TRENTE-QUATRIÈME LEÇON
DES FJ&D ONGULE S CÉBÉBBAUZ.
Messieurs ,
istitution anatomique. — Vous vous rappelez, Messieurs, que
otubérance est réunie aux lobes cérébraux par deux faisceaux
partis de sa face supérieure, vont, en divergeant, se porter vers
luches optiques elles corps striés où ils semblent s'épanouir. Ce
ces deux gros cordons qui ont reçu le nom, assez heureusement
é, de pédoncules cérébraux. Il est facile de reconnaître à l'œil
le chacun d'eux est formé de trois plans, ou plutôt de trois rubans
rposés. Ceux-ci sont appelés étages et distingués en étages infé-
, moyen et supérieur. L'inférieur est constitué par des fibres
iemblent se continuer avec celles qui traversent la portion an-
iire de la protubérance et, par conséquent, avec celles des pyra-
s antérieures du bulbe. Les fibres de Tétage moyen paraissent
suite à celles qui traversent la partie postérieure de la protu-
Qcc et sont regardées classiquement comme le prolongement
lisceau intermédiaire du bulbe. Quelques anatomistes les consi-
Qt comme ayant pris naissance dans la protubérance. Enfin
ge supérieur est incontestablement formé par le pédoncule cé-
lleux supérieur qui vient se placer sur les deux autres cordons,
orteque.le pédoncule cérébral est formé, comme substance
che, de deux faisceaux qui émanent de la protubérance et d'un
îeau qui émane du cervelet. Dans cet ensemble de fibres blan-
j se trouvent semés plusieurs amas de substance grise. Entre
étages inférieur et moyen se trouve une forte couche de celle
stance qui offre chez l'homme une teinte beaucoup plus foncée
celle de la substance grise des autres centres nerveux. De là lui
t venus les noms de tache de Sœmmering et de locus niger.
e teinte foncée n'appartient qu'à l'homme et ne se rencontre
ais chez les autres mammifères. Au microscope, on reconnaît que
;e teinte générale est due à ce que les cellules renferment une
grande quantité de pigment d'un brun-noir. Quelques-unes de ces cellules ont une forme polygonale et possèdent des prolongements multiples. La plupart sont ovoïdes et ont seulement un prolonge-
Fig. 42.
a, trois cellttles prises dans le loeu* niger. — l, trois cellnles prises d&ns les taberenlei
quadryameaux.
ment à chaque extrémité de leur grand axe. Ces prolongements paraissent ne pas se ramifier ultérieurement. Au centre môme de l'étage moyen se trouve un second amas de substance grise beaucoup moins riche en pigment. Il ne forme même pas une couche continue ; il se mélange avec la substance blanche, sur laquelle il produit un véritable piqueté. Il en résulte une teinte mixte qui est très-Yaible et qui fait que l'existence de ce second amas échappe facilement à l'observateur. C'est évidemment la continuation de la formatio reticularis, qui prend naissance dans le bulbe et qui se propage, à travers la protubérance et le pédoncule cérébral, jusque dans la couche optique. C'est la colonne grise centrale de la moelle qui se dissocie et s'épanouit à partir du bulbe. Enfin, entre l'étage moyen et l'étage supérieur, se trouve une nappe de substance continue qui concourt à limiter l'aqueduc de Sylvius et qui fait suite à la couche tapissant le plancher du quatrième ventricule. Chaque pédoncule renferme en outre le noyau d'ongme d'un des deux nerfs moteurs oculaires. communs. Ceux-ci émergent de la ligne séparant les étages inférieur et moyen. Leurs racines vont se perdre les unes dans l'étage moyen, d'autres dans l'étage inférieur, d'autres dans le locus niger.
Physiologie normale. — Nos connaissances sur ce sujet se réduisent à fort peu de chose. Comme faits expérimentaux, on sait seulement que les pédoncules cérébraux sont à la fois très-sensibles et très-excitables, c'est-à-dire que, lorsqu'on les irrite d'une manière quelconque, l'animal pousse des cris de douleur et exécute des mon-
its coQvulsifs plus OU moins généraux. On sait aussi que la 1 complète de l'un d'eux paralyse tous les muscles de la moiposée du corps et que si on coupe les deux pédoncules, on line une paralysie générale. On sait enfin qu'en coupant seut quelques-unes des fibres antérieures d'un seul pédoncule, on it un mouvement de manège qui tend à se transformer en une )n en rayon de roue, au fur et à mesure qu'on se rapproche protubérance. On constate en même temps la déviation des 9t du nystagmus.
ame fonction, on ne voit en eux, généralement, avec Longet,
es moyens d'union entre le centre intellectuel et les agents
)uvement et de la sensibilité; que des conducteurs chargés de
nettre aux muscles, par l'intermédiaire de l'isthme de l'encéphale
la moelle, tous les ordres de la volonté, et de transmettre au
au les impressions sensorielles, afin que les perceptions puissent
er à la hauteur de sensations. Évidemment, ce double rôle pres-
assif existe. Il s'impose même à la raison, car ces faisceaux
ituent l'unique voie matérielle par laquelle puissent s'établir
elations incontestables qui ont lieu continuellement entre les
is du centre psychique et celles des centres moteurs et sensitifs.
là ne doit pas se borner le fonctionnement des pédoncules. A
mission de simple conductibilité se joint certainement une
on de production propre. Ils sont non-seulement des conduc-
, mais encore des foyers d'innervation. Rien que leur richesse
bstance grise le prouve. Mais il est impossible, pour le moment,
)nnaître la portée de cette action centrale. Vient-elle, comme le
Luys, compléter le travail du cervelet, en faisant partie du sys-
cellulaire, qu'il appelle substance cérébelleuse périphérique,
LUS lequel viendraient aboutir les fibres des pédoncules cérébel-
? C'est très-possible, mais on ne peut pas l'assurer. Tout ce qu'on
regarder comme certain, c'est que le pédoncule cérébral est un
r de force motrice pour la plupart des mouvements du globe
aire, puisqu'il renferme le noyau d'origine du moteur oculaire
mun.
hysiologie pathologique générale, — Elle ne pourra être établie sur un très-petit nombre défaits, car je n'ai pu trouver, dans les iles de la science, que six observations où l'altération matérielle :ouvait parfaitement limitée au pédoncule cérébral; celle de Weoù l'autopsie montra un foyer apoplectique dans la portion in-
terne et inférieure du pédoncule gauche ; celles d'Andral et de Green, qui rencontrèrent tous deux une hémorrhagie du pédoncule droit celle de Goodfellow, où il s'agit d'une sclérose totale du pédoncoie gauche; celle de Gull, qui trouva un cancer du pédoncule droit; enfin celle de Parrot, où il y eut un tubercule du pédoncule droit. Mais, dans ces six cas, la symptomatologie offrit une physionomie tellement constante et tellement en rapport avec les quelques enseignements que nous devons à la physiologie expérimentale, qu'on peut arriver à des conclusions aus^i positives que si elles étaient étayées sur un grand nombre de faits. On peut donc déclarer sans la moindre hésitation que :
r Les maladies des pédoncules ne troublent en rien les facultés intellectuelles. L'intelligence reste parfaitement intacte. Gela devait être, puisqu'il sera démontré plus tard que l'élaboration des idées s'effectue exclusivement dans la substance corticale des lobes cérébraux, et puisqu'en perdant les liens qui le rattachent aux autres parties de l'encéphale, le cerveau ne se trouve privé que du droit d'imposer ses volontés au système musculaire.
