‹ Le système nerveux périphérique au point de vue normal et pathologiqueChapitre 5 sur 18 · QUARANTE-CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUARANTE-CINQUIÈME LEÇON

Messieurs,

Nous allons commencer aujourd'hui l'étude d'un nouveau groupe de nerfs qui occupent tous une large part dans la vie pathologique comme dans la vie physiologique, c'est celui des nerfs crâniens, lis ne sauraient, comme les nerfs rachidiens, être englobés dans une môme description générale. Chacun d'eux mérite une histoire tout à fait spéciale. Nous les envisagerons donc d'une manière séparée, en suivant la classiûcation de Sœmmcring, et nous présenterons, à leur occasion, une série de schémas physiologiques ayant pour but de faire saisir d'un seul coup d'œil les liens intimes qui rattachent les phénomènes fonctionnels aux faits anatomiques.

Nerf oHaotlf.

Considérations anatomiques. — Vous vous rappelez que la première paire naît de la partie inférieure et interne du lobe frontal par trois racines, dont une grise et deux blanches. En convergeant l'une vers l'autre, ces trois racines arrivent à constituer un seul tronc qui se porte en avant. Arrivé sur le côté de l'apophyse crista gain, il se renfle pour former ce qu'on appelle le bulbe olfactif. Ce renflement donne naissance par sa face inférieure à 15 ou 18 branches terminales qui traversent les trous de la lame criblée de l'ethmoïde et se répandent dans la moitié supérieure de la pitoitaire. Elles ne dépassent pas le bord libre du cornet moyen. Elles ne vont ni dans les méats, ni dans les sinus. Elles se disposent en deux pians, dont l'un est destiné à la cloison et l'autre à la paroi externe de la fosse nasale. Ce nerf n'est réellement un cordon nerveux que

dans sa parlie tenninale. Ainsi le pédicule est composé de substance blanche et de substance grise. La première occupe le plan inférieur, la deuxième le plan supérieur. La substance blanche est formée de fibres trës-iines identiques à celles de l'encéphale ; la grise paj: des cellules et de la matière granuleuse. G*est donc en définitive une portion, un petit lobe des centres nerveux. On a prétendu que ce pédicule présentait un canal central, mais jamais il n'en existe chez l'adulte. Il n*y a que chez l'embryon que le fait a pu être constaté

Fig, 56.

i da nerf oUkcÛt — 1'* pédoncule, bulbe, partie centrale des branches terminales ; to partie périphérique de ees mêmes branches. — a, derme. — b, réseau nenrenx. — d, ceUnle épithéliale. — e, fibrille libre.

quelquefois, mais cela suflit pour accuser la nature centrale. C'est une expansion, en voie de disparition, de la grande cavité qui sert d'axe ûclif à Tédilication progressive de la masse cérébro-spinale. Dans le bulbe, on trouve encore un grand nombre de cellules qui sont manies de prolongements ramiGés et qui sont plus petites que celles du pédicule. Elles sont plongées au milieu d'un réseau inextricable de fibres dont il est impossible de déterminer les rapports avec les nerfs olfactifs proprement dits. Quant aux branches qui émanent de la partie inférieure du bulbe et qui méritent seules le

lUO

nom de nerfs, elles onl un n<5vrilème et elles sont exclusivement formées par des lubes. Quelques micrographes prétendent que ceoxci diffèrent des tubes des nerfs ordinaires pnr un rontenu tout â fait granuleux. Mais je crois que c'est là nue simple modificabon cadavérique qui atteste do moins la grande tendance à s*aUérer rapidement que présente particulièrement ce nerf, eu raison sans doute de sou mode de terminai son et du terrain dans lequel ses dernières ramilications se trouvent plongées. Suivant Eckhard in brauches terminales viennent former, entre le derme et répilhéliuE de ta muqueuse, nu réseau que nurne croyait être leur mode de terminaison ultime, mais qui en réalité donne lui-même naissance à des pinceaux de fibrilles excessivement minces. Au dire de cet autour, celles-ci sMnsinueraieot dans les interstices laissés par les cellules épitbéliales, et leurs extrémités, restant tout à fait libres, viendraient plonger directement dans le mucus nasal Demièreraent Brunn a prélcudu que l'épithélium est lui-nu^me recmivert par ime membrane limitîinle. resscmljlanl à une comiie liquide qui vient de se solidifier. Elle serait traversée par de petits canaux livrant passage aux prolongements des eelîules olfactives. Mais CizofF, de son côté, nie même îa perforation de Tépithétium par les fibrilles ncr* veuses. Cel!es-ci ne deviendraient libres qu'accidentellement, par suite d'une desquammation partielle.

Physiologie fhormale, — Jusqu'à la fin du vm* siècle, l'exisleuce de la r* paire fut méconnue, du moins en tant que cordon ner* veux, et etle fut seulement considérée comme un système de conduits destinés à déverser dans les fosses nasales les bumeurs excrémentilielles du cerveau exprimées et recueillies par la glande pituitaire. C'était poar Tencéphate une voie dï'puration. Il n'est pad& d'erreur, d'absurdité même, qui ne trouve son excuse et parfois sa justification apparente dans des faits mal interprétés. Celte application particulière de la doctrine humorale était riche sous ce rapport et a laissé des racines encore très-vivaces dans le public de dos jours. L'espt^cc d'obtusion de rintelligeuce qui accompagne dans le corvîta robstruclton des fosses nasales, son réveil relatif au moment où .survient l'hypersécrétion de la piluitairt- la douleur frontale que provoque le gotvfiement de la muqueuse des tissus; la slimulatioti réflexe que les priseurs trouvent dans l'usage du tabac; Vexpression si pittoresque de rhume de cerveau , tout cela concourt à perpétuer cette idée erronée chez les personnes qui ne sont pas spécialement

éclairées. L'autorité de Vésale effaça du moins l'erreur dans le monde médical. Il fut le premier qui attribua à la 1" paire lexcrcicc de Tolfaction d'une manière exclusive. Mais, en 1824, un physiologiste célèbre, Magendie, ébranla la conviction générale en chargeant les rameaux nasaux de la 5* paire de la perception des odeurs, et en affectant le nerf olfactif, non plus à l'excrétion d'humeurs ([ui ne peuvent plus être admises dans l'état actuel de la science, mais à l'élimination, par voie* d'imbibition, d'une certaine portion du liquide céphalo-rachidien. 11 s'est montré, du reste, disposé à faire bon marché de la seconde partie de cette hypothèse, née simplement sous l'influence de ses études sur ce liquide, mais il a maintenu avec énergie la première partie, celle qui confère à la 5* paire un rôle olfactif. Elle trouve encore aujourd'hui dans une des illustrations de la médecine française, dans Cl. Beniard, un défenseur dévoué. En présence d*un appui aussi puissant, on est forcé d'eiamioer les arguments émis dans cet ordre d'idées, quoiqu'il puisse vous sembler puéril de chercher à démontrer que l'exercice de l'olfaction appartient réellement à la 1" paire. Pour le moment nous allons nous en tenir aux faits purement physiologiques. Nous ferons parler ensuite la pathologie. Les deux enquêtes étant séparées, nous éviterons ainsi les influences réciproques qu'elles pourraient exercer l'une sur l'autre.

Après la section intra-crânienne du trijumeau, la perception des odeurs se trouve être considérablement entravée et finit môme par être complètement abolie. Mais ce résultat, sur lequel nous reviendrons dans l'étude de la 5* paire, tient à ce que la vascularisation et la nutrition de la pituitaire éprouvent des altérations qui rendent impossibles les opérations initiales de l'impression. L'absence du trijumeau ne supprime pas la sensibilité olfactive ; elle ne fait que rendre la muqueuse et les extrémités périphériques de la l'* paire incapables de fonctionner convenablement. — Le trijumeau présente une aptitude particulière à réunir en lui des genres de sensibilité essentiellement différents, puisque le lingual fournit à la fois à la partie antérieure de la langue le sens du goût et celui du tact. Par conséquent , les rameaux c[u'il envoie à la pituitaire peuvent aussi bien lui apporter en même temps les sensibilités générale et olfactive. Ce que nous savons sur le mécanisme des tubes nerveux rend ce cumul plus simple encore, puisqu'ils sont tous identiques entre eux et que leurs rôles dépendent seulement de la

nature tîes centres auxquels ils se rendent; si le lingiiol remplit deux rôles, cela titnit à ce que quelques-uns de ses luhes aboutissent au ooyau ceolral de la fouclie optique, tandis que les autres gagnent le noyau guslatif. Mais rien ne prouve que let? rauieaux de la pi lui taire aieiil aujisi deux destinations ceu traies Le fait du Imgual indique seulement que ta chose n'est pas im possible ; mais il ne dénioutre pas son existence. — D'après Uudoiphi et Ttedeniami. les cétacés o'ont point de oerfs olfactifs, et cependant ilsparaissenMHre doués encore d'un certain odorat, car le vice-amiral Le Peley prétend f|ue sur la côte de Terre-Neuve i! arrivait à disperser des Jbaodes entières de Laleinas rieii qu'en faisant jeter à la mer des matières putrides. Mais, outre que le dégoût pouvait ùite dan5 ce cas aussi bien engendré par ta gustation que par l'olfactiou, les recherches de Lqainville et de Guvier sont venues démontrer que ces animaux possèdent réellement un nerf olfactif qui est seulemeDl peu développé relativement aux autres cordons nerveux. — Ma* gendie s'appnyail surtout sur des expériciices tendant à démonlnT qu'on peut détruire les nerfs olfactifs sans supprimer l'odorat. A Taide d'une courorme de trépan, it mettait à découverl la lame criblée de l'ethmoïde et il détruisait toutes les branches du nerf avec le manche d'un scalpeL Lorsque la guérison de la plaie était obtenue, ranimai donnait des preuves manifestes de la persislajiœ de la sensil)ilité olfactive, La plupart du temps, loisqu'on lui jetait deux paquets bien clos, l'un renfermant du fromage, rautre un morceau de bois, [animal choisissait le premier et le déployait. CL Bernard, dans ses leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux, a annoncé à ses auditeurs qu'il avait pratiqué une opératioa analogue, mais préférable dans ses moyens d'exécution, sur uu cer* tain nombre d'animaux, et que quand ceux-ci seraient guéris, il ferait ronualtrc le résultat au point de vue de l'olfaction. Mais ce résultat, je ne l'ai trouvé consigné nulle part depuis. En admeltaut qu il ait abondé dans le même sens que celui obtenu par Magendie, je oe crois pas qu'on serait encore en droit de déposséder la l'* paire du rôle que tout le moodc lui assigne presque d'instinct; car nonseulement quelques filets ont pu échapper à la destruction, noaeeulement il a pu s'établir des soudures partielles, ce que semble indi^tner la néeebsité où étaient les expérimentateurs d'attendre la guérison de la plaie? ; mais en faisant choix du fromage^ lesauimaux étaient peut-être guidés par ta simple cousislauce du paqueL Serait-

il du reste bien établi que la destruclion coDiplètc et irréoicdiablc \lerolfaclif ne diminue en rien l'odorat, que je n'accorderais encore à la 5* paire qu'une suppléance d'occasion, qui ne serait peut-être pas aussi irrationnelle qu'on pourrait le croire au premier abord, car le mode d'action des odeurs est probablement un contact qui est seulement beaucoup plus délicat, plus moléculaire, plus fluide, pour ainsi dire, que celui qui développe les sensations ordinaires da toucher; et si les nerfs de sensibilité générale ne sont pas susceptibles d'être ébranlés par un excitant aussi faible, aussi vaporeux, ils peuvent, dans certains cas, acquérir une hypéresthésie foQCtioDDelle, une impressioimabilité inaccoutumée leur permettant de suppléer indirectement des agents analomiques spéciaux à l'aide dc'Iuborations s'exécutant dans les centres scusitifs et intellectuels. Cest ainsi que cbez les aveugles le toucber acquiert un tel degré de perfection qu'il atteint presque les buts vers lesquels la vision conduit plus rapidement et plus directement. Peut-être même une impression arrivée dans le centre de sensibilité générale serait-elle capable, dans certains cas de nécessité, de se propager ultérieurement jusque dans le centre olfactif. La transposition des sens que les magnétiseurs prétendent obtenir ne pourrait du moins s'expliquer que par ces déviations du courant primitif. Ce sont là des hypotbèses bien hasardées, j'en conviens ; mais si de nouvelles expériences venaient confirmer d'une manière plus complète encore les aptitudes olfactives de la 5* paire, j'aimerais mieux admettre ces vagues suppositions et croire à une suppléance indirecte que de Infuser à la 1" paire le monopole de la transmission olfactive dans l'état physiologique ; car l'odorat est nettement limité à sa sphère de distribution. De plus, les branches émises par le bulbe ethmoïdal constituent de véritables nerfs. Ce sont même des nerfs qui, par tous leurs caractères , ne sauraient avoir une autre mission. Ce sont, dans les fosses nasales, les seuls qui présentent un mode de lenninaison spécial en rapport avec une destination de sensibilité spéciale. Si les observations d'Ëckhard sont exactes, sans doute fo'eu faisant plonger les fibrilles terminales dans le vide des fosses nasales ou plutôt dans la couche de mucus qui revêt leurs pa- Toi^, Ja nature a voulu leur permettre d'être ébranlées d'une manii're plus elïicace par les effluves odorantes en dissolution ou en combinaisons chimiques dans cette nappe de liquide. C'est grâce à celte disposition que l'exercice de l'odorat s'effectue avec tant de

POINCAJIÉ. III. ~ 13

PHySlOLOGlE DU SYSTÈME NERVEUX.

rapidité, (îu'il peut apprécier les nuances les plus légères, percevoir les odeurs les pîus faibles. Reviendrait-on jamais à rancieii système des vibrations odorantes que celte nudité des nerfs sérail eacore une condition excessivement favorable au développement de rimpression. ^ïais la théorie des exhalaisons matérielles^ qui a déjà tant de raisons d'être la vraie, trouve encore ne moyen de jperfeclionnement dans la présence des cils vihratiles qui brassent et ag^iteut le mucus odorant, multipliant et accentuant ainsi les contacts avec les nerfs. Suivant Eckhanl, chacune des lacunes où viennent déboucher les pinceaux de fibrilles olfactives est entourée d'une couronne de cils plus longs que ceux des parties voisines. Ce serait là encore une condition secondaire parlant en faveur du rôle olfactif de la 1" paire. Voyons si notre conclusion est justifiée par les faits pathologique^?, Anatomie et physiologie palhologifjties. — Le nerf olfactif, en raison sans doute de la nature centrale d'uoe bonne partie de ma trajet, est plus souvent que les cordons de sensibilité générale victime des arrêts de développement Il est vrai que je ne connais, dans les annales de la science, que quatre cas d'absence congéniale de la 1'* paire; mais beaucoup de faits de ce genre ont dû forcément passer inaperçus. Dans trois de ces cas, on a constaté une abî^ence absolue de l'odorat, ce sont ceux relatés par Uosenmtiller, Cerullî et lUerrat, Dans le quatrième, qui fut ohsen*é par Cl. Bernard Itiiméme, ce dernier déclare avoir constaté rcxisteiice d'une certaine sensibilité olfactive. Il s'agit d'une femme morte à rilôtel-Dieu, à Tâge de 29 ans, et qui à l'autopsie offrait une absence complète des olfactifs, avec coîiformatioQ normale de la face inférieure du cerveau et dislribuïion régulière de tous les nerfs crâniens. Cl. Bernard alla prendre des renseignements dans la maison où elle habitait avant son entrée à Thôpita!, el il apprit qu'elle ne pouvait supporter Todeur de la pipe, qu'elle était fortement incommodée par la fétl* dite d'un plomb qui avoisinait sa chambre, que même elle adorail les fleurs et en savourait le parfum. Pour maintenir malgré cela la destination cla.ssique de la H' paire, je ne me servirai pas de ce rapport de trois cas favorables à un seul défavorable, car un seul fait positif a toujours plus de valeur que plusieurs négatifs. Mais je me demande si des renseignements fournis par des personnes ne g'occupant pas de science peuvent élre acceptés sans la moindre réserve ; car elles obéissent toujours, d'une manière inconsciente, â Tatirail du merveilleux. — La science est beaucoup plus riche en observa-

lions de destruction ou de compression du nerf olfactif par une tumeur prenant son origine, soit dans le cerveau, soit dans les mé- Dinges, soit enfin dans la base du crâne; par des abcès de la glande piluitaire; par des caries de la lame criblée. Dans toutes celles qui forent réunies par Notta, il y eut smosmie, soit totale, soit partielle, lagendie cite, il est vrai, une malade, morte dans le service de Bérard, à la suite d'une affection tuberculeuse du cerveau ayant détroit les nerfs olfactifs et sans avoir paru privée du sens de Todorat Mais le médecin de l'hôpital a déclaré lui-même qu'il n'accordait aucune importance aux renseignements pris d'une manière posthume près d'un infirmier sur l'exercice de l'olfaction pendant les derniers moments de la vie. — Les recherches de Prévost ont montré que les nerfs olfactifs s'atrophient chez tout le monde sous rinflnence des progrès de l'âge. Chez l'adulte, dit cet observateur, ils présentent un développement remarquable. Ils sont volumineux; leur pédoncule est d'un blanc nacré ^ leur bulbe est rosé et remplit la gouttière ethmoTdale; leur consistance est des plus fermes. Chez Inrieillards, au contraire, ces nerfs sont grêles, demi-transparents, fri^ties, c'est-à-dire sclérosés. Le bulbe, lui, diminue de volume et devient diffluent. Au microscope, on ne trouve plus que quelques tobes perdus au milieu du tissu conjonctif. Les corpuscules amyloldes, qui existent normalement, il est vrai, dans ce nerf, se multiplient de plus en plus et finissent par former la plus grande partie de la susse générale. Or, il est bien établi, d'un autre côté, qu'à travers les innées le sens de l'odorat tend à perdre de plus en plus de sa llnesse et qu'il devient tout à fait obtus chez les vieillards. — Tout le monde sait que l'exercice de l'olfaction est à peu près complètement supprimé par le coryza, ce qu'on attribue en partie à l'obstruction des fosses nasales par le gondcment de la pituitaire, en partie I â la sécheresse de cette muqueuse, qui prive les molécules odonntes de leur dissolvant nécessaire, et plus tard, pendant la période Ajrpersécrétion, à la composition chimique du liquide séreux que produit cette membrane. Mais il y a peut-être à tenir compte aussi de la situation dans laquelle se trouvent les fibrilles terminales du nerf olfactif. Leur extrémité, habituellement flottante, est comme iiasquée par le boursouflement des parties ambiantes; elles sont aussi comprimées, comme étranglées dans leur continuité; elles ûùt enfin exposées à des troubles trophiques, au même titre que i muqueuse elle-même. Cest probablement à ces altérations plus

OU muiDS considémbles des tubes aerveux que sotil dos les cas d'anosmie persistante, après que tout ce qui cooceme Ja muqueuse elle-même csl rentré dans Tordre. Il ressort évidemment de tout ce ([ui précède que la ï" pidre est réellement ctiargée de la transmissioû des impressions olfactives. En dehors des vices congénitaux et de la dégénérescence sénile du nerf olfaclif, on ne sait absolumeut rien sur son analomie pathologique spériale. Touterois il semble pouvoir élre victime du virus syphililique. Dans cette circoustance, Ilayle a constaté deux fois le ramollissement et réraaeiatiou du nerf* Meycr a observé son atropïiie sous la môme influeuce.

Herf optlquf*

Comidératima onatomiques. — Comme rolfaclif, le nerf optique naît aussi par trois racines, deux blauches et une grise. De la rètinion lie ces trois racioes résnllc un faisceau aplali appi^é la bandclcttc Qptiquc, qui se porte obïlquemeiit en bas, en avant et en dedans; puis se réunit à celle du côté opposé pour constituer le chia&tna on la commhmîx des 7icrfs optit^ues. Après cette fusion. tout au moin^ apparente, les cordons redeviennent dîstiucU et 6fla*ot dès lors uoe forme cylimbrique conlraslant avec l'aspect rubaué des bandelettes. On réserve avec raison le nom de nerfs opîniuex à ce^ deux faisceaux situés au delà du cbiasma Avant de les suivre euxmêmes, rappelons ce que Ton sail sur la structure de ce dernier Les analomistes >ont loin d'être iixés sur les counestions que les libres des deux bandelettes peuvent contracter entre ellits dans l'inlérieur du chiasma. Quelques-uns veulent qu il n'y ait là qu'un simple accoteraeiU au sortir duquel chaque nerf se trouve composé de libres provenant de la banileieltc du même cOté ; d'autres admettent un entre-croisement complet, en vertu duquel toutes les libres de chaque bandelette passeraient dans le nerf optique du côté o|q»osé, de telle sorte que chaque œil el chaque nerf dépendraient de rhéniisphére cérébral oppose. D'autres entin, et ils forment le plus grand nombre, croient à un enlre-croisemeiit partiel portant exclusivement sur les fibres internes, de telle sorte que chacuu des nerfs, cl par conséquent chaque rétine correspondrait par sa moitié externe à rhémisphéra du même cOté, et par sa moitié interne à l'hémisphère opposé* Le docteur Friand a, dans sa thèse inaugurale, cherché à ju^er \ê

question par de nombreuses dissections portant sur les dilTérentes classes des vertébrés. Son scalpel a rencontré des combinaisons wiécs, entre autres la décomposition des bandelettes en un plus ou moins grand nombre de boutonnières et de digitations, reproduisant entre elles la disposition d'un serre-bras, mais sans passage de Gbrcs d une digitation à Tautre, en sorte qu'il n'y aurait là que des broderies de la nature sur un entre-croisement toujours complet et subordonnant chaque œil h un seul hémisphère, celui du côté oppoàt'. Mais Friand dit lui-même qu*il a dû, pour isoler les digitalions, rompre des filaments conjonctifs s'étendant de Tune à l'autre ; et comme il na pas eu recours au microscope, rien ne prouve que ces brides ne renfermaient pas des tubes réalisant des échanges entre les deux bandelettes. En réalité, si on s'en tient à ce qui existe chez l'homme, on est obligé de reconnaître que la structure duchiasma est très-compliquée, et qu'avant d'être connue dans tous ses détails elle exigera encore de nombreuses études de la part des micrographes. Mais il est très-probable qu'au milieu des complications motivées par des nécessités de perfectionnement, les grands Iraibde la charpente se rapprochent beaucoup de l'idée de l'entrecroisement partiel portant sur les fibres internes, car non-seulement raoatomie pathologique plaide dans le même sens, mais cette disposition est restée jus(iu*aujourd'hui le seul moyen matériel d'expliquer ia loi des points identiques. Il est aussi à peu près certain qu'en dehors des fiJ)res directes et croisées, il en existe de curvilignes, } étendues sans doute d'une rétine à l'autre, en décrivant une anse dont les branches latérales parcourent les deux nerfs optiques et dont la partie incurvée occupe le bord antérieur du chiasma. Quelles que soient les relations des fibres des nerfs optiques avec celles des bandelettes et du chiasma , ces cordons, une fois constitués, se dirigent vers les trous optiques par lesquels ils pénètrent dans les orbites. Au moment de s'engager dans le globe oculaire, chacun d'eux éprouve un léger étranglement. Il traverse d'un trait, nonscnJcmenl la sclérotique et la choroïde, qui sont perforées et manquent en ce point à cet effet, mais encore la presque totalité de cette membrane à la fois si mince et si compliquée qu'on appelle rétine. Au moment où il est sur le point de franchir la hmite antérieure de cette membrane et où il n'est plus séparé du corps vitré que par la couche limitante inlernCf c'est-à-dire par une lamelle de ta plus grande finesse et transparente comme du verre, le faisceau

PHYSIOr.OGIE DU SYSTÈME XEUYEUX,

de tubes se dissocie. Il s'étale de façon à donner naissance à nae couche composée presque exclusivement de nhres nerveuses el qui a reçu le oorn de couche fibreuse. C'est un véritable épanouissement du nerf optique qui masque toutes les parties de la rétine, déjà tmvensées par lui, à la manière dune colonne d'eau qui, à l'issue du puits lui livrant passage, s'étale en nappe sur tout le terrain ambiant. Ces fibres ne laissent à découvert qu un seul ilôt qu'elles contournent et qui est appelé tache javne. Après avoir rayonné ainsi dans tous les sens, ces libres se recourbent en arrière et rétrogradent vers la dernière couche qu'elles viennent de traverser, comme si, dans ieur éïan, elles avaient dépassé le but. Elles se fusionnent avec ies prolongements de cellules nerveuses qui par leur aggloméralion forment la couche dite couche des cellules îurveuse ou gan^ gUonnairc. G* est au niveau de la tache jaune que cette rouche est le plus épaisse et qu elle renferme le plus de celloles. Il y en a là jusqu^à huit ou dix plans superposés, ici s'arrête le positif en ce qui concerne les terminaisons propres du nerf opdique. On connaît bien à peu près la disposition et la composition des couches susjaccntes à ceïles formées par 1 épanouissement du nerf et par les cellules ganglionnaires . On fiait qu'au-dessus de ces dernières existe une accumulation de noyaux ressemldanl à ceux que nous avons rencontrés dans les centres nerveux, surtout dans le cervelet^ et que Robin a appelés myélocytes (couche granuleuse ifUerne). On saitatutsi qu'au delà se trouvent une accumulation dune substance analogue i la matière granuleuse de l'encéphale et de la moelle (couche inter^ médiaire); puis une nouvelle couche de myélocytes (fowc/ï^ ^rantileuse extenu); enfin une membrane dile de Jacob qui est formiti d'éléments tout à fait nouveaux, les uns d'a^spect cylindrique appelés bâtonnets, les autres de forme conique nommés cônes. On sait enOn que cet ensemble est Ira versé par des fibres que l'on a suivies jusque dans la membrane limitaîite interne et qu on appelle fibres dô Mûller. Mais la plupart des anteurs veulent avec Krause que toutes ces couches et tous ces éléments histologlques soient considérés comme n'élatit pas de riatnre nerveuse el comme constituant un organe particulier, aussi distinct du nerf optique qu'un muscle peut Pêtre de son nerf moteur* Pour eux, la partie réellement ner* veuse de la rétine s arrête à la couche granuleuse interne et ne comprend que les couches fibreuse et ganglionnaire. Krause se base co particulier sur ce que la section du nerf optique n*en traîne d altéra*

NERF OPTIOUK.

Uons consécutives que dans ces fibres et ces ceiluies.Mais il est bien certain qu*en dehors des fibres de Millier, qui ne sont probablement i|uo les traverses de la cbarpenfe conjoni'tive de la K'iioe, et qui, pour celle raison, seleiident jui^quâ la limitante, il existe d'aotres fibres très-fines gui font suite aux cônes et qui, d*aulre part, s abouchent avec les prolongements des cellules déjà en connexion avec les fibres optiques. Scbuîize alïirme môme que ces fibres ont un aspect monililorme ffui vient démontrer leur nature nerveuse. Si la aeciion du nerf optique ne provoque pas leur altération, cela tient sans doute à ce que les cellules ganglionnaires soflisent pour les mainlenirdansun état trophiqoe convenable. Dans tous les cas, elles relient les fibres optiques à la membrane de Jacob par llntermé' diaire des cellules. Elles reirrésenlont pour elles une véritable brutiche articulée. Ces considérations, jointes à la présence de myé- Jocytes et d'une maliôre granuleuse, me portent ù considérer la rùtine comme faisant réellement partie du système nerveux périphérique de la vision, ù voir en elle, non pas un organe auquel

CiUJtua

, C ytm^timnttim

Fig. 57,

ibmitit et s'arrête le nerf optique, mais un organe qui coîitimie et ch(*ve ce nerf. Une seule (ïe ces couches Beinble surajoutée ù la

PHYâlOLOGIE DU SYSTîUfE XEEVEtlX.

terminaison nerveuse, cc^isL celJe de Jacob. Les biltonnets el les trônes coiffent pour amsi dire cps terminaisons. Mais an fond ils sont pour elles à peu près ce qiie sont poor les oerfs de sensibtiilé générale les lamellis concentriques des corpuscules de Valter el la masse des corpuscules de iMeissner; et ils appartiennent aussi bien que celles-ci à !a description des nerfs auxquels ils sont aunejcés. Mais nous qui devons nous plarer exclusiveioent au point de vue du nerf optique lui-mènie, nous n'avons pas à considérer, entre elles, les dilTérentes conehes de la rèttne, mais bien à suivre et à nous représenter une des libres du nerf optique, à travers toutes se^ couches, avec sa série de transformations et d annexes. H est ce que nous allons faire.

Apres avoir rayonné dans une plus on moins grande étendue de la CDUclie fibreuse de la rétine, chaqne fibre optique se reconrbr* en arrière et se fusionne presque immédiatement avec un prolongement d'une cellule nerveuse. Elle cesse dès lors d'exister comme fibre initiale, et désormais elle sera continuée par des éléments nouveaux» mais qui restent ses dépendances, et qui, par leiu* ensemble, constituent sa portion de centre périphérique. La cellule, qui constitue le premier de ces éléments nouveaux, est assez volumineuse et dépasse les proportions ordinaires des celluies sensilives. Elle se rapproche, sous ce rapport et par sa forme aussi, des cellules du mouvement. Comme elles, elle a un corps ovoïde, riche en granulations et numi d'un noyau trés-apparent. Elle a aossi de nombreux prolongemeots à divisions multiples. Par l'intermédiaire d'un de ces prolongements, la coulitmation de la libre optique reparaît sous forme d'une nonvelle tlbre. Celle-ci est beaucoup plus fine, et comme collets des centres nerveux, elle a besoin sans doute, pour son fonetionnemeiit, d'être entourée d'une atmosphère de matière granuleuse. A l'origine, comme à iafin de cette atmosphère, celle fibre se trouve en coiUact avec des noyaux ressemblant â des myétocytes. Henle prétend toutefois qu'ils ont quelque chose de spécial et qu'ils présentent trois bandes claires séparées par des baiules plus obscures, supposant par conséifuent rexislence de deux substances différentes disposées par couches alternat ives. Mais, pour mon compte, j'ai toujours été frappé de l'identité parfaite de ces éléments avec les nojTiux do cervelet, t^moi qu'il en soit, il ne par;nt pas y avoir un simple contact entre eux et la fibre faisant suite â la cellule. Hclaihollx les représente appendus on plus ou moins grand nombre, par de^ fila-

meûts plus minces, à cetlit fibre-mère. Du rusUv, ce fait ne condamnerait nullement ridentitù que noua venons d\ul mettre, car Luys aci!oriJe aux myélocytes de la substance céréliclleuse des Olamenls cjiii viennent saccolrr, comme un clievdu, aux pluï^ grosses fibres nervcuî?!es. Au moment où elle va sortir de cette atmosphère de matière gTtinuleuse et de myélocyles. la fibre de transmission se renfle en un corps pyriforme, muni d'un noyau. O renfliHuent est appelé nvyau de cône. Vient eosnite le cône lui-môme qui est un peu étranglé au point de jour lion et qui reproduit la formiî d'un rnseau. Enfin celuici esl surmonté par un élément piirfaïleinrnl cylindrique, le biltonnet. Cône et bâtonnet sont manifestement constitués par une même substance, hyaline et rêrrin^enle. D'après Krause, il y aurait tontefois dans ces deiLK élémenls deux substances dilTérentes emboîlées Tune dans l'autre, La substance interne serait moins réfriugeule que Vexterne. Jusqu'à présent, toutes les filtres émanées des cellules et Iraversant les couches granuleuses ei intermédiaires oui paru abtmlir exclusivement à des eônes. Jamais on n'en a vu se rendant directement à des biitonnets. Mais comme il y a beaucoup plus de bâtoimets que de cônes, lesquels mnii([ueidmômi' dans bien des points de la n^line; comme en dehors de ceux qui surmontent tes chines, il en existe un plus grand nombre qui se trouvent placés dans les inlervafles laissés entre eux ; cninme enfin le ebitlre des cônes est et^rlainement bien inférieur à celui des Obres du nerf optique, il est plus que probable qu'il existe aussi des filaments de transmission étendus entr»^ les bâtonnets isolés et la couche ganfrliormaire. Que cesfilannMits soitMil des rml^rantdiements de ceux des cônes, ou qu'ils suivent un trajet indépendant, leur fonctionnement serait même difficile, sinon impossible, sang ce moyen anatomitjue.

Phtfsiofodk normale. — En dehors de cerlains physiciens qui, i^oranl les lois de for^ranisme vivant et ne voyant dans fœil qu un instrument ordinaire d'optique, ont voulu charger goit la chorotde, «oit mt^me le corps vitré, de recueillir îes impressions lumineuses, tout le monde reeonnaîl que ce rôle doit éUv attribué an nerf optique et à la rétine, qui n*en est que l'appareil terminaL Lîi naUire périale de ce nerl ressort déjà de ce fait que son excitation ne doune lieu ni à des mouvements directs, ni à des phénomènes do sensibilité générale* On a dit, en effet, que Ton peut, après favoir misa •lécouvert chez des chiens, le tirailler et le couper sans provoquer la tuuîndre douleur. Il ne faut cependant pas accorder à cette assertion

uoe valeur tout à fait iibsolue^ car, diaprés Tortual, dans rablaliou du cancer de rœil. il y a au moment de la section du nerf uno rccnidescence de souffrance; mais il Taltribuo aux nervi-nervorum el non pas aux tulje.s propres du nerf optit:[Be. Il y a lieu de tenir compte aussi de la présence^ dans le centre mthtiu du nerf optique^ de filets provenant de la cinquième paire par llnteroiédiaire du ganglion ophtliîdmique, et qui s'y rendent de concert avec l'artère centrale de la rétine. Dans tous les cas^ le volume considérable du nerf optiijue ne permet pas de lui attribuer la production d une douleur aussi faible^ et fûtîrae par simple voie d'exclusion, oo doit le regarder comme étant alîecté à ta transmission visuelle. Cependant les ondes lumineuses sont incapaijlcs d'impressionner directement les fibres du nerf optique. Il fautfjue le genre d'ébranlemeotquetles sont susceptibles de produire soil multiplié, ou plutôt rendu assimilable au système nerveux par t'intermédiaire du centre périphérique spécial et par son appareil de perfectionnement. H est, en effet, un point de la rétine qui est complètement insensible ù la lumière, el ce point est justement celui où toutes les fiba^s du nerf optique, tout en restant encore groupées, commencenl à s'offrir de flanc et à affronter direotemenl ïes ondes lumineuses, c'est au niveau de ia papille. Cette inseoBibitité du nerf optique îï la lumière était du reste une chose indispensable ; car la membrane fibreuse étant située devant toutes Ice autres couciies de la rétine, les Bbres optiques, qui les constituent par leur rayonnement, se trouvent forcément touchées dans leur continuité par la lumière avant que celle-ci puisse parvenir aux véritables agents de préhension des ondes lumineuses. Si ces fibres étaient susceptibles de sentir par elies-mémes cette lumière qui Qltre dans leurs interstices, deux choses pourraient arriver : ou bien l'agent tumineux serait absorbé en totalité avant d'aller plus loin, et le reste de la rétine n'aurait plus sa raison d'être ; ou bien une partie seulement serait retenue sur ce filtre fibreux^ et le surplus irait ébranler l'appareil de terminaison. En ce cas, le centre visuel recevrait à la fois deux impressions qui oe se seraient pas développées dans les mi>ines conditions et gui fourniraient certainement une résultante pleine de confusion, que dément la netteté habituelle de la vision.

Mais si les fibres du nerf optique ne peuvent pas entrer en activité, sous rinduence des ondes lumineuses, sans Tintermédiaire de la rétine, eiles sont capables de le faire, et cela et» fournissant un produit lumineux, sur l'impulsion des agents mécaniques, chimiques ot

éleclriquea. Lorsque dans les opératioos le scalpel Tient à couper ou à intéresser le nerf optitpie^ le malade déclare qu'il voit un flot de lumière. Tout le monde a éprouvé ces images subjectives provoquées par les pressions mécaniques et qu'où iippellc piiosphènes. L'applicatiou de rélcctricité procura des sensatious analogues, lio'y a là qu'une coîUiadiction apparente avec rinseusibiïité du nerf optique à la lumière elle-même. Les tulies de ce eordim sont de même nature que ceux de tous les autres nerfs. En réalitii, ils sont indifférents aussi bien qu'eux. Comme eux ils peuvent conduire n'importe quel acle physiologique. Le mouvement moléculaire â l'aide duquel ils transmettent peut oaitresous rinQuence des causes les plus diverses^ et le résultat final de ce mouvement dépend exclusivement des points d'aboutissemcul du nerf* Un nerf moteur donne lieu h un mouvement parce qu'il est étendu d un agent cérélu'al de la volonté à un moyeu mécanique, le muscle. Un nerf sensitif ordinaire produit une sensation de tact parce qu'il s'étend d'un centre de sensibilité géûêrate à des régions organisées, de façon i\ subir le mieux possiljle les contacts extérieurs. Le nerf optique produit une sensation visuelle parce qu'il tient d'une part à des éléments hislologiques capables d'accaparer la lumière, et d autre part à un centre doué du droit d'apprécier cet agent spécial. ï^ivez-le de ses moyens d'accaparement, et ïa lumière sera incapable de provoquer en lui le mouvement moléculaire nécessaire. Mais après comme avant celte mutilation, ébranlez- le mécaniquement ou chimiquement, d'une manière quelconque il doimera lieu et il ne pourra donner lieu quà une seosation visuelle, parce que ce oiouvement mettra enjeu le centre sensitif spécial dont lactivilé physiologique est forcément de nature visuelle en toutes circonstances. Une machine industrielle fournit toujours, en raison de son organisation propre, les mêmes produits, qu'elle soit mise en raouvemeot par la Tapeur ou par l'eau. Mais la force motrice a besoin de moyens d'application diiTéreots, suivant qu'elle est représentée par la vapeur ou par i'i^u.

Le centre périphérique particulier au nerf optique, ainsi que ses annexes représentées par la membrane de Jacoh, ont donc pour missioQ d'élaborer les ondes lummeuses^ de manière à ce que les fibres optiques puissent être ébranlées par elles. Par quel mécanisme réalUe-t-il ce résultat? Quoiqu'on soit conduit par voie d'exclusion à attribuer aux couches postérieures de la rétine le pouvoir d'assi-

îiiiler les ondes Itioiineuses à l'organisme, flelmbollz a cru devoir chercher des preuves directes de cetle aptilude et de ce monopole, el il en a trouvé une dans la possibilité où non s «lonimes de percevoir l'ombre de nos vaisseaux rClinieiis qui sont tout jn^temcnl situés dans ta couche tîbreuse. Mais en arrière de cetle couche se Irouverit de45 éléments assez nombreux et assez variés pour qu on ait éprouvé le besoin de localiser davantage encore le poiot de réception de ta lumière et de déterminer les rôles respectifs de ces divers agents microscopiques. On a attrilmé la mission principale aux cellules nerveuî^es, parce que la rétine seaibfe présenter son maximuni dirapression nabi îi lé an niveau de ia tache jaune, cest-à-dire dans le point où la couche ganglionnaire s'olïrc directement à Taction de la lumière, puisque là la couche fibreuse fait complètement défaut, et parce iiue à ce niveau aussi il y a une accumulation de cellules beaucoup plus considérable que partout ailleurs. Mais ces conditions particulières ne prouvent absolumenl rien, parce que derrière ce point la membrane de Jacol> se montre incomparablemenl plus riche en cônes; qu'on peut aussi bien attribuer à ce dernier fait la plus grande sensibilité de cette région, et parce que Fabsence des fibres optiques, en pcnneUant un passage jdus facile aux ondes lumineuses, prolite aussi bien aux cônes qu'aux ccliuies. Krause fait au contraire jouer le rôle principal â la couche granuleuse. Il pense que cette substance est formée de zones stratifiées réfraclanl inégalement ta lumière, et quVlîe constitue par le l'ait nu véritable appareil dioptrique. Grâce à celte coiislitulion, ce serait elle qui aurait le pouvoir de transformer les vibrations lumineuses ea vibratious nerveuses. Les cellules venant ensuite, assimib' raient davantage encore te phénomène primitivement pliysiqne aux actes du système nerveux. Quant à la membrane de Jacob, elle agirait dans le ui^me sens que les cellules pigmentaires de la couche interne de la choroïde. Elle formerait avec elles un miroir réflecteur renvoyant les ondes lumineuses à la couche granuleuse. Rjiûn llensen et IlelmholU placent le foyer principal de ta transformation dans la membratie de Jacob.

Dans cette détermination, je crois qu'on a montré une trop grande tendance à favoriser un seul élément au dêtrimeul des autres, comme si tout dans léconomie n'avait pas son utilité, et ipj'on na pasas^ex tenu compte du mode daj^encemenl des parties. Il faut, m^nie ia, considérer non pas tant les différentes couches de la rétine quuuis

seule fibre optiquo avec la série d'éléments qiii la prolongent. Or, chaque fibre commence à la périphérie par un cône ou un bâtonnet Elle se continue par un filament auquel sont appendus des myélocytes et qui est plongé dans la substance granuleuse, puis devient une cellule nerveuse; enfin, elle se continue définitivement en une fibre de nerf proprement dite. Donc les ondes lumineuses ont besoin de passer par cette série de rouages pour devenir une impression physiologique capable d'éveiller une sensation visuelle dans les centres nerveux. Chacun de ces rouages a ses raisons d'action, de temps et de lieu. Chacun d'eux perfectionne le produit de celui qui le précède et prépare l'action de celui qui le suit. La transformation physico-physiologique est l'œuvre de tous et non d'un seul Quant à savoir pourquoi la jnature les a disposés dans la rétine de façon à ce que la lumière soit obligée de les traverser tous avant de commencer son action ; pourquoi elle a, pour ainsi dire, recoqnillé le nerf au point que la lumière est obligée d'aller en chercher l'extrémité réelle dans les profondeurs de la rétine, c'est là un de ces secrets que le physiologiste rencontre à chaque pas, sans pouToir les pénétrer.

