‹ Le système nerveux périphérique au point de vue normal et pathologiqueChapitre 6 sur 18 · VJ · texte numérisé non relu

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d'espace libre dans W coijteaant. le conlenu nt^ pciil pas &e tiéplticer ol se porter eu plus grande quantité tantôt dans un point, tantôt clans un autre. Tout porU; à croire cependant qu'il exii^te une vu* cuite relative dan.s lintLTLH môme de ta transuiission des vibrations sonores. Lii possibilité du refoulement de rétrier dans la fenôlro ovale rend aussi la chose probable, S'il en e^l ainsi, on ne saurait nier les déplacements et let; couipressioDs^ car ils sont inévitables, et dès lors il peut en résulter eu elTeldes impressions capîd)les d'éclairer les centres de sensibililê musculaire et de coordination ; mais il est tout aussi certain qu il ne faut voir là qu un rôle surajouté à uini mission plus spéciale et en rapport avec raudition proprement dite, car le sable auditif ne peut avoir d'utiliîé qu'au point de vue des vibrations 8oiiûrej>.

Anatomie et physiologie pathologiques. — La 8" paire a été trouvée plusieurs fois envahie par des tumeurs constituées le phis souvent par des ûbro-sarcômes. On l'a vue aussi atteinte, soit de sclérose, soit d'atrophie simple. Beaucoup plus souvent elle s'est montrée congestionnée. C'est probal)lemeot en amenant une modification matérielle de ce genre que la dysuu-uurrhée, la grossesse, la ménopause peuvent troubler son fonctionnement. It en esl de m^mr dr* tactu>n du froid. C'est peut-être de la même façon que le sulfate de quinine exerce une influence si marquée sm l'audition. C'est aussi probablement jiar une congestion réHexe que les vei-s intestinaux peuvent compromettre celle foncUou, On n'a pas encore cherché 'à constater Tétiit du nerf acoustique lorsqu*il a été frappé par l'iuloxicatioE fîaturnine, par le choléra ou par ia iitrvre typhoïde. Mtii^ il est probable que, dans ce dernier cas, il se produit une dégénérescence granulo-graisseuse, EuOn la 8* paire deyient facilement victime des chutes et de lous les chocs éprouvés par la télé. Un i^imple soulîlet peut mi^me suffire pour produire la surdité. Ou désigne par le mol commotioa rcnsemble des phénomènes qui se passent alors daus l'oreille, mais il esl probable qui! se fait une altération moléculaire inconnue, caries troubles foncliounelspeuveul devenir permanents.

De tous les nerfs sensonels, c*est peut-être le nerf auditif qui donne le plus frécpiemmenl lieu à des sensations subjectives. Erhard, de lk*rlin, v\\ a iiu'nie fail \m ohjfl d'éUides spéciales. Les plus simples et les plus répandues consistent en des battements et des pulsations régulièrement intermittentes. Elles sont inconleshiblemenl erigendrées par la diastole de la carotide interne, car, nou-sculemuuL elleai

