‹ Le système nerveux périphérique au point de vue normal et pathologiqueChapitre 8 sur 18 · GG · texte numérisé non relu

GG

les fibres musculaires du cœur sOQt reliés et, par conséquent, suhortlonuéi? au plexus cardia(]iii% clonl ils semblent môme n*étre qu'une émanaLion, Ce plexus est, à son tour, relié au système du gympatlïique pur de^ filels cardiaques èmauanl des ganglions cervicaux, et, d'autre part, au bullie par dautres tilels cardiaques qui provienneul du pneunio-gastrique. Comme, avant de fournir ces dernier», la 10* pciLre se trouve avoir reçu toule la branche interne du spinal, on peut se demander â priori si ce nerf ne forme pas en totalité ou en partie ces Ulets destinés au cœur et s'il n'intervient pas dans le fouctiunnemçnl de cet organe. Cleuzmer, sans avoir (que ]e sache) motive sa conviction.^ exclut complètement le vague de Tinnervation du cœur au prolit du spinal. Schitr aussi ne met pas en doute la provenance spinale, mais il ne se prononce en ce sens que pour un |ïelit groupe de fdjres aiLxquelles il prête u[ie action accélératrice. Le vague aurait, selou lui. perdu cette action parliculicre après Texlirpation de la 11* paire. Mais l'intervention du spinal ne s^imposcniil d'une manière indiscutable que s'il était bieo démontré que la 10" paire est purement sensitive. Dans ce cas, les phénomènes centrifuges que l'on obtieot en irritant le vague au cou ne pourraient évidemment relever que du spinaL Or, nous avons été conduils antérieurement à lui reconnaître un pouvoir moteur propre. D'ailleurs, aux expériences de Schiff, qui sout toujours ei compliquées cl si diîliciles à juger^ nous pouvons opposer celles beaucoup plus nettes de Giannuzzi, qui prouvent qu'après l'arrachement complet du spinal rien u*est changé dans les effets cardiaques que Ton produit eu agissant sur le tronc commun. Cest donc bien à Ja 10* paire qu'incombent ces eflels.

Nous avons déjà implicitement indiqué, dans rhisloire du bulbe, le singidier rôle que rexpérimeniaïion a fait atlribuer au vague dans la eircnlalion cardia<ine. Du reste, c'est en opérant sur ce nerf que Ton a conçu, pour la première fois; l'idée de ce rôle, et si Ton a dirigé ensuite linvestigation sur le bulbe, c'est qu'il représeolail natnrêllemenl le foyer central de cette action, dont le vague n'était que le conducteur. En 1815, tes frères Weber et Budge ont montré qu*après la section de la 10'' paire les battements du cœur se précipitaient, tandis qulls cessaient brusquement lorsqu'on électrisail le bout périphériqne de ce nerf. En présence de ces résultats, il était ralionucl de penser que te sympatliiquc et le vague se U^ouvaieiil être en anlagonismc sur le terrain cardiaque; que le premier tendait

à précipiter les baUomunls du cœur; et que le second avait pour mission de ïes ralentir, puisque la suppression de Faction du vagiic avuîl pour effet d'accélérer les mouvements de cet organe^ tandis que son exagénition d*acliou animiait ie sninoium d'une influence modératrice, c'est-à-dire h suspension complète. C'est pourquoi VVebcr et Bud^e ool considéré le vague comme un nerf paralysant du cœur^ te îjyinpalhique en étîiïit, au contraire^ le nerf accélérateur, cl ils ont pensé que te rhythme des mouvements cardiaques était la conséquence de laHï^ociation de ces deux modes d mtervcntion.

Quoiqu'il pût sembler bizarre que la nature eût combiné aiu^i deux forces contraires tendant à se détruire mutuellement , au lieu de i?e contenter de fournir au cœur un seul excitateur parfaitement proportionné aux besoins de l'économie, celle idée a fait la fortune la plus complète, et, de|}uis, Ions les efforts des physiologistes oui tendu à la développer Le cœur, on le sait depuis longtemps, continue ù battre quand il est détaché de l'économie et placé sur une taLlc, Des fra^^raents m<?mos de cet organe coiilinueni à exécuter leurs mouvements babituels, tout comme s'ils faisaient encore partie du système complet. Des dissections fines sont venues bientôt donner la clef du phénomène en montrait qu'il existe dans le cœur des guriglions d'où émanent les ramilications directement en nipport avec les Obres musculaires et auxquels aboutissent des filets partis de Tendocarde- Le camr porte donc en lui-même tous les éléments nécessaires à une action réflexe. Le sang ou l'air impressionne les fileta sensitifs de reodocîirde. Au reçu de cette impression , les ganglions^ qui sont des centres de réllexion, font contracter te muscle par l'intermédiaire de leurs filets moteurs. C'est la manifestation la plus complète et la plus éclatante ilu pouvoir autonome du centre périphérique que nous présente l'économie. Comme, dans ces conditions d'isolement, îe cœur conserve le même rhythme qnc g*il était encore soumis à Taction paralysante du vague et â l'action stimulante du sympathique, ou a pensé qu'il devait y avoir dans cet organe des agents locaux de ces deux ordres d'infkit'nce, et on a ctierché h déterminer quels étaient les ganglions qui continuaient dans le nrur le système iihysiologique du vagu(î et quels étaient ci*ux cunlinuant le système sympathique. On est arrivé à conférer le rôle de modérateur à un ganglion situé dans la cloison interauriculajre et appelé ganglion de Ludwig, celui d'accélérateurs aux gangtions de Rcmak et de Diddcr, qui sont placés, le premier ù Tem-

ses

boucliuro de la veuve cave inférieure, le second dans la cloison auricuJo-vetitricutaîre gauche. Cette détermiuatioD s'est trouvée motivée par €e triple fait qu'un morceau du cœur, taillé de façon à renfermer seulement soit le gimgliou de Bemak, soit celui de Bidder, continue à s*agiter, parce qu'il âc trouve exclusiveEuent soumis «tuu agent excitateur; qu'un morceau renfermant le gan;jlioii de Ludwig plus un seul des deux autres reste inerte, parce qu'il est soumis à deux forces o[}posé(^s, qui ^e neutralisent; enliii, qu'un morceau portant en lui les trois ganglions se meut, parce que les deux ganglions acccdèrateurs dominent à eux deux raclion du ganglion d arrêt. Ainsi complétée, la théorie donne naturel lemejît li .supposer que le vague se met en connexion avec \v garigtion dt* Ltidwig, tandis que le sympa tliique aboutit aux deux antres.

Tous les expLTimenlalours devinrent bieiikU témoins du phénomène d'arnvi. Le fait, en lui-mOme, ne pouvant être nié, on accepta a&sez généralement Tinterprétation qu'il avait fait naître, et la plupart des physiologistes qui se sont occupés de la question se sont attachés surtout à préciser les conditions du phénomène eu l'analysant à Taide de procédés variés et de plus en pius rigoureux. U méthode graphique, qui a été beaucoup employée depuis quelques années, a prrmis de constater : que ractiou niodéralricc du vague droit est beaucoup plus forte que celle du gauche (Masoia, Axloing et Tripier); que l'arrêt est bien plus marqué si on agit sur le oerf coupé, quf quand on se cotilcnte d'électriser le tronc intact (iVrloiug et Tripier); que l'elTet de l'éïectrisation des nerfs vagues est atténué par la section préalable de la moelle {idem)-, que les courants faibles accélèrent les battements au lieu de les faire cesser (Schifî, Giannuzzi, Molesctiolt et llusschmidj; que les courants moyens déterminent une diminution du nombre des battements (Arïoiog et Tripier); que, sous rinlluence des courants forts, le cœur s'arrête un insta&t« puis exécute de nouveau des contractions, mais qui se succèdent lentement (idem); que chez tes animaux à sang chaud, l'arrêt ne dure que 15 à 30 secondes et que, passé ce temps, on a beau continuer Tapplication de l'électricilé, les conlractions cardiaques reparaissent d'abord lentes mais énergiques, puis elles deviennent de plus eu plus fréquentes (Onimus et Legros) ; que jamais le cosur ne <levieut immobile immédiatement, qu'il faut un certain nombre d'in* termittences de ta part de lappareil d'induction pour obtenir eo résultat ; que celui-ci ee réalise d'autant plus vite que ranimai est

NERF PNKUMO-GASTUIQUE OU VAGUE. 369

plus affaibli, soit par les souffrances ou rinanilioa antérieures, soit

par des hémorrhagies; qu'il est encore plus rapide chez les animaux

en hibernation ; que Teffet d'arrêt ne dépend nullement de l'intensité

du courant, mais de la fréquence de ses interruptions, et qu'il faut

inmoins 15 excitations par seconde {idem).

On a aussi soumis le phénomène de l'arrêt à un autre genre d'intestigation, à celui des substances toxiques. On en><a trouvé un certain nombre, qui immobilisaient le cœur et qu'on pourrait, par conséquent, considérer comme exaltant l'activité du vague. Telles sont i'antiarine, la vératrine, la digitaline, la muscarine. Toutefois, les trois premières n'amènent ce résultat qu'après avoir fait passer le cœur par une période de tétanisation, ce qui donnerait à penser qu'elles n'agissent que par épuisement. Il n'en est plus de môme do la muscarine, qui semble produire un arrêt tout à fait direct. Scbmiedeberg et Koppe ont constaté que, sous son influence, le cœnr s'arrête toujours au bout d'un certain temps et toujours en diastole; qu'il apparaît alors gonflé par une grande quantité de sang noir; que, malgré cet état d'immobilité, il conserve toute son irritabilité. EnGn, ils ont vu que la section préalable des vagues n'empêche pas l'action de la muscarine sur le cœur de se manifester, ce qui les a conduits à conclure que cette substance agit directement SOT les ganglions intracardiaques. Tous ces faits ont été conflrmés depuis par le D' Alison, de Baccarat. Ce laborieux médecin a, en ODire, montré que l'arrêt est précédé d'un simple ralentissement et que, quand on prolonge l'intoxication par des injections intermittentes, les mouvements reparaissent de temps en temps avec une asseï grande fréquence, pour diminuer ensuite et aboutir à un Donvel arrêt. Il a démontré enfln d'une manière plus positive que Fempoisonnement porte bien sur les ganglions, puisque le résultat reste le même, non-seulement quand on a sectionné les vagues, nais encore quand on détruit le bulbe, la moelle et même lout l'axe cérébro-spinal. On a aussi trouvé une substance qui, au lieu d'exalter l'action spéciale du vague, la paralyse, au contraire : c'est l'atropine. Chez ranimai soumis à ce poison, le courant le plus fort n'arrive pas i produire le phénomène de l'arrêt.

Il 7 a dans cet ensemble de matériaux scientiflques de quoi justifier, tout au moins en apparence, la théorie de fiudge, et on comprend que beaucoup de physiologistes regardent l'action d'arrêt sar le cœur comme un des points les mieux acquis à la science.

Cette théorie a cependant trouvé des adversaires, même parmi ccox qui admettent le fait brut dans toute sa pureté primitive. Ainsi, Brown-Sequard interprète ce fait d'une tout autre manière. Il pense que le va^e fournit des vaso-moteurs aux vaisseaux du cœur; que, par suite, son éleclrisalion a pour effet de resserrer ces vaisseaux et . d'anémier le cœur. Celui-ci deviendmil, par là, incapable de se contracter, et il «n résulterait un arrêt paralytique de ses mouvements. Pour juger la valeur de cette explication, on. a fermé la lumière de l'artère coronaire, soit par une ligature, soit par l'inlro* duction d'une boulette de mie de pain ; on a déterminé ainsi oQe anémie du cœur, aussi complète que possible, et cependant les mouvements ont continué à s'exécuter. Vulpian a, en outre, fait observer que Télectrisation des vagues produit aussi l'arrêt chec leg grenouilles, dont le cœur est presque exsangue, et que, par conséquent, ce n'est pas dans les vaisseaux qu'il faut aller chercher l'explication demandée. Mais même en refusant, avec Vulpian, an vagoe toute espèce d'action vaso-motrice, on ne saurait aujoard'hoi accepter sans réserves la théorie classique. Car, quand on scnite avec attention les relations fournies par les auteurs, on y trouve bon nombre d'assertions qui ôtent au fait de sa simplicité primitive et des allures positives qu'on lui a prêtées, et l'accord n'est pag aussi parfait qu'on veut bien le dire. Vous allez en juger.

Cl. Bernard, qui déclare qu'il a nettement constaté, par l'auscultation, que le cœur s'arrête, ajoute qu'il ne croit pas qu'il y ailla une force accélératrice et une force modératrice. Chez les grenouilles, dit-il, la section du vague n'accélère nullement les mouvements du cœur. Le fait ne serait donc pas général, ce qui est rare pour les procédés de la nature, d'autant plus que le système nerveux cardiaque de CCS batraciens n'est qu'une légère variante du plan adopté pour les mammifères. Schiff va plus loin encore. 11 refuse au sympathique toute action accélératrice. Selon lui, les fibres ayant ce pouvoir appartiennent toutes au tronc commun du vague et du spinal, où elles se trouvent conjointement avec les fibres modératrices. II se base sur ce ({ue l'irritation de la moelle ne modifie en rien le pouls chez l'animal dont on a coupé les vagues, chez lequel on a séparé la moelle du bulbe par une section transversale, chez lequel enfin on a supprimé la sensibilité de l'endocarde par l'atropine, afin de se mettre à l'abri de l'infiuence de la pression sanguine sur le cœur. Mosso de Florence est arrivé à des conclusions à peu près analogues.

liHi aussi a pu augmenter considérablement la fréquence des battements ea irritant le tronc du vague avec de la potasse, tandis que Veidtation du sympathique restait sans effet. Il a, de plus, obtenu Vaccélération en agissant sur les récurrents, et, dans les deux cas, Ytagmcntation des pulsations du cœur s*cst montrée proportionnelle iVintensité de Tirritation. Voilà donc déjà, suivant ces auteurs, le sympathique presque dépouillé de l'action spéciale que la théorie I classique lui conférait d*unc manière presque exclusive, et voilà le Tagacqui se trouve maintenant être Fauteur de deux effets opposés qui forment la base de cette doctrine, qu'il le doive à lui-même ou m spinal. D'autre part, Nuël, du Luxembourg, déclare avoir observé non pas un arrêt proprement dit, mais des pauses plus prolongées. Cestàpeine, dit-il, si le tracé graphique accusait un abaissement des ascensions et, par suite, une diminution de la force ventricu- [aire. Cet abaissement ne s'est pas môme montré chez les mammifères; la contraction ventriculaire gagnait même en énergie. Pagliani qui, à l'aide de petites incisions parfaitement ménagées, a cherché à déterminer le mode d'action des ganglions intracardiaques et des filets émanant du plexus cardiaque, a été conduit par ses expériences à conclure qu'il n'existe pas dans le cœur deux espèces de ganglions, dont les uns seraient modérateurs et les autres accélérateurs; que ces deux effets, qu'on a pu rencontrer, ne tiennent pas à leur spécialisation, mais aux variations mômes des excitations employées. Qaant aux fibres qu'ils reçoivent et qu'ils envoient, elles sont seuleoait plus ou moins excitables. Lorsque l'excitation vient à tomber sor les fibres les plus impressionnables, elle les épuise rapidement à die est forte; elle augmente, au contraire, leur activité si elle est bible. Les fibres les moins excitables, au contraire, n'entrent en action qu'au prix d'une stimulation puissante. Moleschott va plus loin; il nie catégoriquement le fait de l'arrêt. Mais, même en laissant de côté tons les dissidents qui précèdent et en s'en tenant aux faits constatés par Arloing et Tripier, Onimus et Legros, on trouve encore des données qui s*allient mal avec l'idée d'une action spéciale, puisquelles établissent que le phénomène de l'arrêt a'est nullement en rapport avec l'intensité de l'excitant, tandis que tous les actes de l'économie s'exagèrent avec les causes qui les provoquent; puisque les courants faibles rendent, au contraire, l'activité du cœur plus grande, tandis qu'ils devraient déjà l'atténuer ; puisque l'arrêt ne dure qu'un iustant et que les contractions se répètent par séries

entrecoupées de pauses de 15 à 30 secondes soulemcoff ce qui semble pïulôl indiquer un épuisement intcrmitleni qu'un irtm appliqué et mainîcmi suruti organe mu^=^cuIat^c ; puiiîque enfin larrôl est obtenu beaucoup plus rapidement ebez ké animaux épuisés et cbez ceux en hibenialion, diez lesquels, par conséquent, laclion nerveuse se trouve déjà amoindrie.

Mais ce qui m encourage surtout dans mes attaques contre la doctrine générale, c'est qne Onimus et Legros, qui n'éprouvaient certainement pas tant de répugnance que moi à admettre des actions d'arrêt, ont élé aineué.^, par des expériences tout à fait rigoureuacE, a poser celte conclusion finale : f L'arrêt du cœur par l'excitation du nerf pneumo-gastriquc n'est pas le résullal de la fonction de ce nerf, n ?^on! bien certainement, i*arnH oblenu dans les laboratoires n^exprime pas le summum d'une aclion que le vague serait appelé à accomplir dans le jeu régnlier de l'organisme. L'immobilité du cœur, comme celle du thorax, constitue un pliénomène artificiel et pyremenl accidenlel, (7 est nu fait extrapbysioïogtque fini n'appartient pas il Tordre ronctionne!. U n'est pas plus naturel que ia commotion générale produiie par la foudre. C'est un Irouble morbide réalisé expérimentalement. Ces auteurs disent aussi avec raison que, dans ce genre d'expérimenlalion, le vague et le ctiîur obéissent simplement aux lois qui régissent toutes les manifestations du monde organique et inorganique. En effet, plus l'impulsion donnée par un moteur quelconque esl énergique, plus la dépense est grande et plus il faut de temps pour la réparer si les moyens générateurs sont limités. Sous l'influence de l'excitation du vague» le cceur exécute tout d'abord des contractions pins énergiques* De là la nécesisité de pauses réparïjlrices plus longues. Si la contraction et, par suite, la dépense sont outrées, Fusure peut être telle qu'elle ne soit réparable qu'au bout d'un temps relativement long. De là une inertie prolongée. A cûté de cet épuisement, il faut aussi tenir compte de l'ébranlement physique transmis par le tronçon du vague juR^uc dans le réseau phéripbérique, ébranlement qui peut amener une perturbation moléculaire des ganglions capable de lus empêcher de fonclioiiner. Lorsque cet ébriinlemcnt est brusque et considérable, il peut même probablement fnûduire inslaulanément ce résultat et fournir le spectacle d'une syncope du cd'ur.

Ces messieurs donnent aussi de l'accélération produite par [a section du vague, qui est admise par la plupart des physiologistes et

niée seulement par quelques-uns, une explication qui me paraît assez heureuse. Ils comparent cette accélération à l'intensité plus grande qu'acquièrent les manifestations réflexes de la moelle lorsqu'elle est séparée de l'encéphale. Â leurs yeux, le bulhe et le vague modéreraient l'action réflexe des ganglions cardiaques, comme l'encéphale modère les actions de la moelle, comme un supérieur modère et réglemente les actes de ses inférieurs. Le rapprochement me paraît exact si on veut bien y adapter lo principe de la dissémination que nous ayons appliqué à la moelle et «^ Tcncéphale. Parmi les filets que le vague apporte au système cardiaque, il en est de lensitifs. Les impressions nées dans le cœur ne sont pas toujours réfléchies en totalité par les ganglions. Une partie de l'ébranlement KDSoriel peut se propager au delà dans les flbres du vague et constitaer une perte pour la réaction motrice, qui est toujours en raison de rinlensitô du courant centripète réfléchi. Lors donc que le pneumo est sectionné, la dispersion se trouve limitée et le mouvement moléCDJaire reste concentré dans la sphère d'action des ganglions. De li leur activité plus grande.

Dans les conditions normales, c'est le réseau périphérique qui jproàmi directement les mouvements rhythmiques du cœur, mais dans l'accomplissement de cette fonction, il est soumis à deux inflnences extrinsèques, celle du vague et celle du sympathique. Ce n'est pas encore ici le lieu de faire la part de ce dernier ; mais quand même il n'aurait qu'une destination vaso-motrice, et quand même le vague serait le seul excitateur fonctionnel du réseau, je crois qu'il a encore spécialement une autre mission à remplir, c'est de rattacher le système cardiaque à nos centres affectifs. C'est par lui que le cœur devient un agent de la mimique interne et intime. C'est par lai qoe nos émotions viennent se traduire par des palpitations ou des irrégularités dans le fonctionnement du cœur. Sur ce terrain, on rencontre parfois des faits qui trouveraient peut-être une explication phis facile avec le rôle d'arrêt. Il est des émotions qui suspoident le cœur et qui peuvent même produire par là une syncope iDorlelle. 11 y a là un arrêt brusque qui semble indiquer, en effet, rmtarention d'un frein instantané, mais rien ne prouve que cette suspension des alternatives de dilatation et de resserrement du cœur n'est pas due à une tétanisation qui immobilise le cœur et avec lui la vie. Ba reste, le résultat se comprend aussi très-bien avec l'idée d'un myolèthe du cœur dû au saisissement du centre cardiaque.

Chemin faisant, nous avons mi t|ue Yulpian refuse au vague loute action vaso-motrice directe sur les organes dans lesquels il se rend, parce que ïa section de ce nerf ou son électrisation ne fool point rougir ou pâlir, ni le poumon, ni l'estomac, ni le foie, ni le rein, ni le cœur, double effet qui devrait certainement se produire si la lO^ paire renfermait des luheî^ vaso-molt^urs. Cette opinion, qui seoil>le prévaloir aujourdluii, n'est cependant pas partagée par tous les expérimenlak'urs, Browu-Sequard, entre autres, lui fait animer les vaisseaux du cœur. La pathologie se montre aussi souvent en désaccord avec l'idée pliysiologique de Vulpian. Mais s'il est asseï douteux que le vague soil par lui-même uu nerf vaso-moteur et qu1l puisse modifier directement le calibre des vaisseaux de sa circonscription, il est bien établi aujourd'hui quindirectement, à titre de nerf sensitif, il peut excrccT une influence Irès-marquée sur un grand nombre de vaisseaux qui se trouvent en dehors de ses propres ramifications. C'est à Cyon et à Ludwig que nous devons la découverte de ce gi'and fait physiologique dont rapplicalion est presque journalière sur le terrain de la cliiûque. Tandis que les autres expérimentateurs se hvraient à Tétude des effets ceutrifugeB de l'êlêctrisation du vague, ils s'occupèrent, eux, de chercher quels étaient les effets centripètes que pouvait produire cette même opération. Au ïieu d*agir sur le bout central «lu tronc même de la 10* paire, ils appliquèrcut l'irritation sur le î)let que nous avons vu s'accoler au sympnthîque et qui a reçu depuis le nom de nerf de Cyon. De celte façoTi, ils ue mettaient évidemment en cause que des fibres sensitives provenant du coeur, et ils se trouvaient par consôqocnl en droit d'assimiler tes effets observés à ceux que peuvent produire les impressions nées spontîinément dans cet organe. Or, après avoir adapté à la carotide ou à la crurale un manomètre capable d'indiquer .toutes les variations de la tension sanguine générale, ils oui toujours mi la colonne mercurielle accuser une diminulion consiilérahle de cette tension lorsqu'ils éleclrisaient le bout central de ce nerf, tandis qu'elle restait immobile pendant réiecîrt* sation du bout périphérique. Il était donc bien évident, d'af cela, que l'excitation du nprf de Cyon ne pouvait amener ce réeoM qu'à ritre d'action rédexe. D'autre part, comme la masse sanguine primitive ne se trouvait pas diminuée, rabaissement de la tension devait être, évidemment, la conséquence de ragraudissemenl du contenant; cVst^à-dire qu'il avait dû se produire une dilatation, soll

partielle, soit générale des vaisseaux. En raison môme du grand abaisaemeat exprimé par le manomètre, ces auteurs ont pensé que cette dilatation portait surtout sur le dd'partement yasculaire le plus considérable et le plus extensible, c'est à-dirc sur les vaisseaux abdominaux dont les splancbniques représentent les vaso-moteurs. UsjiistiOèrent cette idée en montrant que la section dos splanchniqoes, en paralysant ces vaisseaux, amène un abaissement équivalent ji celui que produit Télectrisation du nerf de Gyon; que lorsqu'on empêche par la compression de Taorte abdominale le sang d'arriver dans les vaisseaux abdominaux, la diminution déterminée par Téleciiisation du nerf est excessivement faible, quoique le reste du système circulatoire se trouve libre, d'accaparer une plus grande quantité de sang sous l'influence d'une dilatation réflexe. Du reste, ils ont pu constater de visu la teinte rouge très-accentuée que prenait le rein chaque fols qu'ils électrisaient le nerf. Ces expériences ont été reproduites depuis par plusieurs observateurs, et les assertions émises par Gyon et Ludwig ont été reconnues exactes, de sorte qu'il est bien établi aujourd'hui que l'excitation du iierf de Gyon va agir sur les centres vaso-moteurs de façon à les forcer de relâcher, par action réflexe, peut-être tous les vaisseaux, mais plus particulièrement ceux de l'abdomen. Ce nerf provoque par là une dépression de la tension sanguine. De là le nom de nerf dépresseur qui loi a été donné. Ce qu'il fait d'une manière artificielle lorsqu'on rélectrise, il est évident qu'il le fait aussi physiologiquement lorsqu'il est stimulé par une impression née sur l'endocarde. Lorsqu'il se trouye distendu par une trop grande quantité de sang, il en résulte pour ses parois une impression pénible qui, transmise aux centres Yaso-moteurs par le nerf de Gyon, fait aussitôt dilater les vaisseaux de l'abdomen et lui ouvre ainsi un débouché suflisanl pour lui permettre de se débarrasser du trop-plein qui le gène. Il est pour lui une véritable soupape de sûreté. Le mal commande lui-même le remède.

Dans cette expérience, on observe un autre phénomène concomitant, qui se trouve en désaccord avec une des lois posées par Marey. D'après ce dernier, le cœur devrait battre d'autant plus souvent que les résistances qui s'opposent à la sortie du sang qu'il contient sont plus faibles. Ce principe parait assez rationnel, puisque le cœur doit se débarrasser d'autant plus vite de son contenu qu'il peut le faire plus facilement, et ayant terminé plus rapidement son excursion, il

peut la recommencer plus souvent. Eh bien! lorsque rexcitaUon du nerf deCyon a ouvert une large issue k Toudée sanguine et a diminué ainsi la résistance à vaincre, le cœur, loin d'accélt^ror ses mouvements, les ralentit. Mais remarquez que la dilatation des vaisseaux abdominaux a pour effet de retenir la masse sanguine retalivement immobile. D'oii ralentissement de la eirculatiou veineuse ; par suite, le cœur reeott moins vite uoe nouvelle ondée sanguine et il est iiioiîis rapidement excité h 'èa contraeter de nouveau. Le priocipc hydraulique, tout eu restant vrai en lui-même, se Irouvr plnà que contre-balancé par cette circonstance particulière.

4* Dans îa physiologie pathologique du diabète, nous avons dgâ •exposé le rôle que Bernard fait jouer au vaguerelativementâla fonction glycogénique. Pour lui, il active la production du sucro d un« manière réflexe el h tiire de nerf sensitif. 11 apparie au bulbe une impression née sur la muqueuse pulmonaire et engendrée par Toxygène. Cette impression slimute le centre glycogéuique. qui réagit en augmentant ïe travail des cellules hépatiques. Pour admettre rc mode d'action, il s'appuie sur ce que la section du vague enln? le poumon el le bulbe supprime la sécrétion, en même, temps qu'elle empêche rimpression pulmonaire d'arriver à sa destination centrale, tandis que ïa section faite au-dessous du plexus pulmonaire ne lentrave en rien, jiarce que timpiessiou conserve son libre parcours. Samsoiî, nous i'avons vu aussi^ interprète tout autrement lluflueQce du vague sur l'apparition du sucre dans le foie. Il prétend que ce nerf préside à la circulation iiitrahépalique el que, lorsqu'il congéstioune cet organe, il favorise par le fait la transformation en sucre d*une plus grande quantité de la dextrine apportée par ta digestioa* Vulpian rejette les deux interprétations, A la théorie de Samson II répond que le vague ne peut pas congestionner le foie, puisqu'il n'est pas vaso-moteur, et puisque sa section, pas plus que son élcc- Irisation, ne modifie en rien la couleur de son tissu. Il fait observer en outre que ce nerf est rnéme incapable de réagir comme nerf sen* siïif sur le véritable vaso-moteur du foie, car on a beau électriser son bout central, ou ne modifie eu rieo la vascularisation hépatique. Quant ù ia théorie de Bernard, sans avoir les éléments nécessaire» pour la renverser, il se montre peu disposé à l'accepter. Il attribue ta différence des résultats des scctious faites au-dessus ou au-dessous du plexus pulmonaire à la différence des délabrements nécessités par les deux opérations, La section du vague troublerait bien plus

réconomic lorsqu'elle est faite au cou qu'au-dessous du diaphragme, el elle supprimerait tout aussi bien les sécrétions gastrique et pancréatique que la rooctionglycogéniquc. J'avoue que cette explication me satisfait beaucoup moins que celle de Bernard, qui s*allicsi bien a\ec les faits observés.

D'après Vulpian, la section des vagues est suivie, chez les chiens, d'une exagératiou considérable de la sécrétion biliaire. Chez plu- Bïeun de ces animaux il aurait même trouvé, dans l'organe, de petites granulations analogues aux gnmulations grises de la pbthisie granuleuse chez l'homme. Je suis étonné qu'en présence du premier de ces faits, on n'ait pas encore eu l'idée de faire aussi du vague un serf d'arrêt pour la sécrétion biliaire. Pour moi, je suis porté à penser que ce flux de bile est une conséquence indirecte de la pertorbation apportée dans l'hématose et la nutrition intime par les troubles pulmonaires.

La science ne possède pas encore de données positives relativement à l'action du vague, tant sur la circulation que sur la sécrétion des leios. En eiïet, Bernard dit que la section de ce nerf ne produit auGone modification dans cet organe, mais que son électrisation donne, chez les lapins seulement, une teinte plus vive au sang de l'artère rénale et fait gonfler la veine émulgente. Mais, outre que, d'après les lois de la nature, le vague ne saurait avoir chez un animal on mode d'action qu'il n'aurait pas sur un autre animal de la même classe, Vulpian déclare qu'il a en vain cherché à reproduire le résultat annoncé par Bernard. Enfin, les travaux de Gyon et de Ludwig nous montrent que ce sont les splanchniqucs qui agissent sur les vaisseaux des organes de l'abdomen, mais que le nerf dépresseur peut, par action réflexe, modifier la vascularisation du rein. Siegmuad, à la suite d'un trop petit nombre d'expériences, a cru ponvoir attribuer au vague une certaine influence sur la sécrétion de l'urée ; trois animaux, maintenus dans un régime constant, rejetèrent une plus forte quantité de cette substance après la section de la 10* paire.

Ânatomie patliologlque, — Le pneurao-gastrique a un trajet si long à parcourir, une disposition si éparpillée, il est en rapport avec tant d'organes, il peut rencontrer sur ses pas tant de processus morbides variés qu'il se trouve fréquemment compromis lui-même, soit par compression, soit par envahissement. Le récurrent devient victime de ces lésions de voisinage beaucoup plus souvent que le tronc

principal et ses autres brancbes, ce qui tieot éndemmenl à sa situation et a ses rapports plus directs avec Jes gros vaisseaux, le rarlilage et le corps thyroïde, G*est ainsi qu'on Ta vu être maoifeslenient comprimé par des anévrysmes intralhoraciques (Huguicr, Malachia, Gnsloforis et Gairdner) ; que Gaubric a rencontré les deux récurrents englobes dans une tumeur encéphatoide du corps thyroïde; que chez un malade de Montant, ils étaient comme étouffés au milieu de petiti'S tumeurs cancéreuses. Les ganglions cervicaux et bronchiques, lorsqu'ils acquièrent un volume considérable, exerceol presque fatalement une compression plus ou moins grande $trr le pneumo-gaslrique. Des observalions de ce genre ont été rapportée* par Andral, Hankel Ley, Kyll» Dupuy, Uayem, ïiiermer (de Zurich), Breventani, Becquerel, Johngon. J'assiste en ce moment à tous te effets de la compression du nerf vague sur un enfant chez lequel ii est survenu au cou un engorgement ganglionnaire énorme à ta suite d'une scarlatine, La pression, quelle que soit la nature de la cauAe qui la produit, n*a pas toujours uniquement des conséquences fonctionnelles. Le nerf se montre souvent lui-même conBécutiveraent alteinl, soit dlnllammation, soit de dégénérescence graisseuse, soit d'atrophie. Ces trois aspects sont du reste généralement les Irdis phases successives d'une même tendance à la destruclion. Au début, la mnieur est purement irritante et enQamme le nerf, puis la compression augmentant, elle coiicourtavec l'inflammation du névriléme à fiiire dégénérer la moelle de^ tubes, qui rmil par disparaître par rt^ sorption. Le voismaged'un simple caillot veineux a f*ufll pourameuer ce résultat. Le D^ Coé a vu un individu chez lequel une carie de la cavité du tympan amena la coagulation du sang de ta jugulaire in* terne, et en outre mie inflammation de sa gaine qui s'etendil ullérietJ* rement jusqu au vague. Beck a observé un soldat atteint du ne throm* hose du golfe de la veine jugulaire. Au même niveau, le névriième du pneuuio était imbibé de pus. Ses tubes avaient éprouvé la traus*formalioii graisseuse. Le ganglion offrait la même altération. La 10* paire peut enfin être compromise par un phlegmon ambiant Uendrin la trouvée comptôtementdenutleepur un abcès, ^KnraboD même û^s connexions qu'il contracte avec ]e> lu meurs cervicales, le vague csl fréquemment exposé aux atteinles du bistouri du chirurgien -, sa siUiatîon dans la tumeur peut même rendre inévitable sa résection dans une grande étL^nctue, Les faits de blessui*e directe de ce nerf par des armes a feu commencent ii être relativement oom-

breux. On t'a vu môme Hve considérablemeot cocilmionné à Ja suilc d'UDe simple diutt-, lï en fut ainsi chez une femme que renversa imt.* voilure. Il en résiilla en outre une fracture de la mûehoire et de la corne de los hyoïde dont les fragments out pu conlrilmer à léser le cordon Tiervenx. La rareté des allérations propres et isolées de la 10'' paire lient évidemment à l'insuflieance des investigations. On trouve toutefois dans la sdence la rekilion d'un ai*sez grand nombre de cas de névrite. Dans une observation rapportée par Autenriclbi ïe processus iollammatoire élait incontestable. Hermann* Kilian prétend avoir constaté ta névrite du vague dans vingt cas de coqueluche. Dans la même maladie, Preschet Va trouvé rouge et gonllé. Swann a vu les ramifications œsophagiennes injectées et tuméfiées chez un sujet (loiit le tronc du vague était au contraire atrophié. Ce nerf n'échappe pas non plus à ces processus connus BOUS ïe nom générique de névromes. JJlamUn a trouvé dans l'épaisseur même du cordon nerveux une tumeur du volume d'un gros poie, constituée par un tissu dur et ^rrisûlre. Bigirardi cite également un cas où les deux vagues présentaieTit, le long de leur trajet, de petits névromes de couleur rosée et du volume des ganglions rachidiens. Eutiii le pnenmo-gastriqne subit volontiers la dégénérescence granulo-graisseuse à la suite des fièvres typhoïdes graves. Plus souvent encore il éprouve la même altération sous l'induence de la diphthérie, parce qu'il se dislrihue tout justement A la muqueuse qui constitue un siège de prédilection pour cette affection.

Physhioyk paihoiogifiue. — Comme le pneumo-gaslriqne est un nerf mixte, il est évident que lorsqu'il est compromis à un titre (fuelconquc, il peut déterminer des troubles de motilité et de sensibilité, soit isolément, soit conjoiiitemt;nt. Mais sa destination presque exclusivement viscérale fait que la paralysie du mouvement et celle du sentiment, considérées en elles-mêmes, s'effacent devant les conséquences fonctionnelles qu'elles entraînent. Pour celte raison» il vaudra mieux grouper les troubles morbides par fonctions, de sorte que nous aurons à examiner successivement : T les troubles de l'appareil digestif; T ceux de l'appareil de larespinilion ; S^'ceux de Tappareil de la circulation ; i° ceux des appareils hépatique et rénal. Sachez seulemeiH que ces dïlTérenls groupes de troubles sont loin de s'isoler au lit du malade. Ainsi que les observations recueillies par llabersohn le démonlrent, tonte altération siégeant à l'origine du vague peut engendrer des phénomènes d'irrilalion dans toute ta

Sphère de distribiilioQ de ce nerf : quand la cauEe morbide existe sur lu continuité du cordon, non-seulement les symptômes peuvent a»s5i se généraliser, mnis it peut apparaître des Iroubtes de Tencèpliate lui-même ; enfin il peut s'étaldir une véritable alternance entre tes différeiitfi symptômes fonctionnet!?. Un des malades signalés par cet auteur présentait altermilivemeut de rasthme, des palpitaliouss de la ééphîîlaljçrie et des troubles f^astritpies.

t*" Nous uvous vu que diius les laboratoires le vague se montrait capable de réaj^'ir sur la corde du tympan el d'activer la sécrétioD salivairu d^une manière réllexe. La pathologie oous fournit la reproduction naturelle de ce ftiit expérimental, car c'est par un mécanisme du même genre que leslielmiutbes déterminent asî?ez soovtnil du piyalisme.

Les maladies de la 10' paire peuvent donner lien à des IroubteB de la déglutition, car elles occypcnt une place notable dans Télio logie de la dysphagie. Tantôt ce sont les muscles du pharynx font défaut; tantôt ceux de l'œsophage-, tantôt les deux grou musculaires sont frappés simultanément. Spring, Wilson, Esquiroï ont vu l'œsophage être paralysé par la compression qu exerçait aoe tumeur sur le vague. Le soldat de Beck avait les muscles do pharynx complètement inertes. Chez un malade de Zur Helle , dont le vague avait éprouvé la dégénérescence granulo-graisseuse, la déglutition était très-pénible et presque impossible. Il est vrai que l'auleur a cru devoir faire une réserve : it lui a semblé que ce qui empêchait surtout l'acte de s'accomplir, c'était la vive donteur qu'il provoquait au niveau du cartilage Ibyroidei de sorte ({u'à ses yeux te trouble était plutôt de nature sensitive que de nature motrice. La femme qui eut le vague contusionné dans une chute déterminée par une voiture, était dans rimpossibiiilè complète d'avaler. H e^t vrai que la fracture de l'os hyoïde devait déjà par elle-même rendre cette opération difïicile. Chez le malade de Gairdner, ta déglutition s'efTectuait à peine. La dégénérescence granulo-graisseuse queladiphlhérie fait éprouver aux ramifications du vague entraîne particulièrement rinertie des constricteurs du pharynx, ce qui entrave considérablement Texécution de cet acte et qui détermine surtout la pénétration des matières alimenlaires dans tes voies pulmonaires. Le même fait est aussi fréquent à ta suite des fièvres typhoïdes graves. Dans ces diverses circonstauces, la paralysie n'est pas toujours complète et alors tes aliments peuvent encore parvenir dans l'estomac sous

uo-

NERF PNKUMO-GASTllIQUl!: OU VAGUE. 381

Vinflueoce combinée de la pesanteur et du vis à icrgo que créo VarrÎTéc de nouYelles bouchées. Du reste, même quand la paralysie oesophagienne' est complète, la déglutition s'opère encore si les ïïiQScies du pharynx sont restés intacts ; ils suftisent pour pousser tes aliments à travers ce conduit inerte. Remarquez que si la déglu-. tition est rarement abolie sur le terrain clinique, cela tient à ce que, laplopart do temps, un des deux nerfs se trouve intact. L'acte peut étrerendudiflicile par une condition opposée, c est-à-dire par l'exallatioo du vague et le spasme des muscles pharyngiens et œsophagiens. Sons ce rapport, la 10" paire offre une tendaucc particulière à subir llQflueoce des névroses générales. La dysphagie spasmodique est en effet Doe des manifestations les plus constantes de l'hystérie, de l'épilepsie, du tétanos et de la rage. Dans cette dernière maladie, il y a là peut-être plus qu'un écho spécial de la souffrance des centres nerveux ; car on a déjà trouvé plusieurs fois dans cette circonstance le nerf atteint de dégénérescence granulo-graisscuse (Haden, Clifford, Allbutt). En raison même de ce travail de dcsiruction, il est probable que la gène de la déglutition est plutôt de nature paralytique que de nature spasmodique. La dysphagie spasmodique peut aussi naître sur place et n'emprunter aux centres que leur pouvoir de réflexion, car elle est souvent la conséquence d'une irritation directe des Gbres sensitives du vague qui se trouve réfléchie sur ses fibres motrices. Il en est évidemment ainsi lorsque le spasme succède à ringeslion d'un bol alimentaire trop chaud ou trop froid, ou d*un liquide irritant. Dans l'œsophage, le spasme se concentre souvent en certiiines zones qu'il rétrécit en formant un véritable ré- Irécisscment spasmodique. Cette contraction a pour résultat de comprimer les fibres sensitives du nerf. De là une douleur très-vive qui Tient à son tour exagérer d'une manière réflexe la contraction primitive.