Toutes les libres n'ayant pas le môme mode d'origine périphérique, puisque les unes débutent par un simple bâtonnet, tandis que d'autres sont en outre munies dun cône, il y a lieu de se demander à la présence de ce dernier élément leur confère un droit particulier. Helmholtz se montre porté à considérer les bâtonnets comme étant simplement des cônes en voie de développement. Mais comme ces éléments occupent toujours à peu près les mômes places et ' comme il y a des points où il n'en existe jamais, cette idée ne me paraît pas pouvoir être admise. Weber n'accorde aussi aux bâtonnets qu'une valeur négative, parce que la sensibilité visuelle va en diminuant avec le nombre des cônes à mesure qu'on s'approche de la circonférence de la rétine. Mais il est inadmissible que la membrane de Jacob soit composée avant tout d'éléments à peu près inutiles, d'autant plus que bien des micrographes, entre autres itfûller et KOlliker, n'hésitent pas h déclarer que les bâtonnets sont aussi unis aux cellules par des fibres, et que Schultze prétend en outre que celles-ci ont les caractères des fibres nerveuses. On serait enfin conduit par là à conclure, vu le petit nombre relatif des cônes, que la plus grande partie des fibres propres du nerf optique sont aussi à peu près inutiles. La raison veut donc qu'on accorde

PIlYStOLOGlK DU SYSTÈME NERVEUX.

àprmH aux Ijûtoauels et aux cônes des rôles différenls dans la perception des impressions visuelles^ et aux fibres optiques deux gejires de missions coridiiclrices, Mais il serait dilBcile, pour le momeot, de déterminer ces r(>les d'une manière positive. Scbultze pense «xue les fibres à côno peuvent seules percevoir !ea couleurs, et que les fibres à simples bâtonnets servent seulement à la perception du clair et de Tobscur. Celle interprétation a quelques faits en sa faveur. La lâche jaune^ où il n'existe presque que des cdnes, est le point de la rétine qui apprécie ïe mieux les couleurs. Ces éléments manquent chez les animaux nocturnes et existent toujours chez les diurnes. Les expériences de Voung et de llelmhottz les ont conduiLs t déclarer que, pour raiq>récialion des couleurs, il faut au moins Tin terven lion de trois fibres optiques. Or. les cônes semblent recevoir plusieurs Ûbres. Malgré ces preuves indirectes^ on ne saurait encore voir là rexi»ressïon certaine de la vérité. A plus forte raison doit^on se conlenler de prendre seulement en considération les diverses théories émises sur le mécanisme intime de rappareil terminal du nerf optique. Melloni, Secbeck pensent que cet appareil exécute des vibrations 80UJ3 Fimpulsion apportée par lether. Zenker prétend que les bâtoanets, ainsi que les cônes, sont composés de lamelles concentriques comparables à une pile de lames de verre superposées; et que, comme ces dernières, ils doivent réaliser une grande puissance de réfiexiou et pouvoir transfonner les ondes courantes en ondulations stagnantes. Selon lui. c'est par ce procédé que doit s'opérer la transformation des ondulations de Téther en vibrations de nerf, llenseû croit que lu lumière détermine une modiQcation chimique dans ta substance des bâtonnets^ modification qui provoque à son lour un mouvement moléculaire dans les fibres nerveuses. Dans le même ordre d'idées^ Moser regarde 1^*5 bâtonnets comme un véritable a(q»areit photochimique. Suivant Draper, la vision est un phénomène de calorification. La chaleur, apportée par la lumière et réfiéchip par la choroïde, échauiT^fî les bâtonnets et y produit une dilatation qui met en activité le nerf. Pour Wcber, la lumière délerraine un phénomène électritpie qui a pour conséquence un déplacement des molécules dans le genre de celui qu'éprouvent, d'après Do Bois-flaymoud, les molécules électro-motrices des muscles et des nerfs. Enfin Dcwar et Mackendrick, se basant uniquement sur ce que la différence de nos sensations est proporlioi^nelle à la dilTérence des logarithmes des diverses quantités lumineuses, supposent que la rétine trans-

NERF nPTl<}CE.

forme la lumière en couraul ùlcclri(jutj, qui vinit apporter aux centres nerveux des données rigoureuses sur la qnantilé de lumière subie par la rétine.

Une fois assimilée au mouvement physiologique des nerfs, rioipregsion visuelle n'a plus qu'à être Iraosmise par le* fibres du nerf optique proprement dit. Mais il est probable que le chiasma est appelé par sa texture à réaliser eertaint^s combinuisous dans cette transmission. Des couslructtons géométriques montrent que chaque point d'un objet placé dans le champ visuel des deux yeux vient toujours frapprr en même temps un poînl de la moitié interne de l'une des rétines et le point liomologue de ta moitié externe de l'autre réliue. Or, si l'entre-croisement portant exclusivement sur leB libres internes des uerfs optiques est vrai, il il oit évidemmtnit avoir pour résultat géomélrique de diriger vers chacun des hémisphères cérébraux, les Dbres externeîS de Fun des nerfs optiques et les fibres internes de l'autre nerf^ c'esl-à-dirc les représentants de la moitié externe de Tune des rétines et ceux de îa moitié interne de l'autre rétine. Avec une pareille disposition, les deux images produites par l'objet regîirdé se trouveraient donc forcément conduites dans uo seul hémisphère, puisqu'elles prennent toujours utiissance, Tune dans la moilié interne d'une rétiue et laolre duiîs la moitié externe de la rétine du côté opposé. Cette convergence des deux imaises vers un seul et même centre visuel est regardée par beaucoup de physiologistes comme étant sudisanle pour exphquer le fait de la vision simple avec les deux yeux. Les images, séparées h leur origine, viendraient, pour ainsi dire, se superposer et se fusionner dans le cerveau. De là résulterait l'unité de sensation. Cette théorie est en elle-même assez séduisante et je serais tenté de la développer et de retendre au phénomène du redressement lîe l'image. Vous savez que les objets produisent dans le fond fie IVeil une image renversée et que, malgré celte condition purement physique, nous les voyons droits, c*est-à-dire dans leur véritable situation relative. U y a là un problème que Millier a clierché â résoudre en disant cpie nous voyor^i* en elTel les objets renversés,* mais que tout nous paraît droit parce que nous voyons tout renversé; d'autres ont pensé avoir trouvé le mol de l'énigme en supposant que le moi suit le rayon lumineux jusqu à son origine, de sorte qu il voit en réalité rextrémilé objec* tîve de ce rayon et non son extrémité rétinienne, l/explication de Muller doit disparattrc devant ce fait que si nous touchons les objets

aprèë avoir fermé Jes yeux» nous le» senloris daos la dispostUon qne iioas indique la vue. La seconde n a rien d'impossible, mais elle n'esl suscepliljïe d^aycuue dC-monslration. Elle suppose en outre imc opérai! on psychique dont lous les cHres ne seraient suo^ doute pas capables. Je ne croi.s pas non plus que les lois de la rèriexioa pernietleul d'explitfuer le rcdresseaient par rinterruédiairc du lulroir rdlecteur représenté par la cboroïde. Dans ce cas les rayons, ayaal priiiiitiveuieiit Iraversé lu rétine sans riniprei5!>ionQer, seraient réflécbis par le miroir pi^'meiilairc, les supérieurs suivant une dureclion descendante, les inférieurs dans une direction ascendante. De celle façon l'image clioroïdierine, celle qu'on aperroil lorsqu'on a disposé convenablement l'œil dans une chaiiil>re obscure, eiigend ferait par sa réllexion sur 1rs èlémruts de la réline, un calque relourné de nouveau el, par conséquent^ redreSvSé. Mais je ne sais si le rapprochement de la rlioroide cl de la rétine et j-i la disposition des bûtonoeU permeltraient à ce mécanisme de se réaliser. Kn pri^.sonce de rimpémMrahilité de ce genre de secrets de la nalure, toutes les suppositions oui les mêmes droits à étn» émises. Aussi je me demande si, à côlé de renlre-croiseraent se faisant dans le sens borizoutaî, de droite à gauche et réciproquement, il ne s'en efTertue paf encore nu antre dans le sens vertical» de haut en bas el réciproquement. Grùce à celte seconde disjHxsition, les libres émanées de la partie inférieure de la rétine reporteraient en haul dans le cerveau la partie inférieore de limage qui, par le fait du reuverseaieut, correspond au sommet de robjet, (andis que les libres attenantes à la partie supérieure de l'œil reporteraient au contraii'e en bas le sommet de l'image, et, par consé([ueiU» la hase de Fobjet. De celle manière, l'image physique renversée ûv la rétine engendrerait daos le «rerveau une image physiologique redressée. Au milieu de la structure si cooqdexe du chiasma, ce second genre d entre-croisement est tout aussi admissibhi qne celui <[ue reconnaissent la plupart des auteurs. L un et l'autre ne sont ni coullrmés, ni démciUis par le scalpeL II est certain aussi que cette fusion des deux nerfs doit avoir son utilité el quelle ne peut guère être utile qu'en opérant des échanges de fibres. Or, en fuit de services pouvant être rendus par des échanges, la raison ne nous en fait pas enlrevoir d'autres que ceux qui «eraienl relaUGi à la vision simple avec les deux yeux et au redressement derimage. On seul argtnueril puiss4Uil s élève contre celte dnuble interpréUition, c'est qu'on a rencontré uue absence coogéuiale du cbJiLsnia cliet

quelques individus qui, pendant la vie, avaient paru voir dans les conditions normales. Mais dans une fouie de circonstances la nature se montre riche de ressources, et sur le terrain du fonctionnement, elle arrive souvent à remédier aux imperfections anatomiqucs par des Toies détournées. De ce qu'elle peut obtenir le môme résultat gans chiasma. il ne s'ensuit pas que ce ne soit pas lui, lorsqu'il existe, qui accomplisse le but, en sa qualité de moyen plus direct et pins approprié.

Sans être moteur par lui-même, le nerf optique peut, de même qoe ceux de sensibilité générale, provoquer des mouvements réflexes. Sous ce rapport, il est plus particulièrement lié au fonctionnement des nerfs qui, par l*intermédiaire du ganglion ophthalmiquc, animent les fibres musculaires de l'iris, c'est-à-dire du moteur oculaire commun et du grand sympathique. Quand on excite le nerf optique dans sa terminaison rétinienne ou dans sa continuité, aussitôt on voit la papille se rétrécir, en proportion mémo de l'inlensité de Tirritation. Dans cette circonstance, il est évident que la sensation subjective à laquelle on a donné naissance va retentir jusque dans les tubercules qaadrijumeaux et les pédoncules cérébraux, de façon à ébranler l'origine du moteur oculaire commun qui préside à la contraction des fibres circulaires de l'iris. Il n'est même pas permis de supposer que le nerf optique produit ce resserrement par action centrirugc, carie résultat est le même si, après avoir sectionné, on irrite le bout central, tandis que la titillation du tronçon périphérique ne modifie en rien la pupille. Ce que le nerf optique fait lorsqu'il est excité par des agents mécaniques, chimiques ou électriques, il le fait d'une foçon physiologique sous l'influence de la lumière. Toutes les fois qu'une lumière vive vient frapper ses extrémités rétiniennes, ii impose aux centres la mise en activité de la S"" paire, qui fait resserrer la pupille en raison même de l'intensité de l'impression reçue. Si, au contraire, le milieu dans lequel on se trouve est obscur, si les objets qu'on regarde sont mal éclairés, c'est le sympathique qui est mis en cause et il agrandit l'ouverliure pupillairc. En un mot, \e fonctionnement de l'iris est intimement lié aux impressions subies par l'appareil rétino-optiquc ; et cela devait être puisque ce diapliragme est avant tout appelé à doser la lumière ayant accès sur la rétine. On a nié, il est vrai, l'existence de ses fibres circulaires et radiées, on a voulu en faire un organe érectilc ou mémo purement Tascolaire et obéissant à une action plutôt calorifique que lumi-

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PHYîslOLOaiË DU SrSTiOlE NEKVEUX.

neuse. Mais dans un tissu érecLile il y a des trabécuies spécialeméat riches en fibres raiiscalaires. N*y aurait-il, du resle, que de* vaisseaux agglomérés, que ceux-ci auraient encore dans leurs parois des Obres-cellules soumises aux influences réllexes et sur lesquelles le froid et le chaud ne pourraient agir qu'au même tilro que sut le dartos. On a dit encore que le courant centripète du phénomène réllexe sq passait dans les filets de ropbthulmiquc. Que des modillcations réflexes de Tiris puissent prendre oaissance sous rinfluence d une impression non himineuse et apportée par un autre nerf q\i^ le nertopfique, cela ne fait pas l'ombre d'un doute ; que même il puisse s'en produire sur place, au sein de Tiris lui-raéme, c*esl probable, sinon certain, puisqu'il y a des cellules nerveuses dans cet organe ; mais cela u empécbe pas que le jeu de Tiris soit avant tout sous la coupe d'un centre plus général et plus élevé, l'encéphale, et que dans Texercice physiologique de la vision, ce centre obéisse surtout auxsolbcitationsdu nerf optique^ qui seul est à ra(:^rae de fournir les renseignements nécessaires pour régler d une manière exacte et rapide le dosage de la lumière. La preuve en est qu'après la section du nerf chez les animaux ou la paralysie de la rétiao chos l'homme, la pupille reste immobile. Or, dansée cas, les rayons caloriïîques et lumineux peuvent encore agir direcleraenl sur Tiriset lu 5* paire. Dans Tordre physiologique, le nerf optique peut encore provoquer un acte réflexe qui ne semble avoir avec lui aucune corrélation fonctionnelle, c'est celui de réternuement, acte qui, ordinairement, est provoqué par une titillation de la pituitaire et a pour but de balayer les fosses nasales par un courant d'air torrentiel mis en mouvement par toutes les puissances cxpiratrices. En elTet, beaucoup de personnes éternuent lorsqu'elles regardent en face un soleil très-briliant.

Anatornie et physiologie pathologiques, — Le nerf optiqne peut être victime de vices de conformation. 11 est dans la science des cas d'absence congénitale de la 2* paire. On a vu le chiasma manquer D'autres fois le nerf s'est montré dépourvu des vaisseaux centraux. Ce n'est guère que dan§ les opérations que la rétine et le nerf optiqne peuvent être lésés isolément pur des instruments tranchants ou piquants. En dehors de ces circonstances, les plaies capables de les atteindre comprom*.'tlenl forcément TolmI dans son ensemble, et 1rs phénomènes morbides afférents à la partie nerveuse delappareil do la vision âont noyés au milieu des désordres multiples qui en réâiit^

NKRF OPTIQUE. 211

lenl Cepeadant de Grœfe a vu un grain de plomb pénétrer par la papille dans l'épaisseur du nerf optique et provoquer avant tout un gonflement inflammatoire de ce cordon. Malgré sa situation profonde, cet appareil est fréquemment exposé à être contusionné par des ébranlements mécaniques sous l'influence do chutes ou de chocs sur la tête. Le docteur Berlin a fait sur des lapins des expériences directes pour étudier le mécanisme de ce genre de lésion. H a eu recoors à la fois aux investigations cadavériques et opbthalmoscopiques. 11 a constaté ainsi que le premier effet de lebranlement reçu était de resserrer les vaisseaux de la rétine, au point même de les e&cer complètement. Cet effacement est bientôt suivi d'une dilatatioa. C'est la réaction ordinaire du premier de ces phénomènes, qui n'est lui-môme qu'une contraction réflexe provoquée par l'impresgion centrale due à la secousse de la région. C'est l'insultus de la réline et du nerf optique, qui n'est souvent lui-même qu'un fait particulier de rinsultus général de la masse encéphalique. L'ophthalmoscope nous fournit en ce cas un spécimen du mécanisme. C'est bien nue anémie active et passagère, par suite de la constrictiou imtative des vaisseaux. Une heure après l'application du traumatisme, on aperçoit une opacité nuageuse, d'un gris mat, qui s'étend de plus en plus et qui se transforme peu à peu en une teinte blanche éclatante. Berlin attribue cet aspect de la rétine à une infiltration de flérosité fournie par le sang d'une hémorrhagie sous-choroïdienne. Cette cause me parait peu probable, en raison d'abord de la rapidité iTec laquelle cette modiflcation se produit et parce que la rétine prend un aspect identique à la suite de la section du nerf optique. Je crois plutôt que la secousse ressentie fait éprouver à cette membrane si délicate une modiflcation moléculaire qui en change la transparence. 11 se produit ici quelque chose de comparable à Topacité que prennent certains cristaux sous l'influence d'actions mécaniques ou de la chaleur. Lorsque le choc a été plus violent, il se produit aussi de petits foyers hémorrhagiques disséminés dans l'épaisseur de la rétine. S'il est plus considérable encore, ce sont des déchirures complètes qui se produisent, et elles peuvent tellement rarier qu'elles échappent à toute description. Dans ce dernier cas, l'exercice de la vision peut être devenu complètement impossible. Il est aussi plus ou moins compromis quand il y a de petits foyers apoplectiques, parce que ceux-ci rompent aussi la continuité des élémeots nerveux dans les points qu'ils occupent. Mais môme quand

il y a simple opacité, la vue perd encore, d'une maoière ootable, de son acuité, Fiscber attribue ee résultat à la paralysie des vaso-moteurs consécutive k ta conslriction primitive. Berlin préleod que dans cetle période de réaction, les vaisseaux nedépasseolpas le dianuHre normal, et il pense que la vue u'est qulndirectement g*^D6e par un astigmatisuie irrégulier, engendré lui-même par une vive irrilation des nerfs ciliairt's, irritalion donl lexistenee est démontrée par la résialance que riris offre dans ces circonstances à l'action de Tarropine. Qmq, dans la coolus^iou générale de l'œil, les nerfs ciliaires et l'iris soient exposés, autan l que la rétine^ à souffrir directement du traumatisme ; qu*il y ait môme fréquero ment, comme l'a constaté Berlin, une hémorrhagie péricrislalline ayaîit déplacé et déformé celte lentille, cela n*a rien que de naturel. Mais cela ne prouve pas que l'opacité de la rétine ne soit pas capable de rendre par elle-même ?on functioniiemeut moins complet. Un pbéoomône signalé par te même auteur esl le resserrement immédiat de la pupille, 11 semblerait que Tiris veuille fermer au choc raccès vers les parties profondes de l'œil, connue il le fait pour une lumière trop vive, et qu*il agisse ici sous t'influence de la sensation subjective déterminée par la conlusioii de fît rélinc. Mais il ml plus probable que le fait lient soit à rirritalîou directe des nerfs ciliaires, soit à l'hyperesthésie de la rétine, consécutive à Taccident,

Eîi dehors de toute influence traumatiquCp le nerf optique et sa terminaison sont souvent le siège d'une byperémie, sans véritable travail inûammaloire. La plupart du temps, la cause de cet afflux de sang n'est nullement locale, et Tceil ne fait que prendre part à une congestion de toute la léle. L'exercice trop prolongé de la visioa peut avoir le même résultat. Dans tous les cas, ce surcroît de la circulation locale donne aux éléments nerveux une plus gmnde activité fonctionnelle qui se traduit par de rhypereslbésie. La lumière ne peut plus être supportée. Il est des cas où sans doute l'hyperémie est moins prononcée el où l'tiyperesthésie ne se manifeste qu'à la suile ifim 1res- court Iravail. L'œil se fatigue beaucoup plus vite que dtiabilude. C'est qu'en effet le travait active toujours la circulatiou de l'organe qui fonctionne. Il vient donc augmenter la congesliou primitive et lui fait atteindre rapidement le degré nécessaire pour qu'il y ait hyiiereslbésie.

Lorsque riiyperémie est active, c'est-à-dire avec contraction spas* modique des vaisseaux, et lorsqu'elle peraiste, il se produit une in-

flanunaiiou qui peat siéger exclu si vement soit dans le nerf optique, soit dans la rétine, ou envahir simultanément ces deux parties de l'appareil nerveux. De là les noms de névrite, de rétinite et de névroréiiniie, mis c:i circulation dans le langage ophthalmologique. Dans la névrile pure, le processus s'arrête à la papille inclusivement. A /•ophlhalmoscope, celle-ci apparaît augmentée de volume. Elle est iK>ursouflée à la manière d'un bourgeon charnu et limitée par des bords frangés tout à fait irréguliers. Ce boursouflement semble plutôt passif qu'actif, car on constate que, dans ce bourgeon, les reines sont très-variqueuses, tandis que les artères sont relativement filiformes. Il est évident que le gonflement tient en partie à un obstacle mécanique apporté à la circulation. Enflammé dans sa conti- Diiité, le nerf est naturellement augmenté de diamètre et il se trouve probablement étranglé à son passage dans le trou optique, comme une hernie par le collet du sac. Ce genre de processus a une certaine tendance à ne pas rester limité ù, un seul nerf, tôt ou tard il s'étend à celDi du côté opposé. Le chiasma est très-probablement lemoy en anatomique de cette propagation. Le mélange qui s'opère là entre les fibres des deux bandelettes, et surtout la communauté de la charpente conjonctive qu'elles présentent en ce point, rendent la chose presque îDéTitable. La névrite peut naître sous l'influence de causes locales, c'est-à-dire intra-orbitaires, ou de causes intracràniennes. Dans le premier cas, il s'agit généralement de phlegmons et de tumeurs variées de l'orbite qui jouent le rôle d'épine irritante ou qui provoqnent une inflammation de voisinage. Dans le second, la névrite ne parait pouvoir être engendrée que par trois genres de lésions encéphaliques, les méningites de la base, les tumeurs intracrâniennes et les abcès du cerveau. Le mécanisme suivant lequel elles peuvent amener ce résultat est encore un objet de discussion. Grœfe, frappé sacs doute du boursouflement de la papille qui traduit incontestablement une gène de la circulation du nerf, prétend qu'elles n'exercent qu'une action purement mécanique et que ce n'est nullement à titre de corps irritants qu'elles produisent la névrite. Selon lui. ia tumeur ou l'abcès, en accaparant une partie de la cavité inextensible du crâne, augmente forcément la tension intracrànienne générale. Par conséquent, quel que soit le siège du néoplasme, il en résulte toujours une pression que subit le sinus caverneux au môme i vitre que les autres parties du contenu. De là une stase veineuse qui de ce sinus se fait sentir de proche en proche dans la veine ophthal-

PHYSTOLOCilE DIT SYSTft^îK NERVEUX.

mique et dans la veioe centrale de la rélioe. Le sang ainsi arrêté ou ralenti dans sa marche, laisse traiissuder aa partie séreuse; d*oû îmbibition et gonllemenl de la papille et du cordon nerveux, qui bienlôt se trouve bridé par le tissu fibreux de la sclérotique. Cet étranglement consécutif vient augoi enter de plus en plus le boorf^onflement de la papille, et le nerf optique s'enOamnie sous l'influence de celte conslriclion, comme le lait Tanse inlestinale dans la hernie étranglée. Une théorie qui doit être rapprochée de la précédente est celle de Schwalbe. Pour lui aussi, le nerf ne s^enflarnmc que consécutivement à la pression à laquelle il est soumis et à Tétraoglement qu'il éprouve. Mais l'agent direct de cette pression n'est plus le sang veineux entravé dans sa marche inlracrûnienne, c*esl le liquide céptialo-rachidien. Le nerf optique est, comme vous saveas, entouré de deux gaines. Entre ces deux enveloppes existe un espace relativement libre et appelé vnginfiL Selon cet auteur, il est en parfaite commuoicatioii avec ta cavité anfractueuse formée par les espaces sous-aracbnoïdiens. Les tumeurs, pour se faire place, sont obligées de relbnler une partie du liquide céphalo-rachidien, qui s'engage dans IVspace vaginal et exerce dès lors une pression concenlrique sur le cordon nerveux. Mauz a fait des expériences consistant h augmenter la pression inlracrànienne en injectant un liquide dans (*elte cavilé, et il a ainsi provoqué des névrites. Ko outre, il a constaté que non-seulement il se produisait une réplétion des veines, mais qu'une partie un liquide injecté s'intHlrait dans le nerf optique, ce qu avait déjà montré Scliw;dbe. H eu conclut que cette infiltration doit aidera la production de l'étranglemenL Galezowski^ laissant de côté les conditions particulières d'inextensibilîté du crâne^ ne fait intervenir ni la gène de la circulation, ni le refoulement problématique du liquide céj)îialo~rachidien dans Tespace vaginaL 11 ne voit dans la névrite que le résultat d*une irritation exercée par la lésion analoniiqne, soit sur le centre visud, soit sur le nerf lui-même. Ouel que soit son point de départ, riullammalion se propagerait ensuite de son lieu de naissance â l'extrémité périphérique do nerf. Il s'iippuie sur ce que, dans les observations de névrite d'origine cérébrale qu'if a pu réunir, la tumeur provocatrice se trouvait toujours dans le voisimige immédiat ou du centre visuel, ou du nerf optique. Dans ces derniers temps, Ahadie a proposé de mettre rinflammatioo sur le compte d'un trouble tro[duqne local comparable à celui que détermine la section du trijumeau au delà du ganglîou de Gasf^er,

dans les régions animées par ce nerf.— Les explications de MM. Grœfe etSchwalbe me semblent peu acceptables, tout au moins d'une manière absolue. Le boursouflement de la papille et les signes d'étrangiement que présente le nerf optique dans la névrite n'impliquent mllement [existence indispensable d'une augmentation quelconque de ia pression intracrânienne. Car tout organe qui est le siège d'une inflammation se tuméfîe, et comme le nerf optique traverse un orifice inextensible, le trou optique, il est exposé à être étranglé dans ce détroit, pour peu que son diamètre augmente, quand même rinflammation serait d'origine tout à fait intrinsèque. D'ailleurs un pareil mécanisme serait plus apte à engendrer un simple œdème qann véritable travail inflammatoire. Pour Tinterprétafion de Schwalbe en particulier, la libre communication de Tintervalle qui sépare les deux enveloppes du nerf avec les espaces sous-arachnoïdiens est loin d'être démontrée. Celle de Grœfe ne saurait, tout au moins, être appliquée à tous les cas, puisque Sesèniauve a fait voir que chez beaucoup de sujets la veine centrale de la rétine ne se rend pas dans le sinus caverneux et s'abouche avec le système vei- Tieni de ia face. Toutes deux ont contre elles ces faits, que les tumeors ne donnent lieu à une névrite qu'à la condition d'être situées de façon à agir directement sur le nerf ou sur les centres do la vision; que l'inflammation se développe, quel que soit le volume de la tnmear; que les apoplexies qui, elles aussi, augmentent le contenu dn crâne, n'en produisent jamais; qu'il en est de même de l'hydrocéphalie, qui cependant multiplie la pression intracrànieiine beaucoup pias que ne peut le faire une tumeur. A quoi bon, du reste, vouloir ici un mécanisme tout à fait spécial ? Je ne vois pas pourquoi, lorsque ^ous les tissus sont susceptibles de s'enflammer sous Tinflucnce des causes les plus diverses tant intrinsèques qu'extrinsèques, le nerf optique échapperait seul à cette loi générale. Lui aussi, évidemment, ^oit le faire dans des circonstances variables, et le mécanisme de la némte d'origine centrale ne doit pas être toujours le même. Lorsqu'elle est la conséquence d'une méningite, il est de la dernière évidence qu'elle u*est pas Vœuvre d'une simple augmentation de la tension intracrânicnne par les exsudations fibrino-purulentcs, mais \m d'une propagation du travail inflammatoire par continuité de tiaso. Car non-seulement la névrite ne coïncide qu'avec la méningite Insilaire, quoique celle de la convexité augmente aussi la tension iotraerànienne, mais, dans ces circonstances, ce sont les envelopi)es

PHYSIOLOnm ou SYSTÈME NERVEUX,

tlu Dcrf qui sont les premières onvahies, iout justemenl parce qu'elli se Irouvenl dani? uae certaine relation de conliouilé avec les mé-"' ainges, Lorsqu'olli* est la conséquence d'un abcès ou d'une lucntHir, e esl bien, eomme Ta dit Galezowski, :\ titre de corps étrangers el par voie d'imtalîon que ces produits agis?enl, puisque le voisinage enlre eux et rappareil visuel est indispensable et puisque leur volume n'a pas une iofluence proportionnelle. Dans certains casaiissi^ la nt'vrile peut n'être que Textension dune inflammation née spontauémenl dans les centres visuels. Kniin, elle peut se développer sur place par suite de modirtcations vaso-motrices survenues dans le uévrilùme do nerf, qu'elles soient isolées ou liées ûune perturbalion vasculaire d'uue région plus étendue. La cause première peut se trouver alors dans un trouble du grand sympathique, et comme le Irijnmeau emporte avec lui des fibres végétatives, il est possible que le tilet que le nerf optique reçoit de la 5' paire soit ici pariiculièrement mis en cause. Ce u'est (jue de celte manière que je comprendrais l'origine trophique invoquée par M. Abadie. Quel que soit son mécanisme, la névnte offre une symplomatoîogie qui est un peu en désaccord avec celle que fait nnltre dans les aulres organes un travail inflammatoire. Au lieu d'une exaltation fonctionnelle, cest plutôt une dépression qu'on observe. Il y a bien production de quelques [ïbénomènes subjectifs^ tels que les étincelles blanches ou bleues des arcs-eïi-ciel, mais il n'y a pas pliotophohie, Tres-peude temps au contraire, après le début de la névrite, l'œil devient presque insensible à la lumière; et fait qui accuse d*uue manière indirecte cette insensibilité, les pupilles présentent une dilatation excessive. Tavoue quil y a là des raisons qui semblent plaider en faveur du mécanisme presque passif invoqué par Gr^efe et t)ar Schwalbe, mais deux circonstances exphqnent cette anomalie apparente. Le point de dépari de la névrite se trouvant la plupart du lein[îs dans le crâne, ce n'eut que par propa^'ation quelle envahit peu à peu vers t'exlrémité périphérique du nerf. Or/avaul qu'elle ait atteint la rétine elle-même, elle enlle assez le cordon nerveux pour qu'il soit étranglé ûson passage dans le trou optique; et cet élranjîlement vient imposer un lecme à la propagation eu gênant rarrivée du sang, aliment indispensable de tout Iravail inllammatoire. Du moment où la rétine est respectée par la congestion aclive, elle n'a pas de raison pour être exaltée. La preuve que l'étranglement éprouvé par le nerf optique est bien la cause de Tintégrité de la rétine et de l'absence d'hyper-

esthésie, c'est qne lorsque la névrite est purement intra-orbitaire, comme cela a lieu dans les cas de syphilis, il y a uoe pholophobie excessive. Mais la constriction éprouvée fait plus que de limiter l'extension du processus inflammatoire. Elle rend bientôt difficile et même impossible le rôle conducteur des tubes nerveux. Ceux-ci ne peuvent même plus transmettre les impressions recueillies suivant ée» conditions normales par la rétine, et dès lors la lumière est incapable de provoquer des phénomènes d'hyperesthésie dans les centres visuels quand même ceux-ci seraient enflammés. Voilà pourquoi non-seulement il n'y a pas hyperesthésie, mais il existe même on certain degré de paralysie qui nécessite la dilatation de la pupille; ces phénomènes paralytiques sont beaucoup moins prononcés dans la périnévrite, tout justement parce que les tubes nerveux sont moins exposés à être comprimés par la tuméfaction de Tenvcloppe commune que par celle de leur charpente directe.

(Juoique nous ayons considéré la rétine comme étant, aux points de Tue anatomique et physiologique, la continuation et la terminaison spéciale du nerf optique, je ne crois pas que nous soyons pour cela autorisés à entrer dans tous les détails dont l'emploi de rophthalmoscope a enrichi la science. Ce serait certainement dépasser les bornes de ces leçons, qui doivent avoir exclusivemcnf pour but d'opérer un rapprochement entre l'innervation normale et l'innervation morbide. Disons seulement que la pathologie vient, comme l'anatomie et la physiologie, démontrer que la rétine n'est pas plus indépendante du nerf optique que ne Test le réseau oenrenx périphérique des cordons rachidiens ; car rien n'est plus fréquent que de voir une même maladie envahir simultanément les deux zones de l'appareil nerveux périphérique de la vision, comme l'indique la nécessité où les ophlhalmologistes ont été de créer le mot nivfiHrêHnUe. Seulement, comme le terrain se modifle en passant d'onezone à Tautre, il en résulte que le même processus morbide prend un caractère spécial à chacun de ces départements. Dans l'inflammation, ce sont certainement les conditions particulières d'étnnglement qui s'opposent le plus à l'envahissement de la réline. Dn reste, même dans la prétendue névrite pure, la rétine présente «myent çà et là des taches exsudatives et parfois de petits foyers hémorrhagiques. C'est surtout dans la couche fibreuse que la névrite tend à se propager, parce que c'est elle qui conserve le plus la lextnre du cordou nerveux, et surtout parce qu'elle est la plus riche en

PHYSrOLOrtfB DU SYSTftMK ISKRVEUX.

tissu cellulaire. 11 on rôsullc ce que les clifiiciensappellenî la fffimfff parenclujmatmse. Lo processus dornie lieu à iine prolifération de noyaux ri de fibret^ qui refoulenl et cléplacput les irradiations nerveuses d{* la papille. Il gagne plus diiliL-ik^meol le tissu cellulaire dos couclie.'' granuleuses, qui est plus rare et moins assimilable ao nêvrilème. Lorsque l'inflammaliou s*y eogage, elle y trouve sans doute un terrain moins propre à la ditTusion, car elle reste circonserile par foyers. En revanche, elleeonipromel, beaucoup plus que la rélinilê pareDchyniateuse, rinlégrilé matérielle des fibres terminales et des éléments de la couche de Jacob. De Grœfe invoque la proximilé plus grande de ces élêmenls. Mais n*y a-t-i! pas à tenir compte de ee fait qae, quand rinilaramatiou s*est arrOlée à la première étape, ils couliuuenl à être en coniiexiou normale avec les cellules gauglionnaires qui peuvent exercer f^ur eux une certaine influence trophique? Comoie troubles foDctionnels^ les altérations partielles de la rétinn produisent des lacunes dans le champ visuel, une diminution de l'acuité de ta vue, mais rarement une perle absolue de la vision, tout juslement parce que les éléments nerveux ne sont plus là réunis en un seul faisceau*

Les vaisseaux du nerf optique et de la rétine sont Bouvenl exposés ii se ronijire, en niisou soit d'un choc^ soit d'uu trouble de la circulation générale, soit d'une allénilion de leurs parois. De là des épanchements qui peuvent se montrer sur les difîérents points du nerf. Il s"en forme assez fréquemment dans le cbiasma. C'est dans ce point qn'ils eut rainent les conséquences les jdus considérables. Les fibres des deux bandelcltes s'y trouvant mélangées et subissant simultanément la compression, la vision peut être atteinte dans les deux yeux. Daas le cordon comme dans le ehiasma, 1 epaucbement. au moment où il se forme, peut donner lieu h une cécité tellement soudaine et complète que Gr*Efe croit impossible de l'expliquer par la compression simultanée de tous les tubes nerveux. Il croit que cet effet tienl plubM à raplatissement des vaisseaux par compression, el par suite 4 une anémie brusque du nerf. Peut-être y a-t-il, comme dans les apoplexies cérébrales, plus qu*un elTîiccment passif, une ronlraclion spasmodique réflexe, provoquée par l'impression duc à ta rupture, et qui est comme un remède instinctivement dirigé contre riiémorrhagie. Les épancbements entraînent des conséquences moins grandes dans la rétine que dans le nerf optique, parce que les tubes nerveux, en s*éparpillanl, acquièrent une certaine indépcn-

dance Tis-ù-Tis les uns des autres. Déjà dans la papille le tassement pstasseas diminué pour que les petites hémorrhugies ne g^^iicnt pas sensiblement la vue. Quel que soit le siège de i hémorrhagic, la sensibilité visuelle, lorsqu elle a été abolie, reparait en partie au bootd'an certain temps, parce que la contraction réflexe n*a qu'un teinps et surtout parce que le sang épanché est en pariic résorbé. Hais il n'en est pas toujours ainsi, parce que le défaut de nutrition et la compression subie par les tubes nerveux les altèrent, et le malade se trouve condamné à une cécité délinitive, malgré la résorption du caillot. En disparaissant, celui-ci laisse de petits amas dltématosine et produit des taches pigmentaires persistantes. Ces Tesliges d'hémorrhagies anciennes persistent moins longtemps dans la papille que dans le cordon, parce que la première est le siège de courants endosmotiques et exosmotiques beaucoup plus actifs. On rencontre chez quelques individus à teinte basanée unepigmenlalion du nerf optique qui n'implique pas Texislcncc d'une ancienne hémorrhagie. Elle est congéniale et exprime une aptitude particulière de la nutrition générale. Ce pigment, qui imprègne le tissu conjonctif et qui ne touche en rien aux éléments nerveux, ne trouble nullement le fonctionnement de la vue. 11 parait en être de même pour les dépôls de cholestérine que quelques observateurs ont constatés dans la papille. Les vaisseaux du nerf optique, particulièrement Tartère dite untrale de la rétine, peuvent être obstrués par une embolie. Le lait a été signalé par Yh*chow, Necker, de Grœfe et Jauger. H peut en résulter une cécité qui n'est que passagère, parce que la rétine reçoit encore des vaisseaux provenant des artères ciliaires qui se dilatent, à titre de suppléance, ainsi que l'ont démontré les expériences directes de Kugel.

Sons rinfluence de la pression qu'ils subissent dans la- névrite ou dans l'apoplexie, les tubes nerveux éprouvent très-souvent la dégénérescence graisseuse. Celle-ci aboutit, comme partout, à la résorpdoQ de la plus grande partie de ces agents anatomiqucs qui laissent à leur place une trame ccllulcusc criblée d'un grand nombre de corpuscules amyloïdes. Considéré dans son ensemble, le nerf peut arriver à être réduit à la moitié de son volume. Celte atrophie du nerf optique peut se produire d'emblée, sans avoir été précédée et engendrée par un travail inflammatoire. Cela a lieu sous l'infloence d*une désorganisation des parties de l'encéphale qui peuvent exercer sur loi une action trophiqne ou qui se trouvent être en rela-

lion fonctionnelle avec lui. Il se passe alors pour la 2* paire ce quv a lieu pour les racines motrices a))rès la destructioa des cornes ao^ térieures. (înpfe prùlend (jue les tumeurs du crâne peuvent la déle^*^ miner sans enflammer préalablement le nerf, simplement en }^ condamnant à l'inertie, par suite de l'entrave que leur pressiojj apporte à la transmission nerveuse. Suivant Galezowski, elle pouf. rait aussi reconnaître pour cause un défaut d'alimentation saDgiuQe dû lui-môme à une embolie de l'artère centrale. L'alrophie d'origioe inflammatoire vient rendre irrémédiable et plus absolue la paralysa visuelle, à laquelle donnait déjà lieu la névrite elle-même par on autre mécanisme. Mais lorsqu'elle est la conséquence d'une désorganisation centrale ou d'un défaut de nutrition, comme elle ne s'établit que lentement, tube par tube, la vue ne s'affaiblit que par degrés presque insensibles à travers les mois et les années. La vinon perd p(^u à peu de son acuité, et il vient un moment où le malade ne perçoit même plus les gros objets ambiants et ne peut plus se conduire. IVaprès WilhemschOn, bien avant que la cécité ne s'établisse, il survient des troubles dans la perception des couleurs. C'est d'abord le vert qui devient difficile à distinguer. Il donne la sensation du gris ou du jaune. Vient ensuite le tour du rouge et du janoe. C'est la perception du bleu qui persiste le plus longtemps.

Il est un genre d'a(ro])hie du nerf optique que Ton désigne à l'aide de l'épithôte grise, par opposition à la précédente qui mérite la désignation de blanche, en raison des colorations respectives qnc prend la papille en ces deux circonstances. La teinte grise est la conséquence d'une prolifération exagérée du névrilème et tradail par conséquent la sclérose du nerf optique, comme elle exprime celle des centres nerveux. Au fond, ce genre d'atrophie représente le résultat "d'une direction particulière prise par un travail in flam* matoire. Elle est une des voies dans lesquelles la névrite peut s'engager. Dans la névrite simple il y a afllux de sang, limité bientôt par la conslriction du trou optique, il y a surabondance d'exhalation plasmatique, puis plus tard d'imbibition séreuse résultant de Icntrîive apportée à la circulation locale; mais le névrilème n'est, pour ainsi dire, que gorgé de liquides ({u'il ne transforme pas en unités histologiques de sa propre substance, et lorsque Tafllux vient à cesser, il revient sur lui-môme, effaçant les vides qu'ont laissés les tubes détruits. De là une diminution notable et par suite une atrophie très-marquée de l'ensemble du cordon nerveux. Dans la

sclérose, le processus inflammatoire donne peut-être Heu à un afflux moins surabondant, mais plus plastique. Les noyaux du névriléme prolifèrent à l'infini et préparent ainsi une multiplication des plos actiTes des fibres conjonctives. Refoulés par ces éléments de nouTelle formation, les tubes nerveux dégénèrent et se détruiseul, mais ce travail d'atrophie est en grande partie compensé par l'hypertrophie du névrilèmc. Aussi la diminution de volume du nerf estelle peu marquée, et beaucoup d'ànatomistes ont substitué les mots dégénérescence grisekceuyid'atrophie grise. Au point de vue fonctionnel, les résultats ne peuvent que ressembler à ceux fournis par l'atrophie blanche, puisque la destruction des tubes ne peut qu'annihiler leur fonctionnement, quelle que soit la manière dont cette destruction 8C produise. Quant à la cause qui donne à la névrite cette direction, elle nous est inconnue. Tout ce qu'on peut dire, c'est que celle déviation nutritive est rarement exclusivement locale. Presque toujours elle est comme une manifestation excentrique d'une sclérose de l'encéphale ou de la moelle. Elle coexiste le plus souvent avec l'ataxie locomotrice. Il existe certainement une relation quelconque entre les cordons de la moelle et les divers centres visuels, car nous verrons d'autres nerfs de Tappareil de la vision être atteints dans cette affection.