2° Lorsque la lésion est assez considérable pour détruire entièrement un des pédoncules cérébraux ou pour enrayer complètement son fonctionnement, il en résulte toujours une paralysie des muscles de la moitié opposée du corps, c'est-à-dire qu'il y a une hémiplégie croisée. Gela pouvait être prévu, puisque les conducteurs du mouvement s'entre-croisent au delà, dans l'isthme de l'encéphale. Sous ce rapport, les pédoncules ne pouvaient se conduire que comme nous verrons le cerveau le faire généralement.
3° Dans les mêmes conditions, la sensibilité générale se trouve éteinte du même côté que le mouvement, c'est-à-dire que la paralysie du sentiment s'opère aussi d'une manière croisée. Get effet croisé devait se produire à fortiori, puisque c'est plus bas encore, dans la moelle elle-même, que s'opère l'entre-croisement des conducteurs de la sensibilité. La perte de la sensibilité générale semble un fait en désaccord avec la physiologie expérimentale, puisque Fanimal auquel on a enlevé tout ce qui est en avant de la protubérance crie encore lorsqu'on le pince. Mais lorsque le pédoncule est altéré, nonseulement les impressions ne peuvent plus arriver dans la cooche optique où la perception se complète réellement, mais la lésion se trouve trop près de la protubérance pour que celle-ci ne soit pas elle-même gênée dans son fonctionnement. D'ailleurs, il y a au-dessus
lelaune coûdition générale qui fera que rinsensibilité se moncore lorsque la lésion sera dans les lobes cérébraux au delà 3hes optiques : c'est une solidarité de nature mécanique de is parties de l'encéphale, en vertu de laquelle elles subissent js pressions développées dans l'une d'elles.
5 sensibilités- visuelle et auditive semblent conservées chez malades. Pour la vision, cette immunité s'explique très-bien ent où on admet que le centre visuel se trouve dans la couche Il y a même là un argument accessoire à ajouter, en faveur localisation, à ceux que nous signalerons plus tard, puisqu'il ;sez bizarre que les tubercules quadrijumeaux auxquels Lonulu attribuer ce genre de sensibilité, et qui font, pour ainsi rtie des pédoncules, échappent ainsi constamment à leurs léirec un centre visuel situé dans la couche optique, le nerf de ce . besoin de contracter aucun rapport avec les pédoncules, et la vision ne peut plus être compromise que par une générale la compression, aux effets de laquelle la couche optique is exposée que la protubérance quand la lésion siège dans le lie. Quant au sens de l'ouïe, on comprend beaucoup moins sa ation. Car, même en plaçant, comme nous le ferons, le centre bilité auditive dans la couche optique, ce centre ne peut liquer avec le nerf acoustique que par l'intermédiaire du lie cérébral. Mais notez que, dans les cinq observations, il n'y lis qu'un seul pédoncule compromis, et si un malade s'aperllement qu'il voit moins clair d'un œil, il peut rester longans se douter qu'il n'entend pas aussi bien des deux oreilles, parole peut être gônée et môme indistincte, tout justement ue les fibres encéphaliques du grand hypoglosse et du facial :essairement partie du pédoncule ; et si ces troubles de l'ar- )n ne sont pas constants, cela tient à ce que ces fibres n'ocqu*un point de la masse pédonculaire et à ce que ce point s toujours englobé dans l'altération.
s altérations spontanées des pédoncules ne donnent pas lieu, les vivisections, à des phénomènes de rotation. Cependant, i signalé une rotation de la tête du côté de la lésion. Ce fait infirmer la loi que Prévost a voulu poser et d'après laquelle ition de la tête, dans les maladies du cerveau, se ferait presijours du côté de la lésion, et dans les maladies de l'isthme :éphalc, toujours du côté opposé.
>oiNCARÉ. — 2* édit. II. — 12
?• Il se produit constamment dans l'appareil moteur de la visioi des troubles qui relèvent de la 3* paire, à laquelle les pédoncule donnent naissance. Ces troubles sont unilatéraux et ont toujours li^ du côté correspondant au pédoncule malade, par conséquent di côté opposé à celui où siègent les troubles moteurs du corps. Au trement dit, l'hémiplégie due à une lésion pédonculaire est toujonr alterne, et l'alternance «'établit entre les muscles du corps et cen; de l'orbite qui sont animés par le moteur oculaire commun. Cel s'explique par le fait même que ce nerf prend naissance suri pédoncule qui est situé du même côté que l'orbite dans lequel se rend. Ces troubles consistent, ainsi que la distribution del 3** paire peut le faire supposer à priori, en un strabisme extern dû à ce que le tonus du muscle droit externe n'est plus contre-bî lancé par celui du droit interne, en une dilatation de la pupille di à ce que les fibres circulaires de l'iris sont paralysées, en une grand difficulté d'accommodation due à ce que le muscle de Baumann e aussi atteint de paralysie, enfin en un prolapsus de la paupière si périeure, dû à ce que l'orbiculaire ne trouve plus dans le relevei de la paupière l'antagonisme habituel. Ces différents symptôm n'apparaissent pas toujours en même temps, mais, tôt ou tard, toul les branches de la troisième paire sont atteintes de paralysie (1).
DES TUBEBOULEB (^UADBIJUMEAUX.