La physiologie expérimentale nous ayant montré que le vague préside à la sensibilité et à la motilité de l'estomac et qu'il intervient jusqu'à un certain point dans la sécrétion du suc gastrique, nous devons rechercher si les maladies de ce nerf produisent aussi des troubles sensitifs moteurs et sécréteurs. La sensibilité des ramifîcalions stomacales du nerf vague, qui reste presque inconsciente dans l'état physiologique et semble n'être pas beaucoup supérieure à celle des filets du sympathique, peut acquérir dans l'état pathologique un très-haut degré d'intensité. Dans les plaies simples de l'estomac, le

vagtie augmtiiite souvent pîir lui-mt^me la gravité de la blessure. Eu portant l'impression irritante qu'il puise au oivcau de la solution de continuité dans le bulbe, cest4-dire dans un cenlro qniprtl'.sideaux fonctions les plus imporlanles de la vie, il penl Iroubler celles-ci au point de donner lieu à une mari rapide. Ce n'est que de cette façon qu'où peut expliquer la cessalion brusque de la vie chez des individus ulleints de ï^lmes stoniaeales très-pelites el n'ayant déterminé encore ni péritonite, ni béinorrbagies. Le pneumo-gastrique se montre aussi frappé de névralgie presque aussi souvent que le Irjjumeau, La grande frérfueiice de la gastralgie tient d'abord à la disposition terminale des branches sloiuaeoles de la 10* paire. Hampaat dans une muqueuse délicate et recouvertes d'un seul plan de cellule qui, en outre, sont sauvent en desquamai ion, elles sont beaucoup plus exposées que les nerfs culanés à souffrir du eonlact des cor[»s étrangers. La masse aliiuentaire avec laquelle la muqueuse se trouve à chaque instant en rapport renferme parfois des corps durs, des fragments d*os qui peui^nt même blesser directement les ramificiilions nerveuses. ïlien des substances constituent aussi pour elles des irritants chimiques, telles que l'alcool^ et beaucoup de celles qui softl administrées à titre de médicament. La cause d'irritation peut -J plus haut, tout en ayant le même résultat, pourvu c|ue. dans le ^ commua , elle touche les fibres destinées à devenir plus bas les mmeaux stomacaux, Quel que soit son point d'application, elle fera naître des douleurs que le moi rapt>ortera û Fextrémilé péripliérique du nerf. C'est ainsi que des tumeurs situées même sur une zone élevée du vague peuvent engendrer des douleurs gaslralgiques. Li plupart des pbthisiques éprouvent des douleurs d'estomac Iréstenaces et Irés-violetites- Il en est chez lesquels la gastralgie est, pendant longtemps, le symptôme dominant et même le seul apparent. L*hérédilé parait jouer un certain rôle dans la production de cette forme, car j'ai déj^ renronlré plusieurs familles où la lubercu- Usation ne se manifeslait qu'ai-rès avoir été précédée d'une gastralgie persistante. Doit-ou voir là des irradiations douloureuses restant dans la sphère du vague, et la titillation que les granulations foui éprouver aux raoïilkations pulmonaires est-elle réfléchie par le noyau du pneumo-gastrique sur les fibres sensitives stomacales? Ou bien la production des tubercules est-elle le résultat d'une dévialion de la vie cellulaire provoquée par uo état morbide primitif du centre respiratoire eî de l'ensemble du pncumo-gaslrique? Tavauc

<pie la forme héréditaire , dont je viens de parler, me porte assez h supposer que quelquefois ce mécanisme pathogénique se réalise, laccoud a signalé, avec raison, une autre lésion ambiante qui peut engendrer spécialement et exclusivement la gastralgie, i[;*est pourquoi je ne Tai pas indiquée dans Tanatomie pathologique: c'est le nricocèle qui, lorsqu'il rentre dans la cavité abdominale, augmente la tension du système veineux et exerce, par là, une pression sur le plexus solaire. Quel que soit le siège de la cause déterminante , les connexions que le vague contracte avec le sympathique dans le pleins solaire font que la douleur gaslralgique peut aller retentir jDstpic sur les reins , le foie et même le cordon spermatique. A son extrémité encéphalique, ce même nerf se trouve, par l'intermédiaire du tubercule cendré, dans des rapports assez étroits avec le trijumeau. Id existe sans doute la clef de la céphalalgie qui accompagne si souTcnt la gastralgie et que provoquent , d'autre part aussi, les antres troubles de l'estomac. Les réactions motrices auxquelles le vague peut donner lieu lorsqu'il est dans l'état de névralgie , sont souvent plus étendues encore que celles qu'engendre la névralgie fiiciale. Dans beaucoup de cas, les muscles de la paroi abdominale ge tétanisent , le crémaster fait remonter le testicule jusque contre laaneau inguinal , la contraction tonique des muscles faciaux rend le visage crispé et hippocratique , et il en résulte le plus haut degré de la mimique de la souiïrauce. Souvent aussi la douleur stomacale détcnnine une constriction réflexe du pharynx et de l'œsophage. Elle crée aussi une dysphagie symptomatique. Ce qui différencie surtout le pneumo des autres nerfs cérébro-rachidiens, c'est l'aptiixde qu'il a à réfléchir ses impressions sur les libres lisses des vais- ?c»anx. L'effacement général du système vasculaire périphérique produit la pâleur et le froid des extrémités et du visage. Les vaisseaux cérébraux peuvent aussi éprouver le môme resserrement spasmodique. De là les syncopes qu'on observe quelquefois. Cette aptitude n'a rien d'étonnant, puisque ce nerf aboutit directement au point où se trouvent centralisées toutes les actions vaso-motrices de Va moelle et de l'encéphale. 11 est l'agent sensitif par excellence des monvements réflexes de la respiration et de la circulation. 11 est Yaccrédité du système nerveux de la vie de relation près du système nerveux de la vie végétative. C'est en celte qualité qu'il rond à son tour le cerveau solidaire des actes morbides qui se passent dans les viscères, particulièrement dans l'estomac. Ce retentissement encé-

pha)k[ue Ciïl d^aulanl plus marqué que le nerf est en état d'hyperos- Ihésie. C'egt pour celle nnmu qm la ^'Ufflralgic engendre souvent le verlige,

Los maladies organiques de l'estomac donnent ordinairement lieu à des douleurs (|iji sont parfaikrmenl en rapport avec leur mode d'action sur les fibres ûu vague, La douleur liée à l'exi&lence dua ukêre simple a pour caractères d'êlre Irt^s-vjve el d apparaître feukineo! au momeni de l'arrivée des aliments, tout juslement parce que ceux-ci touclieut dircclemenl des fibres uerveuiies mises presque â nu. Pour la mt^mc raison, quand le cancer est ulcéré, la douleur s\'x;iïipère lors de rintroducliofi des aliments et cesse par l'eApulsion dti couteim de rcstomae. Avant l'ulcération, la douleur est indépendante de colle inlroduelion et elle est la conséquence de l'envahis- .srmeiil pro»?ressir de ralmosphère des nerfs par la tumeur. Dans Irois cas de cancer, ayant prûvoqné pendant la vie des douleurs atroces, 00 trouva les brancbes tes plus volumineuses du vague alleiiUes pnr la protlncliou hétérogène* Lorsque la lunieur fait une saillie coiisidéruLle dans reslomac et rétrécit sa cavité» c*est uue sensation de conslriclion, l^a cyrrtiose de l'estomac, quicoagide, pour ainsi dire, le tissu et annihile sas^ élémenL*; nerveux, constitue» au conlraire, une afTeclioii indolore.

La pathologie, plus que la physiologie, prouve cpje c'est bien le vague qui est Tageul sensilif du sentinieul de la faim.W est vraiiiU€ Schîil a réuni quelques observations qui tendraient à prouver que l'eslomac el, par couséquenl, le pneumo, ne sont pour rien dans la production de celte sensalioti. Il en cite, entre autres, une de Busch, relative à un^ femme aUeinfe de plaie perforante du dnodéouiD. L'estomac devait être satisfait pour son propre com|)le, puisqu'il continuait à recevoir des aliments et a les digérer» mais la malade était en proie à une faim conlinuelle, parce que le produit de celie digestion sortait par la fistule el était perdu pour la nutrition générale. Une autre observation est empruntée à Morgagni, Il s'agit d'un cas de ganglions Inbercnleux du mésentère qui comjirimaient l*iûtestin. Le sujet mangeait» digérait, mais restait tourmenté par la faim, parce ([uq le eliyme ne pouvait pas gagner le tube ialeslinal pour y être absorbé. Une troisième lui a été fournie par Morton, qui constata rexislenee d une laioi consUmie chez un individu atteint de rupture du canal tlioracique el dont l'économie ne pouvait pas profiter des produils de laksorption. Mais ces faiis d'exaltation de |i

NfiRP PNEUMOGASTRIQUE OU VAGUE. 385

bim, qui pouyaient, du reste, s'expliquer par l'irritation que ces dmn produits pathologiques exerçaient sur les ramiQcations du ngue, perdent certainement la signification qu'on a voulu leur prêter devant ce que nous enseigne journellement la clinique. En effet, Tétat névralgique de ce nerr amène les aberrations les plus nriées de cette sentinelle préposée à notre conservation. C'est lutôt une boulimie véritable ; tantôt une fausse exagération de cette Kosation. Le malade croit qu'il va tout dévorer, et, chose singulière, cette faim illusoire coïncide toujours avec une satiété anor- Btle. 11 n'a pas plutôt touché aux aliments qu'il se trouve rassasié, c( cependant il est évident que son besoin de réparation n'est nBllement satisfait. D'après Brinlon, le cancer, qui étouffe dans sa prolifération les ramifications du vague, amène l'anorexie d'une Dsoière constante. L'ulcère simple respecte, au contraire, la faim, pute qu'il met les filets nerveux à nu plutôt qu'il ne les détruit. Le malade de Swan, dont les ramifications stomacales étaient onflamnées, ne pouvait se rassasier. La femme observée par Bignardi et qid avait des névromes sur le trajet du vague, avait une faim insatiable. La malade de Johnston, dont le pneumo était comprimé et complètement atrophié par une saillie de l'artère vertébrale, ne ressentait nullement la faim.

La tunique musculeuse de Festomac peut devenir le siège de véri- CaUes convulsions. Souvent cette exaltation fonctionnelle des filets moleors du vague est purement réflexe et est provoquée par la soiexcitation que présentent ses fibres sensitives dans certaines gastralgies. Parfois, ces convulsions sont telles qu'on est presque téBoin, à travers la paroi abdominale, du tumulte moteur dont l'citomac est le siège. Il est difllcile de constater la paralysie de œtte même musculeuse. Mais Brin ton n'hésite pas à regarder TafTeclioa dite dilatation de tatomac comme le résultat de l'inertie muscalaire de cet organe. Il attribue aussi la flatulence à une inertie paoagère, parce que l'exhalation des gaz est toujours en raison iOTene de la pression que leur fait subir le contenant. 11 eit un phénomène morbide dans la production duquel le vague semble, d priori, pouvoir intervenir à la fois comme nerf sensitif et comme nerf moteur : c'est le vomissement, La sensation nausée, qm précède et appelle l'acte mécanique du vomissement, résulte Ueo certainement le plus souvent d'une impression apportée par le pneomo, car ce sont les causes qui agissent directement sur l'es* FooiGÂal iu« -» 25

PHYSIOLOGIE DU SYSTEME NERVErX.

tomac, cl les maladies de cet orgaae qui produisent le plus facile* mmit cet acte- Le réRiUal peut tîlre le mt^me lorsque rirrilation porle sur les ramifications non stomacales du vague. C'est ainsi que les tubercules puimonaires détermineul souvent des vomissemenu en irritant le noyau du pneumo-giistrique par Fintermédiaipe du plexus pulmonaire. Il en est souvent de même aussi dans le cas d^excilation du laryngé supérieur ou du plexus cardiaque. Mais Tm* tervention sensitive du vague n'est nullement indispensable. Comme toutes les sensalions, îa nausée a un ceulre qui peut Teogendrcr directement et en faire ainsi le pendant des autres sensations subjeclives. C'est ainsi que les maladies de rencépbale la font naître souvent. Tout en appartenant encore àrencéplialecomme origine, elle a déjà quelque cbose de réflexe quand elle est provoquée par une émotion, eu un souvenir, ou un dégoût oiorat. Le courant centripète se fait des cellules affectives ou inteliet:luenes vers le centre nauséigène. Ce courant provocateur peut, du reste, être apporté par n'importe qiieî nerf^ particulièrement par le glosso-pharyogien, le Iriju* raeau, les plexus réfiaux et liépaliques. Somme toute, ie vague eM seulement le nerf le mieux approprié à ce genre de provocation, sans doule parce qu'il contracte les connexions les plus directes avec le centre de îa nausée. Il était rationnel qu'il en fût ainsi, puisque l'acte en lui-même a pour but utilitaire de débarrasser l'estomac d'un contenu qui rirritc. Aussi le vomissement qui est amené par le vague est-il le seul naturel, le seul physiologique. Tous ceux qui ne reconnaissent pas celle origine sont des aberrations du vomissement. La première manifestation réflexe de la nausée porte sur la corde du tympan, car il se fait tout d'abord un afflux plus considérable de salive; puis vient ensuite la réaction capitale, celle qui détermine l'expulsion du contenu de restomac. Le vague remplit un rôle beaucoup moins important dans celte partie motrice du vomissement* On croyait autrefois que l'expulsion du contenu de la cavité stomacale était avant tout rœuvre du resserrement de ses parois. Mais il est bien établi aujourd'hui, par l'examen direct et par Texpérience de Béclard, qui consiste à substituer une vessie inerte i l'estomac d*un animal, que le vomissement peut se réaliser sans l'action des parois stomacales. Toutefois, celles-ci peuvent intervenir, mais les mouvements qu'elles exécutent alors suivent la marche habituelle et n'ont rien d'antipéristaltique. Que le contenu doive sortir par le pylore ou l œsophage, Testomac agit de la méinc

KKRF PNEUMO-GASTRIQUK OU VAGUE. 387

façon; il se contente de resserrer sa cavité sans imprimer à ce contenu une direction déterminée. Des expériences plus récentes, exécutées par Cari Grève, de Berlin, sont encore venues démontrer que le vo* missemcnt peut parfaitement se passer de l'intervention motrice du vogue. U a administré à des animaux, auxquels il avait préalablement coupé la 10* paire, de Tapomorphine, dont l'action vomitive C8l constante et n'amène point de complications générales. Dans ces conditions, Tacte s'est toujours accompli avec son énergie habituelle. Disons toutefois que, dans ses vivisections, SchiiT n'est pas arrivé à des conclusions tout à fait semblables. Selon lui, si le vomissement continue à s'effectuer après cette section, il le fait d'une manière plus pénible et plus irrégulière. Il se produit un défaut de coordination, une véritable ataxie de cet acte. L'auteur attribue ce résultat à ce que l'expulsion nécessite non-seulement la pression due aux parois abdominales, mais encore la dilatation active de la partie ioférieure de l'œsophage. Or, comme celles-ci sont animées 'par le Taguc, elles ne peuvent plus accomplir cette condition lorsque ce D^est coupé. U en résulte que le contenu ne peut s'échapper librement et ne le fait qu'en bavant. En clinique, on n'a pas encore eu Foccasion de chercher à provoquer des vomissements alors que les deux vagues se trouvaient être paralysés, mais on a pu constater Taptitade que ces nerfs sensitifs ont à engendrer la nausée et à déterminer l'acte mécanique. Le malade de Gairdner était en proie à des vomissements continuels. Il en fut de même de celui de Zur Hdle. D'après Fano, la résection accidentelle de l'un des deux vagues est suivie du même phénomène pendant le premier mois, cest-âdiretantquele bout central se trouve être très-irrité. Pendant le Mcond mois, il n'y a plus que des nausées, qui finissent par disparaître elles-mêmes. L'observation journalière démontre que la plupart des états morbides de l'estomac, gastralgie, cancer, ulcère, qrrhose, etc., provoquent des vomissements qui sont une réaction réflexe de l'excitation éprouvée par la 10* paire. Elle nous montre iQSsi que beaucoup de phlhisiques ont le même symptôme, sans qo'il soit déterminé mécaniquement par la toux, et uniquement à la suite de la titillation des filets pulmonaires par les tubercules. On ifest peu préoccupé, jusqu'à présent, de constater dans l'espèce humaine l'action du vague sur la sécrétion gastrique. Swan, seul, a Bgnalé un fait qui tendrait à justifier les conclusions que nous avons doQuêes dans la physiologie normale. Chez son malade, les matières :

PHYSIOLOGIE DU SYSTEME iXERVEUX,

rendues par le vomissement n oiïraiciU point les signes de la digestioïL

2" En ce qui concerne rappareil de lan^^pir;ilioti, voyons d'abor si les maladies du vague engendrent dicz t'homrae des aïlérations maléricïies du ponmon, comme le Tait la section de ce nerf chez les animaux. Il ne scmlde dùjà pas en tUre ainsi dans le cas oi*i le blslouri du chirurgien s'est vu forcé de sacriïier le vague. Car Labat, M'Clellaii, Biîirolli citent des c;is de résections considérables et accidentelles de ce nerf, à la suite d'extirpation de tumeurs, et dans lesquels tes poumons sont restés saius. Dans les maladies spontanée!*, rimmunilé est toin d'ôtre aussi grande, sans être impossible. Le soldat observé par Beck présenta à lautopsie des poumons complètement envahis par une congestion passive. Ces organes étaient aussi, comme à la suite de ta section expérimentale, obstniés par des mucosités sanguinolenles. Le poumon droit contenait, en onlre, six petits foyers lobuïaires ramollis, pyohémiquos. Le malade de Zur Helte eut une pneumonie du côté du nerf atteint. Par contre, celui de Swan avait les poumons sains. Évidemment, nous devons admettre, comme dans la pliysiologie normale, que ce n'est pas  titre de vaso-moteur que le vague agit dans la production de ces altérations matérielles. La pattiotogic nous le montre peul-^tre plus encore que les vivisections» car en clinique les poumons se montrent aussi sou« vent sains qu'altérés. Or, si la 10* paire présidait à la circulation pulmonaire, sa paralysie devrait toujours produire une congestion passive du poumon, et son excitation, soit de lanémie, soit une congestion inflammatoire. Mais comment expliquer alors les troubles congcsïïonnels lorsqu'ils existent? Évidemment aussi, comme nous Tavous fait déjà pour les faits expérimentaux^ en regardant le vague comme le provocateur sensitif spécial des actions réflexes des vasomoteurs du poumon. Si cet agent sensitif^ qui, par le fait, est appelé à doser ta vasculariéation de Torganc, puisque les réactions vaso» motrices sont toujours en raison des sensations provocatrices, est supprimé ou a perdu de sa valeur, les vaisseaux perdent à leur tour de leur tonus habituel, et il en résulte une congestion passive plus ou moins prononcée. Cet effet est d'autant plus marqué que le sympathique est lui-même dans un élat de semi-paralysie, comme cela a lieu dans Tadynamie d'origine typbique ou autre. Voilà pourquoi dans les fièvres typhoïdes, on trouve une congestion passive plus souvent que dans ta paralysie isolée du vague. Si, au coutraire, la

NERF PNBUMO-GASTRIQUB OU YAGUB^ 389

10« paire est irritée, die excite le sympalUique à réaliser les condi- Uons vasculaires d'une congestion active et inflammatoire. Or, en ctiniquc, les tumeurs et tous les processus ambiants qui compromelteot le Tague tendent plutôt à l'irriter qu'à le paralyser. Quand ilfile compriment, ils le font d'une manière incomplète et inconstante, de sorte que l'état paralytique se trouve toujours mélangé de bouffées d'excitation. Voilà pourquoi, cbez l'homme, les mibdies du pncumo déterminent plus souvent une pneumonie que l'expérimentation ne le fait chez les animaux. Du reste, même quand il 7 a paralysie réelle, il se fait encore des noyaux d'induration, parcç que la perte de la sensibilité et de la contractilité des bronches laisse s'accumuler le mucus et les poussières de l'air qui. par leur contact, font dévier la vie cellulaire de ce tissu imbibé de sang. C'est pour cela qu'il peut .survenir de la pneumonie même dans l'adynamic la plus complète. Je ne serais pas étonné que le vague intervienne comme excitant sensitif dans certaines pneumonies franches qui succèdent à des circonstances capables d'irriter les ramifications sensitivcs de ce nerf. U est pour les vaso-moteurs du poumon ce qu'est un nerf collatéral du doigt pour les vaso-moteurs de cet appendice. Il tend à les mettre en activité inflammatoire lorsqu'il est irrité, ainsi que le fait le nerf collatéral lorsqu'il est piqaé. Chez l'enfant dont je vous ai parlé, et qui a eu le vague droit compromis par une tumeur ganglionnaire du cou, la situation était c^Lcessivement complexe, puisqu'il était sous l'empire d'une albumioarie scarlatineuse. Hais je crois devoir mettre en grande partie sur le compte des alternatives de compression et d'excitation subies p«r le nerf (alternatives que rendaient incontestables les phénomènes elottiqnes), la mobilité des signes sthétoscopiques fournis par le ponmon. Le souffle tubahre apparaissait, disparaissait et se déplaçait d'on jour à l'autre. A d'autres moments, on ne percevait que des Files d'hypostase. Hais la congestion passive, comme l'inflammation, restait toujours limitée au poumon droit, de sorte qu'il n'était pas permis de voir là un effet ordinaire de l'adynamie.

Pour les troubles fonctionnels de la respiration, nous considérerons encore à part ceux qui portent sur le mécanisme respiratoire de I9 glotte et ceux qui portent sur le mécanisme du thorax et des poumons. Sous le rapport des troubles gloltiques, la pathologie reproduit assez exactement ce que l'expérimentation détermine chez les

animaux. Dans les laboratoires, l'êlcctrisation du bout périphérique

PHySIÛLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX*

du récurrent ou du vague produit un Fpasmc tonique des muscles du laryux, d*où résulte une occtu^iou ilc la glolte, les conslricteur* remportant de beaucoup sur les dilutateurs* Le malade de Coé ét^rouvait des suffocalious qui rappclaieul tout à fait le même genre de spasme, tout juslemeiit parce que la lésion ambiante avait déterminé une innaramatiou du récurrent qui devait exciter ce nerf et non le paralyser. C'est aussi pur voie dlrritation que lliypcrtrophie do thymus, signalée par Kopp, et le développement des glandes cervicales peuvent engendrer !e spasme de la glotte. Toutefois, dans ce résultat morbide, c*est la portion spinale du récurrent qui Joue le principa! rôle, puisque ce sont les constricteurs qui prodoi- Écnt la dy^spnêe. Quand on soumet le bout cetitral tlu vague à une électrisatiou trop intense, I*aniiïial peut être tué brusquemeul. Or, dans l'espèce Iminaine, on a vu la mort être produite subitement par «ne simple cautérisation du larynx à l'aide de l'ammoniaque ou par l'introdoction, dans ce conduit, d'un corps étranger d'un trop faible volume pour amener une obsiruclion complète et qui n*avait dû agir que par contact, Bert u'bésitu pas à atlrilnier la mort, daus les deux cas, à une suspension brusque de la rcspiraliou due t l'ébranlemeut trop considérable du cenire respiratoire.

Cbez l'homme, la section accidentelle du vagtie peul n'entralacr aucun symptôme apparent, comme l'ont montré Labat, M'Glellan et Bilîrolh. Gela lient sans doute à ce que non -seulement la solution de continuité n'a porté que sur un seul nerf, mais surtout h ce que le cordon envahi par la tumeur était perdu depuis longtemps pour le fonctionnement et à ce que le vague du côté opposé était hubiluj à exagérer son action dilatatrice, pour suppléer à l'absence de colle do son congénère. C'est leliement vrai que robstructiou passive et paralytique s'est elTecluée, absolument comme cbez les animaux, dans les cas où la tumeur n'avait pas détruit le nerf peu ù peu et dans ceux où celui-ci a été brusquement brisé par des armes à feu. Les malades de Beck, de Gairdner^ de Guttman^ de Swan, présenli rent tous le silïïement laryngé particulier ii la paralysie artificiel de la glotte. Mais ce sont surtout les observations de Gerhard, de Riegel, de Peulzolot et de Ferlh qui ont de la valeur, parce que la paralysie semble y être restée limitée aux musiies dilataleuis et an vague lui-même, à Texclusion du spinal, et parce qu'elles vieuneut démontrer sur le terrain clinique les deux affectations bien distinctca des d£ux nei'fâ qui concourent 4 Iei formation du récurrent. Dans

NERF PNKUMO-GASTRIQDE OU YAGCR.

toutes ces observations, rexercko de la phooalion s'est trouvé respecté, La dilatation inspirutoire seule a fait défaut. Centrée de l*air se fai^it avec peine et produisait un sifïleraenl qu'on entendait à distance. L expiralion était au contraire facile et courte. Au laryngoscope il fut chaque fois constaté que, même pendant Tiuspinition, la glotte restait au moins aussi rétrécie que pour Texercice de la parole. On n'apercevait qu'une fente excessivement élroite.

Un fait m'avait frappé dans toutes les autopsies d'enfants ayant succomlié au croup, dont j'avais pu cMre témoin, c'est que généralement Tobstruclion produite par les fausses membranes était loin d'être complète. 11 était évident pour moi qu'il restait toujours un passage suflisant pour empêcher t'asphyxie d'être mortelle. De concert avec mes maîtres, MM, Victor et Léon Parisol, j'avais pensé que les plaques diphlhéritiques qiii amènent la paralysie des muscles du voile du palais devaient aussi produire celle des muscles de la glotte, et que l'inertie de ces derniers coraplétaitalurs, suivaot le mécanisme indiqué par Bérard, rocclusiou commencée par la présence des fausses membranes. L'insuflisance de robstruclion par les productions diphthériliques a été remarquée aussi par d'autres médecins, qui, pour expliquer la mort, ont supposé qu'il se produisait au contraire, sous l'influence de T irritation de la muqueuse, un spasme opérant. une fermeture complète. Niemeyer a déclaré, depuis, que l'idée de spasme n'est pas souteinible, parce que les muscles sousjacents à une muqueuse enflammée sont pâles et œdématiés et, par conséquent, plutôt rendus inertes. Il ajoute avec raison que ta dyspnée enf,'endrée par le croup est identique à celle que produit la Bectiou des récurrents; mais, comme le microscope ft démontré que dans la diphthérie les nerfs éprouvent la dégénérescence granulograisseuse, je crois que là se trouve la raison de rincrlie des muscles, t*hïtôt que dans leur décoloralioii et dans leur inliltration. Mon collègue et ami le D' Lallement, dans ga thèse inaugurale, a combiné les deux interprétations. 11 peui^o qu'au début de la maladie, la suffocation est aggravée par des coulraclions spasmodiques. taudis qu*il y a paralysie dans la dernrèrc période. 11 est très-possible qu'il y ail des spasmes réflexes quand !a muqueuse est simplement enflammée ; mais ce qu'il y a de certain, c'est que la mort est la conséquence directe de la paralysie, puisqu'à ce moment les uerf« sout tnotéculairement détruits.

Les maladies qui paralysent te vague troublent ie mécanisme du

thorax et du poumon, absolument comme le fait la section de ce nerf chez les aDimaux. H en est ainsi surtout Ionique le nerf a éprouvé la dégénérescence granulo-graisseuse. Dans une des observations de Gultman, il est dil que la respiration rappelait tout à fait le type respiratoire de ces animaux. La dyspnée était très-grande. Les inspirations étaient lentes, mais iréis-prorondes. Le malade de Bignardi présentait aussi du ralentissement de la respiration. Chez le soldai de Beck, les mouvements du thorax étaient abolis du côté droit, à l'exception de ceux qui étaient dus au diaphragme. Le malade de Swan avait la respiration trés-difEcile. La présence de tumeurs, notamment d'anévrysraes dans le thorax , donne lieu à des manîrestalions dyspnéîqnes qui se distinguent des précédentes, parce qu*il ne s'agit plus d'une transformation moléculaire qui para* lyse le nerf, mais d une cause qui est encore plus irritante que comprimante. Elle engendre pîutOt le désordre de ta respiration que son anéantissement: c*est de Tataxie dans la dyspnée. Elle crée même une véritable névralgie, et c'est pour cette raison, sans doute, que la dyspnée n'est pas constante et affecte sou vent la forme d'accès. Il en fut ainsi dans les observations de Gairdner, d'Andral, de Uankel, Ley, KytL

Nous avons accordé (!*' voL, p, 375) une certaine part dans les phénomènes de VasUime au spasme des libres musculaires des bronches. Nous avons vu aussi que ïe point de dépari de celle aflco lion se trouve souvent dans lencéphale ; mais ce spasme peut éira ^ OQSgL la conséquence de rexcitation directe des nerfs broochiqu^^H Biermer (de Zurich) a observé plusieui^ cas de ce genre déterminée par la tuméfaction des ganglions bronchiques. L élément sensitif de ce spasme prend généralement naissance sur ta surface d'étalemeot du vague, particulièrement sur la muqueuse laryngo-broncbiquo ; mais parfois il s'engendre sur la pituitaire, soit sous l'influence da rinbalalion de certains parfums, et c'est le nerf olfactif qui transmet rimpression, soit sous celle des poussières atmosphériques^ comme dans Tasthme de foin, et c'est le trijumeau qui sert alors de cooduclour. Enfin, il peut élre provoqué pîfr les lésions viscérales les plus variées où le sympathique devient le siège d un courant centripélet et spécialement par des altérations circulatoires où les nerfs cardiaques sont alors mis en jeu. Il est vrai qu'on a contesté l'existence du spasme bronchique dans n'importe quel asthme ; mais Biermer croit qu'elle est su0isamment démontrée par la forme même du

rhythme respiratoire, par les hniils de sUnise que Ton entend, et par ce fait qu'il cesse brusquement sous ritiflueece du chloral, C'est aussi moQ impression. Le resserrement produit des espèces de diaphragmes qui semblent s'opposer davantage à la sorlie de fair^ qu'à sa péoélratiou* Le malade, ne pouvant se débarrasser aisémenl de Tacide carbonique et de la vapeur d'eau emprisonnée dans ses alvéoles pulmonaires, fait tous si'S efforls pour ajouter sans cesse de nouvelles quantités d'air pur à ce mélange irrespirable. De là, distension outrée des vésicules, plus grande sonorité et voussure. Il se passe le contraire de ce qui se produit lorsque le spasme existe ù h glotte. Dans ce dernier cas, l'expiration s'exécute facilement, et c'est llnspiration qui est exagérée. Aussi , tandis que dans le premier, le malade exalte instinctiveuient la contraction des inspirateurs, c'est au contraire avec les puissances expiratrkes qu il lutte dan» raslbmc bronclùquc. Biermer pose même en principe que tout accès d'asttime qui dure plusieurs heures est dû ù un spasme des bronches et non à la contraction tonique du diaphragme, car cette dernière ne saurait persister longtemps sans amener une asphyxie complète. Quoi qu'il en soit, du moment où nous avons été conduits aDlérieurement â accorder aux Obres de Reisseisen une certaine part dans les phénomènes moteurs de rasthme, nous devons reconnaître que le vague intervient dans tous les accès pour exciter la motililo de ces (îhres et qu'il intervient aussi le plus souvent comme nerf sensitif, pour provoquer le réflexe des fibres bronchiques et de certains muscles du thorax.

La toux est pour les voies pulmonaires ce que le vomissement e«l pour reslomac. Dans Tun et l'autre cas, le but est d'expulser ou contenu irritant^ réel ou non. Dans les deux cas, c'est le plus souvent le vague qui fournit rélémeut sensihf, et l'impression provoca- Irice peut prendre naissance sur n'iraporle quel point de son trajet. Kohts a pu provoquer constamment une toux couvulsive chez lea animaux en irritant successivement le tronc lui-même, le rameau pharyngien, îe laryngé supérieur, les ûlets œsophagiens, trachéaux et bronchiques. Il n'y a que les filets stomacaux qui se soient montrés incapables d engendrer la toux. Ces expériences u^ont fait que confirmer sur le terrain ex péri men lai ce que nous enseigne ta clinique d'une manière beaucoup plue large. La toux spasmodique se montre en cfTet toutes les fois que le tronc du vague est irrité par ïo voisinage dune tumeur ou par un processus ambiant quelconque

(Gairdncr, Montaut, Gaubric, Gendrin, etc.). H en est de même lorsque les muqueuses pharyngienne, laryngée et bronchique sont excitées par une maladie spontanée ou traumaluiue. La clinique réalise même, sous ce rapport, ce que rexpérimentation est impuissante i produire; car les névroses et les maladies organiques de l'eslomac 8*accompiignent souvent de quintes excessivement pénibles. Le coq* rant centripète peut même prendre naissance dans le foie. J'ai tu, en eflet, fréquemment les différentes affections do cet organe s'accompagner, surtout & leur début, d'une toux spasmodique que le% malades eux-mêmes comparent à la coqueluche. 11 y a toutefois d^ points de prédilection pour engendrer ce phénomène. La muqucosQ bronchique amène bien plus constamment ce résultat que les caaiQy d'irritalion qui portent sur la muqueuse digcstive ou sur le foie. Le point le plus apte est incontestablement la muqueuse de la glolte, et c*est le laryngé supérieur qui constilne le délicat moyen de trios, mission de cette sentinelle vigilante. De même aussi que pour la vomissement, le courant centripète peut être remplacé par un âat du centre ou prendre naissance sur les nerfs sensitifs cutanés. (Test pour celle raison que l'eau froide applii|uéc sur la peau peut enrhumer. Le glosso-pharyngien surloul paraît apte à provoquer laréft^ tion convulsive, mais le vngue n'en est pas moins l'agent sensilit le mieux adapté au pliênuinèiie, en raison de ses connexions avec le centre respiratoire. De même enfin (]ue pour le vomissement, les fibres musculaires du contenant ainsi que les filets moteurs du vague n'apportent qu'un contingent préparatoire et accessoire. An besoin, l'acte pourrait s'exéculer avec les apparences de la inêrrv& vigueur sans leur intervention, car la puissance expultrice est lUi tout développée par les muscles des parois thoraciqucs, qui ticQn<3i ici le rôle des muscles abdominaux dans le vomissement.

Nous devons encore ici chercher à déterminer quel est le rôle vague dans un phénomène dont nous nous sommes déjà occupées qui est connu sous le nom de respiration de ChryM-Siakes. D'aj^ Filehne, l'intégrité de la 10* paire n'est nullement nécessaires^ production, car il Ta obtenu chez les animaux auxquels il a "^ préalablement sectionné les deux vagues, en les soumettant à L"i tion toxique de la morphine, de l'élhor et du chloroforme. Le so^ effet imputable à l'absence des vagues a été une plus longue durée de pauses. Créant ainsi le phénomène à son gré, il a pu mieux l'anal 75^1 et il a conclu que deux conditions sont indispensables à sa réalisa-

tion. n faul, d'ime pari, que îc contre? respiratoire foit ûfTaibli et ait perdu considénibïement de son cxciUiliilité, et, d'autre pnrl, que le centre vaso-moteur, tout eu étant alTaibli loi-m*^nie, ait cun serve cependant plus d'excitabilité que le premier. Il fait olïserver que, pendant la pause, le cccur se ralentit de plus on plus et finit par 8 arrêter complélcmcnt. Il pense que raccumutation de rnckîe carbonique dans le sang qui se fait pendant cette pause a pour résultat d*exciter le bulbe, mais que le centre vaso -moteur subit le premier et seul les eîîet^ de cette excitation, parce qu'il est plus excitable et qu'il traduit son exaltation par Tcxcès de son fonctionnement normal, c*e^t*ù-dire parFarr^t du cœur et par la contraction de tout le système arlêriel. Mais le resserrement des vaisseaux du bulbe produit Tanémie de cet organe. Le centre respiratoire, se trouvant alors totalement jirivé d'oxygène, entre à son tour dans un grand état d'exallaliort et devient le siège d'un violent besoin d'inspiration. De lu, la profondeur et la puissance des premières inspirations qui se matiifeslent. Mais bientôt celles-ri perdent de leur vigueur, parce que Toxygène amené tout d un coup en trop grande quantité rend de nouvelles introdticlions inutiles et paralyse le centre respiratoire. De là une nouvelle pause, pendant laquelle raddc carboiîiquo ^'accumule de nouveau et reproduit la série de phénomènes indiquêe. Il élaye cet éduifaudage sur ce qu'on observe souvent alors mm dilatation pupillaire qui d'habitude coïncide généralement avec une contraction des vaisseaux; sur ce que, dans le même moment, la main sent que la fontanelle est moins tendue, ce qui ne peut tenir qu'à une contraction des artérioles du cerveau; sur ce que cbex une petite malade ulleinte do méningite, il pouvait faire reparaître d volonté le phénomène de Cheyne-Stokes en exerçant nne pression sur la grande fontanelîe. J'avoue ne pas priser beaucoup toutes ces démonstrations indirectes, et je ne les juge pas capables do aiodifîer Topinion que j*ai émise à propos de la méningite tuberculeuse* Jo persiste à croire que le phénomène s'explique parfaitement et simplement par raCTaiblissement que présente le bulbe dans les circonstances où la respiration de Cheyne-Stokes apparaît. Le centre respiratoire se conduit alors à la façon d'un homme qui sVfTorce d*accûm|dir un acte dont sa faiblesse le rend incapable ; quand il veut arancer^ par exemple, il se met à courir, alors qu'il ne peut mémo pas marcbcr, et il tombe de suite épuisé. Le repos qull subit lui rend une apparence de force, et il fuit un nouvel effort en retombaiit

PHYSrOLOGtE DU SYSTÈME NERVEUX.

toujoora dans la même faute, La morphiûe, le chloroforine, Tôthor, nmoind rissent la puissance du centre respiratoiro. Voîlâ pourquoi Filehue a pu faire avec eux ce que produisent les liôvrcâ adyna* iniques. La section de la 10* paire rendait les pauses plus lonj:ues, parce que ce nerf oe pouvait plus venir fouetter le centre en lui transmettant Tim pression que l'acide carbonique accumulé duos les vésicules fait éproaver à ^es ramiïkalions.

y La pathologie est Join de justifier le rôle d'arrût que l'expérimentatioïi a conduit à accordt^r au vague dans la circulalion cardiaque. Pour émettre cette assertion, je ne m'appuie pas sur Tabsence de loule espèce de symptômes dans plusieurs des cas de réseclioa accidentel te, car la lenteur de l'envahissement du nerf avait permis à la circulation cardiaque de se cr^er de nouvelles conditions d'équilibre. Ce qui me ralTermit dans mon opinion négative, en cette circonstance, c'est que dans les observations recueillies jusqu'alors je ne vois nulle part, d'une manière nette, le cœur s^accêK-rer daus lei cas de paralysie et se ralentir dans ceux d'irrilation du nert Partout on aperçoit une perturbation, pouvant changer d*aspect i chaque instant. Ainsi chex le malade de Zur Helle le cœur se monln três-irré^ulier dans ses allures, Par moments il présentait une énergie convulsive. Parfois, au contraire, le nombre de ses révolutîoDS descendait à 25. En d'autres ctrconstaoces^ Timpulsiofi faiblisfiait de jilys en plus, sans que l'organe cherchât à suppléer parla fréquence ù rinsnHisance de chaque conlraction. Gu!tman est le seul qui ait signalé une accélération constante et régulière du pouls. Dans toiia les cas de tumeurs intrathoraciques ce que Ton signale, c'est un tumulte du cœur apparaissant par accès.

U est une maladie variable dans son aspect et où le vague doit jouer souvent un rôle important, c'est V angine de poitrine. Si OQ ne tient pas compte des renseignements que peut fournir Tauscul* tatîon, on peut dire que presque tous les cas que Ton a l^babitude de grouper sous cette étiquette commune consistent en une douleur atroce, qui apparaît brusquement au milieu des apparences de la santé ta plus parfaite, qui siège derrière le sternum, mais qui peut s'irradier vers le cou et dans le bras; en on sentiment de suffocation complète qui jette le malade dans une angoisse et une terreur profondes. 11 est convaincu qu*il meurt, et cela a lieu en effet parfois, car la crise peut aboutir à une syncope mortelle. Le tableau exté* rieur reste donc à peu près le môme; mais quand on interroge par

ruMcnllalion ce qni se passe du côté de la circulation et de la respintion, tantôt le cœur conserve son rhylhmc habituel, tantôt ses biUements diminuent d'ampleur et présentent plus de fréquence, tantôt ils deviennent à peine appréciables et en même temps inégiox. Il peut enGn s'arrêter et produire une syncope passagère ou la BU)rt. La respiration est presque toujours normale. Parfois seulement le rhythme offre un peu plus d'ampleur et de fréquence, mais toujoon l'auscultation indique que l'air pénètre parfaitement, quoique le patient soit convaincu qu'il manque complètement d'air. C'est loot justement parce que la scène intime n'offre pas toujours le même UfKi que le mécanisme de cette affection a été l'objet d'interprétations différentes. G*est ainsi que Maconde et Latham voient là le résoltat d'un spasme momentané du myocarde; Darwin, d'un spasme do diaphragme; William Stokes, d'une syncope due h la diminution delà force musculaire du cœur; Bréra, Schœffer et John, d'une panlfsie incomplète de cet organe; Beau, d'une asystolie où le système nerreox n'intervient peut-être pas; Butler, d'une goutte diaphragmaligne. La plupart des autres médecins regardent la maladie comme étant constituée par une névralgie; mais ils ne s'entendent pas sur te siège de l'érélhisme. Jaccoud localise la scène principale dans le vague qui, par suite de son état d'exaltation, arrête le cœur au lieu de se contenter de le modérer. Desportes en place aussi le foyer dam la 10* paire, avec irradiation ultérieure dans les filets cardiaques. Lartigue le met, au contraire, dans les filets cardiaques sympathiques avec extension ultérieure au pneumo. Gahcn prétend que le phénomène initial est la névralgie brachiale et intercostale qui envahit ensuite le sympathique en provoquant de sa part la congestion des organes thoraciques.