La disposition du nerf optique en une tige s'épanouissant ù son extrémité périphérique, l'expose à un genre de déformation qu'on appelle excavation. Il se creuse en entonnoir au niveau de la papille. Ce phénomène peut se produire dans deux circonstances et suivant deux mécanismes bien distincts. Dans certains cas, il est la conséquence d'une atrophie par dégénérescence graisseuse. Dépouillé par résorption des éléments nerveux qu'il entourait, le tissu conjonctif delà papille se ratatine et produit un vide comparable à celui que déterminerait l'effondrement des lèvres d'un cratère. Dans d'autres cas, l'excavation, dite alors glaucomateuse, n'est plus le résultat d'une raréfaction du nerf, mais de son refoulement par le fait d'une pression extérieure. Ce sont les milieux de l'œil qui, augmentant de folnme, se font place aux dépens de l'épanouissement nerveux qui les coiffe. Quant à la cause première de cette hypersécrétion, elle se rouve sans doute dans le trijumeau. Nous l'analyserons donc à propos de celte paire crânienne. L'excavation par atrophie coïncide lâturellement avec les troubles paralytiques qu'entraîne la dégénéescence dont elle n'est elle-môme qu'une conséquence. L'excavalion

glaucomtileiieo respecte davantage le fonctionnement de la vue. La senglbiUlùaux couîeors persiste longtemps, tout justement parce que prijcîaut un certain temps Uis élémenls nerveux ne sont que refoulas et comprimés, tandis iiue dans Tatrophie leur deslruclion précède la formation de l'excavation.

Ce qiîi, dans Tordre pathologique, distingue avant tout le nerf oplii]ue de la rétine, c'est Taptilude tin offre celte dernière à donner naissance à des tumeurs comprises imlrefois sous le nom géûéTitiue de cancer et appelées depuis, par Vircliow» fjliomc^. Eîles sont formées par des amas considérai>les de noyaux qui se i-approchenl beaucoup des éléments normaux de la couche granuleuse et qui rappellenMesmyélocylesdeseenlres nerveux. Ans:r;i Uobin et Knapp n'iiésileut pas h les regarder comme résultant dune proliférutiou des éléments nerveux de la concfie granuleuse* Mais, s'appuvunt sur l'étude approfondie des différentes phases de leur développemeul, hvauoff, de Kiew, croit pouvoir allirmer qu'elles se produis^ent aux dépen:> des cellules du lisi^ti cellulaire qui siège dans la couche fibreuse. Par contre, le nerf optique paraît Irés-aple a jouer un rôle important et souvent initial dans la production des mijipômes de Torbite. Le fuit a été observé par Siebel fils, Roux, Brescbet, de Gra'fe et Roibmond. Enfin, chez un Fujet syphilitique, Giraud-Teulou a trouvé une tumeur gommeuse dans l'épaisseur même du chiasnaa ; chez un aulre^ observé par Dittrich, le nerf était transformé en une masse d'un gris sale.

La perte de la vision peut se rencontrer sans que le nerf optique ni la rétine paraissent être altérés matériellement. Cela s'observe quelquefois chez les dialiétiqueSi les alcoolisés et les hystériques. Pour l'amaurose hystérique en particulier, Galezowski l'attribue à un spasme des vaisseaux rétiniens qui produirait une incapacité de la rétine par anémie. Mais comme généralement il y a en même temps anesthesie de tous les autres genres de sensiblihté, il est plus probable que la cause est centrale et tient à une modification de la couche optique. Du reste, l'amaurose se montre presque toujours 4 gauclie dans ces cas. Or, c'est aussi de ce cùlé qu on observe ordinairement la paralysie de la sensibilité générale. En outre, il est probable que le .une maieria est purement apparent et tient à Tiosufiisance de nos moyens d'investigation, car il finit par survenir une névro-rétinite ou une atrophie papillaire*

Reste une deruière question qui peut s'appliquer à toute espèce de

iNKHF OPTIQUE.

lésion « vu qu elle touche plutôt à leur siège qu'à leur anture, et qui intéresse au plus haut poiut la solution à donner sur la structure du cliiasma. Tlicoriquemêiit, d après T opinion classique, une altération occupant exclusivement la moitié externe de l'une des bandelettes devrait compromettre uniquement le Ibnctionnenient de la moitié externe du même côté ; une lésion n'occupant que la moîtié interne de l'une des bandelettes délruirail la vision dans lu moitié interne de la rétine du côté opposé; une lésion de là totalité d'une bandelette ou d'un hémispUére cérébral devrait paralyser à la fois la moitié externe de Tune des rétines et la moitié interne de 1 antre ; la des* Iruction du centre du chiasma devrait rendre amaurotiques les deux moitiés internes des deux rétines; celle d'un de ses bords latéraux devrait retentir sur la moitié externe de la rétine du mémo côté. Malheureusement, sur le lerraio de la clinique, les choses sont loin de se présenter avec cette rrgularilé mathématique. La plupart du temps, les lésions du chiasma, quel que soit leur siège, compromettent les deux yeux dans les mêmes proportions. D'autre part, dans les maladies cérébrales, il arrive très-souvent quXiu seuï œil, ordinairement celui du côté opposé, se perd dans sou entier ; puis qu'ultérîenrcmenl Fautre œil devient à son tour malade» mais tout aussi bien dans sa partie externe que dans sa partie interne. Ces derniers faits sont certainement de nature à donner raison à ceux qui admellenl un entre- croisement complet et ù condamner la théorie de Vollaston, c'est-a-dire celle de l'entre-croisement partiel liais les connexions de Tappareil nerveux de la vision sont si nombreuses, leur texture est si compliquée, il y a tant de circonstances variées qui peuvent intervenir dans chaque processus morbide, que Ton conçoit parfaitement que les résultats puissent dévier à chaque instant de leurs directions naturelles. Le chiasma est reîativemenf un point si limité, qu une altératiou quelconque y reste rarement circojiscrite, d*autant plus que les éléments nerveux s'y trouvent plongés dans une gangue commune. D'autre part, c'est prestîue toujours par nue névrite qu'une tumeur cérébrale produit Tamaurose. Or, l'inflammation d'un nerf a plutôt pour tliéâlre son névrilème que ses éléments nerveux, et le névrilème d'un cordon nerveux forme une seule et même charpente dont rifillammaliou envahit toutes les parties, sans s'inquiéter de l'origine des tubes que cehes-ci entourent. Bien des fois, dans les cas de dcgLiiérescence, le cealre, que Ton regarde comme ayant été primitivement atteint^ ne

PHYSlOLOCilË DU SYSTEME NERVEUX.

l'a été en réalité qu'à la suite d*aû irouble Irophique né à la périphérie, en venu d'un processus ascendant et non descendanL Sou* vent le troeble Irophique s*est montré sur place partout à la fois et a pris sa cause dans un éial ilu sympathique. Or, ceiui-ci procède par moilié latérale, sans s'inquiéler des déciissatioiis que les nerf*? crâniens peuvent contracier entre eux. Enfin raiïaiblissement do la sensibilité dans une seule moitié de la réiine n est pas toujours trèsfacile à conslater et peut avoir précédé l'anuiurose complèle sans qu'on s'en soit aperçu, D ailleurs lliémiopiea pris rang depuis longtemps dans la science ophthaimologique. Très-souvent on la rencontre avec le caratUère d'aheruance qu'exige la théorie Vollaston ; si dans certains cas elle porte au contraire sioiuïtanément sur les deux moitiés internes ou sur les deux moitiés externes, ces anomalies apiiarenles peuvent toujours être expliquées par des lésions purement rétiniennes ou par des altérations du chiasraa. Eu présence de la diniculîé où l'on est de juger la questioa cliniquement sur Tespèce humaine, on a eu fréquemment recours à l'expérimentalion sur des mammifères. On a lail sur les bandelettes des seclious qn'on pouvait limiter à volonté. Les uns onl constaté des atrophies coDSécutives el parlieîles en parfait accord avec Tidéc d'un entrecroisement parliei. Les autres n'ont pas obtenu les mêmes rcsulULs. Mais on peut reprocher à beaucoup d'entre eux de n'avoir pas attendu un temps suftisamment long, car Tatrophie appréciable à l'œil nu ue se prodnit que longtemps après la dégénérescence graisseuse des tubes, lorsque les granulations qui en résultent ont été résorbées et que les gaines de Schwann se sont fusionnées avec le névriléme. U est probable que si, à lepoque où ils ont sacrifié leurs sujets, ils avaient eu recoui^ au microscope, ils auraient coustalé un travail régressif là où l'œil n'apercevait encore aucune modihcatioii.

Kerf molenr cwolalre oodudqb.

Constilution anatomvjue, — Ce nerf naît de la face interne des pédoncules cérébratix, au niveau de la jonction des plans inférieur et moyen de ces cordons, ii égale distance de la protubérance el des tubercules mamillaires. Il se dirige ensuite oldiquement en haul» en dehors et en avant , il se trouve ainsi, pendant la première partie de SOQ trajet, compris dans l'espace iuterpédoncutaire* C'est là un fait

NERF MOTEUR OCULAIRE COMMUN

qui a pour lui de sùritîuses coaséquenccs paLhologiqui*:?. Il s'engage ensuite diins fépaisseur de la paroi exleme du sinus caverneux où il reroit deux iiuiistomoses itnportaiiles. Là, en effet, il s'adjoint plusieurs fiiels provenant des rameaux carolidiens du grand âyinpa- Ihitiue et un filcl reîati veulent gros fourni par l'opliilinlniique de Williis. (Iclte addition lui crée des condilious physiologiques non vêliez. Hu quill?inl le t^inns, il se dirige en bas et en avant et péuelrc dans Torhite par la parlii* la plus large de la fente sphenoCtlale, Il se divise eu deux branches dont l'uac^ mpérieurc, se rend dans le

^tàmUar dùta^panpunçit

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l«e 4c l» y p»lro.

muscle droit supc rieur cl fournit quelques lllets i\ VêlcvaUitr de la paupière supérieure, et dont Tautre, dite inférieure.^i* partage bieu- 161 eiî trois rameaux distincte : un de ces rameaux se porte en ded{inî$ et va i^'épuiser dans le muselé (Iroil interne; un second BbonMt nu droit inférieur ; etihu ïe troisième est destiné au jïefiV ohiique. Avant de pênéïrer dans ee muscle, ce dernier rameau fournil la rncuie molrice du ganglion ophihalniitiue , par Tînlermédiairc du(tiu't il roncourt à l'innervation de l'iris et du umsclc dlîaire. IVe ces modes de division et de distribution, il résulte que rinnervation de la juuiinêre et du droit supérieurs noiïrc pas avec

roixcAiii'. ill. -* 15

PHYStOLOGIE DU SYSTEME NERVEUX.

celle de& droits interne et infërteur, du petit oblique, de Tiris et du muscle ciliaire une solidarité pattiolof^iquc aussi grande que wllc que présentent entre eux îe.^ orf^^anes de chacun de ces deux groupes.

Physiologiô normale. — Par lui-même ce nerf est cxclusivemenl moteur. Ou a beau le pincer, l'irriter de toutes manières auprès d« soo origine, laîiimal eu expérience ne manifeste pas la plus légère eouffraïke et on ne détermine que des conlraclions des dilTérenls muscle?? désif^nés dans le seliéma précèdent. Toulefoi!?, ces résultats de nature purement luotrice n'ont iieu seuls qu^autaut que l'excitation porte entre les pédoncules et le sinus caverneux. A dalerdc ce dernier point, le nerf nVsl plus complètement insensible*; mais évidemment ce n'est là qu'une sensibilité dïvmpmnt, qui est due à ranusloniose envoyée par l'ophllinlmique. L'exL^lence de i*ette anastomose et de cette sensibilité est une réponse péremptoire ii opposer â ceux qui n'admettent pas le sens musculaire et qui prétendent même que les muscles sont dépourvus de toute espèce de sensibilité, car la ;i" paire se rend exclusivement à des fouscles. Du reste, ceux qu elle innerve avaient besoic d'être doués d*un sens musculain* excessivement délicat, vu qu'ils sont appelés à exécuter des mouvements d'une précision malhéinaliqne. 11 est prohalde que Texcitation ou la section du nerf, au delà du sinus caverneux, donne lieu à des troubles vaso-moteurs qu'elle serait incapat^îe de produire en deçà ; mais ce geniT de moditications est bien diflicile à constater dans un théâtre aussi restreint. Néanmoins il est plus que probable que les libres émanées du sympathique ipii viennent s ajouter h la 3* paire copient les modes dr division iH de distribution suivis par TanastomofiD provenant de ropbthalmique, et qu'elles se répartissent entre toutes les branches terminales du moleur oculaire commun. De celte façon, ctiacnne de ces branches apporte avec elle trois cléments physiologiques bien distincts et indispensables, ragent excitateur de la contraction, l'agent régulateur du mouvement, Tagent dispeiisaleur de ralimenliilion nialérieile et dyjiamn[ue du muscle.

An point de vue. fonctionnel, on peut dire que le moteur oculaire commun est affecté exclusivement û l'appareil de perfection nemeul de la vision avec les 4* et 6* paires. 11 préside concurremmenl avec elles ù ces mouvements variés qui réalisent pour rœil les avantages que peut procurer à un télescope ufi support muni de nom-

NERF MOTEUR OCULAfRE COMMUN.

brouses articiïlations. C'est grâce à cqs nerfs el aux muscles de Torbite que nous pouvons dùphcer le champ visuel dans toutes les directions et porter nos yeux, pour ainsi dire, au-devanl des objets que nous voulons coosidérer. Pour sa part, la 3* paire intervient plus particulièrement pour permettre h vue des objets situés ou en bas, ou ou baut, ou de côté. D*autrc part^ elle contriliue au succès de la vision simple avec les deux yeux. Elle joue, comme oerf, le rôle le plus important dans rharmonisatioii de? mouvements associés qui font que les deux images produites par chaque objet viennent tomber sur des points identiques tfes rétines el engendrer ainsi une seule et même sensation. En troisième lieu, la 3" paire concourt, par rintermédiaire de la courte racine du ganglion ophthalmiquc, au dosage de la lumière autorisée à impressioaner la rétine. Son rôle, dans cette circonstance, est de prémunir le nerf optique contre un ébranlement trop intense. Rn resserrant Touverlurc pupillaire, il rétrécit le pinceau de lumière admis à pénétrer dans les profondeurs du globe oculaire, tandis que le sympathique est au contraire chargé de dilater la pupille et de faire profiter la rétine de toute !a lumière que peuvent réfléchir les objets mat ôclairéfl. Vont compléter cette théorie classique, on admet Inexistence dans riris de deux ordres de fibres musculaires, des circulaires et des radiées, el animées, les premières par le moteur oculaire commun^ les secondes par le sympathique. Cependant, il faut le dire, dans l'expérimentation la vérité de cette interprétation est loin de ressortir d'une façon nette. Cl. Bernard a attiré le premier l'attention sur ce fait qu'après rarrachement de la 3* paire la pupille cet bien Irès-dilatée, mai.^ que tout en restant dilatée elïen*a pas perdu pour cela toute aptitudeà se resserrer; qu'elle le fait seulement dan*' une moindre étendue. Il ne faut pas toutefois s'exagérer la valem de cette objection, car elle prouve seulement que la 3* paire n^exerce pas sur les fibres circulaires une influence complète el exclïistvc. Mais remarquez d'abord que les oscillations que firis est encore susceptible d'exécuter après rarrachement sont excessivement faibles el souvent partielles. Or^ la possibilité de pareilles contractions peut parfaitement se comprendre, même avec un seul nerf moteur crânien ayant des connexions avec l'iris, du moment où les cordons nerveux doivent être regardés comme de simples excitateurs et non comme une voie de transport d'un fluide qui ne pourrait absolument prendre naissance que dans l'axe cérébro-

spiiiat. L'agent direct des mouvements de Tiris so trouver, en déûnitive, dans le ganglion ophlhalmiquG; peut-ôtre mémQ y a-t-il des agents divisionnaires rôalises par le réseau périphérique iridien. Dans lou? les cas^ c'est dans le ganglion que se Irouve ladminislnition locale de tout le système ciliaire. C'est là que se Irouvenl lc4S cellules motrices provoquant directement le mouvement. Ces cellules n'ont point d'activité spontanée; mais en dehors de loule« relalions avec le sympathique et l'axe céréhro-spinal, elles peuvent faire contracter tes libres musculaires de l'iris au reçu d'une impression inconsciente née dans ce diaphragme lui-même et apportée par les nerfs ciliaires s(msilifs. Tout se passe alors exclusivemeol entre les agents particuliers de l'administration locale. C'est ce qui a lieu lorsque l'iris subit un coiilact phis ou moins direct ou lorsqu'il est le siège d'un processus pathologique irritant. G est ce genre de resserrement lent et peu énergique que le ganghon peut encore faire exécuter chez les aeimaux auxquels on a pratiqué l'arrachement de la 3" paire. Mais toot en étant susceplihle de produire ainsi des manifestations autogèues, ce ganglion est appelé avant tout à obéir à des influences nerveuses extrinsèques, Voici^ eu effet, comment je comprends son organisation. Parmi les cellules motrices qu'il renferme,, les unes sont affectées aux libres circulaires, les autres aux libres radiées. Toutes reçoivent, d'une part, des filets ciliaires sensilifs et peuvent entrer en action sons leur influence. C'est le fait que nous venons de signaler- mais elles reçoivent, d'autre part, les premières (celles des fibres circulaires) des tubes provenant de la :i* paire , les secondes (celles des Rbres radiées) des tubes venant du sympathique. On a ainsi la reproduction de ce qui existe pour la moelle. Ces deux ordres de tubes sont pour cllcj ce que les fibres encéphaliques des cordons antérieurs sont pour les cellules des cornes antérieures. Ils jouent vis-ù-vis d'elles le rôle d'excitateurs d'origine centrale. De même que pour les Fibres encéphaliques, la slimnlalion est beaucoup plus énergique lorsqu'elle est apportée aux celhiles par l'un de ces excitateurs, que lorsqnelie provient d'un nerf ciliaire scnsilif. Au cas particulier, les contractions sont en outre plus rapides ci plus générales. Celtes des fibres «'irculaires prennent surtout ce caractère d'inslanlanéilé propre aux mouvemenls volonlaires, parce que les tubes et les cellules qui leur correspondent sont tout justement en connexion avec un nerf de lu vie animale^ le moteur commun. Cette instautauéitc était nécessaire, puisqu'il ô*agil

NERF MOTEUR OCULAIRE COMMUA

de faire varier rouverture de la pupille avec promptitude , suivant riiUenmté de l'éclairage du moment. Mais malgré leur origioe crà- DÎeiuié, malgré lii vitesse des effets qu'ils produisent, ces tubes particuliers de la 3"^ paire iVobeissenl pas à la volonté. Cela devait tUre, puisque leur action vise un but nécessaire qui ne pouvait être abandonné à notre fantaisie. Ici les fibres excitatrices fournies par la 3» paire sont mises sur te même pied que celles qui émanent du sympathique. Elles n'agissent que par action réflexe. Les unes et les autres otiéissent tantôt à une ijnpression tactile née sur la conjonctive au contact d'un corps étranger el apportée a l'encéphaîe par l'ophtlialmique de Villis , tantôt à une impression visuelle née stir la rétine sous rirdlnence des ondeg lumineuses et apportée par le nerf optique. Mais c est surtout avec ce dernier nerf que le moteur commun et le sympathique se trouvent liés d'une manière réflexe. Dans de telles conditions, le moteur commun n'en reste pas moins le seul nerf présidant à ta protection de la rétine contre une lumière trop vive. C'est lui qui associe son action avec celte du sympathique pour proportionner la pupille à féciairage des objets et aussi â leur distance, parce que la lumière perd de son intensité en raison du carré des distances.

Deux difficultés restent cependant pour concdier les faits expérimentaux avec cette manière de comprendre J organisation de Tiunervation de l'iris. La section de la 3* paire produit bien une dita* talion très-grande de la pupille et une immobilité presque comptète de cet organe; on reconnaît fnen par là qu'elle donne les coudées franches à l'antagonisme du sympathique ; mais quand on irrite le nerf moteur lui-même, on ne fait pas resserrer Tiris, même quand on a respecté la continuité de ce nerf, Or,d"habitude lorsqu'on titille le bout péri [di crique d'un nerf nioleur, on provofpie toujours des contractions du muscle dans lequel il se rend, même quand il doit encore traverser un ganglion. Mais les tubes affectés à ta contraction de la pupille sont seulement ceux qui entrent dans la composition de la courte racine ; ils ne la forment même pas entièrement, car il en est un certain nombre t[ui sont destinés au muscle de Bowman. Or, ces quelques tubes se trouvent plus haut, comme perdus dans le tronc du moteur, et l'irritation produite sur lui û l*aide d'an scalpel peut fort bien ne pas les atteindre* Il est vrai que la galvanisation, que l on suppose disséminer davantage son action, n'a pas plus de succès. Mais, au cas particulier, Inapplication de Télec-

Iricité présente de telles difllcultés (pie son influence peut fort bieo m pas se géDéraliser.

La seconde difliculté est beaiK'onp pins embarrassante. CL Ber*^ nard a coDstaté dans ses expériences que, chez les aniniaux ayant préalal>lement subi farnichemenl de la 3* paire, ou déterminait un resserrement brusque et trés-uiarqué de la pupille au momeDl où on pratiquait la section iatracràîiieiuie du trijumeau. Or, cette section ne peut agir ici que par un ébrauleinent seusitif transmis au cerveau et répercuté sous une forme motrice vers les cellules ganglionnaires afférentes anx fibres circulaires, et le seul nerf qui, pour nous, rattache directement ces celUdes à lencéphale ^e trouve ju5teinent supprimé. Bernard pense que, dans ce cas, l'inlluence réflexe de l'encéphale arrive au ganglion par la voie indirecte du sympathique, que par conséquent le moteur commun nVst pas le seul nerf capable d'agir sur les libres circulaires de î'iris et que le sym* palhique psu-tage ce droit avec lui. Mais je ne peux voir là qu'un de ces phénomènes accidenlels de diffusion dont la substance grise périphérique nous fournit quelquefois des exemples dans l'état pathologique. Ou ébranlement aussi considérable que celui que donne à tout le .«système nerveux la section du trijumeau a bien quebiue chose de morbide. N'importe par où il arrive, il peut, vu son inlenaité, se communiquer aux cellules non directement touchées, li eat bien probable, en effet, qull est amené dans le ganglion par le sympathique et qu'une fois là il se propage par voisiiiage aux cellules des libres circulaires, qui agissent alors comme si elles avaient été ébranlées par le moteur commun lui-même. Quoi qu'il en soit de cette explication^ il est bien certain que te fait apparaît dans des conditions extraphysiologiques, et il ne faut jamais conclure de pareilles conditions à 1 état normal. Or, on ne saurait conte-ster que, dans l'ordre naturel, c'est la 3' paire qui est chargée de présider au resserrement de La pupille pour les besoins du dosage de la lumière, puisque^ quand elle est supprimée, ce dosage ne se fait plus. Son rôle n'en est pas moins incontestable, quel que soit le mécanisme suivant lequel elle raccompht.

Enfin la 3* paire peut être aussi considérée comme jouant un rôle" important dans l'acte de Faccommodalion, c'est-à-dire dans la production de ces modiûcalions incessantes de Tappareil tie la vision qui font que la rétine se trouve toujours au foyer lumineux des objets regardés, quelle que soit leur distance. Ce phénomène a été

NERF MOTEUR OCULAIRE COMMUN

Tobjet d'iui pjrand nombre d'iolerprétalioiïs, mais on s accorde ^<*néralement à raUribuer aujourd'hui à la présence d*un praiid nombre de filires miiR-ulfiircs lissirs diius la clioroMiv Ces ril>res, com[»rises SUU8 lu [loiu général de museks ciliaires nu de Botoman, sont de deux sorles : les unes, circulaires, encadrent la grande circonférence du crislaliîn et sont parfaitement disposées pour exercer sur celle lenUile une compression capable d'augmenler sou diamètre autéro-postérieur ; les autres, longitudinales, coiiT<*nt, pour ainsi dia», le corps vitré et, en se contractatit, empochent ce ^lobe semi- liquide de fuir devant répanouisseuicnl du erislallin. Kîles forcent ainsi le diamètre antéro-poslérieur dé cette lentille à n'empiéter qu'eu avant, el il en résulte que dans toules les circonstances la distance entre la rv^Une et la face poslcrteure du cristallin reste toujours la nR^ne, ce qui êtail nécessaire au pomt de vue de l'optique. L'ensemble de ces fibres musculaires est pourvu d'un riche plexus relié an gan^'iion ophlhahiûqne par plusieurs filets dits ciliaires . Tout porte à penser que ces filets contractent dans le ganglion des connexions avec la courte racine émanée de la 3" j)aire, car quand celle-ci est sacrifiée d'une manière qnelconqoe, îe travîiil d'accommodation ne parait plus s'effeeluer. Chez ies animiuix il est dilTicile de juger de la chose. Cependant leurs allures judi(|uent qu'ils ne voient pas nettement ce qui les entoure, quoique leur rétine ne soit al teinte en rien. Dana Tespèce humaine, la pathologie pL-rmel de se reudre un coraple plus Piact de la cause réehe de ilmperfeclion de la vision.

Anatomie et physiologie pathologiques, — La 3" paire subit fréquemment des influences de voisina^^'c. Kn raison de sa situât loti et de son trajet, elle se trouve compromise par la plupart des tumeurs de la base. Son pa.'fsage dans l'épaisseur du sinus caverneux l'expose à être comprimée par les thromboses de ce canal veineux. Mais c'est surtout sa position particuhére dans l'espace mterpédonculaire qui la force ù jouer un grand rôle sur la scène pathologique.

, Cesl lîi, en elîet, ïe bert'eau de prédilection desgraimlations méningitiques* Vussi c'est elle qui alimente le plus la syjuplomatologie de la méningite tuberculeuse. C'est aussi elle qui subit le plus souvent les effets de la syphilis constitutionnelle, particulièrement pendant la période tertiaire. Cette prédilectiou tient encore a la aituation inlerpédonculaire de ce nerf, car le processus morbide provoqué dans ces circonstances pai* le virus syphilitique consiste dans une ménin-

[gite chronique dont le foyer prmcipal siège en ce point. 11 se fait

PHYSIOLOGIE DU SYSTl'vME NER\^UX.

même, particoîièremenl autour du cordon iicrveiLX, im exsudai cpii tend à leaglober et à Ti^louffL-r. Esmarch a tu. sous l'iaflueiice de la sypliilis, la 3*" paire acquérir uue rpait^setir triple de son Tolume jiormal el ûtre transformée en une masse homogène^ lardacée et grenue. Diuis les mêmes circonstances^ Virchow l*a rencontrée luméflée et infiltrée d^nn tissu rougeâtre. Ce nerf peut encore tHre compromis par daylrcs genres de lésions syphilïtiqu<?s, une périostile mi unt5 tumeur f^ommense. On en a vu souvent siéger au niveau de la scile lurciquo,c'cst-à-dirc dans un point où le moteur commun est dans l'impossibilité de fuir devant nue romprussion de voisinage. Dans rorbite, ce nerf peut encore rencontrer des causes de pression du même genre. Il est unt* autre espèce d'infection qui rejaillit aussi souvent sur la 3' paire, c'est la diphthérie. Les deux moteurs sont génémlemenl atteints en même temps. Leur altération coïncide presque toujours avec celle des nerfs du voile du palais el est évidemment de même nature. En certaines circonstances^ ils peuvent être atteints dans leur noyau d'origine : ainsi dans le cas d'épanchémeut ou de tumeur des pédoncules cérébraux, La cause ptunuibatrice peut être ellicace, tout en étant moins directe, comme lorsque l'épanchement ou ta tumeur occupent le pont de Varole au point d'émergence de ce nerf. 11 peut être intéressé dans les cas de Iranmutisme de la tête, quand le choc arrive à produire une fracture indirecte* de la fente sptjémiidale on un épanchement sanguin de^ méqingcs capable de le comprimer dans son trajet iutracrâiûen. Les tumeurs et les phlegmons de Torbite peuvent enfin troubler le fonctionnement de tous les nerfs de la région iutra-orbitaire. Mais le moteur commun est plus exposé que tout autre à subir ces conséquences, en raison même de la multiplicilé de ses bnincheâ, qui viennent le représenter aux ([ualre points cardinaux de l'orbite.

En raison même de sa nature exclusive, le moteur commun, dans CCS différentes circonstances, ne peut donner lieu qu'à des troubles moteurs. Lorsque la cause morbide î^iége au niveau ou au delà du sinus caverneux, il est évident qu elle peut aussi troubler la sensibilité des muscles de l'orbite; mais la perle de ce sens musculaire est comme non avenue, du moment où le mouvement est devenu lui-même impossible. Comme loujours, la motilité mise sous ta dirtKîtiûn de la 3* paire peut être ou supprimée ou exaltée. Suivant le siège el l'intensité de la cause pathologique, la paralysie est ou générale ou partielle. Dans le premier cas, elle éclate presque touj ouf i

NERF MOTEUR OCULAIRE COMMUN. 233

subitement et est engondnkï soit par la syphilis, soit par une alTectioo cérébrale qui compromet directement le tronc originel. On constate alors presque immédiatement que les mouvements de l'œil, ea haut, en bas et en dedans, sont abolis, et que le globe oculaire ne peut plus exécuter que les mouvements de rotation dus au grand oblique ; que Tœil est constamment entraîné en dehors par le droit esteme dont la tonicité n'est plus contre-balancée par celle du droit interne ; que la paupière supérieure masque une grande partie du globe oculaire et qu'elle est devenue incapable de se relever ; que la pupille se maintient dans un degré moyen de dilatation et ne varie plus sous l'influence de la lumière ; enfin, que l'œil dans son ensemble est pins saillant , qu'il se porte en avant comme s'il voûtait sortir de l'orbite, non pas qu'il soit augmenté de volume et qu'il déborde de cette cavité, mais parce que la plupart des muscles étant tombés dans le relâchement, il n'est plus maintenu en arrière d'une manière aussi ferme. On dirait qu'il est mal attaché. La rétraction du grand oblique concourt encore à la production do ce léger degré d'exophthalmie. Lorsque la cause centrale étend peu sa sphère d'action et n'agit que sur une partie du tronc commun , ou bien lors([ae la cause est intra-orbitaire et ne compromet qu'une ou deux bnnebes de terminaison de ce nerf, la paralysie reste naturellement limitée aux muscles correspondants, et l'on observe exclusivement 8oit un prolapsus de la paupière, soit du strabisme, soit une mydriase. Le premier de ces phénomènes est regardé comme étant celui ({ui se montre le plus souvent d'une manière isolée; mais je crois qu'on doit, au contraire, accorder le premier rang à la mydriase. Je la rencontre à chaque instant dans ma clientèle. C'est là d'ailleurs un symptôme qui passe facilement inaperçu et qui sert fréquemment de manifestation au virus syphilitique. La paralysie des muscles droits, lorsqu'elle existe d'une manière isolée, est le pins souvent en même temps incomplète et peut être facilement aussi méconnue. Le strabisme n'est alors constaté qu'à l'aide d'un examen attentif, et ce qui frappe le plus c'est que pour se porter en dedans l'œil est obligé de faire préalablement des tentatives désordonnées qui lui communiquent un tremblotement général. H est impossible de juger de l'existence d'une paralysie isolée du petit oblique, car la déviation qui en résulte est presque nulle. 11 est des cas assez nombreux où la perte de la motililé porte non-seulement sur toutes lea branches d'un même nerf, mais sur celle des deux

234 PHYSiOLoaiK du système nerveux.

moteurs communs ù la fois, ce (\uï s'explique parfaitcmenl, pu^ qu'ils sont Irès-rap proches i un de l'autre dans rtîspucc intcîrpédç;:;;^ culaire, et (jut; là ils peuvent iHro égalenuMit soumis à Tinfluex.^^. d'une m(Mne cause centrale de compression.

Les phénomènes d'exaltation peuvent consister soit en des spa^i^j^ clouiques ou convulsions, soit en des contractures ou spasmes ioniques. Ces deux espèces de troubles moteurs sout toujours par(io[g. C'est le muscle droit interne ([ui est le plus souvent le siège de mouvements convulsifs. Les autres branches de la 3' paire laissent tout au moins les muscles qui leur correspondent dans un calme relatif qui fait que leurs oscillations passent à peu près inaperçues. Une seule prend imrfois aussi une part active à ce désordre tamul* tueux, c'est celle du releveur de la paupière, et alors on constate que tandis que le globe oculain^ se projette à chaque instant en dedans, la paupière se relève spasmodiquement d'une manière intermittente. Disons toutefois que Stilling a rencontré un spasme isolé du droit inférieur. Ces mouvements convulsifs s'accompagnent souvent de douleurs qui sont trop vives pour être attribuées exclusivement à l'anastomose ({ue la 3" paire emprunte à l'oplithalmique. Cette dernière branche doit ètn^ elle-même bien certainement dans un état névralgi(iue considérable, et ce qui se passe alors est tout à fait id(;nli(iu(î au tic douloureux de la face. Les convulsions oculaires ne sont que l'expression réflexe de la surexcitation sensitite du trijunu»au. Ce qui le prouve, du reste, c'est que les douleurs occupent ordinairement tout(^ la moitié de la tète et se montrent inMe d'une manière périodique. C'est encore la branche du droit interne qui donne lieu hahituellement au phénomène contracture. Celui-ci n'est souvent, du reste, que la conséquence d'une paralysie prolongée de la G* paire. L'absence d'antagonisme finit par exalter l'action de cette branche.

• Les paralysi(is, ainsi que les sjiasmes dus à la 3* paire, entraînent natu nullement des troubles fonctionnels considérables, en raison même de ses différentes destinations physiologi([ues. Le plu.s marqué est celui qui portii sur l'exercice de la vision simple avec lei deux yeux. La déviation de l'un des yeux ne permet plus aux axw visuels de maintenir entre eux le parallélisme sans lequel les deu3 images ne saurait^nt tomber sur des points identiques des rétines U en résulte que tous les objets sont vus doubles. De là le symptùm< dit diplopie, qui suffit pour rendre la vision très-incertaine et ((ui

NERF MOTEUR OCULAIRE COMMUN

eo outre, produit souvent du vertige, Lorstjiiê la causr |niraly§aiUc est générale et compromet en même temps le releveur, elle apporte t'ile-mthne un rcmèUe à ce défaut de netlelé, eu supprimaul par le prolapsus de ta paupière la vision pour IVeil dévié. i>i cUl- est plus gôûémle encore et si eile anuiliiie à la fois tes deux moteurs corn* muns, comme les deux yeux sont alors maintenus fortement en dehors, chacun de son côté, les objets «ont vus sim|des ; mais les deux yeux ne voient pas les mêmes objets. De plus, comme le diamp visuel est devenu exclusivement bilatéral, il y a pour le malade impossibililé de voir ce qui est direclemcnt en face de lui. Aussi est-il très-embarrassé pour se conduire. C^iand la déviation est de nature spasmodique et non paralytique, la di[dopie se manifeste avec des allures beaucoup plus désiigréables encore, vu que les deux images chaiigeiit continuellement leurs rapports, se rapprochant ou s éloignant sans cesse 1 une de l'aulre.

Si le strabisme produit la diplopie, 1 numobilité de l'iris restreint considérablement les moyens de dosage de la lumière^ ce qui contribue toujours à apporter un certain trouble dans la régularité de lu viâion. En une foule de circonstances. fiTopression est trop vive pour pouvoir être appréciée ; elle n'est plus que pénible. C'est pour cela que les malades chez lesquels ou relève la paupière en prolapsus cherchent à dérober leur rétine à la lumière par des déplacements de la totalité de la télé, tant (jue leur nerf oi>lique n'est pas lui-même compromis, (ietle dernière réserve prouve que ce n'est pas le contact subi par la paupière qui excite ces nmuvemenls réflexes. Ce qui, dans les maladies de la 3* paire, trouble Texercicede la vision d'mie manière notable, malgré rinlégritè de ia rétine et du nerf optique, c'est la perturbation apportée dans le service de l'accommodation. On est tenlé de croire que la rétine ne fonclionne pas bien, quoique la véritable cause de trouble soit la formation de rimage en avant ou en arriére d'elle, de telle sorte que tous les ohjets apparaiss«.nit avec des cercles de dilTusion plus ou moins considérables. La perte de raccommodation est elle-même la conséquence de la paralysie du nuiscte ciUaire , paralysie dont nous n'avons pas parlé encore, parce qu'on ne peut la l'onstater que par ses effets fonctionnels. Suivant Galezowski , cette paralysie existe même trèseouvenl d'une manière isolée , sans que les autres branches du moteur commun soient elles-mêmes touchées. Le fiiége du mal se trouve-t-il alors dans le ganglion ophthalaiique ou dans la courte

racine, dépemlaiieo directe de la 3' paire ? C'est ce qu'il est impossible de décider. Tout ce que l'on sait, c*est que cette paralysie de l'acconimodation apjKiratt souvent à la fois dans les deux yeux sous riuflucnce de la dipiilhérie. Elle accompagne la paralyj=ie du voile du palais et persiste beaucoup pins looglemps quelle. Le même fait se montre parfois pendîiot la convalescence des ficvrcs cniplives graves. Il en vsi de munie, du reste, dans toutes les maladies qui ODt épuisé considérablement récouomie. L'accoiiunodatioii chaucelle comme la locomotion. Lu syphilis el le traumatisme peuvent aussi amener ce résullat isolé. Celle dernière iirtlueuce tendrait à démoutrer que l'altération moléculaire paralytique siège plus particulièrement dans le réseau ciliaire on dans le ganglion. Lorsque celte paralysie partielle persiste longtemps, elle détermine de la presbytie permanente, Exceptiounellement , la fonction de raccommodalion peut être troublée par un étal spasraodique du omscle ciliaire. Le fait se rencontre surtout chez les personnes qui , par suite de leur profession, sont obligées de faire des efforts continus pour regarder des objets très-fins. Dans ce cas, la scène pathologique reste probablement limitée an plexus ciliaire. Mais le spasme peut aussi être un résultat réflexe d'une névralgie du Irijumeau. ti'est alors le tic douloureux localisé dans les nerfs accommodateurs, et la courte racine sert naturellement de voie de trausmission à cette manifestation m otriée de la soutTrance. Dans les deux cas, te spasme produit un elTcl inverse a celui de ta paralysie j c est-à-dire de la myopie.

Neri ptth6il([ao.

