H. A., IX, I
J. SouRT. — Le système nerveux cenlraL 16
a/ia LE SYSTÈME NEBVEIX CENTBAL
des espèces de Darwin. Ils expriment et résument au moins le plus puissant facteur de la sélection naturelle. Car, dit Aristote : <c si la nourriture était abondante, et à^ôovta ipoçfj; eîyj, peut-être les animaux farouches et sauvages envers Thomme s'adouciraient-ils, de môme qu'ils le feraient entre eux. Le soin qu'on a en Egypte des animaux le prouve clairement. Comme la nourriture (':po<pT^<v) leur est fournie abondamment et ne manque jamais, ces animaux vivent ensemble, même les plus féroces ; ils s'apprivoisent par les soins; tel, par exemple, en certains lieux le crocodile (tô twv xpcxcBeOvwv y£v5ç) pour le prêtre, à cause du soin que celui-ci prend de le nourrir. » L'aigle et le serpent sont ennemis, parce que l'aigle se nourrit de serpents. L'ichneumon et la phalange sont en guerre, parce que l'ichneumon chasse la phalange. Dans les oiseaux, les alouettes, les pies, le verdier sont en guerre, car ils se mangent mutuellement leurs œufs. De môme la corneille et la chouette. « Comme, pendant le jour, la chouette ne voit pas très clair, la corneille vient lui prendre ses œufs à l'heure du midi et les dévore; la nuit, c'est la chouette qui dévore les œufs de la corneille ; Tune est plus forte pendant le jour, l'autre pendant la nuit. » C'est la pâture, qui fait de tous ces oiseaux des ennemis en guerre : wors i/) TpcçY; TcstsT iuoXsjjlCouç xat toutou;.
Parmi les botes sauvages, les unes sont entre elles perpétuellement en guerre ; d'autres, comme les hommes, suivant les circonstances : l<r:\ lï Twv 6t;p((i)v Ta [xàv àsl iroXéfX'.a àXXi^Xoi;, Ta S' wTTCsp ovOpwiuoi, ctov TujroxJtv.
La cité ou l'Etat est un fait naturel, et l'homme est, de par la nature aussi, un animal politique {\) (àvOpwxo; çjjet xoXiTtxov v<?>ov) : « Or celui qui, par sa nature, et non par l'effet de quelques circonstances, est insociable, oTCoXt;, est une créature dégradée ou supérieu?*e à l'homme. » Aristote, rappelant l'expression de quelque poète, compare cet ôtre « aux oiseaux de proie, incapables de se soumettre à aucun joug (2). » Les oiseaux de proie vivent solitaires : « Les animaux vivant en troupe, dit ailleurs Aristote, sont, par exemple, dans les volatiles, le genre des colombes, la grue, le cygne ; ceux qui sont munis d'ongles crochus ne vivent jamais en troupes (3). » « Celui qui ne peut vivre en société, ou qui n'a besoin de rien, parce qu'il se suffit à lui-môme (y) (xvjOàv Bsoixsvo; 8t' ajTapxeiov), ne saurait faire partie de la cité (ouôàv [x£po; xéXcwç) ». Et Aristote, pour qui, tout au contraire de l'homme vivant en société, « le plus excellent des animaux », l'ôtre vivant dans l'isolement, sans lois et sans code, en est « le pire »,
(i) C'est-à-dire destiné à vivre en société.
(2) Arist., Polit., I, I, 9.
(3) //. A., I, I, 10. YaunJ/tuvu/^ov 8*oo5lv stYsXaîov.