Je crois avec Romberg, Parrot et Gairdner, que l'angine de poitriiitf pur sang, celle qui, par conséquent, mérite de constituer une entité morbide bien déterminée, a son siège principal dans le plexus cardiaque, qui manifeste ici son autonomie pathologique, car le nége de la douleur correspond exactement au point qu'occupe ce plexus, et dans un cas d'angine de poitrine franche rapporté par Sairdoer, l'autopsie montra qu'il était directement et exclusivement Donpromis par un anévrysme de l'aorte. Enfin, la sensation éprouvée est toQt à fait de la même nature que celles que produisent les plexus hépatique et rénal dans les coliques hépatique et néphrétique. L'exaltation de ce plexus peut tenir à des conditions intrinsèques

398 rHvsioLOGiE du système nkrvecx.

ou au voisinage d'ime cause d'irritalioa (tumeur, anévrysme, ganfrïion hypertrophié, embolie cîe Tarière coronaire, etc,). L'ébranlement né là, «11 r place, ne peut évidemment devenir une douleur qu'à la condition d'être transmis au centre seositif. Or, deux voittf SL'ulcmeDt se prêsenlent à lui [)0ur altcindrc ce but, le vague et le sympathique. Je suis assez porté à penser qu'il s'est engagé pluj spécialement dauâ ce dernier, lorsque la douteur consiste simplement en une forte pression; et qu*it a pris, au contraire» la voie du pneumo, lorsqne la souffrance est aiguë et se rapproche de5 douleurs névralgiques des nerfs cérébro-racliidiens. Il se peut aussi que, dans celle circonslance, le nerf soit irrité Juî-môme el vienne centupler 1 cbranlemeiU ne dans le plexus. Quant aux phénomènes moteurs, lorsqu'il s'en produit ils sont le plus souvent réflexes et la conséquence de la douleur»

4** La putîioiogie ne nous a encore rien appris de positif sur les troubles hépatiques et rénaux que les maladies du vague peuveot engendrer. Il n'est pus irrationnel de se demander, toutefois, si ce n'est pas par l'intervention stimulante de ce nerf que la peur el la colère produisent l'ictère par hypersécrétion de la bile.

9«rf iplnal.

ConsUtuihn anatomiquê. — Par son origine, le spinal est & h fols un nerf crânien el un nerf rachidien. Il est, en effet, formé par [a fusion de deux ordres de racines. Les unes, dites médullaires, sont au nombre de 6 à 8 et séchelonnent de façon à puiser leur innervation dans ks deux tiers supérieurs de la moelle cervicale. Elles sont situées en avant des racines antérieures des nerfs cervicaux et émergent du cordon antéro -latéral. Les autres, dites bulbaires, sont au nombre de 4 ou 5 et émanent du faisceau intermédiaire du bulbe. Suivant Lockhart-Glarke, le noyau du spinal m dédouble en deux parties, reliées d'ailleurs entre elles par des fibres spéciales. Il serait en outre en relations anatomiques manifestes avec le corps restiforme d'une part, et avec le noyau de l'hypoglosse d'autre part. Celle dernière connexion semble justinéc par la physiologie, puisque la 12* paire est appelée à articuler les sons produits par la onzième. Toutes ces racines s'ajoutent successivement les unes aux autres, de façon à constituer eQfm un seul tronc qui s co-

aEâ le trou déclitré postérieur, où il est logé dans tin canul commun à lui et au vagrue. A ce niveau , il fournil assez souvent uïi ou deux fllets au gan^^iion supérieur de ce ilcrnier uart; puis il bc divise prcs<]ue immédiatemênl eu deux branthes, distinguées en interne et exienic, Lmlernc se jette dans le ganglion plexiforoie, Tait désormais partie du pneumo-gasiriqiie et coueourl avec lui à former particulièremenl lerécurreot et le laryngé supérieur. L externe, qui est plus considérable que la précédente, s épuise dans les muscles sterno-cléido-raastoïdien et trapèze après s'élre anastomosée avec les braoelies aiilérieures des 2% 3* et 4* nerfs cervicaux. Lu macération dans l'alcool a permis à quelques analomisles de constater que la brancbc externe se conlinue plus spécialemenl avec les racines médullaires et que l'interne fait suite plus particulièrement aux racines bulbaires.

Fig, 65.

Physiofogie normafe, — On considère généralement aiijourd*bni le spinal comme étant un nerf exrluFivemenl moteur, et on ne lui accorde qu'une sensibilité récurrente qu'il devrait ù ses anastomoses

avec les paires cervicales. Cependant Van Kempea veut en bin oi nerf mixle. Il prétend qne sa branche externe seule est motrice, e que rintemc, celle qui vient 8*ajouter au vague, est sensilive. U reftisi par conséquent au spinal loute action sur les muscles du larynx Cet observateur a été sans doute induit en erreur par son mode d*cxpérimcntalion. Comme il agissait sur des animaux morts, il rsl possible qu*il ne soit pas parvenu à provoquer des contractions dao^ le larynx, en irritant les racines du spinal. L'action de ce nerf ei^ les muscles laryngés est devenue incontestable depuis les lieU^ expériences de Cl. Bernard. Déjà, après avoir perfectionné le proc^^ de BischofT, il était arrivé à couper les racines de la 1 1* paire $uj. des animaux vivants, et il avait constaté que, si la section des t%ch nés médullaires n'abolit pas la voix, il n'en est plus de mémeaprtt celle des racines bulbaires. Mais il est arrivé, depuis, à des réSQliHg beaucoup plus nets, on substituant rarracliemcnt à la section. Getle dernière opération nécessitait Touvcrlure de la cavité crânienne et les animaux succombaient tellement vite, ils éprouvaient aapanTut de tels troubles, que l'analyse ne pouvait pas être asses rigounow ni assez complète. Sur le cadavre, il reconnut que les racines di spinal sont plus adhérentes entre elles qu'au bulbe et à la moeHf, qu'on peut, en pinçant le nerf à sa sortie du crâne et en lui imprimant un mouvement de torsion , Tarracher et entraîner avec loi toutes ses racines. Il mit à proflt celte particularité et il put réaliser rarrachemcnt, sur des animaux vivants , presque sans délabrement. Une simple incision , étendue de l'apopbyse mastoîde à rapopbjie transverse de l'atlas, permet, en effet, de découvrir la branche externe, au moment où clic va s'engager dans le stemo-cléldo-mutoïdicn. En la suivant de bas en haut, on est naturellement condoit au point où elle se réunit avec la branche interne. On les nid toutes deux dans les mors d'une pince, â l'aide de Jaquelle on exeite sur la totalité du spinal une traction ferme et continue , et bientMil cède entraînant avec lui toutes ses racines intactes. Au point de ine de la nature du nerf, on constate alors que la sensibilité n'a été modiGée nulle part, que l'arrachement n'a eu que des conséquences motrices, et que, par conséquent, le spinal est bien exclusivement moteur. Cl. Bernard a fait mieux encore. Avec son habileté habituelle, il est arrivé à arracher, à volonté et exclusivement, soil les racines médullaires, soit les racines bulbaires. Dans le premier cas, il n'a observé des troubles moteurs que dans la sphère de distribu-

tion de la branche externe; dans le îsecond, il n'y eut de compromis que le département commun au vague et à la hranchc interne. Lexpiînmeîilatioiî condrnie donc les résultats de la tlisseciion^ à savoir (lue la branche externe est d'origine médullaire, tandis que l'inlerne vient dn Lull>e. La méthode de Farrachement a toutefois un iiiconvônienL Elle jMTmel bien de constater la supprèission de certains actes de nïiture molrice, mais elle ne montre pas quels sont les omncles atteints, par la raison que le slerno-cléido-mastoïdieu et le Irapèïe continuent ft recevoir des paires cervicales, et que les muscles du larynx sont encore^ tout au moins en grande partie, sous l'empire du vague. Chïiuveau a cherché depuis à combler cette lacune en recourant de nouveau k 1" irritation directe des racines du spinal sur des animaux lues par hénuHThagie et en se piaeant dans de meilleures conditions (fue celles adoptées par Van-Kompen. L estomac, l'uL'Sophage et les muscles dn pharynx sont toujours restée ijiertes. Il faut toutefois excepter une petite zone supérieure dn premier conslricteur. Mais comme, pour obtenir t^acoiîtraction, il fallait agir dans nn point très-rapproché des racines dn vague , il est probable (jne ce résultat peut iMreni^ligé. Quant înix muscles du larynx, ils se sont toujours contractés d une niaoiére manifeste, tous moins un. le crico-lhyroïdien. Ce dernier fait se trouve en désaccord avec ce que l'arrachement semble faire attribuer au spinal comme rôle fonelionoel. Celte réserve faite, plarons-nous mainlenant au point de vue le plus important, cVst-â-dinï de la destination physiologique de la 1 1* paire, et déduisons les attributions fouctioonetlos respectives des branches interne et externe, dtîS troubles unîmes qu'engeadre leur arraidiemeiit fait séparément. Il est évident, en effet, ^fi chacune d elles doit être chargée de faire ce qui cesse d^élre exécu l é a p rès sa tï esl m c t i o n .

Rôk fonctionnel de la l/rancM intùrne, — Apri^s la section des récurrents, la voix est complètement abolie, et en outre il y a une occlusion passive de la glotte qui amène une grande- suffocation. Après rarracheinent du spinal, il y a aussi aphouie eonqdL-te , mais la glotte reste béante et se montre même trés-dilatée d'une manière persistante, La respinition continue à s'elTectuer régulièrement comme auparavant. Le son gloltique qui accompaf^'ne l>xpi- I fiction a seul disparu et est remplacé par un faible souille. Il est éTident daprès cela que l'aphonje est la çoiiséqueuce dii^cle de la suppression du spinal, tandis que locclnsion est au contraire celle

de la paralysie du vague. Si lagectioQ du récurrent entraîne la perte de la voix comme rarrachement du spinal, c'est parce cïu'od ne peut le couper sans sacrifier à la lois les iihrvjs d'origine spinale et celles qui viennent du vague. Mais ce qu on observe à la suite de rarnichement isole du .qjiuai pennet de faire le décompte el de recounaîlre que le pneunio porte son iulluence motrice exclusiveraent sur te maintien de la béance et sur ta dilatation de la glolte, qu'il est te nerf réeïtement rcspiraieur, tandis que le gpioal est le nerf réellement vocal. Ces faits, incontestables eu eux-méme^, peuvent cependant être appréciés de différentes manières.

Comme les cordes vocaies ne sont capables de vibrer que lorsque la glotte oflre un certain degré de constriction, et comme l'inspiration nécessite que cet orifice soit largement dilaté, il est asses naturel de penser que le vague anime exclusivement les muscleït dilatateurs et que le spinal innerve seul les muscles conslrictcurs de la glotte et les tenseurs des cordes vocales, en sorte que lu pr^Muier ne se trouverait affecté à la respiration et le second à la phonation qu'eu raison même de leurs distributioniî anatomiques respectives. H y aurait ainsi des muscles et un nerf phonateurs, les constricteurs et le spinal, des muscles et un nerf respirateur*, les dilatateurs et le vague.

On peut admettre avec tout autant de raison que le$ deux espèces de nerfs animent simultanément les deux espèces de muscles, mais qu ils sont appelés chacun à les faire se contracter dans des circonstance différentes ; qu'ils obéissent au spinal lorsque leur« mouvements ont pour t)ul de réaliser la phonation, et au vague lorsqu'ils se meuvi*nt en vue de ta respiration. Sans doute il faul, pour ta production de la voix, que les lèvres de la glotte se rapprochent, afin quelles s'offrent de champ à la colonne d'air qui doit tes faire vibrer; il faut aussi (pj'elles soient plus ou moius tendues, suivant la hauleur du son à réaliser. Mais en présence de la grande variété des manifeslalions de l'organe vocal, on est en droit de penser que ce rapproch<*ment ne s'opère pas toujours dans les niêœt« conditions, qu'il se fait sans doute de nombreuses combiuaiâOi^^l mettant en jeu datis des proportions dilîérentes les muscles anUg^B nistes les uns des autres. Eu cet état de choses, la reparution d«* constricteurs et des dilatateurs en agents de la phonation et de la respiration n'aurait plus lieu, et par suite la spécialisation n'exj*ti}rait plus que dans le système nerveux* Les ordres supérieurs }iarti*

raient de deux points distincts des centres nerveux et seraient transmis par des conducteurs distincts aussi. Les mômes muscles, en lear qualité d'agents directs, mais en sous-ordre, relèveraient tantôt du centre phonateur, tantôt du centre respiratoire. Mais leurs chcfe nerveux, étant chargés de présider à des fonctions aussi différentes, auraient besoin de se spécialiser et ne pourraient plus cumoier. C'est à cette interprétation que s'est arrêté Gl. Bernard et il ra développée avec la hauteur de vues qui lui est propre.

Les faits expérimentaux signalés par Chauveau conduisent nécessairement à une troisième interprétation d'après laquelle le vague conserverait le monopole de la respiration, mais prendrait une certaine part à l'exercice de la phonation. Par le crico-thyroïdien, il présiderait à la tension générale des cordes vocales, mais il laisserait au spinal la production de toutes les autres modifications que doivent éprouver les cordes vocales et la glotte pour les besoins de la phonation. Il n'y aurait qu'un seul nerf respirateur, mais il y aurait deux nerfs phonateurs.

Malgré la grande confiance que j'ai dans l'habileté expérimentale de M. Chauveau, je reste partisan de l'interprétation de Cl. Bernard, parce qu'elle me semble beaucoup plus en rapport avec les lois de rinnervation. L'appareil de la phonation devait naturellement être placé sur le trajet des voies pulmonaires, puisfpi'il trouvait là un jeu de soufflet et un couranjt d'air parfaitement appropriés. Le point occupé par cet appareil avait besoin d'éprouver des variations de forme et de dimensions favorables, les unes à la production du son vocal, les autres à l'inspiration. Pour des raisons d'économie, à la fois anatomiques et physiologiques, la nature devait évidemment se lenrir des mêmes muscles pour réaliser toutes ces variations quelqn'en fût le but fonctionnel. Mais le double emploi devait cesser à partir du système nerveux, parce qu'à chaque fonction correspond on point de Taxe cérébro-spinal qu'on appelle son centre et où viennent en effet se centraliser tous les actes nerveux afférents à cette fonction ; c'est le point où vont se réfléchir tous les courants sensiti6 capables de provoquer les phénomènes centrifuges qui constipent une manifestation fonctionnelle donnée. De là un groupement déconnexions matérielles qui rendent la localisation indispensable, io cas particulier, la division du travail central était d'autant plus nécessaire qu'il s*agit de deux fonctions que sépare toute la distiace qui existe entre la vie végétative et la vie de relation. Les

iOi

centres étant différents, les iierCs avaient besoin de VCtlre aussi, puisqye les fibres devaient émaner de deux points de l'axe plu& uu moins éloignés l'un de Fautre, Malgré celle déclaration, je ne peux m abstenir tic mentionner les expériences pins récentes de Schech, quoiqu eMes Hoient de nature à raffaiblir.^Ce qui caractérise ces nottveUes expénences, c'est que la section du nerf a élé suivie de remploi du laryn||Oî;cope. Cet instrument lui a permis de conslaler qu'après la destruction du spinal, ia glotte reste à jamais inerte comme sur le cadavre, malgré la persistance du vague- Aussi cet autenr croit-il que le spinal est le seul nerf moteur dn larynx.

Les expériences de Van-Kenipen et celles de t^liauveau semblent en te ver à la brandie interne à pen prè^ Ion le espèce d'influence motrice sur te pharynx.. Cependant CL Bernard dit que, ëi après rarracheiïîeot du spinal la déglutition n'est ni abolie, ni même amoindrie dan^s son énergie^ les matières alimentaires dévient toutefois beaucoup plus souvent vers les voies pulmonaires, et il pense que cela tient à ce que ce nerf est particnliéremctil chargé de fermer la glotte par pression au moment de la descente du bol aliuieiilaire. Pour lui, les muscles du pharynx seraient absolument dans les mêmes condition? que ceux du iary[ix. îls seniienl inner^'és simultanément par le va^ue et le spinal Voilà pourquoi ils conserveraient encore leur cuutractililé après rarracbement du dernier nerf. Ils obéiraient au vague pour lexéculiori de lacté de la dé|^lutilion considéré en lui-même^ et au spinal <]uaud il s'agirait des précautions à prendre pour protéger l'organe vocaL 11 est certain, cependant, que la petite zone du constricteur supérieur, que Ghauveau est arrivé à faire contracter, ne pourrait en rien remplir le but indiqué. Le segment inrérieur du pliarynx eu serait seul capable. On rom prend que celle portion ne paraisse point paralysée après rarraclienienl du spinal, puisiiuelle coutinue il être sou^s reiopire du vague; mais si le spinal contribuait rêellemenl à ranimer, oo W^ comprendrait plus qu'on ne puisse pas y provoquer di^^s contractions, en irritant directement les racines de ce nerr. Or, sous ce rapport, l'élec Irisation a fourni des résultats négatifs. Aussi je doute que le spinal ait une action motrice sur le pharynx, et je crois que si après rarrachemenl, les aliments font plus facilcmenl fausse.^ roule, cela tient uniquement ù ce que la glotte reste alors largement et constamment béante. Celle circonstance me parait même indiquer que l'occlusion précaulionûelle qui doit accompagner ia d^lutition

Qonnale est plutôt l'œuvre dos muscles inlrinsèques que des muscles extrinsèques du larynx. Du reste, si les muscles du pharynx awQt été, comme ceux du larynx, animés à la fois par le vague et le spinal, à deux points de vue fonctionnels différents, j'aurais compris tout autrement l'utilité de cette double intervenlion. Le pharynx feil partie du porte-voix qui surmonte l'organe producteur du son. 0 contribue avec le voile du palais, la bouche et la langue, à modifier ce son de manière à le rendre «irliculé. 11 est en outre pour beaucoup dans la formation du timbre. II joue, en un mot, un rôle important dans la phonation, et du moment où le spinal est seul capable de donner l'impulsion motrice dans la partie glottique de l'appareil de cette fonction, il est assez naturel de penser qu'il doit en étn^ de môme dans sa partie pharyngée. Malheureusement, quand même l'électrisation du spinal provoquerait des mouvements trèsmanifestes du pharynx^ il serait impossible de s'assurer qu'ils auraient une pareille destination ; car non-seulement les animaux n'articulent guère le son brut né au niveau de la glotte , mais en outre, en arrachant la branche interne, on supprimerait, en môme temps que les prétendus rameaux pharyngiens, ceux qui président ila formation du son vocal. Or, il ne peut plus être question ni de rarticulation, ni du timbre d'un son qui n'existe plus.

Rôle de la branche externe. — Lorsqu'on arrache le spinal dans son entier, on constate que l'aphonie s'accompagne d'une brièveté remarquable de l'expiration. Lorsqu'on arrache uniquement la branche externe, la voix persiste naturellement, mais la brièveté de l'expiratioD persiste encore et elle a pour effet fonctionnel de rendre la Tojx brève et saccadée. L'animal se trouve tout à fait dans l'impossibilité de filer les sons. Le larynx par lui-môme ne produit qu'un son plus ou moins élevé. Quant à la durée, l'intensité et les modulations de ce son, elles dépendent de la manière dont s'eiït^ctue l'expiration. Ce sont les mouvements expiratoires qui filent, qui l&chent plus ou moins vite le courant d'air expiré, qui chassent la colonne d'air avec plus ou moins d'impétuosité et viennent ainsi moduler le son de mille manières. L'expiration n'est pas du tout la même pendant le chant et l'exercice de la parole que durant l'étal de repos de l'organe vocal. 11 y a en réalité deux espèces d'expira- Uon : l'une simple, qu'on peut appeler respiratoirey qui n'a pour bnlque de débarrasser la poitrine de l'air altéré qu'elle renferme, et qui cherche à remplir ce but avec le plus de promptitude possible ;

l'imlrê complexe, qu'on pout appeler vocale, tlaDs laquelle Je* organes pulmonaires servent ayant tout de porte-vent à Tappareil de la phonation, dans laquelle les forrt^s expiratrices ne cliassiptit rair que d'uni' nuiiiière mesurée et dosent le courant suivant les besoios de la phonation. Eh bien, c'est cette expiration complexe quf ies animaux ne sont plus capables d'exécuter lorsqu'on leur îf^Turaché la braucliê externe, tout justemeul parce rjii'elïe anime le Irapètc et le steruo-cleïdo-mastoïdieni muscles qui, d'après cela, semblent surtout chargés de mlentir Texpiration, de retenir le thorax dan^ son retrait par Tintermèdiaire de la clavicule, de le descendre au lieu de l'abandonner à sa chute. Aussi l'animal qui a la branche externi^ coupée n'a plus qu'tjne voix entrecoupée. Elle ne dépasM jamais en durée crlte de l'expiration ordinaire. Remarquez que cm deux muscles reçoivent aussi des filets des nerfs rachidiens ; mais aussi ils servent dans des actes de la locomotion et il est probable que dans ce cas seulement ils obéisseul à ces autres sources nerveust^s.

Tous les faits qui précèdent et dont nous sommes redevables! Cl, liemî^rd , montrent que le spinal est avant tout aftecté à Texercice de la phonation el qnil mérite réellement d'élre appelé fidrf votai Par sa branche interne, il préside à la formation du soû et à sa tonalité. Par sa branche externe, il préside à la durée, à rintensilé et à la modulation du son. Il règle le rhythme delà parole et du chant Ces deux ae lions, celle des cordes vocales et celle du thorax, ay^ besoin de se combiner entre elles et de s'approprier l'une î\ Taotre, il était nécessiiire qu'elles fussent conOét*s à une seule el même paire. L'uoité d'action se trouve ainsi bien plus assurée.

Après l'arrachement du spinal, les animaux ont non-seulement la voix brève, mais en outre ils sont devenus incapables de réaliser le phénomène efTort. Aussi Ions les actes de la vie qui nécessitent rinlervention de ce phénomène se trouvent^ils, par le fait, plus ou moins troublés. L'efTorl a pour but de fournir aux muscles des eeg* ments supérieurs des membres un point doppuï irès-fixe leur pair* mettant de développer toute leur puissance, Pour ce faire, il fftol que le thorax cesse momentanément ses alternatives de dilatation et de resserrement, qu'il s'immobihse, et que Tair qu il reofermi* fasse, pour ainsi dire, corps commun avec lui. Dans ce but, la gloltf se ferme, afin de s'opposer à la sortie de l'air, pendant que k« muscles ex pirateurs s'efforcent de le chasser par des ccïntractioûn

\îès-énergique8. Il on résuUe que la vessie pulmonaire devient plus tendue et par suite plus résistante. Le trapèze et le slerno-cléïdoma&toïdien viennent lutter avec Tocclusion de la glotte contre cette action des expirateurs, lis maintiennent le thorax soulevé pendant que la glotte ferme l'issue. Quand le spinal est supprimé en entier. 0» deux moyens antagonistes de l'expiration se trouvent supprimés et l'effort est devenu impossible. Les expirateurs ne font plus qu'affaisser le thorax sans le rendre résistant. Après l'arrachement de la branche externe, l'occlusion peut encore se faire, mais l'abgaice de Taclion particulière du trapèze et du sterno-cleïdo-mastoïdien suffit pour rendre le phénomène incomplet, pour gêner la course, qui nécessite en effet un certain effort. La marche elle-même en souffre.

Physiologie patholog%([ue. — La paralysie du spinal peut se montrer avec ou sans lésions matérielles. Dans ce dernier cas, elle porte presque toujours sur les deux côtés à la fois, ce qui prouve qu'elle dépend généralement d'uhe cause centrale. Jusqu'à présent il n'existe dans la science qu'un seul cas de paralysie unilatérale, sine mate' rid. 11 est dû à Morell-Mackensie. La voix s*y est montrée seulement faible, tandis qu'il y a aphonie complète lorsque la paralysie est générale. Dans celle-ci on constate en outre au laryngoscope que les lèvres ne vibrent pas et que l'ouverture glottique reste toujours béante. La paralysie peut cependant être plus partielle encore. On h vu se localiser dans le crico-aryténoïdien latéral et l'ary-aryté- Doldien. Il en était résulté simplement de la dysphonie. Quelle que ioit son étendue, la paralysie nerveuse est souvent une manifestaion plus ou moins passagère d'une névrose générale. Elle se monre fréquemment dans Thystérie. Elle peut être aussi de nature oxique et être engendrée par le plomb, la belladone ou la jus- [uiame. La syphilis elle-même parait avoir des droits à figurer dans ;e genre de causes. D'après Diday, l'aphonie se montre souvent chez es syphilitiques pendant la période secondaire, sans qu'il y ait d*ulcération ou toute autre altération matérielle. On a vu enfin VaphoQÎe être un produit de l'intoxication paludéenne. Dans cette ÔTConstance, elle apparaissait par accès périodiques. Les émotions morales, particulièrement la peur, la joie et la colère, peuvent paralyser brusquement les cordes vocales. L'ébranlement moléculaire engendré parla couche affective vient produire dans le centre vocal on tel saisissement qu'il en reste, pour ainsi dire, interdit. Il est

frappé de la mûme manière qiie les centres moteurs qui détemiinent le myolèthe des spliincterg. L'aphonie reconnaît parfois un mi^cauisme rvllt^xe. Ainsi on l'a vue être produite par h prêsorrre de? Yurs inteALinaux dans l'intestin. GominêiïL fa tilillation qu'exercent ces parasites sur la muqueuse intestinale arrive-l-elle h paral^iscr ainsi le noyau du spinal ? Ksl-ce par le mécanisme infliquê par Brown-Seqyard pour la inoolïe, cesl-â-dire en produisant l'elfacement spasmodique et permanent des vaignseaux de ce point do bulbe? ou par la voie d'épuisement admise d'une façon générale par Jaccoud ? Cette dernière interprétation me parait peu admissible ao cas particulier, car une impression sensitive ne peut guère épuiser directement qu'un centre sensitif; et encore faudrait-il des connexions beaucoup plus direcles enti'e ce centre et les nerfs conducteurs. C'est pourquoi elle doit être due à un ébranlement analogue à celui que produit une émotion, ébranlement qui ici sendt inconscient et à marcht* clironique. Dans l'aphonie réllexe, le courant cen tripète peut aussi être apporté par des nerfs cutanés et être engendré par le froid. 1! est vrai que cette dernière influence détermine la plupart du temps une modification vaso-motrn e tp^ii congestionne la muqueuse des cordes vocales et qui produit un enrouement de nature tout k fait matérielle. Mais il est des cas où cet effet vasomoteur fait complètement défaut et où il y a de l'aphouie réelle et non un simple enrouement. La sympathie préétablie entre le^ organes vocaux et génitaux se manifeste aussi par des troubles dan.*» le fonctionnement du spinal. Chez quelques personnes l'aphonie se montre avec les menstrues et cesse avec elles. Le même fail peut se produire dans les maladies de matrice. On Ta vue aussi suï\Te les destinées d'une blennorrhagie. Ce réflexe entre ces organes qui se montrent en toutes circonstances sympattiiquement liés ensemble, se comprend peul-étre nùeux encore avec ranémie de Brown-Sequard qu'avec l'idée d'un ébranlement venant saisir et rédnire à rinertie le centre vocal, Lefi vaisseaux de ce centre se resserreraient pendant que ceux des organes génilanx se dilaleraienl sous l'inftuence de la maladie. 11 s établirait un Ilux et reflux entre ces deux pôles opposés,

Ouaud l'aphonie est la conséquence d*une lésion matérielle. ci*Ueci siège rarement sur le tronc du spinal lui-même, Tiirck Ta me cependant être déterminée par la compression iles deux nerfs dans le Irou déchiré, ù la suite de la dégénérescence cancéreuse de rocci-

pilai. Les causes; matérielles frappent beaucoup p!ys souveni le récurrent G est qu'en effet sa situalioti l'expose à être Uireelement comprime pur les gan/îlioiis hyiiertropliiés, les Itimeurs caQeéreuaes, les goitres, les anévrysmes de ï aurle, de la carotide ou de la sousclavière, erifio par les dépôts tuberculeux ûu sonimet du poumon. Très-souvent Inpbonie ou au moins une altération profonde de la voix se montre bien avant qu'il y ait des tubercules et même de rinflammalion de la muqueuse larjiigée. Il est aussi bien plus exposé «I ta dégénérescenre granulo-graisseose d'origine diplittiérilique, à cause du siège ordinaire des faut^ses membranes^i. Dans toules ces circonstances où le récurrent est seul atteint, ïe muscle crico-thyroïtlien échappe ualurelleinenl k la paralysie, puisqu'il reçoit du lîiryn^'é supérieur, (ierbardt a vu trois fois la ]ïaraly8ie des cordes vnralos être délerminée par des poïypes du pbarynx. Dans les trois cas, Tablation de la tumeur lit disparaître rapidement rallératioii de la voix. Dans un fait ûv Gairdner. raphoiûe élail détenuinée par un anévrysme de la crosse de l'aorte.

Lorsqu'au lieu d'être paralysée, la brancbe interne est en état d'irritation, il en résulte une vérilable rhorée laryngée. La voix est iaccadée et se présente parfois sous forme de véritîd>tesal>oiemeuts. Chez d*autres, chaque mot prei^d le caractère du cri du coq. Souvent le malade émet, oial^re lui, une série de sons vocaux. Les cordes vocalei^ se rapprochent et se tendent contre sa volonlé, et l'air expiré les fait forcément vibrer. Le spasnie cesse pendant le sommeil Cette névrose localisée est beaucoup pins fréquente chez les enfants que pendard l'ûge adulte. Sous le nom de crampe professionnelk dft> larynx, Gerbardt a rapporté l'hisloinî d'un flûtiste dont la jelotle produisait malgré lui un bruit continu d'une certaine in- Itiisité ebîiqne fois rpill jouait de son iiist rumen L Le laryngoscope et rinlroductioo du doîj^l pei*mcltaient de constater qu^iVee moment les cartilages thyroïde et cricoïde se mpprochaienl et que les cordes iriiiraient. On rencontre des individus obrz lesquels la voix préseule un chevrotement qui traduit manifeslemetit une certaine irrégularité dans la tension des muscles laryngés, Qnznà c'est le crico-lbyro'idien qui présente cette ini'gulariïé dt* tension, la voix est chevrotante dans toute son étendue. Si te sont le crico-aryténonïitjn latéral et le Ihyro-aryténoïdien, le chevrotemenl ne porte que sur les sons du refriRire inférieur; les sons du re^iistre supérieur m* deviennent tremhlollauts que lorsque les muscles aryténoïdiens traus-

PHYSrOI.OGlE DU SYSTÈME NERVEUX.

vc*rse et olilique sont oux-mânie^ f orapromis. Comme le fait se reticontre surloul chez les chanteurs qui ont abusé île leur voix ou qui ont voulu dépasser les bornes de ï'écheïle rausieale dont la nakir^ les avîiil doués, les spéciîilisles regardent cett*» affection comme résultant de l'atonie des muscles. J'ai été témoin de deux cas aDalogués. L'un d'eux a éveillé chez moi l'idée duue ataxie loaile; Tautre ma paru oûrir une certaine analogie avec les phéDoméocs musculaires de la paralysie agitante. Il m*a semblé aussi que U cause était plutôt ceulrale que périphérique.

Jusqu'à présent nous n'avons envisagé que la branche interne: mais la branche externe peut aussi éîre compromise, soil conjoialcment avec la précédente, soit isolément . 11 apparaît alors une symptomatologie parfaitement en rapport avec sa deslinalion, Aprèe le facial, elle représente le cordon nerveux le plus apte ù devenir le siège d'une paralysie à frujore, Trôs-souveul l'affectiou un ï>eu variable dans son nspect qu'on appelle lorluolis^ e^sl un phénomène morbide produit par ce mécanisme et relevant du spinaL Toutefois, dans ce cas, il n'est pas toujours facile de recojmaître cette origine et on peut Otre aussi bien en droit de mettre en cause d'autre^! muscles et le plexus cenncal, Un malade de Guttraan, qui présenta une dégénérescence granulo-graisseuse du spinal, a fourni la preuve de l'intervention possible du spinal. La paralysie portait même exclosivfUienl sur la branche externe, La voix était bien un peu faible et nasillarde; mais comme le laryngoscope faisait constater la parfaite intégrité des mouvements de la glotte, et comme d'autre part le voile du palais se montrait complètement inerte au moinenl de Texercice de la phonation, on ne pouvait évidemment attribuer ces effets qu*à cette dernière cause. Les symptômes afférents à la bniDclîe externe étaient trés-neLs. Il y avait un torticolis sans contraoture, dû il la jiaralysie du slerno-cleldo-mastoidien. La t»Ue éiail constamment inclinée à droite. Le malade ne pouvait tourner la tôte du côté gauche. Une observation de Bïand-Radcliff nous offro contre-partie de la précédente. 11 s'agit dun torticolis produit m plus par la paralysie du irapôze et du sterno^mastoïdien» mais par leur contracture. La déviation de la tôte et du cou eut lieu natiu^ellement du même côté que la lésion. J*ai cm constater chez un mdividu considéré comme étant en proie à un accès d*aslhme, uu amH iutermitlenl de la respiration en inspiration, dil à la contrarlion spasmodique des muscléii de ta branche externe. Ce cas a fait naître

NERF GRAND HYPOGLOSSE. 411

chez moi la pensée que Tarrôt en inspiration obtenu parfois par l'électrisation du bout central du pneumo n'était autre que le résul- Ut de la réflexion de Timpression sur le noyau du spinal. On observe plus fréquemment le spasme clonique des muscles animés par lésinai. C'est là une affection qui a été décrite sous le nom de ticrolatoire du cou. Le dernier se tord de façon à rejeter la léte en arrière d'une manière rhythmique. Le mouvement peut se répéter jusqu'à 20 ou 30 fois. Ce tic s'accompagne très-souvent d'une douleur au niveau de l'occiput, qui indique qu'il s'agit d'un spasme réflexe. L'intervention du centre est, du reste, démontrée par ce fait que le spasme reste rarement limité au département du spinal. Il g^éteud à ceux du facial, du masticateur et des nerfs cervicaux.

Herf grand hypogloBse.

Cùnxtitution anatomique, — Ce nerf naît du bulbe par 10 ou 12

radicules qui émergent du sillon de séparation des olives et des

pyramides. Mayer, de Bonn et Vulpian ont signalé cbez plusieurs

animaux, notamment chez le chien, l'existence d'un autre groupe

de radicules qui partent de la face postérieure de la moelle et qui,

après avoir traversé un petit ganglion, vont concourir à la formation

de l'hypoglosse. Ce nerf se trouverait donc ainsi avoir, comme les

nerfs rachidiens, une racine postérieure ganglionnaire et une racine

antérieure dépourvue de ganglion. 11 présenterait en outre, comme le

spinal, deux origines bien distinctes *, il prendrait sa source à la fois

dans le bulbe et dans la moelle cervicale. Mais ce qui est la règle

é^énérale chez le chien se montre tout à fait exceptionnel dans

i'espèce humaine. La racine ganglionnaire n'a été rencontrée chez

l'homme qu'une seule fois par Vulpian et deux fois par Mayer, et

encore elle n'existait que d'un seul côté chez un des sujets de ce

dernier observateur. Une fois constitué, l'hypoglosse sort du crâne

p«i.T le trou condylien et contracte presque immédiatement trois

;^iiastomoses importantes; l'une avec le sympathique au niveau de

son ganglion cervical supérieur ou de son rameau carotidien ; la

seconde avec le pneumogastri([ue ; la troisième avec Tarcade

tonnée par les deux premières paires cervicales. Il se porte ensuite

en bas et en avant en décrivant une courbe à concavité antérieure.

.\Q moment où cette courbe contourne la carotide interne, il

PHYSIOLOGIE DU SYSTEMS NRRVRUX.

fournit une branche importante, dite descendante. Cette branche d cend veriicalonieut jusqu'à la partie moyenne du cou, où elle s*an lomose avec la branche d(«ccndaute interne du plexus cervical. Gel ci vient là s associer à l'hypoglosse d une manière bien remarquât Elle se divise en deux rameaux. L'un d'eux forme avec la deso dante de l'hypoglosse un plexus d'oCi émergent des fllets qui

Fig, GG.

Grand hjpogloiiiie.

rendent îiux différents muscles de la région sous-hyoïdior scapulo-hyoïdien, slerno-hyoïdien, stemo-thyroïdien. L'autre s' plique sur la descendante de l'hypoglosse, se sert d'elle con

NERF GRAND HYPOGLOSSE. 413

d'un conducteur pour remonter jusqu'au tronc môme de la 12* paire, qu'elle accompagne ensuite vers sa terminaison ; de telle sorte que le8 nerfs cervicaux viennent manifestement contribuer avec l'hypoglosse à l'innervation des muscles de la région sous-liyoïdiennc et qu'ils prennent en outre une certaine part à celle des muscles dans lesquels la 12' paire se termine. Le grand hypoglosse fournit eûsuile successivement une branche au thyro-hyoïdien, une autre au génio-hyoïdien, une à l'hyo-glosse et une au stylo-glosse. Kiifln il se termine dans le genio-glosse et dans les fibres musculaires intrinsèques de la langue, après s'ôlre anastomosé avec le lingual par deux ou trois filets. D'après Wyman, kis deux hypoglosses s'anastomoseraient ensemble à leur terminaison de façon à donner naissance à un plexus qui serait très-apparent chez quelques animaux.

Physiologie normale. — L'existence de la racine ganglionnaire est tellement exceptionnelle chez l'homme, que nous pouvons la négliger. Serait-elle constante, du reste, qu'on ne serait nullement autorisé à l'assimiler aux racines sensitives des nerfs rachidiens ; car aucune expérience positive n*est venue démoutrer sa sensibilité daiKs l'espèce canine. D'ailleurs l'expérimentation prouve nettement que l'hypoglosse est par lui-même un nerf exclusivement moteur. Longet a pu agir sur les filets originels de la 12'' paire sans enlever la voûte du crâne et en opérant seulement à travers l'espace occipito-atloïdicn, el il a constaté que l'arrachement de ses racines ne s* accompagne jamais de douleur. L'animal, il est vrai, manifeste une vive souffrance lorsqu'on divise ou que l'on pince l'hypoglosse an peu an-dessus de fos hyoïde. Mais ce n'est là évidemment qu'une sensibilité d'emprunt due à l'anastomose que ce nerf contracte avec farcade des deux premières paires cervicales. On doit de même attribuer aux anastomoses avec le lingual la sensibilité que présentent les branches terminales de l'hypoglosse. Chauveau est Tenu compléter la démonstration de l'insensibilité du tronc originel de ce nerf en montrant que l'électrisalion de son bout central ne détermine aucun mouvement réflexe. Chaque fois que Véleclricité est appliquée au bout périphéri([ue, elle engendre immédiatement de très-vifs mouvements de la langue. L'électrialion du noyau central donne les mômes résultats que celle des racines. L'expérience a besoin d'étn; faite, toutefois, très-peu de temps après la mort, car ce nerf perd assez vite son excitabilité. Si,

l'HYSîOLÛGIE DU SYSTÈME NERVEUX,

au lieu df recourir à la voie de l'excilaliou, on supprime au contraire T action de ce nerf par une section, on observe une série de faits qui prouvent sa nature purement motrice d une manière plus poî^ilivc encore. L'hypoglosse n'est pas plutôt coupé, que la tangue reste désormais flasque et inerte an fond de la cavité buccale. Elle est devenue incapable de tonte espèce de mouvement, ce qui indique oon-rfeulement que ce nerf est moteur, mais en outre qu'il est le seul agent excitateur des muscles de cet organe- Après celle section, la langue n*a absolument rien perdu de sa sensibilité tactile habituelle. En effet, si par hasard la pointe de la langue vient, pendant les mouvemenUs de la télé» à sortir pnv Van ou par l'autre angle de la bouche, elle reste dehors sans que le chien puisse la retirer, el pendant les mouvements de mastication îl la mord» ce qui lui fait pousser des cris de douleur. On peut s'assurer de la chose plus direcleûient encore en picinant la langue dans tous les points de son étendue, depuis sa pointe jusqu'à sa base. A chaque piqQre ranimai dorine des signes non équivoques de souffrance. La t2* paire n'est pas plus afTeclêe ù la Bensibihté gnslative qu*àla sensilnlité tactile ; car si, après avoir pratiqué chez un chien la résection des deux hypoglosses, on louche sa langue avec une solution de coloquinte, aussitôt cet animal agite violemment sa lôte et ses lèvres. Il exécute des mouvements brusques de mastication, comme sll cherchait à se débarrasser d'une seusatiou désagréable. Du rrsle, la sensibitité gustativeest complètement anéantie lorsqu'on a sacriDé les nerfs linguaux et les glosso-pharyngiens en respecUmt uniquement la I^** paire. Il est donc bien étiibli que l'hypoglosse es* exclusivement moteur, et que, commr tel, il anûne seul les muscles de la langue. Quant à ceux de la région sous-hyoïdienne, rien ne prouve que les anastomoses qu'il reçoit du plexus cervical ne viennent pas concourir avec loi à leur molilité. Mais il est probable que ces filets d'emprunt ont surtout pour but de fournir la sensibilité musculaire que i hypoglosse ne saurait procurer par lui-même. Tel est évidemment aussi le but des anastomoses que ce uerf contracte avec le lingual

Voyons maintenant quels sont les services fonctionnels que la 12** paire rend à réconomie à l'aide des mouvements qu'elle est chargée de fîiire exécuter; chez certaines espèces animales elle i indispensable à la préhension des aliments. Si, dit Panizza, ou pendant quelque temps un chien auquel on a coupé ces deu2iL ne

NERF GRAND HYPOGLOSSE.

lus raaofîer ni boire» et qu'on vienne lui présenter du lait, ranimai approche son museau avec avidité. 11 exécute avec sa tOtu et sa Diâchoire les mômes mouvements (jull ferait pour laper, jnais il ne peut pa^ lirer sa langue hors de sa bouche. Bientôt, las de tentatives iinililes, il renoDce à son entreprise. €omme la langue joue le rôle le plus important dans le premier temps de la déglutition, it est évident rpie c'est aussi à rhypoj;los.<e que revient la partie nerveuse de celle opération. Après la section de la 12* paire, Tanimal mâche bien les aliments qu'on fui introduit dans la bouche , mais il ne peut pas former lebol alimentaire, ni doiuier à la langue la disposition d'un plan incline. Il laisse tomber les fragments dahmenls, les reprend et les mâche pour tes laisser tomber de nouveau. Si l'homme peut se passer de la langue pour la préhension des aliments, elle lui est indispensable pour la déglutition buccale; de sorte que l'hypoglosse préïiide en grande partie à cet acte, chez lui comme chez les animaux. Mais pour tni la 12* paire joue un rôle physiologique beaucoup plus imporlant, qu'on ne peut pas surprendre cbez les animaux, parce qu'il ne s'y présente que d'une fatjon tout à fait rudimentaire. Cesl évidemment lui qui fail éprouver à la langue toutes ces modifications de forme et de situa lion k Taide desquelles elk articule le bruit engendré au niveau des cordes vocales ; de sorte que si le spinal est le nerf de la voix, il est, lui, le nerf de la parole. Je ne sais pourquoi la nature a chargé rh)n[)Og!osse d'inoerver les muscles de la région sous-hyoïdienne, eux qui se trouvent, pour ainsi dire, dans la main du plexus cervical. U est évident, cependant, que la branche descendante qui va les chercher au loin a sa raison d'être, et je suis porté â pefîscr que c'est pour que CCS nmscles, qui peuvent par rintermédiaire de l'os hyoidc modifier la situation de la langue, reçoivent le mot d'ordre du centre qui est directement et spécialement alTeeté à l'arlic ylation des sons.

