermédiaire du corps strié, agir sur les manifestations de la volonté ; qu'il peut donner plus ou moins d'impétuosité, d'énergie et de ténacité aux déterminations de cette faculté, particulièrement aux déterminations de nature motrice. 11 s appuie sur quelques observations empruntées à Galmeil et à Andral. Ces observations méritent d'être mentionnées avec indication de leurs traits principani Un homme meurt après avoir montré subitement une grande exaltation et une agitation excessive, et, à l'autopsie, on trouve le cervelet { et le corps strié fortement injectés, d'une teinte violacée môme. Db aliéné, devenu très-violent et en proie à des impulsions irrésistibiei, présenta un ramollissement du cervelet et le corps strié zébré de violet. Un autre malade, qui se livrait à des gesticulations continaeDes et i^ui ne prenait pas une seconde de repos, offrit une congestioQ considérable du cervelet, du corps strié et de la protubéranca Uft quatrième, en proie à des accès de fureur, montra un cervelet Tiolacé et des corps striés rouges. Un cinquième, qui était signalé par une pétulance insolite, une activité dévorante, des accès d'emportement avec vociférations et mouvements désharmoniqués, avait une congestion considérable du cervelet et des corps striés. Dans la col — lection d'Andral, on trouve un fait d'atrophie unilatérale du cervele dont les symptômes principaux furent une grande timidité, disposition à la frayeur, une manie irrésistible de déplacer les objete UQe grande lenteur de pensée et de mouvement.
Troubles du sentiment d'équilibre. — Un des symptômes lespln^ fréquents des maladies du cervelet est le vertige. C'est au point que "* beaucoup d'auteurs ont voulu attribuer au cervelet seul ce phénomène morbide, quoiqu'il se montre souvent dans les maladies des autres parties du système nerveux et quoiqu'il paisse apparaître aussi sans qu'il existe aucune lésion apparente. Quelques-uns, voulant mieux préciser le mode de production du vertige, ontprétendn
raduisait toujours un défaut de synergie entre les deux lobes rveiet. D'autres, ne concédant plus à cet organe qu'un rôle de oration, ont présenté ce symptôme comme résultant de la ion de la synergie qui existe normalement entre le cerveau et velet. Y a-t-il réellement lieu d'accorder à ce dernier organe reil monopole plus ou moins mitigé ? Ce fait que le vertige peut ngendré aussi par des altérations des lobes cérébraux, des es optiques, des tubercules quadrijumeaux ; qu'il peut être que par une sensation pénible ou par une émotion morale ; peut même reconnaître pour cause première une maladie périlue, notamment un état dyspeptique de l'estomac, ce fait, dis* me semble pas une raison suffisante pour faire rejeter d'emblée localisation, car toutes ces circonstances pourraient fort bien, ction réflexe, déterminer dans le cervelet les modifications onnelles capables d'aboutir à la production du vertige. Pour ir à juger convenablement la question, il faut avant tout cherï pénétrer la nature et le mécanisme de ce phénomène. !St d'abord bien établi que celui-ci est loin de se présenter tonsous la môme forme. Chez les uns, il consiste en un simple llard qui leur voile tout ce qui se trouve dans leur champ [. D'autres, tout en distinguant nettement les objets, croient les entraînés dans un mouvement de rotation plus ou moins rapide, :écutant des mouvements alternatifs de bas en haut et de haut LS. D'autres sont, au contraire, persuadés qu'ils subissent euxâs ou qu'ils vont subir des déplacements du même genre. Ils se nt entraînés. Parfois, il y a plus qu'une illusion : ils chancellent nbent ou tout au moins ils titubent pendant un certain temps, tous ces cas, il peut y avoir en même temps des tintements jlle, des éblouissements, des images lumineuses subjectives, lémiopie ou de la diplopie. Chez une personne sujette à des ges complets, certains accès peuvent être restreints à l'un de lerniers symptômes.