soQt isochrones ayec le pouls, mais on peut modifier la sensatioo éprouvée, soit par ia compression de ce vaisî?eau, soit par Tadministration de la digitale. Toutes les affections inflammatoires de l'oreille^ «[uelies t|u\'îles soieûl, les font apparaître avec iatenâitè, parce que, dans tout travail inOammaloire, il y a augmentation de raiiïfjtilude des ondnîalious des vaisseaux de la r<5gion. Erhard voit là, non pas une seusation subjective de la sensibilité auditive, mais bien une sensation réelle de la sensibititt* lactite. Le malade perçoit en réalité le rtioc arlcrieh C'est un battement identique à celui qu'on ressent sous l influence d'un plilegmon d'un doigt Inexistence du cboc est ineoatestat)ie, mais je crois quen raison du travail spécial du nerf et surtout du centrt- acoustique, la sensation qui en résulte a aussi quelque chose de spécial et n*est plls complètement assimilable à celle qui succède à rébranlemeut éprouvé par le nerf d un doigt. Les vibralions sonores, elles aussi, agissent par un véritable choc, et cependant te centre auditif fait pour le moi de ce choc un son. Aussi, l'ébranlement engendré par la carotide a-t-il pour le suj^t quelque chose de sonore qnc ii "a pas rébranlemeut amené par le nerf coliatéraU Beaucoup de personnes éprouvent des sensations plus franclicment subjectives, jiaissant siionlanémenl, sans le secours du choc carotidien. Ce sont tantôt des bourdonnements comparables à ceux que produisent certains insectes, tantôt un tintement qui rappelle celui d'une cloche, tantôt la reproduction des divers bruits naiir D'après Krhard, ces dilTérenls phénomèoes seraient toujours eu^ drés par un état d'éréthisrae de la branche Yestibulaire. C'est probable, et aujourd'hui il n'y a plus guère lieu de tenir compte de l'opinion de Triquel, qui attribue le bourdonnement à une surexcitation de la corde du tympan. Quelques malades perçoivent, au lieu de bruits, de véritables sous musicaux et même des phrases musicales entières. Ici, suivant le même auteur, rirritation existerait duos la branche limacéenne. Eniin, quand Texcitation porterait à la fois sur les deux branches, les sensjitions subjectives consisteraient dans un mélange variable de bruits et de sons. Cette interprétation est parlaitement en rapport avec les rôles respectifs que la physiologie attribue avec asseis de probabililé aux deux nerfs. Mais je crois, daîis Ions les cas, que des sensations aussi complètes et aussi harmonisées entre elles que celles qui peuvent en imposer pour de iréritables phrases musicales, doivent relever encore plus des centres eux-mômes que du nerf auditif.

^EKV AUDITIF,

li^2

Le perfectïoiinoaj€iit el Tusagc sans cesse croissaut des engios do guerre exposent le nerf aeousUt^ue à uncerïam nombre de troubles particuliers qui ont êié étudiés a ver mm par Bruuner. de Zurich. L'effet le pîus fréquent est un seutimenl de plénitude qui ne serait pas, selon lui, attribuable directement à la 8* paire. La sen&ation pénible éprouvée provoqm^rait. par Pinlemiédiaire du fariuï, une contrartion î^pasmodiquc tlu unisele iuterue du marteau, d'où tension de la membnuie du tympan qui serait la cause directe dn sentiment de plénitude. Quand le bruit de larme à feu est considérable, il peut en résulter une surdité cooiplètc, mais passagi^re, qui est la conséquenre de la coramolion moléculaire éprouvée par le nerf. Un phénomène curieux, qui se présente eouvent duns ces circonslances, consiste dans nn cachet mélallîque que revêtent tous les bruits extérieurs, quelle que soit leur nature primitive. Bmnner voit la encore une conséquence du spasme réflexe du muscîo du marteau. La leosion du tympan penuettrait à roreille de percevoir parmi les bruils des sons aigus qui, dans les conditions ordiunires, passeraient inaperçus. H est certain que, si le reldchemeut d'ufte membrane conductrice lui permet de donner plus damplitude aux vibrations qu'elle transmet, sa tension lui donne, par contre, le droit de vibrer a l'onisson avec les sons élevés qui nécessitent une plus grande vitesse vibratoire. Mais la membrane dn tympan, en raison de sa constitution, paraît échapper â cette dernière toi de l'acoustique, et pouvoir viJbrer à runisson avec toute espèce de son, pour uo même degré de tension, puisque nous sommes capables d entendre plusieurs notes t la fois et qu'une memlirane ne saurait être en même temps dans plusieurs états de tension. Aussi je préfère attribuer le cachet métallique de tous les bruits à un élément subjeclifenté sur la sensation objective. Le nerf est irrité et, par cooséqueni, très-apte à engendrer <|.es phosphènes auditifs sous l'influence du moindre ébrautemeuL Mais l'irritation n est pas assex forte pour que les phénomènes subjectifs prennent naissance spontanément. Il faut te cami)lément d'excilalion et de congestion dû à Varrivéo des ondes bruyantes.

