V. Le nerf trijumeau. (Suite
N ous avons vu, dans la dernière leçon, que le ganglion de Gasser du nerf trijumeau donne origine à trois branches périphériques : le nerf ophthalmique, le nerf maxillaire supérieur et le nerf maxillaire inférieur. Nous avons décrit le trajet et la distribution périphérique de la première branche du nerf trijumeau; nous allons étudier aujourd'hui le trajet et la distribution des deux autres branches.
Deuxième branche.
Le nerf maxillaire supérieur.
Le nerf maxillaire supérieur provient du ganghon de Gasser entre le nerf ophthalmique de Willis qui est en dedans et un peu au-dessus 'et le nerf maxillaire inférieur placé en dehors et en dessous. Il se 'dirige directement en avant et en dehors, sort du crâne par le trou 1 grand rond ou trou du nerf maxillaire supérieur que présente la base • de la grande aile du sphénoïde, traverse d'arrière en avant la partie i supérieure de la fosse ptérygo-maxillaire, entre dans la cavité orbitaire ipar la fente sphéno-maxillaire, parcourt la gouttière sous-orbitaire, puis lie canal sous-orbitaire et sort par le trou sous-orbitaire pour se terminer, s sous le nom de neyf sous-orbitaire, dans la peau de la face depuis la paupière inférieure jusqu'à la lèvre supérieure, fig. 328.
Branches collatérales. Pendant ce trajet, le nerf maxillaire supé- I rieur fournit un grand nombre de branches collatérales :
1° Un rameau méningé moyen; il est destiné à la dure-mère et acccompagne les ramifications de l'artère méningée moyenne.
20 Le nerf orbitaire ou iemporo-malaire. Il naît du nerf maxillaire ssupérieur en dessous du trou grand rond, se dirige directement en avant
en traversant la fosse ptérygo-maxillaire, passe par la fente sphéno-maxillaire pour entrer dans la cavité de l'orbite dont il longe la paroi externe. Dans cette cavité orbitaire, il s'anastomose avec le nerf lacrymal, fig. 328, et
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FiG. 328.
donne ainsi quelques filets à la glande lacrymale ; il pénètre ensuite dans le canal temporo-malaire où il se divise en deux rameaux : un rameau molaire qui sort par le trou malaire, sur la face externe de l'os malaire, et se distribue à la peau de la pommette, et un rameau temporal qui arrive dans la fosse temporale, traverse le muscle temporal et l'aponévrose qui le recouvre et se distribue à la peau de la partie antérieure de la région temporale, fig. 329.
3° Les nerfs spliéno-palatins . Ils sont au nombre de deux ou de trois ; nés du nerf maxillaire supérieur dans la fosse ptérygo-maxillaire, ils se dirigent verticalement en bas, et, après un trajet de quelques millimètres, se jettent dans un ganglion nerveux dépendant de la deuxième branche du nerf trijumeau et appelé ganglion sphéno-palatin.
Les nerfs sphéno-palatins constituent la longue racine ou la racine sensitive de ce ganglion.
4° Les nerfs dentaires supérieurs et postérieurs. Ils proviennent du nerf maxillaire supérieur, au nombre de deux ou de trois, au moment où ce nerf pénètre dans la cavité orbitaire. Ils descendent verticalement en bas sur la tubérosité du maxillaire supérieur, fournissent des filets
nerveux à la muqueuse des gencives des dents molaires supérieures et parcourent les canaux dentaires supérieurs et postérieurs dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus maxillaire. Ils s'anastomosent, dans
n. (roulai
■J'oiUal 6Xt.
FiG. 329.
Les branches cutanées du nerf trijumeau.
Gr. nat. 1/2.
! l'épaisseur de cette paroi, avec le nerf dentaire supérieur et antérieur let fournissent des rameaux aux racines de toutes les dents molaires s supérieures, fig. 330.
