ÉTUDES PRATIQUES D'ANATOMIE
tous les autres phénomènes de Tunivers, nous ont paru réductibles aux lois de la mécanique, et que Tétude de la biologie implique, dans toutes ses parties, Texistence des sciences de la physique et de la chimie. Il y a, certes, quelque exagération à soutenir que Descartes a fait autant pour la connaissance du système nerveux qu'HAHVEY pour la circulation du sang. Il sut Tanatomie et la physiologie de son temps.
« Je m'en vas commencer à étudier en médecine », écrit Descartes au P. Mersenne, d'Amsterdam, à la date du i8 décembre 1629. [Lettres, VI, 87). « Je suis marri de votre érysipèle, écrit-il au commencement de Tannée i63o(eô/rf.,p. 88), et du mal de M. M. Je vous prie de vous conserver, au moins jusques à ce que je sache s'il y a moyen de trouver une médecine qui soit fondée en démonstrations infaillibles, qui est ce que je cherche maintenant. » Il ne se fut pas plutôt établi à Amsterdam (1629), écrit Baillet, que, ne pouvant oublier la fin de sa philosophie, il résolut de faire une étude sérieuse de la médecine et de « s'appliquer particulièrement à Tanatomie et à la chymie ». « Ce fut dans cette persuasion qu'il voulut commencer l'exécution de ses desseins par l'étude de Tanatomie, à laquelle il employa tout l'hiver qu'il passa à Amsterdam. Il témoigne au P. Mersenne que l'ardeur qu'il avait pour cette connaissance le faisait presque aller tous les jours chez un boucher pour lui voir tuer des bétes, et que de là il faisait apporter dans son logis les parties de ces animaux qu'il voulait anatomiser plus à loisir. Il en usa de môme très souvent dans tous les autres lieux où il se trouva depuis ; ne croyant pas qu'il y eût rien de honteux pour lui, ni rien d'indigne de sa condition dans une pratique qui était très innocente en elle-même, et qui pouvait devenir très utile dans ses effets. Aussi se moqua-t-il des reproches de c^uelques esprits mal faits parmi ses envieux, qui prétendant se divertir aux dépens de sa réputation, avaient tâché de lui en faire un crime, et l'accusaient d'aller par les villages pour voir tuer des pourceaux (i) \ quoique le fait fut absolument faux en ce qui regarde les villages. Il faut avouer qu'il lisait peu alors et qu'il écrivait encore moins. Il ne négligea pourtant pas de voir ce que Vesalius et quelques autres auteurs des plus expérimentés avaient écrit sur l'anatomie. Mais il s'instruisit d'une manière beaucoup plus sûre en faisant
(i) Descartes, dans une lettre au P. Mersenne, s'exprime ainsi à ce sujet : « ... Et celui dont vous m'écrivez doit avoir l'esprit bien faible de m'accuser d'aller par les villages pour voir tuer des pourceaux, car il s'en tue bien plus dans les villes que dans les villages, où je n'ai jamais été pour ce sujet. Mais, comme vous m'écrivez, ce n'est pas un crime d'être curieux de l'anatomie ; et j'ai été un hiver à Amsterdam que j'allais quasi tous les jours en la maison d'un boucher pour lui voir tuer des hôtes, et faisais apporter de là en mon logis les parties que je voulais anatomiser plus à loisir ; ce que j'ai encore fait plusieurs fois en tous les lieux oii j'ai été, et je ne crois pas qu'aucun homme d'esprit m'en puisse blâmer. » (iGSq). Lettres, VIII, 170.