L'ouïe est encore plus souvent supprimée qu'exaltée: mais, même dans la surdité congéniale, le système nerveux n'est pas toujours la cause réelle de la suppression de raiidition. Chez un bon nombre de sourds ut muets on n'a pas trouvé d'antre cause matérielle qu'une obstruction de la caisse par une substance calcaire ou par desvégé-

laLions, ou encore par une matière colloïde s'étendanl jUi?que dans roreille jnt<*rne. D*après Tiraves, la pathologie comparée semblerait indiquer ruxistence d'une cerliiine relation entre la surdité et la couleur de la robe des animaux. Lue i halte sourde, de couleur blanche, fournit dans plusieurs portées des uuuveau-ués blancs et d'autres tachetés; les premiers furent toujours, et seuls, atteints de surdité congéoiale. C'est là un fait d'hérédité qui se comprend. Les enfants bbiïîcs avaient seuls échappé à rinîîuence modificatrice du père el devaient naturellement avoir hérité de toutes les qualités maternelJes, bonnes et mauvaises. Du reste, dans cette circonstance* lu surdité doit dépendre encore plus do centre que du nerf auditif, ]( est des malades qui, d une manière générale, semblent jouir d'uue sensibilité auditive normale et qui, cepcndaut, ont perdu l'aptitude â percevoir une ou plusieurs note^. Il y a des lacunes dans leur échelle acoustique. C'est, du reste, la reproduction de ce qui peut arriver dans Texercice de la vue pour Téchelle chromatique- Ce fait patholo^'iqne s'explique trés-bien avec la théorie de lleloaholtz. 11 snflit qu'un déparlement particulier du système de Corti soil altéré ou devenu inerte, pour qu'il y ait impossibilité de percevoir le sou correspondant. Le nerf acoustique offre ceci de particulier que, lorsqu'il est iiaralysé, il peut encore remplir son oflice s'il a été préalablement ébranlé par des vibrations très-puissantes. Ainsi, beaucoup de sourds enlendent les conversations ordinaires, lorsque celles-ci sont accompagnées par le bruit d'une voiture, d'une cloche oud*un tambour. La vibration physiologique une fois créée par ces divers bruits, les autres sous, malgré leur différence de timbre et de lonalité, sont pour ainsi dire portés, avec conservation de leurs caractères particuliers, par ces vagues plus puissantes.

61osfto-pliaryogi0& -

Constitution anatomique, — La 9* paire émerge des pédoncules cérébelleux inférieurs, en arrière du corps olivaire, an niveau du prolongement du sillon collatéral postérieur de la moelle ; abandonne le crâne par le trou déchiré postérieur et se rentle immédiatemcnl en un ganglion ap|ielé pétretix ou (VAntkysch. An niveau même de ce renflement ganglionnaire, il se trouve réuni par des filets ana«* tomotiques, remarquables par leur délicatesse, avec le pncumo-gas-

GLOSSO-PH ARYNGIEX .

irique, le rameau carotidion du ganglion cervical supérieur, et cxcep- Honnellement avec le facial. Ce môme ganglion donne naissance à OD rameau, dit de /aco6.soM, qui, après avoir gagné la caisse du tympan à travers un canal osseux particulier, s'y divise en six filets. Deux de ces filets s épuisent dans la muqueuse tympanique, l'un au-

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¥iq, 63.