Considérations anatomiques, — Le nerf pathétique est excessivement grêle. Il naît sur les côtés de la valvule de Vieussens, à I ou 2 mlllîmêtres en arrière des tubercules ([uadnjumeaux, sur le bord postérieur du rut)an tlu IVeiL 11 est par conséquent très-rapprocbé du centre ordonnateur de tous les mouvements mis an service de Texercice de la vision. Stiltinget Meynert prétendent qu'au moment de leur naissance tes deux pathétiques s'entre-croisenl au niveau mi^mede la valvule de Vieussens, Cet entre-croisement. queSchrcedef Van der Kotk déclare n'avoir pas pu constater dans ses dissections, est nié par Exner, parce que rélectrisation de la valvule de Vieussens ue met pas les deux yeux simultanément en rotation. Â partir

itte origine, il se porte ea dehors, en avant et en bas, contourne )tubérance, traverse le repli de la dure-mère étendu entre le Qct du rocher et la lame quadrilatère du sphénoïde, et peut ainsi ouver étranglé dans les cas de tuméfaction de cette partie de eloppe fibreuse du cerveau. Il se loge ensuite, comme le nerf édent , dans la paroi externe du sinus caverneux , où il reçoit ques filets provenant de Tophthalmique. Quelques-uns de ces ! semblent Fabandonncr un peu plus loin , mais il en conserve

Fig, 59.

ipour assurer le sens musculaire au muscle grand oblique, dans cl se termine la 4' paire. Avant cette terminaison, il fournit à la de lacrymale une branche collatérale longtemps méconnue et ite pour la première fois par Gurrie.

iysiologie normale. — La nature motrice du pathétique n'est fstée par personne. Non-seulement son mode de terminaison Tin- ) d priori, mais Longet s'est attaché à la démontrer en faisant acier le muscle grand oblique et éprouver de la rotation au oculaire par la galvanisation exclusive de ce nerf. Il se fait rquer toutefois, parmi les nerfs moteurs crâniens, par la rapivec laquelle il perd son excitabilité. Il reste souvent muet aux

PFÎYSïOLOrTlE DU SYSTÈM^E NER^^UX,

excitations rie réleclricité, môme très-peo de temps après la mort, Cela tient peut-être aux conditions particulières dans lesquelles son fonctiotinemeni physiologiqne s^exécutLv, et qui font qu'il d obéit pas d une façon cïirei'tc à la volonté. Il nous est en efît^t impossible de porter un de nos yeux en bas et m dehors, c*e6t-à-dire de rivaliser le mouvemcnl exécuté par le grand oblique et excité par le pathétique, en conservant In tiHc parfaitement droite. 11 faut absolument que nous inclinions préalablement la tête de côté, et une fois ceClc inclinaison produite, la rotation s'opère à notre insu et sans qric notre volonlé ail le pouvoir de t'enipôcber. La mise en Jeu des muscles de la ré^^ion latérale du cou, Toilà le seul acte directement volontaire de notre part dans cette circonstance. Quant au palhéli*pe et au grand oblique, ils ne font qu'obéir à une association de mouvements préétablis en nous. Celle disposition est molivée par le rôle fonctionnel que la 4* paire est appelée à remplir, car la nature en agit ainsi pour lous les mouvements qui ont besoin d*une grande précision el qui ont une mission tellement indispensable, que leur exécution ne pouvait être abandonnée à notre bon plaisir. Pour que la vision reste simple avec les deux yeux, il faut que les deux axes optiques se maintiennent dans un pandiclisme parfait. Or, lorsque pour une raison on pour une autre nous penchons la tête latéralemeot, un des globes oculaires devient forcément situé plus bas que l'autre, et le parallélisme nécessaire se trouverait passivement détruit si une action musculaire ne venait pas ranieoer les axes visuels dans un même plan, malgré bi diiïéreuce de niveau des globes oco* laires. Pour ce faire, le grand oblique du côté le plus élevé abaisse par rotation la pupille et par conséquent l'axe visuel de l'œil correspondant, tandis que le petit oblique du côté abaissé élève par rotation Taxe visuel de l'autre œil. Ces deux muscles combinent leurs actions opposées de manière à raracoer les deux axes dans le même plan pendant que les planchers des deux orbites restent maintemis dans deux plans difTérents. Oo peut donc dire que le pathétique est un nerf spécialement affi-ctéà la réalisation de la vision simple, avec les deux yeux, dans les positions inclinées de la léte, mais qu'il est privé de toute iniliatire et qu'il ne fait jamais qu^obéir à une association de mouvements dans lesquels le rôle initiai ne lui apparlienl pas. Au premier abord, on serait tenté de penser que le droit supérieur d*un côté el le droit inférieur de l'autre côté pourraient rendre le même service. Mais il u*en est rien ; llnclinaison de la tête û*a pas

seulement pour résultat do mettre l'une des cornées plus bas que l'autre. KUe rend en outre obliques, par rapport à Thorizontale et à la verticale, Téquateur et le méridien des globes oculaires, et c est tout justement cette obliquité que les obliques sont plus spécialement appelés à détruire. Les muscles droits peuvent bien porter la cornée directement en haut ou en bas, en dehors ou en dedans; maôs dans ces mouYements ils restent incapables de modifier la direcdon des axes des globes oculaires. Ils les laissent toujours parallèles à ceux de lorbile, quelle que soit la direction que ces derniers aient acquise passivement sous rinfluence des déplacements de totalité de la tête. Les obliques, eux au contraire, sont susceptibles de déplacer les axes de Tœil sur ceiLX de la cavité orbitaire, de rendre les premiers obliques aux seconds. C'est ainsi qu'ils peuvent ramener à rhorizonlalité réquateur de Fœil lorsque celui de Torbitc Ta perdue par suite de Tinclinaison de la léte, et rendre la verticalité au méridien du globe oculaire lorsque celui de la cavité orbitaire est devenu oblique. Voilà pourquoi la nature a ôté toute spontanéité aux obliques. S'ils agissaient lorsque la tête est parfaitement droite, ib détruiraient forcément Thorizontalité et la verticalité réelle des axes de l'œil. Mais lorsque les plans sur lesquels reposent les yeux sont devenus inclinés, ils les ramènent exactement à ces deux directions nécessaires.

Le nom qui a été donné à ce nerf prouve que les anciens anatomistes se sont plutôt préoccupés de l'intervention qu'il pouvait avoir dans les phénomènes de la mimique que des services qu'il était capable de rendre à la vision. La direx^tion qu'il imprime à l'œil est en effet celle par laquelle les peintres communiquent une expression pathétique à leurs sujets. Mais, sans doute par suite de l'observation, ils ont eu, pour ainsi dire, conscience de sa subordination à l'inclinaison préalable de la tête, car dans tous les tableaux l'air penché est inséparable de l'air pathétique.

La découverte de la branche lacrymale de la 4* paire vient jusqu'à un certain point justifier le nom qu'elle a reçu. Cette branche en fait du moins un agent d'expression des sentiments pénibles. M. Gurrie pense, en effet, qu'elle est pour la glande lacrymale ce que la corde du tympan est pour la glande submaxillaire. Les expériences de Bernard démontrent que l'activité de la corde du tympan augmente, sinon la production, tout au moins l'émission de la salive. Que la plus grande élimination de cette humeur, qu'on observe lorsqu'on

PHYSIOLOGIE DU SYSTÏ^^ME NEHVKUX.

galvanise la corde du lympan, soit l'eflct d une aclion excilatrice apporlt^c par des filels sécréteurs, ou qu'elle soit la conséquence d'une action musculaire caiiable dVxpriint»r le contenu de ta glaiide^ peu importe, lar il est bien ccrlain quo rexeitatioiï de la corde du tyra* pan fait apparaître la salive avec surabondante. Selon Currie, ce ne serait là qnune appliciilioii parlicnlière d'une loi générale. Toules les glandes reievraiuni une énianalioti d'un nerf moteur appelée à déterminer un écoulemeut plus considérable de leurs produiLs. Une seule, la glande lacr^^male, semblait échapper à la régie commune; mais, grâce au scalpel de Gurrie, l'exception lombe. Le pathétique se trouve être le nerf moteur cliargé d'activer la production et l'écoulement des larmes, rt par conséquent il intervient dans certaines effusions morales.

Anatomk et physiologie paihologiqucs. — La 4* paire peut être compromise par les diiTérentcs lésions aoalomiques que nous avons vues agir sur la 3\ Cependant elle est plus souvent victime d'une maladie de i'encéplïale (jne d uu processus agissant directement mt sa partie périphérique. Lorsque le pathétique se trouve soumis à une cause de compression ou de destruclion, le grand obhque perd naturellement sa motilité d'une manièn* plus ou moins com[dète. Mais la dévialion de la cornée qui peut en résuUer ne se manifeste que dans certaines circonstances. Lorsque le malade lient la tête bien droite et qu'il fixe directement devant lui, il est impossible au médecin de se douter de Fexislence d'un iroiilde quelconque dans Tappareil moteur de rœil. Le parallélisme des deux axes optiques se maintient parfailement. Cependant, même dans celte situation, lorsque la paralysie e.st ancienne, on finit par constaUT une légère déviation dut» â ce que le petit oblique, ne trouvant plus un frein salutaire dans sou antagoniste naturel, se ré^racle et devient de plus en plus raccourci, même dans l'état de relàcheinenL Mais an début de la maladie la déviation se manireste chaque fois que la léte se penche latéralemenl. En vertu dr la relation ïiiconscienle qui existe entre les mouvements de latéralité de la léte et les obliques des yeux, le petit oblique du côté le plus bas accomplit sa mission, qui est d'élever et de porter en dedans la cornée du globe oculaire correspondant; mais le grand oblique, qui devrait abaisser Tanlre œil, resl** inerte et n'apporte plus sa qnoie-()art au rélablissement du parallélisme, et, malgré Tintervcntjon palliative du petit oblique, l'écart n'eu reste pas moins très-accentué.

Gomme tons les nerfs, le pathétique peut aussi se montrer en élat d*exaltation. Mais soit par insuflisance d'observation, soit par suite d'une rareté réelle, la science n*a encore enregistré qu'un très-pelit nombre de cas de spasme du grand oblique. Du reste, comme ce genre de phénomène trouve presque toujours son point de départ dans un état névralgique du trijumeau, il s'ensuit que ce retentissement réflexe est ordinairement général et que ce qui appartient à la 4* paire vient se perdre dans les manifestations plus considérables de Il 3*. Un seul cas de spasme tonique a été rapporté par Stilling chra un individu affecté de douleurs rhumatismales dans le côté correspondant de la tête. Le spasme cloniquedu ^rand oblique a été signalé ptnsiears fois, mais il ne faisait que prendre part à un nystagmus général. Cette agitation de l'œil n'est pas toujours l'expression d'une némlgie avec tic douloureux. Elle peut être engendrée par des taches de la cornée ou des opacités disséminées des humeurs de l'œil qui forcent le malade à déplacer sans cesse ses globes oculaires pour arriver à présenter des points transparents aux objets qu'il regarde.

Au point de vue fonctionnel, la paralysie de la 4* paire compromet surtout l'exercice de la vision simple avec les deux yeux en donnant naissance à de la diplopie. Théoriquement, d'après ce qui a été dit plus haut, ce symptôme ne devrait se produire que dans les incIlDaisons latérales de la tête. Cependant, ainsi que l'indique Falker, il se montre toutes les fois que le malade regarde en bas, particulièrement quand il lit ou quand il monte des escaliers, et dans tontes les circonstances où il est obligé de surveiller sa marche sur nn sol trop accidenté. 11 en résulte que la vision est troublée dans les moments où elle a besoin d'être plus exacte que jamais. Aussi il arrive que l'attention du malade est éveillée bien avant celle du médecin, par la raison que, sans que la physionomie de ses yeux soit cliangée en apparence, il se trouve, dès le début de l'affection, forcé de renoncer à la lecture et qu'il trébuche à chaque pas qu'il fait sur un sol inégal. Cette symptomatologie n'est nullement on désaccord avec la destination physiologique du pathétique ; car il est bien rare qnenons tenions la tête mathématiquement droite. Soit par laisseriller, soit pour notre commodité réelle, nous la penchons toujours ptoson moins de côté, surtout lorsque nous lisons ou lorsque nous montons des escaliers, d'autant plus que nous sommes alors un peu absorbés par nos pensées. On peut même dire que les obliques sont,

POCCGLàRÉ. III. — 16

duîis proFqiiL' iou!es les circonstances de Va vie, mis âconlribulion à un (legrù variable. Conlinunllement ils corabiofnt leur aclion avec celle des droits; et cest par pur instinct de mêtïiode que les ana* lomistes et les pjiysiologistes séparent si Delienienl ces deux groupes muscidaires Vuii de l'autre. Diins ce consensus, le droit inférieur dun côté aille le grand oblique à aixaisser l'œil correspoiîdant, peadant que ce dernier muscle redresse seul les axes du globe oculaire* Le ilroil snpi-rieur. de rnulre côté, aide le pelif, oblique à élever la cornée, pendant que ce dernier muscle délrnit, seul, l'obliquité des axes du môme œiL Aussi ce n'est absolunieut que lorsque la iétcest pari^iilemeid droite que la diplopie ne se manifesie pas?, et encore à la longue elle peut exister dans celle condition quand l'antagoniste du grand oblique a éprouvé une forte rétraction,

Ouand on analyse avec soin la diplopie à laquelle donne lieu particulièrement la paralysie du palliélique. ou eoui^tale que les deux images qu'aperçoit le malade ne lui apparaissent pas également distantes. Celle qui esl fournie par l'œil malade lui semble beaucoup plus rapprocbée que l'aulre. Ce pbénomène a beaucoup intrigué les opblbaliuologîstes et a reçu diverses explicalions. GriPfe l'attribue t un déplacement du centre de rotation de l'œil malade, par suite d'un entrahiement que produirait forcément l'action exclusive de la loDicité den; muscles anlagonisles du grand nidique. 11 s appuie sur ce qu1l a pu oldenir, û votonté. te rapprocljement ouréloignemeut de l'image correspondante à Tun des yeux» en élevant ou abaissaol cet œil par la pression du doi^t, et sur ce que, dans le cas de paralysie de la 4* paire, il a pu faire cesser le rapprocbement relatif de rimage, en imprioiaut par pression un mouvement de rotatiou inverse; mais au fond, par cette pression, il ne faisait pas tourner le globe oculaire autour de son axe anlcro-postérieur, il lui faisait éprouver un mouvement d'élévation de totalité. D'ailleurs cette explicatîon oe saurait être admise, carun phénomène analogue devTuil être Ja conséquence de la paralysie de n'importe quel muscle de l'œil, et, au lieu de se montrer exclusivemeni dans celle du palliétique, il devrait le faire aussi bien dans celle de la 3" paire, ce qui na pas lieu. riiraud-Teulon, qui pense que ta notion de la grandeur apparente des objets dépend de riulcifrité du sens musculaire, explique aussi par la perte de celte sensibilité la sensation d'inéquidistance, parce que Tappréciation des distances dépend elle-même des proportions des miages. Évidemment il n y aurait pas alors suf

pression réelle de la sensibilité dû muscle paralysé, laquelle dépend de l'anastomose fournie par l'ophtlialmique. Cette sensibilité serait seuleoieiit comme non avenue, en raison de Tab^^eiK-e de contraction. Mais ic» encore on devrait rencontrer rinéquî distance des deux iraages dans la paralysie île tous U's nerfs moteurs de l'œil, ce qui no&i pas. En un, Forster a proposé une explication qui paraît plus difticile il saisir, mais que beaucoup de spécialistes regardent comme étant pUi3 ration aelle. Selon lui, quand nous regardons un objet placé sur un plan Jiorizontal, l'image se fait, ainsi que le démontrent les constructions géométriques sur la tache jaune; et en ce moment tout ce qui est compris entre cet objet et nous vient se peindre sur lu rétine au-dessas de U tacbe jaune, tandis que tout ce qui est situé au delà de cet objet le lait au-dessous dit cette tacbe. L'éducation nous a donc appris que, dans celte circonstance, tout objet dont l'image vient tomber sur la partie supérieure de la rétine est plus rapproché de nous que celui qui frappe sou segment inférieur; et comme la direction qu'impose à la prunelle la iiaralysie du pathétique fait que loujours les objets situés soit en bas, soit dans llioriîontale, viennent toucher le segment supérieur de la rétine, il en résulte que nous les jugeons toujours plus rapprochés qu'ils ne le sont en réalité.

Si le malade dans la lecture abaisse de plus en plus le regard, il Tient cependant un moment ou riuéquidistauce des deux images cesjie, et où elles se superposent tout A fait, comme dans l'état normal. Kt, chose bizarre î à ce moment le parallélisme des deux axes optiques n'est i>as le moins du monde rétabli. Cela lient, suivant Valker, à ce que dans cette situation l'objet qui peint son image sur la tache jaune du côté sain, la peint en même temps sur le quart ioJéro-iirtenie de la rétine du cOté malade.

Instinctivement le malade donne à sa Lôte uae position tout à fait caractéristique. Pour éviter d'avoir à diriger ses yeux en bas par rotation, ce qui produirait de la diplopic, il tient toujours la tête peuchée en avant, il dirige la totalité de sa tôte vers le sol, au lieu d'avoir à y diriger ses prunelles seules. Eu même temps, il l'incline du côté sain. Le spasme du palliéti<jue produit aussi do ta diplopie, mais par un mécanisme inverse. Il la produit de la même façon que la paralysie de rantnganisle du grand oidique. On n'a pas pu encore étudier les conséquences que peuvent avoir sur la sécrétion lacrymale tes malaities de la 4* paire.

Iferf trtJoiDeBii*

Considérations anatomiqites. — Le nerf trijumeau naiL par deux rdcÎDes, une grosse que nous reconnaîlroiis loul ù rheurc élre de nature seositive, une petite que nous trouverons être motrice, La grosse émerge du silîou intermédiaire auiL fibres supérieures el

¥iq, 60.

moyennes de la protubérance. Mais on peut la suivre â traTers la protubérance et le bulbe rachidien jusqu'il ïa partie moyenne du corps otivaire et constater qu'elle devient de plus en plus grêie et fiait par se perdre dans le corps resti forme. La petite racine a une origine apparente très-rapprochée de celle de la pré-

NERF TRUUMEAU. 245

cédeote. Elle na!t anssi sur la partie latérale de la protubérance, mais dans un point un peu plus élevé et un peu plus rapproché de la ligne médiane. Longet prétend qu'elle va prendre son origine réelle dans le prolongement du faisceau intermédiaire du bulbe, qui a reçu le nom de faisceau latéral oblique de risthme. Hais il faut reconnaître qu'il est difficile, sinon impossible, de la soivre au delà de la surface de la protubérance. Meynert et Merkel admettent une troisième racine formée par des fibres émanant du tabercule quadrijumeau antérieur et présentant sur leur trajet de grosses cellules ganglionnaires. Ce faisceau de fibres s'accolerait un instant au pathétique; puis, après avoir côtoyé un instant le noyau du trijumeau, il s'ajouterait à la 5^ paire. Renforcées ou non par cette addition,7]es deux racines principales se dirigeraient de la protubérance vers le sommet du rocher, où elles s'infléchiraient un peu pour se porter en bas et aboutir à un ganglion assez volumineux, le gaiiglionr de Casser. Entre ces deux points, protubérance et ganglion de Casser, les deux racines sont simplement accolées. Elles I sont lout à fait indépendantes Tune de Tautre. La grosse racine se I jette seule dans le ganglion, la petite conserve encore vis-à-vis de loi son indépendance. En outre de la grosse racine, le ganglion reçoit plusieurs filets provenant du grand sympathique. Avec ce qu'il reçoit, ce ganglion fournit d'autre part, par sa partie antérieure et externe, des filets à la dure-mère qui leur doit sa sensibilité et sa paissance d'excitation réflexe dans l'état morbide, et par son bord j inférieur ou convexe, trois branches considérables qui sont les terminales directes de la 5* paire ; ce sont : une branche supérieure, dite (^hthalmique de Willis, qui se rend dans l'orbite ; une moyenne, dite maxillaire supérieure, qui sort du cràue par le trou grand rond; une branche inférieure, dite maxillaire inférieure, qui sort par le trou OTale et qui s'adjoint enfin la petite racine qu'elle accapare seule.

L'ophthalmique se subdivise à son tour en trois branches qui ont des destinations bien distinctes et, jusqu'à un certain point, exprimées par les noms qu'elles ont reçus. Ce sont, en procédant de dehors en dedans : la lacrymale, qui fournit à la fois à la glande lacrymale, â la peau et à la muqueuse de la paupière supérieure; la frontale, qui innerve par ses diverses ramifications la peau et la muqueuse de la paupière supérieure, les glandes de Meibomius, la peau du front, celle de la racine du nez et la muqueuse des sinus frontaux ;

PHTSIOLOGIR or STWÏÏÈMS. XSRTKOX*

la peau , k SK lacfTBBil, fa earoociile tam maletil L ée la laoDc ci ia lobule du aei, Im i de ta tlotoo ées ioiiBCs «aasÉhs^ c«ite des méats et des et qai, dIciBin fiusaal» faoroit à dire de iM^aclies coUaté- \ qui fnnt s^aaodcr ans meth iBoiaors et proairer le de rortnle: des fîlete trèsgtUm qai m gtim^eai autour du mai 9p6q^ et font se dbthbuer dtocMBeai, tes viâ à la eooîoiiclive^ tes aatres à tlrk; eiifia ttn Mrt, dft Imi^ ^ j^ri^, 80 gaoglîoo ophttfcalmiqBC et qui, par soo io* IcrfMdîaiTe, doone oaissaiice â des filaments destioés 4 ta cornée t ei à fins. Ajoatoos que rophUlalmiqae, ea outre des r fégéiatms qo^dle emprunte ao gangticm de Gasscr et qu'elle apforte avec elle, reçoti direcremenl d*aiilres fibres émaaées du ifmpacbique, de éorte que dans toute sa sphère de dîstrîbuUoQ, elle peut dispenser à la fois des éiémentâ dongioe cérébrale et des élé> meotâ d*origine sympathique.

Le nerf m<axiîlaire supérieur foumlt dîrerlement des rameaux à la glande facr^rnale, à laDgle externe de la paupière supérieure, aux tégnroeots de la pommette et de la tempe, à ceust de Taile du nez, à la peau et à la muqueuse de la lèvre supérieure, aux gencives, à toutes les dents de la mâchoire supéneure et à la muqueuse du canal nasal. 11 envoie en outre un ou deux mmeaux au i

ûe Meckel on sphéno^paiatin, et les faits physiologiques - t

démontrer que, par rintermédiaire de ce dernier, il ra innerver la cloison des fosses nasales, lus cornets et les méats, la voûte palatine cl le voile do palais. Par les anastomoses i\[ii[ contracte avec le nerf ficial, 11 fournit des filets de sens musculaire aux muscles de la région supérieure de la face. Enfin, tout porte à penser qu'emportant avec lui quelques-unes des fibres vt^gétatives émanées du ganglion de fiasser, il vient exea^er une action nutritive partout où il 9e distribue.

Le nerf maxillaire inférieur, après s'être approprié la totalité de la petite racine, se divise presque immédiatenient en sept branche terminales, dont les unes à destination musculaire et les autres 4^ destination tégumentaire. Les premières se rendent dans les muscie« lemponil, nia^sséter, mylo -hyoïdien, ptérygoldieu interne et ventre aalérieur du diguslrique. Les secondes se répandent dans la peau du [luvillon de roreitle, du conduit auditif externe et do

NERF TR[JlIMKAtJ.

menton; dans la muqiipuse des gencives el (laiia les dents delà mâchoire, inférieuic I)ê mt^mo qne rapliiïialmiqitu et le maxillaire supérieur, le maxillaire iiilérieor contracte des eonncxions importantes avec un ganglion particulier. Il envoie une racine au ganglion ûliqne. Ce dernier donne naissance à des lllets qui se diïîtribuent dans la muqueuse de la caisse du tympan, dans le labyrinthe, dans le muscle interne do niarteau et daos le péristapliylin externe. Ce seni à lu physiologie de décider fa part que peut réclamer la racine fournie par le maxillaire inférieur dans ces diverses émanations du ganglion otique.

Physiologie normale, — Par son origine et par sa constitution^ la 5* paire rappelle tout â fait la disposition anatomique des nerfs rachidiens, La grosse racine qui traverse le ganglion de Gasser semble représenter la racine postérieure des nerfe rachîdiens* La petite racine, qui n*a ^nucime connexion ganglionnaire, peut être comparée à celles qui émanent des cordoub anlêricurs de la moelle. Voyons gi cette analogie anatomique se trouve élre complétée par une analogie physiologique; si la racine ganglionnaire du trijumeau est exclusivement sensitive, comme les racines ganglionnaires du rachis, et si la petite racine est exclusivenienl motrice, comme les racines rachidiennes antérieures. C'est ce ({ui a lieu en eiïet. L expérimentation et Tanatomie pathologique le démontrent surabondamment. Longet a enlevé sur des chiens et sur des chevaux les lobes cérébraux; iï a ensuite séparé le trijumeau de la protubérance pour se mettre à Tabri de toute intervention réflexe; puis, isolant tes deux racines Tune de l'autre en interposant entre elles une lame de verre, il fit passer un courant électrique exclusivement dans la r^icine ganglionnaire, et, dans ces conditions^ jamais il n'aperçut le plus léger mouvement de la face, delà langue, du globe oculaire ou de fa mâchoire inférieure. Dans d'autres expériences il a agi partiellement sur \cê lUvisions du trijumeau et il a vu que l'électricité appliquée soit sur les nerfs sus- et sous-orbitaires, soit sur les mentonniers, ne donnait lieu à aucune contraction musculaire. Lorsqu'au contraire, dans la première expérience, il supprimait lu lame de verre de façon à ce que le courant se répandit aussi dans la petite racine, les mâchoires se rapprochaient brusquement Tune de l'autre. La pathologie est venue, de son côté, compléter la démons- Iratiou en montrant que les lésions qui compromettent exclusivement la petite racine ne donnent lieu ix aucune modification dans l'ordre

de la sensibilité, tandis que celles qui restent limitées à la grosse^ racine suppriment le sentiment dans toute la sphère de diâlribulioD dt* la :V paire. La chose peut donc être regardée comme aciiuise. Considère dans mil ensemble, le trijumeau est, de même que les nerfs rachidiens, un nerf mixte résultaat de la fusion de deux racines distiiifles, doiïl Tune est exclusivement seusilive et l'autre exclusivement mnlricG. Mais il se distingue de ceux-ci ea ce que rassociatioa des libres sensitives et motrices se circonscrit et ne porte que sur une seule de ses branches lerminab*5- L'anatomie nous permet même, d'après cela^ de déclarer ipie le maxillaire inférieur est seul capable d'exercer une action motrice, tandis que rophthalmîque, ainsi que le maxiilaire supérieur, ont un rôle purement seusitif. Dans cette situation, on comprend toutefois que Bellingeri ait voulu regarder la petite racine comme un nerf à part, s'associaut seulement au maxillaire inférieur pour consolider ses propres ramilications pendant leur trajet ûnal, nerf qull a appelé masticaUur, en raison même de la destination fonctionnelle des muscles animés par lui. Mais dans les détails qui vont suivre, nous respecterons la concep* lion classique , et nous reconnaîtrons que le trijumeau apporte par lui-même dos éléments nerveux de sen-sibilité et de molilité. Quaût à la troisième racine, admise par Meyuert et Merkel, ces auteurs ne sont pas daccorti sur sa nature. Le premier ta considère comme constituant une seconde racine"sensilive; le second voit en elle une racine irophique pouvant rendre compte des troubles de nutritioQ que le trijumeau est susceptible d'engendrer. Mais, môme en dehors de cette racine spéciale dont Texisteuce n est pas bien démontrée, ta composition anatomique de ce nerf nous permet de déclarer à prioH qu*il sert aussi de sulfstralum à des agents en apport avec la nutrition des tissus, puisqu'il emprunte des filets sympathiques au niveau du ganglion de Gasser et des ganglions uiïérents à chacune de ses branches terminales, et puisque certains auteurs prétendent même quil puise des fibres du même genre directement dans le bulbe. Que ces fibres sympathiques interviennent par une action pmeoieiit rasculaire, ou par une action plastique plus directe^ peu impoite, leur destination finale n'en vise pas moins la nutrition, et, par conséquent, nous devons chercher à établir successivement lé rôle sensitif de la h' paire, sou rôle moteur et son rôle nutritif.

Méie êtnnUf. — Au point de vue de la sensibilité générale, le trijumeau po^ède un domaine considérable. Lui seul est chargé de la

procurer i\ presque toutes les parlies qui entrent daos k compositiou de la léte. Pour le tégument externe, une seule région lui échappe, la partie latéro-postérieure du cuir chevelu » qui empronle son innervation aux nerfs cervicaux. De ce côté, .sa frùnlière ^'îe trouve être limitée par une ligne qui, partant d'un point pris un peu en arriére du vertex, viendrait couper verticalement l' oreille à ta réunion de son tiers antérieur avec sou tiers moyen. Du côté des muqueuses, il nabandouiie au gloBso-pharyngien que le tiers postérieur de la langue, les piliers du voile du palais, quelques points de ce voile, le3 parlies raoyenue et inférieiu-e du pliaryux et peut-ôtre h muqueuse tympan ique. Ces points éliminés, il tient sous sa dépendancê la seasilïililé taclde, non-scuïement des parties tégumen* laireg, mais encore de tous les tis.sus de la tête, y compris ce qui est glande, méuinge, organe des sens, os et pulpe dentaire. Ou peut s*en convaincre en pratiquant la sectioo intracrûnieunc de la 5* paire, à Taide du procédé indiqué par Ct. Oeruard. Ou se sert à cet eliet d'ua iofilmment à tige d acier cylindrique, épaisse d'un millimètre, longue de 5 centimètres, munie d'un pas de vis sur lequel cliemine UQ curseur destiné à limiter la pénétration de l'jnsIrumenU Celle lige est terminée par une Irès-petite lance, mince L*t Iraucliante, Sur le crâne vide d'un animal scrahlalde en tous points à celui qui doit servir û rcxpérience on mcî^ure davance ïe point où on doit arrêter le curseur pour que la lance puisse couper le trijumeau sans léser la protubérance. Ces dispositions étant prises, on introduit sur ranimai vivant riusirument au-devant du conduit auditirexterue, en lui faisant former un angle droit avec la partie latérale de la face et en côtoyaot la base du crâne. Sitôt qu'on a atteint la 5* paire, des cris aigus se font entendre. Alors ou imprime ù rinslrument, dont on iucline un peu le manche, de légers mouvements de dedans en dehors. On coupe aiuî^i te nerf eu travers, l/autopsie démontre plus lard si rexpéricnce a été exécutée d'une manière convenable. A la soile de cette opérât îou on constate que du c6t6 correspondant on n'oblient plus de signes de sensibilité que dans le segment postérieur du cuir chevelu, dans le pharynx ul dans les parties profondes de la bouche. Non-seulement les impressions tactiles ue prennent plus naissance, mais on peut extniire toutes les dents, recourir au bistouri, aux caustiques, au fer chaud, sans provoquer la moindre douleur

L'anatomie, ainsi que les sections isolées des trois branches ter*

minales, permettent de faire la part de chacune d'elles dans celte vaste distribution de sensibilité. Par sa branche ophthalmiqoe, il fournit le sentim(»nt en particulier au segment antérieur du cojr chevelu, à la peau des paupières supérieures, à celle de la partie supérieure du uez, à la zone la plus élevée de la pituitaire et à h muqueuse des sinus frontaux, à la conjonctive et à tout le globe oculaire, en partie directement, en partie par l'intermédiaire da ganglion ophthalmique. Par le maxillaire supérieur, il rend sensibles, d'une manière directe, la peau des joues et de la partie inférieureda nez, la peau et la muqueuse de la lèvre supérieure, les gencives et les dents de Tarcade supérieure; indirectement, par l'intermédiaire du ganglion sphéno-palatin , la muqueuse nasale, celle du sinos maxillaire, la voiMe palatine, la muqueuse et les glandules du voile du palais, celle de la partie supérieure du pharynx et de la trompe d'EusUiche. Il y a là la preuve que le passage des nerfs à travers les ganghons n'entrave pas ou ne ralentit pas toujours la transmissioQ des impressions sensitives, car toutes ces parties muqueuses seateot vivement et rapidement. 11 est vrai que les impressions qui naissent dans l'intestin, et qui restent généralement inconscientes, ont, pour arriver ;\ la couche optique, à parcourir un trajet beaucoup plus long et parsemé d'un grand nombre de ganglions, tandis que les impressions tactiles nées dans la pituitaire n'ont à traverser ni la moelle, ni la hiérarchie g-anglionuaire du sympathique abdomioal, et ne rencontrent, en dehors du ganglion sphéno-palatin, que celui de Gasser. Mais ce rapprochement n'est pas évidemment la seule cause du respect de la sc^nsibilité consciente, malgré la traversée ganglionnaire; car les filets sensitifs qui traversent le ganglion ophthalmique se trouvent, sous ce rapport, exactement dans les mêmes conditions que ceux soumis au sphéno-palatin, et cependant les ébranlements qu'ils propagent s'y trouvent considérablement atténués; car il est incontestable que la cornée, à laquelle le trijumeau ne fournil que par l'intermédiaire du ganglion ophthalmique, est beaucoup moins sensible que la conjonctive.

Par le maxillaire inférieur, il anime, au point de vue de la sensibilité tactile, la muqueuse des deux tiers antérieurs de la langue, celle du plancher de la cavité buccale, la peau et la muqueuse de la lèvre inférieure, la peau des tempes, celle du conduit auditif externe et de la partie antérieure du pavillon. Il est probable qu'il innerve la muqueuse tympanique par l'intermédiaire du ganglion clique.

Hais, comme ce dernier reçoit aussi une branche du glosso-pbarynpen, il est difficile de faire ici la part de la 5' paire.

La sensibilité de Tiris a surtout en vue de provoquer les mouvements réflexes de ce diaphragme musculaire. 11 est probable que les fflels directs sont spécialement chargés d'avertir le centre visuel et de provoquer de sa part les réactions motrices qui ont besoin d'être rapidement exécutées, tandis que les filets à trajet ganglionnaire prennent leur centre de réflexion dans le ganglion lui-même et pro- Toqueot des mouvements plus lents, plus circonscrits, moins en rapport avec lexercice général de la vision. Peut-être même sont-ils plus partictilièrement affectés aux réflexions vasculaires, car tout porte à penser que les modifications de forme et d'étendue de la pupille et de Tiris dépendent à la fois des changements survenus dans les fibres musculaires et dans les vaisseaux de cet organe.

Si par ses filets ciliaires le trijumeau se trouve particulièrement en rapports réflexes avec le moteur oculaire commun et le sympathique, il contracte par ses ramifications dans la pituitaire une relation très-intime, du même genre, avec les nerfs des 'muscles expirateurs; carie moindre attouchement subi par elle détermine immédiatement un violent élernument. Il ne contracte qu'une relation on peu contestable avec les nerfs et les muscles de la déglutition. D envoie bien quelques rameaux à la partie inférieure du voile du palais qui, au contact du bol alimentaire, détermine l'ascension du pharynx. Mais non-seulement le glosso-pharyngien fournit directement à la même région, mais en outre ce nerf entre dans la composition du ganglion sphéno-palatin ; de sorte qu'il aurait certains droits à être considéré comme l'auteur de ces filets palatins.

Un fait remarquable, c'est la grande résistance fonctionnelle que

présente la 5* paire chez les animaux soumis aux divers poisons

capables de paralyser les nerfs du sentiment. Alors que toutes les

antres régions du corps se montrent déjà anesthésiées, celle qui est

sous la dépendance du trijumeau conserve encore un assez haut

degré de sensibilité. Le même fait a lieu chez Thomme, ainsi qu'on

peut le constater dans la chloroformisation. Les piqûres sont encore

senties à la tempe et au front, quand elles ne le sont plus sur le

reste du corps. Du reste, ce n'est pas seulement dans les cas d'in-

loiication qu'il en est ainsi, mais encore dans les derniers moments

(fe l'agonie. Le trijumeau est ïultimum morietis du système péri-

»liérique sensitif, comme le bulbe est ViUtimum moriens de la vie

végétative. Cette impressionnabilité si vive et si persistante tient-elle à une plus grande délicatesse moléculaire, chimique et histologique^ ou bien au plus grand rapprochement de ce nerf du centre sensoriel? Ces deux causes peuvent concourir à ce résulta^ mais je crois que la dernière doit réclamer la plus grande part. Dans ces faits de persistance relative de la sensibilité, il faut encore tenir compte de l'influence des ganglions, sans qu'on puisse préciser leur mode d'action dans cette circonstance. C'est ainsi que Bernard a moDtn^ que dans l'empoisonnement par la strychnine, la conjonctive reMe encore sensible, alors que la cornée, soumise au ganglion, ne l'est plus, tandis que chez l'animal qu'on vient de tuer par la section da bulbe, la cornée conserve sa sensibilité plus longtemps que la conjonctive. Évidemment cela tient à ce que le ganglion ophtbalmiqoe ne subit pas de la même façon que l'axe cérébro-spinal les dîBrentes causes d'altération. Mais comment en est-il ainsi? C'est ce que je ne saurais dire.

En outre de la sensibilité tactile qu'il fournit aux parties tégih mentaires, le trijumeau est chargé d'apporter le sens musculain à un grand nombre de muscles, et par suite il contribue à la paifûle régularité de plusieurs fonctions. C'est ainsi que nous l'avoiUTB envoyer des anastomoses aux nerfs moteurs de l'œil et assurer ^luk^ i monie des mouvements associés des globes oculaires. Il rend le . même service à tous les actes de l'expression faciale; car toutes sei branches d'épanouissement à la face forment, avec les ramificatioDi de la 1" paire, de véritables réseaux qui opèrent un certain mélange de ces fibres sensilives avec les fibres motrices et viennent ainsi réiliser des nerfs mixtes (jui se rendent dans les muscles faciaux. Pv ' le fait de celte association, il sert aussi à doser l'action musculaire dans l'exercice du llairement et de la préhension de certains aliments. Dans l'intérêt de la fonction mécanique de la mastication, 3 associe des flbres de la division inférieure de sa grosse racine au libres de sa courte racine, et il donne ainsi t faction motrice do nerf masticateur l'appui d'un guide sensitif. Enfln, il est possible qu'il intervienne au même titre dans les phénomènes de l'audition qui nécessitent la mise en œuvre des muscles du marteau et de l'étrier. Lussana prétend que pour pouvoir procurer cette espèce de sensibilité spéciale à toutes les régions musculaires qui précèdent, le trijumeau présente une racine particulière qui va s'implanter dans le cervelet. Mais ce n'est que la conséquence forcée de te

NERF TRiJUMEAU.

localisation qu'il a faite du sens musculaire dans les lobes cérébelleux,

La plupart des auteurs classiques s*aceordenl k ro/?arder !e trijumeau comme étant doué, en outre, de la sensibilité ûMGgnstative; ce qui reviendrait à dire que quelques-unes de ses fibres vont aboutir dans la couche optif[ue au cenlrt* junistatif, tandis que les îiutres se rendent dans le noyau central. Cette de.stinatinu particulière serait réservée A quelques-unes des fibres du nerf lingual, qui apporterait ainsi aux deux tiers antérieur? de (a langue à la fois la sensibilité tactile et la sensibilité gustative. C/est la Topinion qnt est le plus généralement admise et qui a peut-être le plus de chances d'être la vniie. L'expérimental ion a depuis longtemps fyit justice de Tassertlon de Paidzza qui a enseigné que les glosso*pharyn{^aens sont seuls alfeelés au goût, tandis que le lingiial est seul préposé à la seîisibililé tactile. Il est en etfel démonTré que le sens do f^oût sié^c nonseul ement sur le territoire de la 9" paire, mais encore rînns des points où elle n*a pas accès et où le lingual pénètre seul Mais dans ces dernières années, de nouvelles interprétations, plus soutenablea que la précédente, se sont produites.

Schiflf, ayant cûnslaté que rexcisïon des fibres que le maxillaire inférieur envoie pour constitiu^r. avec la corde du tympan, le nerf lingual, n*abolit pas ie goût dans la partie antérieure de la langue, a pensé que c'était à tort qu'on attribuait à la branche inférieure ellemême de la 5* paire la sensibilité gustative. Toutefois, il laisse au trijumeau le monopole du goût pour tes deux tiers antérieurs de la langue. Mais il .suppose, sans donner de preuves A Tappui, que les •fibres spéciales qu'il renferme à cet égard, au lieu de sortir du crâne ivec la branche qui est la plus rapprochée de leur destination finale, s'associent tout d'abord au maxillaire supérieur qu'elles abandonnent ensuite pour traverser le ganglion sphéno-palalin et gagner le lingual par rintermédiaire du nerf sphénoïdal. Non*seulemeul Tanatomic ne nous montre l'existence d'aucune lelation entre les ramifications de ce nerf et le maxiïîaire inférieur, mais il en existerait que je ne verrais pas, pour les fibres guslatives du trijumeau, l'utilité d'un trajet aussi compliqué, et j'aimerais encore mieux expliquer les résultais négatifs de Inexpérience de Schiff par l'hypothèse de Lussana, Du resle. Prévôt a montré, dès 18€9, querahlalion des deux ganglions Bphéno-païaiins n'altère en rien le goût. Comme Schiff lui avait objecté qu'il était impossible de juger de rétal de la

gustation quand les glosso-pharyngicns sont respectés, porce que le liquide sapide gagne avec facilité leur départenient, il a recommencé ses expériences d ablation des ganglions en y ajoutant Ja section de la 9* paire, et dans ces conditions il a encore trouTé des signes de sensibilité gustative.