50 Le nerf dentaire supérieur et antérieur. Il provient du nerf sous (orbitaire pendant son passage à travers le canal sous-orbitaire, descend (dans un canal osseux creusé dans la paroi externe du sinus du maxillaire, ÎFIG. 328, s'anastomose avec les nerfs dentaires supérieurs et postérieurs en fformant dans l'épaisseur du maxillaire supérieur le plexus dentaire supérieur, fFiG. 330, et envoie ses filets terminaux dans la racine des deiits incisives eet canine supérieures.
Branches terminales. Arrivé dans le canal sous-orbitaire, le nerf rmaxillaire supérieur prend le nom de nerf sous-orbitaire. Il' sort par
le trou sous-orbitaiie et se divise en un grand nombre de branches terminales que l'on peut diviser en trois groupes :
a) Des Jileis ascendants ou palpébraux inférieurs destinés à la peau et à la conjonctive de la paupière inférieure.
FiG 330
Le nerf facial et la branche moyenne ou nerf maxillaire supérieur du nerf trijumeau (d'après Hirschfeld).
b) Des filets descendants ou labiaux supérieurs qui vont s'épanouir dans la peau et la muqueuse de la lèvre supérieure,
c) Des filets internes ou nasaux donnant la sensibilité à la peau de l'aile du nez.
Le ganglion sphéno-palatin.
Du nerf maxillaire supérieur dépend un ganglion nerveux appelé ganglion sphéno-palatin. Il est situé dans la partie supérieure de la fosse ptéry go-maxillaire. Il est relié à des nerfs crâniens par un certain nombre de filets nerveux constituant ses branches afférentes et émet un certain nombre d'autres filets nerveux qui constituent ses branches efférentes. Les branches afférentes du ganglion sphéno-palatin comprennent : a) Deux ou trois rameaux qui rehent ce ganglion au nerf maxillaire supérieur ; ils sont connus sous le nom de nerfs sphéno-palaiins. Ils constituent la racine sensitive ou la courte racine du ganglion.
b) Un rameau nerveux appelé nerf vidien. Celui-ci parcourt le canal vidien et se jette dans la partie postérieure du ganglion sphénopalatin. Nous avons vu, en décrivant le nerf facial, que le nerf vidien lui-même est formé de fibres sympathiques provenant du plexus carO'^ tidien interne, et de fibres motrices venues du facial par le nerf grand pétreux superficiel, fig. 330. Le nerf vidien constitue donc, pour le ganglion sphéno-palatin, à la fois une racine motrice et une racine sympathique. On admet généralement que les filets moteurs amenés par le nerf grand pétreux superficiel sont destinés à innerver , le muscle péristaphylin interne ou élévateur du voile du palais et le muscle palato-staphylin, fig. 331. Nous avons vu cependant que, d'après les recherches expérimentales de Rethi, ces muscles seraient innervés par le nerf pneumo-gastrique.
n.paluiùz,
inrttrauni les masciei
PiG. 331.
Schéma indiquant le chemin que suivraient les fibres gustatives pour aller du trijumeau dans la chorde du tympan.
La lingne pointillée indique le trajet des fibres gustatives venant du trijumeau et les lignes pleines montrent le trajet des fibres motrices venues du facial.
Branches efférentes. Du ganglion sphéno-palatin partent les branches afférentes suivantes :
1° Le nerf pharyngien ou ptéry go-palatin ; il se dirige directement en arrière, parcourt le canal ptérygo-palatin et se distribue à la muqueuse de la partie supérieure du pharynx.
20 Les nevfs nasaux postérieurs et supérieurs. Ils proviennent du côté interne du ganglion sphéno-palatin, traversent directement le trou sphénopalatin et arrivent ainsi dans les fosses nasales. Là, ils se divisent en rameaux internes et en rameaux externes.
Les rameaux internes se rendent à la partie postérieure et supérieure de la muqueuse qui tapisse la cloison des fosses nasales. Un de ces rameaux, plus volumineux que les autres, est connu sous le nom de nerf naso-palatin de Scarpa. Il se dirige obliquement en bas et en avant en parcourant toute l'étendue de la cloison des fosses nasales entre le périoste et la muqueuse. Il pénètre ensuite dans l'e canal palatin antérieur ou canal incisif et va se distribuer, par ses branches terminales, à la muqueuse qui recouvre la partie antérieure de la voûte palatine.