Physiologie pathoiùfjiqm , — Je n'ai trouvé dans les annales de ia science que quatre observations «l inscrire à l'actif pathologique de la (2* pnire. Deux ont déjà été consignées par Longel. L'une est due à Jobert et est relative à une femme chez laquelle les deux hypoglosses avaient subi une telle pression que leur continuité était tout à fait interrompue. La contractilité «le la langue et la parole éUiient complétemcrit abohes. La seconde a été ffïurnie par Clioisy el Montaut. Il s'agit d'un homme dont l'hypoglosse gauche avait été

Qinci par le voisinage d'une tumeur hydatique, au point dïUre

devenu tout à fait fiiironnc. La lan^^uc était, dans sa moitié corres. pondante, p^le et inerte. Tout en ayant perdu sa motilité, elle a?;!^ conserve ses sensibilités taetile et gustative. Toutes les fois que \^ malade sortait sa lan^(^ de la bouche, par faction isolée des di^j;. clés de la moitié opposée, cet organe s'incurvait et se déviait Vç^, la droite. Les ménuîs symptômes ont été constatés par Glarke ^q^j! un sujet (lui portait un cancer au sein, ce qui lui a fait supposer ny^ l'hypoglosse devait ôlre comprimé par une tumeur de même natureet ))ar Bayet t-hez un individu dont l'hypoglosse se trouvait élrc serré par un séquestre, après l'extraction duquel tout rentra dans l'orrlre. Dans ces trois derniers cas, la panilysie s'accompagna maDifeslcmenl d'une atrophie unilatérale de la langue. Du reste, (ilarke a constaté sur un lapin auquel il avait sectionné un des hypoglosses, une atrophie considéraijle un mois même après l'opération.

Orand sympatiilque.

Nous arrivons à un vaste déparlement du système nerveux qui en est à la fois la ])arlie la j)Ius complicpiée au point de vue an atomique, vi la partit^ la plus mystérieuse au point de vue physiologiciue. Mn effet, le sympathique, (ju'on croyait autrefois résrrvé aux viscères de la vie végétative et qui, dans ce champ ainsi limité, offrait déjà à l'œil d'inextricables réseaux, a vu, grûce aux travaux modernes, son empire s'élendre beaucoup plus loin et devenir môme à peu prés général. Non-seulement les vaisseaux emportent avi»ceux des émanations de ce système partout où ils pénètrf^t eux-nu>nio5=, mais presque tous les nerfs cérébro-rachidii?ns s'adjoignent au!-==-3SV des filets d(^ la même origine ; de sorte (lue le sympathicpie prer»»' une certain»» part à l'innervation des organes de la vie de relation* Il ne constitue pas un système à part , comme quelques-uns l'o^^ admis. Il n'est pas davantîige un nerf émanant de Taxe presipic 2^ même titre ([ue les autn»s nerfs cérébro-rachidiens. Il est la réaiiK^s^ lion la plus parfaite et la plus riche du centre périphérique; ma: il ne s'isolu du système cérébro-rachidicMi ni à sa naissance, ni à 5==-^ terminaison, (lar non-seulement il est relié à l'axe par des brandir^ ' directes, mais en outre, ]mur la constitution des réseaux ultimeri^ il s'associe presque toujours des libres provenant des nerfs cérebru. '

GRAiN'D SYMPATHIQUE.

rachidiens, mi*ffie pour rinnen^atioo des riscères. Seulement , ûan^ le mélattge commun, il domine beaucoup plus sur le terraiu de la vie végélalive que sur celui de la vie de reialioD^ où sou domaine est peyl-(ître limité à la vascularisation.

" Cla

Constituiioa analomique.

Classiquement, on reconnaît au sympathique une partie centrale cl une partie périphérique, La première est constituée par deux Jougs cordons plact-s sur lescôtésdelacolonoe vertébrale et s étendant depuis rexîrémité coccvf^ienoe jusque dans Tinltirieur du crAne. Ces cordons préseiiteai de distance eu distance et presque au niveau de chaque vertèbre, des renHemenïs ou ganglions. La partie périphérique est représentée par rensemble des filets qui, émanauL de ces cordons, voot rayonner dans tous les sens. Ou divise ia porliOQ centrale en régious correspondant aux divers segmeuts du corps, en régions crûiiieune, cervicale, ihoracique, lombaire et sacrée. Nous décrirons à part chacune de ces régions, eo lui rapportant la portion périphérique qui lui correspond. Commençons par les régions cervicale et crilnieune réunies. Ou ne saurait les séparer^ en cfTel, sans briser avec les errements reçus, car la région crilnieune esl généralement envisagée comme une émanation de la cervicale. La région cervicale présente trois gau^'^lions distingués en supcricvr, mayen et inféneuî\ Le moyen manque quelquefois, ils ont pour caractères d'être Irès-allongùs et relativement ai^sez volumineux. Le ganglion cervical supérieur donne, par sou extrémité inférieure , naissance à un filet volumineux qui sert à te réunir au ganglion moyeu ou inférieur et qui n'est par conséquent qu'une section du cordon central. Par sou extrémité supérieure il fournit uu premier rameau qui se divise lui-même eu trois filets s'aniisto-' mosant avec le gtosso-pharyngieu, le pneumo-gastrique et le grand hypoglosse ; un second rameau plus considérable, appelé fticl eurotidicn, qui est pour ainsi dire le germe du sympathique crilnieo. Il se porte sur la carotide intente, foruie par ses divisions, autour de cette artère, un plexus très-serré appelé ;)/ext/* carolidien, A ce plexus font suite des fiiets qui, au niveau du siuus caverneux, forment un nouveau plexus dit caverneux. Celui-Li se divise et se subdivise de hçon à envelopper de ses mailles toutes les ramifications

de là carolide iDtenic. Le plexus carolidien fournit : T un filet qui s'engage dans Ja caisse du tympan pour s'y réunir au nerf de /aco bson et se rendre, par son intermédiaire sans doute, au ganglion otifiue qui, seul, ne semble pas avoir de racine végétative directe ; 2» un filet qui va concourir à la formation du nerf vidien et se rend par conséquent au ganglion de Meckcl ; 3* un ou deux filets qui vouI s'ajouter à la sixième paire et se répandre avec elle dans le iftcisele droit externe. Le plexus caverneux donne de son côté des filets i la muqueuse des sinus sphénoïdaux, à la dure-mère de la gouttière basilaire, au corps pituitaire, aux troisième, quatrième et slicièine paires, au ganglion de Gasser et enOn un rameau relative- Dcient considérable au ganglion ophthalmique. Celui-ci constitue un petit centre qui est aussi directement relié à la troisième et à la cinquième paire, mais qui constitue avec les ganglions sphénopaiatin et otique la partie ganglionnaire du sympathique crânien, ou plutôt les trois quartiers principaux du centre périphérique de la région crânienne. A partir de ces trois centres, le sympathique devient un collaborateur des nerfs crâniens qui leur fournissent des racines, de sorte que, physiologiquement parlant, ces ganglions ne lui appartiennent pas plus qu'aux moteur commun, trijumeau ou autres nerCs d'origine encéphalique. Cependant lensemble du sympathique exerce une telle influence sur l'iris, que c'est surtout à son sujet qu'il convient d'indiquer la manière dont se terminent dans ce diaphragme les nerfs ciliaires émanant de ce ganglion. Après avoir traversé la sclérotique, ces nerfs vont former dans le muscle ciliaire an plexus ganglionnaire qu'on a appelé ganglion orbiculaire. De ce plexus partent des rameaux destinés les uns à la cornée, les autre» au muscle ciliaire, les autres à l'iris. Ces derniers décrivent dans la zone la plus externe de ce diaphragme, des anses d'où naissent des ramuscules formant dans la zone moyenne un réseau à mailles excessivement fines, auquel fait suite dans la zone interne un réseau beaucoup plus fin encore. D'après Arnold, tous ces réseaux sont parsemés de petites masses granuleuses englobant une cellule nerveuse. Hénocque déclare ne les avoir pas rencontrées. Par son hord externe, le ganglion cervical supérieur est relié par 4 ou . 6 branches aux 3 ou 4 premières paires cervicales, et, par leur intermédiaire, avec la moelle. Par sa face postérieure, il fournit des filets au corps des deuxième, troisième et quatrième vertèbres et aux muscles le long du cou et grand droit antérieur. Par sa face anté-

riiîure, il envoie 3 ou 4 branches qui youI, de concert arec (1« émanai! ous du glosso-pharyngien et du vague, former dans Tangle de bifurLalion de la Ciiroîide priiiiilive uii plexos qui est appelé plexus intevcarotidien, cl qui présente à sou ceotre un petit ^tiglioti. Ce plexus se divise et se subdivise de façon â suivre le» destinées anatomiques de ton les les branches de la carotide externe. Lu portion qui accompagne 1 artère thyroidieime supérieure va se répandre dans le laryux et surtout dans la thyroïde^ où elle se ftisioime avec uu réseau nerveux excessiveraeut riche, fait dool nous devons tenir compte pour t'analyse du goîlre exophibalmique. Celle qui suit Tartère liuguale envoi*', cbemin faisant, uu fllel à un petit ganglion dit sul/Utujiial, doit partent des rameaux destinés à la glande sublinguale. Celle qui entoure Tarière faciale fournit de même un filet aljoutissaot à uu autre ganglion dit sous-maa^iltaire, qui reçoit aussi uu filet de la corde du tympan et qui anime là glande sous-maxillaire. Pour ces glandes, il y a lieu de faire ce (pie nous avons fait pour l'iris, et par conséfpjent d'indiquer la disposition des filameuls ([u elles reçoivent de ces gaufrlions, où vieancul s'établir des conflits enlre le syn patluque et uu nerf crânien. Ces filaments forment dans le tissu conjonciif de la glande salivaire de« plexus nombreux et parsemés de ganglions. PflUger et Besh pnitendent avoir vu partir de ces réseaux des fibres nerveuses dépourvues de myéline ci allant perforer la rm^mbrane propre de i acinus^, pour aller se perdre ensuite dans rinléricur des cellules glandulaires. Georg Asp déclare au coulraire n'avoir pu constater aucune connexion certaine entre les Obres du réseau et les éléments glandulaires. KupfTer a bien rencontré cheî les mammifères^ d une part, les fibrilles nerveuses, pûles et fines partant du reseau ;d*tïutre part, des cellules sécretoires, mais il n'a pas pu déterminer leur mode de connexion. Il a été plus heureux, il est vrai, sur les larves de mïi5cidées ainsi que sur ta Blatta orientalis, et pour ces animaux il admet la pénétration de la fibre-axe dans la cellule sécréloire. Par sou bord interne, il fournil : plusieurs branches qui concourent, avec la ncaviéme et la dixième paire, à la formation du plexus pharyngien; des branches assez grêles qui vont former, avec des HlcLs partis du laryngé supérieur, le plexus laryngé destiné à alimenler le larynx, une partie de rœsojjhage et le corps Ibyroide; enfin des filets qui conlribuent à constituer le nerf cardiaipit supérieur, sur lequel nous reviendrons tout à l'heure. Le gauglion moyen^ lorsqu'il

esislejoumit, en dehors des filets qui lunissent aux ganglions supérieur et inférieur et aux quatrième et cinquiôme paires cervicales , des Obres qui enlacent la thyroïdienne inférieure pour se rendre an corps thyroïde ; d'aulres qui s'unissent au récurrent pour prendre part à sa distribution; enfin le nerf cardiaque moyen. Le ganglion cervical inférieur donne en haut deux filets qui l'unissent au ganglion précédent, et un nerf plus volumineux appelé ntrf vertébral, qui, après s'être relié par des communicantes avec les hnitième, septième et sixième paires cervicales, vient former un pleins autour de l'artère vertébrale, dont il suit les divisions. Il se trouve ainsi conduit jusqu'au niveau du filet carotidien, avec lequel il 8*anastomose; en bas, il se réunit au premier ganglion thoracique par un cordon épais et court; en dehors, il donne naisnoce à un réseau qui enveloppe l'artère sous-clavière en suivant tontes ses divisions et subdivisions dans le membre supérieur ; en dedans, il fournit le nerf cardiaque inférieur. Les six nerfs cardiaques d'origine sympathique s'entrelacent avec les nerfs cardiaques provenant du vague, de façon, dit-on, à donner naissance au plexus cardiaque. Je crois qu'il serait plus juste de dire que ces nerfs viennent aboutir à ce plexus, qui a ses fibres autochthones et par conséquent son existence propre. Quoi qu'il en soit, ce plexus occupe l'espace compris entre la crosse de l'aorte, le cordon fibreux du canal artériel et la branche droite de Tarière pulmonaire. Il présente à son centre un ganglion très-apparent dit de Wrisberg, Il communique par quelques filets avec le plexus pulmonaire ; puis plus bas il se décompose en deux plexus secondaires, distingués en antérieur et postérieur, qui pour pénétrer dans le cœur s'attachent le premier à Tartère coronaire antérieure, le second à l'artère coronaire postérieure, et dont les distributions respectives n'ont aucun intérêt physiologique. Ce qu'il nous importe de savoir, c'est que les ventricules sont plus riches en nerfs que les oreillettes ; que le Tentricnle gauche en possède plus que le droit; que partout il existe des ganglions disséminés sur le trajet de ces nerfs, mais qu'ils abondent surtout dans le voisinage du sillon transversal et dans le septum des ventricules.

La région thoracique comprend 12 ganglions correspondant aux 12 vertèbres. Us sont beaucoup plus petits que les précédents; ils sont naturellement réunis entre eux par les différents segments du cordon-axe. Ils se relient en outre aux paires dorsales par des

PHYSIOLOGIE OU SYSTEMR >'ERVEUX.

branches commumcantes. Comme branches d'innervation d'organe, les qualre premiers ganglions envoient de-s filets aux corps des ver* lèbros correspondantes, à l'aorte, à l'œsophage, au plexus pulmonaire. Le premier ganglion Tournit en outre deux ou Irois fileU au plexus cardiaque. Les filets internes fournis par les sept derniers ganglions t>e groupent de faron à former deux nerfs, distingués en grand et peîit spîanchmqm\ Le premier traverst* le diaphragmi* et va se jeter dans Tangle externe d'un ganglion dit $emi*iunaire. Le second, après avoir traversé aussi le diaphragme, se divise en trois branches, dont l'une va s'anastomoser avec le grand splanchnique. l'autre se rend dans un plexus dit mlaire. et la troisième à un plexus appelé rénal.

Le ganglion semi-lunaire, dans lequel nom venons de voir perdre le gnind splanchnique, va devenir le point de départ de riches et nombreux reseaux. Comme il reçoit aussi plusieurs divisions des nerfs phréniques et la partie terminale du nerf vague droiL on regarde généralement cet ensemble de ganglions et de réseaiïx comme résultant de l'iîitrication des nombreuses divisions anastomoliques de ces trois ordres de filets. Mais it suffit de jeter un coup d'œil sur l'énorme disproportion qui existe entre ces filets, prétendus originels, et ces plexus, pour constater tïii'en réalité il y a là un nouveau système ayant ses libres propres et se trouvant seulement relié au sympathique par les splanch niques, k la moelle par les phréniques et à Fencéphaîe par le pneiimo- gastrique. Il y a entre ce système et le symphatique proprement dit la même délimitation qu'entre ce dernier et la moelle. Les splanch niques relienl le plexup solaire et ses dépendances au sympa Ibique, absolument comme le? branches communicantes relient le cordon central à la moelle. Cependant, comme ce nouveau système se rattache anulomiquemenl à la portion Ihoracique du sympathique^ il convient de létudier en lui-même a propos de ce segmeuL Quoique situé à peu prés sur la ligne médiane, le ganglion semi-lunaire est double. Ces deux petitef: masses homologues sont réunies entre elles par des faisceaux pïeiiformes. Le bord inférieur de cet ensemble sert de point d'attache au plexus solaire. Du reste, ce dernier préseul e, môme à l'œil nu. un grand nombre de ganglions interrompant çà et la ses diverses hrariches. lï suit le même système de transport que les autres parties du sympathique. Des mailles aussi délicates avaient besoin dun support, et la nature ne pouvait mieux faire, dans ce but, que

d'employer les vaisseaux qui ont tout justement les mômes deslinatioDS que les nerfs. C'est pourquoi le plexus solaire, tout en entourant l'aorte, envoie un embranchement sur cliaque branche qui naît de ce vaisseau principal pour se rendre à l'un des viscères de l'abdomen. Il en résulte une série de plexus secondaires qui tirent leurs noms de leurs destinations mêmes et qui sont : T le plexus diaphragmalique inférieur, qui s*eDgage dans Tépaisscur du muscle diaphragme; 2'' \e plexus coronaire stomachique, qui, après avoir accompagné Tartère coronaire stomachique, se répand sous le péritoine, sur les deux faces de Testomac, en formant des mailles U^larges et en présentant çà et là des ganglions très-petits. De ce premier réseau partent des branches qui aboutissent à un second plexuB situé entre les deux couches musculaires et appelé plexus dAuerbach, Ce dernier a un aspect tout à fait particulier. H est formé par une multitude de ganglions irréguliers, aplatis, rapprochés les uns des autres, unis entre eux par dos rameaux aplatis et fonnant des mailles Irès-irrégulières. Dîins chaque ganglion il y a de 9 à 40 cellules plongées dans une atmosphère de granulations assex grosses. De ce second plexus partent encore des branches se rendant à un troisième, dit de Meissiter, et situé immédiatement audessous de la muqueuse. Celui-ci est aussi très-riche en ganglions ; ^*\e plexus hépatique qui, tout en suivant Fartère hépatique, envoie des prolongements à la portion pylorique de l'estomac, au duodénum, au pancréas, à la vésicule biliaire ; pénètre ensuite dans la capsule de Glisson, s'y divise absolument comme l'artère, de façon k créer en fin de compte un immense réseau qui envoie à chaque lobule une ou plusieurs divisions. PflUger regarde chaque cellule hépatique comme une terminaison nerveuse, comme un organe inséparable des nerfs. Netlerowski , dans un travail plus récent, prétend au contraire que les filets nerveux n'abandonnent pas les capillaires et ne contractent aucune connexion avec les cellules hépatiques. Diaprés Gerlach, la vésicule biliaire elle-même possède un plexus presque aussi riche en ganglions que celui d'Auerbach. Il est situé partie entre les tuniques séreuse et musculaire, partie dans cette dernière ; 4* le plexus splénique, qui n'enlace pas très- ÎQtimement l'artère splénique et qui après avoir fourni au pancréas, au CQl-de-sac de l'estomac, se répand dans l'intérieur de la rate ; 5* le plextts mésentérique supérieur, qui suit l'artère méscntérique supérieure et se répand avec elle sous la tunique péritonéale de

loul rinteslio grôle, du cœcum, du côlon ascendant et do la moitié droite du côlon transversp. Il en résulte un plexus sous périlonéal qui est beaucoup moins serré que celui de Tcfîtomac et qui se Irouvi» aussi relié à un plexus inlramuFCul:ûre reproduisant dans Tinrestin le plexus d*AuerbaclK Suivant (îerlach, ce second réseau est \tHriche en cellules nuiUîpoîaires, s'anasiomosaut entre elles et a?i les fibres uerveuses, plongées dans une gangue de substance fo damentale identique à la névrogtie des centres gris de l'axe. communique aussi avec un troisK'me réseau qiri continue eous la muqoeuso iiUe?tinale ïe plexus de Meissner, Celui-ci semble envoyer à son tour des prolongements dans les villosilés. Thanhoffer a, en efTet, trouvé dans ces appendices des cellules volumineuses, grc^nties, à plusieurs prolongements, ofTranl toule l'apparence et toutes les réactions des celtules ganglionnaires, l^our tous ces réseaux, les mailles sont toujours beaucoup plus larges sur le gros intestin quo sur l'intestin grêle. Les ganglions y sont aussi plus rares; 6'le ple^cus rénal, qui, accompagnant l'artère de ce nom, se répand dans l'épaisseur dn rein. Il est relié par plusieurs rameaux au pjlexus spermatique ou ovarique, fait dont il faul lenir compte dans Tapprècîalion des douleurs de reins 'qui accompagnent les maladies du tcslicule ou de Tovaire; 7* le piems surrénal, qui, quoique destiné à un organe excessivement petit, la capsule surrénale , n*en est pas moins d'une richesse extrême. Il contracte en outre des connexions très- nombreuses, îl se raltache par un grand nombre de rameau îï non-seulement avec le plexus solaire, dont il est une des ramiGoalions, mais encore avec le plexus diaphragmalique et rénal, avec le nerf phrènique et le petit splanchoique. Toutes ces conditions doivent être prises en grande considération dans Tétude de la maladie dWddison.

La région lombaire comprend seulement 3 ou 4 ganglions de forme olivâtre, réunis par des cordons entre eux et avec le^? nerfs lombaires. Tous les rameaux qui émanent de leur partie interne «e groupent pour constituer sur la partie inférieure de Taorte un plexus dit iombO'aortiijve, qui est la continuation, considérablement renforcée, de la queue du plexus solaire. Ses mailles sont moins serrées que celles de ce dernier; il paraît aussi moins bien partagé sous le rapport des ganglions. It envoie sur la mésentérîq inférieure un réseau qui, suivant ses ramifications, se distribue à moitié gauche du côlon transverse* au côlon descendant, à TS iliaque

du f ôïou cl au rectum. Dans toutes ces parties se retrouvent, avec uni* pauvreté de plus en plus marquée, les trois réseaux souspértlouéal, iiUriimusculaire et sous-moqueux. Après avoir fourni cel embranchement, compriî^ sous te nom i\i* pkxtts mcsen(éri(pie inft^rieur, le plexus iombo-aortique continue sa route sur Taorte ; pui? au moment où cette artère birurque, î] st* divise en deux faisceaux plexirormes qui gagnent un plexus intrapelvien regardé comme appiirlenafit spécialement au segment sacré dusympatliique. Il est un plexus qui est classé par les analomistes parmi les dépendances du plexus solaire, quoique en réalité il ait trois racines, c'est le plexus spermatifjue ou ovarique. En dehors de ses conditions propres d'existence, il est un prolongement à la Tois du plexus rénal, du plexus solaire et du plexus lombo-aorlique. Il est inutile de rappeler que chez l'homme il entoure Tarière et les veines spermaliques et ga^nr mv ce tuteur l'épididyme et les canaux séminiféres; que chez la femme il se répand sur l'ovaire et concourt à Hnoervaliou de rutérus.

La région sacrée est composée de quatre ganglions ellipsoïdes, unis, comme toujours, entre eux par te cordon -axe et aux nerfs Mcrés par des hniûches communicaniles. Elle fournit de petits raineaux internes destinés aux verlèhres elles-mêmes, et des rameaux antérieurs qui viennent former, avec tes deux bifurcations inférieures du plexus lombo-aortique, le pk:rus hypogastriqne. Celui-ci se décompose en six plexus secondaires, qui sont : le plexus hémorrhoïdal destiné à ta partie inférieure du rectum, où il vient s'anastomoser avec les nerfs liémorrhoïdaux inférieurs et recevoir ainsi un élément du système cérébro-rachidien ; le plexus vésisal, qui reproduit dans les parois de la vessie te type adoplé pour rionerviilion de Hntestin, c'esl-â-dire les trois réseaux sous-péritouéal, iniramusculaire et sons-muqueux. Les deux premiers renferment un grand nombre de ganglions. D'après Kngelmann, i! serait loin d'en être ainsi pour les uretères. Leur réseau i)articulier ne posséderait aucun ganglion et constituerait ime exception unique à la loi générale qui préside h la cofïsiitiîtîon de tous les plexus viscéraux; le piesnis prostati^iie, dont le nom indique la destination ; \eplexvs des vésicules séminales et du canal déférent, qui, pas plus que le précédent, n'offre riwi de particulier ; le plexus vagitial, qui se relie avec les plexus vésical et hémorrhoïdal ; le plexus utérin, qui est logé dans l'épaisseur du ligament large et vient ensuite couvrir

de SCS mailles les faces antérieure et postérieure de TutéroB. 1| possède peu de ganglions et ceux-ci semblent se coucentrer surtout près du col.

Les émanations plexiformes du sympathique , tout en se serviQt des vaisseaux comme d'un moyen de support, leur fouroisseDt, chemin faisant, les éléments de leur propre innenration. Celle-ci s'opère toujours suivant un même plan qui se répète pour tontes les régions. La description des nerfs vasculaires, appartenant ainsi à la fois à toutes les portions du sympathique, devait naturellemeDl être faite à part. Kolliker et His ont pu, les premiers, suivre des filets nerveux jusque sur les fibres musculaires de la tunique moyenne des artères. Plusieurs histologistes, entre autres Gimbert, y sont parvenus aussi; iïénocque, seul, est arrivé à obtenir ce résultai chez rhomme. Mais ce qui est facile à constater pour tout le monde, c'est l'existence dans les vaisseaux de deux plexus propres, dont l'un est situé dans la tunique externe, et l'autre dans la tunique moyenne. Chez l'homme , on n'aperçoit do ganglion que dans le premier plexus. Les veines sont moins riches en fibres musculaires et reçoivent des rameaux nerveux moins nombreux.

Complétons ces considérations anatomiqucs par l'indication de quelques particularités histologiques. Quand on regarde au microscope les filets appartenant au système sympathique, ils apparaissent avec une structure tout à fait différente de celle des nerfs cérébrorachidicns. Ils renferment bien un certain nombre de tubes qui possèdent une fibre-axe plongée dans de la substance médullaire, et qui ne se distinguent^ de ceux de la vie animale que par on diamètre un peu plus petit. Mais ces tubes sont la plupart du temps comme perdus au milieu de fibres qui sont connues sous le nom de fibres de Remak. Celles-ci sont pûles et aplaties ; leur diamètw est environ de 0°*,002 i ; elles ont un aspect homogène. De distance en dislance elles présentent des noyaux ovalaires, allongés ou fu&vformes. Exceptionnellement, ces fibres se fendent et se divisent ^3 fibrilles. De plus, cette division reste toujours incomplète. Beauco»— d'anatomistes se refusent à voir dans ces fibres des éléments ne^ veux et les regardent comme constituant une espèce particuliè de tissu conjbnctif. Mais, outre <|u'elles ne rappellent en rien l faisceaux de fibrilles de ce tissu, on ne. comprendrait pas nécessité d'une pareille exubérance de charpente pour soutei — 3 deux ou trois tubes à moelle. Il est en efi'et des filets du sympathiq '

GRAND SYIUPATHIQUE,

relativenieiU volamineux qui ne renferment que deux tubes à moelle. Ces fibres de Rcmak semblent plutôt représenter un état primitif des tubes nerveux, une pbase rudi'men taire par laquelle ils sont tous obligés de passer, car chez Fembryon de Tbommo et des autres mammifères, le système nerveux n'est absolument constitué que par ces fibres. Il est un poisson inférieur, du ^renre petromyzon. chez qui les nerfs conservent cette forme toute la vie. Lliomme adulte lui-môme en présente un spécimen permanent dans le nerf olfactif»

On n*cst pas encore bien fixé sur le mode de terminaison des fibres sympathiques dans les musclcB lisses. Suivant Krause, elles n'aboutiraient pas jusqu'à la fibre nerveuse elle-même ; elles s'arrêteraient à des sortes de plaques lerminaîes situées en dehors des éléments musculaires. Le nombre de rc^s plaques serait très- restreint, de sorte qu'une seule plaque innerverait un faisceau tout entier; Hénocque et Arnold prétendent au contraire qu'elles pénètrent dans l'int^^Tieur des fibres lisses. Le premier admet que chaque fibre nerveuse s*y termine par uu nodule, et qu'une mùme fibre musculaire peut recevoir des fibrilles nerveuses provenant de plusieurs filets nerveux situés dans la substance cimentaire intermédiaire aux fibres musculaires. Le second a vu, dit-il, les fibrilles nerveuses s'engager dans le noyau et rappeler par leur disposition les fils et les plaques de cuivre qui, dans les piles de Bunsen, unissent le cylindre de charbon au zinc d'une pile voisine.

Les cellules des ganglions du sympathique sont toules entourées d'une capsule épaisse, non Rbriliaire et parsemée de noyaux. Autrefois, on s'accordait à regarder cette coque comme étant formée par du Ussu conjonctif, mais Béale et Hemak lui accordent une nature nerveuse. Le fait est que si les fibres de Remak sont, comme il est probable, des éléments nerveux, on doit forcément accorder les mêmes attributs à la capsule, vu que les fibres précédentes se continuent avec elle, On a cru aussi que ces cellules étaient le plus souvent apolaires, mais il semble résulter des recherches nombreuses et délicates d'Arnold qu'elles sont toujours unipolaires. Toutefois, cet unitjue p6le se continuerait souvent par 868 raraillcalions avec plusieurs fibres nerveuses. Il prétend enfîn avoir constaté f existence de fibres-spirafes enroulées autour des fibres nerveuses au moment où f:elles-ci vont entrer dans la cellule. Béale a confirmé celte dernière assertion. Armlt avait signalé une

diiïérence, qull croyail e^çister, entri? les cellules des ganglions spinaux et celles des ganglions sympalbiquef?. Les secondes seraient toojonrjs sMnjiles, tandis que les premitTes seraient toujours formt'i^s par deux ou trois cellules soudées ensemble ; mais Thanboffer a établi que Arndt a été trompé par uae segmentation naliurelle que cerlaines eclluîes étaient en train d'éprouver. Dans ces derniers temps, Svierczewski a signalé rexisteuce à un mouvement parliciilier et remarquable par sa lenteur qu'exécuteraienl les corpuscules contenus dans le noyau des cellules du sympalbique ; mais il çfl probable qu'if s*agit là d'un pbénomèuê moléculaire de putréfaction dont on ne doit pas tenir compte dans Tanalyse du mécanisme de i'innervaliou.

Physiologie normale.

Généralités. — l'analomîe nous indique elle-même que le syïïh pathîque doit avant lout contribuer, d*une manière quelconque, à la nutrition des tissus et aux phéooraènes de la vie végétative. En elTel, il se rend dans tous les viscères. Il n yaguère que le pneumo- ^'aslrique qoi partage avec lui le droit de les innerver, et encore il va partout où se rendent les rameaux viscéraux de la lO* paire. L'anatomie nous montre aussi que le sympathique ne restreint pas son domaine aux viscères ; car il forme^ sans exception aucune, de* plexus autour des vaisseaux. Ces réseaux nerveux se divisent avec eux, les suivent en les enlaçant jusque dans leurs dernières ramîfi* cations. Ils pi^nétrent avec eux dans l'intimité de tous les tissus. 11 D'est pas un muscle de la vie animale, pas un coin du corps qui éçhap[ie à son intlucnce. l^a présence de ce nerf là où la sensibilité et la motilité se trouvent déjà assurées par des nerfs d'origine cérébro-racbidiéiine^ indique qu'il doit venir remplir une misâioo d'une aulre nature. Mais à quel titre la remplit-il et quelle est-eUe? Telles sont les deux questions capitales qui se posent lout natufdlemenl devant nous.

Le sympathique n'est- il que le conducteur d*une action centrale dont Taxe cérébro-spinal est l'auteur? ou bien est-it lui-même le générateur des actes qu'il réalise? Autrement dit, doit-il Hm considéré comme un simple nerf ou comme un centre nerveux T Legallois, Miïller, Scarpa, Mecket Zinn et Sappey le regardent comsDt

GRAND SVMJ'ATHIOUli.

allant puiser loute son aclivilé dans le centre cérèbro-spiDal, et sur ce printiipe fondamental chacun d'eux a brode à sa manière. Ainsi Legallois pense que tes Qonibreux ganglions qu'il présente sur son trajet ne sont autre cliose que des nœuds deslinC's à arrêter Tinftucnce de la volooté et le passage de la sensation, pour nous éviter ta conscience d actes qui doivent s'exécuter à notre insu. Mnller rc^rde ces renflements comme des réservoirs recevant Tinflux cérébral et le conscrvaiit un ccrtaiû temps pour le laisser s'écouler au fur et à mesure des besoins des viscères. Scarpa, Zinn, Meckel et Sappey les considèrent comme des tamis servant à diviser à Pinflni les libres nerveuses, et en oiéme lem[)s des poulies de réOcxioa leur permettant de s'iiradier dans tous les sens. Winslow, Johnston, Prochaska, Bicbat el Braclict en font au contraire un système nerveux ù part, ton! à fait indépendant du système cérébrospinal, ayant ses centres et ses conducteurs particuliers. C'est dausce dernier ordre d*idées que je crois aussi devoir entrer Le sympathique est cerlainement plus qu un coïKlucteur, 11 a sa vie propre, qu'il manifeste sur un Ibéûtrc qui lui est partieutîer. Il porte eq lui*méme tous les attributs d un ceutre dont la disposition e^l &cuk'menl différente de celle tin centre cérébro-spinaL Pour émettre celle opinion, je ne m'appuierai pas, couine on Ta fait, sur l'existence exclusive chez les animaux inférieurs d'un système nerveux rappelant le sympathique des êtres supérieui's, car l'analogie admise autrefois a été reconnue fausse depuis ; ni sur ce que le système * nerveux animal a besoin du repos intermittent, appelé sojumeiU tandis que le travail du sympatbi(|ue est perpétuel, car le sommeil est loin d*élre abaoîu pour le cerveau et la moelle; ni sur ce que les maladies de fencépbalc ne suppriment que les fonctions de relation sans atteindre celles de la vie végétative, car nous avons vu que ces dernières sont aussi souvent compromises par les altérations de l'axe. Mais, tout en étant forcé de céder sur ces divers points, on se trouve encore suflisamment armé pour établir la nature centrale et Tautonomie du sympathique. LUiistoiro des amyé- Jencépbales founvit eu efïel déjà un argument d'nne très-grande valeur. Chez ces monstres^ qui sont dépoin-vus de jnoelle et de cerveau, te sympathique se trouve incontestablement Irvré à lui-même; el cependant ces iMres ont vécu pendant tout leur séjour dans la matrice. L absorption, la circulation, la nutrilion et les sécrétions ont eu lieu, puisque d'une part leurs tisi^us se sont développés, el que

d'autre pari on a trouvé de la bile et de l'urine dans leurs réservoir respectifs. Dans certains cas d'amyélencéphalie, MéryetSueootinéiae vu la vie et la respiration se continuer pendant 2 cl môme 7 bénits après la naissance. 11 est vrai qu'on a objecté que chez ces momtres les ganglions étaient tellement volumineux qu'ils représentaieQ( plutôt le système nerveux des insectes que le sympathique des mammifères. Mais au fond on se trouvait en présence non pag d'un représentant de Taxe cérébro-spinal, mais d'un sympathique renforcé qui devait en partie sou plus grand développement à ce que la force plastique de Tembryon se trouvait concentrée dam m champ plus restreint. Une preuve tout aussi éclatante, à mes yeux^ de l'autonomie des ganglions du sympathique, même quand ik sont séparés les uns des autres, consiste dans les battements et les mouvements que le cœur et l'estomac continuent à exécuter lorsqu'ils ont été séparés du reste de l'économie.. 11 est vrai que ces manifestations n*ont qu'une durée limitée, mais elles persistent assez longtemps pour qu'on ne puisse pas les attribuer à de l'infloi nerveux créé par l'axe cérébro-spinal et mis en réserve dans les 1 ganglions. Si elles fînissent par cesser, cela tient uniquement à ce ' que l'irrigation sanguine n'étant pas entretenue dans les capillaires ! de ces organes, leurs ganglions ne sont plus alimentés et deviennent bientôt incapables de toute production dynamique. Les expériences de Bernard sur les'ganglions sous-maxillaires, celles de Liégeois et de Vulpian sur le ganglion cervical supérieur, expériences que nous rapporterons dans l'histoire particulière des diverses régions du sympathique, prouvent que les ganglions de ce système peuTenV engendrer de leur chef, presque indéfiniment, les actes physiologiques ([uand on les a isolés tout en leur conservant leurs moyerft^ d'irrigation sanguine et de vitalité. Du reste, si le rôle du sympathique était uniquement de transmettre, on ne comprendrait p^ pourquoi la nature l'aurait si richement doté d'éléments à p^^ près identiques à ceux qui font de la moelle et du cerveau d^ centres nerveux. Les mômes attributs anatomiques doivent forera ment entraîner des attributs physiologiques de même nature. En^ l'examen des branches communicantes plaide encore dans le môcr:^ sens. Leur volume total est insignifiant à côté de la masse (^3 branches que fournil le sympathique. Tandis que tous les ner^ cérébro-rdcliidiens, le vague lui-même, épuisent leur matière inil^ au fur et à mesure qu'ils se divisent, le sympathique, au conlm

semble se renforcer à mesure qu'il agrandit davantage sa sphère de distribution. 11 est vrai qu*on peut attribuer cet accroissement . apparent à la grande quantité de névrilëme que nécessitent pour se soutenir les filaments si minces du sympathique, mais les branches des nerfs rachidiens possèdent aussi ensemble plus de trame conjoQCtiTe que leur tronc mère. Du reste, ce qui fait croire à une gorabondancc de névrilème dans le sympathique, c'est que la plupart de ses fibres sont. dépourvues de myéline.

Le sympathique constitue bien certainement une nouvelle organisation centrale qui est spécialement appropriée au mécanisme des fonctions viscérales et qui se rattache, seulement pour les besoins . généraux de l'économie, à Tadministration la plus supérieure de l'innervation. Ce système autonome particulier était nécessaire à un double titre. Le travail intime des viscères est tellement différent de celui des organes de la vie de relation, qu'il exigeait des conditions UOTenses tout à fait nouvelles. Eu outre,, le but de ce travail est tellement indispensable à notre existence, qu'il devait élre réglé par et pour lui-même, et échapper, autant que possible, à une influence trop marquée et trop constante des perturbations et des caprices de notre être sensible et intellectuel. Il fallait que l'innervation de cet empire végétatif ne dépendit de l'axe cérébro-spinal que d'une manière éloignée et exceptionnelle; qu'il pût se passer de lui, et qu'il n'en référât à lui que dans les grandes circonstances et uniquement pour lliarmonisation générale ; d'autre part, la vie de relation aurait perdu elle-même à être troublée à chaque instant par les impressions nées dans les viscères. Il valait mieux que les actes de sensibilité nécessaires à la vie végétative restassent circonscrites dans un système nerveux particulier où ils pussent s'épuiser eu effets réflexes utiles. La nature a môme réalisé sur ce terrain le plus baut degré du fractionnement de l'autonomie et y a multiplié à l*inGni les divisions et subdivisions du régime féodal; chaque Ilot, presque chaque unité histologique, a son petit système nerveux particulier qui peut lui suflire dans de faibles limites. Puis un certain nombre de ces actions nerveuses élémentaires se groupent autour d'un petit centre commun. De là l'unité dans le fonctionnement des diverses fractions du lobule ou du rcpréscnlant du lobule pour les organes à structure non glandulaire. Les actions nerveuses lobuiaires se groupent à leur tour pour donner de la solidarité aux contingents fonctionnels de circonscriptions qui devieuncut de plus en plus

étcDciucs. Le plexus extérieur, qui prend le nom de l'organe, cen- Iralise enfia i'cusemble de tous les phénomènes nerveux dont c«l organe csl le siège. Plusieurs viscères^ tout en ayant des modes d€. travail difTérents, concourent par des voies distinctes à raccompiissèment d'une seule fonctioo. Ils devaient par con^séquent ne pu rester tout à fait ignorés les uns des aiiires. De là l'utilité d&s plexus de premier ordre^ tels que les plexus solaire et lombo-aortique, qui deviennent comme le lieu de réunion d'un cofiseil supérieur. Les fonctions présentent aussi entre elles certaines corréialions destuices à régulariser leurs rapports, 11 fallait donc pour elles un moyen «le contact réciproque. De là 1 utililé du cordon central du sympathique, qui est comme le llièûtrc d'un congrès international. Enfin, les communicantes sont là pour empêcher les deux mondes, fégélutif et animal, de rester inconnus Ton de l'autre. La nulritton a en elTet besoin de se mettre (i l'unissoii avec la vie de relation, puisque la première est appelée à alimenter matériellement les manifestalions de la seconde. Le ravilaillement doit naturellement se proportionner à la dépense. Lanatomic de développement concordo [larfaitement avec cette manière de comprendre rorgaoisatioa du système nerveux; car les ditTérenles parties du sympathique naii»6Gnt sur place et ne sont pas le résultai du Lourgeonnemeat d'un a&e central.