Norf glosso-pharyngivn.

tour de la fenêtre ronde, Tautre autour de la fenêtre ovale. Le 3* s'engage dans le canal carotidieu pour y réaliser une seconde anastomose iTecle sympathique. Le 4* se distribue dans la muqueuse de la trompe d'Enstache. Le 5*, dit ntrf pétreux profond inteitie, va se rendre dm le ganglion sphéno-palatin. Le 6% dit pétreux profond externe^

se perd dans le ganglion olique. Au-dessous du ganglion d'Andersch,

k* glogso-pharyngien fournit successivement : 1** une branche qui se partage entre le slylo-hyoïdien et le ventre postérieur du dîgas* trique, et qui, en outre, s'anastomose avec le rameau corresnondanl du facia); 2" un filet qui, après s'être accolé un insflaotàune branche (lu facial, se termine eu partie dans la muqueuse de la base de la laugue, eu partie dans les inustles É^tylo-glosse et glosso-staphylin; Pdeux ou trois rameaux, dits carotidicns, qui vont sejeler dausun plexus situe à la bifurcation de la carotide, et à la formation duquel concourent aussi des lUeis provenant du pneumo-gastrique et du grand sympathique. Ce plexus porte appendus à ses mailles quelques petits ganglions ; ses rameaux eïTérenls s'accolent à la carotide externe et raccompagnent dans ses divisions. Ce fait analomique semble indiquer que le glosso-pliaryngien peut intervenir dans les modifications vasculaîres de ce départeraeot artériel; 4* des rameaux, dits pharyngiens, qui, en s associant à de^ rameaux provenant du pneumo-gastrique, du spinal et du syrapalhique, donnent naistsance à un nouveau plexus (plexus ph(injn{)iai) : ce dernier envoie des filets aux trois muscles constricteurs du pharynx et à la muqueuse pharyngienne; 5° des rameaux (oiisiUaircs qui, par leurs anastomoï^es, forment le plexus lousillairc dont les émanations gagnent les amygdales, la muqueuse des piliers du voile du palais et celle de la partie inférieure de cette membrane. Apr('s avoir fourni ces diverses branches, le glosso-pharyngieu s'engage dans la partie postérieure de la langue. Arrivé au niveau de la couche glandulaire de cet organe, il se divise et se subdivise eu un grand nombre de rameaux qui, par leurs anastomoses, donnent naissance au plexus litujtmL Les filets terminaux qui émergent de ce plexus se rendent les uns dans les glandules de la base de la iangne, les autres dans la muqueuse linguale^ particulièrement dans les papilles caliciformes. Sur lu ligne oirdiane, des fdets; provenant des deux plexus congénères, se réunissent pour constituer autour du for amen ciecuin un dernier petit réseau appelé plexus circulaire.

Physiologie normale. — M n est pas facile de delerminer la véritable nature du glosso-pharyngien. Ses aptitudes scnsitives sont in* contestables et incontestées; mais il pourrait fort bien éti'e mixte et joindre des aptitudes motrices aux précédentes, puisque le plexus pharyngien fournit aux constricteurs du pharynx. Il est vrai que ce plexus n'est pas exclusivement formé par le glosso-pharyngieu et que

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te tronc commun au spinal et au vague entre aussi dans sa coraposilioD, de sorte qulL est bien difficile de préciser la véritable origine des filets moteurs du pharynx. L'embarras est le même au sujet des mnscles digastrique, stylo-hyoïdien et stylo-glosse, puisqu'il se fait là QDC rencontre avec des émanations du facial. Le glosso-pharyngieQ serait-il, du reste, complètement isolé dans sa distribution péjT^bérique, qu'on se trouverait encore exposé à des doutes et à des erreurs, puisqu'il n'est pas plutôt né qu'il s'anastomose avec le facial et le paeumo-gastriquc. En présence de tant de difficultés d'analyse, on ne sera pas étonné de rencontrer des interprétations contradictoires. Herbert Mayo et Volkmann déclarent avoir toujours provoqué des contractions par la galvanisation du tronc de la 9® paire. MQlIer croit à son action motrice, non-seulement en raison de ces résultats, mais encore parce qu'il est un certain nombre des fibres de ce nerf qui restent distinctes du ganglion d'Andersch et passent au-devant de lui. Il pense qu'il y a là une analogie complète avec le trijumean qui a une racine sensitive passant par le ganglion de Casser et une racine motrice s'isolant de ce sanglion. Sappey regarde aussi la 9* paire comme un nerf mixte; il se base non-seulement sur ce que les expérimentateurs ne sont pas d'accord sur les effets résultant de l'irritation par le scalpel ou par Télectricité, mais surtout sur ce que les branches anastomotiques que reçoit le glosso-pharyngicn sont grêles et inconstantes, tandis que celles qu'il envoie aux muscles indiqués sont constantes et relativement considérables. Sctiitf se range sous le même drapeau. Il recoimait qu'entre les mains de quelques physiologistes, de Panizza entres autres, l'expérience a s^emblé fournir un résultat négatif au point de vue de la motricité. Mais c'est là, pour lui, une conséquence fréquente de la rapidité avec laquelle le glosso-pharyngien perd son excitabilité. 11 faut absolument appliquer l'excitation au moment même de la mort de ranimai. Dans ces conditions, on obtiendrait toujours des contractions mosculaires, même quand on appliquerait rélectricité sur le bout périphérique du nerf sectionné, sans qu'on puisse, par conséquent, invoquer une action réflexe.