en que cette variété d'aspects prouve que le mécanisme du vern'est pas toujours identique et que ce n'est pas toujours la môme e du système nerveux qui représente la cheville ouvrière du iil pathologique. Évidemment, lorsque le vertige consiste simlent en des éblouissements ou des tintements d'oreille, le théâtre ihénomène pathologique doit se trouver exclusivement dans le ^me nerveux de la vision ou de l'audition. Lorsque le vertige est
plus complet et que les troubles visuels ou auditifs ne font que le précéder ou raccompagner, ces mêmes organes nerveux représentât encore une partie de ce théâtre. Dans ces deux conditions, le vertige constitue bien une véritable hallucination, comme Ta dit Sauvage. Max-Simon le nie en prétextant que, dans les véritables hallucinations, le sujet reste, pour ainsi dire, dupe de la sensation erronée qu'il croit éprouver , tandis que, dans le vertige, il se rend parfaitement compte de Tillusion et n'est à aucun moment trompé par elle. L'argument est plus spécieux que réel. Ici l'hallncination ne consiste pas dans la vue d'objets qui n'existent pas, mais dans des déplacements apparents d'objets dont l'existence est réelle, et l'intelligence conserve encore assez ses droits pour que le moi reste convaincu que ces mouvements sont impossibles. C'est tellement vrai, que les gens dont l'éducation a été à peu près nulle sont, eox, tout à fait victimes de l'illusion et croient à un véritable déplacement. De ce que les mêmes illusions peuvent avoir lieu chez les aveugles ou chez les sourds, ça ne prouve pas non plus que le vertige ne soit jamais d'origine sensorielle, puisque les véritables hallucinations, qui sont plus que des images subjectives, prennent naissance dans les centres nerveux eux^-mêmes de ces sens. Ce premier genre de vertige, de nature hallucinatoire, doit avoir son siège dans la couche optique, puisque nous serons conduits plus tard à attribuer la production des hallucinations à ce renflement nerveux.
Lorsque le vertige se traduit par un chancellement et surtout lorsqu'il aboutit à une chute, lorsqu'on un mot l'individu qui est en proie à un vertige perd en réalité l'équilibre, il est évident qu'alors les centres locomoteurs sont mis en jeu et jouent même le rôle principal dans Tensemble du phénomène. Dans ce cas, il est incontestable que le cervelet intervient pour une large part ; mais, même alors, son action est inséparable de celle de la protubérance et des autres centres locomoteurs. Je ne saurais trop le répéter, il est fâcheux que lanatomie et les besoins de la méthode nous forcent à étudier à part les fonctions de diverses parties affectées aux mouvements d'ensemble, car la protubérance et le cervelet n'ont réellement d'existence physiologique que parce qu'ils sont engrenés l'on dans l'autre. Isolés l'un de l'autre, ces deux organes seraient réduits à l'impuissance. Lorsque le malade croit seulement tourner et n'éprouve en réalité aucun déplacement, je crois que le siège principal se trouve encore Otre dans la même région. H ne s'agit pas, dans ce
une simple hallucination, il y. a un véritable entraînement et >t qu'en luttant qu'il n'y cède pas.
n, lorsque le vertige ^outit à une syncope ou à une perte de issance plus ou moins complète, cela tient à ce que le trouble I, qui est d'abord resté limité aux centres sensoriels et locors, s'est étendu au centre intellectuel, c'est-à-dire au cerveau, le théâtre du vertige est aussi vaste et aussi complet que le.
Iles sont les modifications qui se produisent dans ces différents au moment du vertige ? Évidemment, elles ne consistent pas 3 tubercule ou toute autre lésion qui se trouve dans un point tcéphale. S'il en était ainsi, le vertige devrait être continuel. Ddifications, quoique provoquées par cette épine matérielle nente, doivent avoir une existence éphémère ou plutôt passaiomme le vertige lui-môme. Je crois qu* elles consistent le plus it en une anémie instantanée des organes centraux mis enjeu. 3t, le vertige est le prélude de la syncope et il y conduit sou- Or, personne ne songe à contester que la syncope tienne à ce cerveau, pour une raison ou pour une autre, ne reçoit plus ig. Le premier acte de l'accès épileptique est un vertige qui le la perte de connaissance, et celle-ci tient encore à une anéu cerveau par contraction spasmodique des capillaires. Lapines circonstances étiologiqaes tendent aussi à le prouver. C'est que l'inanition, les -hémorrhagies, Télat de convalescence, la )se, agissent en produisant une anémie relative de l'encéphale, :cës vénériens en épuisant en outre directement le système ux. Les émotions morales, les sensations trop vives agissent lisissement, en produisant, sans doute par action réflexe, une action spasmodique des vaisseaux. Je ne prétends pas toutefois B mécanisme local, consiste toujours en une anémie, puisqu'il y tige, dans les cas de congestion de l'encéphale. Les deux états, : trop considérable ou absence de sang, peuvent empêcher ou lier le fonctionnement des divers centres. Du reste, lorsqu'il y a iie, celle-ci est sans doute rarement complète. Elle est parfois elle et mélangée à des congestions partielles. C'est même cette ularité qui, en permettant le fonctionnement de certaines por- , donne lieu à des hallucinations.