Les rameaux externes, beaucoup plus nombreux, se divisent en branches antérieures se distribuant à la muqueuse de la paroi externe des fosses nasales au niveau du cornet supérieur, du méat supérieur et du cornet moyen, fig. 332, et en branches postérieures destinées à la muqueuse de la voûte et de la paroi latérale du pharynx.
FiG. 332.
Les nerfs palatins (d'après Hirschfeld.)
3° Les filets orbitaires. Ils pénètrent dans la cavité orbitaire par la fente sphéno-maxillaire et se distribuent au périoste de la paroi interne de l'orbite, aux cellules ethmoïdales supérieures et au sinus sphénoïdal.
4" Les nerfs palatins. Ils sortent du bord inférieur du ganglion sphéno-palatin et descendent verticalement en bas dans le canal palatin postérieur et les petits canaux accessoires. Ils sont au nombre de trois que l'on désigne sous le nom de nerfs palatins antérieur, moyen et postérieur, FiG. 332.
Le nerf palatin antérieur parcourt de haut en bas le canal palatin postérieur et arrive ainsi à la partie postérieure de la voûte palatine. Là, il se divise en rameaux postérieurs destinés à la muqueuse de la face antérieure du voile du palais et en un rameau antérieur plus volumineux; celui-ci parcourt d'arrière en avant la gouttière latérale de la voûte palatine et se termine, par de nombreux filets, dans la gencive supérieure et dans la muqueuse de la voûte de la cavité buccale.
Pendant son trajet dans le canal palatin postérieur, le nerf palatin antérieur fournit le rameau nasal postérieur et inférieur; celui-ci traverse la lame verticale de l'os palatin et se distribue à la muqueuse de la paroi externe des fosses nasales au niveau du méat moyen, du cornet et du méat inférieurs, et du sinus du maxillaire supérieur, fig. 332.
Le nerf palatin moyen descend sur la tubérosité du maxillaire dans un canal palatin accessoire et va se distribuer à la muqueuse des amygdales et de la partie voisine du voile du palais.
Le nerf palatin postérieur parcourt également un conduit palatin accessoire qui l'amène jusqu'au bord antérieur du voile du palais. Il pénètre alors dans ce voile et s'y termine à la muqueuse qui recouvre les deux faces. On admet généralement que ce nerf palatin postérieur renferme des fibres motrices venues du facial par le nerf grand pétreux superficiel, et que ces fibres vont se terminer dans les muscles péristaphylin interne et palato-staphylin.
Le ganglion sphéno-palatin est généralement considéré comme une dépendance du système nerveux sympathique. On ignore cependant la forme des cellules nerveuses qui le constituent. Peut-être n'est-il qu'un petit ganglion cérébro-spinal. Il représenterait alors une partie du ganglion de Casser détachée de ce ganglion dans le cours du développement
Troisième branche.
Le nerf maxillaire inférieur.
Le nerf maxillaire inférieur constitue la branche terminale la plus volumineuse du nerf trijumeau. Il est formé d'une racine sensitive qui lui vient du ganglion de Gasser en dessous et en dehors de l'origine du
71 nxoieti7
FiG. 333.
Schéma montrant l'origine réelle des fibres constitutives du nerf trijumeau.
nerf maxillaire supérieur et d'une racine motrice qui lui vient directement du tronc cérébral, fig. 333. Le nerf maxillaire inférieur devient donc un nerf mixte. Il va porter la motilité à tous les muscles de la mastication et la sensibilité à la peau de la partie inférieure de la face, à la muqueuse de la joue et à la peau de la partie antérieure de la région temporale.
Du ganglion de Gasser, le nerf maxillaire inférieur se dirige en bas et en dehors ; il sort du crâne par le trou ovale du sphénoïde, fournit une branche collatérale qui rentre dans la boîte crânienne et, arrive dans la fosse zygomatique, se divise directement en sept branches terminales.
Branche collatérale. Avant sa division en branches terminales, le nerf maxillaire inférieur fournit un rameau méningé. Celui-ci rentre dans la boîte crânienne par le trou sphéno-épineux et se distribue à la dure mère voisine.