Dans un camp opposé, nous rencontrons des noms tout aussi considérables, tels que ceux de Valenlin, de RîfTi, de Morganti, de Panim et de Longet. Tous ont en vain cherché à provoquer des contractions en électrisant le tronc de la 9® paire, toutes les fois qu'ils ont eu soin d'agir au-dessus du ganglion dWndersch. c'est-à-

dire avanl que le nerf ait contracté des anastomoses. Je n*ai pa« répété ces expériences et je suis incapable de me pronoDcer d'nno maniore positive sur cette question, mais je suis porté â re^rder le glosso-pharyngicn comme étant purement sensitif, par la raison qu'il ne se rend, seul, dans aucun muscle. Dans tous il est accompagaê par une branche plus considémble provenant d'uïi nerf franchement moteur. Il est vrai qu il existe de^ muscles, particulièreuienl ceux du larynx, qui sembleut recevoir des filets moteurs de deux provenances difTéreutes, mais cette double origine y est motivée par l 'aptitude de ces muscles ti remplir deux missions distinctes, Ib inter* viennent ûstm deux fonctions difTérentcs et ils obéissent à un nerf spécial pour chacune d'elles. Les mômes conditions ne paraissent pas exister pour les muscles du pharynx, qui semblent i}lre exclusivement affectés à ia déglutition* Du reste, la présence du glosac pharyngien dans ces muscles peut très-bien avoir pour but simple-^ tnent la réalisation rlu sens musculaire.

Le rôle le plus saillant que la 9* paire joue dans l'ordre île la sensibilité est celui qu'elle remplit dans la gustation. Quelques physiologistes français ool tenté, sans succès, d'attribuer la sensibilité guslative de ia base de la langue à la branche récurrente provenant du liii^'uai, qui a été décrite par Flirschfekl C'est bien le glosso-pharyngien qui est l'agent conducteur des impressions gustativea qui prennent naissance dans sa circonscription; car k' goût s'y trouve complètement aboli après sa section. D'après Schiff» ce nerf, tout en étant le collaborateur du Uogual, s*en distinguerait par des aptitudes particulières. Il serait plus spécialement affeclé à la perception des saveurs amères. 11 va sans dire que le cordon nerveux n'est pour rien dans cette qualité spéciale, qui dépend, évidemment, descondi* tiens offertes par les papilles correspondantes et peut-être par le mucus qlii les baigne plus particulièrement. Les mêmes papilk^s paraissent beaucoup moins aptes à subir l'ébranleraeni sapide des saveurs acides.