Constitution anatomique. — Sous le nom de tubercules quadL jumeaux, on désigne les quatre petits renflements arrondis qu'on ap< çoit sur la face supérieure des pédoncules cérébraux. Ils sont plac sur deux rangs, ce qui a permis de les distinguer en antéiieurs en postérieurs. Les antérieurs prennent aussi le nom de nates et 1 postérieurs celui de testes. Les premiers sont plus volumineux 51 les seconds et offrent une teinte grise à leur surface. Les secon» sont plus arrondis, plus nettement limités et se distinguent en out des précédents par leur teinte blanche. On constate à l'œil môD que les tubercules droits et gauches sont reliés entre eux par d fibres transversales destinées à harmoniser le fonctionnement de c<
(J) En 1S73, Fleischmann a publié des observations qui prouvent que les tumeurs d pédoncules cérébraux donnent lieu à ries symptômes identiques aux phénomènes obse Vé« dans les expériences. (Œsterr. Jahrb. fur Pœdiatrikj p. 105.)
ices. On constate, en ontre, qu'elles sont mises en communia par d'autres fibres avec la couche optique. Panni ces fibres, s partent des nates et vont aboutir aux corps genouillés ex- , les autres sont étendues des testes aux corps genouillés s. Malgré leur colonalioa blanche, les ttibercules postérieurs issi en grande partie formés de substance grise qui se trouve ent masquée parune coque très-mince de substance blanche. is nates et les testes, la substance grise se présente avec des res spéciaux. Elle est formée par une multitude de petites ; jaunâtres anastomosées en plexus. (Voir fig. 42.) Chez les c, les reptiles et les poissons, les 4 tubercules se fusionnent X masses qui sont appelées lobes optiques ou tubercules biju- , et qui sont entées sur les côtés des pédoncules. Ils ont un ppement considérable, et chacun d'eux forme une masse plus que les 4 tubercules réunis des mammifères. C'est chez les 3s qu'ils atteignent les proportions les plus considérables, olume dépasse celui des lobes cérébraux. Toutefois leur puisfonctionnelle ne doit pas être en rapport avec leurs appamassives, car ils sont creusés d'iiné multitude de petites
Biologie normale. — Enregistrons d'abord les faits expéri-
IX en respectant leur rigueur primitive. Nous jugerons en-
38 interprétations auxquelles ils ont donné lieu.
t le mqnde s'accorde à reconnaître que les tubercules quadri*
iix sont insensibles par eux-mêmes. Quel que soit le genre
ition auquel on les soumette, l'animal ne pousse des cris que
ment où l'on atteint les pédoncules eux-mêmes. Quand on les
l'une manière très-vive, on détermine un état convulsif des
i oculaires. Une irritation, même légère, provoque le resserre-
des pupilles. Cette contraction de l'iris est bien l'œuvre des
îules eux-mêmes, et n'est pas due à l'excitation de fibres de
[e provenant des lobes cérébraux, car on l'obtient d'une façon
lussi énergique quand on a enlevé préalablement tout ce qui
avant de cette éminence.
)n pratique cette ablation en ayant soin de respecter les comiations entre les nerfs optiques, les corps genouillés et les cules quadrijumeaux ou bijumeaux, il n'est pas nécessaire .er mécaniquement ces petits centres poiir provoquer des motions dans le diamètre des pupilles. 11 suffit d'approcher une
lumière de l'œil de ranimai, pour que lacoiUraclious'clTeclaed'Qne manière réile&e. Ce qui prouve que, dans ces circoustanGes, les tubercules sont bien le centre de réflexion, c'est que si on les délmik, les variations de lumière n'ont plus d'action sur l'iris, malgré Tintégrilé des nerfs optiques, des corps genouillés, des pédoncules cérébraux et des nerfs moteurs oculaires communs. La môme immobilité se produit encore lorsque les lobes cérébraux ont été respectés et qu'on a enlevé uniquement les tubercules. Lorsque, chez l'animal privé de ses lobes cérébraux, on approche une lumière très-vive, non-seulement les pupilles se resserrent, mais, en outre, les paupières se ferment. L'animal cligne de l'oeil, de sorte que l'actioa réflexe qui se produit dans les tubercules peut retentir aussi biensor des nerfs éloignés, comme le facial, que surle moteur oculaire com* mun. Longet afiirme, en particulier, que l'oiseau ainsi mutilé seinet à reproduire avec sa tête les cercles que l'on fait décrire à la bougie, et qu'il semble toujours chercher la lumière des yeux. D'après Flourens, dans la production des mouvements oculaires, les tubercules exercent sur les yeux une action croisée, c'est-à-dire que si on opère sur les tubercules droits, les contractions ne se produisent que dans l'œil gauche, et réciproquement pour les tubercules gauches et l'œil droit.
D'après Valenlin et Budge, en irritant les tubercules, on provoquerait des contractions de la vessie, de l'estomac et. du canal intestinal. Enfin, Flourens a fait voir qu a la suite d'une lésion un peu profonde d'un seul tubercule, les oiseaux se mettent à tourner sur eux-mêmes autour de leur axe vertical et du cùté de la blessure. Tels sont les faits qui ressortent de l'expérimentation. Malgré leur simplicité apparente, ils peuvent conduire et ont conduit, eo effet, à des interprétations différentes (1).
Longet regarde les tubercules quadrijumeaux comme étant à la vision ce que la protubérance C6t, selon lui, à la sensibilité générale, c'est-à-dire un centre de perceptivité brute. Vous vous rappelez que, pour ce physiologiste, le mésocéphalc représente le centre où les impressions tactiles sont perçues mais non appréciées. De môme dans les tubercules, les impressions développées sur la rétine seraient senties ou plutôt perçues ; mais ce ne serait qu'après l'intervention
(l) D'après Ferrîer, l'application des électrodes sur les tubcrcnles provoque inatanU* nèment nn violent oplsthotonoR avec serrement des mâi'hoires, dilatation de» papUlM. ( West liiding hmatio Afiylum mcdhal repMtSf 187iJ.)
DU SYSTÈME NIÎRVEUX. 181
ure du cerveau, que cette perception visuelle dcriendrait une )Ie sensation. Arec les tubercules seuls ranimai sentirait Taci la lumière. H sentirait qu-il l*a subie; mais il serait incapable lonter de FelTet à la cause. Il ne se rendrait pais cofnpte de qui a ébranlé sa rétine et son centre tiisuél. €e ne serait' que ce premier ébranlement central se serftit propagé jusqu'au .u, querinteiligenceraisonnerait la perception enregistrée dans )ercules et en déduirait une notion. Bn un mot, oem-ci se- , suivant l'expression de Longet, un centre de sensibilité visuelle comme la protubérance serait un centre de sensibilité tactile Tout en ne pouvant pas réaliser une sensation visuelle cornet perfectionnée, les tubercules sentiraient et d& plus réà* ut et traduiraient Fimpression reçue par di^s mouvements
:e manière d'envisager les choses, qui est du teste celle de la
rt des physiologistes, compte bon nombre d'arguments en sa
r. Les mouvements oculaires réflexes que les tubercules sem-
seuls aptes à produire, indiquent déjè que ce sont eux qui sont
is à sentir Tagent lumière, puisque ces mêmes mouvements
ordinairement provoqués par les ondes lumineuses. Chez les
IX, les poissons et les reptiles, les nerfe optiques vont directe-
se rendre dans les tubercules bijumeaux. Il est donc incontes-
que chez eux ils représentent le réceptacle des impressions
lies. Chez les mammifères, cette origine est moins apparente;
par une dissection attentive, plusieurs aniatomistes prétendent
suivi les radicules du nerf optique au delà des corps gentmillés
es ne feraient que traverser pour se rendre définitivement dans
hercules quadrijumeaux. Il est vrai que chez l'homme et chez
(ge ces radicules se perdent complètement au centre même des
I genouillés ; mais comme on voit apparaître plus loin des
îaux de fibres réunissant les tubercules aux corps genouillés, il
robable que ces faisceaux suffisent pour relier les nerfs optiques
. éminences, malgré la solution decontiuuité qui semble exister.