Les communicantes étant uu simple lien physiologique entre les deux systèmes nerveux, on peut se demander si elles sont formées uniquement par des HLres envoyées par l'axe cérébro-spinal au syrapalliïquc, ou par des libres de ce dernier se rendant au système nen^eux animal, ou bien encore si elles comprennent un mélange de libres de ces deux origines. La questiou^ posée sous ce triple aspect, a un intérêt aulant physiologique qu'auatomique, car aT«c une solution affirmative le premier cas, conduirait à admettre one autocratie complète de 1 axe cérébro-rachidien sur le sympathique; le deuxième t:as indiquerait que les communicantes ont soulemeni pour but d'éclairer l'axe sur ce qui se passe dans le sympathique; enfin le troisième cas inipliquemit la possibilité d*uue innucucc réciproque des deux systiines l'un sur l'autre. Un a clierché à juger la question par la méthode Waller. Ce denuor a lui-méttïe, dans ce but, coupé sur des grenonilk's les nerfs racbidiens à leur sortie des trous de conjugaison, Deux mois après, tes rameaux communicante n'avaient encore éprouvé aucune altération* Il eu a conclu que ceux*

ci ont leur i^eutre trophiqiie dans Jes ganglions du sympathique et sont par conséquenl tormés uniquemeot de fi brcis fournies par ce syslêmc vêgélalif. Srhiiï, au contraire, les a viis dégénérer complètement après Tablât ion des ganglions spinaux correspondants ; et il les regarde, par conséquent, comme émanant eulièremenl de la moelle. A la suilo de sections faites, lant6l en derà, tantôt au delà des ganglions spinaux, tiiannnzzi a été conduit à concîure que la plupart de leurs fibres proviennent de la moelle, mais qu*il en est un très-petit nombre qui émanent du sympathique, Courvoisier est arrivé à des conclusions identiques. En sorte que s'il est bien vrai qu'un centre préside à la nutriliou des fibres auxquelles il domie origine, on doit admettre que Taxe cérébro-spinal et te sympathique s'envoient réciproquement des libres, juais que celtes qui émancnl du premier centre sont de beaucoup les plus nombreuses. Le pouvoir propre et spécial du sympathique étant admis par nous, cbeichous maintcnaiit à déterminer les rôles que ce système peut accomplir avec ses moyens parliculiers d'aclion.

Le sympathique est avant tout appelé a agir sur le système vasculaire ; c'est là certainement sou rôle le plus général et te plus inconteslable. Tout en se servanl des artères comme moyeu de support et de répartition, il est relié par dlnnomhr;ibles fd amen ts au réseau nerveux intraparietal de ces vaisseaux, au point que tous tes analomistcs regardent ce dernier comme n'étant que la continuation du réseau périvasculaire. H est de la dernière évidence, d'après cela, qu au point de vue physiologique le sympalhique lie[it sous sa coupe le travail dont le réseau iiilrapariélal est susceptible. L'expérimentation l'a du reste amplement démontré. Dans Thisloire particulière des diverses régions du sympathique, nous verrons quo partout la section des émanationi^ de ce nerf détermine dans la oireouscription corn^spondante une congestion ftassive due à la dilatation paralytique des vaisseaux, tandis que l'excitation de ces mêmes filets par l'éleclriciti' ou par tout autre irritant détermine une décoloration des tissus due au resserrement actif de ces méuies vaisseaux* Il est donc bien évident que le sympathique a pour mission d excitiT les fibres musculaires dont ta cou traction entraîne une diminnliun du calibre des vais.seaux. Aussi faction vaso-constriclive de ce nerf est-elle aujourd'hui un des faits physiologiques leîî mieux établis; personne ne sonjîe îuéme plus a ta contester. Mais le même accord n' existe plus au sujet de rorigme, elle-même* de poirtcAiiK. m. — 28

PHYSIOLOGIK DU SYSTElktE NERVEUX.

ce genre d'influence. Schiff n'accorde dans cette circonstauce sympathique qu'on simple rôle de transmksion- Ce nerf ne fi*lill (fue conduire une force vaso*molriee engendrée en dehors do lui La moelle clle-mCine n'en serait aus5i que le conducteur. L'iiiflui spécial prendrait exclusiveaieut naissance danK le bulbe, ijui «craU ainsi le seul foyer central de* toute ririnervatiou vasn-inotrici\ Il ft appuie sOr ce qu'une hémi^ection du bulbe dcïlermine la paralysie vaso-motrice de toute une nioHiô du corps et de la tôle. U sooible, en efîcl, très -rationnel de conclure que cet organe est geiil chareo d'alimenter les vaso-moleurs, puisqulliît se trouvent tous paralyeôs eimultanénient lorsqu'une simple section les* s^l-pare de loi. Owsjan* iiikow a depuis circonscrit davantage encore ce foyer gént^ral de rinnervation vaso-motrice. Il ne lui accorde qu'une étendue dv 4 millimètres. Il serait situe sur le planclier du 4* venlrieule el ij'arnHcrait en arriére, à 4 ou 5 millimètres des tubercules quadrljumeaux, Brown-Sequanl reconnaît l'importance de ce centra mtw pense que beaucoup de vafiO-molears ont leur foyer dnni* U moelle, d'autres dans la protubérance ou dans le cervelet. Vulpian est entré plue îarj^'cmenl encore dans la voie de la dipséminaliott des centres vaso-moteurs. Il les échelonne tout particulièreiuenl k lon^' de la moelle et du bulbe. Il fait observer avec raison que de ce que la section du bulbe supprime l'action vaso-motrice mr tous l«58 points du corps, il ne s ensuit pas que cet organe soit le véritable et l'unique foyer de ce genre d'innervation, car celle secUon paralyse aussi bien les muscles de la vie animale, quoiqu'il soitbieil évident que le bulbe n'est pas le centre de hi locomolioiL lls'appnie surtout stir ce que la moelle fournit encore des réflexes vaso-mo* leurs lorsqu'elle est séparée du bulbe. On peut encore, dan» en conditions, modifier les vaisseaux tle lun des membres î^^ nx

en pinçant la peau de l'aulre membre; d'autre part, oîipr ^ im surcroît de dilatation en pratiquant de nouvelles sections au-deswoi* de la section primitive. Depuis il a élé conduit à accorder au**i au sympathique un certain degré d'aclion génératrice* C'est du moto* là une conséquence forcée de certaines expénences qu'il a pratiquées sur le ganiîUou cervical supérieur et sur quebîues gnngjiouâ abdominaux, rjiçz défi grenouilïes, il a anéanti la protubérance, le h\Ah^ et la moelle. Après cette mutilation, il survint dans la moitié carrespondantc de ia bouche et de la lun|?ue une légère rougetir annonçani déjà un certain degré d'alouic dus vaisseaux. Il arncbi

CfRAXO SVMPATHIOOE.

(ensuite ic ganglion cervical, et In roiigoiir devint imniLVdialt'ïncot plus vive. Afin de rendre !<? résultat p\m frappant encore, il a rendu on** des grenouilles exsangue par l'ablation du cœur, après lui avoir arraché le ganglion cervical supt-rieur d'un cot6. La moiliù corres* pondante de la langue conserva une rongeur irès-vive contrastant parfaitement avec la pilleur acquise par l'autre moitié sous rinflnence de la rt:*lf action de ses vaisseaux. L'arrachement du ganglion avait paralysé les voisâeaux correspondants d*une manière si complèîe qu'ils retenaient encore une certaine niasse de sang, malgré Théinorrliagie provoquée» Les vaisseaux du côté oppo«t\ au contraire, avaient trouvé asse« de force dans Turtique ganglion persistant pour suivre le sang dans !<nn retrait. Par un prorédO analogue, Vuîpian a aussi rendu pal{>abîe l'acliou vaeo-molrice propre des ganglions abdominaux. Aprùs avoir enlevé Tencéphale et détruit la moelle^ il Il coupé tous les filets sympalhiques fournis par ces ganglions â l'un des deux membres posti^rieurs, et les vaisseaux de la membrane Inlerdigitalo de ce membre apparunmt beaucoup plus dilatée que ceux de la membrane inlerdigitalo de l'autre côté.

Eu relatant cc« expériences et ces diverses opinions, nous venons par le fait de soulever de nouveau une question que nous avons déjft réî*oInc d'tme manière gOuéralo, c'est celle de raulonomie du sympathique. Mais 11 était néccs.-^nire de la irailer au point de vue particulier de rinnerralion vaso-motrice; car le Rympattiique, tout en jouant le rôle de centre pour d autres genres d'actions, pourrait fort bien n'être ipie conducteur eu ce qui concerne les vaiiisc^ux. En admettant même des fibren continues allant de l'axe cérébrospinal aux vaisseaux, on serait encore forcé de reconnaître que cefe fibres ne sont capables de remplir leur olîice vaso-moteur qu*à la condition de passer par le sympathique; car même celles qui sont destinées à accompagner ultériouremonl lesncrfé céniliro-racbidiens s'en réparent un instant pour gagner Ic-s ganglions sympathiquos fivanl de venir s'associer h eux d'une manière définitive, Mais le petit volume dos communicantes no permet même pas d'admettre cette continuité de fibres allant de l'axe cén^hro-spinal jusque «ur les vaisseaux eux-m<^mcs, car elles sont incapables de rendre compte du grand nombre de libres vaso-motrices fournies uUérieufcmeut par le sympathique. Du reMe, les cxp^rienrcs de Yulpiun démontrent que rerlains ganglions peu vent encore agir sur les vaisseaux lorsqu'ils sont complètement isolés, et il est probal>lo qtlc

436 PHYSIOLOGIE DU SYSTKMK NKRVEUX.

tou8 les ganglions du sympathique jouissent aussi du même pou. voir; de sorte qu'on est obligé de reconnaître que le sympatbj. que Tient tout au moins renrorcer l'action vaso-motrice de Taxe. C*est làp je le reconnais, tout ce que i'expérimentution permet d'accorder, d'une manière positive, au sympathique. Biais la limite du positif étant ainsi reconnue et signalée, nous pouvons maiatenant sans inconvénient entrer dans le domaine des hypothèses et chercher, en nous basant sur l'analogie, à nous représenter l'organisation possible de l'appareil vaso-moteur.

Nous avons vu (I*' volume, page 60, fig. 18) que chaque cellule motrice des cornes antérieures de la moelle se trouve reliée à l'encéphale par une fibre que nous avons appelée encéphalique et qui lui transmet les ordres de la volonté ; jqu*elle reçoit d*autre part une fibre provenant soit des cellules sensitives des cornes postérieures, soit directement des racines rachidiennes postérieures, et venant lui apporter l'excitation sensitive nécessaire à la production des mouvements réflexes ; enfin qu'elle envoie une fibre destinée à agir directement sur le muscle, que cette action soit commandée par la fibre encéphalique ou par la fibre excito-motrice. Si cette disposition des agents nerveux de la locomotion vient à être confirmée (et elle est bien près de l'être), il est à supposer que la nature l'a aussi adoptée pour les agents vaso-moteurs. En ce cas, les cellules de la colonne de Jacubowitz doivent être aussi munies d'une fibre encéphalique qui se prolonge peut-être indirectement jusqu'au centre affectif, afin de permettre au moral d'exercer une certaine influenrc sur l'action vaso-motrice, mais qui, avant, se relie directement an bulbe. Celui-ci se trouve ainsi réunir dans sa main toutes les fibres et devient capable de provoquer des modifications vaso*motricM:^ sur tous les points du corps. Que cette centralisation se fasse, du reste, par des fibres ou par la série même des cellules de Jacubowi U. peu importe; son existence est incontestable, puisque ThémisectloQ du bulbe détermine un certain d(*gré de paralysie vaso-motrice sur toute une moitié du corps. Mais je ne comprends pas celte ccnLv-alisation de la même manière que Schiff. Je ne place pas en ce po int un foyer ayant seul le pouvoir de créer une force spéciale qu^ lo reste du système n*aurait plus qu'à transmettre, mais un Ténta,hïe quartier général où les représentants des vaso-moteurs de tout le corps viennent prendre le mot d*ordre. C'est là que se donne le diapason du tonus vasculaire qui convient au juste équilibre de la

GRilND SYMPATHIQUE. 437

drcQlation. C'est là en effet qu'aboutit le nerf de Cyon, qui vient apporter les impressions subies par le cœur et provoquer d'une manière réflexe les modifications vaso-motrices capables de remédier à l'état de choses signalé par cette impression. La section du bulbe amène un relâchement des vaisseaux, non pas parce qu'elle les paralyse dans le sens du mot. Elle les rend en apparence inertes, de la même manière que la perte du sens musculaire le fait pour les muscles de la vie animale. Ce qui prouve que les vaisseaux ne sont pas réellement paralysés, c'est qu on peut encore faire changer leur diamètre en agissant au-dessous de la première section. Le bulbe renferme le premier rouage de l'innervation vaso-motrice générale, au même titre qu*il possède le premier rouage de la respiration, c'est-à-dire parce que c'est là, et là seulement, que vient aboutir le nerf sensitif qui apporte le courant centripète capable de provoquer et de régler le mécanisme réflexe de ces deux fonctions. Le bulbe n'est donc pas le créateur de la force vaso-motrice. 11 en est seulement le régulateur, de même qu'il est déjà celui des actions inspiratrices et expiratrices de la moelle. 11 n'a pas, au fond, d'initiative ; son seul privilège est d'être le point d'arrivée du nerf sensitif qui lâche la détente des mécanismes préétablis de la respiration et de la circulation. La nature ne pouvait mieux faire» da reste, que de réunir dans un même organe ces divers ressorts nerveux ; car les modiflcations générales du système vasculaire doivent avant tout s'adapter aux besoins de la respiration et de la drcolation cardiaque.

D'autre part, chaque cellule de Jacubowitz est reliée aux cellules saisitives de la moelle par une autre fibre qui la met en demeure d'agir au reçu des impressions apportées par la racine postérieure correspondante. C'est par son intermédiaire que se produisent toutes les modifications vaso-motrices réflexes que Ton peut faire naître en irritant le point du tégument où se distribue cette racine. Tandis que le bulbe préside, par l'intermédiaire des fibres encéphaliques, aux changements d'ensemble que nécessitent les conditions d'équilibre de la circulation générale, la fibre réfiexo-motrice préside, elle, aux réactions vaso-motrices locales en rapport avec les impressions nées sur le segment correspondant du corps. L'expérimentation montre que les vaso-moteurs obéissent avec la plus grande facilité aux impressions sensitives apportées par les nerfs nchidiens. Mais dans ce cas les actions vaso-motrices ne sont jamais

PHYSIOLÛOIE DU SYSTKMK NERVEUX.

que passagères. Cyon, Owjannikow ul lleidenbaiii ont canslatt* fju elles ne sont pas les mêmes lorsque le cerveau est intacl qiMt lorsqu'il est dêtniit. En pnïseiice du cerveau, IVxcitalion des uerfs seuâilifs [iDurmit produire fiait um* ililalalion. ï^oit uue cons- Iriction. Mais^ aprùs la dcHlrpctiori du cerveau, l'effet réilexo serait toujours ime constriclion. Lorsque les actions vaso-motrices ioot provoqueras par les? nerfs rachidiens soîisitirs, elles obéissent, coramc lefi autres mouvemeuls rêfli^xes, aux lois qui rugissent le pouvoir réOexe de la moolle. I/elTtît peut devenir sy m étriqué. Tholown a montré que lorsqu upo seule main est soumise au froid, nan-seolement les vaisseaux de eette main t^e resserrent, mais encore ceux de la main qui est restée abritée, parce que l'impression arrivée é la moelle fiuil par gagner !n ïone boaioloo^ue à^* la colonno do Jacubowilz dans Tantrc moitié de |a moelle. Unand on excite ta bout central d'un des nerfs scialiques, la moelle fait d'abofâ coniraeter par réaction les va^o-motcurs du membre. Si rirritation se prolonge ou est plus^ forte, la contraction vasculairc appanitl daua l'autre membre, parce que rébranlemeut passe dans l'autre moitié de la xone médullaire direclen^ent touchée. Si elle est plus forte encore, la dispersion devient plus grande aussi et peut aller frapper à la fois tous les pointa do la colonne de Jacubowitz, et laa vaisseaux de tout le corps se coulracteut,

IvuHn lu cellule envoie une troisième flba' qui devient un di^H facteurs d une comniunicaute qui représente la racine autérieu^H des nerfs rachidieus et qui doit répercuter sur les vaissetux Vé^ branlemeol apporté, soit par la fibre encéphidique, soit par la fibre réflexû-molrice. Mais tandis que la racine antérieure des nerfs rachidieus va agir directement sur les muscle?, lo fllet communicant Ta^ lui, agir sur un nouveau système nerveux qui a seul î nt

d'exercer une action directe sur les vaisseaux. Le s\ i |im

sHnterpose entre le muscle vasculaire et la moelle. De plus, il esl probable que ce (ilet communicant ébranle, par l'intermédiaire da ganglion auquel il se rend, plusieurs des liletK qui en cniergent. de telle i^orte que sa spbéro d'action ^ trouve considéra blfuit^ut amplifiée. Ce nouveau système auquel Taxe cérébro-spioal eft uliligé de recourir pour obleuir des résultats vaso-moteurs, esl luimême trcs-compliqué^ ainsi que nous le montre raoatomie. Ce n'Ml qu'à travers nu i7rant| nombre d'étapes que l'impulsion (irioiîtî arrive à obienir l'effet linal. Il eril probable que ces èiapcs

GRAND SYMPATHIOOT-

nairos muttiiilierit le mouvement moléouluire, et elles 1 adaptent de p\m en plua à aa mission va&o^molrice ; mais elles ont aussi une autre conséquence, c'est de mettre les vaisseaux à h merci lîe nouvelles causes muililicalrkes. I^ii effet, ces gari^linns reroiveot euxméineâ des libres senaiUves qui leur sont propres et qui peuvent à leur tour réagir sur les fibres vaso-niolrires qui en émanent. De là des actions va^sculairt^s tout à fait indépendantes de celles; qui s^ont commaudées par la luoelle. D'étape ep étape^ rébrânlement arrive enTm à la dernière qui est représentée par le réseau intravasculaire. C'est lui qui envoie le?* nimifîeations qui s adaptent directement à te libre-ceUule et qui réalise, par conséquent, FeiTet spécial. Là encoftî peuvent apparaître de nouvelles causes provocatrices qui alorâ sont tout 'à fait locales. Ce réseau a eu eiïet ^^eâ gangliong et par suite son autooomie, tout en restant subordonné à tout ce qui l'a précédé dans cette longue tThelie hiérarchique. LeiS ganglions r^çoiveîil des filets de la tunique interne et leur apportent des impressions nées à l'intérieur m«Hne des vaisseaux et au mcn desquelles ils réagisseni immédiatement par les liletï* centrifuges qu'ils rournissent. GrAco à ses moyens d'action [jarticuliers, m réseau peut so mettre jusqu'à un certain point en anlagonit^me avec les incitations du nerf de Gyo». Celui-ci teml ù Taire dilater les arlèros pour soulager le co?ur qui se trouve placé sous sa sauvegarde, mais lo cootact du i?ang sur les pîirois arlérieiles peut à son tour provoquer de la part du réseau une contraction réflexe qui refoule l'excès de contenu et qui soulage aiusi le système vasculaire au détriment du c«ïur. On a pu, du reste, constater directement que les arlériûles fie resserrent lorsque la pression sanguine augmente. De celle façon, ees vaisseaux résistent jusqu'à uo certain point au lU§Ql^emo[it que te nerf de Cyon tend à procurer au cœur. Mais, néme quand ï\ n'existe aucun trouble de la circulation et quand l'équilibre de cette fonction est aussi parfail que possible, les artères sont toujours un peu dans la situation d'un estomac qui sei^ait dans rimpossiliilité dose vider de sou contenu et qui, irrité par le contact de ce dernier, se coutracterail pour s*en débarrasser, mais n*arrî- Terait qu'à s'appliquer intimement à lui. Le réseau intravasculoire et les tijirès musculaires qu'il amène t^ont sans ces^e sollicités par le contact du sang. Ces libres se contractent et ne sont limitées dans leur refiserK*ment ijuc par robstacle que leur oppose la colonne sauguiuû. Voib pûunjuoi leâ arléres arrivent à suivre cette colonne

dans son relmit rapide lorsqu'une saignée diminue sou diamètre, et pourquoi elles se raoulenl toujours sur la masse du sang, quelles que soient ses proportions.

L'activité de eu réseau survit quelque temps à ceJie des ceuU-cs nerveux proprement dits. C est pour cela que les artères se vident après la mort. On prétetid rntîme qu'au moment où lu vie s'éleiuî les ganglions péri- et in trava^scul aires acquièrent ïnomentanémcnl un surcroit d'excilabiLité. 11 paraît, du reste, en être ainsi pour tout le synipatliique; *^ar. au moment du dernier soupir, les pupilles se ililaleiit considérablement, les inteslins sont lout à coup agritês de mouvements spasmodjques qui peuvent même donner lieu à de^ évacualions alvines. On a vu aussi l'utérus réaliser Taccouchement post mortem. On peut être tenté, au premier abord, d'attribuer le relrail deè vaisseaux qui se produit après la mort à rélaslicité même de leur lissu. Mais il y a bien là une action nerveuse, car le resser* rement ne se produit pas dans les vaisseaux dont on a détruit préalablement les lilets nerveux. Vulpiau est arrivé à limiter TefTel il une moitié de la langue en enlevant le ganglion correspondant à la moitié opposée. 11 a aussi empêché le retrait de se faire dans l'un des membres abdominaux en détruisant tous les nerfs sympathiques allant des plexus abdominaux à ce membre. Ce physiologiste place le siège de cette excitation posthume dans le bulbe, et il FaUribue à la cessation de l'hématose qui supprimerait le coullit habituel des éléments nerveux avec le sang oxygéné. Mais la rétraction s'opère encore jusqu'à un certain point chez les auimsiux dont on a sectionné le bulbf. Il est plus probable que la e^use se trouve dans le sympathique loi-même. Les conditions de vitalité de ce derûier système sont sans doute plus simples et plus primitifis que celles de Taxe cérébro-spinaï, qui est rendu plus délic^il par son haut dt'gré de pcrfcctionnemeuL. Il en résulte que le système nen'eux de lu vie de relation meurt plus tôt que celui de ta Tit végétative. Dès lors le sympathique se trouve comme la moelle qui est débarrassée de Tencéphale. Les causes de dispersion diminuenL Les ébraalements nerveux conservent plus de force parce qu'ils restent enfermés dans un espace reslreinL

Nous venons de concéder un véritable monopole au sympathique en le considérant comme un rouage ultime et tout à fait iadispensable de la machine vaso-motrice. Il y a lieu cependant de faire dea réserves tk ce sujet. Vous savez déjà que las nerfs rachidieos icu-

fimnent des filets yaso-moteurs, particnlièremeat dans les membres thoraciques et abdominaux. Car quand on coupe le sciatique, à sa sortie du bassin ou les branches terminales du plexus brachial, on donne lieu à un certain degré de congestion des tissus de ces membres. Dans ce cas, les vaisseaux éprouvent encore une dilatation panlytiquc qui est moins prononcée, il est vrai, qu'après la section des filets directs du sympathique, mais qui n'en est pas moins réelle. 11 n*y a pas là, toutefois, une exception véritable, car ces filets vaso-moteurs qui font corps commun avec les nerfs rachidiens sont empruntés par ces derniers au sympathique lui-même, chemin Aisant. En effet, quand on coupe les racines des plexus sacré et brachial dans le rachis, on ne produit plus rien du côté des vaisseau. Il fout absolument, pour obtenir un résultat vasculaire, faire la section au niveau ou au delà du point d'abouchement des rameaux que le sympathique envoie à ces plexus. Mais il est d'autres foits anatomiques et expérimentaux qui montrent que parfois des nerfs cérébro-rachidiens viennent, sinon prendre part, du moins sadapter à des lascis nerveux purement vasculaires. C'est ainsi que nous voyons le glosso-pharyngien envoyer une branche au plexus jotercarotidien, sans qu'on ait cherché expérimentalement, que je sache, à savoir quel genre d'action cette branche pouvait avoir sur rétat des vaisseaux. C'est ainsi que nous avons vu la corde du tympan fournir un Qlet au ganglion sous-maxillaire et exercer une influence centrifuge sur l'état des vaisseaux de la région. Il est donc probable qu'en dehors de l'action que l'axe cérébro-spinal peut exercer sur les vaisseaux par l'intermédiaire de toute la filière du sympathique, il peut aller, par ses propres émanations, influencer directement les réseaux péri- et intravasculaires eux-mêmes. Quel peat être le but de cette influence immédiate ? Ceci nous ramène à une question que nous avons touchée déjà à plusieurs reprises, c'est celle des nerfs vaso-dilatateurs.

Au premier abord, il semble qu'on peut se rendre compte de loates les variations de volume des vaisseaux à l'aide d'une seule espèce de nerfs vaso-moteurs et d'un seul genre de fibres musculaires, l'activité de ces nerfs et de ces fibres musculaires produisant leai resserrement, et leur inactivité donnant lieu, au contraire, à leur diUtatiOQ. Mais comme l'expérimentation et la clinique surtout nous montrent que la dilatation des vaisseaux peut apparaître sous deux Cormes essentiellement distinctes, on a bientôt pensé que ces deux

PHYSlOLÛGm DU 8YSTKME NKRVEtX,

foroies devaient Ctrê Iceuyre d'agents aoalamiques tout au^^ Uii* imciB, En effet, lorsque \m vaisseaux se dilatent à la suite de li section des filets nerveux qui $'y reuilenl, on constate qu'il» le foui (j'unii manièrti tout à fait paj^^sive ; que ieur» puroîs restent flaijques en B'écartant 1 une de l'imlre; que le sang qui le^ remplît tend plutôt i^i stationner qu a progressyr . et qu'il no prollte juillemenl ni ià la uulritiûii, ni au fûnctioiuienient du tiisau. On sent qu'il g'agil aloTR d'une dilatation vêrHabIen]eDt paralytique. I.on^que la conlinuM^fl des nerfs étant rc^peutée, la diiatalion f^e pradnil, soit sponlanemea^B Suit sous riniluence d*une irritation directe du îisBUi ello se présente alors avec un rachot incontestable d'activilt'. Les vaigseiui:x, tout en s'ouvrant i&ouvent pins iargemont que préeédetumenl, sembleul cûnserv<>r leur ferinetc habiluelio, I.i^ sang afllue çt circule avec luie rapiditù beaucoup plu*^ |rnmdL\ cl i'organe fonctionne dune manière exagérée. En présence d'une difTurenco mm tranchée, on a pensé que celte dilatation n'êl»il plus due à une paralysie, ou à un relAchcmenl des nerfs et det» muscie^ constricteurfi» maisbieuà l^activit^ d'agent* antagonistes des précédents, et qu'il y avait par con&équeui anssi des muscles et des nerfâ dilatateurs. Les libres nmsculairrs dilatatrice^ sont restées introuvables jusqu'à présent. Mai» il u en ml pluig de niéuic pour les nerfi dilatateurs, ou du moins m a trouvé des nerfs dont rexcitaiton ccnlrifu^e parait eageii4rer b dilatation active sans le secours de libres musculaires ppôciale^. Vous vous mppelea que la gaWani»aUon de la corde du tympan dilate les yaisaeaux de la glande maxillaire, qui devient alors le siège non -seulement d'une cinulalion plus aelive» mais ausii d'une sécrétion exagérée. CL Bernard, à qui nous Éoroiues rfdevabîes de ce fait expériiuentali a encore depuis rencantré d'autrDU nerfs doués du même mode d^aclion. lanriculo- temporal claot les (ilela accompagnent k$ divisions de la i^arotide exlorue, le vague dont l'éleclrisalion peut dilater les vui&seaux du reîn , te m^f dorïîal du pied dont l'excitation dilate l'artère sapliène interne. Aussi, ce pnyajolûgi»k\ dans une œuvre récenle et exeesââivemmt remarquable, se prunouce-t-il d'une manière presque (ormello pour Texistlence de^i nerfs vaso-dilatateurs. Scion lui, tous le« vais^ seaux sont ioumis simnltanemenl a deux espèces de lileU îiervutou Lc# uns, provenant loujour» du sympatbique, ont pour mîs$iOtt exclusive de tes resserrer. Il le*» appelle m$0'COfistri(teu9*s. Im autres proYiennent dirocicniônt de l'axe cérébro-spinal et ont pQur

mission exclusive de (es dilater, Il les nomme va^o-dilataimrs. Une pense paii loulefois que ces dcrnien agi&geDt par l'tnlermédiaire dû fibres musciibîrcâ dilatantes; il croit plgtôt (|U(3, dans les ganglioBfi, Us eolroid en conflit avec les CbrL'8 du synjpalhique. de façoo à frayer momentauemeiU lintluence coiielrictivo de co nerf. Il compare leur mode d'action au phi-nomène connu en physique sous ]a nom d'iotisrférence. ilans lu moade physique, on voit, en effet, deux éMiU acUrs amener un état parnî. De la Inniiêre ajoutée à de U lumière peut produire de Tobscyrité ; do son ajouté à du son peut engendrer le gilcnce. Vulpian admet aussi Uia deux espèceg de nerfs» mais il ne les jiarqtie pas d une manièro aussi exclui^ive dans dâ9 systèmes nerveux respectifs, parée qu'il a obtenu des etteta vasodilatateurti en agissant gyr les ^planehoiques. SebilTva plu8 loin. Il prétend que le cordon cervical renferme aussi les deux ordres de librus, et que gi relectri^ation de ce cordon produit toujours le resawement des vais!*eanx, cela lient à ce que les iibreg consitriciivea y sont beaucoup plus aboudunU'S que tes dilatatrices. On comprend, du reste, que fi les vaso-ditaUàtt.'Ui's sont néeessaires aux orgaoe^â de la vie de relalion, il^ doivent ri5tre auesi pour les viscère?. Or, il n'y a (ju'un «eut nerf qui soit disposé de façoo à pouvoir îigir sur le^ ptexua viicéraux à la manière de la corde du tympaEi, c'e**! le ]meumo*gait^trique, et cependant son êlectrisatiau ne produit point de congestion active dans Tintestin, ni même dans l'eslomac Knjjo» Onimus et LegroH ont oppQ&u h la (!ouoeption généraie des nerfs viâû-dilatateurâ leur Itiéorie de la contraction apanmodique que Qous avons déjà mige à profit plus d une foits, et qui a pour elle raapecl variqueux que présentent les vai^eaux dans les tisây^ uuRamoiéff.

Pour moi, je cpoiii devoir rester encore dans le doute, non -seulement parce que l'interprûtaliou d'Onimus peut parfîutement n^ndru compte detî deux ordre^s de conditions de la dilatation, maU parée que celle do Bernard, lont en étant on apparence motivée par quelques faitn exptni mentaux, ne fait au fond que reculer la diilîcuUé; car si la corde du tympan agit en jiaralyeant le sympathique, j« ne voii pa** trop pourquoi les elTelg de cette paralysie ditléreul lie ceux de la paralysie due à la iiociion du sympathique. Dans luu et Tautre cas, il y a suppression de Taction de ce nerf. Ge qui m'ongage surtout t maînleuir ici un point d'iulerrogalion, c'est que je çfoiaquadaujïles eoDgeâtious acliveâ spoulauoeâ, lutat d irritaiion

des tissus, leur excitation fonctionnelle et par conséqueni la vie cellulaire jouent nn rôle capital d'où résulte peul*ôtre leur aspect parliculier. Or, rien oe prouve que ta galvanisaUoo de la corde a*agîl pas à litre d'excitant fonctionnel de la glande. En tout cas, la mission vaso-constdctive du sympathique reste dès maintenant an fait inattaquable.

Il est certaine? artères qui sont sur quelques points animées de mouvements rhylhmiques qui exécutent des alternatives véritables de systole et de diastole, en opposition avec les mouvements du cœur. Tels sont surtout les terminaisons des deux veines cftves, Tartère médiane de Toreille du lapin, l'artère saphène interne, la mésentérique, etc. L*exêcution de ces mouvements qui sont distincts du ressiTrcnient général du vaisseau, est-elie aussi rœuTre du sympathique ? On est tenté de dire non en présence dune expé* rience qui a fourni les mêmes résultats entre les mains de Sctaiff et de Vulpian. L'artère médiane de l'oreille reprend très- vile se» mouvements rliytlmiiqui*s après la section du cordon cervical, et même après larrachcment du ganglion supérieur. Mais cest que i organisation nerveuse de ces mouvements gît, comme celle des contractions du cœur et dercstomac, dans le plexus intra-vasculaire. Ces vaisseaux conlinuent, en effet, à battre pendant plusieurs heures après qu'on les a arrachés du corps, absolument comme le cœur et l'estomac.

Le pouvoir vaso-moteur du sympathique ne porte-t-il que sur les artères et s'arrète-t-il aux capillaires? Le microscope semble indiquer qu*il ne saurait avoir d'influence directe sur ceux-ci, car cet vaisseaux ne renferment pas de fibres musculaires. Aussi pres^ tous les physiologistes pensent que ce sont les variations desartèrei qui forcent les capillaires à varier eux-mêmes, mais d'une façon passive. Quand les artères ^ont dilatées, les capillaires reçoiveût naturellement plus de sang et ils se laissenl distendre. Us reviennent ensuite sur eux-m<*mes, par pure élasticité. Dans cette manière de voir, il y a toutefois un point qui me paraît pouvoir laiâser I désirer. Au moment où les misseaux se contractent sous rinfloeoci de rèlectricilé, il sembïe que te sang qu^ils renferment devrait ôtrt refoulé en grande partie dans les capillaires. De là devrait résulter naturellement un instant de rougeur qu'on n'observe pas, car li pâleur e^l immédiate. On dirait qui! se fait là une contractiott liarmontque des capiîlaires. Doit- on prendre en considératioQ iâs*

iertion de Stricker qui prétend que la substance protéique dont sont [onnées les cellules épithéliales des capillaires est douée de propriétés sarcodiques. L'action du sympathique sur les veines ne saurait être mise en doute, car elles ont des réseaux nerveux reliés manifestenient aux émanations de ce nerf. Il est probable que ces raisseaux peuvent, par leurs variations de diamètre, influencer la circulation capillaire, Taccélérer en se dilatant et en aspirant, pour ainsi dire, le sang; la retarder et produire des congestions, à tergo, en fermant au sang des capillaires ses débouchés. Quelques veinules sont animées de mouvements rhythmiques qui sont trèspropres à pomper le sang des capillaires. Leâ terminaisons des veines caves et pulmonaires sont animées par des contractions beaucoup plus apparentes et constantes, et ont ainsi une influence DOtable sur la rapidité de la circulation générale. Le sympathique préside-t-il aussi à la contractilité des vaisseaux lymphatiques? C'est probable, car il est évident que le système lymphatique a aussi des fibres musculaires et comme elles sont du même ordre que celles des artères , il est à supposer que leurs moyens d'innervation leur sont aussi communs. Du reste, lorsqu'on électrise le nerf d'un muscle, la circulation lymphatique devient beaucoup plus actiîe, absolument comme la circulation sanguine, et cela même quand on a empêché la contraction du muscle de se produire à l'aide du curare.

L'influence que le sympathique exerce sur la contraction et, par suite, sur le diamètre des vaisseaux, fait qu'il joue un rôle trèsmarqué dans une série de phénomènes physiques qui sont liés de la manière la plus intime aux conditions de capacité de ces conduits. C'est ainsi qu'il peut modifier la tension du sang. Le manomètre indique, en effet, que la section ou la paralysie de ce nerf augmente la pression du sang dans les vaisseaux, tandis que Bon excitation par l'électricité la fait diminuer. Par l'intermédiaire des variations de tension qu'il produit, il exerce une action indirecte sur la vitesse du cours du sang. Celle-ci augmente avec la pression et baisse avec elle. Le pouls lui-même se modifie sous son influence. En effet, les vaisseaux en se resserrant brident, pour ainsi dire, l'impulsion que le cœur communique à l'ondée sanguine. 11 dose en outre le contingent de suc nutritif que reçoit chaque organe. En resserrant les vaisseaux , il réduit de plus en plus la somme

de sang mise à la disposition de cet organe. Enfin, les variations

de diamètre qu'il peut réaliï^t*r lui donnctit aussi la main lar [vB phÉQomèni!S de calorifîcalioD. Mai» ce dernier genre dlfifloence paraît être plus complexe el i( nécessite un examen p\m étendu.

Pour interpréter te rôle calorifique du sympathique, il faut que nous esquissions, d'une manièfe rapide, Tiitat atduel de la fpie^Uoii de la chaleur animale, ^ioiis n'avons plus ù tenir compte de la cbaleuf innée admise dans l'antiquité, ni des diTerse* bypôlhè«i« des chiraiatres de Fépoque de là renaissance, ni de.^ théories méca*^ niqUea des ialro-mécanicienî^, ni de celles de llrodie, de Ghaiis^t et de Hunter, (Jui voyaient dans la chaleur animale un attribut do principe vital La théorie chimique de Lavoisier peut seule éln* adinise aujourd'hui. Mais cite tais.ie encore tnexpliqué-st ceflainsflûts de détail, et oti reste parfailemeût en droit de se demander sll n'existe dans réconomlc que et*up seule source de calorique.

Bernard admet rexislence de deux actes bieti distincts elsuccessife dans la Tonclion raloriOcation : IMa création de la chaleur ; 5* te répartition de la chaleur produite. Le second de ces actes e^t In» conlestahlement lié û rat:tion vaso-motrice du système nerveiii Le sang est en elTet riche en calorique- tl en abandonne à tous I» tuïlieux qu'il traverse et il leur en fournit d'autant plus quil n'y troUTe lui-même en p!Us grande quantité. Par contre, il peut Hl prendre a ces miheux et à ces organes s'ils sont plus chauds que lui. Comme il m porte partout, comme il passe et reprisse dans les organes, il tend à réaliser un équilibre géûéral de la leuipémtdrt el à réparlir également le calorique sur tous les points de l'orga* ni^me. Le système nerveux qui l'ègle les circulations locales, Im qui peut faire qu'à un moment donné un organe reçoive pltM ou moiîià do î^ang qiï'antérienrement et que les organes voisins, ^ trouve capable par le fait d'augmenter ou de diminuer la chaleor relative de cet organe. Aussi la section des nerfs sympathiques, riui produit la dilatatioîi passive des vaisseaiLx correspond;inU, élève-t-elle en même temps la température de la région, tandis qirt Télectrisation de ces mêmes oerfe. qui détermine le resscrremeot d» vaiîtseaux abaisse la température de la circonscription. Appliquant à la caluriQcation sa théorie des dilatateurs céréhro-rachidient <* des constricteurs sympathiques, Bernard confère aux premiers te nom de nerfs talorifujvcs, et aux seconds celui de nerfà /Vn^oftjlquts, noms qui sont déjà parfaitement motivés au point de vue

ii7

même ût la répartition, piiisffue la chaleur e«t en raison de la quantité de san^^ el, par suite, du deg:rc de dilatation, tandis que lo froid est eu raison de Taoemie locale ni, par suite, du rcsscrrcmeol des vaii^stmiix. Le premier acte, celui de la ercation, n'est qu'une cottsèquence des phénomènes chiniiques de la nutrition. Il s'opère surtout dans rintimile des tissus et u e.st quinsignitîant dans le sang Itti-uu^nic. tie systi^me nerveux exerce encore une itiflueuee spéciale sur c^ttc création, en dehors de celle qu*il exerce sur la réptutittoû Un ("aiorlque. En eiîel, la conps^estion produite par la section du gynipalliique disparaît au bout de quelques jours ; la vascutari- «ation revient peu à peu au niveau de celle du côlô opposé; et Cependant la tempêralure, tout en baissant un peu, reste de beaucoup supérieure à celle du côté opposé. Ce n'est donc pas oniquement parce que la région reçoit plus de sang qti'elle devient plus chaudi'. Pour varier la forme de la démonstration, lleroard s'est opposé à Texagénition de la circulation en liant les veines qui sortent de roreille; cette ligîiturc produit nalnrelJement une stase sanguine et en môme temps un abaijssement de la tetnpéraUîrc. Mais dûs que ton coupe le sympatiiique, la température s'élève, mulgré Tobstacle apporté à la circulation. Mais ce qui, à ses yeux, prouve surtout que ce n*esl pas uniquement TalHux du sang qui échauffe un organe, c'est que si l'on détache un muscle du corps de l'animal de manière à fain* cesser en lui toute circulation, et si l'on vient à le faire i^e contracter artifîeieîlemenl, il bb produit en ce moment tin notable dégagement de cabirique. Du reste, ou a pu s'assurer qull se produit de k chaîeur après la mort. En présence do ces résultais, Bernard pense que le .système nerveux préside â la calori- (îcaiion h un double titre: dîme part, en faisant varier lo diamètre de5 vaisseaux, et par suite la quaiitité de sang circulant dans un point donné; d'autn? part, en faisant varier le mouvement chimique de la nutrition, qui est la véritable source de la chaleur animale. Le« systèmes nerveux cérébro-rachidien et sympathique seraient encore en opposition sur ce nouveau terrain. Les nerfs cérébro*rachidiens augmenteraient la température des organes, non-seulement en leur procurant plus de sang, mais aussi en activard leurs metaraorphoses chimiques, les nerfs sympallnques produiraient du froid, non-seulement en anémiant les tissus^ mais encore eu refrénant leur activité chimique. Loin de voir dans l'élévation de la température une conséquence de Vafllux du sang, il est presque

im IMIYSIOLOOIK DU ftYSTKMK NKIIVÎ* *"

»lr (liamiMrc qu'il pcMil réalisor lui donnor" * vaisseaux, comme Ips plîcnomcMU'S (le ralorificalion. Mai« -/'l'^u. fluviu'i^ paraît rire plus romplexo cl -'"^'«"^ -^"'•^*- Selonlui. ,;jj,jj,ljj .'.ithiquc, contiendraient i|p>

PtH.r iulerpnH.T le rôle calorir mogènes. En vertu dis aflinin.Mis esciuissions, dune mam'.- •^''"'^^*^"« ^^"^^^^"^ " acquérir.la.. de l;t rhaleur auiniale. N. •• ^-'i"»^'»-^'^ ^^ ''''^'' ^•^"•^^^^^'^^i'^ chaleur innée admise d- • "'i^^'*^'^' ^''^ ^'^ »"^"'« inlervenlion dn des ehimialres de Tép' '^'''^^'^^ ^»""*' ^^* .'»"*• •^" -'^'"^ '**'' '^'''^

Tiiiiues diNs iatro-mé • ' ^»^"^" modératrire. Ces n.rfs .no.lm.

d(î HuntiT, nul ' . - ^^^^^'^^^^^ ^''"" P^^*"^ particulier dr ta' principe vital "^''"''^^ ^^''^'"'^ mofif'ratcur et qu'il pla. (.■ .^

•1 lmi«c 'Uiioi '"''' pr^^u^*^-*""*ce. La section <1iî ces ner^uuriiil

de d»lail ,.v,' résultai d'abandonner les tissus à la voraciiê

... .,. Je là une ^'raudc élévaticui de lenipératnrc. Leur

lier .^r/'Tait. au contraire, leur action modcralricc a 5«)n

. ^ ' , nimbuslions se ralentiraient, il'où refniidisîïcmt'iil

-A, j-'nnient expérimental consiste dans rélévatioii de U

' -..ïA' '!"*' ^ **" constate après la section du bulbe «1 i\v lu

•fvrï"*'*'» "**^'*'^ *^*"*^^' ^^'*'li"" diminue le innus vasculaireclullp

.';"^!^jr.dy>ie peut lrès-bi(»n être la cause de rau^Muenlation «li* la

fc,",ir. n'ailleurs lleidenhain assure que l'électrisalion ilu |m)ui!