De même que le lingual, le glosso-pharytigien apporte à la muqueuse de la base de la langue it la fois les deux sensibilités gustalative et taclile; car, après Textirpation de ce nerf, on peut blessefj celle région sans donoer lieu au moindre signe de douleur et mérui sans provoquer les raouvemenls réOexes qui apparaissent si rapidemeïii et si facilement dans Tétat normal. C'est donc û tort que Panizza n*a conféré à la 9* paire que la sensibilité gustative. Chez les

GLOSSO'PHARYNGIEN.

animaux opérés, la muqueuse des piliers, des amygdales et de lu parlle iufôrieure du voile du palais, paraît aussi paralysée do sentimeiiL li est prolmbln qye lej^^osAO-pIiaryiigiêu dessert aussi, sous le rapport de la seosîbiiité généra le, la muqueuse pimryngieune par l'intermédiaire du plexus pharyngien, celle delà trompe d*Eustache et de la caisse par l'intermédiaire du rameau de Jacobsou 11 irexiste pas, il esl vrai, de preuves expérimerilales, mais la distribution auatomique siifllt pour le démontrer. Enfin, il est à penser que le mémo nerf fournit la sensibililé musculaire direeteûient aux muscles slyloglosse, digasirique, stylo-hyoïdien et pharyngiens ; iudireelement aux iiiusrles péristaphylins externe et interne du marteau par llutermédiaire du gauf^liou olique, et atix muselés pénstaphyliii interne et palato-staphyliiî par l'intermédiaire du ganglion de Meekel.

De même que le lingual, il est très-îipte à exercer une inlluence réQexe sur la sécrétion saliva ire. Au moment même où ou rexlirpe, il m produit uu flux considérable de salive. Cela devait *^lre, puisque, comme uerl du goût, il fallait qu'il put provoquer l'arrivée du liquidé appelé à dissoudre les substances sapides et favoriser ainsi J'exercice de la gustation, 11 doit aussi pouvoir exercer une action analogue sur les giaudules ilu la base de la langue qui fournitisenl un liquide peut-être plus en rapport encore avec les hesoins de la gustation. Il est même possible qu'il agisse sur eux d'une manière plus directe par des filets sécrélours, car ces divisions ullimes Iraversent la couche glandulaire,

Quoique nous ayons à peu près nié Tactlon motrice du glossopharyngien, il faut encore que nous revenions indirectemenl sur le même sujet, en cherchant a préciser quelle est la véhlable part que ce nerf peut avoir à réclamer dans lexécuiion de la déglutilion, fonction que qnel([ues physiologistes veulent lui allribuer presque tout enliére. En ce qui concerue la déglutition œsopbagienue, Jidyet a établi qu'il ue peut faire contmcler l'oosophage que par aciion réflexe à litre de uerf sensitif, car si on obtient parfois le resserrement ile ce canal eu éleclrisiuit le bout central de ce nerf, ou ne I obtient jamais en agissant sur sou bout périphérique. Tour la déglutition pharyngienne aussi, îl est probable que la 0* paire uc fait tjue fournir l'élément sensîlif de celle fonction réflexe; car Schiff hn- ODémi!, qui admet la nature mixte du nerf, reconnaît que sou arrachement ne semble pus modilier beaucoup l'exéculion de la déglutilion. Il avoue que les animaux qui ont subi celle extirpation avalent

aussi complélemeai et aussi promptement que les animaux saias, Ouelques-ims seulement semblent faire dos mouvemeols de la tôle el du cou comparables ii crox qu'où exécute lorsqu'on avale un morceau Irnp volumineux. S'appnyaot mir ce fait exceplionnel, il ose seulement conclure qu'il existe des différences individuelles sous le rapport de la part du gïosso-pliaryngieii dans l'innervation dea muscles.