itomie comparée vient encore prêter un autre appui à cette in-
'étation. En général, chez les poissons, les lobes optiques sont
tant plus développés que les nerfs optiques et les yeux ont eux-
les un volume plus considérable. Chez les pleuronectes, qui ont
organes visuels d'inégal volume, les lobes optiques sont aussi
alement développés. Mais de tous les arguments favorables à
cette localisation du centre visuel, le plus puissant est le fait expérimental signalé par Longet. Les oiseaux dont on a enlevé les lobes cérébraux ont, non-seulement dès mouvements réflexes de la papille en rapport avec l'intensité de la lumière, mais leurs yeux sont comme attirés par la lumière et la suivent dans ses dôplacemotts. Donc ils doivent voir.
Aux faits qui précèdent on peut en opposer d'autres, qui jsont an contraire de nature à faire refuser la sensibilité visuelle aux tub»cules. Les mouvements réflexes de Tiris sont parfaitement inconscients. Us prouvent seulement qu'un centre moteur a reçu un ébran* lement, mais ils ne prouvent pas que l'animal qui les exécute sente et ait conscience de la nature lumineuse de cet ébranlement. Riei ne démontre que l'animal privé de ses lobes cérébraux puisse, je ne dirai pas voir des objets, car ce serait déjà de la sensation, mais distinguer la lumière de l'obscurité. Gomme les animaux ne parlent pas, on ne peut s'assurer de l'impression produite sur eux par les corps lumineux qu'à l'aide des mouvements de l'iris ; comme ces mouvements pourraient parfaitement avoir lieu sans qu'il y ait sensation lumineuse dans l'acception du mot ; comme l'animal auquel on a détruit les tubercules et qui a perdu, par le fait, ce genre de manifestation réflexe, ne peut pas dire s'il voit encore, tout en ayant les pupilles immobiles, il s'ensuit que l'espèce humaine, et par contséquent la pathologie, pourra seule nous éclairer d'une manière plus positive sur cette question. D'autre part, non-seulement chez l'homme et chez le singe il est impossible de suivre les racines des nerfs optiques jusque dans les tubercules, mais Gratiolet prétend qu'on peut, dans ces deux espèces, les poursuivre au delà des corps genouillés, et qu'on les voit nettement se porter, suivant une direction opposée, dans rintérieur même des lobes cérébraux. La règle empruntée à Tanatomie comparée est loin d'être absolue, car chez certains animaux dont la vue est presque nulle et qui ont des nerfs optiques tout à fait rudimentaires, on trouve des tubercules quadrijumeaux ou bijumeaux très-développés. Tels sont : la taupe, le rat-taupe du Gap, la musaraigne musette, la taupe asiatique, le prêtée, la cécilie, etc. En raison môme de la décussation qui s'opère dans le chiasma des nerfs optiques, chaque tubercule devrait présider à la sensibilité spéciale d^ la moitié de chacune des deux rétines, et sa destruûtion deyrait produire, non pas une perte absolue de la vision d'un seul œil, mais une insensibilité de la moitié interne d'une rét
}t de la' moitié externe de Fautre rétine. Or, c'est ce qm n'est luisque tous les expérimentateurs ont signalé un effet rigounent croisé. Enfin, le fait expérimental signalé par Longet ne tue môme pas un argument bien considérable, car Flourens et urs autres vivisecteurs ne paraissent pas être arrivés à le iter. D'ailleurs, il ne serait pas applicable aux mammifères, ae Longet lui-mÔQie ne Ta pas vu se reproduire chez eux. lit-on, du reste, constaté chez les animaux supérieurs, qu'on urrait rien conclure encore. Car, pour ménager la continuité 3rfs optiques avec les tubercules quadxijumeaux, on est obligé ipecter les corps genouillés et la presque totalité des couches les, et de n'enlever que les lobes cérébraux proprement dits, lanifestations de la sensibilité visuelle pourraient donc être bien attribuées à la couche optique qu'aux tubercules, ir toutes ceç raisons, Flqurens s'est montré beaucoup plus |réque Longet. Il n'attribue aux tubercules qu'une influence ce en rapport avec les phénomènes de la vision. Pour lui, lorse cerveau est enlevé, toute perception visuelle est abolie et la est, par suite, radicalement détruite, malgré l'intéghté des cules ou des lobes optiques.
Tes n'accorde la sensibilité visuelle aux tubercules que chez les
ux, les reptiles et les poissons. Chez les mammifères, ils ne
mt que présider aux mouy,ements de la pupille. Mais ce mode
ion ne constituerait qu'une annexe des fonctions plus générales
îes centres nerveux seraient appelés à remplir. Ils intervien-
!nt avant tout d'une manière puissante dans la locomotion. Il
)uie non-seulement sur les phénomènes de rotation signalés par
rens, mais sur des vivisections qui lui sont personnelles et
rès lesquelles la destruction des tubercules donnerait naissance
3 désordres de tous les mouvements qui seraient tout à fait
parables à ceux de la chorée. Personne autre que lui n'a observé
îsultat. Mais il ne serait pas impossible que les tubercules aient
fonctions non en rapport avec la vision, puisqu'ils peuvent offrir
olume considérable chez des animaux qui ont ce sens réduit à
lus simple expression.
ratiolet, qui pense que chez les primates les nerfs optiques îndent dans les lobes cérébraux, tandis qu'ils se rendent seuent dans les tubercules chez tous les autres animaux, admet irellement qu'une exception physiologique correspond à l'ex-r
ception analomiquc. Selon lui, rtiomme et le singe Toienl
lecerTenii, tandis fine les autres vortébrfcs voient parlestuben
Voilà pourquoi les perceptions visuelles seraient plue perfcc
nées, plus délicates, plus uptes li en^^endrer des notions,
ÎDtellectuelles, par consëquciit, chez les primates que chez les i
animaux.