Branches terminales. Les branches terminales peuvent se diviser en deux groupes : des branches sensitives et des branches mixtes.
Les branches mixtes renferment des fibres sensitives et des fibres motrices ; celles-ci sont destinées aux muscles de la mastication, au muscle péristaphyhn externe, au muscle interne du marteau et au muscle mylohyoïdien. Elles comprennent :
1° Le nerf massétérin; il se dirige de dedans en dehors, croise le bord supérieur du muscle ptérygoïdien externe, puis le bord postérieur du muscle temporal, traverse lechancrure sigmoïde de la branche verticale du maxillaire inférieur et pénètre dans la face profonde du muscle masséter auquel il est destiné, fig. 334. Pendant ce trajet, il abandonne une branche collatérale à l'articulation temporo-maxillaire et envoie dans la partie postérieure du muscle temporal un rameau nerveux : le rameau temporal profond postérieur.
2° Le nerf buccal provient du nerf maxillaire inférieur en dessous du trou ovale. Il se dirige en dehors et traverse le muscle ptérygoïdien externe; il longe un peu en dedans la partie antérieure du muscle temporal, puis passe entre l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur et la tubérosité du maxillaire supérieur. Arrivé sur la face externe du muscle buccinateur, il se divise en branches terminales.
Pendant son trajet, le nerf buccal fournit des filets moteurs au muscle ptérygoïdien externe et abandonne un rameau à la partie antérieure du muscle temporal, le rameau temporal profond antérieur.
Les branches terminales sont toutes sensitives et se terminent soit ■ à la peau, soit à la muqueuse de la joue.
30 Le nerf du muscle ptérygoïdien interne. Il provient du nerf maxillaire imférieur et va se distribuer à la face interne du muscle ptérygoïdien imterne, fig. 336. Dans le voisinage du ganglion otique, il abandonne deux 1 petits filets nerveux qui se réunissent avec des filets venus de ce ganglion .et vont se rendre dans le muscle péristaphylin externe ou tenseur du 'voile de palais et dans le muscle interne du marteau.
40 Le nerf temporal profond moyen se dirige de dedans en dehors, m longe la paroi supérieure de la fosse zygomatique et se réfléchit sur lia face profonde du muscle temporal dans lequel il se termine.
5o Le nevf dentaire inférieur. C'est la plus volumineuse de toutes les branches terminales du nerf maxillaire inférieur. Ce nerf descend entre les deux muscles ptérygoïdiens, étant situé en arrière et en dehors du nerf lingual. Il passe ensuite entre le ptérygoïdien interne et la branche verticale du maxillaire inférieur, pénètre dans l'orifice supérieur du canal dentaire inférieur et parcourt ce canal jusqu'au niveau du trou mentonnier, où il se divise en branches terminales, fig. 334.
FiG. 334.
Pendant ce trajet, le nerf dentaire inférieur fournit :
a) le rameau mylo-hyoïdien. C'est un rameau moteur qui quitte le
nerf dentaire au moment où celui-ci entre dans le canal dentaire, fig. 338;
il descend alors dans le sillon creusé sur la face interne du corps du
maxillaire inférieur et va se terminer dans le muscle mylo-hyoïdien et
dans le ventre antérieur du muscle digastrique.
b) les Tiwieciux dentaires iiifê'yieu'ys et postérieufs . Ils proviennent du nerf dentaire pendant qu'il parcourt le canal dentaire et se rendent aux racines des dents molaires, à la paroi des alvéoles dentaires et à la gencive voisine.
Branches terminales. Arrivé au trou mentonnier, le nerf dentaire inférieur se divise en nerf mentonnier et nerf incisif.
Le nerf mentonnier sort par le trou mentonnier et se résout en branches terminales destinées à la muqueuse de la lèvre inférieure et à la peau de la lèvre inférieure et du menton, fig. '335.
Jronhil ùtt.
Fig. 335.
Les branches cutanées du nerf trijumeau. — Gr. nat. 1/2.
