‹ Le système nerveux central; structure et fonctions; histoire critique des théories et des doctrinesChapitre 51 sur 106 · PSYCHOLOGIE PHYSIOLOGIQUE DV MALE ET DE LA FEMELLE · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE PHYSIOLOGIQUE DV MALE ET DE LA FEMELLE

d'un seul organe, ici de l'organe générateur seulement (toD vsvvr^TixoD yip [jLcpisu 8ta?6£tpoîxévc'j jjlsvcv), a déterminé des modifications structurales et fonctionnelles qui s'étendent à l'organisme entier. Suivant Aristote, c'est le principe en vertu duquel l'animal est mâle ou femelle qui domine tous ces changements consécutifs à la perte d'un organe. On n'est point mâle ou femelle uniquement parce qu'on possède tel organe ou telle fonction. Le principe qui fait le mâle ou la femelle est tout autre chose. Et c'est parce que ce principe a changé (nous dirions a dégénéré), du fait du changement de l'animal, que d'innombrables modifications en sont en même temps résultées.

Toujours la femelle donne la matière et le mâle fournit le principe producteur : àsl 2à r.oL^v/iiih [xàv OfjXu rrjv G^.yjv, to 0 a'ppsv to c/jjjLioupYouv (i). Ainsi le corps vient de la femelle et Vâme vient du mâle. L'âme est l'essence d'un corps : "Esr». $à to piv (joi'^a ex tsu Ot^Xssç, t^ Sa ^J/jyYj h. tsj appevcç- if; yip ^'Jyr^ G-Jiix zdi'^x'ziq T'.vs; èoriv. « Et voilà comment lorsque, dans des genres qui ne sont pas les mêmes, la fentelle et le mâle viennent à s'accoupler (parce que les époques du rut et de la gestation se rapprochent et que les dimensions corporelles ne sont pas trop différentes), la première portée ressemble d'abord aux deux parents, comme on le voit sur les hybrides du renard et du chien, de la perdrix et de la poule ; mais avec le progrès du temps et avec les générations successives les descendants finissent par reproduire la foi^ie de la femelle^ comme le font les semences étrangères par rapport au sol : car c'est le sol qui fournit la 7natière et le corps aux semences. »

Telle est l'idée d'ARiSTOTE sur V invariabilité des espèces,

« Les animaux paraissent posséder une certaine faculté naturelle pour chacune des affections de l'âme (x£pl sxaaTcv twv t^; il'ux^; ^raôr^ixi-wv), la prudence et la simplicité native, le courage et la timidité, l'humeur douce et agressive, et tous les autres états d'âme analogues. Quelques-uns participent aussi dans une certaine mesure de la faculté d'apprendre et d'instruire, les uns mutuellement, les autres sous la main de l'homme, en pailiculier les animaux doués du sens de l'ouïe (ïjairsp àxsij^ [xe-cé^et), et non seulement tous ceux qui perçoivent les différences des sons, mais aussi celles des signes.

(( Dans toutes les espèces où il y a mâle et femelle, la nature a établi à peu près les mômes dissemblances dans le caractère des femelles comparé à celui des mâles. Cela est surtout manifeste dans les hommes, dans les espèces un peu grandes et dans les quadrupèdes vivipares. Le caractère des femelles est plus doux ; elles s'apprivoisent plus vite, elles se laissent

(i) Aristote, De anim. gêner., II, iv, 788.

24o LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

dompter plus aisément et sont plus faciles à dresser. Ainsi les chiennes de Laconie sont de bien meilleure nature que les chiens mâles. La race des chiens de Molossie ne diffère en rien, pour la chasse, de celle des autres races ; mais pour surveiller et suivre le bétail, les molosses se distinguent par leur courage [tfi ivSpta) à combattre les fauves aussi bien que par leur grande taille. Les individus nés de croisements de chiens de Molossie et de chiens de Laconie tiennent des deux races par leur courage et par leur activité toujours en éveil (àvBp{a xal fiXcxovia).

« Les femelles dans leur ensemble ont moins de courage (aOjpLSTspa) que les mâles, sauf chez les ourses et les panthères ; dansées espèces la femelle parait être plus courageuse. Dans toutes les autres espèces, les femelles sont plus douces, plus perfides, moins simples, plus intempérantes; elles sont aussi plus attentives à nourrir leurs petits. Les mâles, au contraire, sont plus courageux, plus sauvages, plus simples et moins rusés. Des traces de tous ces caractères, on en retrouve pour ainsi dire dans tous les animaux, mais elles sont plus nettes chez ceux qui ont des mœurs plus prononcés, et surtout chez Thomme ; celui-ci a en effet une nature dont la fin est le plus parfaitement réalisée, de sorte que ces états de l'âme sont chez lui plus manifestes.

