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III. Le nerf oculo-moteur commun

Les deux nerfs oculo-moteurs communs constituent la troisième paire des nerfs crâniens. Ce sont des nerfs exclusivement moteurs. Ils proviennent du cerveau moyen et vont innerver les muscles intrinsèques

FiG. 350.

Coupe correspondant au plan de section 8 de la fig. 339.

du globe oculaire et tous les muscles de la cavité orbitaire, à l'exception du muscle grand oblique innervé par le nerf pathétique et du muscle droit externe qui reçoit ses fibres motrices du nerf oculo-moteur externe.

Origine réelle. Le nerf oculo-moteur commun a son origine réelle dans une masse de substance grise située dans le cerveau moyen, de

chaque côté de la ligne médiane, au niveau des éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux, entre l'aqueduc de Sylvius et le faisceau longitudinal postérieur, fig. 350. Des cellules radiculaires qui constituent cette masse grise partent les fibres périphériques. Celles-ci se réunissent en plusieurs faisceaux qui traversent le faisceau longitudinal postérieur, la région de la calotte avec le noyau rouge de Stilling, une partie de la substance noire de Soemmering, pour sortir de l'axe cérébrospinal par la face interne du pédoncule cérébral,

La masse grise qui donne origine aux fibres du nerf oculo-moteur commun s'étend sur une longueur d'environ un centimètre. Elle comprend plusieurs groupes de cellules nerveuses assez nettement distincts chez le nouveauné. On décrit communément un groupe supérieur et un groupe inférieur (Perlia). Le groupe inférieur est le principal, fig. 351. Il est formé d'ui. noyau central situé

Schéma montrant la disposition des différents groupes de cellules nerveuses qui constituent le noyau d'origine du nerf oculo-moteur commun (d'après Perlia).

/// : Nerf oculo-moteur commun.

Noyau central.

Noyau d'EDINGER-WESTPHAL.

Noyau ventral antérieur ou supérieur.

Noyau ventral postérieur ou inférieur.

Noyau dorsal antérieur ou supérieur.

Noyau dorsal postérieur ou inférieur.

Noyau antérieur médian.

Noyau antérieur latéral.

Nerf pathétique avec son noyau d'origine.

ne EW nva nvp nda ndp nam nal

sur la ligne médiane, ne, d'un noyau à petites cellules appelé noyau d'Edinger-Wesiphal, EW, et de quatre noyaux à cellules plus volumineuses, deux supérieurs et deux inférieurs, dont l'un est ventral et l'autre dorsal.

Le groupe supérieur, beaucoup plus petit, comprend deux noyaux : un médian, nam, et un latéral, nal.

Les fibres radiculaires proviennent de ces différents groupes de cellules nerveuses, à l'exclusion du noyau d'EDiNGER-WESTPHAL et du noyau antérieur médian.

Ces différents amas de cellules nerveuses, dont l'ensemble forme le noyau d'origine du nerf oculo-moteur commun, semblent constituer autant de noyaux différents qu'il y a de muscles périphériques innervés par le nerf de la troisième paire, et cela de telle façon que les fibres d'innervation d'un muscle donné proviennent d'un groupe déterminé de cellules nerveuses. Ce qui apporte à cette manière de voir un appui considérable, c'est qu'on observe fréquemment des paralysies de l'un ou de l'autre des muscles innervés par le nerf oculo-moteur commun, paralysies dues à une altération limitée du noyau d'origine. Or, pour un même muscle, cette altéi'ation siège toujours au même endroit.

Le noyau d'origine de la troisième paire des nerfs crâniens se décompose donc en autant de petits noyaux distincts qu'il y a de muscles innervés par ce nerf. Pour connaître la position relative de ces différents petits noyaux dans la masse grise totale qui sert d'origine à tout le nerf, Starr a étudié tous les cas connus de paralysies de l'un ou de l'autre des muscles innervés par le nerf oculo-moteur commun, cas dans lesquels l'examen microscopique avait révélé chaque fois le siège exact de l'altération nucléaire. A la suite de ses recherches, il a dressé le tableau suivant montrant la disposition des différents noyaux avec les muscles qu'ils innervent :

Noyau du muscle

ciliaire droit interne

constricteur de l'iris élévateur de la paupière supérieure droit supérieur petit oblique