Pour moi, je suis tenté de me montrer plus franchement encore que Flourens, et de déclarer que tout se passe de lit manière dans les quatre classes des vertébrés -, qu'il estprob chez tous les animaux ce sont les couches optiques qui pi les impressions visuelles et que les tnbercules ne sont qoe \ réflexes des mouvements de la vision. Si, chei les oiseftux, Ir et les repliles, les nerfs optiques paraissent émaner diiecrtubercules bijumeaux, si ces animaux paraissent voir are'' cnles seuls, cela lient uniquement à ce que cette région de ' n'est pas disposée chez eux comme chez les mnmmifërpcomme chez l'homme. Dans les mammifères, les conclieF les corps genouillés, qui ne sont qu'une partie de ces c> ment une masse bien distincte, nellemeut séparée et mi des tubercules quadrijumeaux. Chez les vertébrés dcF res classes, ces diverses parties se fusionnent presqae <
constituer cette masse, qui prend le noi encore d'examiner un encéphale de
Is on eut
lOU-
.nenl xodt»
i pciitvilc et
iiiinî les cjiit aussi . seraient, ce que la motion, ce V cheval sur •s i)Our coniin-seulomont parrinlerniéi sert aussi à ssaire à l'uiiilé •rue, supérieur, rne et au palhélédiaire du droit l'S tubercules donr servir de régu-
anlage de concilier
icnlaux. Mais je ne
I il hypothétique. Les
.1 i)hYsiol()f?ie perniet-
•ercules sonl j)r(''posés
laires et qu'il esl peu
» la sensibilité visuelle.
éclairer sur celle der-
observalions où h
186 PHTSIOLOGIB
luleB de cette partie enverraieot, à leur tour, desproloogementim cellules intellectuelles et viendraient compléter ainsi ce pFemie gystâme, excluaivemeot sensitif et visuel. Les autres, les moins ocwbreuses et les moins importantes, se porteraient en arrière et donneraient naissance à ces petits faisceaux que l'on voit étendDB ds corps genouillÉs aux tubercules quadrijumeanx. Elles aoraieDtpour but de transformer la portion d'ébranlement rétinien qui leur incomberait, non pluB en sensation visuelle, mais en force matrice destinée à proportionner les mouvements de l'iris k l'intensitâ det phénomènes sensoriels provoqués par lesTibres du premier groupe. Autrement dit, l'ébranlement des nerfs optiques se bifurquerait dh
Fig. 44.
i>h«m> àa mt<^>iil<m< do la vl.lon
ù, da
dm» le Doyan de l'pnctphiile. -- a,e
berculBs quadrijume^n.. - f, coui^h
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is arriYé dans les corps genouiUés et donnerait naissance à deux curants marchant de front, avec la même vitesse, et arrivant aux mx buts vQulus en même temps. D'où à la fois plus de rapidité et us de simultanéité pour les deux actes moteur et sensitif^ lesquels raient besoin de coïncider d'une manière mathématique. La notion itellectuelle naîtrait ainsi beaucoup plus vite que si l'ébranlement rait dû d'abord gagner les tubercules pour y provoquer les mousments de l'iris et la perception brute et aller ensuite seulement lettre en jeu les cellules d'ordre psychique. Tout dans l'exercice de i vision s'exécuterait ainsi d'une manière plus instantanée. C'est peuttre pour cette raison que les animaux supérieurs voient plus vite et omprennent plus vite ce qu'ils voient.
Les tubercules ne seraient pas seulement chargés de produire les louvements de l'iris. Ils commanderaient et coordonneraient aussi us les autres mouvements mis au service de la vision. Us seraient, >iir les actes moteurs si variés e^ si nombreux de Tœil, ce que la otubérance et le cervelet sont pour les actes de la locomotion, ce le le bulbe est pour les mouvements de la respiration. A cheval sur 5 pédoncules cérébraux, ils seraient parfaitement placés pour cominder à la fois au moteur oculaire commun, qui, non-seulement • l'agent du dosage de la lumière et de l'adaptation, parTinterméire de l'iris et du muscle de Baumann, mais qui sert aussi à iatenir les axes visuels dans le parallélisme nécessaire à l'unité la vision, par l'intermédiaire des muscles droits interne, supérieur, ôx'ieiir et petit obhque ; au moteur oculaire externe et au pathé- -ie, qui concourent à ce dernier but, par l'intermédiaire du droit 6rne et du grand oblique. Par leur situation, les tubercules do- ^ent tout ce système de nerfs et ils peuvent leur servir de régu- ^xirs.
-•s théorie que je viens d'esquisser aurait l'avantage de concilier t:€s les assertions et tous les faits expérimentaux. Mais je ne accorde, je le répète, qu'une valeur tout à' fait hypothétique. Les les conclusions positives que l'anatomie et la physiologie permet* t. de poser en ce moment, c'est que les tubercules sont préposés ^ plupart des mouvements des globes oculaires et qu'il est peu ^lable qu'ils soient eux-mêmes doués de la sensibilité visuelle. Vons si la pathologie pouiTa mieux nous éclairer sur cette der- -Te question.
Physiologie pathologique. — 11 existe six observations où les tU"
hercules qaadrijumeaux se sont montrés ou détraits, ou considérablement compromis. Sur ces six cas, quatre ont été observés par le môme médecin, Serres, de sorte qu'il est bien probable que à la science n^est pas plus riche sous ce rapport, cela tient uniquement au défaut d'investigations. Les deux autres faits ont été publiés par Joire et Wood. Les lésions ont été variées, de sorte qu'on peut dire que les tubercules sont probablement susceptibles des différents processus morbides qu'on rencontre dans les autres centres nerveux. Serres a trouvé chez un homme un noyau dur et comme squirrheux, occupant la partie moyenne des tubercules et ayant provoqué le ramollissement des pédoncules cérébelleux supérieurs; chez une femme hystérique, un épanchement sanguin de la base des quatre éminences; chez une femme de 68 ans, un foyer sanguin qui, ayant son siège principal dans les tubercules, particulièrement dans les postérieurs, s'étendait en avant jusqu'à la glande pinéale, et en arrière jusque dans la partie antérieure de la protubérance ; chez une troisième femme, atteinte de chorée, un ramollissement inflammatoire des quatre tubercules et des couches pédonculaires sousjacentes. Joire a rencontré, lui, une agglomération de cysticerqnes qui avaient fait disparaître complètement les tubercules et l'aqueduc de Sylvius. Enfin Wood a trouvé une tumeur pyrifôrme logée dans le quatrième ventricule, soulevant la valvule de Vieussens et ayant détruit complètement les testes, partiellement les nates (l).