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lai-méme la dissection des animaux de différentes espèces : et il découvrit par sa propre expérience beaucoup de choses plus particulières que celles que tous ces auteurs ont rapportées dans leurs livres. 11 continua plusieurs années dans cet exercice... Son exactitude alla si loin dans Texamen des moindres parties du corps de Tanimal, que pas un médecin de profession ne pouvait se vanter d'y avoir pris garde de plus près que lui. »
Après le gain de son procès de Groningue, le désir d'exécuter son grand dessein Tavait fait remettre aux opérations analomiques avec une application nouvelle. « Ce fut où il borna toute sa dépense et toutes ses facultés pendant cette année (i645). Hors un voyage de quelques semaines qu'il fit à Leyde et à la Haye sur la fin de juin et le commencement de juillet, il ne sortit point de sa maison d'Egmond, où il se faisait apporter d'Alcmaer et des autres endroits de son voisinage toutes sortes d'animaux propres à la dissection. Ce fut durant le temps de ces occupations qu'il fut visité, non pas à Alcmaer comme l'a cru M. Borkl, mais à Egmond, par un gentilhomme des amis de M. de Sorbière qui lui demanda à voir sa bibliothèque, et qui le pria de lui dire quels étaient les livres de physique qu'il estimait le plus, et dont il avait fait sa lecture la plus ordinaire. M. Descartes pour satisfaire la curiosité du gentilhomme le conduisit sur le derrière de son logis, où était une espèce de galerie ouverte par dedans la cour, et tirant le rideau il lui montra un veau à la dissection duquel il allait travailler. « Voilà, lui dit-il, ma bibliothèque ; voilà l'étude à laquelle je m'applique le plus maintenant... De la connaissance des bètes, M. Descartes passa à celle du corps humain par les mêmes secours de l'anatomie et de ses autres expériences ; et il commença dès l'automne de cette année son traité séparé de VHo77ime, et môme celui de la Formation du fœtus^ quoiqu'il n'eût pas achevé celui des Animaux »(i). Descartes écrit au P. Mersenne, le 20 février 1689 : «... J'ai considéré non seulement ce que Vesalius et les autres écrivent de l'anatomie, mais aussi plusieurs choses plus particulières que celles qu'ils écrivent, lesquelles j'ai remarquées en faisant moi-même la dissection de divers animaux ; c'est un exercice où je me suis souvent occupé depuis onze ans, et je crois qu'Un* y a guère de médecin qui y ait regardé de si près que moi; mais je n'y ai trouvé aucune chose dont je ne pense pouvoir expliquer en particulier la formation par les causes naturelles, tout de même que j'ai expliqué en mes Météores celle d'un grain de sel ou d'une petite étoile de neige ; et si j'étais à recommencer mon Monde, où j'ai supposé le corps d'un animal tout formé, et me suis contenté d'en montrer
(i) Adr. Baillet, La vie de M. Descartes,!, 196; II, 278.
EXPÉRIENCES DE VIVISECTrOX 399
les fonctions, j'entreprendrais d'y mettre aussi les causes de sa formation et de sa naissance (i). Mais je n'en sais pas encore tant pour cela que je pusse seulement guérir une fièvre : car je pense connaître ranimai en général^ lequel n'y est nullement sujet, et non pas encore l'homme en particulier, lequel y est sujet. » Lettres, VIII, loo.
« Je ne définis rien sur les veines lactées, écrivait Descartes à Régius (22 mai i64o), parce que je ne les ai pas encore vues ; mais je connais ici deux jeunes docteurs en médecine, MM. Silvius et Schagen, qui paraissent avoir de la science, et qui assurent les avoir observées plusieurs fois, et que leurs valvules empêchent le retour de la liqueur vers les intestins... Pour moi je penche beaucoup pour eux, en sorte que je crois que les veines lactées diffèrent seulement des mésaraïques en ce qu'elles ne sont jointes à aucune artère, ce qui fait qu'en elles le suc des viandes est blanc, et qu'il devient sur-le-champ rouge dans les autres, parce qu'il se mêle au sang qui a circulé par les artères. Nous les chercherons ensemble à la première occasion dans un chien en vie. » Lettres, VIII, 227.
