‹ Le système nerveux central; structure et fonctions; histoire critique des théories et des doctrinesChapitre 43 sur 106 · THÉORIE DE LA VIE SÉPARÉE DES TROIS TRONÇONS · texte numérisé non relu

THÉORIE DE LA VIE SÉPARÉE DES TROIS TRONÇONS

vers ranimai en a deux, la partie externe, trois. Sur ces doigts il y a de petits ongles, pareils à ceux des oiseaux pourvus de serres. Tout son corps est rugueux comme celui du crocodile. Ses yeux, situés dans un enfoncement, sont très grands, ronds, et entourés d'une peau pareille à celle du reste du corps. Au milieu de ces yeux est laissé un petit espace pour la vision : c'est par cette partie qu'il voit, car il ne la recouvre jamais de sa peau; il tourne ses yeux en cercle, et, portant la vue dans tous les sens (i), il voit ainsi ce qu'il veut.

Le changement de couleur du Caméléon se produit quand l'animal se gonfle; il a parfois la couleur d'un noir approchant de celle des crocodiles, parfois d'un jaune pâle comme celle des lézards, parfois tachetée de noir telle que celle des léopards. Ce changement de couleur a lieu sur tout le corps; car les yeux changent aussi bien de couleur que le reste du corps avec la queue. Ses mouvements sont lents, comme ceux des tortues. Quand il meurt, il devient jaune, et cette couleur persiste après la mort. L'œsophage et la trachée-artère sont disposés comme dans les lézards. Il n'a de chair nulle part, si ce n'est quelques caroncules près de la tôte et des mâchoires, ainsi qu'au bout de la racine de la queue.

Il n'a de sang que vers le cœur y autour des yeux, dans la partie supérieure du cœur et dans les petites veines qui en sortent; encore n'y en a-t-il que très peu. Son cerveau est situé un peu au-dessus des yeux^ avec lesquels il est en continuité (xeTiat 8à xal ô eyxéçaAoç àvwTspov jxàv 0X17(0 tôv o^OaXfjiwv ouve)^-}]; ik TOjTct;). Si l'on enlève la peau extérieure des yeux, un petit corps y est contenu, semblable à un mince anneau d'airain, qui brille à travers (2). Presque par tout le corps s'étendent des membranes nombreuses, fortes, surpassant de beaucoup à cet égard celles des autres parties. Disséqué tout entier, il respire encore pendant longtemps (hipyeX Bà xal tw tcvs J|xaTi àvoreTfxr^ixfv5^ cXo; èxl zoXùv xp^''®'')» ^'^ mouvement très faible persistant encore dans la région du cœur; il contracte manifestement les flancs, mais aussi les autres parties du corps. Il n'a point de rate visible. Il se terre dans des trous comme les lézards.

Après avoir parlé des petites Tortues qui peuvent rester fort longtemps dans l'eau sans respiration, parce que leur poumon, ayant fort peu de sang, possède peu de chaleur, Aristote ajoute ces mots, qui semblent bien faire allusion à quelque expérience : (c Cependant tous ces animaux, si on les

(i) AuBERT ot WiMMER (Aristotelks ThierkuTide. Leipz., 1868, I, 272) croient qu'il s'agit ici de mouvements indépendants et dissociés de chacun des yeux, « si bien, disent-ils, que l'œil droit par exemple, regarderait en haut et Tœil gauche latéralement. »

(a) AuBERT et WiMMBR Ont trouvé cette observation confirmée dans le Theatrum zootomicum (1730, p. 196) de Valentin : Pupilla quasi parvo aureo circula circumdaia.

tient de force trop longtemps sous Teau, finissent par mourir étouffés, parce qu'aucun d'eux ne peut recevoir l'eau comme les poissons » (par les branchies) (i).

Il y a des Insectes qui vivent après qu'on les a divisés. Même parmi les animaux qui ont du sang, tous ceux qui ne sont pas trop vivants peuvent vivre longtemps encore après que le cœur leur a été enlevé (tcoXùv xP^'^sv Çw(jiv IÇïjpiQjjLévr^; TfJ; xapSCo^) — le cœur, cette partie où réside le principe de la chaleur et de la vie (èv w Tfjç o'jdocq i^ ipxh) \ — telles sont les tortues, qui alors se meuvent encore avec leurs pieds sous leur carapace. C'est que leur organisation n'est pas très parfaite et qu'elle se rapproche beaucoup de celle des insectes (2).

Il y a beaucoup d'animaux, au dire d'ARiSTOTE, qui, même après qu'on leur a enlevé deux des trois parties principales constituant les animaux complets, « celle qu'on nomme la tête et celle qui reçoit la nourriture », vivent cependant encore avec la partie où est placé le centre (tè jjiéaov), c'est-àdire le cœur, siège du principe de Vàme nutritive et delà vie ( ^ ye tîJç ôpci:- Ttxfjç ipxri ^^yflç êv tw ixéoci)). C'est là un fait, continue le Stagirite, qu'on peut vérifier sans peine dans les insectes, tels que les guêpes et les abeilles. En outre, il y a nombre d'animaux qui, sans être des insectes, sont capables de vivre encore après qu'on les a divisés, pourvu toujours qu'ils aient conservé la partie où siège l'âme nutritive (Jtà to 6pexctxév). En acte cette partie est une, mais en puissance elle est multiple. Il en est de même pour les végétaux. En cela les plantes sont tout à fait comme les insectes. Cette observation s'applique d'ailleurs aussi au principe sensible, puisque les animaux que l'on a ainsi divisés semblent encore jouir de la sensibilité [?;).

Les végétaux, divisés, continuent de vivre dans leurs parties ainsi séparées. Au contraire les insectes et les autres animaux ne le peuvent point, parce qu'ils n'ont plus les organes indispensables à leur conservation (TaOxa 8' oi îuvatat Sti to [jly) ï/eiv Ip^xix xpoç awTYjpCav) : ils manquent soit de l'organe qui doit prendre la nourriture, soit de l'organe qui doit la recevoir. D'autres animaux manquent alors d'autres organes encore, en môme temps qu'ils manquent de ces deux-là. Les animaux quon peut ainsi diviser doivent être à peu près considérés comme plusieurs animaux soudés ensemble : £c(xaat yip xi TsiavTa twv Çwwv tuoXXoTç Cwciç ^pixeçuxotftv. Mais les

(i) Aristote, De respir., c. i.

(a) De respir,, XVII. Cf. De an., 1, iv, 18. v, 26.

(3) De juv. et sen., II. âvayxT) 8â xal t^jv 0p67:Tixf,v <]«>•/ tjv Ivep^cia [xàv iv toTç l/^ooaiv sîvai |xt«v, Bovatui 51 ::Xetou;' 6p.o{(i>ç 8è xai tfjv aiaOïjTtxijv «p/tIv ça^vCTai yàp lyovta afoOriaiv là 8iatpou{jL£vx au7(ï)v.

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