Or, les cinq premiers malades ont toujours conservé la vue intacte. Leurs rétines ont présenté jusqu'au moment de la mort une sensibilité normale. Celui de Joire avait môme les yeux très-vifs et trèsactifs. Le malade de Wood a seul présenté des signes d'amaurosc, avec hallucinations visuelles. Évidemment, il a dû y avoir dans ce fait exceptionnel des conditions extrinsèques qui le mettaient en dehors de la règle générale et qu'on a eu tort de ne pas rechercher par une analyse nécroscopique plus complète. La tumeur était asseï volumineuse pour comprimer les corps genouillés et les nerfs optiques eux-mêmes. Elle a pu provoquer des dégénérescences secondaires de la rétine ou des autres agents nerveux de la vision, comme cela arrive aussi pour les tumeurs du cervelet. Du reste, il n'en est
(1) Dans ces dernières années, plusieurs observations nouvelles ont été pnbllées. Dans celles de Stoffen et d'IIenoch, il n'y eut pas do troubles visuels. II en ta% de roârae dans cxille de Pilz. Dans celle do Fleischmann, il y uut à la fois amauroiio et paralysie du moteur oculaire commun.
pas moins établi par les autres observations, notamment par celle de Joire, où il ne restait plus de traces de tubercules, que ces émiuences peuvent disparaître sans qu'il en résulte même une diminution de la sensibilité visuelle. La pathologie conduit donc, comme la physiologie, à conclure que les tubercules ne sont pas par euxmêmes des centres de perceptivité visuelle et que, s'ils semblent en être chez les vertébrés inférieurs, cela tient à la fusion qui s'opère chez eux entre les corps genouillés et ces éminences.
Quant aux modifications survenues chez ces malades daus les mouvements affectés à l'exercice de la vision, elles ne sont pas aussi complètes que les vivisections pourraient le faire espérer. Le malade de Joire avait conservé le fonctionnement de sa pupille. Il n'avait ni strabisme, ni aucun mouvement convulsif du globe oculaire. Mais c'est le seul qui ait fourni des résultats négatifs sous ce rapport. Chez le premier malade de Serres, les yeux roulaient dans les orbites avec une rapidité que l'observateur pouvait difficilement suivre. Notez que chez lui la lésion n'avait pas détruit les tubercules. Elle constituait pour eux un corps étranger, une épine capable d'exciter leur action. La femme hystérique avait les pupilles constamment contractées. Les yeux étaient tantôt fixes, tantôt dans la plus grande mobilité. Chez elle aussi il n'y avait pas destruction des tubercules; leur base était seulement envahie par un épanchement. La femme de 68 ans avait encore une certaine agitation des globes oculaires. Enfin, le malade de Wood avait les pupilles immobiles. Si ces symptômes ne viennent pas confirmer d'une manière suffisante le rôle à la fois producteur et coordinateur que nous avons attribué aux tubercules dans la physiologie normale, on peut dire qu'ils sont loin d'être contraires à cetle idée, puisque le fait de Joire vient seul lui faire échec. Peut-être, daus ce cas, les noyaux des différents nerfs moteurs de la vision continuaient-ils à associer leurs actions, en vertu de l'aptitude acquise? Peut-être étaient-ils encore reUés aux corps genouillés par quelques fibres et quelques cellules des tubercules que les cysticerques n'avaient fait que refouler?
Relativement à l'opinion de Serres, qui voulait faire des tubercules un centre ayant de l'influence sur l'ensemble des actes de la locomotion, et qui voulait y placer le siège anatomique de la chorée, il faut avouer que les cas observés par lui étaient bien de nature à engendrer cette idée dans son esprit, puisque trois do ses malades présentaient des mouvements choréiformes plus ou moins généraux.
Mais, évidemment, on ne saurait accorder une iniportance aosei grande à un organe nerveux aussi petit. Tout ce qu'il est rationnel de penser, c'est que les tubercules font partie du système des ceotres du mouvement ; que leur part spéciale consiste dans les mouvemeats oculaires ; mais que, comme les différentes parties de ce système sont agencées entre elles de façon à s'influencer réciproquement, fl en résulte la possibilité d'une influence indirecte de ces éminenoes sur le fonctionnement des autres centres moteurs.
DES OOnOHEB OPTIQUES.
Constitation anatomique.
Après avoir supporté les tubercules quadrijumeaux, les pédoncnles cérébraux s'engagent chacun dans deux masses grises appelées couche optique et corps strié. L'ordre anatomique nous conduit donc à faire l'histoire de ces masses immédiatement après celle des tubercules quadrijumeaux. Commençons par les couches optiques. Chacune d'elles représente un ovoïde recourbé sur lui-môme, dirigé dans le sens antéro-postérieur et à grosse extrémité tournée en arrière. Malgré cette forme ovoïde, les anatomistcs ont été obtigés^ pour les besoins de la description, de lui reconnaître des faces distinctes. Parmi les faits relatifs aux rapports et à la conformation de ces diverses faces, la physiologie exige seulement que je vous rappelle: 1° que la face supérieure est libre dans le ventricule latéral, dont elle concourt h former le plancher. C'est là une condition qui fait que la couche optique est exposée à subir les conséquences des modifications pathologiques qui peuvent survenir dans cette cavité, mais qui Thi permet de remplacer, par un léger refoulement, une faible partie de la pression exercée par les tumeurs ou les foyers sanguins du cerveau ; 2° que sa face interne se trouve de même libre dans le ventricule moyen, dont elle forme la paroi latérale, et qu'elle vient ainsi multiplier les effets précédents ; 3" que c'est par la portion antérieure de sa face inférieure qu'une partie des pédoncules cérébraux s'engage dans les lobes cérébraux ; 4° que la partie postérieure de cette môme face est encore libre, et présente les deux saillies appelées corps genouillés interne et externe, qui donnent naissance aux racines interne et externe du nerf optique ; 5* que
ÛU SYSTÈME NERVEUX. 191
c'est de sa f^ce, on plutôt de son côté externe, qu'émanenl les fibres blanches qui doivent la relier aux cellules intellectuelles de la coucbe corticale des lobes cérëbraux.
Qnand on fait des coupes en diEférents sens de la couche optique, on s'aperçoit qu'elle ne forme pas une seule etmême masse de substance grlBe, et qu'elle renferme quatre noyaux de cette substance parfaitement distincts les uns des autres. Trois de ces noyaux se dessinent mâme à l'extérieur par de légères saillies. Ils occupent la zone interne de la couche optique et sont placés l'un à côté de l'autre, dans le sens antéro-postérieur. Pour ne rien préjuger de leurs destinées physiologiques, on peut les désigner par les épithètes d'aiitérieur, de moyen et de postérieur. Se basant sur certains faite anatomiquËS et pathologiques, Luys croit pouvoir affirmer que l'anté-
Coniba da te coiuke opltqne (n) bI Sa i
«UMtir. — i, ngjnn opUque. — >, n menti de> flbrci qal, pKrtIei de la ci
rieur est affecté à l'olfaction. C'est pourquoi il le nomme centre olfactif. Tout ce qu'on peut assurer, c'est qu'il reçoit directement le tania, qui, lui-même, est le prolongement médiat des fibres de la racine du nerf olfactif. Ce centre se dessine nettement à l'extérieur, et fait saillie à l'extrëmilë antérieure de la coucbe optique. U regarde le moyen, qui eBtleplusvolooiineuxdestrois, comme un centre visuel, et il l'appelle centre optique. U prétend qu'il reçoit des fibres qui Tiennent des corps genouilléâ, d'autres qui viennent des tubercules
quadrijumcaux. Quant au postérieur, Luys suppose qu'il reçoit des émanations du nerf acoustique, et il lui donne le nom de cen^i acoustique. Le quatrième noyau mérite Tépithète de médian. Il est situé en dehors des précédents et dans les profondeurs de la couche optique. Luys le regarde comme le centre de toutes les impressions de la sensibilité générale. 11 est du reste manifestement en continuité avec la substance grise centrale de la moelle, du bulbe, de la protubérance et du pédoncule cérébral.