Le nerf incisif poursuit son trajet dans le canal dentaire inférieur et se distribue aux racines et aux alvéoles de la dent canine et des dents mcisives inférieures et à la gencive voisine.
Les branches sensitives du nerf maxillaire inférieur sont au nombre de deux. Ce sont :
1° Le nerf temporal superficiel ou nerf auriculo-iemporal. Il provient du nerf maxillaire inférieur par deux racines qui embrassent l'artère méningée moyenne, se dirige en bas, en arrière et en dehors vers le col du condyle du maxillaire inférieur. Arrivé au bord postérieur de ce col, il se recourbe en haut, monte en dessous de la parotide, entre l'articulation temporo-maxillaire et le conduit auditif externe, abandonne des filets à la parotide et va se terminer dans la peau qui recouvre la face externe du pavillon de l'oreille et dans la peau de la région temporale, fig, 335.
Pendant ce trajet, le nerf auriculo-temporal s'anastomose : a) avec le ganglion otique. Ce sont des filets du ganglion otique qui passent dans le nerf auriculo-temporal. On admet généralement que ces
filets originaires du ganglion otique proviennent du nerf glosso-pharyngien par l'intermédiaire du nerf petit pétreux profond et qu'ils quittent plus loin le nerf temporal pour se rendre dans la glande parotide.
b) avec le nerf facial. Cette anastomose se fait au niveau du col du condyle du maxillaire inférieur.
2" Le nerf lingual. Le nerf lingual descend entre le muscle ptérygoïdien externe et le muscle ptérygoïdien interne, puis entre ce dernier muscle et la face interne de la branche verticale du maxillaire inférieur, étant situé, FiG. 336, au-devant et un peu en dedans du nerf dentaire inférieur. Arrivé au bord inférieur du muscle ptérygoïdien interne, il se recourbe en avant et croise la face externe du muscle hyo-glosse, étant recouvert par la glande sous-maxillaire. Le nerf lingual passe alors au-dessus du muscle
St.cL rrui-st.
FiG. 337.
Le trajet périphérique du nerf lingual, du nerf glosso-pharyngien et du nerf grand hypoglosse. Gr. nat. 1/2.
rmylo-hyoïdien, étant en rapport immédiat avec le conduit excréteur de cette ïglande et avec la muqueuse qui tapisse le plancher de la cavité buccale ipuis 11 pénètre dans la substance même de la langue en passant entré le muscle lingual et le muscle génio-glosse, fig. 337, et se résout en ;lbranches terminales qui vont porter la sensibilité générale et la sensibilité
gustative à la muqueuse qui recouvre la face inférieure, les bords latéraux et les deux tiers antérieurs du dos de la langue, c'est-à-dire depuis la pointe de la langue jusqu'au V lingual.
Durant ce trajet, le nerf lingual s'anastomose avec plusieurs nerfs voisins et fournit quelques branches collatérales et un grand nombre de branches terminales. Il s'anastomose :
a) Avec le nerf dentaire inférieur, un peu en dessous du ganglion otique, par un filet nerveux provenant du nerf dentaire et se dirigeant obliquement en bas et en dedans ■ pour se réunir au nerf lingual.
b) Avec le nerf facial. Cette anastomose beaucoup plus importante se fait par l'intermédiaire de la chorde du tympan que nous avons décrite avec le nerf facial, fig. 336. Cette chorde du tympan amène dans le nerf lingual des fibres secrétaires destinées aux glandes sous-maxillaire et sublinguale, qui lui viennent directement du nerf facial, et des fibres gustatives dont nous avons étudié l'origine en décrivant le nerf de la septième paire.
c) Avec le nerf grand hypoglosse. Cette anastomose a lieu sur la face externe du muscle hyo-glosse tout près de la terminaison des deux nerfs, fig. 337.
Branches collatérales. 1° En passant derrière la glande sousmaxillaire, le nerf lingual envoie quelques filets nerveux à un petit ganglion appelé ganglion sous-maxillaire.