Descartes parle d'expériences qu'il avait faites particulièrement sur des poissons, « dont le cœur, dit-il, bat bien plus longtemps après avoir été coupé que celui des animaux terrestres ». Il attribue ce mouvement à ce qu' « il y avait quelque reste de sang dans la partie où se faisait le battement ». Il rapporte ce phénomène à une sorte de mémoire organique : « Et comme nos mains, dit-il, à force d'être exercées à certains mouvements y deviennent plus propres, de même parce que le cœur, dès le premier moment de sa formation, n'a cessé de s'enfler et de se désenfler, il ne faut que très peu de chose pour lui faire continuer ce mouvement. » Il s'élève contre l'opinion de ceux qui croient que le mouvement du cœur « procède de quelque faculté de l'âme ». « Car, de grâce, comment ce mouvement dépendrait-il de l'âme, et surtout celui qui se rencontre dans les parties d'un cœur après qu'elles sont séparées, vu qu'il est de foi que l'âme raisonnable est indivisibe, et qu'il n'y a aucune autre âme sensitive ou végétante qui lui soit jointe ?» A propos d'une expérience de Galien relatée à la fin du livre A71 saiiguis in arteriis contineatur, Des- CARTES s'excuse ici même de n'avoir pas assez de loisir pour la faire, encore qu'il ne croie pas que cela soit fort nécessaire, car « les lois de la mécanique, c'est-à-dire de sa physique », le peuvent à cet égard pleinement édifier. 11 estime toutefois qu'il ne faut pas s'arrêter à l'autorité de Galîen, car « elle se peut réfuter par une expérience très certaine qu'il a vue assez de fois », écrit-il, et qu' « il n'a pas été fâché de revoir encore » :
(i) Desc'artbs commença le traité de la Formation du fœtus dhs l'année iG45(Baillet, II, 898).
/ioo LE SYSTÈME NEBVEVX CESTIiAL
« Voici quelle elle est. Après avoir ouvert la poitrine d\in lapin vivant, et en avoir de part et d'autre rangé les côtes, en sorte que le cœur et le tronc de Taorte se voyaient facilement, j'ai lié avec un fil l'aorte assez loin du cœur, et l'ai séparée de toutes les choses auxquelles elle touchait, afin qu'on ne pût soupçonner qu'il n'y entrât des esprits ou du sang d'ailleurs que du cœur; ensuite je l'ai ouverte avec une lancette entre le cœur et la ligature, et j'ai vu manifestement que dans le même temps que l'artère s'étendait, le sang en jaillissait par l'incision que l'on y avait faite, et qu'il n'en sortait pas une goutte dans le temps qu'elle venait à se rétrécir : au lieu que si l'opinion de Galien était vraie, cette artère aurait dû attirer de l'air par l'incision pendant toute la durée de la diastole, et n'aurait pu jeter de sang que pendant celle de la systole, comme personne n'en peut douter, ce me semble. Poursuivant la dissection de cet animal vivant, je lui ai coupé cette partie du cœur qu'on nomme sa pointe ; mais depuis le moment qu'elle a été séparée de sa base, je ne l'ai pas vue battre une seule fois... Enfin, après que la pointe du cœur a été retranchée, sa base, qui était demeurée pendue aux vaisseaux, a battu assez longtemps, et j'ai vu clairement que ces deux cavités qu'on nomme les ventricules du cœur, devenaient plus larges dans la diastole (c'est-à-dire dans le temps qu'elles rejetaient le sang), et plus étroites dans la systole (c'est-à-dire dans celui auquel elles le recevaient) ; laquelle expérience ruine entièrement l'opinion d'HARVAKUS touchant le mouvement du cœur: car il assure tout le contraire, à savoir que les ventricules se dilatent dans la systole pour recevoir le sang, et qu'ils se resserrent dans la diastole pour le chasser dans les artères ; ce que j'ai bien voulu mettre ici, pour vous montrer qu'on ne peut imaginer d'opinion contraire à la mienne qui ne soit renversée par quelques expériences très certaines. Remarquez que pour bien faire cette expérience il ne faut pas seulement couper l'extrémité de la pointe, mais la moitié de tout le cœur et môme davantage, et qu'il faut faire cette épreuve sur un lapin, qui est un animal timide, et non pas sur un chien : car dans les chiens les ventricules du cœur ont plusieurs replis et petits détours, dont les cavités particulières s'enflent de telle sorte par la dilatation du sang, que la cavité qui les embrasse toutes en chaque ventricule semble en devenir plus étroite. C'est peut-être ce qui a trompé ceux qui ont cru que le cœur se resserrait dans la diastole ; mais l'on peut éprouver par le toucher même qu'il se dilate pour lors ; car, en le prenant dans la main, on le sent beaucoup plus dur dans la diastole que dans la systole (i). »