Outre les cellules radiculaires

ai

ciliaire droit interne

droit inférieur ^ droit inférieur

Noyau du muscle

constricteur de l'iris élévateur de la paupière supérieure droit supérieur petit oblique

on trouve encore, dans la masse grise qui sert d'origine au nerf oculo-moteur commun, un entrelacement très serré de fines fibrilles nerveuses. Un certain nombre d'entre elles doivent

être considérées comme des branches collatérales et terminales des fibres du faisceau longitudinal postérieur. Ce faisceau est formé de fibres commissurales longitudinales, dont une partie proviendraient, d'après Hans Held, de cellules nerveuses volumineuses situées dans le noyau des éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. Ces fibres constitueraient une voie importante reliant les ramifications terminales des fibres optiques et des fibres acoustiques aux noyaux d'origine des différents nerfs qui innervent les muscles du globe oculaire, fig. 345.

Une autre partie de ces fibrilles nerveuses doivent être considérées, selon toute probabilité, comme des ramifications cylindraxiles collatérales et terminales d'un certain nombre de fibres de la voie pyramidale, fibres qui doivent relier ces cellules radiculaires à la zone motrice de la couche corticale grise de l'hémisphère cérébral du côté opposé.

Fig. 352.

Noyau d'origine et filets radiculaires du nerf oculo-moteur commun chez un embryon de canard.

as : Plancher de l'aqueduc de SvLvius. 1 fp ; Faisceau longitudinal postérieur. ep : Epithélium épendymaire. |

Origine apparente. Le nerf oculo-moteur commun a son origine apparente sur la face interne du pédoncule cérébral, dans un sillon longitudinal qui sépare ce pédoncule de la substance perforée postérieure ou substance interpédonculaire. Cette origine se fait par un grand nombre de petits filets nerveux qui se réunissent bientôt en un tronc unique.

Pendant leur trajet de l'origine réelle à l'origine apparente, les fibres radiculaires du nerf oculo-moteur commun subissent un entrecroisement partiel, de telle sorte que le noyau d'origine d'un côté du tronc cérébral envoie la plus grande masse de ses fibres radiculaires dans le nerf périphérique du même côté, et une petite partie de ses fibres dans le nerf du côté opposé, fig. 352. On suppose assez gé-

FiG 353.

Les sinus veineux de la base du crâne. Gr. nat. 2/3.

néralement que les fibres entrecroisées se rendent dans le muscle droit interne du côté opposé.

Trajet périphérique. A partir de son origine apparente sur la face interne du pédoncule cérébral, le nerf oculo-moteur commun se dirige en avant et en dehors en passant entre l'artère cérébrale postérieure et l'artère cérébelleuse supérieure ; il traverse la dure-mère en dehors de l'apophyse clinoïde postérieure, pénètre dans le sinus caverneux dont il longe la paroi supérieure, fig. 353, passe par la partie la plus interne de la fente sphénoïdale et arrive ainsi dans la cavité orbitaire où il se divise en deux branches terminales, l'une supérieure et l'autre inférieure, fig. 354

Durant son trajet dans la paroi externe du sinus caverneux, le nerf oculo-moteur commun s'anastomose avec le plexus sympathique qui entoure la carotide interne, et avec le nerf ophthalmique de Willis. Cette dernière anastomose amène au nerf oculo-moteur commun des fibres sensitives provenant du nerf trijumeau.

Branches terminales. La branche siipévieuve est la plus grêle. Elle passe au-dessus du nerf optique, gagne la face profonde du muscle droit supérieur et se distribue à ce muscle et au muscle releveur de la paupière supérieure.

La branche inférieure est la plus volumineuse. Après un court trajet dans la cavité orbitaire, elle se subdivise en trois rameaux divergents :

I" un rameau interne qui pénètre directement dans la face profonde du muscle droit interne;

2° un rameau inférieur destiné au muscle droit inférieur; et

3° un rameau externe qui se dirige en avant et va se terminer dans le muscle petit oblique. C'est de ce rameau externe que part un petit filet nerveux destiné au ganglion ciliaire dont il constitue la racine motrice. En décrivant la branche ophthalmique du nerf trijumeau, nous avons vu que ces fibres motrices du nerf oculo-moteur commun passent dans les nerfs ciliaires, pénètrent dans le globe oculaire et vont innerver les muscles intrinsèques de l'œil : le muscle ciliaire ou tenseur de la choroïde et le muscle constricteur de l'iris.

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