2° A l'extrémité postérieure de la glande sublinguale, le nerf lingual fournit un rameau sublingual. Celui-ci se dirige en avant, longe la face externe de la glande sublinguale en donnant à cette glande des fibres sécrétoires et va se terminer dans la muqueuse des gencives et dans celle de la partie antérieure du plancher de la cavité buccale. Quelques auteurs décrivent sur le trajet de ce rameau un pedt ganglion nerveux appelé ganglion sublingual. Le rameau sublingual fournirait à ce ganglion des fibres sécrétoires et des fibres sensitives ; de ce ganglion partiraient ensuite les fibres d'innervation de la glande sublinguale.
3° En dedans du muscle ptérygoïdien interne, le nerf lingual abandonne quelques filets à la muqueuse de la partie postérieure du plancher de la cavité buccale.
Branches terminales. Par ses branches terminales, le nerf lingual donne la sensibilité gustative (fibres de la chorde du tympan) et la sensibilité générale (fibres du nerf trijumeau) à la muqueuse de la face inférieure, des bords latéraux et des deux tiers antérieurs de la face dorsale de la langue.
Le ganglion otique.
Le ganglion otique ou ganglion d'Arnold est un petit renflement ganglionnaire d'environ 4 mm. de diamètre. II est situé dans le voisinage immédiat du trou ovale, sur la face interne du nerf maxillaire inférieur, entre ce nerf et la partie cartilagineuse de la trompe d'EusTACHE.
Ce ganglion présente des branches afférentes et des branches efféventes.
Branches afférentes. Les branches afférentes du ganglion otique sont au nombre de trois. On les désigne communément sous le nom de racistes. On distingue une courte racine, une longue racine et une racine ganglionnaire.
La courte racine lui vient du nerf trijumeau. Elle est représentée par quelques filets nerveux qui partent de la face interne du nerf maxillaire inférieur et qui se rendent dans le ganglion otique. On ignore si ces filets nerveux conduisent à ce ganglion des fibres sensitives ou des fibres motrices.
La longue racine est constituée par le nerf petit pétreux superficiel. En décrivant le nerf facial, nous avons vu que le nerf petit pétreux superficiel provient du nerf facial et qu'il reçoit le nerf petit pétreux profond venant du nerf glosso-pharyngien.
La racine ganglionnaire est représentée par quelques minces filets nerveux qui relient le ganglion au plexus sympathique de l'artère méningée moyenne.
Branches efférentes. Les branches qui partent du ganglion otique sont encore mal connues. On admet généralement que le ganglion otique s'anastomose avec les branches nerveuses du nerf maxillaire inférieur (amenées par le nerf du muscle ptérygoïdien interne), qui se rendent dans le muscle tenseur de la membrane du tympan et dans le muscle péristaphylin externe.
On ignore si le ganglion otique appartient au système nerveux cérébro-spinal ou au système nerveux sympathique. On ne connaît pas la forme de ses cellules constitutives. Peut-être devra-t-on le considérer comme un ganglion cérébro-spinal analogue au ganglion sphéno-palatin et au ganglion ophthalmique.
Le ganglion sous-maxillaire.
C'est un renflement fusiforme d'environ 3 ou 4 mm. de diamètre dont on ignore encore la signification morphologique. On le considère généralement comme un ganglion sympathique. Il est relié au nerf lingual par un
certain nombre de filets nerveux qui constituent ce qu'on est convenu d'appeler la racine motrice et la racine sensitive, fig. 338. Les fibres de la racine motrice lui viennent du nerf facial par la chorde du tympan déjà fusionnée à ce niveau avec le nerf lingual. Cette chorde du tympan lui fournit des fibres sécrétoires. Les fibres de la racine sensitive lui viennent du nerf trijumeau par le nerf lingual lui-même. Enfin ce
Fig. 338.
Schéma montrant les anastomoses qui se font entre le nerf trijumeau, le nerf facial et le nerf glosso-pharyngien.
ganglion sous-maxillaire reçoit encore quelques filets du plexus sj^mpathique qui entoure l'artère faciale. Ils constituent sa racine ganglionnaire.
Du ganglion sous-maxillaire partent des filets nerveux qui pénètrent dans la substance même de la glande et d'autres qui accompagnent son conduit excréteur ou conduit de Wharton.