. théorie de Lussana permet d'établir une autre interprétation rappliquerait à tous les cas et qui concentrerait dans le cervelet
tous les faits du vertige. Geiui-ci serait toujours une aberration passagère du centre du sens masculaire ou plutôt du bureau où viendraient converger tous les renseignements sensoriels nécessaires à la locomotion. Celle aberration pourrait aller jusqu'à donner naissance à des actes moteurs anormaux. Dans le vertige visuel, ce serait la membrane blanche de Foville, étendue des tubercules quadrijumeaux au cervelet, qui viendrait troubler les conditions du sentiment d'équilibre. Dans le vertige auditif, ce serait la branche vestibulaire qui part aussi du cervelet. Chez la femme, citée par Max-Simon, qui n'osait pas marcher sans avoir du vertige, parce qu'elle s'imaginait que le pavé s'enfonçait sous ses pieds comme du coton ; chez le malade de Sandras, qui ne pouvait pas marcher sur l'asphalte sans être pris de vertige, c'était, au contraire, le sens musculaire général qui était en délire et jetait la perturbation dans le fonctionnement du cervelet. C'est du reste, à ce dernier sens seol que Romberg attribue toujours le vertige, qu'il considère comme étant une hyperesthésie des nerfs de la sensibilité musculaire.
Quoi qu'il en soit, que les renseignements fournis par la vision, l'audition et le sens musculaire viennent ou non converger tous dans le cervelet, il est une chose incontestable, c'est que le vertige résulte réellement très-souvent d'une modification survenue dans les conditions ordinaires de la fonction équilibration, soit dans ses agents moteurs, soit dans ses agents sensoriels, autrement dit soit dans l'équilibre lui-môme, soit dans le sentiment d'équilibre. C'est ainsi, par exemple, que nous pouvons l'éprouver en chemin de fer. Nous sommes transportés dans l'espace sans nous déplacer nous-mêmes ; nous passons rapidement à côté des objets, et comme notre sens musculaire nous fait savoir que notre système musculaire est inerte, cette combinaison de ce sentiment d'inertie avec la série d'impressions visuelles fait naître en nous une illusion. Nous croyons que ce sont les objets qui se déplaceat, nous sommes sous l'empire de conditions d'équilibre qui ne semblent pas s'allier entre elles et ce sentiment conduit bientôt beaucoup de personnes à un véritable vertige.
Il est un genre de vertige qui semble avoir pour point de départ une altération matérielle de l'oreille interne, dont Ménière a fait une maladie spéciale qui porte son nom, et qui, grâce aux développements théoriques dont elle a été l'objet, va nous fournir un complément de la théorie de Lussana. Du moment où notre but est de chercher la vérité en confrontant les données de la pathologie avec
de la physiologie, je crois nécessaire d'introduire encore cette dans le dossier du procès.
s la maladie dite de Méniëre, le sujet éprouve tout à coup, lieu de la santé la plus parfaite, un vertige caractérisé par un lissement, des tintements d'oreille, des nausées et même des sements. Il ne peut ni se tenir debout ni marcher. Il croit que »jets tournent autour de lui et titube lui-même. Il s'imagine I sol se dérobe sous ses pieds. Il peut même, mais c'est excepil, présenter une tendance involontaire à tourner constamment ^me côté. Quand le vertige est terminé, il constate qu'il a perdu Gnesse de son ouïe. Ces phénomènes se reproduisent à des es plus ou moins éloignées et, chaque fois après, l'audition le plus en plus affaiblie jusqu'au moment où il en résulte une é complète et définitive. A l'autopsie, on trouve une hémor- 3 siégeant dans les canaux semi-lunaires où se distribuent les ^res ramifications du nerf vestibulaire.