Il nous resle à parler d'un mode d'action dont les recherches récentes de Vulpian sont veuues démontrer rexistence. Le gtossopharyngien exerce sur la vascularisation de la base de la langue uiîc influence ideotique à celle que la corde du tympan produit sur la vascularisation de la partie antérieure de cet organe. ¥ai effet, quand» après avoir coupé le glosso-pharyngien. on électriseson bout périphérique, on voit apparaître une rougeur vive, non*senlement de la base (ïe langue où elle s'arrête, un peu en avant du V, mais encore des piliers, des amygdales et d'une partie du voile du palais. Comme la 9*^ paire s*anastomose plusieurs fois avec le facial, Vulpiana voulu s'assurer qu'elle ne devait pas à ce nerf son aclion vaso-tldatalrice. Il a détruit préalablement le facial dans l'aqueduc, et la faradisation produisit une rougeur totil aussi intense. Comme il existe sur le trajet des branches lerminaîes du glosso-pharyngien uu assez grand nombre de ganglions et de cellules disséminées, il pease qu^oQ doit lui appliquer la théorie que CL llernard a imaginée pour raction de la corde dn lympan. Lorsqu'il serait stimulé , soit spontanément, soit artificiellement, il suspendrait raclivité de ces ganglions, qui, dès lors, oe maintiendraient plus les vaso-constricteurs dans leur tonicité habituelle. De même que pour la corde, Vulpiaii a encore constaté que lorsque le glosso-pbaryngien est coupé et ne peut plus recevoir d^incitations cérébrales, et quand même on ne stimule pas artificiellement son bout périphérique, ou peut encore déterminer une rougeur aussi iiilense en frottant la base de la langue. 11 et>t probable que^ dans ce cas, l'impression que le frottement produit sur les filets périphériques est trausmis d*ins le sens ccnlripéte aux ganglions du plexus lingual, qui se conduis«»nt alors de la même façon que s'ils avaient reçu nu ordre un cerveau par Tinter médiaire du glosso-pharyngien intact. C'est une action réHexe intime qui reste confinée dans le réseau périphérique et ses branches clTérentes. Lauloiioniie du centre périphérique se manifeAW aloi'ï^ par elle-même, sans aucune invitation Au pouvoir

GLOSSO-PHARYNGIEN.

cenlml Quoi qull en soU du mécaimme de raction vaso-motrice du glosâO'pharyngieri, il esl évident que cette action est plus étendue qu*oa ne le sait encore et qu'elle nécessite mtoe plusieurs agents distincts, car il est évident que les tilets que la 9" paire envoie aux plexus intercaroiidien et caverneux ont une mission en rapport avec la circulation.

Anaiomie et physiologie patiiùhgiques. — Sous ce double point de wie^ Tbistoire du glosso-pharyngien est encore presque entièrement à faire. Cela tient à ce que les maladies qui sont capables de le compromettre atteignent presque forcèmeut les deux autres nerfs qui iortenl par le trou déchiré postérieur, et même le trijumeau, 11 eu résulte une symptomatologie complexe dans laquelle se trouvent, comme noyées, les maiiifestalioos morbides particulières de la 9* paire. Aussi la science ne possède-l-elle qu'un très-petit nombre de cas pouvant prendre place dans cette liistoire, et encore s agit-il de tumeurs qui meltaient en même temps d autres nerrs en scène- Le glosso-pharyiigien nï'tait en lui-même que comprimé ou altéré cousécutivement, de sorte qu'il u'a pas encore son anatomie palliologiqne propre, Bishop l'a rencontré comprimé par une tumeur squirrheuse (|ui, née sur la face interne du sphénoïde, s'était en suite étendue jusque dans le trou déchiré postérieur. G rase, de Kœnigsberg, Va trouvé dégénéré sous TinQuence du voisinage d*uue tumeur mobile développée au-dessous de Tafmjdiyse mastoïde. Gendrin a vu un kyste hydatique entourant le bulbe racliidien et faisant hernie borô du crâne à travers les trous condylien et déchiré postérieur. Sous I "influence de la compression subie, ïe glnsso avait été réduit îiun cordon névrilématiqne très -ténu.

