‹ Le système nerveux central; structure et fonctions; histoire critique des théories et des doctrinesChapitre 50 sur 106 · BIOLOGIE DU MALE ET DE LA FEMELLE · texte numérisé non relu

BIOLOGIE DU MALE ET DE LA FEMELLE

petites et faibles (5tà xo ixt; xaxi Xoyov ïyj,vi rijv twv Tcrspcov (pJŒiv zpoç to tsO cciiiatcç 3apc;). Et de même qu'un navire de charge essaierait d'avancer à force de rames, ainsi font ces oiseaux avec leur vol. La faiblesse de leurs ailes et celle de l'origine de ces organes contribuent à ce défaut d'adaptation. Parmi les oiseaux, le paon ne peut faire aucun usage de sa queue, soit à cause de sa grandeur, soit parce qu'il la perd.

Tantôt, pour Aristote, le corps n'est que l'organe de l'âme -^ il est organisé pour le but en vue duquel il existe :

Les animaux qui doivent être plus modérés (plus judicieux, twv Ç(i<ov (jci>9p5v£(rc£pa) dans l'élaboration de leur nourriture n'ont pas de grands espaces dans « la cavité d'en bas », ou abdominale, mais ils ont plus de circonvolutions, sans avoir des intestins tout droits. L^amplitude de Tintestin pousse, en effet, au désir de le remplir (-^ (xàv yàp eipuxwpia icoisT TzXifio^q €iKOuix(r;), et la conformation toute droite de l'intestin rend plus rapide ce désir (i).

Tantôt, et dans nombre de passages, c'est au contraire le corps gui détermine la nature des fonctions de Vâme :

« Les différences du cœur relativement à sa grosseur et à sa petitesse, à sa dureté ei à sa mollesse, ne laissent pas que d'avoir une certaine influence sur le caractère de l'animal (xpo; vx. IOyj) : les animaux insensibles ont le cœur dur et compact, ceux qui sont sensibles ont le cœur plus mou ; ceux qui ont de gros cœurs sont lâches; ceux qui ont le cœur plus petit et de grosseur moyenne sont plus braves. L'affection que cause la peur est préalablement déjà dans ces organes, parce que la chaleur n'est pas en proportion avec leur cœur, et que la chaleur étant très faible dans les gros cœurs, elle s'y éteint et que le sang y est plus froid (xal xb aTjxa tljxpsTspov). Le lièvre, le cerf, le rat, l'hyène, l'âne, le léopard, le chat ont de très gros cœurs (ixsYaXaç Sa xi; xapSiaç ^x-^'0> comme en ont aussi presque tous les autres animaux qui sont manifestement lâches ou qui sont malfaisants par peur (y) 8ti çi^cv xaxcOpya) (2).

Il y a, chez Aristote, toute une psychologie comparée du mâle et de la femelle dans la série entière des êtres vivants, s'étendant du mollusque à l'homme.

« C'est d'abord, dit-il, en parlant de l'homme et de la femme, une nécessité que des êtres qui ne sauraient exister l'un sans l'autre, comme la femelle et le mâle, s'unissent, par couples, en vue de la génération. Et ce n'est pas en eux l'effet d!une détermination réfléchicy mais du désir

(1) De part, an,, Ifl, xiv.

(2) 7^irf..lll,iv.

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naturel, comme il existe chez tous les autres animaux et végétaux, de laisser, après eux, un autre être qui leur ressemble (i) ».

La femelle est comme un mâle mutilé (to yip O^Xu wTTrsp appsv srcl ::£^^pu)- [jL£vcv)(2 ; les menstrues sont du sperme, mais qui n'est pas pur; car une chose leur manque, le principe vital (tiîîv tî*; tj/ux>!; àpxç^)- Dans l'espèce humaine, le mâle diffère beaucoup de la femelle par sa chaleur naturelle (tfj 0£pijl6ty)ti t55; çujeu);). Les femelles sont naturellement plus faibles et plus froides, et Ton doit considérer le sexe féminin comme une infériorité ou une mutilation naturelle : oîînrsp àvoxYipiov eTvai tyiv ÔTQXjTr^Ta çujixtqv. A cause de sa faiblesse, la femelle atteint bientôt sa maturité, puis la vieillesse, car dans les œuvres de Tart comme dans les organismes de la nature, tout ce qui est plus petit arrive plutôt à sa fin. La femme et Tcnfant se ressemblent par leur forme, et la femme est comme un mâle stérile. "Esixe îè xai TYjv ii.op9Tîv yoWf Kal irai;, xal eaTiv ii y^vy; wTxsp appsv ày^^'cv (3). Quant à la cause qui produit ici la femelle, là le mâle, Aristote l'explique ainsi: Quand le principe formateur ne l'emporte pas et qu'il ne peut opérer la coction par imfigence de chaleur [])x^ï SuvT;Tai tA^olk St' ^vSstov Oeppu^TtîTsç), et qu'il ne peut amener l'être à sa propre espèce (si; to TSicv stSo;), il doit nécessairement changer en sens contraire. Or, le contraire du mâle, c'est la femelle, et voilà comment l'un est mâle et l'autre femelle : ivavT{ov lï tw appev» tc O^Xj, xal TxJTY) "^ TO p.àv oippt't, TO 8à 6i5Xu.

Mais comme le mâle et la femelle diffèrent par la fonction (èv Tij cuvi|jL£i), ils diffèrent aussi par l'organe {îyv.Y.x'. to cpyavcv Biaçipov); c'est en cela que consiste le changement. En effet, il suffit qu'une seule partie cardinale change, pour que la constitution tout entière de l'animal diffère considérablement du type. Les paroles d'AnisTOTE sont formelles et expriment exactement cette conception biologique, dont la portée, on le conçoit, est immense : Ivo^ Bà [xopicu £7t'.xa{poj [ji£Ta6aXAcvToç, cXyj tIj (jùi-zolqiç tou Çcioy zoXù tw £ÎSci tiOLfipei. « Il faut bien faire attention, dit encore Aristote (4), qu'il suffit d'un petit changement dans le principe pour que d'ordinaire un nombre considérable de faits dépendant de ce principe changent en môme temps ». Et, ici comme là, Aristote signale les effets de la castration. Ainsi, dit-il, on peut observer ce changement chez les eunuques : la mutilation d'un seul organe a suffi pour les rendre si différents de leur forme première que leur aspect diffère peu de celui d'une femme. La perte

(i) Arist., Polit,, l, I, 4. xai touto oux U ;:po«ioeascu;, aXk* ôî^kbo /.a» sv tôt; àXXoi; Çwôi? xii ouTOî; ouaixov xô Iç^EaOai, oiov ayio, toioutov x«TaXi;:£îv mpoy. (a) De aniin. gêner., II, iii-iv. IV, vi. (3) Ibid., I, XX. Cf. III, V.

(/i) Jbid., I, II.

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