.../;/{iv |»rovo(pu' aussi un accroissi'inenl du i-alorit|ui\ quoii|MVl!e

f\::îc >ou action au lieu de la supprimer. D'antre |>arl, bi'wiizky ji .pie la section iU* fv. même point ne donne li(>n à une éli\a!iiin ,î,«/,i lempéralure (lUe Inrsiprelle détermine des convulsions. •••• «jm ;i lieu le (dus souvent.

Vulpian re;:arde. de même qm* la plupart de- ldly^i(d^)f:i^îe? niodiTues, les combustions ortraniiines comme la cau-e princijialcdela chaleur animale. Mais il l'ait aussi enlrer en li.L'ne de coiiipu- la formation cbimicine des produits sécrétés, parci* que le saii;r qui sort iWi!' ^'landes est plus chaud (pie celui ipii y entre. 11 iraijmol point les nerfs lh(»rmiqnes ou dn moins il allatiue les e\pirii;nLvs que» Hernanl a ilonnées comme démontrant leur existence. Il iîiii obs(»rver (pie le nerf électrisé irédiaufle uu muscle (|u«- parc»* «iirii !•' fait se contracter et que c'(îst i*elte contraction (pii l'A la vcrilai'i" cause de la prodnclicMi de calorique, (^inaml ranimai est «ura.'-iïr. c*i«l-a-dire bnxpn' l«s n(M*fs .-ont deviMiu- incapables de fain* «• »:i- Iracter le- muscle-, N-ur eleclri-ation ne produit aucune ck-Nalu-u

GRAND SYMPATlilOnn:.

de Icmpôralure. De mt^mo pour la glande maxillaire, ï'élcctrii?ation de la corde du tympan ne fait qu^activer la sécrétion salivaire, cl ce sont les raulalions molèeulairL'8 coitsliluant celle sécrétion qui développent dt^ la chaleur. Lv pyinpalliique ralentit au conlrairu ce travalL Voilà pourquoi il produit du froid. Il me semble que, dans sou appréciation^ Yulpian a été bien au delà de l'idée même de Gl, Bernard , car c'est anssi par l'intermédiaire des combintiisons cliimiques que ce dernier fail a#.'ir ^ea nerfs Ihermiqnes. 11 ne tes présente pas comme des conducteurs amenant dans tes tissus du calorique puisé dans les centres nerveux. Vidpian n'accorde au syîslémc nerveux d'aulre influence sur la calorificalion que celle qu'il peut exercer à l'aide de ges vaso-moteurs. Comme la tempéra turc d'un organe e^st à peu près en raison de la quanlilé de sang qui le parcourt, et comme ce sont les vaso-moteurs qui règlent celte quanti le de i^ang, il en résulte que la température d'un organe dépend du jeu même de ses vaso-moteurs. Lorsque les vaisseaux 5e dilatent, il y a plus de sang el, par suite, une plus grande quanlilé de calorique. Si, au contraire, ils se resserrent, il y a moins de sang et la température baisse. Cette influence indirecte peut avoir des conséquences considérables et retentir sur la température gêné* raie du corps. En cfTet, lorsque l'ensemble des capillaires cutanés se trouve dilaté, une phis grande portion de la masse sanguine vient se soumettre au ruyonnement, d'où une perte notable du calurique sanguin. Lorsqu'au contraire les vaisseaux se resserrent, presque tout le siiog se trouve être à ï'abri dans les profondeurs de l'économie, et le caîorique teod à s'accumuler. Tout est si bien ralculé dans l'économie que le remède vient naturellement s*opposer au mal Quand i! fait froid, les vaisseaux de la peau se resserrent par action réflexe sous son influence et refoulent le sang à Tinlérieur. où il peut faire des économies de calorique. Le sang trouve dans le tégument externe une autre cause de déperdition plus considérable encore , c'est Tévaporation de la sueur, qui ne peut se faire qu'en empruntant du calorique aux parties sous-]acentes. Or, tout justement ta sécrétion sueur est d'autant plus active que les capillaires cutanés sont plus gorgés de sang, de telle sorte que toutes les causes de rcfroidissemenl se trouvent tout justcmenl portées à leur maximum lorsque le sang aflluc à la périphérie et que lÏTonomie peut envoyer le sang se rafraîchir. H en est ainsi lorsque les besoins de l'équilibre de la calorification animale l'exigent.

Signalons encore, pour ne rien négliger, la singulière théorie eufanlée par Lussaûa et Aoibrossoli, Ces physiologistes préteodeot qu'en faisant des eections sur le sympathique, on produit une élévation de Icmpéralure qui est purement pathologique, et qu'on ne fait pas, comme le dit Bernard, qu'exagérer un phénomène physiologique. La chaleur qui s'engendre alors ne serait pas normale » elle serait morbide. Pour eux, la chaleur normale serait produite par la combustion des aUmenls; la chaleur palhologique. par la combustion des tissus. Cette dernière sérail en outre incapable i préserver l'animal du froid.

Après cet exposé historique, je dois nalurellemenl vous fatfi" connailre mon sentiment. \l est d*abord un poinl incontestable, c'est celui qui concerne ta répartition du calorique dans rèconomie. 11 est, en effet, de la dernière évidence que Tapparoil vaso-moteur est un régulateur thermique. Le système circulatoire» considéré dans son ensemble, est comparable à ces systèmes de tuyaux qui sont parcourus par de la vapeur ou de l'eau chaude, et que Ton emploie comme moyens de chauffage dans certains établissemettU publics. Mais l'appareil de chauffage de l'animal est supérieur à ceux de l'industrie, en ce que ses tuyaux de distribuliou peuvçul éprouver des modifications partielles de capacité et (lûro varier ainsi de mille manières la dose de calorique afférente aux divers compartiraenls de Tédilicet et il doit ce perfectionnement unic[tiemenl à son innervation vaso-motrice. En acceptant, même sans réserves, la division des agents vaso-moteure établie par Bernard, on acairde encore au sympalhique, seul, le rôle modératem* dans la dispen* sation du calorique. H représente le robinet qui limite et rcslmnl Isi distribution, il reste par conséquent un facteur indispensable de la répartition, et rien ne prouve encore qu'il n'en aoil pas Tageat unique et spécial. J admets aussi toutes les déductions que Vnlpiao a tirées relativemenl aux conséiiuences que le mécanisme des vasomoteurs peut apporter dans les rapports des causes de refroidissement avec celles de l'aceumulaiion du calorique. Mais le rôle d« système nerveux s'en tient-il à Leltc influence de pure répartîlion, comme le veut Vulpian? Mntervient*il pas dans la création inétiif du calorique? L'élévation de temtiérature que la section du sympa- Lhiqiie provoque quand la circulation est revenue à ses propor normales, et mémo quand elle est supprimée, me parall ]« Bullîsamment l'action que Bernard prête au système nerveux j

molalions chimiques de l'économie. L'expérience contradictoire que Vnlpian a faite sur des muscles curarisés n'amoindrit pas, à mes yeux, cette justification ; car un muscle qui ne peut plus travailler, De peut plus user; et n'usant pas, il ne peut plus réaliser de métamorphoses ctiimiques. J'irai plus loin que Bernard. Sans vouloir prétendre que les centres nervenx créent de la chaleur par un procédé qui leur serait particulier, sans mettre même à profit les Tésoltats de Schiff sur l'échauiïement du tissu nerveux, puisqu'ils prouvent seulement que, comme tous les organes, ce tissu ne fonctionne qu'au prix de mutations chimiques, je crois cependant que, dans certains cas, le système nerveux restitue à l'économie du calorique provenant de combustions antérieures qu'il détenait d'une manière latente. De njéme que les muscles consomment de la chalenr qu'ils manifestent ensuite sous la forme d'une force mécanique, de même aussi le dynamisme du système nerveux n'est peut-être , dans ses actes physiques, qu'une transformation particulière du calorique. De là l'accaparement, par ce système, d'une quantité considérable de la chaleur entretenue par les combustions ; de là une véritable assimilation fonctionnelle qui fait échapper une partie du calorique produit à l'appréciation thermométrique, tant que cette portion trouve son emploi dans l'innervation. Mais que pour une raison ou pour une autre, la dépense nerveuse devienne, à un moment donné, inférieure à cette assimilation, la chalenr antérieurement transformée revient à sa forme primitive. De là un échauflement réel des parties ou de toute l'économie ; et cette élévation de la température n'est qu'une restitution à la calorificalion d'un emprunt fait antérieurement. C'est surtout la chaleur morbide qui me paraît avoir fréquemment cette origine. Dq reste, dans la paralysie produite artificiellement par une section ou de toute autre manière, le système nerveux peut déjà fournir un appoint de ce genre. Tout le calorique que les fibres musculaires levaient employer à maintenir le tonus vasculaire se trouve forcément restitué.

Le sympathique, que nous venons de voir intervenir d'une manière considérable dans la circulation et la caloriflcation, a été présenté aussi par Rcmak et MUller comme présidant spécialement à la nutrition des tissus. Ils chargeaient plus particulièrement de ce rôle les fibres grises à noyaux qui ont reçu le nom du premier de ces physiologistes. Aujourd'hui que la clinique a amplement

452 PHYSIOLOGIK Dt: SYSTÈME NERVEUX.

démontrO que la nioollc et le cerveau onl une inlluencc énorme sur les piiéiiomùncs de la nutrition, aujourd'hui que, malgré la connais, sance de ce fait, on ne se trouve pas encore en droit d'admettre diis nerfs trophiques, on accorde fort peu de créance au rôle notriiif qu'il avait semblé d'abord tout naturel d'attribuer au sympathique. OUicr a pratiqué un certain nombre d'expériences qui tendent à démontrer que la destruction du sympathique ne modifie en rien le travail nutritif de la région correspondante. Snellcn prétend méoiiî que les plaies se cicatrisent plus vite dans les régions qui soal ^ privées de leurs Glets sympathi(iues que dans celles qui restent sous i'inlluence de ce nei*f. Brown-Sequard déclare que l'activité de h nutrition n'est pas en rapport avec l'activité de la circulation. Robin, de Blainville, Auguste Comte considèrent les actes nutritirg comme étant une propriété inhérente aux éléments anatomiqaes. Cependant Bernard fait observer avec raison que, par son action vaso-motrice, ce nerf doit influencer d'une manière indirecte Je travail d'assimilation, puisifu'il fait varier la tension sanguine. L'exhalation du plasma est en effet en raison de la pression du saog dans les capUlaires, et par suite l'apport de la matière première se trouve jusqu'à un certain point réglé par les voso-rooteurs. Le système nerveux, dit ce physiologiste, n'agit pas directement 8ur l'élément figuré, mais médi<atement en lui fournissant des conditions physiques propices. L(»s choses se passent comme pour les végétaux, dont l'accroissement a lieu quand le milieu présente les conditions favorables d'humidité et de chaleur.

Quelle peut être la part du sympathique dans les sécrétions? À la suite de ses expériences sur les glandes salivaires, Bernard a èt.é conduit à systématiser le mécanisme nerveux des sécrétions. Selon lui, les deux systèmes cérébro-rachidien et sympathique se feraieï3t encore, en cette circonstance, mutuellement échec, comme potjr l'innervation vaso-motrice et la calorifiçation. Les nerfs de la v »e animale seraient des excitateurs de l'activité des glandes, tancl. is que le sympathique en serait le modérateur. Nous avons déjà parlé de ces expériences à propos du facial. Nous y reviendrons enco vc dans l'étude de la région cervicale. Mais en ce moment nous devo ïis seulement nous placer à un point de vue plus général. Or, si on consulte les résultats de l'expérimenlation ayant porté sur tous les points de l'économie, on voit que tantét ils parlent en faveur d'une influence directe du sympathique sur la formation du proti wit

GRAND SYMPATHIQUK. 453

sécrété; que tantôt ils seinbhMit devoir la lui faire refuser ; que le plus souvent, enfin, ils paraissent indiquer qu*il partage l'action sécréloire avec un nerf d'origine cérébro-rachidicnne. L'inconstance des résultats se comprend très-bien avec l'organisation que me paraît présenter le centre périphérique ; car c'est lui, et non pas les nerfs qni s'y rendent, qui agissent directement sur les éléments glandulaires. Ceux-ci élaborent le plasma de façon à en faire le produit sécrété par eux-mêmes, en vertu de leurs propriétés spéciales. Ce sont des ouvriers qui portent en eux les aptitudes oécessaire^ pour faire un ouvrage déterminé, mais des ouvriers qui ont besoin d'être dirigés et surtout stimulés. Leur activité propre a tendance à rester latente si un coup de fouet ne vient pas les faire sortir de leur inertie naturelle. Cette stimulation nécessaire leur est fournie par les fibres que leur envoie le plexus correspondant. Ce plexus, à son tour, tout en ayant peut-être un peu plus d'activité spontanée, a besoin cependant, pour en déployer d'une façon physiologique, d'être aussi stimulé. C'est là le lot des nerfs qui, des centres, aboutissent à ce plexus. Mais les filets sécréteurs qui s'insinuent dans les lobules glandulaires, ne sont pas leur continuation directe. Ils sont fournis par le plexus, et non pas par eux ; de même que c'est le plexus qui fournit directement les fibres des vaisseaux, celles des tuniques muqueuses et celles des tuniques muscuieuses des viscères. Comme dans les ganglions, les tubes nerveux s'abouchent avec des cellules, il est évident que les fibres finales ne sont jamais la continuation immédiate de celles qiii réunissent les plexus aux centres nerveux. Sans doute celles de ces dernières qui s'abouchent avec les cellules d'où émergent, d'autre part, des filaments se rendant aux acini glandulaires, ou aux fibres musculaires, ou aux vaisseaux, doivent avoir, dans les conditions physiologiques, pour monopole d'exciter soit la sécrétion, soit la contraction des tuniques musculeuses, soit celles des vaisseaux. Mais ces ganglions, ivec leurs cellules multipolaires, dont les prolongements s'abouchent avec des fibres difl'érentcs, avec la gangue granuleuse qu'ils renferment, sont très-propres à produire des phénomènes de diffusion; il peut ainsi s'établir, dans certaines circonstances, des suppléances inattendues, comme nous avons vu s'en présenler pour les organes de la vie de relation. Mais je crois que l'organisation intragaoglionnaire est telle, que chaque glande est subordonnée à la fois aux impulsions d'un nerf sympathique et à celles d*un nerf

cérébro-rachidien, et que c'est pour celte raison que beaucoup de sécrétions peuvent obéir aux influences morales , tout en étant dominées surtout par les besoins réellement organiques.

Théoriquement, on comprend que le sympathique n'ait anicoQe action sur l'absorption, qui consiste avant tout dans un phénomène • d'endosmose. Entre les mains de Schiiï, l'expérimentation a en effist donné un résultat négatif. Mais Gl. fiemard a * constaté qu'ooe solution toxique introduite sous la peau de l'oreille est absorbée moins vite si on a fait préalablement la section du cordon cerîicQl. Vulpian a détruit tous les vaso-moteurs d'un des membres abdominaux, et il a insinué le poison sous la peau de ce membre. L*absorption s'est faite moins vite que dans les conditions ordinaires. Je me demande si ce ralentissement n'est pas la conséquence do la congestion paralytique qui, en retenant le sang et le poison dans la région, retarde son arrivée sur les centres nerveux. Les choses se passeraient comme sous Tinfluenco d'une ventouse. Il est d'autant plus probable que c'est la la cause du retard signalé, que le relâchement des fibres musculaires, en rendant les parois des vaisseaux moins denses, devrait au contraire favoriser l'absorption.

llering, Goltz et Yulpian ont observé sur les grenouilles des fail^ dont les conséquences ne sauraient encore être appliquées à l'homme, mais qui pourraient fort bien plus tard mériter d'être ivrmE en considération pour l'histoire physiologique des cellules pla.£?matiques, peut-être même pour celle de la pigmentation daTis l'espèce humaine. Chez les grenouilles, la peau et le tissu conjonc%if sont parsemés de cellules contractiles renfermant du pigmec^t. Lorsque ces cellules étalent leurs prolongements, elles portent, f^ar le fait, le pigment dans un certain rayon autour de leurs corps, et elles communiquent à la peau une teinte plus foncée. Lorsqu*au contraire elles rentrent leurs tentacules, les points que celleR-ci occupaient avant redeviennent clairs, et à la teinte prc^sque uniFormément foncée qui existait, succède un fond non coloré sur leciiiel tranchent de petits points noirs. En un mot, ces cellules, par le fait même des mouvements qu'elles sont susceptibles d'exécuter, étalent ou concentrent le pigment qu'elles renferment et peuvent ain.^sj faire passer la teinte générale du tégument par les tons les plus variés. Or, ces mouvements paraissent être déterminés par le sympathique, car après l'ablation du ganglion cervical supérieur, la teinte de la moitié correspondante de la télé et du membre su|>c'-

! rieur devient plus foncée, tout justement parce que les cellules I pigoientaires, ayant perdu leur contraclilité , laissent leurs prolon- ^ gements dans Télalement le plus complet, ce qui, pour ces petits [ éléments contractiles, correspond au relâchement des muscU^s. Les [ i^oltats se montrent les mômes dans les membres postérieurs lors- I qu'on détruit les filets que leur envoient les ganglions abdominaux. ' Ici encore le sympatliiquc agit par lui-même, car les efîets restent les mêmes lorsqu'on a détrait préalablement l'axe cérébro-spinal. Cn fait intéressant aussi à signaler, quoiqu'il soit encore moins susceptible d'une application à l'espèce humaine, c'est que chez certains poissons, notamment chez le turbot, l'action du sympathique sur les i cellales pigmentaires et sarcodiques est un réflexe auquel le nerf \ optique est surtout apte à fournir le courant centripète ou excitateur. Dans un but de protection, la nature les a doués du pouvoir de modifier la teinte de leur corps et de la mettre en rapport avec celle du fond maritime ou fluvial sur lequel ils reposent, de telle sorte qu'ils échappent mieux aux regards de leurs ennemis. Or, qiumd on leur enlève les yeux , ils perdent en même temps cette aptitude, parce que le renseignement centripète indispensable leur manque.

Le sympathique remplit deux rôles qui sont tout aussi généraux et tout aussi incontestables que son action vaso-motrice ; il agit par l'intermédiaire des réseaux viscéraux sur la contractililé et sur la gensibilité des organes de la vie végétative, et même, exceptionnellement, d'agents de la vie de relation, comme l'iris. Ces actes de motilité et de sensibilité restent ordinairement enchaînés l'un ù l'autre par une association réflexe , dont le centre se trouve le plus souvent dans le réseau lui-même. Mais ce centre peut, dans certaines circonstances, être reporté successivement dans les ganglions occupant un rang de plus en plus élevé dans la hiérarchie du sympathique. Plus exceptionnellement encore, l'impression viscérale remonte jusque dans la couche optique, c'est-à-dire jusque dans le centre conscient.

Autrefois on accordait exclusivement au sympathique le pouvoir d'établir entre les organes des rapports de réaction et de sympathie réciproques. De lu, du reste, lui est venu le nom qu'il porte. On dit généralement qu'il y a sympathie lorsque , en vertu d'une solidarité préétablie, deux organes, quoique éloignés, s'influencent mutuellement, se communiquent leurs impressions et leurs modifi-

4aG

PHVSIOI.OGIE DU SVSTK5fK NKRVEUX,

cations» soit pUyi^ioIofriques, soit morÎJide^; de telle sorte qtj>a toutes cirronsiaiires ils se doTineot rériiiroquenient l'ècho. ^ ua Lel exemple de symplUie ydiysîologiqye est celle t|ui ex. : d'une pail, entre la uiamelle et l'utéros, et d'uutie part, entit* k teslicule et le brynx. Lorsque l'utérus est le siège de la coagestion menstruelle, les seins devieunent plus sensiljlesel plus volumineux. Kux aussi sont le siège d une Huxion maoifeste. La grossesse donne lieu nofi-seulement â une congestion plus ronsidératjle, mais elle détermine des Eiodifications de structure. Les glaDdules se développent et se mettent à sécréter. La peau de l'aréole devient plus brune et bourgeonne. Le testicule et le larynx marchent de froal dans leur développement. C'est à l'époque de la puberté que le larynx prend, tout d'un coup, un accroissement qui décide du registre définitif de la voix. Pendant un certain temps, on a cru que ces connexions fonctionnelles s établissaient par les innombrables an;istomoses que contractent enlre eux les filets sympathiques, et qui font d'eux un immense réseau régnant depuis le sommet jusqu*à la buse du corps. Mais le courant d'idées actuel les considère comme étant, de même que les irradiations névralgiques , des phénomènes engendrés par les centres eux-mêmes. On met même le sympathique hors de cause dans ce travail central qui s'opérerait dans la moelle. Enfin, le sympathique est pour nous un agent d'expression de no« sentiments, mais un agent qui réserve pour nous-mêmes la traduction de nos émotions. C'est là que la nature a placé l'écho naturel de notre couche afTective. C'est là que viennent retentir et s'épuiser tous les ébranlements nerveux engendrés par nos sentiments. Le rhythme du c<pur est moditié de mille manières par nos impressions affectives. Le plexuscœliaque traduit, de son côté^celleti qui apparaissent avec quelque chose d inattendu, et il les Iradoil par une douleur qui a son cachet spéciaL qu'il est impossible de peindre, mais que tout le monde a ressentie ; que le bas peuple, du reste, exprime d'une manière pittoresque t>ar tes mots : un coup de poing dans restoniac. Hst-ce là une sensation purement subjective, comme un son que fou croit entendre? La sensation de siège est tellement bien accentuée, que je crois que le phénomène n'est pas exclusivement central. Il doit y avoir un ébranlement réd du plexus, elle mouvement mutée niai re ceniral du il se propa^r jusqu'à la périphérie.

En résumé, le sympathique, considéré dans son euscmblOi es*

cnpalile d agir mr la circulaliou, la tcos^ion sanguioe^ la ealorifiralÎQU, ta nutrition, la sécrétionp rabsorplioti, la pi<,'metitation,sur les phénomùnt's iiiécaiiiqiiL\s ot seiisitifs drs viscèros, et il ititervieiil dans les actes sympalliiiiiios H ijriiotioiiîïeï^. Suivoiis-li* majïilfnaiit, avec CCS aptitudes parlicylières, dans chacune de ses divi^^ious régionales natorelles. Dans celte pliysîolojy^ie spéciale, nous nous coiirornierons aux hiil)ilutks imposées par les anatomislcîî, c'est-àdire que nous rapporterons rtiistoire des dilTéreuts plexus aux sections du cordon ecnlral du sympathique, qui semblent teur fournir leurs racines principales, r/est ainsi que, suivant les erremenls établis, nous rattacherons le plexus cardiaque à la région cervicale, le plexus eœliaque et ses dépendances à ta région Uioracicpie. Celle marche n'est cependant pas exaclement en rapport avec ce qui existe, car ces plexus no sont pas répanouissement de telle ou telle partie. Ils existent par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Chacun d*eux constitue le centre périphérique d'un organe déterminé. Seulement ils sont tous réunis par un ou plusieurs ciîlyles de communication avec le cordon sympathique, et souvent en même temps avec laxe cérébro-spinal par des nerfs cérébro-racbidiens. Ces traits d'union sympathiques ne sont même [Uis bornés à une seule région, car le plexus canliitque, tout en se mettant principalement en connexion avec le cordon cervical, reçoit encore du cordon Ihoracique, et le plexus eœliaque possède, en outre des splanchniques qu'd reçoit de la région thoracique^dcs lilaments qui le relient â la région abdominale.

Région cervicale, — C*est sur cette région que furent faites les premières tentatives expérimentales ayant pour but de piTcer le rays- I6re du mécanisme fonctionnel du sympalhiqne. Pourfour du Petit, en 1712, et Dupuy, en 1810, avaient rléjà signalé queti[ues-unes des conséquences qu'entraîne la section du cordon cervical Mais, en -réalité, c'est à llernard que revient rbonneur d'avoir su altîrer ratlenlion du monde savant sur tes faits observés et d'avoir trouvé leur véritable signilication scientifique. A ta suite de cette section, on olïserve dix phénomènes fondamentaux : T une dilatation trésmarquée des vaisseaux de la sphère d'action du cordon cervical ; 2* une élévation de !a température de la môme région ; :î^ le rétrécissement de la pupille ; ^'^ la rétraction du globe oculaire dans le fond de l'orbite ; 5* le resserrement et la déformation de rouverlure palpébrale; Ci"* raplatissennmt de la cornée et le rapetissement con-

èécutif du globe oculaire ; 7* le rétrécisBement de la oarîne et de# 1 moitié correspondante de la bouche ; 8* une (eiole pIiLS rooge do sang veineux ; ^"^ une sueur abondante limitét» ■ r |

la région ; 10' une augment^Uion de sa sensibiii .ce?

résultats sont beaucoup plus marc^ués après Tablation de^ ganglions quaprt^fi la simple section. Ils sont en outre?' v 5. Leur

durée devient même indéfinie dans ce cas, du n ^ uelq^»-

uns. Si on électrise les ganglions ou le bout supérieur du cordon cervical avec des courauts intermittents, il se produit des phéoo* mènes inverses des précédenis. Les artères s'ciracent et. par ^mtt^ la peau et les muqueuses se décolorent. Le sang prend une teinle plus sombre. La température baisse. La pupille se dilate. L'œil est comme poussé en avant et est en exophtbalmie. Les pauptèree sou^Tciil largement. La sensibilité cutanée devient plus obtuse, et la peau se montre sèche par suite du défaut de fonctionnement des glandes sudori pares. Un nouveau fait se m a ni reste dans res conditions, c'est une modîfîc.ition de lu sécrétion salivaire. Tels sont !*« faits expérimentaux que nous allons maintenant interpréter et développer en les rapportant aux différentes fonctions dont îb relèvent, et dans lesquelles, par conséquent, le sympathique cervical se trouve intervenir. Ce simple énoncé nous montre que celle région du sympathique, par action vaso-motrice, exerce de rinfluencet l* sur la circulation locale ; '2** sur la calorilication du rn if-

lemenl; 3" sur la sensibilité cutanée; V sur la sécrc*; nr;

5*^ sur rinsalivatiou : G*" stu" plusieurs des actes atférents à la TÎstOii; 7** à côté de ces iriiluences, «jni se trouvent élre imidiquées parla résultais expérimentaux précédents, nous devons rechercher s'il M faut pas en ajouter une septième portant sur la nutrition des ùsm^ KnM, ramitomie nous montre que la région cervicale doit exercCT une certaine action sur la circiilalion cardiaque, action qui échappe aux effets de la section, en raison même de l'origine plus ba^e der nerfs cardiaques,

1"* L'action vaso-motrice do coMon cervical est celle qui ?e m»' nifesle le plus ilans rexpérimenialion, du moins pour les tégumeati de la lélG. Immédiatement après la section, ceux-ci deviennent le siège d'ime congestion consîdét^able qui se traduit par une îéxâi rouge trés-appriciablc, Les vaisseaux se dilatent énormément H devienuL'ût parfois agités par des batlemeuls énergiques. Si on fait,

rinstar de Valler, une incision sur les deux oreilles, le sang s*écotil«

beaucoup plus rapidement du côté de la section sympathique. Ces effets sont particulièrement plus marqués après la section du gan- ^00 supérieur qu'après la section du cordon faite au-dessous de ce renflement. Gela devait être, puisqu'en coupant le cordon on ne gapprime que l'influence des ganglions sous-jacents, et les vaisseaux de la tête se trouvent encore soumis à l'activité propre du ganglion supérieur. Yulpian suppose que ce dernier ne peut continuer à agir que par les anastomoses qu'il reçoit du vague, de l'hypoglosse et dugloflso-pharyngien, anastomoses qu'il considère comme des fibres Taso-motrices émanées de l'axe cérébro-spinal et préalablement annexées à ces nerfs. Mais, outre qu'on sorait aussi bien en droit de regarder ces filets anastomotiques comme étant des libres envoyées par le sympathique à ces nerfs pour les doter d'une action vasomotrice, je crois que s'ils renferment aussi d'autres fibres s'étendant, au contraire, de ces cordons crâniens au ganglion, celles-ci constituent un trait d'union par lequel ces nerfs donnent des ordres au sympathique pour qu'il exécute des modifications vaso-motrices en rapport avec leurs propres fonctions, plutôt qu'un faisceau traversant la masse ganglionnaire pour se continuer elles-mêmes jusque sur les vaisseaux. La paralysie vasculaire ne dure pas indéfiniment après la section, ni même après l'arrachement complet. Il vient un moment où les vaisseaux de la tétc se resserrent de nouveau et se rapprochent de leur tonus habituel. D'après Yulpian, ce retour de la contractilité vasculaire tient à ce que ces vaisseaux ne sont pas animés exclusivement par les émanations directes du sympathique, mais encore par quelques-uns des nerfs crânions, qui renferment des fibres vaso-motrices empnmlées directement au bulbe et à la protubérance. Ce contingent d'innervation vaso-motrice serait trèssecondaire en temps ordinaire, mais, à l'instar des collatérales artéielles, ces filets acquerraient peu à peu une grande activité de ^ppléance. L'explication est rationnelle, mais il faudrait peut-être enir compte de l'accroissement fonctionnel des divers ganglions, fui, par leur ensemble, représentent la région crânienne du symalhique.

L'électrisation du cordon cemcal met encore bi(Mi plus hors de oute son action vaso-constrictive. Non-seulement la pâleur des 6SU8 vient traduire l'efi'acement des vaisseaux, mais l'œil peut »ôine les suivre dans leur resserrement. Pour rendre la constriction lus manifeste encore, Donders et Bernard ont provoqué préalable-

meiU mie vive jnjeclion de la conjonclive par des applicaiicMli d ammoniaque^ et ils ont lui. en èlectrisant le syoïpuihîque, faire disjKiranre iii^^laulanémeiit cette congestion île nature inflammatoire* L'eîîerL eon-^tricUr qne Ton uLlient [Jiir rêk-clricilé est tel,que Yaller a pu arrOler une liêmoniiagie déterminée antérieurement par une ineision de l'oreille, l/éleetricité n'trsl pas le seul aèrent irritant cipnble de produire eeîte grande constrielicni vasculaire. Il suflit (le pincer ou de froisser le cordon cervical. Toutefois, ces actions mécaniques doivent être pratiquées d'une manière modérée, sans quoi il y a destruction des éléments nerveux, et ou produit au coutraire uni; paralysie.

Comme le cordon cervical envoie des ramifications sur la carotide interne aussi bien (|ue 6ur Texteroe, il est certain, même à priori, qu'il doit aussi exercer une action constrictive sur les vaisseaux des méninges et de l'eucépLale* Du reste, un ^^rand nombre d*expénmenlalenrs, Donders, Van der Becke, Calleufels, Nolhnagel, ont constaté de visu les resserrements des vaisseaux de rencéphale ou de Ja pie-mère, sous rinlluence de 1 eleclrisalion du cordon cer» yicai. Le derûier a signalé, en outre, la djiatalion très- marquée qu*entraîne ou contraire la section de ce cordon et surtout Kablation du ganglion cervical supérieur. Il est vrai qu*il en est d'autres, SchuHz, Riegel et iolly, qui n'ont obtenu que des résultats négiilife. Mais cette circonstance peut parfaitement s'expliquer par les difficultés de ce genre d'expérimeulation^ qui fait souvent intervenir des conditions exception ueUes et insaisissables. D'ailleurs, un seul fait positif a plus de valeur que plusieurs faits négatifs. Le sympa- Ibique cervical n'a pas toutefois le monopole de 1 juoervatîoo vaso-motrice de la tête. La plupart des physiologistes pensent que les nerfs crâniens sont munis de fibres vaso-motrices qu'ils emprunleiit directement à ta protubérance et au bulbe, et qu'ils distribuent, clieraiu faisant, aux vaisseaux qu'ils rencontrent. Nolhna^'el a pu faire conlracler, par action réflexe, les vaisseaux de la pie-mère en irritant te nerf crural chez un animal dont le gangliou cervical supérieur avait élé arracbé. Il est vrai aussi qu'au reçu et Timpression sensilive, les centres cérébraux ont pu réagir par rinlermédiaire du plexus carotidien. Du reste, sur divers points dt» téguments céphaliques viennent ramper des brancbcs du plexm cervical qui, elles, paraissent plus incontestablement posséder été fibres vaso-motrices. L'expérience de Moreau en donne la preuft

iGl

pèàf uns ûv ces brunclies. Apres la eecdon du cordon cerviciil cïiez un animal dchililé, l'oreiïli* se montre peu conpte^lionnéc; mais si on L'oiipc, en oiilre, lu nerf îiutriruUiire auîûrirnr, la vascularisution devient iinniL'diatifnuMit plus pronoocêtî.

Par gon action vaso-motrice, le cordon cervical constitue dujû un a^ent très-important (îe Ki mimifjuô tU^iortonnelle. Il Iratluit la timîdilé et la pudeur eu reproduisant une teinte rouge de la plus grande partie du visage; la colère et la joie» tantôt par la rougeur, tantôt par la pâleur de la ri^'^ion faciale, suivant te de^ré atteint par ces deux iicotiments, ou suivant les dispusilions personnelles. Il est de la dernière évideiice que îe ganglion cervical n'est ici mis en jeu f|ua l'instigation des centres vaso-moteurs de Taxe, sur lesquels viennent relcnlir les ébranlements de la courïie aiïective. Peut-Otre mOme celle-ci agi l -elle direclement sur le réseau vasculaire par des nerfs crâniens, Peut-ûlre est-ce au point de vue de la mimique que îc glosso-pkaryngieii envoie un fdet au plexus inler-carotidien. Dans le cas de pàkur, les vaso-moleors sont évidemment surexcilés, et il se produit un spasme réllexe des vaisseaux. Dans le cas de rougeur, les centres vaso-moieurs restent comme interdits, ou il se fait une paralysie réfli'\e. Mais les partisans de la dualité dus vasomoteurs sont jïarfaitcmeut en droit d'invoquer une excitation des vaso-ditatalcurs. L'étendue de ces modilications vascutaires varie suivant rinlcnsilê des émotions et la susceplilnlité des sujets. Ce sont les vaso-moteurs de la joue f|ui entrent les premiers en scène et qui y restent souvent seuls. Mais la congestion peut envaliir tout le visage et encore le département de la carotide interfie. De là des bruissements d'oreille, des Irouldes de la vue et de l'inlelïigence.

2" L^inOnence du cordon cervical sur ia caloriftraiîon de la tétc est tout aussi marquée que la précédente. Après !a section, on sent, même au loucher, la difTérence de lerapéralure qui existe eulre les deux côtés. Le thermomètre l'a fail constater d'une manière plus positive, qu'il soit appliqué dans la narine, sur la lèvre, sur le pavillon de l'oreille et même sur l'encéphale. L'écart peut êlre de 5, tO et même 1 5 degrés. Quand on place l'animal dans un milieu froid, le cO lé de la section résiste beaucoup pkis au froid qin? le côté opposée L'effet calorifique persiste beaucoup plus que l'effet vasomoteur. Il est même permauent. car on l'a encore retrouvé un an et demi après la section.

3* et i* y est probable que le cordon cervical ne peut exercer

d'influence sur la stMisibilité du visage que par les conditions de vascularisaliou qu'il crée pour les nerfs et les tissus. L'élfictricilé enlève à ceux-ci leurs moyens d alimentation en efifaçant les vaisseaux; c'est de la même façon que la pûleur duc à une atmosphère froide s'accompagne d'une insensibilité telle, que les blcssnrcj peuvent passer inaperçues. La dilatation exagère, au contraire, jt sensibilité, parce qu'elle place les tissus dans de trop bonnes conditions d'irrigation nutritive. Les effets sur l'activité des glandes sudoripares se n)anif(>stont dans les laboratoires, surtout choi les chevaux. Mais nous verrons qu'ils sont aussi très-apparents dans la pathologie humaine.

5^ L'influence que le sympathique cervical exerce sur l'inia/ivation est une des mieux établies et sert même d'argument à ceux qui sont partisans des nerfs sécréteurs. Kn elTcl, lorsqu'on galvani.<e les filets nen'cux que le sympathique envoie au ganglion soosmaxillaire, on détermine non-seulement une constriction manifeste des vaisseaux de la glande, mais encore l'appurition d'ane salive qui a des qualités tout à fait particulières et à laquelle on a donné le nom de salive sympathique. Elle est trouble cl très-visqueuse; elle montre au microscope de nombreuses granulations et une quîiTilité prodigieuse de petits corps très-transparents et à formes variées. Los uns offrent les contours d'une cellule; d'autres ressemblent ii des tubes qui peuvent être ramifiés et ont certaineinenl pris moule dans les canaux de la glande. Quant aux graimiations. il en est de graisseuses et de calcaires, car l'addition de ({ueiques gouttes d'acide sulfurique donne lieu à un dégagement de bulles de fraz et à la formation de, cristaux de sulfate de chaux. On obtient des résultats analogues du côté de la carotide. Eckhard, après avoir coupé le cordon cervical, en a irrité la portion céphalique, et il a vu s'écouler, par une fistule artificielle du canal de Sténon, une salive blanche, trouble, très-dense, parsemée de granulations, mais il n'a jamais pu rencontrer les corpuscules de protoplasma dont il vicul d'iHrc question. Owjannikow et Ischiriew ont signalé les premiers un fait singulier en raison meniez du niveau d'émergence des splanchniqucs, cVst que Télectrisation du bout périphérique de ces nerfs détermin*^ l'écoulement d'une notable quantité de salive. Comme l'excitalio*"^ des splanchniques fait resserrer considérablement tous les vaisseau ^ abdominaux et augmente, par le fait, la tension sanguine général *' en diminuant la capacité du système vasculaire, ces auteurs oc:*

pensé queceUe augmeiUatioa de terisioii, ea favorisant l'exhalation dans la glande salivalre aussi bien que partout aitleurs, était la vérilable cause de rhypcrsùcrétîon salivaire, Vulpiau, quia été aussi ttjmoin du phéuoiiîèoe, l'aUrilnie plutôt à uue actiou réflexe dans laquelle les splanchuiques rempliraient le r<ïle sensitif et agiraieut de la oiéuie façon «jue le lingual lorsque son excilatiou fait adluer la salive, pitrce que ces nerf.-^ sont doues d'une assez vive l'ensib il ilé, et que dans rexpérieuce iruliquêe ils peuvent retenlir sur la corde du tympan par des fibres récurrentes, (le qui lui donne à penser que les chosen se passent ainsi, c*eat que rélectrisatiou de presque tous les nerfs sensilifs peut ainener le môme résultat. Il l'a obtenu en élec Irisant le sciatique, et ScbiiT^ de môme^ en ag^issant sur le glûSSO'pburyngicQ.