Dans tous ces faits il y eut abohtion du goût sur la moitié correspondante de la base de la laoprne, et même, dans celui de Crase, la sensibilité gnslative se montra aussi perdue dans la partie antérieure de cet organe. Il y avait là de quoi justifier, en apparence, l'opinion de Panizxa, qui a prétendu que la 9" paire présidait seule à la gustation, lundis que îe lingual était seul chargé de la sensibilité tactile de toute la langue» Mais il est pins que probable que la lymeur, d'après son siège, avait altéré aussi bien le îiogual que le glosso-pharyngieiî. La sensibilité tactite de la base de ta langue avait aussi disparu cbez b' malade de Bishop. mais elle se montra respiTlée chez celui île Gendrin, Comme il n'existe aucun ncTf autre qin» leglosso, qui, par sa dialnbntion, sr»it capable irexpliquer la sensibilité tactile de la

PHYSrOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX.

base de la langue, comme Tatrophte observée était iQcomplèle^ H est plus que probahie que cette persistance tenait à ce qu'ua certain nombre de tubes avaient écliappé à la eotopres^iori et A la dégénérescence. Ce fait est nu}nxe une preuve clinique de l'existentie, dans ce cordoQ nervenx, de deux ordres de tubes, les uns aboutissant au centre f^uslalif. et tes autres an centre de sensibilité générale. Du reste, la raison elle-inémc nous indique qu'ii doit en être aiusi, jniisque les uerls ne se ditTérencient entre eux que par leurs pointjt d'aboutissement. Un même tube ne saurait se rendre à la fois ù deux cculres distincts l'un delautre. OuanI à la déglutition, elle n'a éit signalée comme s'etTectuant avec gène que dans le cas de Grase, mais cela tenait probablement û la paralysie de la langue et de l'hypoglosse, paralysie qu'attestait la déviation de cet organe. Somme toute, la clinique n'infirme en rien et contirme même les conclusions auxquelles nous avoos été conduit par la physiologie normale. Rlle nous indique aussi que ta U* paire est cbargée de fournir à la base de la langue les sensibilités taclile et gustative, el qu'elle n'iiUervienl pas comme puissance molrice dans Tacte de la dégtutilion.

Voua rencontrerez à chaque instîint dans votre clientèle dos per-ti sonnes qui se plaindront d'éprouver ilans rinlérieurdc la gorge des douleurs qui, par leur siège el leurs caractères, vous feront croire, à priori, à l'existence d'une amygdalite, A l'état de repos, elles consisteront en une gène et une constricfion douloureuse. Kilos seront considérablement augmentées parchaque monveraent de déglutition, simulé ou réel; elles s'étendront alors dans la trompe d'Eustache et provoqueront la mimique grimaçante caractéristique des angine». Contrairement à votre attente, l'examen de la gorge ne voua fera apercevoir aucune luméfaction^ aucune rougeur. Évidemment cet état morbide doit être considéré comme une névralgie du glossopbaryngien. Si parfois vous apercevez une injection de la muqueuse, elle sera tclïemeuî légère qnVlle ne pourra rendre compte de TinlensiTé des souffrances, el elle ne sera que lexpression de la congés-, lion qui accompagne souvent les névralgies. Au début d un grand noml)re de iicvres typhoïdes, ou observe une manifestation pa- " Ihologiqoe qui ne ditfère de la précédente que parce que la congestion estpeut-^tre un peu plus constante; mais jamais elle n*est en raison de la sensation éprouvée. Je crois que c'est encore une n^ vralgie du glosso à placer sur \e même rang que la céphalalgie ioîliale de celte pyrexie. Du reste, en 1 874, Marrotte a publié plusieurs

GLOSSO-PHARYNGIKN. 331

observations d'angine qu'il n'a pas hésité, malgré l'intensité de la congestion, à regarder comme constituant des cas de névralgie, par la raison que les symptômes douloureux et inflammatoires se présentèrent par accès réguliers et ne cédèrent qu'à l'emploi du sulfate de quinine. Je pense aussi que la maladie que les cliniciens appellent angine rhumatismale doit être, de môme que l'ophllialraie rhumatismale, considérée comme une névralgie à frigore.

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