Le volume réel de ces différents centres varie d'un gros pois à une petite noisette. Ils offrent une coloration rougeâtre uniforma Dans Tétat pathologique, on constate dans leur masse des décolora- V ' lions partielles et des taches grisâtres. Ils sont formés par une forte I j^ proportion de substance amorphe, et par une grande quantité de J^ cellules nerveuses, qui ont une certaine analogie avec les cellules ganglionnaires. Elles ont 0°",02 à 0'°'°,03 ; sont à un ou deux prolongements ovoïdes de couleur jaunâtre. Elles sont souvent chargées de granulations pigmentaires. Leur noyau est très-petit. Leurs pro— longemcnts sont difficiles à apercevoir.
tt
Physiologie normale.
L'irritation des couches optiques provoque toujours des sign '^^^ d'une vive douleur. Elles paraissent douées d'une sensibilité exquis- ^» qui contraste avec Tinsensibilité absolue de toutes les autres parli^^s des lobes cérébraux. Magendie, qui le premier a signalé ce fait, n'h ^' sitait pas à l'attribuer au tissu propre de la couche optique. Mais, dc^' puis, Longet, Vulpian etSchiff ont pensé voir là une propriété d'enr»-' prunt due au passage des libres supérieures des pédoncules cérébrau^^- Quand l'irritation porte sur une seule couche optique, en dehors d^^ manifestations de souffrance, l'animal peut parfois donner le specta-^ cle du mouvement de manège. Ce résultat a été obtenu par Long^^» Lafargue et Flourens (l).
A l'époque des premières tentatives réellement scientifiques, oï* regarda la couche optique comme un centre visuel. L'idée était toatc
(l) Fournie, Nothnaf^cl et Ferricr affirment que l'cxcit^.tion de la couche optique nc donne lica à, aucun phônoiucnc moteur.
iturelle, puisque les nerfs optiques ont leur origine apparente dans 3 corps genouil lés, qui sont des saillies appartenant à la face inféîure des couches optiques. Cette opinion, qui n'avait peut-être que Qconvénient d'envisager exclusivement une seule des fonctions des >uches optiques, fut bientôt abandonnée généralement sous Tinlence de la coïncidence d'un certain nombre de faits pathologiques li lui étaient peu favorables. L'anatomie comparée, en assimilant s lobes optiques des oiseaux aux tubercules quadrijumeaux des ammifères, et en montrant que, chez les premiers animaux, les erfs x)ptiques aboutissent à ces lobes, fortifia davantage cette tenance et attira vers les tubercules quadrijumeaux Tatlention des hysiologistes à la recherche des centres visuels. C'est dans cette isposition des esprits que les expériences de Serres vinrent faire )nsidérer les couches optiques comme des organes affectés à la comotioD et en coiiaboratioa avec les corps striés pour deux déirtements distincts du système musculaire. 11 a incisé chez un chien couche optique droite, et la patte antérieure gauche fut seule paysée. Il incisa la couche optique gauche, et la patte antérieure oite devint inerte, le train postérieur conservant toute sa motilité. :>péra de même chez un autre animal successivement sur les corps iés, droit et gauche; et il produisit au contraire la paralysie isolée la patte postérieure gauche, puis celle de la patte postérieure ^i te. 11 en a conclu que les couches optiques président aux mou*^ aents volontaires des membres thoraciques et les corps striés à ^x. des membres abdominaux, et que tous ces centres exercent >" action d'une manière croisée. Loustau, par des expériences anau.es, abonda dans le même sens. Mais Serres se fit surtout fort K^e déclaration de Rolande qui, quoique regardant le cervelet ^me Tunique source des mouvements volontaires, avoue que la tion des fibres qui se rendent des couches optiques aux corps ^^elés affaiblit considérablement les pattes antérieures. Quoique i^iff semble aussi se ralUer à cette influence spéciale sur les mem- ^ thoraciques, on peut dire qu'aujourd'hui la plupart des méde- ^, se basant sur des faits pathologiques que nous aurons à juger L'inconstance des résultats signalés par Serres dans les vivisections, contentent de considérer les couches optiques comme concou- Xt avec les corps striés à la motilité volontaire, sans qu'il y ait Vit ces centres une affectation déterminée à telle ou telle partie du ï'ps. C'est là en particulier l'opinion de Longet et de Vulpian, qui,
poiNCABÉ. — 2« édit. n. — 13
tous deux, ont vu la deslruclion des couches optiques entraîner la paralysie des quatre membres (l).
Il est un autre groupe de physiologistes modernes, parmi lesquels on compte Tood, Garpenter et Luys, qui voient au contraire dans la couche optique un centre de sensibilité. Luys surtout a su systématiser complètement Vidée première. Il s'appuie sur les dispositions anatomiques qu'il a trouvées pour les couches optiques, et avant tout sur les faits pathologiques que nous interrogerons comme lui dans un instant. Pour Luys, comme nous l'avons déjà donné i entendre dans l'étude de la constitution anatomique, la couche optique est la réunion de tous les centres de perceptivité. C'est là que se centralisent, mais dans des compartiments distincts, toutes les impressions sensorielles, générales et spéciales. C'est là que sont perçus, avec leurs caractères distinctifs, tous les ébranlements sensitifs, qu'ils aient pris naissance sur les téguments, dans les muscles, dans l'œil, Toreille, le nez. Elle est à la fois le centre nerveux delà vision, de l'audition, de l'odorat, du tact, du sens musculaire, de la douleur.
Quoique Luys ait formulé de main de maître cette théorie en s'appuyant seulement sur les données anatomiques et pathologiques, il n'avait pas obtenu un grand nombre d'adhésions, tout justement parce que son interprétation manquait de démonstration expériionentale. Ce desideratum paraît avoir été comblé dernièrement par M. Fournie. Par un procédé opératoire qui était déjà venu à l'esprit d'un étudiant de Nancy, il y a 8 ou 10 ans, mais qui n'avait pas été mis en œuvre, ce médecin serait arrivé à constater la vérité des vues théoriques de Luys. La destruction des couches optiques par des injections caustiques supprimerait les fonctions sensorielles, ou les rendrait inefficaces en empêchant la partie essentielle de leur mécanisme de s'effectuer. M. Fournie fait observer judicieusement que de ce que les animaux crient et semblent encore exprimer de la douleur lorsqu'on leur a enlevé les couches optiques, cela ne prouve nullement qu'ils sentent en réalité; car ces manifestations de douleur peuvent fort bien n'être que des phénomènes réflexes.
