‹ Le système nerveux central; structure et fonctions; histoire critique des théories et des doctrinesChapitre 31 sur 106 · THÉORIE DE LA CONNAISSANCE · texte numérisé non relu

THÉORIE DE LA CONNAISSANCE

Matière et Forme.

On n'estime savoir une chose, dit Aristote, que lorsqu'on pense en connaître la cause première. C'est donc par la science des causes qu'on doit commencer l'étude du monde. Il y a quatre sortes de causes. La première est ce qu'on nomme la substance (if; ciaiV, la forme (eîîo;, jxcpçfi, Xcvo;, To Tt ^^ eîvai). La seconde cause est la matièi^e et le sujet (ttiV {Jayjv xat to uttcy.£{tJievov). La troisième cause qsïXq principe du moiiveinent (éOev tIj ip^r; Tfjî xîvif,aewc). La quatrième est la cause finale (to o5 evexa) (i). La plupart des anciens philosophes n'ont considéré les principes de toutes choses que sous l'aspect de la matière : « Ce d'où sortent tous les êtres, d'où provient tout ce qui se produit et où aboutit toute destruction, la substance persistant, quoique subissant les changements déterminés par ses affections, voilà réiément, le principe de tous les êtres. Aussi pensent-ils que rien ne naît ni ne périt véritablement, puisque cette nature première persiste toujours (2). »

Pour Aristote la matière n'est certes pas un non-être, ^r^ cv. Il ne place pas toutefois en elle la cause du mouvement; elle nVst pour lui qu'un xivsJtJievov et un xaôrjTixdv (3). La matière est d'ailleurs inconnue par elle-même, en soi (en tant qu'indéterminée) : if; S' uXyj oyvwjto; xaO' auTJjv (4). Mais, quoique la matière soit ce qui n'a, de soi, ni forme, ni propriété, ni aucun des caractères qui déterminent l'être, en tant que sujet pouvant être déterminé elle subsiste et persiste par elle-même; elle est impérissable, indestructible, incréée : i^ {iXirj oL^bnfzo^ (5). Il n'existe pas plus d'ailleurs de matière sans forme que de forme sans matière.

Tout en insistant sur Timporlance de Xîk forme au regard la matière dans

(i) Métaphys.y I, m, i. En d'autres termes : causa formalisa causa matérialisa causa efficiens, causa finalis. Cf. Phys., II, m.

(a) Met. I, III, 3-3. IÇ ou yàp eoriv aTravta là ovra, xai iÇ o5 yî-peiai TipoStou xal cîç 8 fdiiptzai teXEUTaiov, T^; (xlv ouji'a; 6;:o[iEvouarj;, toi; 82 TziOzai [x£Ta6aXXoua7)ç, touto Tror/eîov xal Tauiijv àp7»[v çajiv elvai tojv ovtojv xai Ôià to3to oute yipcjOai oùOlv oToviai ojtc àrroXXujOai, w; t^; TOiaurTi; çujÊfo; àei ao)^0[jLev7)ç...

(3) De générât, et corrupt, tt); [xlv y*? «Xr^; rô TziT/ii^ sjri xaiTÔ x'.vâraOai...

(4) Métaph., VI, X, i3.

(5) Ibid., II, IV, etc.

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