La production de la salive synipritbiqne, sous l'innuence de Télec- Irisalion des lllels maxillaires, a été diversement interprétée. On a dit que les nerfs n*élaient pour rien dans le travail aécrétoire proprement dit, qu'ils ne faisaient qtie produire t'excrétiou et que celle-ci pouvait être provoquée indiiTê rem ment par l'irritât ion des nerfs s^'mpat biques ou par celle des nerfs cérébraux. Sebiff adopte cette manière de voir. Pour lui, en onîre, iî n'y a qu'une seule et même salive qui se trouve seulement [dus ou moins délayée. lîidder, au contraire, n'hésite pas à admettre pour les glandes salivaires deux espèces de nerfs sécréteurs, les uns d'origine sympathique, les autres d origine cérébnile, t"es glandes ne founiiraienl pus le même produit quand elles obéiraient aux lilets sympathiques que lorsqu elles subiraient rinfîuence des liïets cérébraux. Dans le premier cas, elles donneraient de la salive blanche et épaisse; dans le second, de la salive aqueuse. Je suis peu porté à admettre l'existence de deux salives apparaissaut lour à tour ù l'instigation du cervean ou du «ympalhitfue. Le but fonclioonel du liquide salivaire ne me semble pas motiver ces alternatives. Je crois qn*il n'y a, pour chaque glande, qu'une s(»ule et même salive, qui se trouve seulement plus ou moins délayée par r*»xhalation du sénim du sang. Loi^qu*ou électrise les filets sympalbtques, on resserre les vaisseaux, ou diminue par suite rirritration sanguine de la glande et en même lenips Texhalalion. Voilô pourquoi le produit apparaît alors si conceotré. Sans rexpérience île Ludwig, qui a été signalée anténenrement, je crois que la salive sympathique ne sullirail pas non plus pour faire admettre des nerfs sécréteurs. On a bien dit ([ue, puisque cette

464 PHYSIOLOGIE du système nerveux.

sécrétion so manifeste au momciil où la glande reçoit à. pcioe da ! sang, il faut bien la mettre sur le compte d'une pure excitation fonctionnelle, et non sur celui d'une plus grande abondance dema. < tière première. Mais rien ne prouve que cette salive épaisse n'a pas été créée par les cellules avant l'électrisation, et que celle-ci n'a pas eu seulement pour eiïet de la faire expulser. '

Dans tous les actes nerveux ayant rapport à la sécrétion salivaii^^ ] les niets sympathiques, comme la corde du tympan, ne font que i commander et diriger le travail du ganglion sous-maxillaire ([ni, | seul, a l'administration directe de la glande, et qui peut même ; subir, d'une manière immédiate, les incitations seusitives du nerf i lingual. Après avoir coupé tous les filets que le sympathique envoie à ce ganglion, et le Ungual immédiatement au-des.'^us du point où ce nerf fournit une ramification à ce même ganglion, Bernard a électrisé le second de ces nerfs tout près de la langue, et il a obtenu aussitôt une abondante sécrétion réfiexe de la salive. Or, dans ces conditions, l'électricité n'avait pu que déterminer un courant centripète dans le lingual, absolument comme le fait une substance sapide introduite dans la bouche. Mais ce courant n'avait pu, par suite de la section, gagner l'encéphale comme dans letat normal, et être réfléchi ensuite vers la glande pour y provoquer un travail de sécrétion, l'ividemnient le courant avait dO s'engager dans le rameau que le lingual fournit au ganglion, exciter ce dernier, qui avait agi ensuite sur la glande par ses fibres efférentes, car c'était là le seul cercle continu respecté par la double section. Le ganglion sous-maxillaire peut donc agir de par lui-même lorsqu'il est séparé de tout centre nerveux. Une des expériences de Vu Ipian prouve aussi que ce ganglion peut se passer de l'influence du ganglion cervical sni)érieur. Malgré la destruction de ce ganglion, l'électrisation de la corde du tympan détermine encore la dilatation des vaisseaux de la glande, ainsi que l'excrétion salivaire, et cependant on peut constater que les fibres sympathiques qui se rendent au ganglion sont complètement altérées.

6** I/intervention du sympathique dans la vision porte surloai sur le mécanisme de l'iris. Classiquement, on admet que ce diaphragme est constitué par des fibres radiées et des fibres circulaires formant un véritable sphincter dans la zone la plus centrale; que 1er ^ premières sont animées par des filets ciliaires provenant du sympat- Ihique, et les secondes par ceux qui éman(;nt de la ']• paire p» ^

GRAND SYMPATIIIUUE,

ridlermûdiaire de la courte racine du ganglion oplilhalmique. Ainsi compri^^ Torganisation de l'ins explique parfiiitemcnL pourquoi la section du cordon cervical produit le resserrement de la pupille» puisque les libres radiées ou dilatatrices se trouveraient être seules paralysées^ et pourquoi son électriaation détermine au ranlraire la dilalalion de l'orilice pupillaire, puisfju'en exaltant le synipalliique ou fait prédominer laclion des fibres radiées sur celles des fibres circulaires. Mais, U y a quelques aiuiées, tlougel, frappé d'une part de la ricliesse de firis en vaisseaux, d'autre part de ce que l'élec- Irisation du sympathique produisait, en môme temps que la dilatation, un resserrement complet de ses vaisseaux, a pensé que tes modiOcatious de la pupille tenaient non pas à deux muscles antagonistes, dont l'existence n'est pas bien démontrée, mais aux variations de volume que peut présenter un organe lorsqu'il renferme plus ou moins de sang. Selon lui, le sympathique présiderait à la dilatiition de la pupille, parce qu'jl est le vaso-constricteur des vaisseaux de Firis. En resserrant ces vaisseanx sous rinflueoce de son activité sf>ontanée ou de laclivité artificielle que provoque réleclricilé, il diminuerait retendue de l'iris et augmenterait d'autant rorificc pnpillaire. Dans le même ordre d'idées, la constrietion pu* pillaire que produit la section du sympatliique pourrait s explt(|ner par les conditions vasculaires inverses. Les vaisseaux, privés ainsi de l'action constrictivc de ce nerf, éprouveraient une dilalalion paralytique ; d'où congestion passive augmentant le volume et retendue de l'iris, et lui faisant empiéter sur l'onfiee pupillaire. Mais, à côté de cette paralysie vaso-motrice, Uouget fait in 1er venir un nouvel élément qui assimile le resserrement de la pupille à lereclion du pénis. Il suppose que le muscle ciliaire se contracte spasmodiquement à riustigalion de la 3^ paire, comprime les veines à leur sortie de Tins, et force ainsi le sang à s'accumuler dans cette membrane. Au premier abord, cette Ihésc paraît parfaitement sou* lenable, car au moment où on ék'Ctrise le minpalhique, ou peut constater que non-seulement ia pupille se dilate, mais que les vaisseaux de riris se resserrent eu effet, et de façon à rendre cet organe presque exsangue. De plus, il faut avouer que sur la nature la disposition en libres radiées et circulaires n'apparaît pas aussi nette qne la théorie veut bien la présenter. Mais cette interprétation est passil>le d'oLjcctions excessiv^cment sérieuses; car on peut, avec rélectricité, faire dilater ou resserrer la pupille sur un cadawe, im-

i^fXGAAé. m^ — 30

médiatemcnt après la mort, alors que le cœur dc bat plus et que les vaisseaux ne peuvent plus intervenir. Wagner a obtenu ce résultat sur un décapité. Chez les rats albinos, il est facile derecoonaître que, dans les mouvements naturels de Tiris, les vaisseaux qc semblent pas se modifier. Valler, en faisant saillir Fœil hors de l'orbite, a pu môme examiner au microscope l'étal de l'iris, et il a vu qu'au moment où la pupille se dilatait sous l'influence de l'atropine, les vaisseaux ne changeaient point de diamètre et devenaient seulement plus flexucux, parce qu'ils étaient obligés de se loger dans un plus court espace. Du reste, Leber a fait obserrer avec raison que ce sont les artères et non les veines qui traversenl le muscle ciliaire. C'est donc encore la théorie classique qui cadre le mieux avec les faits d'observation, et il est probable que le sympathique préside à la dilatation de la pupille, non pas à titre de nerf vaso-constricteur, mais comme nerf moteur d'un muscle radié spécial. Suivant Vulpian, ce muscle serait aussi animé par des Gbrcg sympathiques qui ne proviennent pas du ganglion cervical supérieur, mais probablement soit du plexus de l'artère vertébrale, soit des nerfs crâniens. Il a pu en effet provoquer une dilatation de la pupille en galvanisant la peau de l'abdomen chez des animaux auxquels il avait non-seulement coupé le cordon cervical, mais encore arraché le ganglion cervical supérieur. Toutefois, il est bien certain que la tonicité des fibres radiées est surtout maintenue par le ganglion cervical supérieur, ainsi que le prouve l'expérience de Liégeois. Ce dernier a isolé ce ganglion par la section de ses racines médullaires et celle du cordon qui l'unit au ganglion moyen ou inférieur. Malgré cet isolement, c'est à peine si la pupille se modifia. Mais du moment où il détruisit le ganglion lui-même , la pupille se resserra au maximum. Celte expérience prouve, en outre, que ce ganglion ne tient pas sa force d'action de la moelle. Vulpian a même depuis complété la démonstration en détruisant la moelle elle-même. La pupille ne se modifia que d'une manière insignifiante tant que le ganglion fut respecté.

Le cordon cervical paraît aussi exercer une certaine influence sur la sécrétion lacrymale. D'après Wolferz, il y a deux nerfs dont l'excitation peut provoquer une hypersécrétion de larmes. Ce son le lacrymal et les filets que le sympathique envoie à la glande. Il aurait peut-être lieu de faire aussi une part au filet du palhétiqu décrit par Currie, mais il n'a été l'objet d'aucune expérience physi*

GKANI) SVMl'ATHtQUK

logique. Demtscheiiko prOiend avoir conslaté pour la glande lacrymale la même organisalion nerveuse que pour les gïandos saïivaires. U y aurait ausi^i des larmes sympathiques et des larmes cérébrales. Les premières seraient épaisses et troublei*, les secondes limpides et aqueuses. Celte géiiérolisation du phénomène me semble être, au contraire, une nouvelle preuve en faveur de l'interprélalion à laquelle je me suis arrêté à propos^ de ta sécrétion salivairc. Ici encore il doit y avoir un seul et même produit de sécrétion , gui devient d'autant plus aqueux que la eireulaliou est elle-m<5me plus active. L'existence de deux espèces de larmes me semblerait encore moins motivée que celle de deux salives.

Eafiti le sympalbique agil encore sur lappareil de la vision en contribuant à maintenir le globe oculaire dans une silualion déterminée. H animej en effets uu muscle particulier découvert par ÏL MUller et appelé musclô orbitaire. C'est un muscle à fibres lisses, comme tous ceux qui sont du domaine du sympathique. Il Ml situé dans la cavité orbitaire et forme comme une capsule au flobe de rœil. En se coutraclant. il pousse celui-ci en avant. Voilà pourquoi réleclnsalion du cordou cervical produit de Texophlbalmio; ta fieclion de ce cordon a^ au contraire, pour elTet de refouler l'œil dans l'orhite, parce que les muscles droits et obliques n'étant plus contre-balancés par Tautagonisme du muscle de MUÏler, tirent !*œil en arriére.

7* Plusieurs physiologistes ont accordé une action nulrttive aux ganglions cervicaux. Pourfourj Ârnemann, John Reid el Cruisank déclarent que la congestion paralytique duc à la section du cordon cervical peut déterminer au bout d'un certain temps des troubles matériels de nature inflamniatoire, On voit, un effet, survenir exceptionnellement une sécrétion muco-purulente de la conjonctive, de l^opacilé et même des uicèralioiis de la cornée. Mais il faut pour cela rinterveiilion de causes irritantes mettant en jeu directement la puis-^ancc morbide de ia vie cellulaire. Chez plusieurs cobayes, auxquels il avait coupé le sympathique dix-huit mois auparavant, Brown-Sequard a trouvé h; lobe cérébral correspondant notablement atro|dué. Il est diflicile de s'expliquer ce résultat en présence d'une congestion qui, quoique passive, n'en fournit pas moins au cerveau mie pics grande quantité de matériaux. Vu l pian le met sur le compte d*une contraction des vaisseaux qui , au bout d'un certain temps, remplacerait leur dilatation, et qui engendrerait une espèce d'anémie*

Mais, (juand mônic celle conlradioa de réadion serait dômaolréi*. elle devrait porter aussi bien sur les vaisseaux des os et des hiilîcli's de la li^le. Or, daîis les Taîts de Browu-Sequard, taadis que la substance cérébrale s'amoindrissait, les os et les muâcles de ta lête s'hypertrophiaieot au contraire. Bidder^ de son côté, a tu eh«8 on lapin la section rendre foreille plus développée. Éridemmcûl, si une môme cause peut produire des elïets si opposés, c'est qu'elle ne rencontre pïis partout et toujours les mêmes conditions am* biantes. Peul-étre le cerveau ne s'atrophie-l-il que parce que les ù^ s'hypertrophient et empiélent sur la cavilu crânienne, !l se pas^ là quelque chose d'analogue à ee qui a lieu chez les crétine. — Legros a eolcvé le ganglion cervical supérieur à un coq peu de jours aprèi sa naissance, et la moitié correspoudante de la créle se montra de plus en plus alropliiée. On ne saurait assimiler tout à fait ce résultat lï une atrophie ordinaire, C est un manque de distension des cavités vasculaires, îimilées par les Irabécuïes du tissu éreciile. llo tissu de ce genre se forme et acquiert du volume par le fait même de son foncUoniiement. Ce sont les congestions spasmodiques dont il est le siège qui, en se répétant, écartent de plus en plus les platfâ musculaires et agrandissent les capillaires , comme la rélenliou d'urine augmente la capacité de la vessie, tout en hypertropbiaai ses parois. Le défaut de développement indique, en tout cas, que c'est le ganglion qui engendre le spasme musculaire néùesbaire au mécanisme de lerectiou de la crête. En définitive, dané tous les faits signalés jusqu'alors, il n'y a rien qui puisse autoriser à attribuer au cordon cervical une aclion Irophique directe. Tout ce qu'on a le droit de dire, cest qu'en baignant les éiémeots bistologiipies d'une quantité de sang plus ou moins grande, il fournil à la vie cellulaire des moyens d'édification plus ou moins considérables. Quant à prétendre avec Sinilziu que riutervenUoo du cordon cervical peut même élre fûebeuse au point de vue de 11 nulrition, après la section du trijumeau, cela n'est plus periïii* detiuis qu'tickliard a constaté que l'arrachement du ganglion cenri<^ supérieur n'emiiéche pas le moins du monde la destruction de to 5* paire de produire ses troubles troplyqnes habituels.

8" C'est le plexus cardiaque qui règîe directement le foncliouoemenl du cœur. Mais il est lui-même suhordonné aux impulsions H aux indications que peuvent lui apporter les filets qu*il reçoit do sympatbique et du pneumo-gastrique. Nous avons déleroiiu^^ l6

iode d*action des filets d*originc cérébrale. Nous devons en faire atant pour les lilels d'origine sympathique. Gomme le cœur a des aisseaux et a besoin, par suite, de recevoir des vaso-moteurs, il tait naturel de supposer que ceux-ci lui sont apportés spécialement lar les filets sympathiques. Mais Yulpian déclare que réleclrisation le ces derniers ne modifie eu rien la teinte de cet organe. 11 est )robable que ces vaso-moteurs sont distribués par les artères corolaires, qui les empruntent directement au plexus qui entoure Taorte. }uaDt aux filets cardiaques sympathiques, ils doivent plutôt agir ar les mouvements du cœur. D'après Cyon, l'irritation électrique le la 3* branche du ganglion cervical inférieur provoque une accélération des battements du cœur et une diminution de leur étendue; l'excitation de la 4* branche produit une légère élévation de la pression moyenne, sans changer le nombre des pulsations. Cyon appelle, pour cette raison, ces deux filets 7ierfs accélérateurs du ccsur, et il les met en antagonisme avec les filets cardiaques du fague, qu'il regarde comme des modérateurs. Je me suis déjà expliqué sur ce que je pensais de ce prétendu antagonisme. Ces deuxfilets sont, comme tous les nerfs cardiaques, chargés de stimuler le cœur par rintermédiaire du plexus, et s'il y a accélération dans ce genre d'expérience, c*est que l'électricité détermine une excitation qui dépasse en intensité les excitations dont ils peuvent être spontané- Dneot le siège. Quant aux deux, premières branches du ganglion inférieur, qu'on avait toujours regardées comme émanant de lui, elles résultent du simple accotement au sympathique des filets du nerf dépresseur.

Région thoracique. — Cette région a une mission vaso-motrice issez étendue. Les expériences de Bernard et de Yulpian démontrent joe le. premier ganglion thoracique contribue avec le dernier cerricai à innerver les vaisseaux du membre supérieur. Gomme la faradisation des ganglions cervicaux n'a aucune action sur la teinte la tissu pulmonaire, il est probable que les vaso-moteurs du poumon sont fournis directement au plexus pulmonaire par les ganglions thoraciques correspondants. Du reste, la section du cordon thoracique entraîne une vascularisation plus grande du poumon et de la plèvre du côté correspondant. Bernard a môme observé une fois une pleurésie dans celte circonstance. Cette région alimente encore sous le môme rapport la moelle, car quand on électrise un rameau communicant du thorax, on voit nettement dans la zone

PHYSIOLOGIE lïU SYSTEME XEBVEUX.

correspondante les vaisseaux de la pie-mère se resserrer el reveoir à leur diamètre primitif, et même au delà, après la cessatioo d€ l'électrisation. Ce fait vient à Tappui de ce que je disais dans les généralités, à savoir que les impulsions vaso-motrices de Taxe cérébro-spinal ne peuvent avoir d'eflicacilé qu'après aroir passé par la main du sympatbique, puisque cette moelle à laquelle on accorde des éléments vaso-moteurs capables de retentir mt toute fècooomie est impnissanle à régler elle-même ^a vascularisation. U esl toutefois un fait signalé par Brown-Sequard, qui laisse planer im certain doute sur ta conclusion que nous venons de tirer du résultai de l'électrisalion des communicantes tlioraciques. Cet expérimeulaleur a vu, au momenï où il liait lensemble des vaisseaux et des o«rfi du rein, les vaisseaux de la pie-mère spinale se resserrer. Or, ^fi* demment ici la ligature n'a pu qiio donner lieu à un courant sensittf qui est allé ensuite provoquer dune manière réflexe la coQtraclioii des vaisseaux. On peut se demander si Texcitation des caoïmtiiucailles n'agit pas simplement au même titre.

Les vaso-moleurs fournis par cette région peuvent, de mèma que ceux de la portion cervicale, être mis à contribnliou par ta couche affective pour la mimique des sentiments. Ça n a lieu en général que chez les femmes nerveuses qui ont un pouvoir dispersif cousidé* rable. La rougeur émotinimelle s'étend alors de la face vers le tronc, qu'elle peut envahir jusqu'au niveau du crcux épigastrique. HarriTe même parfois que le tronc seul rougit, la face n'éprouvant aucune modilicalioa, de sorte que cette régiou thoracique est par elle-mtoe reliée à la couche affective a titre de sympalbie réflexe, et qac l'extension de la rougeur n'est pas toujours le résultat de rextefi^ian de rèbranlement central, de proche en procbe, dans la coloane ft^ Jaccubowitz. La congestion dont la portion thoracique est l'ogeol immédiat ne ressemble pas à celle qui se produit à lu face* Au lieo d\me rougeur uniforme, on voit apparaître de petites plaques i5lw* gnées, mais qui unissent par se joindre eu s'agrandîssaDt Elles viennent, pour ainsi dire, traduire à rextèrieur rexislence de peJil5 gangUons préposés, chacun, à des départements vascuïaires dislinda

Ce qui donne le plus d'importance à ta région thoracique, ceil rinfluence qu'elle peut exercer, par l'intermédiaire des nerfs splanchniques, sur le plexus solaire et sur les plexus secondaires qui sool regardés comme les dépendances du précédent D une manière générale, voici, je crois, comment on doit comprendre rorganisatioa

GRAND SYiMPATHIQUE. 471

de ce département du système sympalliique. Chaque organe et , par suite, chaque fonction viscérale a son petit système nerveux périphérique qui est représenté par un ou plusieurs plexus spéciaux. Geui-ci président directement à tous les actes de Torgane auquel ils sont préposés, mais en fait d'action centrifuge, ils ne peuvent en exercer que sur cet organe exclusivement. Leurs impressions sensitives seules peuvent exceptionnellement remonter plus haut et parcourir même toute la chaîne jusqu'à Tencéphalc. Mais chacun d'eux, pour la plupart de ses manifestations centrifuges , peut subir rinfluence des sections plus élevées. Comme ces plexus viscéraux viennent converger vers d'autres plexus qui sont pour eux ce qu'est une grande ligne ferrée pour les embranchements secondaires , il en résulte que plus on monte dans cet appareil , plus on trouve d'étendue à la sphère d'action de la section que l'on considère. C'est ainsi que si les plexus coronaire stomachique, hépatique, splénique mésentérique et rénal, ne commandent qu'à festomac, au foie, à la rate, à l'intestin grêle et au rein, le plexus cœliaque se trouve commander à la fois à l'estomac , à la rate et au foie; que le plexus solaire peut retentir non-seulement sur le plexus cœliaque, mais encore sur tous ceux que nous venons d'ônumérer; que les splanchniques et le cordon tboracique peuvent à leur tour agir sur cet ensemble qui, par leur intermédiaire, est en outre capable de subir rinfluence de la moelle et de l'encéphale. Cela étant, nous suivrons la marche suivante, qui me parait être la plus convenable. Nous allons indiquer d'abord ce que Texpérience nous aura appris sur le fonctionnement de chacun des plexus spéciaux. Nous ferons par là Thistoire du rôle du sympathique dans les fonctions stomacale, intestinale, hépatique, splénique et rénale. Puis, remontant les divers anneaux de la chaîne nerveuse , nous signalerons les faits expérimentaux relatifs aux plexus cœliaque et solaire, aux splanchniques, au cordon thoracique, et nous rechercherons enfln (|uelle influence éloignée l'axe cérébro-spinal peut exercer sur les plexus lerminaux.|

1% plexus coronaire stomachique ^\ec ses annexes , les plexus d'.\uerbach et de Meissner, est tellement bien organisé qu'il est un de ceux qui peuvent le plus se suflire à eux-mêmes. Il paraît même régler de sa propre autorité presque tous les actes vaso-moteurs qui se passent dans les parois stomacales. En effet, la section des splanchniques n'entraîne aucune modification de la teinte de la muqueuse.

Ce plexus suffit donc pour maintenir les vaisseaux dans leur tonus habituel. Il y a plus, même après la destruction du plexog cœliaque, ceux d*Âucrbach et de Meissner continuent à maiotenir les vaisseaux dans leur degré de constriction normale. Suirant SchifT, ces plexus suffisent, même après la suppression du plexm solaire, pour entretenir aussi les phénomènes mécaniques et chi* miques de la digestion. Pour détruire le plexus solaire, Schiff n'a pas eu recours au scalpel, qui expose d des hémorrhagies en raison même des connexions intimes que ce lascis nerveux contracte avec les vaisseaux. Il s'est servi de la cautérisation avec rammoniaqoe. Ce procédé qui, dit-il, détériore suffisamment les filets nerveuiet les ganglions, permet aux animaux de se remettre rapidement de l'action traumatique et de rentrer dans l'état normal. Après cette opération , ils continuent à prendre régulièrement leurs repas. Lea aliments passent dans Tintestin , ce qui prouve que l'estomac peut encore exécuter ses mouvements. Le tournesol indique que le sud sécrété est encore acide. Du reste , il a pu réaliser des digestior» s artificielles avec du suc recueilli sur ces animaux. Mais il y a peiLft-ôtre lieu de n'accepter ces expériences qu'avec une certaine résenr ^ car l'ammoniaque a bien pu ne pas amener toujours une destructic^fe complète et a même peut-être sur certains points servi plutôt d'ag& 3 irritant. Les expériences de Lamansky ont bien plus de valeur. lA. extirpé complètement le plexus cœliaque en se mettant, autant q « possible, d l'abri des hémorrhagies, et il a vu aussi la sécrétion g^3i trique et les mouvements stomacaux persister après. D'ailleurs il ^35 bien établi que l'estomac continue à être agité par des contraclici>n5 pendant un certain temps après qu'il a été séparé et sorti de V s^bdomen. Ces résultats semblent en désaccord avec ce qui parait se produire après la section et l'électrisation du vague. Mais quand 00 y réfléchit, on voit que l'autonomie des plexus intrastomacaux s'établit très-bien avec l'influence spéciale que nous avons accordée à la 10* paire sur les mouvements de l'estomac. L'anatomie nous montre que le vague vient s'adapter au plexus d'Auerbach. Il n'est donc pas étonnant que son électrisation puisse provoquer des contractions de l'estomac. Il excite le plexus comme lui-même est excité par réleclricité. Mais au fond c'est le dernier rouage nerveux, moteur, c'est-à-dire le plexus lui-même, qui fait la contraction. Dans les conditions physiologiques, le courant sensitif provocateur n'offre pas toujours la même étendue ; il va se réfléchir à des niveaux plus

GRAND SYMPATHIOOE.

ou moins doignés du point de départ île rimpression. Tantôt il ne dépasse pas le plexus d'Aiierbaeh et est rûfléchi immétlialemenl. Le fait, tani dans sa partie senï^ilive qnc dans Fa partie niolriee, reste circonscrit dans radmimslration nerveuse locale. Tanlôt la réllexion ne s'opère que dans Ic:^ plexus cceliatiue ou solaire, et il est probable que dans ce cas les mouvements sont de suite plus généraux- Tantôt enfin l'impression gagne rencé[itiole par les fibres scDsitives du vajaie et est réllécbie sur k'S libres motrices du même nerf. L'effet trouve dans ce centre élevé des causes de moditicatioDS en rapport avec ce qui se passe dans d'autres points de l'économie. Ce même nerf vague peut aussi puiser le courant provocateur en debors de lui-même et de la muqueuse stomacale. C'est pour cela qu'une flouleur très-vive, développée eu un point quelconque, ou une émotion morale peuvent déterminer des mouvements intempestifs de l'estomac et, par suile, troubler la digestion. C\!St aussi le plexus qui excite, en derrière analyse, la sécrétion gastrique quand il est luimême stimulé par le plexus solaire à l'instigalion du vague ou des splafîchoiqurs. Miiis il peut aussi le faire de par luî*mémn; toutefois il semble que quand rappareil stimulateur est ainsi réduit h sa plus simple expression, il fournisse des produits moins bons (]ue lorsquil est complet; car Laœausky déclare que si la digestion continue à se faire après ta deslruclion du plexus cœliaque , les animaux cependant maigrissent et dcpé rissent.

Moreau a entrepris des expériences directes sur ]û plexus mésentèrique supérieur. Selon lui, au moment où on détruit un groupe des fdels que ce plexus envoie à Tinlestin, les artères de l'anse correspondante cessent de battre, tandis que l'œil continue à percevoir les pulS4ition8 dans les anses voisines. Kn même temps ces artérioles pâlJ866nt. Il se fait évidemment une contraction de ces vaisseaux; mais elle ne dure qu un instant, parce qu'elle est duc à l'irrilation que ta section fait naître tout d'abord dans le bout périphérique des nerfs. Elle est bientôt remplacée par une dilalalion permanente, conséquence forcée de la paralysie vaso-motrice produite par la solution de continuité des filets nerveux. Cette dilatation dorme en outre tieu A la producliou d'une grande quantité de liquide dans l'anse énervée. Celle exbalation peut aller jusqu'à 300 grammes. L'auteur attribue sa présence à une exagération de la sécrétion du suc intestinal. Quoiqu'il n'ait rien signalé du côté de la contractitité et de la sensibilité de l'anse intestinale énervée, la raison elle-même

nous dit que les plexus intestinaux doivent exécuter tous \m actes nerveux dont ils sont le siège. Les ganglions intestinaux peuvent nussi provoquer des modifications vaso-motrices réflexes, dont Hk sont eux-mOmes les centres. C'est k eux qii^on doit attribuer la rougeur qui apparaît lorsqu*on expose l'inlestin à lair.

Quand on (ilectrise le plexus hépatique , les vaisseaux du foie se contractent de la manière la plus manifeste, ainsi que le démontre ta jjilleur passagère de l'organe. On tîètermîne en même temps un écoulement eonsidérable de bile qui est bientôt suivi d'un raienlissement trés-marqué. Le premier de ces deux pbèimménes est sans doute dfi à la contraction instantanée des canaux biliaires, d'où résulte une excrétion plus active. Le second doit tenir à la contraction plus persistante des vaisseaux qui diminue la tension sanguine locale e* par suite la sécrétion. Heideiihitin a constaté (|ue ce mode (raction du plexus pouvait être commandé par la moelle t- Ile- même, car BOn éleclrisation donne lieu aux mêmes résultats du côté du foie. EoOn un nerf scnsitif cérébro-rachidien peut, à son tour, par action n&- Hexe , forcer la moelle à produire ces effets. Ainsi cet auteur IcîS a obtenus en éleelrisant le bout cenirat du sciaticfue. Le plexus hépatique doit certainement intervenir dans ta Tonction glycogénique. puisque les expériences de Hernard démontrent que celle-ci est soos la dépendance du système nenTUx. Il est bien certain aussi que celte intervention lui est commandée par le cordon du sympathique. puisque la section de la moelle au-dessous du bulbe enraye la formatioo de la oiatiére glycogéne, malgré le respect de ta continuité du vogue. Mais ces données positives laissent encore exister deux interprétations diiïé rentes. D'après Bernard , le sympathique et par suite le plexus auraient [jour mission d'exciter le travail desceîlulcf. Ils fourniraient donc des nerfs sécréteurs D'après Sanson, le plc3io$ nlnterviendrait dans la production du sucre que par rintermédiaire d'une action vaso-motrice. En congestionnant le foie, il favoris«rfiK la transformation purement chimique de la dexlrine alimentaire en sucre.

Si on galvanise le pkjrjis spiéniqve , on voit la rate ^e dc^:olorer et devenir inégale. Si on suspend l'éleclncilé, la couleur normale revient vite, mais il se passe ceci de très*remarquable, eesl que, tont en reprenant sa couleur, la rate reste déformée, ce qui lient évidemment à ce que les fibres musculaires des tnihécules restent plus longtemps contractées que celles des vaisseaux.

Kraner a sectionné le plexus rénal. La sécrétion urinaire a contoaé i se faire, mais !*urine était altérée, elle renfermait de l'al- Immine et une plus grande quantité de matière colorante que dans l'état normal. Mais les Glets sont si nombreux qu'on ne pouvait être . gùr de n*en avoir pas oublié. Mûller et Peiper ont eu recours à un aotre procé<lé pour détruire ce plexus. Ils ont appliqué sur l'artère one ligature excessivement serrée, de façon à broyer le réseau neneux et à en interrompre la continuité physiologique. Ce résultat obtenu, ils ont ensuite enlevé la ligature afin de permettre à la cir- CQlation de se rétablir. A la suite de cette opération, la sécrétion urioaire fut complètement enrayée chez tous les animaux, excepté chei un seul, et encore Turine de ce dernier était-elle sanguinolente. En procédant de la môme manière, Morcau a aussi obtenu la suppression de la sécrétion. Les résultats de Marchand abondent encore dans le même sens, mais à un bien moindre degré. Il a vu qn'après la destruction de nerfs rénaux, Turée tendait à s'accumuler dans le sang, ce qui indiquait une diminution dans son excrétion. Tous les observateurs qui précèdent ont constaté en outre le ramollissement consécutif de Torgane. Tels sont les faits que l'on peut porter à l'actif de Tinfluence directe du plexus rénal sur la sécrétion urinaire. Les autres expérimentateurs n'ont signalé que des troubles vaso-moteurs. Ranvier, Brown-Sequard et Vulpian n'ont obtenu qu'une légère congcstioti du rein. Bernard dit qu'après la section de ses nerfs, le tissu rénal devient rutilant et animé de battements. Un seul animal eut des urines sanguinolentes. La galvanisation de ces nerfs suspendit, il est vrai, chez tous l'écoulement de rnrine, mais uniquement pendant la durée de l'application. Vulpian a?n l'organe rougir sous l'influence de la section et pâlir .«^ous celle de l'électricité. Les phénomènes vaso-moteurs ont même été contes- 1^. Bert a non-seulement coupé le plexus, mais il a eu on outre la précaution de gratter la surface du rein, et cet organe n'a éprouvé attciHie modification vasculaire. Quant à des altérations de tissu, aacun des expérimentateurs du second groupe n'en a rencontré.

Le plexus cœlinqtie étant le point de rencontre des plexus coroo^ire stomachique, hépatique et splônique, il est naturel de penser lu'îl peut exercer une certaine influence sur l'estomac, le foie et la f*uie. Mais le scalpel investigateur n'a pas encore été souvent porté ?viT lui, d'une manière spéciale. On sait cependant que quand on i*^lectrise, les vaisseaux du foie se contractent. Schifi* a presque

toujours vu rùlectrisalioQ dii ganglion cœliaque déterminer dei mouvements Irès-apparcnls dans l'estomac. Suivant le môme auteur. l'extirpation du plexus cœliaque ûlc de la résistance à la muqueu&e stomacale et digesLive. La moindre cause syllit pour y faire naître une inilaraniatiOiL Un simple poil resté accidentellemeot à la surface de l'eslomac peut avoir œ résuilat. Il peut en être de même lorsqu'on se contente de mettre le plexus à nu, mais lefTet est beaucoup moins certain.

L'anatomie donne à supposer que le piexus solaire doit CODI* mander à tous les plexus qui précèdent. La chose est certaine en ce qui concerne ratlioii vaso-motrice. A la suile de l'arrachement du ganglion semi-lunaire et à la suite de la section du plexus solaire, Budge et Bernard ont observé la dilatation des artères viscérales de l'abdomen et notammenl des arlères mésenténques. Parfois iDéme« ils OEit rencontre des sulTnsions san^ines dans Ja muqueuse intestinale. Mais ce plexus semble en outre capable d'agir d'une manière indirecte sur le cœur, quoique l'innervalionde cet organe parte d'ito poml plus élevé du sympatlûque. D'après Brown-Sequard^ une excitation brustpe et violente de ce plexus détermine l'arrôt du ctBor. L'efTet est surtout irès-constanl et très-rapide si on écrase entre les mors d'une pince un des ganglions semi-lunaires, particulièrement le droit. La silualion même de ce plexus indique qu'il ne peut produire ce résultat que par une aclion cenlripète et sensitive. Il est ceriain aussi que ce sont les splanclmiques qui conduisent cette impression. Du reste, Tarrét ne peut plus être oblenu après la section de ccà nerfs. Brown-Sequard et Vulpian pensent que l'impression est ensuite réfléchie sur le vague qui. se trouvant alors excité, remplit d'une manière exagérée son rôle de modérateur. Pour admeUn? Tintervenlion centrifuge de la 10* paire, ces auteurs s'appuient sur ce que la section préalable de ce nerf empécbe le piiéoomène de se produire tout aussi bien que celle des spbnicti niques. Depuis, GolU a montré que le myolèthe du cœur se produit encore lorsque l'irritation porte sur les dépendances du plexus solaire, 11 sufllt, en effet, de frapper la masse intestinale et même d'appuyer sur elle le doigt pendant un moment. Cet expérimenlateur a en outre signalé une circonslance qui fail tout au moins intervenir un nouvel élément dans la productioEi du phénomène. Peu d'instants après le choc, les vaisseaux abdominaux se dilatent brusquement et se remplissent d'une quantité prodigieuse de sang« C'est au moment où m

produit cette dilatation que le cœur s arrête; or, on sait que quand on provoque Tafllux du sang dans Tabdomen par L'excitation du nerf de Gyon, le oœur se ralentit en même temps que son impulsion faiblit, tout justement parce que le sang retenu à L'autre pôle vient moins susciter sa contraction.

Quelques médecins ont pensé que le plexus solaire n'était pour rien dans ce résultat et que le cœur était directement troublé dans soD fonctionnement par le refoulement que lui fait éprouver le diaphragme lorsqu'il est lui-même repoussé par le choc communiqué à la masse intestinale. Suivant Ganz, l'arrêt du cœur et la mort qui gonient même souvent dans ces circonstances seraient le résultat d'une véritable anémie de l'encéphale. L'excitation du plexus solaire mettrait en jeu d'une manière réflexe, non pas l'action d'arrêt du Tague, mais tous les yaso-constricteurs, et eu particulier ceux du cerveau. Il se base sur une expérience qui consiste à introduire de la glace dans l'estomac d'animaux auxquels on a adapté un appareil propre à mesurer la tension sanguine. Sitôt que l'impression s'est développée sur la muqueuse stomacale, tous les vaisseaux se resserrent au point d'augmenter considérablement la tension. Elle peut fflôme doubler instantanément. Mayer et Pibram n'ont pas obtenu on résultat aussi positif en employant la glace; mais l'elTet a été très-marqué lorsqu'ils ont appliqué l'électricité ou une irritation mécanique sur la muqueuse stomacale. Ces expérimentateurs mettent toutefois le phénomène sur le compte de l'excitation du péritoine, et non sur celle de la muqueuse. Mais peu importe ! Que le point de départ soit dans le plexus sous-péritonéal ou dans celui de Meissner, c'est toujours dans une dépendance du plexus solaire. Enfin Dreschfelds, en se plaçant exactement dans les mêmes conditions que Ganz, a toujours observé au contraire une forte diminution de la tension, ce qui indiquerait donc une dilatation plutôt qu'une constriction des vaisseaux. Gomme on le voit, les données sont assez contradictoires, et il est assez difficile de se prononcer en ce moment sur le mécanisme suivant lequel Texcilalion du plexus solaire et de ses dépendances détermine l'arrêt du cœur et parfois la nnort. On peut toutefois laisser de côté l'hypolbèse qui attribue le trouble cardiaque à l'ascension brusque du diaphragme, car elle ne saurait s'appliquer aux expériences qui ont consisté en une simple irritation directe du plexus, et dans le cas de choc réel, le refoulement ne dépasse pas beaucoup les excursions physiolo-

i'HY.SKlLHGlI': DU SYSTÈME KKRVKCX.

giqucs du diiipliragirie. D'ailteurs, puisque le phénomène ne so produit qu'autant qu'cMi fait naître une douleur IrôR-vive, il est bieti évident quii s'agit d'un mécanisme rèLvllemcul nerveux, ûii est presque en droit de négliger aussi rûtuiiion de Ganz, ptiiâ* que le même genre d ex périra en ta lien a donné des résultais iovcrses enlre les mains de Ûreschfekis, Nous ne pouvons paa non plus aceepler l'explicalion de IJrown*Sequard et île Vulpitto^ dit moins en ce qui concerne l'actiou durrét du Viiguc, puisque pour des raisons exposées antérieurement nous n'avons pas admis le rôle qu'on aeconle à ce nerf. Il esl vrai quapré.i la section de ce dernier, rirrilation du plexus solaire ne trouble plus le cœur Kais remarquer que le vague aboutit, de même que le splanchniquc, am plexus solaire et qu'il est plus apte que lui encore â conduire rapidement l'impressiou douloureuse au bulbe, vi a par conséquent plus de droits à constituer rélément centripète de ce phénomène nj* flexe. L'opinion de Goltz est encore celle qui a le plus de cbaocM d'être la vraie, car il se produit réellement nue dilatation des xm* seaux abdominaux, et il est bien établi que celle-ci ralentit lea battements du cœur. U est donc possible que Jlmpressioa douloureuse apportée par le vague agisse sur le régidatcur de l'innervalion vasomotrice de la même manière que le nerf de Gyuu. Mais la nt'ceâ^ilè d'une douleur vive et la cessation couiplèle des mouvements cardiaques me font penser qu'il y a ici quelque chose de plus cl que l'impression agit en outre sur le régulateur cardiaque en raoniliilaut momenlanOmenl par un ébraiiîcment trop brusque et trop considérable. Qnoi qu'il en soit de ces inU^prétalioiis, les faits expérimcnlaux subsistent et ils sont de nature à nous reotlre compte du danger qu'offrent les coups portant sur les régions epigastrif[ue et îibfloati^ nale. Même à la suite d'nn choc relativement léger, on se sent dé* faillir, quoique la douleur soit bcauconp moins vive que d*aulroi développées ailleurs ci ne produisant pas un pareil résultat. Si le choc est fort, il peut mémti en résulter une mort subite saris qu'U y ait rupture ni hémorrhagie.

Le plexus solaire conslilue aussi un des principaux agents de la mimique interne. Toute surprise, toute frayeur, les émotions inal* tendues, donnent lieu à une sensation excessivement pénible qaï siège au creux épigaslrique, tJest une douleur qui n'a pas lacmli) de celles que peuvent engendrer les nerfs cérébro-rachidiens, mais qui jette dan^ une grande angoisse et qui s'accompagne d'une tiii*

GRANJi SYMPATHIOCK.

pression de conslriclion. Le vulgaire exprime cet ùcbo viscéral par les mots « un coup do poijig dâiis restomac >.