Lussana déclare avoir aussi reconnu que la section du lingual, faite au-dessus des anastomoses qu'il reçoit, ne trouble en rica 1^ sensibilité gustative de la partie antérieure de la langue. Mais \} pense que cela tient à ce que le trijumeau ne possède pas par lou môme cette sensibilité spéciale, qu'elle appartient exclusivemeot ^ la corde du tympan, qui, en se fusionnant avec le rameau que ie maxillaire inférieur envoie dans la langue, fait accorder à cette branche des attributions ([u'elle n'a pas. Pour lui , la corde do tympan n'est (jue la continuation du nerf de Wrisbcrg qui, quoique i considéré comme une des racines du facial, constituerait au fond \ un nerf à part et de sensibililé spéciale. Nous verrons, à propos de la 7« paire, que Bernard a accordé à celte corde du tympan un rôle d'un tout autre genre. Mais, malgré la grande autorité de ce physiologiste, j'avoue que s'il était bien démontré que la section intracrânienne du trijumeau ne modifie en rien la sensibilité gustative de la partie antérieure de la langue, je n'hésiterais pas à adopter la théorie de Lussana, d'autant plus qu'il est incontestable que l'électricité appliquée sur la corde du tympan, à travers le conduit auditif externe, doime lieu à des sensations subjectives du goût Toutefois, en attendant que celte démonstration soit réellement j fournie, il est évident qu'on doit s'en tenir à l'opinion classique qui i attribue au lingual proprement dit la sensibilité gustative en même { temps que la sensibilité tactile, car, dans l'état actuel de la science, | c'est elle qui réunit le plus de faits en sa faveur. |

Suivant quelques auteurs, la 5« paire ne se bornerait pas à être douée, en fait de sensibilité spéciale, de l'aptitude gustative. Elle serait en outre affectée à la conductibilité des impressions olfactives, et elle serait capable de sentir, d'une manière particulière, l'influence de la lumière. En dehors des considérations que nous avons reproduites dans l'élude du nerf olfactif, et sur lesquelles Bernard et Magendie se sont appuyés pour détrôner la r« paire de sa situation classique, le premier de ces physiologistes a fait aussi valoir le résultat de certaines expériences pratiquées directement sur le ganglion de Meckel et sur ses ramifications nasales. L'ablation de ce

ganglion ne madiBc en rion la ?eiisihilitè larlilo de la pihiiLiiirn, Les excilulioiiti direi-ies du nerf naso-pala tin mtjntreiit qu'il est complélemenl insensible, lundis que cliez le mt'^me animal le sous-orbilaire vèi doué d*uoe seûsiliililé Irès-vive. Ce naso- palatin paraît doue iHre t'on.^itilué par des fibres de sensibilité spéciale, puisque Magendie a montré que tous les neiTi? sensoriels spéciaux sont coraplélemcîil insetisiblês aux irritiilious mécaniques. En présence du premier de ces résuilats, on est obli^^ê de supposer une erreur d'olvservalioQ DU de se demander par quel nerr la portion de la pituilaire, qui ne reçoit que du ganglion de Meckel, va puiser la sensibilité tactile, La difîieullé de faire mm réponse à ceUe question force à adopter la première supposition. Quant au peu d'irritabilité du nerf nasopalatin, elle peut fort bien tenir à ce que le ganglion entrave parfois la Iran s mission et ne permet pas toujours aux impressions d'arriver jusquï» la conscience. L'impression nabi lilé de la 5^^ paire à la lumière semble ressortir de i 'observation clinique et de rexpérimenlalioo. On a vu des amauroliques, qui étaient pris d'ophlbalmie, éprouver de la ()botopbol>ie. D'autre pari, Castorani a constaté que des chiens auxquels il avait coupé le nerf optique pouvaient entjore ressentir le m^-me symptôme. Mais il est évident que ce genre de seusihiîilé des libts ciliaires ne saurait être assimilé à celle de la rétine. La photopbobie esl une véritable douleur et non une sensation lumineuse. Les ondes de la Itimtére produisent, en définitive, un ébranlement qui peut bien retenlir dans des tubes tactiles (pii sont plongés dans un milieu transparent et dont la sensibilité se trouve centuplée par rinflammation ambiante. Du reste, rien ne firouve que la lumière n'agit pas, dans ces circonstances, uniquement par ses rayons calorifiques. Il est on dernier fait signalé [mr Lincoln, de Boston, qui touche à la même question* Eu éleetrisant le nerf susorbltaire chez un homme, il a donné naissance à la sensation d'une vive lumière. Mais il est évident qu'il s*agit ici cfune sensation réflexe provoquée dans le centre visuel par rébranlemenl Fensilif du soii-orbîtaire, gensation qui a pris d'autant plus facitement naissance que le sujet éledrisé était atleiul ifnne congestion cérébrale.

Rôle tmttur, — Par sa courte racine, le trijumeau lient sous sa dépendance les mouvements d'élévation, d'abaissement et de diduclion de la mâchoire inférieure. Il anime, en effet, le temporal, le mas'iéler, le ptérygoldien interne, qui sont des muscles élévateurs de la mâchoire ; le ptér)*goïdicn externe, qui est diducleur ; le mylo-

hyoïdien et le ventre antérieur du digastrique qui sont abaissems. Aussi, lorsqu'on a coupé 'la courte racine, on constate que tons les muscles précédents sont paralysés. La mâchoire inférieure reste alors passivement écartée de la supérieure. L'animal ne peut plog la rapprocher par lui-même ; en même temps, le maxillaire inférienr est dévié latéralement. D'autre part, Firritalion galvanique de la même racine produit dos contractions tétaniques de ces diffénnts muscles. Pour toutes ces raisons lu trijumeau se trouve être Tagent nerveux indispensable de la fonction mécanique de la mastication. Il intervient aussi dans la déglutition, puisque c'est lui qui provoque le spasme par lequel le milo-hyoïdien projette le bol alimentaire dans le pharynx. Suivant Politzer, le muscle interne du marlean recevrait aussi sa motililé du trijumeau, de sorte que ce nerf servirait encore au dosage de l'impression auditive et augmenterait ea même temps la tension du liquide labyrinlhique en poussant ea dedans, par l'intermédiaire de ce muscle, la chaîne des osselets.

Knfin, d'ai)rés Zlobikowski, deux autres rôles moteurs particulien seraient encore conférés normalement au trijumeau. Plus beareux qu'Hirscbfeld, il a retrouvé le nerf dento-lingval de Sappey, clili vu que ce nerf, qui émane du mylo-hyoldien , va non-seulement s'ajouter à l'ensemble du lingual et de la corde du tympan, mais fournit en outre une petite branche se rendant au ganglion soosmaxillaire. Au point de vue physiologique, il pense que cette dernière constitue la racine motrice de ce ganglion, et que la brandie annexée au lingual vient remplir l'oflice que nous verrons accorder par Bernard à la corde du tympan. Klle gagnerait les fibres muscolaires lisses situées sous la muqueuse de la langue et servirait à agiter les papilles dans le liquide sapide, favorisant ainsi le dév^ loppcment de l'impression. Quant à la corde du tympan, il en fait, comme Lussana, le nerf du goût.

En 1803, MM. Philippeaux et Vulpian ont pratiqué une expérience qui semblerait démontrer que , dans certaines circonstances artificielles, le trijumeau peut, même par ses fibres à destination senâtive , provoquer des phénomènes de motilité , au lieu et place d'nn nerf moteur rendu impuissant. Chez un chien auquel ils aTaient arraché le grand hypoglosse plusieurs mois auparavant, ils ont dé* terminé des mouvements très-nets delà langue en pressant le lingual entre les deux mors d'une pince. Ce résultat, si extraordinaire qu'il puisse paraître, s'explique très-bien avec la façon dont nous avons

compris la constitutiôii aiiiiLomiqueelphysiolo^fiqiie du réseau périphérique organisé daas llritimilé rie chaque organe. L'ébranlement moléculaire produit daas le linfrual peut sans doute parfois, lorsque est de nature mécanique et appliqué dans un point rapproché du réseau, se propager, par fintermédiaire de ce dernier, jusgne dans les ramifications qui Tiennent aboulir aux plaquv'S motrices des muscles de la langue, et qui, dans Tordre normal, se trouvaient spécialement en continuité de transmission avec le grand hypoglosse. Mai? il u'y a pins là qu'une possibilité de suppléance irréalisable dans le mécanisme sponlané de la fonclion, puisijue le liû^al n'émane pas d'un centre moteur valont'iirc de rencéphale,

Môh nutritif. — La section iîiiracrâuienne du trijumeau est constamment suivie d'altôratioîiïH, plus ou nmin.s marquées, des organes Inoervés par lui. Vingt-quatre heures après l'opération, la cornée commeoce à devenir opagne. Cette opacité va en aogmenlaut, et au bout de cinq à six jours la cornée atteint parfois la blaucbeur de ralbâlru. On altribue généralement ce résultat à l'exhalation in terlamellaire de la lymphe plastique et surtout h un dépôt de fines granulations graisseuses. Mais, dant; ces derniers temps, Vulpiaii a reconnu qu'il est dû en grande partie à la formation d'un grand nombre de cristaux de carbonate de chaux. En même temps, et dès le deuxième jour, la conjonctive s'enflamme et finit par sécrèter abondamment un mucus puriforme. Souvent Tiris, de son côté, devient ronge, s'enOamme et se couvre de fausses membranes, U p«.'Ul arriver aussi que la cornée se détache et que Vm\ se vide. Cette destruction complète demande environ huit jours pour s'effecmer. C'est évidemment par riotermédiuirc des nerfs ciliaires que la 5* paire peut exercer une influence nutritive sur la cornée. Bernard apUjduresle. le constater directement. Il a con[)é ces lîlets ciliaires seuls, el immédiatement la cornée devint terne et sèche, comme cela a lieu après la section totale du trijumeau. La suppression d*actîon de la 5* paire entraîne aussi des allérations remarquables de la pituitaire. ficlîe-ci devient spongieuse et saigne au moindre allouchement. Le milieu oii plongent les fibres olfactives se trouve complètement modifié, et c'est ainsi que l'exerrice de rolfaction, comme celui de la vision, est indircctenieal compromis. Il est à remarquer que ces lésions de la muqueuse nasale se produisent malgré la persistance du ganglion de McckeL Dans les mêmes conditions, et surtout après la section isoiee du maxillaire inférieur, la hji.scAni^ Uï. — 17

muqueuse des lèvres se montre aussi quelquefois rouge et gonflée. 11 survient môme des ulcérations. Mais comme elles apparaissent souvent dès le lendemain, elles doivent être dues à des morsons que rend fréquentes l'insensibilité de la muqueuse buccale. Cbei les lapins, dont les dents sont perpétuellement en travail d'accroinement, on peut constater un fait qui prouve une fois de plus que lei tissus possèdent une autonomie qu'ils sont encore aptes à manifester lorsqu'ils sont privés de leurs communications habituelles avec ki centres nerveux. Malgré la section de la 5* paire, les dents continuent à pousser chez ces animaux. Gomme la muqueuse de la langue s'altère au môme titre que celle des lèvres, le goût se trouve plv ou moins supprimé dans sa partie antérieure.

On voit aussi survenir des troubles du côté du fonctionnement des glandes. Ainsi, après la section, la glande lacrymale sécrète manifestement moins. 11 en est de môme des glandes salivaires. Le ] trijumeau renferme-t-il des nerfs sécréteurs, ainsi que les cntenl i Ludwig ? ou bien ce ralentissement dans la production des larmei J tient-il à ce que la conjonctive, devenue insensible, n'apporte plu \ un stimulant réflexe au travail sécrétoire? Il est diflicile de se pro- i noncer. Mais il est bien probable que c'est ce dernier élément qm ij doit ôtre accusé du résultat. Du reste, les glandes n'en paraissent pai : moins, malgré la perte de l'inlluence nerveuse cérébrale, conserrer les aptitudes créatrices que leur confère soit le réseau périphérique, soit la vie cellulaire; car les grappes de Meibomias manifestent,» . contraire, dans les mêmes conditions, une vive hypersécrétion. C'est ^ là une des consé(iuenccs de l'inflammation de la conjonctive qni se propage plus facilement dans leurs canaux que dans les culs-de sac de la glande lacrymale qui est beaucoup plus éloignée. Les altérations provoquées par la section de la 5* paire ne restent pas toujours limitées à sa sphère de distribution. iVinsi Yulpian a souTenl rencontré des ecchymoses du poumon et de l'estomac sans que le pneumogastrique ait été directement intéressé et sans qu'il y ait en des accidents nerveux généraux, apoplectiques ou autres. Évident ment il y a là le résultat d'une action réflexe provoquée par il douleur de la section ou par l'état consécutif d'irritation du boni central du trijumeau.

Kn vertu de quoi la section de la 5* paire produit-elle ces diverses altérations ? Trois thèses fondamentales peuvent être et ont été soutenuesL : l"" la section ne joue qu'un rôle secondaire et ne fait que

favoriser le traumalisinc extérieur; 2** elle agit en modifiant les conditions yaso-motrices de la région; 3° elle joue un rôle direct en gopprimant certaines fibres du trijumeau chargées de présider à la nulrilion des tissus. — La première hypothèse a surtout eu pour défcuseors GrsDfe, Snellen et Ëberth. Gnefe fait tout provenir, pour l'œil, de la dessiccation de la cornée consécutive à la suspension de la sécrétion lacrymale. Snellen ne voit là que des lésions purement traornatiques dues à ce que l'insensibilité des paupières et de la coiyonctive supprime le clignement, et à ce que, par suite, le globe oculaire échappe moins aux chocs et à toutes les causes d'irritation. D a vu la cornée rester intacte chez tous les animaux dont il avait préalablement obstrué Tœil avec un lambeau de peau emprunté à roreille. Eberth prétend que les altérations de Tœil sont directement produites par les micrococcus de l'atmosphère qui se déposeraient d'autant plus facilement sur la cornée qu'elle n'est plus protégée par le clignement. Ces parasites trouveraient là un terrain d'autant l^os favorable à leur pullulation que l'œil se trouve desséché par son contact continuel avec l'air.

La modification vaso-motrice résultant de la section de la 5*^ paire a été comprise de deux manières différentes. On a d'abord pensé que les lésions observées étaient la conséquence de la congestion paralytique résultant de la section des vaso-moteurs ([ue le trijumeau empninte au sympathique, particulièrement au niveau du ganglion de Gasscr. Cette congestion peut, du reste, être constatée de visu Ainâ que l'a démontré Yulpian, il sufiit de couper le lingual pour i^rminer presque immédiatement une rougeur paralytique de la moitié correspondante de la langue, rougeur qui forme contraste arec la couleur de l'autre moitié, encore soumise à son lingual. Sduff a prétendu depuis que la section du lingual ne produit ce résultat qu'autant qu'elle est combinée avec celle de l'hypoglosse. Mais Vulpian, en ayant recours au curare, qui rend la langue inerte, a pu mieux juger de l'état des choses, et il a vu que si la sectioD consécutive de l'hypoglosse augmente la rougeur acquise, celle qui résulte de la simple amputation du lingual n'en est pas moins très-accentuée. Du reste, en appliquant l'électricité sur le bout périphérique de ce nerf, on fait resserrer les vaisseaux, ce qu'accuse la làîeui de la moitié correspondante de la langue. Ce que le lingual leut faire dans son déparlement, il est probable que les autres fauches du trijumeau sont capables de le produire dans leurs cir-

200 1»HYSI0LU(HK nu SYSTKME NICKVKUX.

conscriptions respectives. D'ailleurs, l'injection de la conjonctive cd est une autre preuve palpable. Du reste, co genre d'interprétation de l'action vaso-motrice compte aujourd'hui peu de partisan», cl ert tout au moins considéré comme un élément parfaitement négligeable, parce (jue la destruction du sympathique, qui envoie directement anx vaisseaux de la tôte une bien plus grande quantité de vaso-motem qu'il n'en confie au trijmneau, produit une congestion passive beaucoup plus considérable, sans arriver par elle-même à déterminer des effets réellement tropliiques. Sinitzin prétend môme que la pan- ; lysie vaso-motrice provoquée par l'arrachement du ganglion cervical ' supérieur empêche la section du trijumeau de produire les altéra- ! lions habituelles, et que celles-ci peuvent même être enrayées par I cet arrachement chez l'animal qui a subi préalablement l'ampDtalion de la 5' paire. Mais ces dernières assertions sont plus que donteuses, car dans des expériences plus récentes, Rckbard n'a rien obtenu de semblable. Dans l'impossibilité d'expliquer les Iroublei trophiques par la paralysie vaso-motrice, Gl. Hcrrnard a émis une'. liy|)othèse assez ingénieuse. Ayant remarqué que l'excitation dn ■ bout périphérique de la branche auriculo-temporale donne lienl'; une congestion active de la région correspondante, identique à celle que nous verrons être déterminée par la corde du tympan dansn sphère de distribution, il a pensé que les autres branches do trijumeau devaient aussi renfermer des fibres à action vaso-dilatatrice et que leur section devait laisser un libre jeu aux fibres vaso-constriclives apportées directement aux vaisseaux par le sympathique. De lA une constriclion vasculaire t(»lle qu'il en résulterait une Yôrilable anémie et par suite une tendance des tissus k la destruction.

L'idée de la suppression d'une action trophique spéciale du nerf trijumeau était la plus naturelle, aussi est-ce elle qui est venue toot d'abord à l'esprit des physiologistes. Les termes employés par Mar gendie et Longet font plus (jue la sous-entendre. Depuis elle a pm beaucoup plus de consistance en présence des difiicultés que l'oa éprouvait à expliquer les altérations observées par une action vasomotrice , et on s'est surtout préoccupé de déterminer les conditions suivant les(iuelles la [luissance trophi([ue s'exerçait. Magendie et Longet aval(uit constaté que les lésions d(^ tissus se produisent surtout lorsque la section porte, soit sur le ganglion de (Jasser, soit en avant de loi. On en avait conclu (fue le trijumeau emprunte son action nutritive au sympathique par l'intermédiaire du ganglion. Ces deux au-

ure déclarent cependant eux-mêmes que la section faite entre ce uglion et la protubérance peut être aussi suivie de troubles troliiqucs, mais exceptionnellement. L(*s expérimentations ultérieures oat venues démontrer de plus en plus que l'exception est loin d'être tre; de sorte que les partisans de Taction nutritive admettent auonrd'bui que le trijumeau la doit à des fibres indépendantes de xUes qu'il peut recevoir au niveau du ganglion. Schiff n'hésite pas i attribuer cette action à des fibres spéciales, distinctes des fibres positives, parce qu'il a vu les lésions du trijumeau altérer l'œil sans ni flaire perdre sa sensibilité. Meissner les a localisées dans la partie nteme du nerf, parce qu'il a wx les troubles trophiques manquer orsqu'il ne sectionnait que la moitié externe du nerf, tandis qu'ils ie produisaient constamment lorsqu'il coupait la moitié interne, icrkel les a groupées en une troisième racine, ainsi que nous 'avons vu. Pour admettre la nature trophique de cette racine, il appuie sur ce que, dans une de ses expériences, il aurait réussi à létniire la racine sensitive sans léser les radicules provenant du Bbercuie quadrijumeau, et l'œil se serait trouvé privé de sentiment ans éprouver la moindre altération nutritive. Samuel attribue tous es effets trophiques au ganglion de Gasser, mais il pense qu'ils sont le nature irritative et non paralytique parce que la section ne peut [n'enflammer le fragment périphérique de cette masse ganglionlaire. Pour conGrmer sa supposition, il a enfoncé deux aiguilles lans le ganglion et fait passer pendant quelques moments un coûtant d hiduction. Dès le deuxième jour, une inflammation intense airahit le globe oculaire, et le lendemain la cornée était déjà opaque Malcérée. Il survint même un épunchement purulent dans la chambre utéricure. Cette expérience présente trop de difficultés et trop de eanses d'erreur pour qu'on puisse l'accepter sans réserves. On a certainement compliqué la question en mettant en avant, fone manière exclusive, une des nombreuses conditions qui peueot concourir à la production des altérations de tissus qui succèlent presque toujours à la 5* paire. Il n'y a au fond, à ce sujet, que enx points de vue essentiellement distincts. Ou bien les nerfs exercent aucune influence trophique directe sur les tissus; ou bien ite influence directe existe, qu'elle soit servie ou non par des ^res spéciales. Dans le premier cas, il y a intervention de toutes ; circont^tances ambiantes et locales qui sont la conséquence indi- :(e de la section, et non pas d'une seule ; car du moment où ces

circonstances existent et du momont où ellos sont susceptibles d'entraîner des altérations, forcément elles doivent concourir ù leur formation. Dans Je second rîis, on doit accorder le rôle principal à la suppression ou h la modification de 1 influence trophique normale des centres nerveux. Mais, à côté de cette cause spéciale, on est encore obligé de tenir compte des autres circonstances, qui deviennent dès lors accessoires, mais qui ae sauraient ^Ire supprimées, ni môme atténuées, en présence de cette action nerveuse ^ dominante. Dans ]*ud et ïaulre cas, on ne doit pas faire abstraction de la part de la vie cellulaire. Même en l'absence des nerfs, lc5 éléments histologiques peuvent dégénéi^er^ en vertu du leur puissance propre. Mais pour ce faire, ils ont besoin d'être irrités par un agent extérieur quelconque. Cette cause d'irritation, ils la trouvoul plus facilement après la section, puisque les tissus ne sentent plus le conlacl des corps étrangers, et puisque l'œil, qui est tout juslemeot l'organe qiii en soutTre le plus, reste à découvert et exposé à la fois aux causes de dessiccation et de contacts irritants. Mais je ne crois pas qu'il y ait lieu de faire des micrococcus uue cause spécifique H exclusive; car leur présence n'est pas constante et peut avoir lieu sans qu'il y ait lésion du nerf. De plus, toutes ces causes de traumatisme, quelles qu'elles soient, ne doivent avoir qu'une part secondaire dans le résultat général. La section du facial nous donne la mesure exacte de cette part, car elle rend le clignement et l'occhision des paupières beaucoup plus impossibles encore; et cependant elle ne donne lieu qu a un certain de^é de cougestion de la conjonctive, et exceptionnellement ù des processus inflammatoires Irèsrestreints. X côté de ces conditions pailicutiéres de traumatisme, H faut aussi tenir compte des conditions de vascularisalion i[ue lasertion crée pour la région. No ri -seulement il est possible, et même à peu prés certain, que dés son origine le trijumeau pos^-éde des fibres à rôle végétatif, que ces fibres forment ou non une racine spéciale- mais^ mémt^ en conteslanl Texislence de ces fibres, ah nvo, on est obligé de reconnaître qu'an niveau du ganglion de Casser le trijumeau reçoit un grand nombre de filets d'origine syiupatbiqae. Or, ces fibres sont certaiiiemenl (tes agents vaso-moteurs, et leur suppression ne doit par? être indilïerenle. Je ne crois pits â uue «Demie produite suivant le mécanisme imaginé par CI, Bernard, pttroe que, outre que l'existence de fibres vaso-ilitalatrices attend encore une démonstration satisfaisante, il est à remarquer que la plupart des

NBRF TRIJUMEAU. 263

altérations qui suivent la section de la 5' paire ont un caractère inflammatoire qui ne s'allie guère avec Tidéc d'anémie. C'est donc, sTànt tout, par uHe paralysie vaso-motrice ou une congestion pasave que la section du trijumeau peut apporter un élément vasculaire à la production des troubles trophiqucs. Il est vrai qu'un pareil état des vaisseaux ne saurait engendrer des processus inflammatoires sans le concours d'autres circonstances. Mais ce bain de gang^ presque immobile et non ou mal utilisé, ne doit certainement pas être favorable au maintien de l'équilibre nutritif. Il doit tout au moins prédisposer les tissus à s'altérer sous la moindre influence. C'est ce qui arrive, du reste, dans les paralysies du sympathique, lais il est une autre condition vasculaire qui peut se mélanger à la précédente et qui est capable d'engendrer des inflammations. Même qaand la section est complète, elle détermine un travail irritatif dans le bout central qui, restant en communication avec l'axe, peut pro- Toquer. par action réflexe et par l'intermédiaire des centres ainsi que des vaso-moteurs envoyés directement aux vaisseaux par le sympathique cervical, des dilatations spasmodiques et par conséquent iaflammatoires. Ce bout central et le sympathique continuent, 60 effet, à former avec les centres une chaîne fonctionnelle non interrompue et d'autant plus puissante que le plus grand nombre des vaso-moteurs de la tôte ne s'associent pas au trijumeau. Mais je crois que dans ce concert variable et mobile de circonstances, l'élément dominant est la suppression du nerf dans son ensemble ; car dans toute l'économie les lésions des cordons nerveux sont suivies de troubles trophiques, et le trijumeau n'a pas de raisons pour échapper à cette loi commune. J'ignore s'il y a réellement des fibres aTchilectes; mais si elles n'existent pas, on est tout au moins forcé de reconnaître que les fibres sensitives et motrices, en faisant fonctionner lc3 tissus sensibles et les muscles, d'une manière normale, les maintiennent dans de justes proportions, au point de vue de ra?5imilation. des combustions et do l'usure. Or, après la section, ce fonctionnement est supprimé, quoique le sang continue à arriver. Il ne peut en résulter que des déviations nutritives.

Anatomie et physiologie pathologiques. — Ou n'a pas encore signalé dans la science de cas de névrite spontanée de la 5* paire. Il est évident cependant, vu l'activité fonctionnelle de ce nerf, qu'il doit s'en présenter encore quelquefois. Bien des névralgies n'ont dû être que l'expression de ce travail inflammatoire. En revanche,

Oïl Ta ob^prvé assez fréquemmenl comme consC'quenco indirecte des altérations des tissus amluanls. C'est aussi, Ja plupart du temps, par voie deuvahissemeot que le trijumeau devieid le siège des diftùreutes espèces de dégéuerescGUccs, C'est ainsi que Serres a trouvé chez un jeune homine de 26 ans le ganglion de Casser cornplùlemeol envabi par imt* dégéii*5rescence que les moyens d'iiivesligalion de l'époifue permirent seulement de classer dans le groupe général des cancers. Dans ce eus, la petite racine, mulgré son voisi nage, avait été parfaitement respectée. C'est airisi que Stamm a vu, chez un homme de 50 ans, ce même gangîioa totalement englobé dans une masse squirrheusc qui avait pris naissance sur la grande aile du sphénoïde droit. La substance iierveuse était complétemeot détruite et n avait été un peu respectée qu'au niveau de l'émergence de roplubalmique et du maxillaire inlërieur De son côté, Fioupe a trouvé chez un de ses malades le ganglion de Casser comprimé par un carcinome de la dure-mère. 11 lui a été impossible, malgré une dissection minutieuse, de le séparer de la Inmeur et de suivre les branches qui en parlent. Montant, Stanley, Gama, Carrée Dechambre l'ont vu considérablement compromis par des tumeurs de diTcrse nature.

Les connexions que le trijumeau et le gangîion de Casser, en partictilier, contractent avec le rocher exposent la 5* paire à subir Ic8 conséquences des chutes, des coups et de toutes les espèces de causes lraumalique5 capalilcs de rracturer ou d'ébranler celle saillie osseuse. Meyer rapporte robservation d'une femme qui, ayant essuyé un coup de feu dans le côté droit du cou. montra à l'autopsie un ramollissement inOammatoire du ganglion et des trois branches émergentes. Le ganglion oîïrail particulièrement une teinte jaune très-marquée. La balle était vernie s'arrêter sur la face antérieure du rocher, saus avoir erdamé le nerf lui-même, Bérurd l'a trouvé aussi ramolli et injecté chez un homme qui s'était suicidé h l'aide d'un pistolet appliqué sur roreijle et qui s'était ainsi fracturé Tos lemporaL La fracture du rocher u*est même pas nécessaire pour que la 5* paire s'altère. 11 suflit que celle-ci soit comme contusionnée par le simple ébranlement moléculaire de cet os qui, mécaniquement, se trouve être le point de concentration ordinaire de toutes les secousses éprouvées par ta hase du crâne. Le [tremier fait leudrait déjà à le démontrer, si on ne pouvait invoquer ici avec plus de raison une atmosphère iuflammatoire développée par la pré^ieiic©

de la balle. Mais Iligler a vu la paralysie de la totalité du trijumeau à la sijile (1*000 chute sur le côte gauche, saos que rien puisse faire admettre l'existence d'une viiritable fracture du rocher. D'autre part, ou ne pouvait attribuer te résultai nuiquemeul à la compression directe subie par les brancfies superficielles, puisque les profondes étaient aussi paralysées. Évidemment te tronc commun avait dû être compromis lui même.

Les rapports que le trijumeau contracte avec les méninges peuvent encore le compromettre, même en dehors des cas de tumeurs. Les fausses membranes aux(|uelles donnent lieu tes méningites suffisent pour le comprimer au point d'empêcher son fouctionnemeiU et même de détcTuiirier son atrophie. Les exsudais de la méningite lijl>ereulcusr prodinsfiit souvent d(^ faueslbésie de ia face. Maïs la mort survient si rapidement qu'on ne peut juger des eiTcts atrophiques de la compression, lî n'en est plus de même lorsque les fausses membraues se sont développées lentement, comme sous l'influL-nee de la syphilis. Chez une malade alteinte de sypliilis coustilutionnelle, Tood a trouvé le ganglion de Casser et ses trois branches complètement atrophiées.

On a pu prendre sur te fait, du reste, quelques-unes des altérations spontanées dont le trijumeau est susceptilde et qui passent la plupart du temps inaperçues faute d'autopsies. Chez un malade d'Abercrombie il s'est moutré ramolli et réduit à son névrilème au niveau de la prolul)érdnce. Ilerbert-Mayo l'a trouvé ramolli et jaunâtre. Dans une observation de Serres, il avait un aspect gélatini forme. Feiiper, de Copenhague, a rencontré chez uue femme morte à 57 ans le gîingiion de Gasser transformé en une masse dure de la grosseur d'une noisette. L^hyperplasie avait aussi envahi les trois branches émanées de ce ganglion et elles étaient considérablement épaissicB dans tout leur trajet tntraerdoieii. Tous les tissus ambiants étaient inlactâ. Dans deux cas de syphilis tertiaire, Dixon a trouvé le trijumeau parsemé de petites masses jaunAlres ou rougealres très- fermes. ' tl est probable qu'il s'agissait là de petites tuiiieurs gommeuses. Esmarch IVi vu trés-hypertropbié dans les mêmes eii-con stances. Enliu la 5* paire peut donner naissance à de petites fumeurs répondant ati gliome de Virchow, ou îï famyélocyte de Robin. Du moins Berger en a ûl>servé un fait chez le poulet.

Trùuhtes de la xrnsihiHfé factilr. — L*anesthêsie que Ton peut observer dans le département de la 5' paire reconnaît souvent une

PHYSrOLOGIK DU SYSTÈME NERVEUX.

cause ceotralf', et lient généraîeniont à une sclérose de la protubérance ou dii bulbe. Dans ce cas, elîo se montre du côté opposé h vvWi qu'occupe la lésion organique, ce qui prouve que les raiiaes des deux trijumeaux s'enlre-croisent dans rinlèrieur du mésoccphale. Mais il est certains faits pathologiques observés par Brown- Srquard qui lendraient à démontrer que toutes les Obres de ces nerfS n'opèreut [»as li'Ur euln^-croisement au même niveau* Le lingual, eu particulier, semble le faire dans un point tout à fait spécial. Chejs trois midades qui avaient tous les signes d*une maladie de la protubérance, il a constaté, en appliquant riPsthésiométre, que lanesthésie unilatérale de la langtie était du côté opposé à celui de l'anesthésie des téguments de la face.

La perte de la sensibilité est au contraire toujours directe lors* quVlle relève du nerf lui-même, cas que nous devons surtout considérer dans cette étude du système nerveux périphérique. Elle peut alors être due à renvahissement du nerf pîir nue tumeur cancéR*use (c'est ce qui eut lieu dans les faits de Serres, de Stamm et de Fioupe), ou bien à la coînpression exercée par des exsudais méningés (fait de Tood), à une fracture du rocht^r (fait Rérard), h un travail inOammîiloire ambiant et de cause Irauunitique (fait MeVer), à un ébranleuient moléculaire du nerf (fait FUgler), ù l'hyperlrophiu et ritidnralion du nerf (fait Fenger). La cause peut être beaucoup plus périphérique encore, et alors ses effets paralytiques ne portent que sur ituelques-unes des branches de la 5" paire. C'est ce qui a lieu souTcnt sous rinfluence d'une maladie d'un de« os de la face ou de kl tête, d nue plaie extérieure par arme à feu et même de Textractiou d'une dent. Le trijumeau peut t^ocore, de même (|ue tous les m^rfs, devenir le siège d*une paralysie d frigore. Mais le facial scmblu céder beaucoup plus facilement que lui k Tactlun du froid; car il nVxisle dans la science que trois cas d'anesthésie de la face due incontestablement à cette inlluence^ tandis que rien n*e8t plus fin&* qucnt que devoir la paralysie des muscles de la face dans lesujêrnes circonstances. Enfin Tanesthésie peut êlre produite par la sypliilis. Dans ce cas, la paralysie du sentiment n'est pas frauche et a quelque chose de spécial. Ou observe alors des fourmillements, de^ engourdissements de la face, la sensation d'une toile d'araiL^mée appliquée sur la peau. On a aussi rencontré sons la même influence une analgésie du tégument. Il est possible que dans tous les faits de ce genre il y ait, soit des gommes, soil des exsudab meuiugés, mais il est

NERF TRIJUMFAU. 267

i^reqnc Taotopsie puisse Olrc faite. 11 est une branche du trijumeau

qui semble échapper plus que les autres aux causes d'anesthésie,

c*ft!t le nerf dentaire. Le fait n'a rien d'étonnant lorsqu'il s'agit de

Causes périphériques , puisque la branche se trouve abritée dans un

Canal assez larçe pour qu'elle soit plutôt exposées à être irritée que

comprimée complètement. Mais il parait en être de même lorsque

la cause est centrale. Depuis plusieurs années, Graves a examiné à

ce point de vue un grand nombre de malades atteints d'anesthésie

de la face, et il a toujours trouvé les dents sensibles. Souvent même

ii sjL dû leur extraire des dents qui leur occasionnaient de vives

douleurs. La même observation a été faite par Glean. Il y a là une

imxBunité qu'il est difficile d'expliquer.

Xi'anesthésie est souvent précédée d'une période de vive surexcita.t:ion qui se traduit par des douleurs excessivement intenses. On coTnprond qu'il en soit ainsi lorsque le nerf ou le gangUon devienrxeut le siège d'une sclérose. Au début, c'est un travail inflammatoire do la névrogiie qui ne fait qu'exciter les éléments nerveux sans les détruire, sans même les comprimer. Ce n'est que plus tard que ces éléments se trouvent de plus en plus entravés dans leur fonctionnement par la prolifération conjonctive. Ou conçoit qu'il en soit de même pour une tumeur qui joue toujours le rôle d'épine avant d'être un corps comprimant. L'anesthésie peut même coïncider avec Texistence de douleurs spontanées, c'est-à-direque Va nesthésie douloureuse appartient aussi bien aux nerfs crâniens qu'aux nerfs rachidiens. 11 en fut ainsi entre autres dans une observation rapportée par Gillette. Dans ces paralysies du sentiment, on peut être témoin de la reproduction spontanée des expériences de Bernard. La cornée conserve souvent sa sensibilité tactile, alors que la conjonctive l'a complètement perdue. L'inertie tactile de la muqueuse iabiale donne lieu à une singulière illusion. Tous les objets que le inalade place entre ses lèvres lui semblent composés d'une seule moitié, la portion reposant sur la muqueuse n'étant point sentie. La perte fle la sensibilité entraîne indirectement d'autres conséquences. Malgré l'intégrité du facial et, par suite, du buccinatenr et de l'orbiculaire des lèvres, la salive n'est plus maintenue dans la cavité buccale. Elle s'écoule nécessairement parce que sa présence n'est plus sentie. Pour les mômes raisons, la mastication reste imparfaite, même quand le nerf masticateur n'est pas lui-même atteint. Le malade ne s'aperçoit pas quand des parcelles alimentaires aban-

PHYSIOLOGIE DU SîSTKME NERVEUX.

donnent les denx meules dentoires. Ces deux actes fonctionnels sont en outre coniproiui!? pour une aufre raison, c'est que le facial el le masticiitetir se trunvent avoir perdu, par le fait, Jeur associé seosilif, c'est-à-dire le neif qui est charge de li^ur apporter l'aide du sens musculaire. C'est à cette dernière cause qu'il faut attribuer aussi la Icûteur et rincerliludc du jeu de la physionomie.

La 5* paire est beaucoup plus souvent en étal d'exaltation qu*eii état de paralysie. C'est peut-tMre le nerf qui est le plus iTéquemraent le siège de douleurs névralgiques. Celles-ci y présenteiU même une acuité qu'on ne rencontre nulle part ailleurs. Je suis porlé à penser que le rapprochemeid relatif que présente îe Irijumeau vis-à-vis du centre sensitif est pour beaucoup dans ce perfectionnement de la sensibihté. L'impression arrive dans la couche optique, ayant consené sa vigueur primitive. Pour la même raison, sans doute, les plus légers altouchemenlssulliseul pour provoquer une vive exaccr* bation de la douleur. Cne faible agitation de Faii* augmente même les soniTraîices, Roser a vu un cas de névralgie du nerf lingual qui donuail Heu à des souiîrances tellement grandes, qu'il dut se décider à pratiquer la résection de ce nerf, ce qui fui, du reste, couronné de succès. La sensibilité de la langue était lellemeut exagérée p;ir les mouveiiieiils qne le malade se Ironvait dans l'impossibilité absolue de parler. Comme tous les mouvements de la langue donnaient lieu à des crises exeessiveiuont violentes, il en était réduit h renoncer à la déglutition buccale, malgré la faim qni le dévorîiit. Il est rare que la névralgie occupe à la fois toutes les branches du trijumeau. Elle se localise même assez malhéraatiqiu*ment dans Tune d elles. C'esl le maxillaire supérieur tjui est le plus souvent atteint; vieimeul ensuite l'ophthalmique et enfin le maxillaire inférieur La syphilis a choisi la 5* paire comme siège privilégié des névralgies qu'elle peut engendrer. Daus ce cas, les douleurs existent rarement à la fois dans les deux nerfs. Le phis souvent la névralgie est bêmi-facialc; mais elle peut occuper alteniativement les deux côtés (fait Ciuérard). Parfois elle reste localisée dans une seule de leurs branches, particulièrement dans le frontaL Quels que soient leur siège el leur étcudue, les douleurs offrent une certaine tendance à se monlrer la nuit.

En raison de la grande impressionnahiiité de ce nerf et en raison de son rapproc bernent des centres, ii est plus a])te que tout auln.% lorsqu il est névralgie, à provoquer des contractions réflexes qui

NKRF TRlJUiMEAU. 269

viennent, pour ainsi dire, inimor les grandes soufTrances qu'endure /e malade. Ce sont d'abord les muscles faciaux du môme côlé qui subissent les conséquences de cette propagation de rébranlcment des centres sensitifs dans les centres moteurs ; mais pour p(;u que la douleur soit intense et que l'ébranlement puisse étendre sa sphère (l'envahissement, il gagne bientôt le noyau du facial du côté opposé, et tous les muscles de la face ])rennent simultanément part à ce tic douloureux. Si l'agitation moléculaire est phis intense encore, elle peut se propager jusque dans les cornes antérieures de la moelle et provoquer des spasmes des muscles du cou, du tronc, et môme, mais rarement, des membres thoraciques. Il n'y a pas là toutefois une application exacte des lois de propagation des vibrations purement physiques; car malgré son voisinage probable, le noyau de la petite racine n'est jamais compris dans cet envahissement. Jamais, du moins, que je sache, on n'a vu une névralgie de la 5* paire donner Ui»u à du trismus. Au lieu de se répercuter vers les voies motrices, l'ébranlement flévralgique peut parfois s'engager, par l'intermédiaire des centres, dans d'autres voies sensitives, et généralement dans les plus rapprochées. C'est ainsi (ju'on voit la douleur s'étendre à l'occiput, au cou et h l'épaule.

Troubles de la sensibilité gustative, — Gert^iincs affections, par leur intensité et leur persistance, nécessitent souvent une intervention chirurgicale qui réalise sur l'espèce humaine de véritables expériences de laboratoire. C'est ainsi que Trizani s'est vu forcé de réséquer un des nerfs linguaux dans un cas de névralgie excessivement violente de la face et de la langue. A la suite de cette opération, les deux tiers antérieurs de la moitié correspondante de la langue perdirent non-seulement la sensibilité tactile, mais aussi l'aptitude à peTcevoir les saveurs amères, douces et acides. Il en fut de môme cliez un meunier qui dut subir la môme résection pour un motif sonblable. La perte du goût fut aussi constatée chez le malade de f^ carres dont le ganglion de Casser se trouvait complètement dégénéré. Lc3 poivre et la quinine ne réveillaient môme aucune impression c: tiez lui tant que ces substances n'avaient point gagrié la partie postt^ricurc de la langue. La même anesthésie gustative existait chez le malade de Rigler, chez celui de Fengor. Il est vrai que dans ce derxiier fait, il y eut aussi perte de l'olfaction. Mais cette dernière n'offrait aucune analogie avec celle de la gustation, ni comme nature, ni comme mode de production , car la piluitaire offrait des altéra-

PHYSIOLOGIE ÙV SYSTÈMK NERVEUX.

lions, laiulis que la muqueuse linguale paraissait à peu près saiac. Évidemment il s'agissait pour le lingual d uoe paralysie directe, tandis que rodorat était indirectement rendu impossiljle par l'éUt du terrain où plongeaient les dernière.s ramilîcations nerveuses. La sensibililé gustative était encore abolie chez une femme observée par Rorabey, qui présentait une paralvt^ie du côté gauche portant à la fois sur le injumeau et sur le facial. 11 en fut aussi de même dans le cas de Meyer. La pathologie semble donc, comme la physiologie, donner raison à Topinion qui attribue à ïa 5^ paire une part dans rinnervatiûu spéciate de Torfnme du goiïl. Mais riraparlialité ijui doit dominer toutes les questions scieotiOqucs me force à vons signaler les quelques faits conlradictoires que possède la science. La perception des saveurs parut LHre rùalisôe par la partie antérieure de la langue chez le malade de Stamm. Ll est vrai i:jxi'uue petite portion du ganglion de Gasser élait restée inlacte et que cette portion se trouvait Otre justement le point d'émergence du miixillaire inféneur, et par conséquent du linguaL Du reste, la sensibililé guslalive était bien pins vive du nôiù intact que du côté paralysé. Eenzi a soigné un malade qui avait complètement perdu la sensibilité tactile de la face et de la langue et qui avait conservé laptitude à apprécier les saveurs avec la partie antérieure du côié correspondant de la langue. Il eu fut de mérae dans le cas de Béranl. Mais rien ne prouve qu il ne restait pas chez ces deux malades quelques tubes mlacts. 11 sembla même qu on serait, d'après cela, autorisé à conclure que les tubes gustatifs sont différents des tubes tactiles el qu'ils ne sont pas exactement exposés aux mêmes destinées. 11 est, d^autre part, un fait qui tend à démonU^er que ce n'est pas à ses fibres propres que îe lingual doit ses propriétés gustalives. Un charlatan ayant déchiré la corde du tympan d'une paysanne, il en résulta la perte exclusive du goût dans la partie correspondante do la laugiie. Mai5 on peut opposer à cette observation celle deFioupe. Dans eelte dernière, le ganglion se trouvait seul compromis, et cependant le goiïl avait disparu sur la moitié droite de la bmgue.