« La femme a plus de pitié que C homme et pleure plus facilement (yuvr; dr/Bpoç eX6Y)[i.cvé(TTepov xal àptâoxpu jjiaXXsv); elle est plus jalouse et plus portée à se plaindre ; elle aime davantage à injurier et à chercher querelle. La femelle est plus facile à se décourager et à perdre Tespérance que le mâle ; elle est plus effrontée et ment plus aisément ; elle se laisse duper plus facilement et a le plus de rancune ; elle est plus éveillée que le mâle et plus paresseuse ; elle a moins d'activité motrice ; elle mange moins. Le mâle, comme il a été dit, est plus disposé à porter secours, et il est plus brave que la femelle ; car, même chez les mollusques, si une seiche («^ jY^xta) est atteinte d'un coup de trident, le mâle vient au secours de la femelle, tandis que la femelle s'enfuit dès que le mâle est frappé (i). »

11 en est des rapports du mâle et de la femelle dans Thumanité comme de ceux de l'homme libre avec les races inférieures et avec le reste des animaux.

« Le mâle comparé à la femelle est par nature supérieur, celle-ci est inférieure ; l'un est destiné à commander, l'autre à être commandée. Il est nécessaire qu'il en soit ainsi dans l'espèce humaine tout entière. Tous les êtres donc qui sont aussi inférieurs aux autres hommes que le corps l'est à l'âme, l'animal à l'homme (or telle est la condition de tous ceux

(i) H. A., TX, I.

VAMMAL POLITIQUE, CHASSE AUX ESCLAVES ET AUX FAUVES, LA GUEBRE a^i

qui sont destinés à faire usage de leurs forces corporelles, et qui n'ont aucun moyen de faire quelque chose de mieux), tous ces êtres, dis-je, sont esclaves par nature (ojxot ^h eiai çjaei SoOXct)... Car celui-là est esclave par nature, qui peut appartenir à un autre (aussi lui appartient-il en effet) et qui ne participe à la 7'aison que dans la mesure où il sent, mais sans posséder la raison ; car les autres animaux tout en ayant la sensibilité ne sont pas dirigés par la raison, mais sont asservis aux affections du corps. Il y a au fond peu de différence dans les services que nous en tirons, car les uns et les autres, les esclaves aussi bien que les animaux domestiques, ne nous servent guère que par leurs forces corporelles... Quoi qu'il en soit, il demeure évident que, parmi les hommes, les uns sont des êtres libres par nature, et les autres des esclaves, pour qui il est utile et juste de demeurer dans la servitude (i). » La guerre et même la chasse sont des moyens légitimes, et qu'approuve la nature aussi bien que la société, de se procurer des esclaves : « 11 suit de là, écrit Aristote, que l'art de la guerre est en quelque sorte un moyen naturel d'acquérir. L'art de la chasse (V; Or)p€UTt>f^) en est une partie : c'est celle dont on doit user contre les bêtes fauves et contre ces hommes qui, destinés par la nature à obéir, refusent de se soumettre : la nature elle-même déclare qu'une telle guerre est juste (2). »

La guerre est l'état naturel des êtres qui vivent dans l'eau, dans l'air et sur la terre.

« La guerre existe entre tous les animaux qui occupent les mêmes lieux et tirent leur vie des mêmes substances : wôXeiJwç [xàv cuv wpà; aXXT;Xa ToT^ Çttiotç sffTtv, caa Tcî>^ auTcuç ts r^xziyzi tsxouç xai oltCo twv ajTwv woieÏTat TfjV Çcoi^v. Si la nourriture est rare, même ceux de même race se battent entre eux. C'est ainsi, dit-on, que les phoques d'une même région se font une guerre implacable, mâle contre mâle, femelle contre femelle, jusqu'à ce que Tun des deux ait tué l'autre ou ait été chassé par lui ; et tous les petits de même. Tous les animaux sont en guerre avec les carnivores, et ceux-ci avec tous les autres, puisqu'ils ne tirent leur nourriture que des animaux : lit $à tsT^ w[jLoçdtY^'.î axavia T:oXe[j*£T, xal Tauia tôTç aXXoi;* oxb yip twv ïciwv T^ Tpoçifî aiTot;(3).)) Or c'est la faim qui est surtout la cause de cette guerre de tous contre tous qui sévit dans la nature entière, bellum omnium contra omnes. C'est le besoin de nourriture qui entretient cette lutte pour la vie : îti liç Tpsçi; xal tov gtov. Ces mots pourraient servir d'épigraphe à V Origine

(i) Polit., I, II, ia-i5.

(2) *II yàp 67)p£UTixT) {jL^po; auiT];. tj ôeî ypfJaOai ::po; te ta Orjpia, xai tûv âvOpoSntuv oaoi rsçuxdTf; ap/EoOai fiT) OeXouaiv, 03; çuasi 8{xaiov -oûxov ovia tov noXejjLOv. Polit, ^ I, m, 8.

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