(i) Réponse de Descartbs (ao janvier i638) à la lettre d'un médecin de Louvain (Plempius). Lettres, VII, 343 sq. Et dans une autre Réponse au même docteur et professeur xle médecine :
PHYSIOLOCmIE cérébrale de descartes ioi
Au fond, c'est toujours Galien, ce sont les grands anatomistes de l'École d'Alexandrie, les physiologistes grecs qui, dans Tétude des sensations et de rintelligence, ont fourni la matière des trois quarts des traités de Descartes. Il en est encore ainsi aujourd'hui, car il importe peu naturellement qu'on parle d'esprits animaux, de force nerveuse, d'influx ou de courants nerveux, voire d'onde nerveuse, pour désigner le 'processus élémentaire de toute vie psychique chez les animaux. Qu'on localise les fonctions de l'innervation supérieure dans les ventricules de l'encéphale, dans Fépiphyse, ou dans l'écorce du cerveau antérieur, cela n'est pas indifférent, sans doute, pour la vérité des doctrines, mais le principe de la localisation des fonctions dans les organes persiste et survit aux erreurs qu'il traverse. L'erreur, cette ombre qui suit et accompagne toute vérité, ne l'arrête pas. Euasistrate, qui découvrit les valvules du cœur et jeta les fondements de la théorie de la circulation du sang, croyait les artères vides de sang et pleines d'air. Galien établit au contraire que, tout aussi bien que les veines, les artères sont remplies de sang pendant la vie. Mais la démonstration expérimentale de ce fait n'aurait pas été possible sans la connaissance de la structure du cœur et du mécanisme de ses valvules. Les théories de Descartes sur les rapports réciproques de la glande
ta Dans votre troisième instance, vous alléguez le froid des poissons comme une raison pour nier que le sang se raréfie dans le cœur ; mais si vous étiez maintenant ici avec moi, vous ne pourriez pas désavouer que ce mouvement procède de la chaleur, même dans les animaux les plus froids ; car je vous ferais voir présentement le petit cœur d'une anguille que j'ai coupé ce matin, il y a sept ou huit heures, en qui il ne reste plus aucun signe de vie, et qui déjà est tout sec en sa surface, comme revivre et battre encore assez vite dès que j en approche par dehors une médiocre chaleur. Mais afin que vous sachiez que la chaleur seule ne suffît pas, et qu'il faut aussi que quelque goutte de sang y découle pour causer ce battement, je vous donne avis que voilà que je mets ce cœur dans le sang de cette môme anguille, lequel j'ai gardé tout exprès, puis, en réchauffant médiocrement, je fais qu'il ne bat pas moins vite ni moins fortement que lorsque cette anguille était vivante. » Ce cœur, dont il se sert pour cette expérience, Descartes 1' « avait, dit-il, arraché le malin d'une anguille ». Voici une autre observation qu'il fit le même jour : « J'ai pris le petit cœur d'une anguille et en ai coupé la plus haute partie (c'est-à-dire celle où la veine cave était insérée, et qui faisait en cette anguille la même fonction que fait l'oreille droite dans le cœur des animaux terrestres). Après l'avoir coupée, toute dégouttante eifcore de sang qu'elle était, je l'ai mise à part dans une écuclle de bois, où vous l'eussiez prise pour une goutte de sang un peu épaissi, qui nageait dans une autre goutte de sang moins épais ; après cela, j'ai arrêté ma vue dessus pour voir si je n'apercevrais point en elle quelque battement : car c'était pour cette épreuve que je l'avais ainsi réservée ; mais il est vrai qu'au commencement je n'y en ai aperçu aucun, parce que (comme j'ai reconnu un peu après) toute la vapeur qui sortait de ce sang, trouvant d'abord des passages libres et tout ouverts, s'envolait d'un cours continu et que rien n'interrompait : mais, à un quart d'heure de là, quand la goutte de sang dans laquelle nageait cette petite portion de cœur est venue à se sécher par le dessus, il s'est formé comme une petite peau sur sa surface, qui retenant ces vapeurs m'a fait apercevoir un battement manifeste, lequel s'augmcntant à mesure qu'on en approchait la chaleur, n"a point cessé que toute l'humeur du sang n'ait été épuisée (*). »
(•) Lettres, VII, 365 sq.