Trmtbles de nutrition. — La clinitiue nous montre que la 5* paire influence beaucoup rinnervation vaso-mtdrice de la régiou dans laquelle elle se dislribue. Car lorsquVdle se trouve dans un état de snrexcilalioïi névralgique, file provoque une dilatation coîi- Fidérable di-s arlcres de la télti et de la face. 11 en résulte des battê*^ menls artériels qui viennent exaspérer la douleui" par les secouasûsl

qu'ils impriment aux txibes scnsilils. En mt^mt; lempîs ii sr produit une injection géuérdle qui m traduit par de la rou^^i^ur et de la tumùfartiou dcï^ lù^mments. Il peut nuHue eu résulter un gounemcut à la fuis iidlauiiîiatoire et œdi-ojalt^ux du li<su cellulaire fûus-cutaDé. Nolla rdate deux faits de congestiou excessivement intense de la laDgue soiis rinfîuence d*uue névralgie du maxillaire inférieur, et au cas particulier ti'iMie excitation du liîi^^ual réilécliii* sur la corde du tympan. 11 n'y a rien là, du reste, de bien spécial pour le trijumeau, car les névralgies ûp^ nerfs raeliidieiis provoquent aussi souvent des hatlements artériels dans les régions qu'ils parcourent. Mais le ptjénomène y est toujours beaucoup moins acceuloé, sans doute parce qu'il est proportionné à la pnissancc sensitive normale et pathologique du nerf. l*ar quel mécanisme se produit cette mimique vasculaire? Est-ce parce que les fibres vaso-motrices que le trijumeau apporte avec lui* après les avoir empruntées au sympathique, participent à roxaltatiou de leurs voisins, les tubes srnsilils? Ou bien l'ébranlement des tubes sensilifii va-t-il retentir par Tintermédiaire des centres sur les vaso-moteurs? C'est ce qu'il est dilHcîle de décider. Kn tout cas, je ne crois pas que Tettet soit direct dans sa totalité, c est-à-dire exclusivement l'œuvre des fd^rcs végé- Latives annexées au Irijumeau ; je pense que le sympul bique est lui-même mis en œuvre par action réilexe, car la cou j,a^s lion est souvent générale et dépasse tonjoors la circonscription qu'innerve la branche névral^née. 11 me semhte aussi qu'on est oldlgé de recon- 'iiaUre là un phénomène réellement actif et non passif, car on n* observe rien de semblable lorsque le trijumeau se trouve être complètement paralysé, soit par compression, soit par section.

L'influence que l'exaltation sensitive de la 5* paire exerce sur les gécrélîons est tout nussi incontestable. Suivant îa branche qu'elle occupe, la névralgie donne lieu à un écoulement abundant soit de larmes, soit de salive, soit de mucus nasal. On sérail presque autorisé à conclure de là que le trijumeau renferme des tubes sécréteurs; mais on ne peut pas assurer qu'il n'y ail pas ici une action centrale réflexe provoquée par Texaltation même des tubes sensitifs, car la tilillalion de la mtiqueuse buccale peut amener ansî^i un flot de ftalive* Il suJlit de loucher la conjonctive pour faire pleurer b^s yeux. Il semble même t|ue cette tvy|)ersêcrétiou épuise un pou rébranlement moléculaire du nerf, car la plupart du temps ces dîven^ écoulements pruduisent uu calme considérable daus lasouf*

franrt?, LVxcitiitioii dtf Irijumeau peut, dans certaiES cas exceptionneliî, provoquer du côté des sécrélions \m élut tout ti fait inverse, (liîbjrr a vil, en effot, \vs névralgie*^ Irifaciales amener une siccité trt's-nîarqiiéo des gencives et de la joue, une réaction fortement acide du rancus et même quelque.^ plaques de muguet.

De môme que les nerfs intercostaux, le Irijunieau, lorsqu'il est dans l'état du uévralgiii, peut donner lieu à une éruption d'ht.Tpés, c'est-à-dire à un véritable zona encéphalùjue, L'éruplion est ordinairemiml limitée au département soit de l'opîitlialmique, fioit du maxillaire infiTieur, Je connais toutefois environ douze cas de l apparition simultanée d'un zotia dans la région orbitaire et dans celle de la mâctioire inférieure. Jusqu'à présent il n'existe dans la science qu'un seul fait d'hcrpùs relevant itu maxillaire supérieur Diaprés Paget, qui a rapporté robservalion, Icruption s étendit à fa lèvre sujiérieure, au nex, h la joue du r.^lé droit; elle envahit ensuite les geiiciveSj h muqueuse buccale et le voile du palais du même côté. lïéruption buccale prit rapidement un aspect diphtbérilique et entraîna une nécrose parlielle du rebord alvéolaire avec chute de cinq des dents du maxillaire supérieur droit. Il est probable que la rarelé de l'herpès de la deuxième hraucbe du Injunu.'au lient à la situation profonde de ses ramifications, dont un petit nombre seulemeut vient alimenter le tégument externe. Du reste , d'après Ollivier, ce que les cliniciens aiipellent mig'me harptHiyue représenterait le zona particulier du maxillaire supérieur. 11 fait observer^ avec raison, que souvent l'éruption n'existe que sur une seule amygdale , et que du nuHne côté on rencontre fréquemment des vésicules identiques sur la face interne de la joue , sur la lèvre supérieure, dans les fosses nasales et dans la trompe d'Eustachc, c'est-à-dire dans les points qui sont tout justement innervés par le maxillaire supérieur. Quant au zona de rophtbalmiqin' qui, lui, est fréquent, lîybord et Gopper n'hésitent pas à le regarder corarae étant rexpressiori d*une névrite de la première branche du trijumeau. Le premier de ces au leurs Ta vu souvenl s*accompogner de lésions oculaires graves, telles que la kémiite et ilritis.

Les névralgies de la 5' paire engendrent d'autres fois des traînées érysipélaleuses, des pustufes ou des vésicules, Camiet a publié une observation de névralgie trifackile avec des plaques circonscrites de lichen agi^ivs du inéme côté île la face. Ilnmberg a vu dans Ic5 mêmes circonstances une éruption d'acné limitée à la dislribuliuu

NKRK TRIJUMEAU.

du nerf, Anslic a relaie plui^icors faits dYTysipèle de Ja face dans la névralgie du trijumeau. Comme celles des nerfs rachidiens, elles peuvent anssi reli-ntir sur tes annexes de la peau, et, à défaut des ongles qui sont eu deïiors de la sphère du trijumeau^ tdles frappent les elicveux, qui deviennent épais el rug^ueux et qui, parfois» tombent en grande quanlilé. Plus souveiU encore on voit les dents s*allérer el le périosic alvéo-denkiire s*euI1animer. Euthi elles peuvenl nu^ne produire nue hyperplasie du tissu conjonctif et, par suite, des difforrnîli's du visage. Du val et Friedrrîch ont vu une névralgie sous* orldïaire rebelk dêlerniineriuu.vhypertiophie de la lèvre stipérieure.

Depuis longtemps j aï élé conduit, par mon expérience personnelle et par mes propres sensations, à voir dans le coryza une niaiu*rest;ition, dans l'ordre pathologique, de l'iniluence nutritive du trijumeau sur la pitujlaire. Je considérais cette affection comme étant la plupart du temps une névralgie d frigore avec effets troptiiques. La douleur frontale et maxillaire, que beaucoup de médecins attribuent h rétranglemeut de la muqueuse gonflée dans TiiUérieur des sinus, m'avait souvent procuré à moi-même l'impression dune douleur névralgique, Kn outre, j'avais constaté que souvent le coryza se montre sur le déclin d'une névralgie franchi*, et oITre même parfois une véritable périodieilé. Aussi est-ce avec satisfaction que j ni vu M, liollet s'engager dans le même ordre d'idées el faire, dans un mémoire spécial, l'étude des névralgies compliquant le coryza. Il a constaté que la douleur névralgique apparaît taiitùt au début, lantôt ù la fin de t^inflammalion caiarrhale de la pituitaire; quelle peut aussi se montrer d'une manière intermiltente; qu'elle n'a pas loule- Fois un siège constant; que, le plus souvent, eîle occupe exclusivenient rophlhalmique et correspond il la distribulion des rameaux défi nerfs frontal, lacrymal el iiaso-ciliaire; qu'elle s irradie parfois jusque dans l'occiput, sans doute par l'intermédiaire tin nerf récurrent du Irijumeau décrit par Arnold, cl dont les rameaux se distribuent ;iu sinus pétreux supérieur, à !a tente du cervelet, an sinus (ransvcrse el à la terminaison postérieure du sinus longitudinal ; que dans d'autres cas elle siège dans ta partie moyenne el inférieure du nez et relève dés lors du maxillaire supérieur par l'interméduiire du ganglion de Mrckel. A ce tableau j'ajouterai «vue je fai vue, dans ce dernier cas, se concentrer avec une grande irdensilé dans les filets nerveux de faulre d'ïïygmore.

L'œil no gcmblc pas élre plus à Tabri des conséquences trophiques

POlKCAJll^. m. — li

des néyralgies Irifaciales, A chaque instant, le praticien voit la conjonctive s'injecter sous leor influence. Sur 61 cas de névralgie du trijumeau, réunis par Notla, 34 présentircnt de la roogeur de la conjonctive. LiiiletSê a mtjme vu» dans ce cas, survonir un leucoma de la partie supLiieure de la cornée. Vous savez aussi que Tinflammation de la membrane iris s'accompagne ordinairement de douleurs excessivement vives. El tes ne sont pas toujours purement locales et lirnih^s exclusivement iiux nerfs ciliaircs, au((ueJ cas la douleur pourrait élre attribuée à la compression résultant du gonflement inllammatoire. Kl les siègent en même temps dans la région sus-orbitaircj dans tout le front, dans les gencives et même dans toute la tOte. On est le plus souvent en présence d'une névralgie véritable qui même apparaît sous forme d'accès périodiques. La difficulté est de décider si la névralgie est reiTet ou la cause du processus inflammatoire, car si, d'une part, il est reconnu que la paracentèse, en donnant issue à Thumeur aqueuse et en diminuant ;&n$i la compression, atténue la douleur jusqu'au moment où le liquide s'est reproduit, d'autre part on voit souvent des malades éprouvant des douleurs atroces, chez lesquels ou ne constate aucune modification du tissu iridien. La pupille est seulement un peu contractée et immobile. Enfin, il est des sujets, dont liris est irês-tuméfié et altéré, chez lesquels par conséquent les nerfs cihaires devraient être soumis à une forte compression et qui, cependant, ressentent si peu de douleurs qu ils ne se doutent pas de l'afTeclion dont ils sont atteints. Aussi je pense que, dans quelques cas, Tiritis n'est que la plus haute expression d'une exaltation morbide du irijumeaiL

Dans sa thèse inaugurale, M. Martin a cherché a démontrer que le glaucome, cette maladie que les uns regardent comme une dégé néresrence ou une infiammalion du corps vitré, d'autres cOmu une allération ronctionuelle de la churuide aboutissant à une hypersécrétion, est une névrose de Tœil ayant son siège probable dans le trijumeau. Le |)oiut de départ serait un état uevmlgique considérable de l'ophlbalmique. De là les douleur» vives qui font partie du programme de celle alTectton. ConséculiveineQtj cette névralgie exercerait une influence réflexe sur le sympalhique et en particulier sur le ganglion opbihalmique. Les nerfs ciliaires réagiraieni en faisant contracter les fihres lisses de la choroïde. D'où une modification dans la circulalion de celle membrane et une exhalation de sérosité venant angmenter cousidérablement la tension intm-ocu-

NERF TRIJL\MEAU. 275

lairc. Il est vrai que le glaucome n'est pas malériellement constitué par uoe simple exhalation de sérosité et qu'il donne lieu à de profondes altérations des membranes et des milieux de l'œil. Pour lever la difficulté, l'auteur admet des libres trophiques qui subiraient aussi, comme les fibres motrices, l'influence réflexe de l'exaltaliou du nerf sensitif. L'idée de placer le foyer initial de cette maladie dans le système nerveux n'est du reste pas neuve. Necker, Donders, Wagner, Jasger, liippel et GrUnhagen n'hésitent pas à voir là une névrose de l'œil donnant lieu à une irritation plus ou moins directe des nerfs sécréteurs de cet organe; mais ils ne s'accordent pas sur le nerf rais en cause. Les deux premiers en fout une névrose du sympathique; les autres du trijumeau. JcTger n'est pas toutefois aussi exclusif que les deux derniers. Il admet riuterveution du sympathique. Il est évident qu'il ne faut jamais être exclusif. Il est poirsible que le trijumeau fournisse des nerfs sécréteurs, s'il eu existe. En tout cas, les vives douleurs qui accompagnent le glaucome prouvent tout au moins qu'il est mis en cause d'une manière quelconque. Mais on n'est pas en droit de nier la possibilité de Tintenention du sympathique, puisque, dans quelques cas où ce nerf se trouvait être irrité par le voisinage d'une production morbide, on a pn constater que la sécrétion et la tension de l'œil étaient angmeolées. De plus, c'est lui qui innerve la plupart des fibres lisses de ia cavité orbitah*e, et il peut, par leur intermédiaire, exercer sur le globe oculaire une pression capable d'engendrer une stase sanguine favorable à l'exhalation. H n'est pas non plus impossible que la tension intra-oculaire soit augmentée, sinon engendrée par un spasme des muscles droits de l'œil et, par conséquent, par un état d'exaltation des 3* et 6* paires. Disons, toutefois, que les expériences de Uippcl et de Grttnhagen sont de nature à conférer le rôle principal au trijumeau. Ils ont irrité ce nerf à son origine, et ils ont vu ra;il devenir dur et prêt à éclater. Non-seulement Ie.s sécrétions leur ont paru manifestement augmentées, mais ils ont reconnu l'existence d'une dilatation active des vaisseaux. L'effet s'est montré de moins eu moins accentué au fur et à mesure (qu'ils appliquaient l'irritation sur des points de plus en plus rapprochés de la périphérie. Ce dernier fait me donne A penser que le trijumeau agit plutôt en cette circonstance par les sensations qu'il apporte au cerveau lît par les telealissements réflexes qu'il provoque que par une inlluence directe qail distribuerait à la périphérie. Quant à moi, le glaucome m'a

l'HÏSIOLOGŒ DU SVâTl^ME NEitVEUX.

toujours piiru être la reproduction, sur un aiilre terrain et avec des conséquences nouvelles, îles phénomènes de la heraie étrauglôe. A côlé du fait de l'exhalation ou de riïypcrsécrétion, je crois qull va, comme dans t'clrtinglement herniaire, quelque those de spasmodiqoe qui, pour rinteslin, vient empocher sa réduction, et qui, pour I œil, vient augmenter sa distension excentrique. Ce spasme musculaire, auquel .«emh k'Ut prendre part à la fois les fthres lisses de la choroïde et de Torhito, p«mt'élre même les muscles dt-oits, me paraît tHre, comme le tic douloureux, uo releutissement réllexe de lexaltation de filets sensitifs, ou plutôt cest une crampe réflexe* L*irritation du trijumeau retentit aussi sur le sympalhique et lui fail placer la vascularisalion dans Icscoudilious favorahles à l exhalation cl à riiypersécrélion. Les vives douleurs qui existent dans pr^que toutes les ramificalioni extra-orbitaires du trijumou et qui marquent le début de cette alTectiou, la pédodicilé tic ces mnuirestations, les expériences de Hippel, semblent indiquer qu'une exaltation delà 5* paire peut amener ce résultat, et que ce nerf est probablement, dans bien des circonstances^ le point de dépari du corlêge morbide*. Mais, comme on est toujours en droit de se demander si Hij^persécrétion n"a pas débuté avant la doulfor, et si celle-t!i n*esl pas un eiïet de la compression cotjsécutive des lilets nerveux; comaie Télément cellulaire peul accomplir ses aberrations morbides alors que la cause sliraulantc siège sur n'importe quel point des liens qui le rattachent au centre nerveux; comme il peut même le faire de sa propre autorité, je crois qu'il serait ténii'raire devoir dans tous les cas de gauclùme une névralgie â elTets siiéciaux de la 5* paire. Mais il est bien certain que ïx névralgie, qu'elle soit consécutive ou initiale, devient toujours nne cause considérable d'aggravation en rélléchissaut un spasme musculaire de plus en plus intense ctenexaJtant les sécrétions, comme l'indique le larmoiement qui accompagne les accès douloureux. Il doit se faire dans le corps vitré une eshulatiou qui est comme le larmoiement interne du globe oculaire. L'irritation du trijumeau semble même pouvoir retentir sur la relitie Demours a vu Tamaurose survenir à la suite deTexIirpation, avec le bislouri, d'une loupe du cuir chevelu. Le même fait a été observé à la suite d'une dilacération d origine traumalique desnerfâ frontal, sous-orl>ilairc et alvéolaire, Trincheraa guéri une amaurosej en arrachant une dent; Galezowski a obtenu le même succès aprêsi rcxiraction d*uti bmil de curc-deiit i*ii bois. U'aulres médecins qqI

TU l'exercice de la vision se rétablir après Tablalioii de lumeiir;? situées sur le trajet de la branche ophthaJmique. Il est regrettable qu'on n'ait pas pu s'assurer de Télal matériel de la rétine dans ces circoQstances. Mais je crois qu'il n'y a pas lieu d'inscrire ces faits à l'actif (le rinfluence nutritive du trijumeau. 11 est Irôs-probable qu'il ge produisait alors une paralysie purement fonctionnelle, peut-être une anémie réflexe. 11 est enGn un fait clinique dont la cause se trouve peut-être dans l'organisation des branches ophthahniqucs , c'est celui des affections dites 5T/m;?«//if(/wc5 de l'œil. Il est incontestable que lorsqu'un des deux yeux s'altère dans sa constitution , fautre œil tend bientôt à imiter le premier. Brown-Sequard n'hésite pas i rendre le trijumeau responsable de cet envahissement symétrique. Yulpian ne serait pas étonné qu'il existât dans Tencéphale , enlre les deux branches ophthalmiques , des relations réciproques îuialogoes à celles qui existent entre les deux nerfs optiques.

îîons venons de voir apparaître différents troubles trophiquc8 sous l'influence de l'exaltation fonctionnelle de la 5« paire ; voyons si la suppression de son action, ou autrement dit sa paralysie, peut aussi en produire. Garnochan a eu l'occasion de couper trois fois chez l'homme le maxillaire supérieur. La cicatrisation de la plaie s'est effectuée d'une manière tout à fait normale, et la nutrition des tissus n'a paru en souffrir en rien. Cet auteur a pensé pouvoir conclure de là que le trijumeau n'exerce aucune influence sur la nutritron. C'était aller trop loin , car de ce qo'on travail de réparation a pu se faire sans un nerf, il ne s'ensuit pas que celui-ci n'intervienne pas quand il existe. De plus, la région restait, après cette section, soumise encore au dynamisme autonome do ganglion de Meckel. Enfln , ces faits négatifs constituent une bien faible exception en présence des nombreux résultats inverses que possède la science. Dans la plupart des paralysies spontanées de lu 5* paire, on observe, du côté des organes des sens, des altérations analogues à celles qu'engendrent les sections expérimentales. Elles sont môme alors beaucoup plus considérables. La congestion oculaire est bien plus intense ; les vaisseaux deviennent excessivement variqueux; les paupières sont très-œdématiécs et volumineuses; la muqneusc suppure abondamment; la cornée devient rapidement opaque, elle se ramollit facilement et entraîne parfois la perte totale de l'œil. Hirschberg vient en outre de trouver chez l'homme la reproduction des expériences de Donders et de Snellen sur les consé-

gaences de la serlion du trijumeau pour la tension in Ira -oculaire, Vn malade fut atteint d'une paralysie de ce nerf par suite d'une fracture de la base du crâne. La tension du ^^lobe oculaire était tellement diminuée qu'il se laissait dC'primer par le plus léger contact, La piluilaire et la muqueuse buccale peuvent, de leur côté, se montrer boursouflées, rouges et saignantes. Il arrive m»^nie que les gencives se couvrent d'ulcérations analogues à celles du scorbut, et que les dents tombent après être restées plus ou moins lonjîtemps simplement ébranlées. Rombrrg a vu. dans un cas de paralysie du maxillaire supérieur, uue tuméfaction de l'os nasal correspondant dès le début de raflfeclioïL 11 est vrai (pi on a voulu ne voir dans toutes ces alléralioîis, parliculièrement dans celles de î'œil, (jne la conséiiuence de la perte de la sensibilité, qui rendait ces organes incapables de sentir fa présence des corps étrangers et, par suite, d'exécuter les actes nécessaires â réloignemenl de ces causes d'irritation. Mais la clinique est venue fournir eile-méme ta réfutation de cotte interprétation* D'une part, VA, Bernard îi observé un fait qui prouve que la perle de la sensibilité de ta conjouclive ne suflit pas pour engendrer des aïtérations di* l'œil; car celui-ci resta parfaitement intact chef une femme dout laconjonclive était devenue complètement insensible. D'autre part, Landmann et Bock ont réuni un certain nombre de faits où les congestions oculaires se sont produites, malgré la persistance de la sensibilité.

Il est une uialadiequi a reçu le nom de irophonévrose faciale, qui consiste dans une atroptiie des tissus de la face, et que Prémy consi» dère comme étant engendrée par un état palbotogique du trijumeao. Il est \Tai (lue, d'après Lande, le système nerveux n'aurait rieo à réclamer dans la production de cette alfection, qui relèverait exclDsivement de la vie rellulaire. Elle sérail le résultat dune alropln» spontanée du lissu conjonctif. C'est pourquoi il l'a appelée aplasn lamineuse. Mais nou-seulement le travail de résorption envahit le plus souvent h îa fois la peau, le lissu cellulaire, les muscles et les os, alisolumenl comme dans les atrophies dues aux altérations des centres nerveux; mais, en outre, la maladie n'occupe qu'une moitié latérale de la face, ce qui est dans les allures des troubles de l'innervalion. D'ailleurs, Romberg, Stilîing, Gutlmann , Rosenthal, Eulenburg, qui se recommandent par la justesse de leur analyse clinique, s'accordent à voir là la main du système nerveux* Frémy accuse particuHùrement la 5* paire, parce que le trouble nutritif est limdé à

NRRF TRIJUMEAU. 279

la zone d'une ou de plusieurs des branches du trijumeau ; parce que l'atrophie envahit souvent en môme temps le voile du palais et la langue, et surtout parce qu'elle est souvent précédée de douleurs iiémlgiques à marche périodique et avec hyperesthésie aux chocs et aux changements de température. Enfin, il n'hésite pas à voir là le résultat d'une maladie du nerf lui-môme et non de son centre encéphalique, par la raison que les effets d une altération centrale ne reslcDl pas limités à la sphère d'action d'une ou de deux branches d'un cordon nerveux. Toutefois , il ne saurait préciser la nature de cette affection , car il n*a jamais constaté les conditions d'une véritable névrite. Vulpian pense que cette maladie ne doit pas être l'œuvre du trijumeau , parce qu'elle s'étend au cou et surtout parce qu'on n'est jamais arrivé à la reproduire en expérimentant sur ce nerf. Stilling met en cause les nerfs sensi tifs des vaisseaux. Ils seraient dans on état d'irritation tel qu'ils provoqueraient une contraction réflexe de ces conduits , capable de faire dépérir les tissus par anémie. Dans le môme ordre d'idées, Barwinkel admet , sans preuves expérimentales, que la contraction vasculaire et, par suite, la disette sanguine sont dues spécialement à une maladie du ganglion de Meckel. Rosenthal , voulant voir là une action troplhquc toutà fait directe, attribue l'atrophie à une altération fonctionnelle des fibres nutritives qui entrent dans la composition du trijumeau. D'autres ont exclusivement résené cette influence morbide sur la nutrition ao ganglion de Gasser. Parmi eux, Ëmminghaus. croit môme que les maladies du pharynx peuvent engendrer la Irophonévrose par son intermédiaire. 11 suppose que ces affections arrivent quelquefois à altérer, par voisinage, les filets sympathiques entourant la carotide, it que ceux-ci entraînent, à leur tour, le ganglion à produire des roubles nutritifs.

Je crois aussi que les trophonévroses sont engendrées par le sysème nerveux; mais il me semble qu'on aurait tort d'attribuer exclui>ement à la 5* paire des atrophies qui, bien certainement, peuvent Lvoir une origine variable. Ainsi, il est évident qu'il en est qui trouvent leur point de départ dans le facial et dans lesquelles le tégument a€ fait que suivre le retrait des muscles en voie de dégénérescence ; car il y en a qui sont précédées et accompagnées de contractions ûhrillaires qui démontrent qu'il s'agit alors d'une maladie analogue à l'atrophie musculaire progressive d'origine médullaire. D'autres s'accompagnent d'une paralysie des muscles faciaux, qui viennent

^HYi^IOLOGIE DU SYSTÈME NERVKUX.

Iratliiirt', d'une maoicre plus maniresle encore, ruih^rvenlion morbide de la 7* paire. Les faits où la moitié correspondante de la langue a pris part à Tatroptiie pronvciit que l'hypoglosse peut (îlre mis eu scène, car jamais la section du lingual ne dimiiinc le volume de cet organe. Du reste, on Ta vue ^^urveoir à la suite de lésions traumaliqwes portant snr let^ nerfs moleurs. Il en csl d'îiutres où le sympathique joue cerlainemcnt un rôle direct ^ car on a parfois constaté une faiblesse relative du pouls carolidien du inéiue côlé, ou bien encore une absence coinplèle de sueur au niveau de la région altérée. Du reste, l'argument capilal de Frémy n*est pas applicable à tous les cas, car il est un cerlaiu nombre de faits où il n*y eut pas de névralgie, pas même de douleurs vagues, dcsorleque si, parfois, la trophonévrose dépend du nerf trijumeau, elle doit être regardée plutôt comoie un résultat de sa dépression que de son excitation . d'autant plus que, dans Ixniucoup d'observations, la sensibilité de la face s'est montrée affaiblie.

Voigt et Simon prétendent que Talopécie, qui survient A peu près cliez tout le monde plus on moins rapidement, est due A une atrophie portant primitivement sur les fibres Irophiques du trijumeau* En général, la chute des cheveux est limitée aux réjLîions antérieure et médiane du ci-Ûnc, et ils font remarquer que tonl instement le^ nerfs sus-orbitaires sont seuls atrophiés. Dans un travail récent, le docleiir Pinens s'élève contre celte interprétation. Pour lui, l'atrophie du derme n'est point la conséquence de celle des fiïels nerveux. C'est l'inverse qui a îieu, Le point de départ se trouve dans le lissu cellulaire sous-cutané , qui devient scléreux et se rétracte sous Tintluence de ïàgi\ M éloutTe ainsi les nerfs en même temps que iea follicules pileux. Mais la constriclion s'opère d'une manière tellement lente i[aà aucun moment elle ne surprend les tubes nerveux et qu'elle ne provoque jamais de douleurs. Enfin, selon lui, lalopécie se produirait surtout en avant, uniquement parce que c'est là que le tissu sous-cutané oiïre, en tous temps, la plus grande densité.

La pathologie humaine, comme l'expérimentaliou physiologique, nous montre (\ue les altérations de tissus provoquées par le Irî* jume<m diffèrent essentiellement, suivant que le nerf se trouve surexcité ou entravé dans son fonclionnemeuL Dans le premier ca^, ce sont des lésions qui expriment une véritable exubérance de la vie nutritive. Dans le second cas, elles ont quelque chose de séoile cl consistent dans fe dépérissement des éléments histologiques.

Comme dans lex périraen talion , aussi, VûUii d'exaUatioa du nerf s'accompagne d'une congesUon active 411! semble éire en partie fe R^suUîJl de rexcilalion des libres va.so-motrïeoïî atinex*!'eîî au trijumeau, i't avaiil tout celui d'une aclion iv-tlexe sur les vaso-moteurs fournis directemeut par le sympathique, tandis que dans l'étal de panilypie il y a souvent une congestion passive due exclusivement à la suppression des fibres végélalives du trijumeau. Enfin, ici encore, il y ùf la plupart du temps, un mélange d'elTets actifs et d'effets pasgifs. Le fait est môme plus accentué sur le terrain de la pathologie, parce qu'une tumeur, ou une lêvsiou quelconque du voisinage, constitue presque toujours à la fois une cause de compression el iUrritaiion, et k ce dernier point de vue^ elle eonstitue une épine beaucoup plus puissante que Tintlammation di^terminée par une hémisectiou. Pour la même raison, les produits Iroplnquesde lexcilalion du nerf sont toujours plus grands que ceux que l'on observe tiur les animaux. Enfin la clinique éveille pent-(^tre davantage encore dans Tesprit Fidée de la force arcbitecte, avec ou sans conducteurs spéciaux. Mais elkr ne dëniontn' pas assex son cxislunce pour qu*on soit obligé de l'accepter sans réserve, et les phénomènes dont on est témoin peuvent encore s'expliquer â l'aide de la combinaison des modifications tle la vascularisiition et des conséquences cbimiques dcâ variations de la stimulation fonclionnelîe. Disons-le toutefois, ce sont certainemenl les maladies du trijumeau qui ont rallié le plus de partisans à ta cause de la puissance tropliii[ne, direcle et spéciale des nerfs, et au cas parliculier, ces parlisans ne se préoccupeut plus que de recbercber si la "j* paire emprunte celte puissam:e aux centres enci pbaiiques ou au gaugUoii de Gasser. Entre autres, Snabilié regarde Tintervention de ce dernier comme hilïeiuent nécessaire que, selon lui, les lésions des (ileis périphériques ne détermineraient des altérations des organes que parce que la dt^^énérescence éprouvée |)ar ces ramitkalions se pro^iagerait d'inné manière rétrogriide jusque dans celle masse ganglionnaire. G* est ainsi qu'il explique les troubles du globe oculaire ù la suite de la blessure du nerf sus-orbilaire. quoique ce dernier n'aboutisse pas à cet organe. Il établit que ce résultat ne se rencofilre que lorsque le nerf n*a pas éprouvé une solution de continmté complète et kirsqu'iï devient, par conséquent, le siège d'un travail inflammaloire qui peut se propager d'une mimiérf centripète et gagner ainsi le ganglion de Casser. Mais Snahilié n^a pas constaté de visu l'existence de ce processus inflam-

DU SYSTEME NERTKUX.

itti^tuln:» tH (Ml fHHa ^ éemauder si ce n'est i^as plutdt la gemmation iHigiffidrée par la blei^surn qui Ta solliciter, de hk part ytK' action nutritive, en mi mol, s*il oe s*afit pas plutôt iicitt' rt^flexe,

U la motUité. — Par la vive sensibilité dont il e^t î, 1 , M ijum^an est peut^Hre le nerf qui est le plus apte il faire < I lu mti» Kt'îi«»iJ*^î^i«rt.'xcitatfoii dans les centres moteurs. Aussi pro- VOi|UO-t-il souveal de leur par! di^^ décharges intenses qui reteuihideiit h la lois sur tous les muscles de la vie aoîmale. Le simple Iritad île la dentition donne lieu fréquemment à des convulsions géiit^raleiit. l^ar mw remarquable coïncidence, sa petite racine fait de lui ti« uerf moienr qui subii le plu.'? facilcmenl rinfluence des grandes perturbalions survenues dans la sensibilité générale; car le trismus^ iKL ?<pasMie Ionique des muscles masticateurs, c*sl un des premiers plièuomèuet^ qui sî? montrent dans le tétanos^ que cette maladie soit provoquée par la blessure d*un nerf rachidien ou par Timpression du froid. Les petits enfants sont souvent atteints d*un spasme louî* que des mnsclt;s élévateurs de la mâchoire dont on a fait une maladie particulière sous le nom de trismus des nùuveau'nés. Suivant Wîlhite et Marion Sini!?. il serait en partie d'origine centrale et dft h nue press^ion exercée, sur la moelle allongée et les nerfs qui en partent, par le chevauchement qui se produit entre Tocapital et li» jiariélal, par suite du décubitus dorsal

I) après Graves, ou a souvent Toccasion d'observer des phénomènes dVxallation du nerf maslicateur chez les goutteux. Beaucoup éprouvent uu désir insurmontable de grincer les dents. 11 est vrai que le trouble pathologique, considéré en lui-même^ est plutôt de nature scnsitive que motrice, car c est un mouvement réellement volontaire que le malade exécute pour échapper à une sensation désagréable qu'il éprouve dans les dents. Le frottement des mûcboires la faisant cesser momenlanément, il le réalise d'une manière qui n*est pas réflexe dans loule lacceptiou du mot. Il grince tes dénis comme on se gratte là otl ou ressent des démangeaisons; mniÊ il reste toujours libre de ne pas le faire ou d "arri^ler le mouvement commencé. Jamais il n'v a recours pendant le sommeil. Oxia-Aimar, Waton, Schutzenberger ont vu la svphilis porter son action sur le nerf masticateur et provoquer un tremblement continuel de la mâchoire inférieure. Enfin, dans uno névralgie du trijumeau, Giîfeilca otservé un rétrécissement de la pupille, mais c'était évidemment

NERF MOTEUR OCl'LAIRE EXTERNE.

lin ptiéîiomène rédexe provoqué parla doninrr elle-même, d'aulaiU plus que Va conjonctive Huit hyperémiée et {jevetiiie plus sensible.

Les observalions de Carré, de Herbert-Mayo, d'Alisoi), de Tanquerel des PlaïKiies, de James, prouvent que toutes les causes capables de compromettre la condoctibilité de la petite rariue rendent la mastication très-imparfaite. On couj^lafe que. du rôle atteint, le masséler reste tlasque; que ïes dents ne peuvent plus se rapprocher et Berrer les objets qu*on interpose entre elles ; que !e menton se montre toujours portr légèrement vers le côté paralysé, et que celle déviation s'accentue tjeauroup plus cliafîoe fois que les muscles dti côté sain se contractent,

îl peut y avoir des troubles du momn-menl, alors que le mastirateiir reste Ini-méme indemne et que ta grosse racine est seule paralysée. Par le fait même de l'insensibilité des tissus, on ne peut plus provoqner de mouvements réflexes en irritant les té^ziiments de la tête. fJn a beau chatooiller tes narines, on ne diMiM-miur plus dï'leroument. Les paupières restent immobiles quand on louche la conjonctive. La titillation de la luette ne provoque plus l'élévation du pharynx.

Harf taotior oculaire «JtterDe.

CouBidérations anatomiques. — Ce nerf naît du sillon qui sépare k? bulbe de la protubérance par deux racines qui, toutes deux,

Fig. GO.

prennent leur origine réelle dans la pyramide antérieure. De là il se dirige vers la fente sphétioldale en se logeant, chemin faisant, dans

la paroi du sinus caverneux , où il s'associe des fibres cmpruotécs au sympalliique et à roplillialmique. Après un court trajet dans la cavité orbitairc, il se termine dans le muscle droit externe de l'œil. Chez quelques sujets exceptionnelî?, il fournit la racine motrice da ganglion oplilhalmiquo, au lieu et place de la 3' paire.

Physiologie normale. — La sixième paire constitue un nerf exclusivement moteur. Quand on la pince ou qu*on la sectionne près de son origine. Tanimal ne donne aucun signe de sensibilité. Cette paire a pour mission unique d'animer le muscle droit e.\ternc; Aussi, lorsqu'on le galvanise, voit-on le globe oculaire se dévier fortement en dehors. Sa section produit au contraire un strabisme interne. Après les 4* et 12* paires, c'est de tous les nerfs celui qui conserve le plus longtemps son excitabilité sur le cadavre. Au point de vue fonctionnel, il constitue un des agents de perfectionnement de l'exercice de la vision. 11 contribue à a.?surer TobscrvatioD des lois qui résultent de la doctrine des points identiques. 11 est mis surtout en jeu dans la vision des objets placés de son côté. Enfln il peut être exceptionnellement chargé de présider au resserrement de la pupille, quand c'est à lui que le ganglion ophthalmiquc emprunte sa racine motrice.

Physiologie pathologiqve. — L'exaltation morbide de la 6* paire est un fait rare, surtout d'une manière isolée. Elle peut jouer un certain rôle dans un nystagmus généralisé, mais alors il est impossible de faire sa part. On a vu quelquefois le spasme du droit externe alterner avec celui du droit interne, particulièrement chei des malades atteints d'atnxie locomotrice. On a con.staté alors une déviation en dehors de la cornée, mais avec oscillations, et une diplopie avec agitation des images qui tantôt se rapprochaient, tantôt s'éloignaient.

La paralysie est la manifestation pathologique la plus ordinaire de la G' paire. Moins souvent atteinte, sous ce rapport, que la 3*, elh l'est plus fréquemment que le pathétique. Un ébranlement coBsidé rable éprouvé par l'ensemble de la cavité orbitaire peut particuliè rement paralyser le moteur externe, surtout lorsque le choc a porl sur la portion externe de l'orbite. C'est ce qui eut lieu chez un femme qui fut frappée îiu niveau de la queue du sourcil. 11 pe\ aussi perdre son aptitude au fonctionnement lorsqu'il se troui englobé dans un travail congestif plus ou moins étendu. Plenl Kortum, Deval ont vu ce résultat se produire sous l'influence d'i

NERF MUTEl'K OCULAIRE EXTERNE.

retard menstruel ou du la suppression d'un fluv hémorrholclal On doit rapporter à un méainisme niialogiie le fait d'un militaire qui fut soudainement atteint d'une paralysie de la 5" paire après avoir regarde lougtempi? à travers nue Jorguelte de spectacle, tl y uviiit eu une tension très-propre â coni^cstionnûr tout Tappareit nerveux de la vision, tant central que péripliérique. Peut-Oîre miMne s'esl-U produit un raplus sanguin dans le noyau d'origine du moteur externe. Ce nerf peut ausî^i 6tre le siégc de paralysie a frigore. Un courant d'air froid peut agir sur loi comme sur le facial, beaucoup moins frcHjuemment toutefois, parée qu'il est situé beaucoup plus profondément et parce que sou parcours est moins considérable. Deval a vu lu paralysie survenir â la suite de Tex position de 1 œil contre un carreau cassé. 11 l'a aussi observée cbcîî une personne qui était descendue plusieurs fois de suite à la cave, étant en sueur Eulin Ilayer, Dadin, d'Hurtebise, Sandnis;, Mackensie, Knore, Foville, Devat, Moissenet, Landry, Beyraii, Luton, t*unt tous vue être engendrée par la syphilis. Les deux moleiirs externes se trouvent souvent ^ire frappés ensemble^ ce qui donne à penser que dans ces cas la cause est ceniraïc. Mais les paralysies unilatérales peuvent Ôlrc ccrlainemenl d'origine périphérique, puisqu'on les voit survenir sous J*influence d'un choc ou du froid, el jinisque très-souveut elles sont précédées de douleurs pré-orbitairea. Le symptôme le plus appareut de celle alTecliou est un s! raids me interne ou couvergeul. L'oeil est parfois tellcmeot reîeuu en dedaus par la tonicité du droit interne qu'on rraperroit plus qu'une partie de la cornée, Tautre étant cachée dans le grand angle de Fceil. Lorsque la paralysie est incomplète, le malade fait des elTorls instinctifs pour détruire la déviation ; mais il n'arrive à exécuter que de petites secousses qui rejettent ta cornée eo dehors sans pouvoir Ty maintenir. Graefe prétend que quand mémi* la paralysie est absolue, des elTorts du même genre sont aussi parfois tentés [Kir les muscles obliques qui projettent le globe tantôt en dehors et en haut, tantôt en dehors et en bas. Mais cette suppléance de la G' paire par ta 4" n'a été constatée par aucun autre observateur Si l'on en croit Ferréol et Foville, la paralysie du moteur externe n^entraînerait pas seulcmenl l'inertie du droit externe, main encore, d'une manière indirecte, celle du droit interne du côté opposé, LVaprês leurs observations perpùiinelles. ils rroient que le muAcle interne de chatpie œil puise son imiervatiou â deux sources, prés de la 3* paire lori?qu*il agit Beul ; prés de la G* lorsqu'il harmo-

nise son mouvement avec le droit externe du côté opposé. Ches le malade de Ferréol, dont le droit externe gauche était paralysé Je droit interne du côté droit bc montrait tout à coup inerte toutes les fois qu'il cherchait à diriger ses deux yeux vers un môme point. Je ne pense pas qu'il puisse s'agir ici d'un filet envoyé au droit interne par la C« paire, lilet que, pour mon compte, je n'ai jamaig entrevu. La cause du phénomène doit se trouver dans le centre moteur de la vision lui-même. Dans rimpossibililé où il est d'harmoniser un mouvement donné, il ne le commande même plus.