Les altérations du mouvement que l'on produit en lésant artifi-
(1) D'après Meyuort, elles seraient le lieu do production des moavementa réflexd inconscients déteruiixiés par les excitations périphérique.;^
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lODr elie qii un "Hr-air ùt p&àsaiff x^r ot t-msitou?!. Sv or. v^î: )t IiaiatyBie nnwnniar^ «rv-smir «smTfr. jf mcnihrt loiîxrïraïr. uuo^; k Qemlire piHleEisnr. smfi: ifi^ Diifi::^ skolic^ t U fhîSL ;^o)iî :]<^4 œ que les liBfflimg xirncr^sep; p&s utqjflD^s uoiu^ >fê^ f^hres;. m tODjomE is 3II&DDB £tire£ Zfisc jiMirçorEL fiOssL I>x;:i:iiDM: ^"nw leule condie ojaips: 7*bd: àmmer nm t mi iD»:Ttam<!ns df ixmiim^. (Test comme m ul im^tr. le? wdoncxî» ^tkd; kiir i^iKCraDc^iï d«is ^ noyau de l'fmnrgto'i*^ : e: : «s: lom josi^m»:: im i&M:tY9i)iaï: dt" ^ genre qn'im sààELZ eus oc cas.
Dn reste, la iman eIi^rmêIx>f £T(c k$ doiiM($ aiiaii^asD^^Mt^ yc^^tee, pour mam danr. ce::^ s: Jct:»:!. ]1 nexiso)^ pas de Sîhk» aUairt Time maniàe onasime des moscifts à k CM>che coitkaâe do ^k^ ^taa oa de la peaa à ccsie mâme coQcfae. O qm existe^ or $tm; dus^ lises qui, aTCc des inlerroptions cdlulaires plus oa ii>;aD$ nMiîiteoses, yntametit de la pëiiphôîe conTer^ Ters te ciii;\ ?t^ili^ ttëats gris, concile optique et corps strié; pois ^parassstMU c*aDl7<«s^ ibres qni, parties de ces denx renfiemoits, Tont es dr^^jN^i^; ;{i^ tistribner aux diflereots points de la calotte grise ci&éliind^ âiillr
dernière doit toujours intervenir pour donner une détcrminatioii volontaire aux mouvements et pour transformer en notions les im- . pressions sensorielles. Pour cela, il est indispensable qu'elle Boit mise en relations avec les muscles et les organes des sens, et ces relations ne peuvent s'établir que par Tintermédiaire des couches optiques et des corps striés. Ces deux renflements sont-ils indifféremment affectés l'un et l'autre à la sensibilité et au mouvement, ou bien chacun d'eux accapare-t-il soit le rôle sensitif, soit le rôle moteur? C'est cette dernière disposition qui, à priori, paraît la plus probable. Car on ne comprendrait pas l'existence de deux organes aussi distincts, aussi différents, pour aboutir à une identité d'action. La spécialité étant probable, il y a lieu aussi de penser que la sensibilité est le lot de la couche optique, puisque l'anatomie et la physiologie expérimentale tendent à le démontrer, et puisque la pathologie nous apportera encore un plus grand nombre de preuves en ce sens.
Aussi je n'hésite pas à accepter cette localisation. La couche optique achève l'œuvre commencée par la protubérance. L'ébranlement sensitif va, en se perfectionnant, de la périphérie aux couches optiques inclusivement, et ce n'est qu'arrivé à ce dernier terme qu'il engendre une perception aussi complète que possible. En se propageant au delà, les résultats qu'il produit sortent, du simple sentiment et sont tout à coup d'une nature plus élevée ; ils consistent en des phénomènes intellectuels. Ce sont des idées provoquées par le sentiment. La couche optique représente la limite supérieure du système nerveux sensoriel. Elle touche immédiatement à la sphère psychique, et elle seule a le pouvoir de relier le système nerveux intellectuel au précédent. C'est dans la couche optique que les images sont produites, que les objets sont photographiés, que les vibrations sonores sont transformées en sons, que les effluves des corps odorants deviennent des odeurs, que les ébranlements de contact direct deviennent pour la conscience une impression de tact. Là, le fait sensoriel est accompli et le cerveau n'a plus qu'à discuter, à raisonner, à interpréter ces images, ce son, cette odeur, ce toucher. Les cellules de ce centre ont pour mission de donner un corps, ou plutôt une existence physiologique, aux divers ébranlements venus de la périphérie, d'en faire des phénomènes vitaux tout à fait spéciaux. Mais ces cellules peuvent produire le môme résultat sans avoir reçu, pour ainsi dire, la matière première de leur travail spécial. Toutes les fois qu'elles sont
suscitées d'une manière quelconque à entrer en activité, elles ne peuvent que créer et créent forcément des images, des sons, des odeurs, etc., puisque c'est là leur lot, leur aptitude spéciale. Dernier rouage de la machine élaboratrice des phénomènes sensoriels, ses produits sont toujours, en toutes circonstances, ceux de la dernière phase de cette élaboration. Lorsqu'une idée, une cellule intellectuelle vient, par un courant centrifuge, stimuler les cellules de la couche optique, l'image ou le son apparaissent comme s'ils avaient été provoqués d'une manière centripète par des objets réels. C'est ainsi que les souvenirs acquièrent la puissance de la réalité. Lorsqu'elles entrent spontanément en action par un afflux de sang, ou par une cause intrinsèque quelconque d'irritation, les mômes sensations subjectives apparaissent encore, et peuvent à leur tour éveiller dans les cellules intellectuelles des idées qui ne sont pas en rapport avec ce qui nous entoure. C'est ainsi que les rêves peuvent naître, se développer, s'épanouir et s'entretenir par un travail qui se passe entièrement entre le cerveau et les couches optiques,^ lesquels ont rompu momentanément toute connexion fonctionnelle avec la moelle, les nerfs sensitifs et les organes des sens réduits à l'inertie par le sommeil, lesquels ont rompu par le fait avec le inonde extérieur, dont l'existence est momentanément comme non avenue (1).
(1) Nothnagel prétend {Virchow*a Arehiv. /. path. Anat. u. Phya.y vol. LVII et LVni) que la destruction de la couche optique ne produit paa d'anesthéisic. Mais Orichton Srowne a été aussi conduit à faire des ooucliefi optiques le foyer det nerfs des sens. {The West Riding lunatie Aaylum med. R«p,f 1875.)