J. SouRT. — Le système nerveux central. 26
/io2 LE SYSTÈME NEHVEIJX CEXTPAL
pinéale et des esprits animaux n'enlèvent donc rien à ce qu'il y a de vrai et de profond dans sa physiologie cérébrale. Ni la doctrine de la subjectivité de nos sensations et de nos idées, ni celle des actes automatiques et réflexes des êtres vivants ne sont nées, on Ta pu voir par ce qui précède, au XVII® siècle. Descartes a répété, avec tous les médecins instruits de son temps, que le système nerveux peut agir mécaniquement, sans conscience ni volonté, et souvent même en opposition avec celle-ci. Mais, outre qu'il n'a point poussé très loin l'analyse de ces entités scholastiques, et qu'à l'égard de la critique son génie est loin d'avoir l'étendue et la pénétration de celui de Spinoza, par son dualisme métaphysique et son spiritualisme chrétien, Descartes, si on le compare aux Grecs, est un représentant des âges de foi aux conceptions surnaturelles du monde et de la vie, qui ont interrompu le progrès de la raison de l'homme sur cette planète et creusé comme un abîme de ténèbres entre Démocrite, Aristote, Galien lui-même, et Galilée, Lavoisier, Laplace, Bichat.
Spinoza, après avoir exposé en détail, et d'après les termes mêmes de Descartes, la théorie anatomique et physiologique des rapports de l'àme avec la glande pinéale, cette « glandule suspendue de telle sorte au milieu du cerveau que le moindre mouvement des esprits animaux suffit pour la mouvoir », poursuit ainsi, non sans une ironie soutenue : « Telle est, autant que je puis la comprendre par ses propres paroles, la doctrine de cet homme illustre, et je m'étonnerais qu'elle eût été proposée par un si grand homme si elle eut été moins ingénieuse. Je ne puis pourtant assez m'étonner que ce philosophe, qui avait pris pour règle de ne tirer des conclusions que de principes évidents par eux-mêmes, et de ne rien affirmer qu'il n'en eut une perception claire et distincte ; qui, si souvent, avait reproché aux scholastiques d'expliquer les choses obscures par les qualités occultes, admette une hypothèf;e plus occulte que toute qualité occulte (hypothesin.,, omni occulta qualitate occultiorem). Qu'entend-il, je le demande, par l'union de l'âme et du corps ? Quelle idée claire et distincte peut-il avoir d'une pmisée étroitement unie à une petite portion de rétendue (i) ? Je voudrais au moins qu'il eût expliqué cette union par sa cause prochaine. Mais il avait conçu l'esprit comme étant si distinct du corps, qu'il n'aurait pu assigner une cause déterminée ni à cette union ni à l'âme elle-même, et il lui aura fallu de nécessité recourir à la cause de l'univers, c'est-à-dire à Dieu. Je voudrais savoir ensuite combien de degrés de mouvement l'esprit peut donner à cette petite glande pinéale et avec quelle force il peut la
(i) Quem, inquam, clarum et distinctum conccplum hahct cogitationis arctissimo unitac cuidam quantilatis portionculac ?