La conséquence {onctionnelle la plus directe de cette déviatioa est la diplopie, mais une diplopie qui a ses caractères particuliers. Si on cherche à l'étudier avec une bougie, on constate qu'elle n'apparaît que lorsque l'objet transporté du côté sain vers le côté malade a dépassé le plan médian vertical. La distance latérale qui sépare les deux images augmente au fur et à mesure que l'objet est porté plus en dehors. Non-seulement les images tendent ù se mettre 4 côté Tune de l'autre, mais elles ne restent pas dans le même plan; elles divergent et deviennent obliques Tune par rapport à l'autre. Lors(iuc le malade dirige les yeux en haut et en dehors, les images se touchent par leurs extrémités inférieures et divergent en banL Gela tient à ce que. dans celte direction de la vue, le méridien verlitical du globe oculaire a besoin d'être incliné par l'oblique inférieur. Or, taudis que l'oblique inférieur du côté sain exécute le mouvement nécessaire, celui du côté malade reste inerte parce qu'il n'yest pas entraîné par l'action, du droit externe qui d'habitude s harmonise avec la sienne. Pour les mêmes raisons , si le malade regarde en bas et en dehocs, c'est le grand oblique qui n'intervient pas, et alors les deux images convergent en haut et s'écartent en bas. Lorsqu'il ferme l'ieil sain et ({u'il veut saisir un objet, sa niaiu vient toujours toucher le vide en dehors de sa véritable situation, parce que la direction prise par la cornée fait tomber l'image dans le point où elle se ferait normalement si l'objet était plus éloigné dans le scus latéral. Celle extérioration de la vision entraine pour lui une tendance à tomber du côté malade. 11 s'incline trop dans ce sens el perd l'équilibre. Dans les rues, il se dirige fort mal, parce que l^ trottoirs lui semblent prendre une direction obliciue du côté de l'œU malade. Il éprouve souvent un véritable vertige oculaire (jui provoque parfois un sentiment de serrement ou de torsion à la régioi précordiale et même des nausées et des vomiss(^meuls. Cette incei

^de dans la direction fait naître aussi à chaque instant de la titu- ])atioa et du tremblement des jambes. Son vertige augmente s'il se met à tourner sur lui-même, parce que les objets lui apparaissent plus nombreux, plus variés et plus mobiles. Pour éviter, autant que possible, toutes ces conséquences, il ferme Toeil malade ou bien il tourne la tête fortement du côté atteint, de façon à diriger Tœil sain vers les objets à fixer. Il Taméne sur la ligne médiane du corps.

Lorsque les deux moteurs externes sont paralysés, il y a encore diplopie, et Técartement des deux images augmente chaque fois que la bougie est portée soit à droite, soit à gauche de la ligne médiane. C'est lorsqu'elle est placée en face du malade que les images se trouTent le plus rapprochées. Dans quelques cas exceptionnels, comme dans ceux de Luton et de Grant, de New- York, il existe en même temps une mydriase. Gela tient évidemment à ce qu'alors la 6' paire envoie des filets au ganglion ophthalmique.

Nerf facial.

Constitution analomique. — Le nerf facial naît du bulbe par ieux racines, Tune principale, l'autre accessoire. La première imerge particulièrement dé la fossette de Téminence olivairc. L'ac- Mssoire, qu'on nomme aussi nerf intermédiaire de Wrisberg , semble provenir des pédoncules cérébelleux inférieurs. Ces deux racines se dirigent vers le canal de Fallope, s'y engagent et le parcourent dans son entier pour sortir du crâne par le trou stylo-mastoïdien et s'épanouir sur toute la région faciale. Au niveau du deuxième coude du canal de Fallope, la rdcine principale présente ua petit renflement pyramidal appelé ganglion géniculê. C'est dans ce ganglion que vient se perdre le nerfdeWrisbergqui, jusque-là, a coûsené son indépendance et a contracté sjBulement des adhérences connectives avec le nerf auditif et le facial proprement dit. Par l'intennédiaire du ganglion géniculê, le facial fournit deux filets qui, malgré leur petit volume, ont une grande importance physiologique, le grand nerf pètreux superficiel et le petit nerf pétreux super- |ici«l. Le premier sort immédiatement par l'hiatus de Fallope, et va, conjointement avec un filet provenant du glosso-pharyngien et un autre émanant du sympathique, se jeter dans le ganglion de Meckel. Le second sort de l'aqueduc par un orifice particulier et vient aboutir

au ganglion otique. Dans sa portion verticale, il envoie un pet rameau au muscle de Fétrier. Â quelques millimètres au-dessus d trou stylo-mastoïdien , le facial fournit une branche beaucoup plij considiJrable, nommée corde du tympan, qui, par un trajet rétr^ grade, s'engage dans un conduit osseux particulier, pénètre d^^ la cavité de Toreille moyenne qu'elle traverse en décrivant \jf^^ courbe à concavité inférieure et qu'elle abandonne en sortant par/j scissure de Classer, puis vient enfin se réunir au nerf lingoai. D'après Denonvilliers, on pourrait séparer par le scalpel la corde du tympan du lingual et la suivre dans ses destinées ultimes .clic ne gagnerait pas, avec son associé, la muqueuse de la langue; elle s'arrêterait dans les fibres lisses du muscle lingual supérieur. An niveau même de l'émergence de la corde du tympan, le facial est réuni au premier ganglion du pneumo-gastrique par un ramcaa

Fi(j. GI.

anastomoliquc qui se creuse un canal osseux particulier et déboucTiant dans la fosse jugulaire.

ImmêdialemeQt après sa sortie du trou slylo-masloïdien, il «!'chîinge unir :masloniosn avec le glosso-pharyogien; par un rameau dit miricxdaire posicrieur, il contribue à alimenter les muscles occipital^ auriculaire postérieur et auricufairc supérieur. Un niel spécial se porte daîiâ le ventre poî^térieor du muscle di^^astrique» ua autre dans le jnuscle stylo-liyoïdien; un troisième se parlage entre les muscles slyîo-glosse et glosso-slaphylin. Après avoir fourui ces divenîes branches coUalérales, le facial se divise et se subdivise en une multitude de raojeaux dont les noms et les détails de distribution fieront sudisammenl remis en mémoire par riuspecUou du schéma ci-dessus, Cue descripliou minutieuse, sous ce rapport, n'aurait pas sa raison d*étre au point de vue physiologique. Tout ce qu'il est nécessaire de se rappeler, c'est qu'il fournit sans exception h tous les muscles de la face, et qu avant d'arriver à destination il tend à se fusionutTcn piusieurs points avec le trijumeau; qu'il forme avec ce dernier de véritables plexus d"où se détachent ensuite les filets moteurs» les filets Bensilifs cutanée et les filets sensilifs musculaires.

Physiologie noimale. — Tandis que le Irijumeau a le monopole de$ actions sensitives de ja face, le facial préside ù la contraction des muscles de celle région. Jusqu'à lïelliugeri, on avait cni qu(* ces deux paires concouraient chactme a la fois à ta sensibilité et à la iDotUité, et qu'elliîs étaient par consécpient toutes deux des nerfs mixtes. UellingerL eul le premier t'idée de spécialiser leurs rôles respectifs. Mais il se trompa dans celle détermination, et c'est réellement Ch. Bell qui eut Thonneur de préciser d'une manière exacte la mission purement motrice du facial et la mission purement sensilive du Irijumeau, L(^s nombreuses expérien^res faites depuis, sont venues ampleuient établir que non-seulement le facial est un nerf moteur, mais que lui seul est chargé de mettre eu jeu la contractililé de la face. Trois modes d'ex périmen talion ont été et peuvent ôtre GinpUiyés |>our détnontrer cette vérité. Un peut recourir, à l'exemple de Bell et de ScUaw, à une simple section du nerf ijui est suivie de l'inertie cotuplète des muscles eorespoodants. On peut aussi, comme Hacker, rendre le résultat bien [iliis apparent vvt provoquant préalablement des convulsions «générales à l'aide de la strychidne. Du moment où l'on coupe l'un des nerfs, le<s convulsions cessent dans la m<2tne moitié de ta face, tandis qu'elles persistent de l'autre côté, Enfin ou peut, à Tin star de Longet^ réséquer le nerf et en exciter le

rQi.'^Gjittw,

m. — Iti

bout périphérique à l'aide de 1 électricité. Od détermine ainsi d( contractions qui fournissent la contre-épreuve de rimmobilité pan lytique dans laquelle la division du nerf a plongé les muscles de h face. En agissant de même sur le trijumeau, on n'obtient absolumen rien. Ce dernier genre d'expérience ne saurait être continué longtemps sur le même sujet, car les recherches de Chauveau ont dé* montré qu^après le pathétique, c'est le facial qui perd le plus vite «on excitabilité. Je dois toutefois signaler des faits exceptionnels qui paraissent élre en désaccord avec le principe qui vient d'être posé. Brown-Sequard a vu, après la rtection de la 7* paire, chez plusieun lapins et chiens, les muscles de la face offrir une espèce de spasou tétanique ou être agités par uà trembh^ment plus ou moins intense Dans un cas, la contracture persista même 2 1 mois après ropêration L'auteur qui signale cette singularité, ne songe pas, même un seu instant, à mettre en jeu le facial dans cette circonstance. Il voit U l'effet d'une excitation des tissus contractiles par l'acide carbonique du sang. Je me demande si l'autonomie du réseau périphérique, qui peut être plus ou moins accentuée suivant les sujets, n'est pas pour quelque chose dans ce résultat. C'est sans doute par la même raison et par le même mécanisme que doit se produire un fait sur lequel Cl. Hernard a attiré l'attention de ses auditeurs, à savoir que chei la plupart des lapins qui ont subi la section du facial, le^ traits sont tirés du côté paralysé et non du côté sain. Kn tout cas, ces exceptions à la règle générale ne l'infirment en rien; car malgré ces manifestations de contractiiité, les muscles n'en échappent pas moins complètement à l'action motrice volontaire, et il n'en reste pas moins acquis que le facial préside seul aux mouvements de il face.

Ce nerf est purement moteur et reste complètement étranger à U transmission des impressions sensitives développées sur la face; ca après sa section la peau se trouve avoir conservé toute sa sensibilil première; tandis qu'après celle du trijumeau, la sensibihté a com piétement disparu. Mais, chose singulière, le facial, qui est incapab de remplir le rôle d(» conducteur sensitif pour hîs téginnenls de face est cependant sensible pour lui-même; car quand on le piiK sur un point quelconque de son trajet exlracrdiiien , l'animal dom des signes de douleur et pousse même des cris aigus. A la face, ccît sensibilité trouve son explication toute naturelle dans lesnombreu emprunts que la 7^ paire fait au trijumeau, particulièrement au

timcaux mentonniers, sous-orbitairc et temporal su])erfîciel. Mais le kial se montre sensible dans la dernière partie du canal de Fallope avant qu'il ait contracté des anastomoses avec la 5*" paire. Ce fait a été interprété de différentes manières. Bérard et Longet pensent que cette sensibilité intracrânienne est encore d'emprunt et qu'elle Tieat du trijumeau par l'intermédiaire du grand nerf pétreux superficiel Ils supposent que ce nerf n'est pas seulement constitué par des Gbres se rendant du facial au ganglion de Meckel, mais encore par des fibres venant du trijumeau et se rendant au facial après aToir traversé ce ganglion. Cette hypothèse n'a pas encore pu rece- Toir l'appui do la moindre démonstration. Bischoffet Siippey altriboent la sensibilité initiale du facial au nerf de Wrisbcrg. Pour eux, b 7' paire est mixte dès son origine, ou plutôt à partir du ganghon géoiculé. La racine principale de ce nerf est seule exclusivement motrice et représente la racine antérieure des nerfs rachidiens. Le nerf deWriÉiberg est, lui au contraire, purement sensitif et représente la racine postérieure des nerfs rachidiens. Le ganglion géniculé. qui lemLle se continuer plutôt avec lui qu'avec la racine principale, lient compléter l'analogie. Ici encore la preuve expérimentale fait complètement défaut. Cl. Bernard me paraît avoir trouvé le mot de rénijnne en plaçant la cause de la sensibilité que le facial i)réseiite arant sa sortie par le trou stylo-mastoïdien dans l'anastomose (lu'il reçoit du pneumogastrique, dans l'épaisseur môme du rocher. L'idée anit déjà été émise antérieurement par MttUer, mais à titre de pure lïjTwlhèse. Bernard l'a élevée à la hauteur d'un fait en sculptant le rodier de façon i\ mettre à découvert cette petite anastomose. Celledonefois détruite, il a pu constater que toute irritation, portant «rie facial avant le^ échanges réalb^és par le nerf temporal superkiel, laissait l'animal parfaitement indifférent. Cette expérience . tout en confimiant l'idée de MOller, est venue réduire à néant les sources sensitives gratuitement attribuées au nerf pétreux et au nerf de Wrisberg. Du reste, pour ce dernier nerf, Bernard a pu le pinciT à sou origine sans provoquer le moindre signe de sensibilité, taoïiisque chez le même tinimal, et par conséquent dans les mômes coûdilions de délabrement, la trijumeau en fournil d'incontestables. E «mble donc assez bien établi ([ue le facial ne possède pas par M-méme la sensibiUté tactile, mais que chemin fiiisant il emprunte, fans l'iulêrèt sans doute du sens musculaire, des filets sensitifs i'abord au pneumogastrique et ensuite au trijumeau. La nature ou

autrement dit les aptitudes de la 7* paire étant ainsi détcrniinée melloûs-ia maintenant en scène dan^ l'ordre fonctioeneL

le facial est surtout destiné à alimenter les muscles de la face.~ Cest là qu'il distrilnie et ([u'il épuise le pîus grand nombre de ses nimilî cations. Comme ces mnsdes sont plus partiiulièremeiil chargés de réaliser les différents jeux de la physionomie, on peut dire que le facial est avant tout le nerf de ia fonction expre:ssion ou muieose. Il est Favocat de nos centres affcctirs. La joie^ la tristesse, la colère. r indifférence, la surprise se reflètent i?ur la face, au moyen de contractions appropriées des muscles de celte partie, et c'est le facial qui est à la fois le provocateur et le régulalenr de cette mimique involontaire. Nous verrons que chez l'homme la pandysie d^originc pathologique de ce nerf entraîne la perle de ce mode d'expression. La physionomie ne traduit plus les émotions de 1 ame. Les seclioos expérimentales pratiquées sur les animaux n'entraînent pas, sous ce rapport, des effets aussi frappants, parce (pje chez eux la mimique faciale est presque nuïle. Le résultat négatif n'est réellement bien appréciable que chez le singe, l'our les autres, tout se réduit à une immobilité s'accompagnant d'une déviation des traits.

Comme quelques-uns des muscles animés par le facial circooscrivent les orifices des différentes cavités sensorielles de la tète, ce nerf se trouve jouer un certain rôle accessoire dans les fonctioiiâ des orgaues qui occupent ces cavités. Par î'iulrrmL'diaire de l'orbiculaire des paupières, il préside à l'occlusion de l'orifice palpéhral pendant le sommeil el pendant la veille, il concourt à Taccomplissement du clignement, de cet acte intermittent el tellement rapide qu'il est presque imperceptible, de cet acte ([ui a le triple avantage de procurer à la rétine des instants do repos bien courts, mais suffisants poiu* satisfaire à ta loi de rinlermittence du travail, de balayer les corps étrangers déposés par 1 air sur le giobc oculaire, el de passer le rouleau sur les larmes de façon à les étaler en couche uniforme, incapable de troubler la vision par des irrégularités de réfraction. Aussi la section de la 7'' paire a-t-elte pour conséf[uencc de laisser le globe oculaire constamment à découvert. d*autaul plu» à découvert que le rcleveur n'a plus sa tonicité contre-balaiïcée par celle de son antagoniste. De temps en temps, l'animal porte le globe oculaire dans Félévation el la rotation pour enlever la cornée el la rétine à Faction irritante de l'air et de la lumière. Celte section donne aussi lieu, la plupart du temps, à un écoulement des larmes

SOT la joue, ou épiphora. Ce résultat s'explique parfaitement, puisque le muscle de Ilomer se trouve aussi paralysé, et que ce muscle a pour but de maintenir les points lacrymaux dans une direction telle que les larmes s'y rendent naturellement. On comprend que l'œil, se trouvant ainsi privé de différentes causes de protection, finisse par s'irriter et même par s'enflammer. Mais ce résultat, qui s'observe gOQTent chez l'homme dans les cas de paralysie ancienne, se rencontre rarement chez les animaux, sans doute parce qu'ils font un usage plus modéré de la vision, et parce qu'on ne les conserve pas assez longtemps en observation. Dans tous les cas, ce temps est bien an delà de celui qui est nécessaire pour que les troubles trophiques apparaissent après la section du trijumeau, ce qui prouve bien que ces altérations de nutrition ne doivent pas alors être attribuées à un simple défaut de protection. Il est un fait expérimental que nous chercherons à expliquer à propos du sympathique, si la chose est possible, et qui semble indiquer que les paupières ne sont pas sous llnfluence exclusive du facial ; car l'ouverture palpébrale se maintient considérablement rétrécie après l'ablation du ganglion cervical sopérieur.

Le fiaciai anime les muscles dilatateurs des narines, et, par suite, c'est lui qui fait exécuter ce mouvement rhythmique qui, à chaque inspiration, ouvre les narines pour offrir h l'air inspiré une voie pins large d'introduction. On peut donc dire que la 1^ paire joue nn certain rôle dans l'exécution des phénomènes mécaniques de la respiration et que c'est avec plus de raison qu'il ne le croyait , qne Bell la rangée parmi les nerfs respirateurs. Car en cette cireonslance elle reçoit le mot d'ordre du centre respiratoire lui-même, paisque,chez l'animal décapité, ces mouvements cessent si la section est faite au-dessus du nœud vital, tandis qu'ils persistent avec la ptos parfaite régularité si elle est pratiquée au-dessous , malgré rabsence des organes pulmonaires. Lorsque le facial a été coupé, lon-sculement cette dilatation ne se fait plus, maison voit même, àchaque inspiration, la narine tendre à s'affaisser sous le poids de l'atmosphère qui n'est plus contre-balancé par l'air raréfié des fosses oasales. Ce résultat est surtout très-marqué cbez les animaux qui, comme le cheval, ont les narines très-mobiles. Ce dernier animal

peut même être asphyxié complètement de la sorte, si les deux

deux faciaux ont été coupés en même temps.

Le facial intervient aussi dans les actes initiaux de la digestion.

PHYSrOLOaiE DU SYSTÈME NERVEUX.

Parles muscles des lèvres» il contriliue à la préhension do certains aliments. Par le buccinaleur, il maintient les ijlimenls onlre les meules dentaires pendant la mastication, et les empêche de s'é^rer dans les sinus gingivaux. Aussi les auimaux chez lesquels les lèvres reprt'seidenl l'agent pnnciiial de préhension, finissent-ils par mourir de faim sous rinflnence de la simple section de la Impaire. Quoique Chauveau ait constaté que l'excitation des racines du facial n'agit pas sur les muscles pharyngiens ni snr l'œsophage, on admet cependant généralement que ce nerf est mis en jeu dans Tacte delà déglulilition ; d abord parce qu'il fournil au digastrique et au stylo* hyoïdien qui doivent aider au mouvemt'ntascensiQnuel du pharynx, pendant le deuxième temps de celle fonction, et ensuite parce qu'il parait avoir aussi un certain droit sur les mouvemenls du voile du palais. Au moment où le bol alimentaire, pressé par la langue, arrive an bord poslérieur de la voûte palatine, le voile du palais se tend par la contraction de ses muscles propres, afin d'offrir un plan rèsistant capable de se prêter à ee mécanisme de progression. Or, ces muscles sont animés par des filets qui provieunent du ganglion de Meckel ; mais ce ganglion reçoit lui-même le grand nerf pélreux superficiel qui est constitué en grande partie, sinon en totahlé, par des fibres émanées du facial, i> deriiier nerf peut donc être chargé de faire contracter, par voie indirecte, les muscles du voile du palais. Nous verrons, en effet, dans la patlaologie que ce voile peut être paralysé quand le nerf facial Fest lui-même. Chez les animaux, le fait ne se produit pas, parce que la section est toujours pratiqué^^ en avant du ganglion génicutê et qu'elle respecte riiitégrilé du s>^léme alTérerit au voile. L'arraciiement lui-nnUne ne rompt pas toujours le neif au delà de ce point. Il est vrai que Chauveau qui a procédé par excitiition des racines du facial, n'a jamais vu naître des contractions des muscles slaphylius. Mais le ganglion de Meckel modifie certainement la U'ansmission et peut o|q>08er un ohstocle aux elîfls de l'excitation artiOcielïe. Quoi qu'il en soit, ce n'est guère i|ue par llmpossibililé de la préhension et par la gène éprouvée dans l'exécution du preuiier temps que les aîiimaux sont exposés â mourir de faim, car quand on leur introduit des aliments jusque dans le fond de la bouche, les mouvements normaux s'accomplissent immédiatement.

Mais c'est surtout par l'inlluence qu'il parait avoir sur la socrih tion et sur rexcrélion de la salive que le facial joue réellemenl un

rôle important dans la digestion. La corde du tympan envoie un fileta la glande sou^-maxillaire qui en reçoit en m(\nie temps d'autres émanant du ganglion cervical supérieur et du cordon cervical du sympathique. Le premier, qui est d'origine cérébrale, a besoin sans doute de s'approprier à la fonction végétative de l'organe qu*il contribue à innerver ; car non-seulement il aboutit préalablement à on ganglion considérable dit sous-maxillaire , mais avant et après il offre çà et là des renflements ganglionnaires. Ce filet est certainement la raison anatomique de l'intluence que nous allons Toir être exercée sur la salive submaxillaire par h^ tronc du facial et particulièrement par la corde du tympan. Cl. Bernard a montré le premier qu*après la section de la corde du tympan, on a beau mettre du Yîaaigre sur la langue, Timpression développée ainsi ne provoque plus , comme dans l'état normal , l'arrivée de la salive dans la cavité buccale. Du reste, il sufiit de galvaniser le bout périphérique de la corde pour faire affluer de nouveau ce liquide. C'est donc bien le facial qui représente Téiément centrifuge de ce phéno- Bèoe réflexe dont le lingual est l'agent centripète. Au moment où la gglivatioa se manifeste sous l'actiou réQexe de la corde du tympan, on constate que la circulation de la glande est beaucoup plus active : laTeine est gonflée et charrie un sang rouge qui progresse par sac-

' cades, absolument comme le sang artériel ; les vaisseaux des tissus ambiants prennent m^me part à cette congestion active, et il se fait nne hémorrhagie par les capillaires de la plaie. D'autre part, Eckhard et Adrian ont montré que lorsqu'on électrise les filets provenant do sympatliique. il se produit des phénomènes inverses. C'est à peine s'ilsort quelques gouttes d'une salive qui en outre est très-visqueuse. Pois l'excrétion s'arrête tout à fait. L'hémorrhagie cesse ; la circulation se ralentit et le sang veineux redevient noir. Les deux ordres de filets nerveux que reçoit la glande exercent donc sur elle deux actions tout à fait opposées et obéissent l'un et l'autre à la provoeation du nerf lingual. Mais ce n'est pas seulement lorsqu'elle y est provoquée par ce nerf que la corde du tympan exécute son action spéciale; elle le fait encore à l'instigation des impressions sensitives parties d'autres points. Owsjannikow et Tschiriew ont constaté que lorsque la corde du tympan est intacte, on peut en excitant le bout central du sciatique, préalablement coupé, déterminer une excrétion de salive presque aussi abondante que si on excitait le lingual lai-méme.

PHYSIOLOGIE DU SYSTEME NERVEirX.

Par quet mécanisme la corde du tympan produit-eïle ce réKUÎtal lorsqu'elle y est provoifuée par un nerf sen^îlif? Cl. Bernard, qui voulait expliquer le phûnomènL^ avec l'idée de Texistence d'une seul** espèce de vaso-moteurs, tous constricteurs, a supposé que le facial exerçait dans le ganglion sous-maxillaire, sur les flïets du sympalliique, uuc aclion pai'ticuliére qui avait pour effet de les paralyser, mais d^une manière pour ainBi dire active et différente de la paralysie passive due à la section du sympattui[ue. Les deux auteurs russes cités plus haut admetlunt aussi que le facial intervient dans la sécrétion salivaire par action vaso-motrice; mais^ partant de l'hypo thèse de Texistence de vaso-moteurs dilatateurs et de viiso-moteurs constricteurs, ils concluent que la corde du tympan active la sécrétion parce qu'elle renferme des filets vaso-dilatatemrs qui fournissent plus de sang aux acini pour la création de la salive, tandis que le sympallinpie apporte au ronlnjiredes vaso-moicurs constricteurs qui modèrent la sécrétiou en iliminuanl l'apport du sang. Antérieurement ù leurs travaux et après la publication de l'interprétation de Bernard, Ludwig a conféré à la corde du lympan quelque chose de plus spécial tpi'uue action vaso-motrice. 11 a admis dans ce nerf l'existence de libres sécrétoires capables de stimuler directement la glande et de la forcer il extraire ihi sang les prmcipes de la salive. 11 a fait voir que la sécrétion de ce liquide e-sl tout û, fait indépendante de la pression sous iaquelle je sactg circule dans les petites artères de la glande. Les deux physiologistes russes ont pensé ruiner la lUéorir de Ludwig, en mettant à profit l'élévation qu'i*prouve la tension vascnlaire générale^ lorsqu'on excite le bout péri- (diérique du nerf splanelmique. Ils ont constaté qu'au moment même où cette élévation se produisait, la salive sous-maxillaire était sécrétée en abondance. Mais les expériences instituées par Heidenbain et répétées par Grûtzncr et Ghtapowsky semblent donner raison à Ludwig Chez les chiens curarisés et soumis ensuite 4 l'atropine, la sécrétion salivaire cesse tout à coup, malgré l'excilalion du sciatique, et à ce môme moment les effets vasculaire^ persistent, cV»5t-àdire que le sang s'écoule rutilant par la veine et que la circulation s ampldie et piéseiite une leusioti localr plus considrrablc, LLufluence sécrétante est donc dislincte de rinflueuce vaso-motrice, et il est probable que ( etlf indéptnidance lient à ce que la corde apporte à la fois à la g1;inde dt'S Uibes spécialement sécréteurs et des tubes s]>écialement vaso-moteurs. Quiint au résultat de rexpérience des au*

NKRF FACIAL. 297

teurs rasses sur le aplanchnique, il était sans doute dû à ce que le

boni périphérique de ce nerf renferme des tubes sensitifs récurrents

capables d'aller provoquer le double phénomène réflexe en question,

au même titre, que l'excitation du scialique ou de tout autre nerf

sensitif.

Les deux branches terminales du facial fournissent plusieurs filets

|fei la glande parotide. Il était par conséquent naturel à priori de

penser que ces filets jouaient vis-à-vis de cette glande le mémo rôle

que la corde du tympan vis-à-vis de la glande sous-maxillaire. Mais

rcxpérimentation est venue fournir ici des résultats tout à fait inat-

teodos. Si on sectionne le facial immédiatement à sa sortie du trou

8t)'lo-mastoïdien, la sécrétion n est nullement modifiée et elle continue

à obéir aux irritations sapides subies par le lingual. Les filets que la

7* paiw fournit directement à la parotide se détachant au delà du

trou stylo-mastoïdien, il est évident qu'ils ne représentent pas la

corde du tympan de la glande sous-maxillaire. Mais si on arrache

le facial et si sa portion intra-pétreuse se trouve être aussi séparée

des centres nerveux, le canal de Sténon ne fournit plus de liquide,

fliOme ([uand on met du vinaigre sur la langue. Malgré le résultat

négatif de la simple section, on est donc obligé de reconnaître ({ue

la 7* paire intervient cependant dans la sécrétion de la salive paro-

tidienoe, comme dans celle de la salive sous-maxiliaire, mais comme

cette sécrétion n est supprimée que lorsque le nerf est atteint dans

le rocher même, il est évident que le filet sécréteur doit se détacher

du facial entre son origine et le trou stylo-mastoïdien. Or, comme

la parotide reçoit des rameaux du ganglion otiiiue, il est probable

que ce filet sécréteur se trouve être représenté par une i)arlie du

petit nerf pélreux superficiel qui réunit le facial à ce ganglion. Du

reste Schiff a pratiqué deux expériences qui semblent confirmer

cette supposition, lia dune part extirpé le ganglion otique et il a vu

la fistule parotidienne, préalablement établie, rester sèche, malgré les

mouvements de mastication et malgré les excitations gustatives les

plos puissantes. D'autre part, il est arrivé à couper chez un lapin le

çetit nerf pétreux superficiel, et dès lors la sécrétion parotidienne

resta sourde aux sollicitations sensitives du lingual.

L'anatomie et le raisonnement physiologique portent à penser ciue le facial doit jouer un certain rôle dans l'exercice de ïatidition. Non-Beulcment ce nerf anime les muscles du pavillon qui, chez beaucoup d'animaux, sont capables de changer considérablement les

FHYStOLOGIE 0U SYSTEME NKRVEUX.

conrlitiotis de ce cornet acoustique, et qui, chez rhoinrac, peuvent du moins modilier d une nirmitTe mdimenlano k-s courï»es parabo* liiiues de eel firgane de réflexion et de eonduclibilitù, mah il innerve, par riatennédiciire du ganf!:lioii oli(|ue, le muscle intcroe du miirleau . Or ce muscle, en se contractant, tend la îneml>rane du t]Tnpaii et, d'après Ifs toii de racoiislifiue, la rend amsi propre à diminuer riiîtensile initiale des sons qu'elle transnioL r/estdonc le facial qui commande cette tension qui doit êvitcT au nerf acoustique un ébranlement trop violent. Ce fait nous rendra compte d'un certain symptôme qui se présente dans quelques paralysies de la 7* paire. Enfin le facial fournit un filet direct iiu muscle de rélrier. Or, Politze a pratique* des expériences qui semblent démontrer tjue ce musclel détend au contraire la membrane du tympan, et par suite communique une amplitude plus grande aux vibrations qui la traversent, de sorte que la ?'' paire présiderait à loules les variations de celte pédale appelée à réatiser tantôt des forte, tantôt des piano. Au mo* meut où ce muscle relûche le tympan, il éloigne Tétrier de la fenêtre ovale et il diminue par te fait Ja piressioii inU'alabyrinttuque. H est donc encore possible que le facial intervienne, d'une façon accès* soire, dans les actes dont roreille interne es! le théâtre,

La corde du tympan ne fournit pas uniquement à la glande sousmaxillaire, fia plus grande partie de ce nerf reste associée au liuguaJ et s'engage avec lui dans la langue. 11 y a donc lieu de recliercticr quelle mission cette émanation du facial vient y accomplir et si elle n*a pas particulièrement pour but de contribuer ii rexercice de la gustation. Guanni a voulu faire de la corde un agent de la phonation. W lui donna |»our fonction spéciale de soulever la pointe de la lan^Hie pour rartirulation de certaines consonnes. Il s'appuyait sur ce qu'il avait vu ce mouvement être détermine par rapplication de l'électricité sur la corde. Mais il a eu le tort, dans ses expériences» d'appliquer l'un (h*s pôles sur le nerf et 1 autre pôle directement sur les muscles delà langue, de sorte qu'évidemment ceux-ci recevaient Tinfluence directe du galvanisme et ^e contractaiout sans Tintervention des uerfs. 11 en aurait obtenu autant en niettant rautrepùle sur un nerf quelconque, 8i la corde n*a aucune part à réclamer dau^ les mouvements rie totalité de la langue, on ne saurait lui refbser une certaine innuen<'e sur la circulation de cet organe. Il est vrai que sa 84»ction uetilraine par etle-môme aucune modîlicalion dan« ta vascularisation de la langue. Mais sitôt qu'on électrise le bout |iéri-

phérique de ce nerf, on voil, ainsi que Ta indiqué Vulpian. la langue devenir le siège d'une congestion active s'accompagiianl dune éléva- /ioD notable de la température, dételle sorte (jue le facial exerce sur la circulation de la langue une action centrifuge, analogue à celle qu'il exerce sur la circulation de la glande sous-maxillaire ; action qui peut être mise en jeu d'une manière réflexe par les impressions que Je Jingual apporte de la muqueuse de la langue. Il est vrai qu'après Ja section de la corde, Tapplication d un liquide irritant sur la muqueuse linguale produit encore la môme congestion, quoii[ue les Gb res du lingual, chargées du courant centripète, restent seules eu communication avec l'encéphale. Yulpian pense que, dans ce cas, la rêllexion s'opère dans les ganglionsqui peuvent servir de trait d'union entre les rameaux terminaux du lingual et ceux de la corde du tympan.

A côté de cette influence vaso-motrice, reconnue incontestable, la corde du tympan exerce-t-elle une action quelconque sur le snis du goût? Les avis sont partagés à ce sujet. Lussana n hésite pas à déclarer, d'après ses observations personnelles, que la corde représente le véritable nerf gustatif de la partie antérieure de la langue, et que le lingual est, par lui-môme, exclusivement le conducteur des impressions tactiles de la môme région. Schiff concède aussi à la corde du tympan la sensibilité gustative, tandis qu'il n'accorde de BCii>ine,au lingual proprement dit, que la sensibiUté tactile. 11 a. chez plusieurs animaux, coupé le lingual au-dessus de sa réunion à la corde, afin de supprimer l'action du premier nerf eu respectant celle du second. Après cette opération, (fuelques-uns, il est vrai, n'accusèrent qu'une sensibiUté gustative excessivement réduite, mais la plupart avaient conservé le sens du goût dans toute son intégrité. Chose singulière, du moins au premier abord! Schifl', qui refuse ainsi la sensibilité gustfitive à une bnmche du trijumeau, pour l'attribuer à une branche du facial, déclare ensuite que celle aptitude appartient en réalité au tronc du trijumeau et non à celui du facial. Pour lui, ainsi que nous l'avons déjà dit n propos de la .V paire, les Vibres gustatives abandonnent l'encéphale en s'accolant d'abord au nerf maxillaire supérieur, puis quittent ce deriiier pour se porter Ters le facial à travers le ganglion de Meckel, le grand nerf pétreux soperflciel et le ganglion géniculé. Elles se détachent ensuite du Ironc du facial pour former la corde du tympan vX gagner, sous ce nom, la partie antérieure de la langue. Mais ce trajet ne serait pas

PHYS[OL0GfE DU SYSTÈME NERVEUX.

constant. Parfois, ces fibres passeraient direclement du ganglion de Meckel dans le maxillaire inférieur. D'autres fois, elles iraient bien jusfine dans k* ganglion géniculé, mais, au îieii du gagner de là la cordL' du tympan, eîles s'aceoïeniient au maxillaire inférieur au niveau du ganglion olique. Ces variétés de trajet pourraient expliquer les résultats tantôt négatifs, tantôt positifs que l'on observe dans la gustation après la section soit du liogual, soit de la corde. — Vulpian reconnaît qu'aprè:^ la section de ta corde le goûL se trouve plus ou moins altéré^ mais unir|Ui'ment en raisoîi des troubles vaso-moteurs que cette section peut amener, en créant un certain travail irritatif de ce nerf. Prévost, de Genève, a obtenu de son côté les résultats les pludi variés. Pour mieux juger la question, il a sacrifié les deux glosso^J pharyngiens en même temps qu'il seclioimait la corde. Dans cet) condilious, le goût s'est montré te plus souvent à peine modifié, parfois diminué, exceptionnellement supprimé complétt^ment. Ces résultats lui ont semblé démonlrer que c'est bien le lingual qui possède par lui-même la sensibililé gustalive ei que la corde n'intervient dans Texercice de la gustalioii que d'une manière accessoire et indirecte, en produisant des modifications vaso-motrices. — Cl. Bernardj dans ses recherches sur ce sujet, a pratiqué la section de là corde dans t oreille moyetine à Taide d'un pelit crochet tranchant qull introduisait par te conduit auditif externe, en perforant la membrane du tympan. Il a toujours vu, après cette opération, le sens du got^t non aboli, mais présentant une plus grande lenteur dans le développement de Fimpression. Partant de là, il a pensé qu'il devait y avoir, non pas sup[ïres<ion du nerf affecté spécialement h la gustation, mais suppression d'une action accessoire capable d ac* centuer davanlnge les impressions sapides. lî a supposé que la corde pouvait être appelée, par rinlermédiaire des libres lisses sous- muqueuses, à agiter les papilles dans le bain sapide qui revêt la langue, à multiplier ainsi le contact et m(*me à développer une certaine influence de pression. Complétant son système, il fait observer que dans la glande sous-maxillaire, cnomu^ dans la langue, la corde remplit des rôles réservés ordinairement aux agents nerveux de la vie végétative; puis, qu'elle anime suit des fibres lisses, soit des aeini glandulaires; que, par conséquent, celte branche du facial doit «Mre considérée comme une portion du système sympathique annexée A la 7" paire.

Si on lient compte de tous les faits et si on les juge imparlialc-

ment, on est obligé de reconnaître qu'après la section de la corde du tympan, la perte complète du sens du goût dans la partie anléneure de la langue est exceptionnelle, et ({ue, presque toujours, i/ y a simplement une obtusion plus ou moins marquée de cette sensibilité spéciale. Par conséquent, l'opinion de Lussana est celle qui a le moins de chances d'être la vraie. Faibles en présence des faits énoncés dans Tétude du trijumeau, ces chances semblent s'évanouir tout à fait après ce qui précède ; car si la corde du tympan était réellement le nerf du goftt, à l'exclusion de tout autre, la perte de ce sens serait la règle générale, après la section de ce nerf. L'hypothèse imaginée par Schiff peut, jusqu'à un certain point, expliquer rirrcgulanté des résultats expérimentaux, mais elle est à la fois trop compliquée et trop problématique pour être acceptée. On ne comprendrait pas pourquoi la nature aurait adopté cette bizarrerie et cette variabilité pour le trajet des filets gustatifs. Dans Tétat actuel de la science, la théorie de Bernard est encore celle qui répond le mieux à lensemblc des faits acquis. En outre, elle est plus en rapport avec la simplicité habituelle des procédés de la nature. Ënlin, l'application de la méthode de Yaller a démontré que les filets de la corde s'étendent bien jusqu'à la muqueuse, mais ne pénètrent pas dans les papilles. Denonvilliers, d'autre part, sans être guidé par la iQoindre conception physiologique, dit avoir pu, par la dissection, séparer les fibres de la corde de celles du lingual et les avoir suivies jusque dans la couche lisse sous-muqueuse. La perte des oscillations des papilles, jointe à l'insuflisance de la sécrétion salivaire, par suite du défaut de la stimulation apportée habituellement par la corde, constitue un déficit de moyens de perfectionnement suffisant pour expliquer l'abaissement apparent de la sensibilité gustative.

Ou a encore voulu faire jouer au facial un rôle dans le maintien de l'équilibre. D'après Martin Magron, un mouvement de manège se produit après l'arrachement d'un seul nerf facial et se transforme CD roulement dès qu'on coupe le nerf de l'autre côté. Mais il est probable que ces phénomènes doivent être mis plutôt sur le compte d'une lésion du nerf auditif qui peut être facilement compromis en raison de son voisinage. Enfin Bernard, dans ces dernières années, a encore accordé à la corde du tympan un rôle thermique. Mais ce n'est h qu'un fait particulier d'une question tout à fait générale qui trouvera mieux sa place dans l'étude du sympathique. ÀnaUmie pathologique. — Le facial est peut être le nerf moteur

qei BiUïit le plus fadiemcnt rinfluence morbide du froid, il faut san« doutH tenir cooifile de cette circoiistaûce (îu il ùlale ses nombreuses rainilicalionfï dans uni' région qui est toujours dérnuvt'rte. Mais les hémipicgies faciales, dites rimmatismalcfi, sont tellement fréqueules, qu'il doit Y avoir là, en outre, le concours de conditions plua spéciales encore, d'aulanl plus qu'on observe beaucoup plus rîirement des conséquenceià analogues dans des régions tout aussi exposées à l'air, telles tpie le cou et les mains. Elles se produisent surtout lorsque l air froid agit à la manière d'uue donclie, comme lorsqu'on tient la joue coutre une portière de wagon pendant la nuit. Evh n'hésite pas a déclarer qu'il se forme toujours rdors un gonflement et une congestion du nôvrilème capables de comprimer les tubes ner- Yeux. Eu dehors des cas où le facial a subi l'action réflexe du froid . eu dehors de ceux où il a été blessé ou contusionné directement, on pl^ut dire qu'il esl toujfïurs compromis secondairement par une lésion des piirlies ambiaoles : sclérose du bulbe, dépôts méningiliqucSj tumeurs du crâne, lubercules et carie du rocher, fractures du crâne, hcmorrbo^'ics dans le canal de Fallope, lumeui-s gangliounaires et parolidieniu's. Dans toutes ces circonslances, il survient une alriïphio on un œdème, ou utie congestion, ou une iullammation du nerf. Il peut toutefois être envahi hii-méme jiar les produits hétérogènes du voisinage, Unm une des ubservaliuns relatées par CL beruard, on voit quun tubercule s'élail développé dans le ntv vrilème, L'altérdlion ambiante qui compromet le pluiî souvent lu ?■ paire esl la carie du rocher. Cette aiïection, eu raison de lu leoteur de sa marche, peut pendant lon^xtemiis ne se traduire que par la paralysie faciale. Le canal de Fallopc change si souvent de direction qu'il se trouve confiner à peu près à tous les départements du rocher et qu'il peut élre compromis dans sa capacité, quel tpie soit le siège prinulif de ta cause. La syphilis peut donner lieu, dans sû période tertiaire, à une paralysie du facial. Dans cette eircoofitance;, la comprer^sion est délerminéc tantôt pur des oxostoses, tantôt par des exsudais englohanl l'origine du nerf. Ladreit de Lacharriérc en a observé treize cas, tSur cent cas de syi>hilis cérébrale, Braus a rencontré vitjg-sept fois des lésions du fînial. broadbens a remanjué que la paralysie do la <V paire coïncide souveul nwc celte de la 7*.