; résultats de l'observation clinique concordent parfaitement ceux que Flourens a obtenus, d'autre part, dans ses expées sur les canaux demi-circulaires. Lorsqu'on a divisé le canal •circulaire horizontal, la tête et fréquemment le corps tout * de l'animal exécutent des mouvements de rotation. Lorsqu'on Lsé le canal vertical supérieur, Tanimal tient sa tête inclinée en t a une tendance à tomber en avant. Lorsqu'on a sectionné le ^al postérieur, l'animal tient sa tête redressée et même rene en arrière et il offre une tendance à tomber en arrière. Si se à la fois tous les canaux, il en résulte une combinaison de céments désordonnés, comme si l'animal était atteint de ver- Dans toutes ces circonstances, l'ouïe paraît conservée. Si on lit le limaçon «eul, l'audition est perdue, mais il n'y a aucun )le d'équilibre,. ni aucun mouvement anormal, i faisant ce rapprochement des faits physiologiques et patho- [ues, Goltz a imaginé une théorie qui rentre tout à fait dans Tories idées de Lussana. Il regarde le nerf vestibulaire, les canaux [-circulaires et le liquide labyrinthique qui est enfermé dans canaux, comme constituant un système destiné à éclairer les res locomoteurs sur la position de la tète et ses conditions uilibre, et à leur permettre de réagir instinctivement contre les aces de chute, l'équilibre de tout le corps étant solidaire de i de la tête. Lorsque celle-ci s'incline dans un sens quelconque.
comme les trois canaux sont disposés dans trois directions différentes, il en est toujours un qui se trouve recevoir plus de liquide, puisque les lois de la pesanteur veulent que les liquides se portent toujours vers le point le plus déclive. Les rameaux nerveux de ce canal se trouvent dès lors soumis à une pression plus forte. Le cervelet et, par suite, le système central locomoteur reçoivent une impression qui provoque aussitôt des actions musculaires capables de ramener la répartition du liquide dans son état ordinaire et de remettre le corps dans une station mieux équilibrée. Lorsqu'un canal est sectionné, ses nerfs ou ne sentent plus de pression parce que le liquide s'est écoulé, ou en sentent une trop forte parce qu'il s'est fait une hémorrbagie. Dans l'un et l'autre cas, les renseignements sont faux, d'où trouble dans les actes locomotetirs. C'est le dernier qui se présente toujours dans la maladie de Ménière. Goltz attribue aussi le mal de mer aux déplacements incessants que le roulis et le tangage viennent imprimer au liquide labyrluthique. Mais nous verrons plus tard que les causes de ce phénomène morbide sont complexes et que des déplacements du liquide de l'oreille interne ne pourraient, dans tous les cas, que jouer un rôle secondaire.
Évidemment tout cela n'est qu'une hypothèse, mais une hypothèse assez rationnelle et, grâce à ce perfectionnement, la théorie de Lussana se trouve former un ensemble si satisfaisant, si en rapport avec la plupart des faits d'observation, qu'on ne se sent pas autorisé à la rejeter complètement, môme quand on est convaincu, comme moi, que le cervelet est, avant tout, un foyer de force motrice portant avec lui les moyens de coordination et d'association qui lui sont indispensables. En sorte que tout, dans nos connaissances physiologiques et pathologiques, vient nous raflfërmir dans cette conclusion, déjà formulée antérieurement, à savoir que la vérité se trouve peut-être dans la fusion des trois idées, de Flourens, de Luys et de Lussana.
Quant à la physiologie pathologique spéciale du cervelet, nous n'avons pas à en parler, car nous l'avons fait à propos de la protubérance. Ces deux organes sont toujours en scène ensemble dans les actes pathologiques comme dans les actes physiologiques.