FhyHohgie patlwlogiqtie, — La nature même de la 7* paire indique que, sur f-i scène pathologique, elle doit avaut tout donner ijeu a des troubles de la moUtile, U semblerait même, à pnori.

NEBK FAGtAL

Hin-Ile ilevrait vu produire exclusivemenl ilecel ordre. Mais la sensibilité d'eiupruiit qutî îe facial tloil a ses anastomoses avec le Iriju- Qieau et le pneumogastriqyt? fait qu'il (leut, lorsqu il esl alteiiU, eagendrer des phénomènes sfusitifs en mi^me tenjps que des troubles moteurs. C'est ain^i que la paralysie d'origine syphililique est presque toujours précédée de douleurs excessivt^meiil vives,

Lon^qu'il existe une paralysie isolée du laeiut, ou peut la regarder eomroe résultant proliableinent d'une lésion directe du fierf ou de son noyau; car, eu génénd, les maladies des hêiiiispliéres cérébraux ne. compromeUeut la 7* paire qu'en produisant en même temps une liémiplégio du corps. Cependant, tpiand on lit l'aulopsie de Duptiy- Iren, on trouva dans l'un des lobes cérébraux les traces d'un éjian* uhemenl sanguin en voie de résorption, et il n'avait eu, durant sa fie, d autre symptôme paralytique qu'une bémiplégie faciale du côté opposé. Kn 1854, iJuplay a puldié dans \ Union médicale quelques faits du même genre, Knfin lî raves a vu aussi df^ux fois iinit aUaqiie manifeste d'apoplexie limiter 8on influence paralytique à la sphère de distribution du fadaL 11 est à remarquer qu'il s'agissait dans ces cas d'épauchemeuts excessivement petits dont TefiTet de compression ne pouvait atteindre le noyau du facial. Du reste toute h jorrhagie, cn|iable de le faire, doit forcément agir en même t -iiipâ sur la plupart des autres agents de la motililé- Il est donc probable que dans ces cas le hasard a voulu *pîe l'épant-hement, trop limilé pour pro* du ire un effet général, tombe tout justenuiut sur le faisceau des fibres eucéphahques qui relient le noyau du faL^ial au centre jnteU lecmei et qui sont chargées de lui commander les actes de la mimique.

D'a[>rès Krb, la paralysie eugondrée par le froid pourrait offrir des caractères diftérents, suivant que la congestion rhum;dismale aurait envahi telle ou t(*lle portion du uerf. Li>rs*|ue le goulk^uenl resterait limilé à la partie extrapétreuse du facial, il n'y aurait de supprimé que la motilité volonlaire et réHexe* Mais rélectricité appliquée au uerf pourrait encore provoquer des contractions. L'excilabilité électrique serait, elle-même, perdue lorsque ta lésion s'élfudrait jusque dans le canal de Fallop»^ Celte différence dans les résultats tiendrait à ce que la compressiot» subie par les tulies serait beaucoup moins considérable dans le premier cas que dans le second, parce «ju'a la face le nerf est [»longé dans un tissu cellulaire assez lâchi: où le nevrilème peut se développer excentriquemenl et, pur

PHYSIOLOGIE ni' SYSTEME NERVEUX.

suite» uc pas étrangler autant les élOmuiils nerveux, tandis que dans un canal osseux inextensible le nerf n arrive â se gorger de sucs qu'en se tassaril. L'explication est assez ratio nnelk^, mais elle n'est appuyée par aucuee invesligalioii directe. Tout ce (pi'ou peut dire, c*e8t que Texcitabililé éleetrique n'est pas toujours respectée dans les paralysies rhumatismales.

La conséquence la plus apparente de la paralysie du facial est la modification qu elle entraîne dans raspect et le jeu de la physionomie, Lorsqu'uu seul nerf est atteint, on remarqui*, à ï'élat île repos, que les traits sont tirés vers le côté sain. La commissure labiale du côté paralysé est plus baî^se que Tautre, de sorte que la bouche a une direclioïi oblique. La moitié paralysée est située un peu en avant de la moitié same» qui ap [tarait comme ridée, sous riniluence de la simple tonicité de ses muscles, La déviation de la bouche s'exagère cousidérablemeul chaque fois que le malade rit ou parle.

L'élat d'exaltation du facial se manifeste le plus souvent par des mouvemeiUs couvulsifs qui apparaissent sous forme de petites décharges intermittentes. Le sommeil ne les fait point cesser, llîs font réaliser à la physionomie les frrimaces les plus bizarres. Celles-ci soot surtout Famvre des zygonialiques et du triijuiîulairc des lèvres. Le spasme n'est pas toujours limité à la face proprement dite. On voit parfois, à chaque décharge, l'os hyoïde être tiré du côté de l'orcilli* correspondante, ct^ qid sVxpHque parfailL-mciit, puisque le facial fou ru il au stylo-hyoïdien et au tïigastrique. Toutefois la résistance que cet os oppose a cette traction fart que ce symptôme ne se manifeste que dans les spasmes violents, Vn fait que Ton peut observer plus souvent au cou, c'est la formation de petites saillies en colonnes qui sont dues à des contractions énergiques de certains faisceaux du muscle peaucier Exceplioimellement le spasme du facial peut prendre la forme Ionique. Lne contracture permanenie vient alors reproduire activement du côté malade ce qui existe du côté opposé dans îa iiaralysie, c*est-â-dire un tiraillement des traits. La déviation est beaucoup plus marquée que dans rhémiplégie, parce qu'elle est déterminée par une contraction puissamment exagérée et non par une simple tonicité physîologi([ue.

Les mouvements convuisifs eug^endrés par le facial ne sont le plus souvent qu'une mimique réflexe des douleui-s dont le trijumeau est le sié^'e. Tantôt la cause première réside dans une dent cariée qu'd suffit d'extraire pour ramener Tétat normal, tantôt dans une

blessuiG directe d'une branche du trifacial par Textractiou d une dcflt. Daos le tic réflexe, rélémcut scnsitif peut prendre son point de départ dans des régions éloignées et n'ayant avec la face aucune connexion nerveuse j)ériphérique, dans l'intestin, par exemple, sous iïn/Iuence d'helminthes; dans Tutérus, sous l'influence d un fœtus ou d une maladie de cet organe. Cette affection est parfois provocjuêe par une émotion morale. Ce mode de genèse se comprend parfaitement, puisque le facial est tout justement chargé de traduire nos impressions morales, puisque c'est dans le centre affectif qu'il va habituellement prendre des ordres. Les convulsions faciales peuvent ausâi naître directement. 11 en fut ainsi dans un cas de Graves où le facial était irrité par une carie du rocher.

Comme le facial anime un certain nombre de muscles capables d*agir sur les divers orifices des cavités de la tête, il en résulte que :ics maladies peuvent compromettre non-seulement la mimique, mais encore plusieurs des actes mécaniques mis au service des fonctions de la digestion, de la phonation, de la respiration et des sens spéciaux. L'immobilité partielle des lèvres, le relâchement permanent du buccinateur font que beaucouj) de parcelles alimentaires séjouraent entre les joues et les arcades dentaires. Non-seulement c est une perle pour la nutrition, mais encore une cause d'irritation pour la muqueuse buccale. La salive elle-même s'écoule à rextérieur et vient ainsi diminuer le contingent nécessaire des liquides digestifs. Du reste, en raison de l'impossibilité où se trouve la corde de remplir son rôle excitateur habituel, la sécrétion salivaire se trouve déjà coosidérdblement amoindrie. Presque tous les malades atteints d'hémiplégie faciale se plaignent d'éprouver une grande sécheresse de la cavité buccale. La déglutition elle-même se trouve compromise pour plusieurs raisons. Privée du muscle lingual supérieur qui lelèYe directement sa pointe, et des muscles stylo-hyoïdien et digastriquequi élèvent sa base par l'intermédiaire de l'os hyoïde, la langue ne peut plus s'appliquer contre la voûte palatine, mouvement qui esl indispensable au premier temps de cette fonction. D'autre part, le voile du palais ne peut plus offrir au bol alimentaire un plan résidant, parce que, quand le facial a été frappé avant qu'il ait été abandonné par le grand nerf pétreux superficiel, cette membrane muaculeuse prend part à la paralysie. L'influence de la ?• paire sur les muscles du palais a été toutefois contestée, parce que ces deroieiB reçoivent en dernier ressort leurs filets du ganglion de Meckel.

physiologie: du système iserveltx.

Ur, coDirue ce gaugtion reçoit des racines provenant à la foig de*» 5*, 7* et IP paires, rien ne prouve à pn'orK* que k'S tubes moteurs des tinés aux muscles palatins proviennent du faeial. D'après tons les^ faits connus, le trijumeau peut être niisluirs de cause. Il n'en est plus de môme pour le glosso-pharyngien. Il peut y avoir hésitation. On a publie cependant un grand uombre de faits cliiiitjues donnant^ gîiin de cause au facial, puisque le voile s'y montra paralysé à ta suite d une lésion profonde et exclusive de la 7* paire. Mais Debrou a contesté leur valeur en annooeant que beaucoup de personnes ont, mOme dans l'état normal, la Inelte déviée. En î852,Davaiaealu à la Société de biologie un mémoire qui rend au facial te rôle que Debrou avait voulu lui enlever. 11 a fait remarquer que la déviation de la luette observée daos les conditions normales ifest quune simple inclinaison de cet appendice, qui peut même varier avec les diverses positions qu'on donne à la tête. De plus les arcades formées par les piliers restent égales et régulières. Dans la paralysie faciale profonde, ce n'est plus une simple inr.linai.son, mais une courbure ea arc de la luette. Les arcades palatines ne sont plus symétriques, La voûte décrite par le voile lui-même est efiOacée. Du reste, Cl. Bernard a électrisô le glosso-pharyngien après avoir arracbé le facial, et réciproquement d'une manière inverse. H a ainsi acquis la démonstration expérimentale de Torigine faciale de l'innervation des muscles palatins. Nous admettrons doue celle dernière solution, dont j'ai du reste trouvé plusieurs fois la confirmation clinique; mais nous n'irons pas, avec Bernard, jusqu'à déclarer que ces fibres motrices proviennent spécialement du nerf de Wrisberg,

Par rintcrniédiaire des muscles buccaux et palatins le facial peut troubler l'articulation des sons. Les lettres linguales surtout ne peuvent être prononcées que d'une manière très-imparfaite. Cbez un malade de Davaine, la voix se montra nasonnée. La lecture à haute vobt ne pouvait pas être soutenue au delà de quelques minutes. La dilatation rhylhmique des narines, si favorable à rinlroduction de Tair inspiré, fait aussi défaut. Lorsque la paralysie est double, il peut en résulter une telle gène que le malade est parfois obligé d'ouvrir lui-niéme ses narines avec les doigts. Une expérience de Ileraard semble prouver que l'ana^stomose que le pueumogaslrique envoie au facial trouve sa raison physiologique dans le rôle respiratoire des narines. Peut-être ces libres senaitives d'emprunt gaguentelles particulièrement les orifices nasaux pour leur procurer une

*^nsibililc spéciale en rapport avoc les besoins dehi respiration, delà rentrerait évidcinnient dans les attributions naturelles du pneumo , puisque c'est lui qui déjà apporte le courant centripète dans les '^ctes réflexes fondamentaux de cette fonction.

Uoux a attiré, le premier, l'attention sur un symptrtme qui accompagne quelques hémiplégies faciales et dont il avait pu constater ^' existence sur lui-même. Il consiste en une excessive sensibilité de l'ouïe. Les bruits les plus ordinaires donnent lieu à une sen- ^lion très-pénible. Depuis, il a été démontré que cette liypéresthésie de l'ouïe ue s'observe que dans les cas où la cause de la paralysie riégodans les profondeurs du rocher. Landouzy, se basant d'abord ^ur cette condition, d'autre part sur les données de Tanatomie et de ia physiologie, a pensé que, lorsque la lésion atteignait la 7' paire en deçà on au niveau du ganglion géniculé, le QriWul niTf pétreux superficiel se trouvait paralysé et que, par conséquent, le muscle interne? du marteau laissait la membrane du tympan dans un état permanent de relâchement qui communiquait à toutes les ondes sonores une anphtude exagérée. Cette explication, qui i)araît si rationnelle sous lous les rapports, a été atUiquée cependant par Brown-Sequard. D'après ce physiologiste, l'arrachement du ganglion cervical supérieur ou la section du cordon cervical engendrent l'impressionnabilitê de l'ouïe aussi bien que la paralysie ou l'arrachement du facial. Coïimie le sympathique ne peut intervenir en rien dans les mouvements du muscle du marteau, et comme il exerce sur l'oreille une action purement vaso-motrice, fauteur pense qu'il y a lout sirapleaienl hypércsthésie auditive produite par la confresliun du nerf acoustique. Mais le facial qui apporte, il est vrai, des vaso-moteurs duns certaines régions extracràuiennes, n'en fournil probablement pas à la 8« paire, malgré les adhérences que celle-ci contracte avec le nerf de Wrisberg ; et l'explication de lîrown-Sequard ne pourrait s'appliquer à l'hémiplégie faciale d'origine profonde qu'en supposant que la lésion (jui paralyse le facial développe autour d'elle une atmosphère de congestion dans laquelle le nerf acoustique se trouverait compris. Au fond, les deux interprétations sont encore à l'état d'hypothèse, et tnnt que ni l'une ni l'autre n'aura pu te démontrée expérimentalement, je crois ([u'on doit surtout iKîncher vei*s celle qui est le plus en rapport avec les faits physiologiques, c'est-à-dire vers celle de Landouzy. Comme les conlractu^'S ifpasuiodiques des muscles de la face s'accompagnent souvent

d*uii bourdonnemenL d*oreilJe, il esl naturel d'attribuer ce syinplôme aussi ù une action motrice. Sans doute que les muscles dii;| marteau et de l'étrler sont, comme ceux de la face, agités par des ' coiitniction^ qui déplacent incesëammenl la naembrane du tympan ^ et qui ébranlent constamment le liquide labyrinthique. C*est. du reste, lexplication que (Irave.-? a conçue en présence de ces âensa^^j lions subjectives d origine périfihurique.

Dans la paralysie du facial, rocclusion de rorifice palpébral es devenue impossibïe. Pendant le sommeil, on voit parfois l'tHil se ' porter en liaut, pour îibrîter, autant que possible Ja cornée derrière le plissé de la paupière supérieure. Il en est de incarne de l'acte du clignement, parce que le faciiiî ne peut plus obéir à Fimpnlsion réflexe des centres soUicités pai* les nerfs sensilifs. L'œil restant continuellement exposé à la lumière, à la température ambiante, au contact des poussières atnios*phenques et k une évaporalion constante, il en résulte une sensation pénible d'irritation et de sécheresse, qui fait que le malade cliercbe à fc^rmer de temps en temps les paupières avec les doigts. Pour peu que la paralysie date d'un certain temps , la paupière inférieure, cédant de plus en plus â l 'influence de la pesanteur, se renverse en debors et les larmes n'étant plus dirigées vers les points lacrymaux, il en résulte un larmoiement qui rend la réfraction et, par suite, la vision irrégubères. Lorsque te facial est au contraire irrilé, inrbiculaire des paupières peut être maintenu dans uo spasme tonique qui rétrécit plus on moins forilice palpébral et môme produit une occlusion complète* (ielte contracture est quelquefois un retentissement centrifuge dune névralgie du trijumeau ; mais elle esl plus souvent un résultat direct d'une inilanuuation du faciaL Dans les deux cas la cause première se trouve fréquemment dans une afîectionsypliiliti que. Chez d'au lrc*s mj^lades, ou observe des contractions intermillentes qui produisent un cli^^oement anormal dans lequel non-seulement le resserremetit de l'orbiculaire se montre exagère, mais n'est pas suivi de ce relûclit*menl complet qu'olTre le clignement physiologique. Ce blépbarospasme n'est pas toujours un fait particulier d'un tic facial générai, lié ou non à une névralgie du trijumeau. Il peut exister isolément, alors que toutes les autres brancbes de la 7* paire présentent un ronctionnemenl normal, et être engendré d'une manière réflexe par la présence d'un corps étranger dans le sac conjonctivaL La Util» talion seusitive peut arriver à irriter assez le centre nerveux corros-

pondant pour étendre la réaction motrice à l'orbiculaire du côté opposé. Les lésions de la cornée sont capables d'amener le môme ï^suUat par le même mécanisme. L'hypéreslhésie de la rétine peut encore remplacer les filets ciliaires du trijumeau, comme courant coutripèle. Enfin l'irritation provocatrice peut siéger dans le tube digestif. La plupart des ophtbalmologistos expliquent ce mode de production par Tanastomose que la ?• paire contracte avec le pneumo dans le rocher, comme si un phénomène réflexe était capable de se passer entre des tubes sensilifs et moteurs accolés les uns aux autres. Les surfaces sensibles des voies digestives offrent une certaine sympathie avec les organes moteurs annexés à la vision, ainsi que le montrent en particulier les modificalions que les vers intestinaux font éprouver à la pupille. Si le pneumo intervient ici, c'est par les fibres provenant de la muqueuse digestive et non par celles qui s'associent au facial.

La paralysie de la ?• paire, lorsqu'elle est d'origine intrapétreuse, peut rendre imparfaite la perception des saveurs. Chez un malade I d'Arnold, les substances sapides étaient très-mal appréciées par la I moitié correspondante de la langue. Il en fut de même chez un client dc'Guéneau de Mussy. Elle peut même engendrer des aberra- ' tions de la gustation. Ainsi, Roux éprouvait non-seulement un aiïaiblissement de la sensibilité guslative, mais toutes les substances, quelles que fassent leurs véritables saveurs, lui apparaissaient douées exclusivement d'ime saveur métallique très-prononcée. L'aberration peut aussi se montrer sous forme d'une insensibilité particulière Tis-à-vis de certaines saveurs déterminées. Dans un cas de fracture dn rocher, le malade avait seulement perdu l'aptitude à percevoir des saveurs acides. De son côté Cl. Bernard a réuni un certain nombre d'observations qui tendraient A prouver qu'il n'y a, le plus souvent, Di aberration, ni affaiblissement réel de la sensibilité gustative, mais de la lenteur dans le développement de l'impression. H existerait, fODsce rapport, une différence très-appréciable entre le côté sain et le côté malade. Ces faits sont donc excessivement favorables à l'hypothèse qu'il a émise sur les fonctions de la corde du tympan dans la langue.

11 semblerait au premier abord que, si les paralysies profondes produisent des troubles de la gustation parce qu'en raison de leur si<^e elles compromettent aussi la corde du tympan, les paralysies doriginc centrale devraient avoir le même résultat à fortiori, puis-

lu

qm ia corde fait probablement partie du IroQC originel de la 7* paire," Mais jusqu'à présent on n'en a pas encore signalé dans les hémiplégies faciales dues aux malndiesdes centres nervi^ux. SrhifTs't^stempn'-^i' de saisir celte circonstance pour donner lappui de la clinique à .-cmi hypotUùî^e si corapLiquéc sur le Irajet des flbresgusîalives, Seloo lui, elles n^échapperaicnt à la cause paralysante que parce qu'elles proviennent du Irjjumeau et qu'elles ne s'annexeot au facial que plus loin, par l'intermedioire des gnnf^lioiis de Meckel et génieulé. Mais celte absence de Iroubles gusUdils nVst peut-être pas réelle. U eslj possible qu'elle! tienne à un manque (iVjbsen^aiion ; car la consultation de ce genre dr troubles nécessite un mode d'invesligalioii long et ennuyeux, qu'on ne songe même pas à employer la plupart du lenips. Du reste, si le facial renferme des fibres ii sensibilité ^slative, celles-ci doivent se rendre dans la couche optique et non dans le noyau moteur du facial proprement dit; et il existe entre ces deux centres assez de distance pour qu'ils ne soient pas dans une grande solidarité pathologique, La clinique semble avoir pris à tâche de compliquer la (juestion de l'intluence du facial sur la gustation, plus encore que ne l'a fait la physiologie expérimentale. Stick a réuni un certain nombre d observalions dans lesquelles le goût se trouvait aboli, ou affaibli, ou dévié, quoique la cause de la paralysie eût agi sur le nerf, après la naissance de la corde du tympan. 11 pense qu'on ne peut exphquer ce fait qu en admettant que quelques-unes des libres gustalives, après avoir accompagné la conle lustiu'à son ori* gine, prennent un trajet rétrograde, et au lieu de se rendre au cer* veau par le bout central do facial, ressortent du rocher avec sa portion péripbéri(]ue^ gagnent le maxillaire inférieor par riiilermédiaire des anastomoses extracrûnieiines que le facial contracte avec les branches de ce nerf, et remontent celle fois avec lui jusqu'à l*encéptiale. Ce lierait là une disposition anatomiqueplus biziirre et plus irrationnelle encore que celle imaginée par Schiff, Aussi préférerais-je de beaucoup l'explicalion proposée par Itenedick et adoptée depuis par Constantin Paul. Ces deux auteurs ayant aussi observé des troubles do goût même dans la paralysie a frigare, alors que la partie iulracrûnienne semblail devoir être seule comproinîsc, ont pensé que cela tenait â ce que le. gonllement du névrilème provoqué par le froid dans la partie faciale de la 7"* paire s'était propagé ensuite dans sa portion intrapétreiise. Mais cette explication ne peut pas encore être appliquée à tous les cas, car il en est où les troubles du gnûl

NERF AUDITIF. 311

précédèrent la paralysie faciale. 11 faut, du reste, en toutes circoiis- Unces, tenir compte de la paralysie des muscles qui sont appelés à maintenir les substances sapides au contact de la langue. Les faits qui précèdent montrent que la pathologie est venue fournir des preuves à toutes les hypothèses, à celles de Gl. Bernard, de SchifTet de Stick. £lJe en a aussi procuré à celle de Lussana; car il existe trois observations, dont une de Neumann, qui semblent conférer au facial seul Texercice du goût dans la partie antérieure de la langue, à l'exclusion du lingual lui-même.

En regard de ces faits de dépression de la gustation, dans les cas où le nerf est gêné dans son fonctionnement, on p(;ut en mettre un cité par Romberg. qui montre que, lorsque la corde du tympan est aa contraire excitée, elle peut engendrer des sensations subjectives. Chez one dame atteinte d'otorrhée avec perforation de la membrane da tympan et développement de bourgeons dans la caisse, il dut à plusieurs reprises cautériser ces derniers avec le crayon. Au moment de chaque cautérisation, la malade accusait une sensation gustaiivese propageant le long de la base de la langue d'arrière en avant et s'arrétant à une très-petite distance de la pointe. Des phénomènes du même ordre peuvent toutefois coïncider avec la paralysie du nerf, en tant qu'agent de motiiité. .Vinsi SchifT cite un jeune homme qui, pendant toute la durée d'une paralysie rhumatismale, fnl importuné par une saveur métallique. Du rt\ste, chez ce malade, le rôle du facial dans la gustation n'était pas anéanti, car la perception des saveurs réelles n'était ni affaiblie, ni ralentie.

Signalons, en terminant, une expérience de Ranvier dont le résultat permettrait peut-être d'attribuer à la corde du tympan un rôle pathologique dans la production de l'oreillon. Après avoir placé un manomètre dans le canal de Warthon, il a éleclrisé la corde. La pression du canal devint bientôt supérieure à celle du sang ; puis plus tard il survint un gonflement œdémateux analogue à l'oreillon. Évidemment cet œdème doit plutôt provenir de l'action vaso-motrice de la corde qne de son action sécrétoire.

Nerf aadlUf.

Constitution anatomiqiie. — Le nerf auditif est constitué par la réaoioD de deux racines qui, en raison de leurs situations, peuvent

PHYSIOLOGIE DU SYSTÈME NEmTCUX,

(^ire dites postérieure et aiilérieure. La première est elle-même for-i niée par de^ filels qrii émanent de deux noyaux dislincls, suivant LocUart-GIarcke. L'un, l'ialerne, est une aggîomùnilion de grosses cellules analogues à celUs des cornes antérieures de la moelle. L*autre, Texteroe, est formé par des cellules plus petites?; il se coutluue sans transition avec les corps restifbmies et les pyramides poster ieurt^s; îl est en outre particulièrement rciic an tubercule rendre. La racine îïntmenre comprend fdusieurs filets provenant les uns des corps restiformes, d'autres des pédoncules cérébelleux, d'autres enfin du tubercule cendre. 11 résulte de la que le nerf auditif, jïar le fait m^me de ses origines, contracte des connexions importantes avec le trijumeau. Le tronc auquel donnent naissance ces dilTérents groupes de racines s'engage dans le conduit auditif interne de concert avec le facial et le nerf de Wrisberg. H s'y montre enroulé autour de Tun de ses bords, lï la manière d'une volute. D'après Kùîtiker, il présente au milieu de ses tubes un grand nombre de cellules nerveuses qui deviennenl plus abondantes encore dans ses branches de division. Celles-ci sont an nombre de deux: tune, dite vestibulaire, nVimenlQ par ses ramifications rulricule, la saccule et les extrémités ampnllaircs des canaux demi-circulaîres ; fautre, dite cor/iln^îme, s'éparpille sur la lame spirale du limaçon. Dans les ampoules, les fibres de la branche vestiliulaire s'insinuent entre des cellules épiibètiales qui, suivant Scbultzê. sont munies de petits crins tins et raides. Ces appendices| sont évidemment très-propres à suivre les mouvements du liquidi et à communiquer un ébranlement arapliGô aux fibres nerveiisesJl Sur le vestibule membraneux tes tubes nerveux viennent encore s*^ ' perdre dans les interstices cellulaires de l'épilbéliimi; mais ici les crins font défaut. En revanche, il existe, au niveau des éléments nerveux, ce qu on a appelé des otolilhes. Gesont de petites agglomérations de corpuscules calcaires cristallins fjui adhèrent ù la membrane. La membrane et les filets nerveux qu'elle supporte obéissenl de suite et facilement aux déplacements du liquide. Les ototithes étant plus pesants cèdent moins vite, mais ils conservent plus tonçîtemps le mouvement communiqué et continuent ù déplacer apr coup ta niasse nerveuse : ils prolongent llmpression. Le mode de^ terminaison de la branche cocliîéenne est beaucoup plus compliqué. Kl te entre dans f intérieur du limaçon en passant à travers les trous de la lame rribtée spiroïde, monte suivant l'axe de ce compnrtimeui du labyrinthe, se divise en un certain nombre de rameaux destinC'^

NERF AUDITIF

aux différents tours de la lame spirale os^seuse. Arrivé dans Tépaismut de cette lame, eUacut» de ces rameaux se jette dans un ganglion. Les fibres (]tii émergent de ces gang'ïifins cheniinenl duns IV'paissour de la zone osseuse et viennent dt'boneher dans l'espace (|ui sépare les deux membranes doHl est formée la ïtone membraneuse, espace qui a rt'ru le nom de rampe moyenne. Là les tibres se tronvent en rapport avec de grosses cellules transparentes et viennent se perdre au niveau dV'léments parlit^uliers qui semblent s'accoupler deux à deux pour former des espèces d'arcades, dites arcs de Corti. Grjlce aux travaux de Gorti, de llensen, de Deiters et de Lœweoberg, la science est aujourd'hui riche de détails sur la structure de ta lame spirale. Mais, outre que la pbipiirt ries faits émmcés utlend(inl encore une confirmation définitive, ces dtjlails u miraient aucune ulilitt* pnur le point de vue si»écial que nous devons viser. Je me contenterai donc de l'aperçu gcnérai qui précède en l'appuyant par les schémas suivants :

Hampes Ufnipûjùqtue^

OoâtfU^rn^ rpirùJ^

Fig. m.

Phyaioloijie normale, — Il n'y a pîns lîfu de tenir compte, aujourd'hui, de l'assertion insoutenable de Ma^endie qui voulait attribuer la scnsitdlîlé auditive à la 5" |iaire. Il est évident que si la seclion lin trijumeau rom promet parfois l'pxtTcirn de Taudition, cria lient aux altérations de milrilion que la suppression de ce nerf peut faire naltn? dans ioreillo interne et moyenne. G est bien la 8* paire qui préside à la transmission des sonsJl serait puéril de rtiercher À If démontrer. Malgré sa nature spéciale, le nerf acoustique parait

PHYStOLÛClE DU SYSTÈME NERVEUX.

iHw doué un in(>ni(:' temps dune certaine dose de seasibililé taclîle, Flounnis el llrowii-Sequard ont sifçnalé, Ions deux, la vive sensation de douleur (^u'êprouveot li's unimaux chez lesquels on mutile re nerf. Oïi ne sKuniit explitjiier œ ffiil par ranalogie mùcauique qui semble exister entre les modes de production des impressions tactiles et auditives. Il est bien vrai que les oudes sonores frappent le nerf auditif à peu prc^s de la mt^me façon qu'mi corps léger et surtout qu'uu courant d'air frappent les nerfs du tact ; de telle sorte que rauditioïi pourniit ^tre considérée comme un toucher modifié. Mais ce qni fuit qu'un cordon nerveux est sensible, et* n'est pas sa propre constitution, c'est son mode d'implantation qui lui permet d'ébranler un centre sensitif. 11 est probatile que le noyau auditif est exclusivement un cejitre de seusibitité tiudilive et que, si lexcilation expérimentale de la 8" paire provoque de la douleur, c'est que î ébranlement reçu se ]n ogage facilement jusque dans le noyau du trijumeai] grâce aux connexions centrales qui existent entre les deux nerfs.

Helativemenl au mécanisme intime par ie(|iiel le nerf acoustique accompbt son rôle spécial dans l'audition, ou en est encore réduit à des liypotbéses qui, toutefois, oot au moins le mérite d'toe assez rationnelles. Il est évideni que les divers éléments placés dans l'épaisseur de la lame spirale membraneuse, c'est-à-dire dans la rampe moyenne, sont des agents de préhension et d'assimilation des ondes sonores. Que les filets nerveux soient en rapport de continuité ou simpleraeot de contact avec eux, peu importe ! Il est certain qu'il exisle une solidarité suflisaute pour qu'il y ait communication dc^ ébranlements reçus. Les arcsdeCorti, particulièrement, doivent être regardés comme les représentanls des cônes et des bdlonntHs de la rétine Ils accaparent le son, comme ceux-ci accaparent la lumière. Ils traûslonni'nt les viluations extérieures en ondes sonores physîologifpies, comme la rétine transforme en omies lumineuses physiologiques les ondubitions de la lumière. Les vibrations arrivées par les divei*ses voies de transmission de l'orpane de Touïe ébranlent rendolymidie, qui ébranle h son tour la membrane hasilaire. Cene-cî met en mouvement les arcs de Corti qui reposent sur elle et qui, par leur nature, présentent sans doute le plus haut degré d'aptitude à vibrer. Leurs oscillations étiraolent les filets nerveux qui leur sont annexés et dés lors la transmission se continue d'après les lois ordinaires de rinnervation. Quand on considère ie grand nombre des filets iierveiLX, des arcs de Corti et des sons que Thomuie e^t sus-

NERF ArDITlF. 315

(^plible d'apprécier, on est tenté de penser que djacun de ces petits systèmes qui comprennent à la fois des conducteurs nerveux et (j(*3 éléments de préhension, et qui se répètent incessamment depuis l'orisi^^ J^SQu'^ ^^ terminaison de la lame spirale, changeant seulement de proportions suivant le niveau qu'ils occupent, est affecté à un son déterminé ; et que l'étendue ainsi que la richesse de ce clavier mesurent l'étendue et la richesse de rédiclle musicale accessible à nos gecs. n semble même que les proportions de ses touches et de ses cordes nerveuses sont calculées pour répondre mathématiquement à tous les degrés de la tonalité. Cette assimilation du limaçon avec un clavier a encore plus sa raison d'être depuis qu'il est démontré que chaque note transmise par l'air jusque dans la caisse d'un piano y (ait vibrer exclusivement la corde qui, dans le jeu de l'instrument, fonrnil cette même note; et que, quand on réalise, soit par la voix, {ioitparrinstrumentation, des accords, toutes les cordes nécessaires à la reproduction de cet accord obéissent seules à l'impulsion de l'air et se mettent à vibrer. Le limaçon se conduit probablement de la même manière. Le liquide labyrinthique et la membrane basilaire vibrent à l'unisson avec tous les sons possibles qui pénétrent dans l'oreille. Mais, dans le système de Gorti, il n'y a que les éléments spécialement affectés à un son donné qui entrent en vibration. Quand le son est complexe, les séries d'éléments en rapport avec les nolescomposantes vibrent en môme temps. C'est ainsi que le cerveau trouve, dans l'oreille même, les moyens de distinguer les sons simples les uns des autres et d'apprécier les sons composés. Helmholtz, qui, par ses profondes connaissances en acoustique et ses expérience.^ sur les résonnateurs, est arrivé à faire généralement adopter ridée de l'assimilation du limaçon à un piano, a voulu pousser plus loin l'analyse et conférer des rôles différents aux deux piliers de l'arcade. Le pilier externe serait Télément vibrant à l'unisson avec le son extérieur. Il serait une corde tendue par le pilier interne qui ferait lollice d'un chevalet. Le premier, étant adhérent à la fibre nerveuse, ébranlerait le cerveau par son int(;rmédiaire. Lœwenbcrg a émis depuis un doute sur cette inlerpréUition, parce que le pilier externe est tellement serré de près par les cellules qui remplissent l'aire de l'arcade, qu'il doit lui être impossible de vibrer. Une objcclionplos puissante a été présentée par Cuéroult. 11 a fait observer qne les flbres de Corti manquent complètement chez les oiseaux, fîui sont cependant très-aptes à percevoir les sons musicaux. Il

pense dooc que les parties réellement vibrantes sont représentées par les cellule.^ et la membrane basilaire qui sont constantes danti leclielle aniniiilo, et quf* les arcs de Corli sont appelés à jonor le rôle détouftbirs ponr les sons graves, lesquels ne paraissent pas ûtre, tout justement, distingués par les oiseaux.

Le nerf acoustique rend fiidlement les centres solidaires des impressions qu'il subit, el provoque souvent de leur part des réactions rétlexes très- étendues. On bruit violent produit, cbez ta plupart des individus, un clignemenf réitéré des paupières. Chez les personnes impressionnables, un bruit inopiné <lélerminc dans le corps entier une improssioû eomparalde à une commotion électrique. Le br d'une lime amène chez les uns yn frisson jîéoéral, cliez te^ autres* une sensation excessivement désagréable dans les dents, It est «les personnes chez lesquelles les sons aigus retentissent sur la corde du tympan et font apparaître une salivation abondante. D'après Kaloliïîsky, rélectricité, appliquée ii la 8** paire, déleruiine presque toujours des vertiges et des nausées. Nussbaum a observé sur lui un singulier plïéiioméne qui semlderait indiipicr que, chez quelques personnes à grande capacité de dilTusion nerveuse, 1 ébranlement reçu par le centre auditif peut aller retentir dans ie centre visuel. Chaque onde sonore éveille chez lui non-scuïement une sensation de son, maîâ encore une sensation de lumière colorée. H y aurait même plus qu'un simple résultat de propagalion accidentelle des vibrations au delà du centre normal 11 se ferait uuemise en oeuvre de connexions préétablies et harmonisées : à cliaque note correspondrait une couleur particulière. A 1 association de plusieurs notes correspondrait un rapide cliangement de plusieurs couleurs qui, de temps en temps, s'aecen tueraient davantage. J ai rencontré quelques faits analogue«« mais tl m'a semblé qu'il sagissait d*un acte purement psychique Suivant 1 impression morale produite parle son perçu, le sujet com4 parait ce dernier à telle ou telle couleur cpi'il se persuadait eosuii n perce voir

Dans lexamen du mécanisme intime du nerf acoustique, nous avons tenu compte exclusivement de la branche limacéenne, La veslibulaire semble être cependant d'une utilité [dus fondamentale, d'après les enseignements de l'aiiatomie comparée, car la première manque souvent dans Téchelle aïiimale, tandis que la seconde est constante. Ce fait avait conduit les physiologistes fi penster cfue le nerf %^eslibulaire était chargé de recufiHir les soûs*bruils et avait

NERF AUDITIF

par coQSôquent pour but de faire entendre d'une manière ^'éïiérale, landis que le coehléen était un agent de perrectionnemenl destiné îi fournir les î^ensations musicales, lï seoi[)lait nn^me qne rel orf.^a«e de lonaJité no pouvait agir qu'autant qu'il venait broder sur l'œuvre primitive et plus capitale de la vestibuîaire, car Fiourens dit avoir cens* talé qu'après la section de cette dernière bi*anche, l'ouï!» ei^t coniplélemcnt perdue, malgré la pert^istaiice de la brandie coclilêenne. Aujourd'hui ou perd uti peu de vue ce fait expérimental et le rôle auditif du nerf vestibuiaire pour ne s'occuper que de la mission qu il pourrait avoir à remplir dans la fouction locomolion. L'idée de ce mode d^action a prit^ naissance dans tes expériences de Floureus sur les canaux demi*circulaires, expériences dont rions avons indiqué les résultatEi aux pages 171 et 172 du tome 11. Nous avons même reproduit alors l'iiypoltièse de Goltz, qui fait des canaux de roreille et de leurs liîets nerveux des agents de la coordination géiiérale des mouvements. Mais il est nécessaire que nous reveuious encore sur ce sujet pour grouiier ici lous les travaux relatifs à cette question. Les monvemeats automatiques signalés par Fiourens ont été l'objet de plusieurs interprétations, l'oor Vulpian et Cyon, ils seraient simplement le résultat d'un véritable vertige auditif du probablement lui-même à des bourdonnements ou à d'autres sensations subjectives. D'autres physiologistes, ne voulant pas eu remire tesponsables les canaux eux-mêmes, supposent qu'ils sont dus à une lésion indirecte du cervelet. Pour les besoins de celte interprétation, Schklarewsky a même décrit un prolongement du cervelet qui viendrait s'insinuer entre les canaux demi-circnhiires et qui, par conséquent, serait forcement tésé dans l'expérience, bœttcher, tout en déclarant (jne le prétendu prolongement n'est pas autre cbose que laqueduedu vestibule, attribue rrpendant tes monvemenls anormaux a un concotu's de circoiîstances dans lesqm.'lles les canaux ne seraient pour rien par eux-mOmes et où les lésions musculaires nécessitées par l'opération, ralîaîbUs.semeut causé par l'hémorrbagie, la propagation au ci'i veïel de i'intlanmialion locale, joueraieut les principaux rôles. Macb et Breuer, voyant au contriîire dans tes troubles moteurs observés une conséquence direcle de la lésion des canaux, pensent que te nerf vestiliniaire contribue ii nous procurer le sentiment des mouvements de rotation exécutés par la tête, grâce a la com[irej^siûû que lui feraieut subir les déplacemenls du liquide labyrinlhique. Celle idée a été encore développée depuis

is

[ràv Gruin-Brown, qui prétend que les canaux dorai-ciPculaires fariiu*nt un appareil aiaîliéraali(|uement calai lu pour nous faire connaUïx% t'û dehors des données fournies par ïa vue, le sens dans lequel s'opère b rotaûiin, *îe sti'ait ni<^fne en purlie dans le but ifuc la nalure aurait concentré les tilels aerveux sur les ampoules. De eelle façon le 11 ux du liquide ne se fait sentir que ilaus un seul point, eesl-à-dire dans une seule ampoule, qui varie suivant l'axe autour duquel s exécute la rotation. Pour c lia que genre de dép lacement rotaloire de la tête, ce soni des tilets spéciaux qui subissent ta compressiuti, et il y a liTi un élémeut sensoriet «nflisant pour que le moi imissL' juger de la directiau imprimée. Lorsque le luouvenjenl de rotation est arrêté brusquement, il se fait nécessairement un reflux en setis inverse vers rampouie opposée, et, malgré rimmobilité réelle, celte compression de recul fait naître l'illusion d'une rotation en sens contraire. Uidée de Sehkiarewsky vient d'être reprise par îîerthold. 11 reconnaît avec lui rexisteuce, au niveau des canaux, d'un prolongemetd latéral du vermis cérébelleux, mais il ne nie p;is rintcrvention du nerf vestibulaire dans la coordination, et il s'est occupé de faire la part de ces deux facteurs daos les phénomènes eiif^'endrés par la section cuiumune. Selon lui, la lésion isolée du prolongenieat produirait des mouvements de manège, tandis que celle du ne^^vcstibulai^e donnerait lieu à des mouvements pendulaires et de culbute. Il prétend qin- les mouvements se moulrent troublée itu^me(iuand on a respecté les Hlets nerveux et tiuon jra lésé que le lissu osseux. Passaut à rinterprêtatioD des faits, il pense que le nerf ve.stibulaire est une des principales sources sensitives de reuseiipicmeiiîs pour lequililHation. De concert avec la vue et raudiliou proprcmeïit ilile, il éclaire par voie de contact le cerveau sur la direction des déplacements de la tèle ou du corps entier. Ces déplacements communiqueraient à la lymphe des impulsions qui produii'aieuUur le nerf lelTet d'un véritable toucher. Traosmise ensuite au centre de coordination, la sensation se traduirait par ûi'S mouvements voulus et appropriés. Lorsque le nerf serait supprimé par une section ou irrité par uneliéîuorrhagie, il en résulterait des sensations anormales qui produiraient par action réflexe des mouvements involontaires. Pour juger ta valeur de tontes ces interprétations, il fimdrait d'abt»rd être llxé d'une manière certaine' sur It*s véritables rapports du contenant et du contenu Le liquide de Cotuguo remplil-il complètement, ou non, les cavités du labyrinthe? Tout e^t la. Uar s'il n'existe pai

NKlil' AUDITIF.

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