Lcîs nerfs fiplanchnifjucs oui un rôle physiologique important, parce qu'ils sont les liens principaux qui niLlaciieiU le plexus solaire au cordon tlioracique et, par son intermédiaire, à la moelle. Aussi sont-ils capables, à titre de ^simples organes de transmission^ d'influencer la plupart des actes de ce plexus et de toutes ses dépendances plexiformes. Ils ont d'abord une influence iiicoiileslable sur Taclion vaso-motrice de ce départenienl du î:ynipatlii([ue. Le plexus solaire réalise bien par lui-même les modifications vatio-molrices de l'abdomen, mais dans les varialimis du tonus vasculaire général, l'action du plexus est réglée par les impressions que le uerlde Cyon puise dans le cceur et apporte au bulbe par le vague , auquel il se joint. L'ébranlement est réfléchi par le bulbe sur toute la colonne do Jaccubûwitz, et une portion de cet ébraoleraent vient mettre en jeu le plexus solaire en suivant la voie des gpianchniques. En efîet, lorsqu'on coupe ces nerfs, les vaisseaux abdomir^aux deviennent le siège d'une dilatai ion passive, non pas parce que le plexus ne peut pas entretenir par lui-même un cerlain degré de tonus vasculaire, mais sans doute parce qu'il ne reçoit plus la stimulation engendrée par les impressions que transmet le nerf de Cyon. C'est le manque d'ordrca et de renseignements qui font qu d se relâche de ses fonctions, qui sont de maintenir les vaisseaux abdominaux dans les conditions nécessitées par les besoins du co:;ur. H faut aussi proba» blement tenir compte de ce que dans ces circonstances le plexus se trouve réduit à son action propre et que le conlingcfU di'i aux ganglions thoraciques fait défaut. Lorsqu'au contraire on électrise le bout périphérique, on fait resserrer les vaisseaux parce ((ue cette excitiition vient ejiagérer l'action conslriclive du plexus. Par le fait même de son rôle vaso-iuoleur, ce dernier se trouve avoir une influence considérable sur la tension sanguine générale et sur la circulation cardiaque. En faisant dilater ie compartiment le plus considérable du système vasculaire^ il fait éprouver à la tension im abaiss<*ment énorme^ tandis que lorsqu'il le fait se resserrer, il l'augmente dans les mêmes proportions. En même temps qu'il diminue Ja tension, il ralentit les ballemcals du cœur qui, ne recevant plu5 autant de sang, se trouve moins stimulé. Il les accélère quand il augmente la tension, parce qu'alors le cœur est tourmenté par la masse du sang qui ne possède plus un déversoir suflisant dans

PHYSIOLOGIE DU SYSTÈME NlîRVKUÎ.

les vaisseaux de rabdomen. Comoie les splanchoitiu^s £oâl cilatcurs directs du fonctioDnement du plexus Claire, il od lé-

suite que ces nerfs, par son inlermédiairc , excrteut les iofluences sur la lension sanguine et la cireulalion cardiaqae. leur section abaisse la tension en mi^me temps qu'elle ralentit le cœur, tandis que leur électrisalion augmente la tension en m^mc temps qu'elle accélère le cœur, Cbose singulière ! ces nerfs semblent influencer la TascuJarisation de rioteslin beaucoup plus que cdic de Testomac. Entre les mains de Schiffleur électrisation a bieal pâlir manifestement la muqueuse stomacale, mais Yulpiaii dé avoir été moins heureux. La teinte rouge est restée à peu près ta i malgré félectricité. Il reconiiait toutefois lui-même que les pt€ intrapariétaux, excités par le contact de Tair, ont pu maintenir U teinte rouge, malgré les sollicitations des splandmiques en opposé. On u'a obtenu que Irès-exceptionnellement des coût lions de la tunique musculeuse de Testomac en électrisant te splanchoiques. tandis que cet effet est constant quand on agit sur le vague. D'après Ilraam-Hoc Kgeest, les splanchniques seraient au contraire des nerfs d'arrêt pour les mouvements de reslomac et de llntesliu. Leur faradi^^alion suspendrait les mouvements spontanâi de cet organe. Mais il ne nîe pas que cette suspension puisse élrc II conséquence de tauémie produite par la contraction des vaisseaux* PfiUger n hésite pas à voir lu une action spéciale d'arrêt Scbit, Spiegeiberg et Valentin diseat tiu contraire que les courants J^iUfi accélèrent les mouvements intestinaux. Us avouent que les courasts forts les arrêtent, mais ils penseut que Tarrét est tout simplemeol un effet d^épuisement. Les splanchniques sont regardés par Bernard comme étant chargés de transmettre au foie Taction nerveuse centrifuge indispensable à la glycogéoie. Ce physiologiste a toujours Ta qu'après ta seclion de ces nerfs, la piqûre du bulbe ne délermuie plus le diabète. Le même fait a été constaté par Cyon et Aladoff; mais ils se rangent à ropioioii de Samson et ils pensent que ce n'est qu'à litre de nerfs vaso-moteurs que les splancb niques sont ciipablcs de produire le diabète. Vulpian. qui ne voit aussi dans les cou ducteufs glycogéniques que des vaso-moteurs ordinaires du foie, ne les fliit pas passer par les splanchniques* 11 les fait sortir de la moelie an niveau des derniers ganglions thoraciques pour se rendre immédiatement dans le plexus solaire. Il prétend n'avoir provoqué aucune modification de fa teinte du foie» soit en etecLrisant, soit enscctioii*

naot les splancbniques. BochcfontaiDc a constaté que les trabécules de la rate, qui se contractent après la raort au point de crisper congdérablemcnt cet organe, cessent de le faire si on a préalablement sectionné les splancbniques. Enfin, Vulpian a été frappé de la vive coDgcstion paralytique qu'entraîne, du côté des reins, la section des gplaDchniqucs. La congestion est telle qu'il se fait très-souvent une transsudation de la matière colorante du sang. 11 a aussi observé de lapolyurie et de Talbuminuric. D'autre part, en électrisant le bout périphérique de ces nerfs, il a déterminé un rétrécissement notable de la veine émulgente et une pâleur incontestable du tissu rénal. 11 a constaté en outre que l'électrisation du splancbnique donne lieu à des manifestations de douleur très-intenses qui vont même jus([u'à des troubles convulsifs. C'est là un fait dont il faut tenir compte dans l'étude des coliques népbrétiques. Bernard a vu aussi, après laseclion des splancbniques, l'urine continuer à couler, mais être sanguinolente. Leur galvanisation fit au contraire cesser Técoulement. Ëckhard déclare que la section du splancbnique donne lieu à une hydrurie qu il regarde comme étant de nature paralytique. Knoll a aussi constaté une augmentation considérable de la quantité d'urine. Mais il n'accepte pas la désignation d'bydrurie, car le poids spécifique du liquide ne diminue pas d'une manière notable. L'animal se trouve même rejeter dans les 24 heures une plus grande quantité de matériaux solides et surtout d'urée que dans Tétat normal. 11 a vu aussi l'urine devenir albumineuse, mais l'apparition de ralbumine lui a semblé être plutôt due au traumatisme général qu'à la suppression même du splancbnique, car souvent cette substance se montrait avant la section.

Le cordon tboracique, que les splancbniques relient au plexus solaire, peut à son tour influencer quelques-uns des actes de ce réseau viscéral Ainsi on obtient encore tous les troubles que nous venons de signaler du côté des reins en faisant la section du cordon tboracique au-dessus de la naissance des splancbniques. Ëckbard a réalisé une partie de ces effets en opérant sur les deux premiers ganglions thoraciques et même sur le ganglion cervical supérieur. Dans les m&nes conditions, la fonction glycogéniquc du foie se trouve aussi influencée. L'estomac seul n'éprouve aucune modification. L'axe cérébro-spinal lui-même' conserve le droit d'influencer le travail propre du plexus, car Schiff a observé dans les parois stomacales de lapins chez lesquels il avait ponctionné des points variables de vouccÀBâ. III. — 31

PIIVSÎOLOGIE UU SYSTKJIE NERVEUX.

I'iîiic6|>hul« avec mi bistouri, dos stases sanj^uiiifs et ûos ecchynîosGiî. Il peut même siirYenir, dans ces circoostauces , des troii' blés dû nulrition. La diuijuousc se ramollit, devient gùlntineusc, boursouiïlùc, ]nm <*lle SLikrre. Mais SohilF pense que les rasomoleurs De font que préparer le terrain à ces altérations en les gor^'eant d\m sang presque immobile, et que les ulcérations sont la conséquence directe de Tirritaîion provoquée, dans les parties ccetiymosées, par Je contact des corps durs mélangés aux aliments, car elles ne se forment pas cbcz les animaux nourris exclusivement avec du bouillon. Enfin le plexus des capsules surrénales e:?t relié foDclionnelleincnt à la moelle, car Brown-Sequard a démontré que les sections de la moelle déterminent une rongeslion considérable de ces petits organes, La congestion peut aller jusqu'à produire des liémorrhugies. Los capsules Unissent mèiue par s'hypertrophicr.

Hégion lombaire. — Celle région n'a été Tobjet que d'une seule expérience, c'est celle que BernanJ a pratiquée dans le 1ml de dé* montrer que les vaso-moteurs que renferaie le nerf scîanque sont empnintés par lui, non pas à la moelle, mais à la portion lombaire du sympalliique. Sur un eliien de forte taille, il a Tait une incision ïi la partie sujîérieure de raine gauche, pui^, à l'aide d*un cTOcbet insinué entre le péritoine et le psoas, il a détruit Ja chaîne des ganglions lombaires sans loucher aux nerfs du plexus lombo-sacrè. Peu de temps après ropération. il put conslater que la lempt;rature de la patte gauche dépassai! de 5 degrés celle de la patle droite. Ouaot au plexus mésenivru/uc inférieur que celle région tient spécialement sous sa dépendance, ou n'a pas encore porté dircctemcnl sur lui le scalpel investigateur, mais il est de la dernière évidence qu'il préside à tous les actes nerveux que nécessite le fnnctiofiiiemeut du gros inleslin. C'est lui qui réalise d'une manière directe Ici modiiications va su -motrices, les mouvements et les phénomènes de sensibiîilé doi>t vHic portion de l'appareil digestif peut être lesi^. Dans les laboratoires il se montre tout à fait en dehors de la spbére d action du vague. Car si parfois on peut encore agir sur Tînte^in grêle par l'intermédiaire de ce nerf, le gros intestin échappe constamment â ce genre de reteutissemeuL Mais au point de vue two* moteur, il c^t soumis fi llnflueiice des splanrliniques, tout autnni que le plexus solaire, Quant au plexus spcrmatiquc, je ne trouve k signaler qu'un seul fuit expérimentât te concernant. Ololensky a »li

GRAND SVMPAÏHiyCE.

un testicule s*atrophier sous luiOaeacc de la seclioii du ocrf spermatique correspondant .

Ilajîoii sacrée. — Le plexus In'pogastritiue, par les nimifications pifx if ormes qu'il euvoie tlims les corps cavurueux de la verge et du clitoris, est certainement l'agent nerveux direct du phûaomèiie érection. Chez la feninie^ dont les parties érccliles sont beauconp plus élcndyc5 et plus disséminées, le plexus ovanque concourt aussi à cet acte. Mais comme les recherches expérimentales que les ^modernes ont entreprises sur le mécanisme de l'érection ont excluivemcut porté sur le sexe mas( ulin, il convenait d'étudier celte uestion à propos du plexus hypogaslrique. A propos du centre génitai de la moelle (l" volume, puge 81), nous avons indiqué comment Rouget iuïer{)réte la production de l'érection. Celle-ci résulterail dune contraction réllexe (ies iibres lisses des vésicules sémijialcé, de la prostate et des trabécules, cO(dractian qui s'établirait

uoe manière périsïallique depuis les vésicules jusqu'à Textrémité de la verge, et qui aurait pour eïTet il'elTaLer les veines tout en respectant lu liéantx» des artères, parce que celles-ci oïîriraient plus de

sistance en raison de leur disposition en bouquets enchevêtrés les uns dans les autres. De là une accumulatioiî de sang considérable, puis(|u'iï continue a arriver dans Torpue sans pouvoir en sortir; Dam? cet ordre dMdées, la conlraclion serait probablement provoquée par l'imprei^sion que le contact du sperme développe sur la vésicule séminale et qui irait se rélléchir d'abord dans les ganglions du plexus hypogastrique, puis bientôt, lorsqu'elle serait un peu plus puissante, dans le centre génital de la moelle. Alors seulement le réllexe serait assez considérable et assez général pour que i'éreclion fût complète. Le courant centripète nécessaire peu! aussi naître sur la verge, à la suite d'attouchements, et «ître amené directement au centre génital par les neris honteux. Dans d'autres circonstances, la contraction serait como)andée direclemenl par la moelle au reçu d'une impulsion communiquée ù son centre génital par une idée érotiqucr Daiïs sa thèse inaugurale, Legros ïk jtroposéun mécanisme analogue, mais en déj)larant le siège de la contraction. Lf^ seraient les parois artérielles elles-mt^mes qui |n'oduiraieut l'érection en se contractant d'une manière péristaltique- Eu 1863, une expérience d'Cckliard a conduit un grand nombre de physiologistes à comprendre le mécanisme de 1 érection d'une tout autre laçon. H a constaté que lelectrisation de deux des nerfs qui âe rendent au

plexus hvpogaslrique détermine d une manière constante ttne érec* tion immédiate. Ces deux nerfs ont naturellement reçu le nom de nerfs érccteurs. Ils sont doriginc rachîdienne et non sympailiique. Ils naissent en eiïet du plexus sacré, tantôt du 1*"% tantôt du 2*, et cxceptioimellement du 3' des nerfs sacrêî^. Us vont se perdre dans le plexuâ bypogaâtnque au niveau de la prostate, et il est imposâibie de les suivre plus loin. Lorsqu'on se contente de les couper , il ne se produit aucune modification dans la verge; mais sitôt qu'on électrise leur bout périphérique, cet organe s'érige. Le gouncmcnt s'établit, ainsi que Ta signalé Loven, progressivement d'arrière en avant. On voit que les veines latérales se dilatent considérablement et que le sang qu'elles renferment prend une teinte moins sombre. La muqueuse du gland se congestionne. Eu même temps la sécrétion prostatique augmente. LÏTection persiste encore un certain te après (ju'on a cessé réïcctrisation. Quand on fait une incision sur verge avant d'appliquer 1 électricité sur les nerfs érecteura, le sang ne s'écoule que goutte à goutte, mais du moment où on les élei.^ise, récouïement devient continu et considurable. Ce qui prouve que ces nerfs exécutent là une mission spéciale, c'est que l'éleclrisatiOQ des honteux, qui eux se rendent directement dans les corps caTcr^ neux, ne détermine rien de semblable. Ils se distmguent, du rûle, de ces derniers au point de vue anatomique. lis sont parsenaéfi» ^a tout leur trajet, d'un grand nombre de cellules et même de ganglions nerveux. Loven et Eckhard pensent que c'est à litre de nerfe vaso-dilatateurs que ces nerfs produisent l'érection , dont le véritable mécanisme consisterait dans une congestion active, dans une Téritable aspiration du sang par dilatation active dus vaisseaux de lor* gane. Us seraient pour les plexus génitaux ce que la corde du tympan est pour le ganglion et la glande sous-maxillaires. Ils dilateraient les vaisseaux par un effet d'interférence réalisée dans les ganglions. KûUiker, qui recoonait la vérité de tous ces faits expert* mentaux, les interprète autrement. Il croit que les érecteurs agisseal non sur les vaisseaux, mais sur les Obres musculaires des trabéculeSi dont la disposition serait telle qu'en se contractant elles condenseraient ces cloisons, les écarteraient les unes des autres et augmenteraient ainsi les cavités des corps caverneux.

L'existence des érecteurs pourrait, au besoin, s'allier avec U théorie de Rouget. Ils seraient les excitateurs de la contraction ûf» fibres lisses des trabécules, de la prostate et des Tésicules sémioalttt

GRAND SVT^fPATHïQUE.

contraction qui produirail, par pression, l'ocLlusion des veines rampant au milieu des platis rau^culaires. Mais Eckhard eslime que relte iûterprélalion est inacceptable, parce qu'on îi lîeau lier les veines principales do la verge, on n'arrive pas à déterminer l'ùrec- Uon, quoique dans ce cas l'occlusion des veines soit bien plus complète que si elle était due à une compressoin par les fibres musculaires voisj nés; et parce que, quand on a ouvert les veines pour laisser une libre issue au sang, rélectrisalion des érecteura provoque encore un certain degré d'érection. — Loven est moins exclusif. Tout en considérant l'action vaso-dilatatrice comme la cause principale de l'érection, il accorde encore une certaine part à l'occlusion. Elle aiderait la dilatation des capillaires ù gonfler la verge. îl a vu qu'a* près la Jlgalure des veines, Télectrisation donnait un résultat bien plus considérable, Vulpian admet aussi la nécessité de ces deux facteurs, d'une part l'excitation des nerfs érccteurs, d*autre part robstacte créé au retour du sang veineux. Mais il réserve ce dernier rôle au muscle de flouston,

La nature du sujet nous oblige à donner place ici à un fait cxpôrimenlal qni appartient cependant par son siège ili riiistoire de la région cervicale. Les coqs et les dindons sont munis, comme vous savez, sur la tiHe et au cou, d'appendices érectilcs qui constituent pour eux des organes d'expression. Ceux-ci entrent en elTet en érection sous rinfluence de certaines émotions, particulièrement de la colère. Or, Legros a constaté qu'après la section du cordon cervical, et surtout après l'ablation du ganglioQ supérieur, la moitié correspondante de ces appendices reste flasque et est devenue à jamais incapable de s'ériger, du sorte que tandis que toutes les autres parlies de la tète se congeslionoent sous rinlluence de celte suppression du sympathique, ces organes, an contraire, sont moins rir iics en sang que dans les conditions physiolofçiqucs. Ce fait démontre, d'une manière incontestable, qu'une paralysie vaso-molrice, c'est*â-dire une congestion passive, ne suffit pas pour produire l'éreclîon. Mais prouve-t-il. comme le veulent Vulpian et Eckhard, que cet acte consiste dans une action vaso-dilalatrice, c'est-à-dire dans une congestion active? Ce n'est cependant pas là le rôle habituel du syrapa- Ihique qui, au contraire, est considéré comme étant toujours vasoconstricteur. L'innervation des fibres lisses des trabécules rentre beaucoup mieux dans ses attributions ordinaires. On se demande même h quoi peuvent servir ces fibres qui sont constantes et abon-

PHYSIOLOOIE DU SYSTEME NKRTKUX.

tJanlcs dans les Irabécules, si Téreclion nécessite seulement une action vaso-dilalalrice, à laquelle Jes vaisseaux, seuls, devraient prendre part. Remarquez aussi que la ligature des vcirie?;, combinée avec i'exciutioii desOrecteurs, reud Férectiou braucoup pluscomplHe, et que Yulpian a été conduit à reconnaître Ja néceàsilt: du concours de rocclusion des veiues pour réaliser le phénomène dans son entier. Eu rt;alilù, la doclriue d'Eckhard n'apparaît plus aujourd'hui avec le mérae cacbet de certitude qu'au moment de son émission, et on n*cst pas enrore en droit de passer condamnation sur celle de Roaget. H est donc possible que les nerfs iTecteurs ne produisent Vérection que parce qu'ils excitent le plexus hypogaslrique à fmre contracter d'une manière péristaltique les libres lisses de Tappareit géuituL Ils seraient cbargùs de transmettre directement À ce ple^ïtis les ordres du cenlre gOnital de la moelle.

Chez la femme, le rôle génital do plexus bypogaslriquc est biea plus complexe. L'érection ne se borne pas au clitoris et au bulbe de l'uretlire; elle s'étend aux parois du vagin^ à la Irompe et ik ta portion bulbaire de rovairc. Mais sur ce dernier teiTîiin le plexus ovarique joue le principal rôle. En raison du but des phénomènes d'érection qui se passent dans rovaire, le sympatbique s'y trouve présider à une fonction nouvelle, celle de ^excrétion de l'ovule, c^f la rupture de la vésicule de Graaf est certainement avant loul U conséquence de la conj^esliou considérable dont l'ovaire devient le siège en cette circonstance. On n'a pas encore trouvé de nerfs ércc* leurs spéciaux pour toutes ces parties, tels que les comprend Eckhard. Mais leur existence serait-elle démontrée, que je serais porlÉ^H plus encore pour l'ovaire que pour les corps caverneux, à les col^^| sidérer comme excitant les plexus à déterminer la contraction de Bbrcs musculaires capables de produire Tocclusion des veines, car le bulbe de cette glande m'a paru toujours excessivement riche en fibres-cellules, et je ne vois pas la possibilité de leur attribuer UQ autre rôle que celui que Itouget leur a accordé et qui consiste t forcer le sang à saccumuler dans l'ovaire. Or, il est probable que le mécanisme de rérection doit être le même sur tous les points do corps. Ainsi comprise, la congestion érective se trouve avoir une nature propre qui s'allie très-bien avec la spécialité apparente du phénomène. Ce n'est pas une congestion purement passive, comme celle que détermine la compression d'une veine par le voisinage ^ d une tumeur. On ne peut pas assimiler non plus, comme le t€Ut

GRAND S'i'MPATHrQUK,

»|a théorie d'Ei'kliard, \i îa lurf?o?ionec rie la glande palivaire f^oiis îinlluL'nce ik* ki curde du lympan. Ou qui eu fait le cachet, dans celte t'oiîcepUon, c'est le epasme exlra-Yasculaire qui force le suiig h s'accuniLiler* Oi; les seusalioiis de cIkicuii, eu celte circoiistauce, éveilleul Ttdee d'uu verilahle élat spiismodique daus rérecliou comme daûs i'éjaculalion.

V adaptation de la trompe, qui coïncide avec l'cxcrélion de Tovule, est aus£i bien certainemi?ut soqs la direclmn du sympaUii^iue, quel qu'en soit le mécanisme. Deux explications seulement me paraisseat possibles aujourdliui, celle par réreetion de l'or^^ane, celle par la Cûutraclion d'un muâcle siluè dans le ligameiH lar^n- et disposé de façon à allirer le pavillon sur l'ovaire. Daus Tiin et l'aulrc ca?, le sympalbit[ue peut seul intervenir» soit pour provoquer la congéslion érectile, soit pour eu^^endrer le spa<me de ce muscle. C*est cette dernière itjierprélatioïi (| ni me parait être la plus probable» C'eiit encore ce même nerf qui est l'agent nerveux des mouvements réalisés par les libres musculaires de la trompe. It doit être aussi celui du pbcuomênc indirect qui consiste daus lu lilnie sanguine coïûcidant avec chaque ponte spoulanée de Tœuf, et qui constitue l'acte le plus apparent de la menstruation. Pour ta production de l'écoulement des règles, Vulpian ne croit pas à la nécessilé de la rupture des capillaires de la muqueuse utériae. Il pense qu'il se fait une simple iranssudalion et que les globules sortent surtout par Ldiapédèse, par la raison que cc*s éléments sont beaui^oup moins , nombreux que daus le .sang général. Selon lui, cette Irausi^udation est etle-métne due a une dilatation active^ à une action vaso-dilatatrice qui est provoquée d'une manière réflexe par une impressiou prenaut naissance dans la muqueuse utérine. îci encore je préfère IVxplication fournie par Rouget. J ai pu constater aussi la présence de libres lisses dans l'épaisseur de la partie du ligament large qui correspond à l'ulérus. Les plexus veineux pampiniformes qui reçoivent le sang de cet organe sont situés de telle façon qu'ils ne peuvent qu'être comprimés par la contraction de ces libres. De là, accumulatiDU du sang dans les vaisseaux des parois utérines et^ de proclie en proche, jnsqije dans les capillaires de la muqueuse. La distension à laquelle ceux-ci se trouvent soumis finit parles rompre eu feudillant en même temps répilbélium; de là hémorrhagie. U est probable que l'éréthisme, dont le système nerveux génital est le siège pendant la période menstruelle» produit simnllanément le

spasme musculaire dn bulbe de l'ovaire qui amène la rupture de vèsicwlc de Graaf, celui du muscle adaptateur qui assure desmoye d'expulsion à Tovule cxcrùtô, et celui du muscle lisse péri-utérin qui délenuiue l'occlusion des veines pampiniformcs et les diichirurca servant de soupape de sûreté à la congestion générale.

Il est probable aussi que, dans ta menstruation, le point de départ de l'ensemble de ces phénomènes de nature spasmodique est un acte de la vie cellulaire. Lorsqu'un ovule, en vertu de sa force propre, a parcouru toutes les phases de son développement, lorsqu'il est arrivé à maturité, il devient une épine pour les filets sensitifs da plexus ovarique. L'ébranlement se propage peu à peu au centre génital de la moelle, qui réagit en provoquant tous ces spasmes musculaires. Ces mêmes actes spasmodiques peuvent aussi prendre naissance sous rinfîuence d'impressions sensitives accidentelles et relevant direclement du système cérèbro-rachidien, comme celles qu'engendre le coïL La rupture vésicutiiire et Fadaptation peuvent se réaliser de cette façon, ainsi que le prouvent les conceptions éloignées des règles. Mais ordinairement, dans ce cas, le spasme ne s*étend pas jusqu'à Tatmospliére musculaire des plexus veineux de Tutérus, et la pluie sanguine ne se produit pas. Cependant le fait se rencontre encore quekyuefois. L'ébranlement sensitif dû à la maturité do Tœuf s'étend, de même que celui qui est produit par le coït, au delà du centre génital médullaire. M retentit sur tout l'axe cérébro-spinal et même sur la partie psychique de rencéphale. De là les pertuba lions nerveuses, sensitives, motrices, intellectueUes et alTectives qui accompagnent la période menstruelle. De là, entre autres, les idées erotiques plus ou moins masquées qu*engendre cet état. Goltz a élé témoin d'un fait qui ne cadre pas avec l'idée d une transmission par voie nerveuse, idée qui est cependaut si rationnelle. Il a coupé la moelte chez une chienne. Malgré la paraplégie défini* tivc qui en résulta, celte béte devint en chaleur, rechercha les caresses des chiens, devint pleine et accoucha. Des cas analogues ont été observés dans l'espèce humaine. Des femmes dont la moelle était détruite par une myélite, ont pu éprouver le spasme général du coïl, les troubles nerveux de la menstruation, devenir enceintes el accoucher aussi parfaitement. Les cliniciens qui ont observé ces ftiits, et Brachet, ont pensé que l'impression génitale était transmise â l*encéphale par le cordon do sympathique et non par la moelle. Goltz, sans donner aucun argmnent contre le sympathique, prétend

GRAND SYMPATHIOUK.

que pendant la période du rut^ des produits particuliers venant de Tovaire sont versus dans le sang H anivent avec ce* véhicule jusque sur le cerveau. Je préfère de beaucoup la supposition d'ime voie de suppléance ofTerle par le sympathique.

Le sympathique génital préside enfin à V accouchement. En etTet, cet acte mécanique peut encore s'exécuter chez des femmes dont la partie inférieure de la moelle est plus ou moins détruite par un processus morbide. Cest, du reste, parce que le sympathique résiste plus que Taxe cérébro-spinal à l'action toxique du chloroforme, que raccouchement peut s'effectuer régulièrement, sans douleur, sous rinfluence de cet agent anesthésique. D'après Cyon, les plexus uté* Tins renferment la plupart, sinon la totalité, des nerfs moteurs de l*ulérus, Lorsqu*on faradise le bout périphérique des nerfs de ce plexus, on détermine des contraciions manifestes de cet organe, tandis que rélectrisalion de leur bout central ne provoque que des nausées. Ce dernier fait nous rend compte des envies do vomir qui accompagnent souvent la grossesse et les maladies de l'utérus; tes plexus sont soumis à l'action réflexe de la moelïe, et ils se trouveut ainsi subordonnés à rimpulsion sensitivc de certains nerfs racbi* diens. Schlesinger avait même prétendu que Texcitation de tous les nerfs sensitifs pouvait donner lieu à des contractions utérines. Mais Cyon croit qu'en généralisant ainsi les sympalhios réflexes subies par l'ulérus, it a été induit en erreur par l'elTct vaso- moteur. En effet, l'irritation de tous les nerfs fait resserrer les vaisseaux de l'utérus,' il en résulte une diminution de volume et une espèce de durcissement de cet organe qui font croire â la contraction de ses fibres propres. En réalité, celles-ci ne sont influencées que parTcxcitation du bout central des deux premières paires sacrées. Quant nu pU'xm véskal, il est évident qu'il exécute directement les actes moteurs, sensilifs et vaso-moteurs de la vessie. Mais son fonction* ncment est ré|>lé par des fibres qui viennent du sympathique et par d'autres qui émanent directement de la moelle. Nous avons déjà indiqué {tome V, page 85} les paris respectives que les expériences de Giannuzi semhleni devoir faire accorder à ces deux espèces de nerfs. Ajoutons seulement que Texcitation électrique des filets sympathiques produit Eon-seulemeot des contractions, mais encore de Tives douleurs.

Aiialomic pa'hoîogifjttc.

L'analomic pathologique du sympathique ircst même pas encore ù. l elat embryonnaire, ce qui lient aux difTicullés que présente eli la patience qu'exige le genre d'investigations nécessaires. Noosoe possédons que qu(*l([ues faits d'observations épars, qui ne se pré. tent pas beaucoup à une exposition méthodique. Les rceherchfô les plus sérieuses entreprises dans cette voie sont celles dcFoaet de LubimofT. Ce dernier surtout a fait preuve d'un zèle des plus louables. 11 a examiné Télat du sympathique sur 250 cadavrei Chez plusieurs suj(?ls trùs-aiïaiblis, il a rencontré une anémie complète de la chaîne ganglionnaire. La congestion des ganglions s'est montrée beaucoup plus fréquemment dans ses recherches nécroscopiques. Le sympathique parait prendre facilement part aux nombreuses congestions qu'engendrent les maladies du cœur. Dansua cas de ce genre. rap|)orté par Foa, le ganglion cœliaque avait doublé de volume et présentait une teinte rouge des plus intenses. Dans l'intérieur, les veines apparaissaient variqueuses cl gorgées d*hémalies. Par sa persistance, l'engorgement sanguin augmente la pigmentation naturelle des éléments. Chez ce même malade, les cellules norvenses étaient remplies d'un pigment très- foncé. Les noyaux de l'endothélium étaient eux-mêmes tachés de brun. Il se fuit aussi, sous l'inlluence de la tension, une diapédé.<ie de globules blancs. Foa en a aperçu qui entouraient en grand nombre les cellules nerveuses, queliiues-unes de celles-ci avaient même leur capsule distendue par une accumulation de leucocytes. Le même auteur a rencontré des altérations identiques chez un individu atteint d'anasarque. (Jiovanni a trouvé, chez un sujet atteint de maladie du cœur, les doux ganglions cervicaux supérieurs fortement hyperémiés et infiltrés de cellules embryonnaires. La congestion peut être locale et tout à fiiit indépendante des troubles de la circulation générale, ainsi que le montrent les résultats consignés |)ar LubimolT. Kilt' doit, du reste, passer souvent inaperçue, même dans les autopsies hien faites, car elle ne se traduit pas toujours à Textérieur ; elle peut rester tout à fait confinée dans les profondeurs du ganglion et produire cependant des phénomènes paralytiques. Chez un malade qui, dans les derniers temps de sa vie, avait présenté une hypersécrétion

GRAXD SYMPATHigrE. 491

de sucnr limili^c à l'un^ de*? moitiés de la l(*tc, Erbeîcin a trouvCMians les ganglions cervicaux du cùlé corrr5pondunl, dt*s points de la grosseur d'un prraiu de sabk.\ à conlours arrondis el forlemenl colorûs en l>run. Le raicroseopc monlrii que ces poifils (îlaionl rurmûs par les vaisseaux san^iitis dilatés et variqueux. Seguin u a rencontré qu une simple iujection sanguine du ganglion cervical supérieur clioz un individu qui, pendant la vie, avait préi?enlé quelques-uns des phénomènes que provoque la section expérimenlîile du cordon cervical. La cougestioi) peut aller jusqu'à produire de petites liêmorrljagies interstilielle:?, Luïnnioffa signale à ce sujet un ftiit qui, s'ilsc confinnait, serait Irês-reraarquable. Il a trouvé plusieurs fois des hcraorrhagies dans le ganglion cervical supérieur chez des femmes qui avaient succombé à une métrite puerpérale accompagnée de tlêlire. Non-seukment le trouble vaso-moteur pourrait expliquer ce dernier symptôme, mais ce serait là encore une circonstance â in s* crirc à Taclif des relations sympallnqiies qui existent entre les organe? géniîaux et le cou.

Les cellules nerveuses du sympathique soiil, niémeàréïat normal, pigmentées d'une manière trèà-appréciable, ainsi que j'ai pu m'en assurer dans mes rêcliercbes sur la paralysii- générale des aliénés. Che» un individu (ini n'avait jamais clé malade et qui était roorl accidenteîlemeiU. je les ai trouvées encore notablement colorées. Il y a sous ce rup|»orl une diiïê renée énorme avec les eellules gan- (tlionnaires des annmiux. Olte pignu'ulalion normale n a aucun rapport avec la couleur drs cbeveux. Klle est souvent d'une leinle plus foncée cliez les blonds que clieîî les bruns ; elle angnienle avec l'dge, mais elle exii^te déjà divi le fœtus. Ivlle 8'élend jusque dans les prolongemenlei des cellules et envabit même les cellules du tissu connectif. Quoique Lubîmoiï ne lui accorde aucune valeur patlmlûgique, jaflirnie que ebez les paralysés généraux la colorai ion atleinJ des proportions telles qu*elle doit être prise en grande considération au point de vue de la palhogéuie de raiïeclion.

f^ubimoiï regarde la drgéncrcscenee graissieuse des cidlules comme très-rare ; il ue la observée que dans un cas de cancer avec al té* ralion ganglionnaire généïale. Par contre, il a rencontré souvent les libres de Remack présentant des chapelets graisseux d^une longueur considérable. Il en fut ainsi dans cinq cas de pneumonie avec délire, cîica des cancéreux el des tuberculeux, lîn individu atteint do déiirium trenvm présenta danî5 le cordon cervical des tubes à

moelle devenus graisseux, absolument comme on en trouve chez leg animaux un mois après la section. Nicati regarde la dégénérescence graisseuse des ganglions et des filets du sympathique comme étant fréquente dans ralrophie musculaire progressive et dans la paralysie pseudohypertrophique, et il la considère comme un des (acteurs les plus importants de ces maladies. Plusieurs autres obserrateurs ont aussi prétendu que les maladies de la moelle capables de déterminer l'atrophie des muscles étaient compliquées d'une dégé- j nérescence des ganglions du sympathique pouvant expliquer le trouble trophique des muscles. Mais, en 1875, LubimofT a eu l'occasion d'examiner le sympathique dans un cas d'atrophie musculaire progressive spinale protopathique et dans un cas de sclérose latérale amiotrophiquc, et il n'a rencontré ni dégénérescence graisseuse des éléments nerveux, ni hyperplasie du tissu conjonctif dans les ganglions du cou et du thorax, ainsi que dans le plexus cardiaque. La tuberculose paraît disposer les ganglions du sympathique & deyenir le siège d'un travail iriltatif qui aboutit à la production de noyaux et de globules blancs. Chez plusieurs tuberculeux, Foa a trouvé le ganglion cœliaquc infiltré non-seulement de véritables leucocytes, mais encore de petites cellules incolores formées par un noyau entouré de protoplasma. Ces cellules lui ont paru n'avoir aucun rapport avec les éléments du tubercule. — Les cellules ganglionnaires s'infiltrent parfois des principes biliaires qui ont été résorbés dana le foie. Dans un cas de cyrrhose avec stase biliaire, Foa a trouvé kc protoplosma des cellules ganglionnaires infiltré d'une matière jaua^ et graisseuse, tandis que le noyau était rouge et granuleux.

LubimolT a souvent rencontré le tissu conjonctif des ganglions ^s des filets nerveux très-hyperplasié. Le processus envahit l'enveloppa particulière de chaque élément nerveux. La prolifération des noyau est parfois tellement luxuriante qu'on n'aperçoit plus les fibres d tissu cellulaire et que les tubes nerveux sont comme noyés a milieu de ces masses nucléaires. C'est la reproduction de ce qu Virchow a trouvé dans la lèpre aneslhétique et dans ce qu'on a ap pelé pleurcsis intcrstitialis. Plus tard, ces noyaux éprouvent la dégê^ nérescence graisseuse ; cette innammatioti du tissu connectif peul:^ comme partout ailleurs, aboutir à la sclérose. Cependant LubimoM regarde celle-ci comme très-rare. Il ne l'a trouvée très-marquée qu sur un diabétique chez lequel les cellules étaient en outre plu petites qu'à l'état normal et elles avaient perdu leur noyau et leu

proloplasma. Dans un cas d'angine de poitrine, Peler a Irouvé les fibres du plexus car iaque oITrant ime prolifération luxuriante du lissu conjonclif dont les noyaux avaient pris un développement énorme. Les fil)res de neraack semblaient s\Mre multipliées. Les tubes nerveux, sous l'influence de la coostriclion que leur avait fait subir la névrogUc, avaient éprouvé la dégéoércîîceni'e graisseuse. Chez deux liypochondriaques qui avaient eu de vives douleurs d'entrailles, Voii^io a trouvé tes ^ranglions semi-lunaires olTrant des altérations identiques aux préeédenles. Leur tissu cellulaire était hyperlropliié. Les noyaux avaient des proportions anormales. Les cellules nerveuses étaient au contraire atrophiées.

Suivant Lubimoff, les vaisseaux des ganghons seraient altérés plus souvent que tour tissu propre, ce qui, du reste, compromet tout autant le fonctionnement de ces organes. Dans plusieurs maladies algues ou chroniques, il a trouvé une mutliplication ûes noyaux de la tunicjue adventice. Dans un cas d*empoisonnement par le phosphore, les vaisseaux du ganglion cœliaqne avaient manifL-stement éprouvé la dégénérescence graisseuse. On voyait dans leurs parois un grand nombre de points brillants disparaissant sous rinfluence de l'atcool et de l'éthcr et se colorant en noir par l'acide osmique. Chez trois sujets atteints, l'un de pyémie, l'autre de diplithérie, le troisième d'endocardite ulcéreuse, les vaisseaux du coeliaqueél aient remplis d'une substance grise granuleuse constituée par des masses de micrococcus. 11 s'en trouvait en même temps dans le parenchyme lui-raéoie. Virchow a observé le mémo fait chez un cholérique; les vaisseaux du sympathique présentaient un épaississemeat de leurs parois qui ne tenait pas au gonflement des éléments de leur tissu cellulaire. Il était surtout três-marqué dans le ganglion cœliaqne. La dégénérescence mmjloîde, suivant te mémo auteur, se rencontre fréquemment dans les cas chirurgicaux. Dans un cas où celte dégénérescence existait dans la rate, le foie, les reins et les lymphatiques, Foa a rencontré, au sein même du ganglion cœliaque, les tuniquea des petites artères infiltrées par une substance d'aspect lardacé, qui présentait la réaction de la substance amyloide.

Fournier avait déjà émis Topinion que le sympathique subit parfois rinfluence de la syphilis. If avait observé, en effet, cliez des individus alteiots de celte affection, des sympU^mes qui ne pouvaient relever que de cette portion du système nerveux, La même idée avait été aussi exprimée par Lancereaux, qui a réum des faits qu'il

PHYSIOLOUJË UU SVSTKME NKRVEUX.

regarde comme probants et dans lesquels les manireslalioiis cliniques ont consisté en gastralgie, entémtgie et hépaïalgie. Quoiqu'il n'ait pas praliqiK^ d'uutopsii-*s. il «liésite pas à déclarer que le sympalliique i)cut iHre inaliTiellemenl inlêressé par la syphilis, tout comme les nerfs cnVniens. Ses prévisions ont été conOrmêes par Pclrow. Ce dernier a examiné ie plexus solaire, les cordons cerviciii et Ihoracique du sympathique chez douze syphilitiques, et il a loaioors trouvé deux ordres dailéra lions portant les unes sur les éit^meats nerveux, les autres gur le lissu conjonctif. Les premières se sont montrées les pïus constantes. Les tubes el les cellules éprouveul U dégénérescence graisseuse et ïînîi;:îcnt par s'atrophie. Le tissu cofljonclif, au contraire, prolifère, puisse sclérose. L'endothéUum qui entoure les cellules nerveuses s*hypertropliie lui-même, el âCi noyaux se mulliplient.

Le sympathique nï-chappc pas au traumatisme. parliculiercmeDt dans sa portion cervicale. Le cordon cervical fut blessé par une bulle chez un soldat de la guerre de sécession, dont rol)servalion a éié publiée par liun^hol. Seeligmuller a rapporté l'hisUjire d'uu oflicier pruss^ien qui, pendant la guerre de 1870, eut le gaogliOft cervical inférieur atteint par une balle ayant pénétré jiar Tépaule Le twhm auteur a ob.^ervê des ifigiies de paralysie du sympatliique chez un enrani tpii avait eu la clavicule et l'onioplate fracHmes pendant le travail de l'accouchement 11 en lut de même chm ua homme blesse gravement à l'épaule par un convoi de cheaiiudofcf* Le cordon cervical a été même coupé pendant des opèratîoQS chi* rnrgicates. L'accident est arrivé à Trélat pendant qu*il enkvuii luie tumeur cnchondroniateuse du côté droit do cou. La simple ligatufie de la cnrotide peut par elle-méjne donner lieu à des «ympK^ioe» paralytiques relevant du sympathique. Le fait s*est produit dans le service de YcrneuiL II est probable que la ligature agit de deux manières, en compronieUtUit le plexus qui entoure r;Lrl6re cl « privant le sympaihi[]uc de ses moyens d'alimentation sanguine.

Le sympathique est beaucoup plus fréquemment compromis «laiif son fonctionnement par des causes extrinsèques, surtout par des tumeurs avoisinantes. Gairdnera vu ce résultat se produire deux fois sous rinOuence d'un anévrysrae de l'aorte thoracique. Pana^» acte témoin de h paralyi?ie du sympatliique cervical par le voisinage d'une lumeur siégeant à la partie moyenne de la région cervicale gauche, et dont le volume ne dépassait p;â celui d'un œuf de|ioule.

U même ciïet a élé déterminé chez uu malade de Oglc par une tumeur du côté droit du cou. Nicati l'a observé clicz une femme de soiKaDieans, dont la thyroïde était surtout développée à gauche; chez un homme de vingt-huit ans, dont le lobe thyroïdien droit était hypertrophié, et chez une jeune 1111e de seize ans, ayant un goitre du lobe droit. De même Ëulenburg chez une jeune fille tubercnlense atteinte d'un goitre vascutaire, et chez uu homme ayant un engorgement ganglionnaire du cou, Poiteau a pu réunir dix-neuf observations de maladies du sympathique cen'ical, dues, les unes à de8 dilaccrations accidentelles de ce nerf, les autres à des tumeurs diverses. Parmi ces dernières, on voit figurer deux anévrysmes de l'aorte, detjx abcès profonds du cou, deux cancers du cou, deux cagoigeoients ganglionnaires, un enchondrome de la parotide. Il est à remarquer que parmi tous les cas de tumeur publiés jusqu'à présent, OQ n'a constaté encore que quatre fois des troubles d'excitation du sympathique. Dans tous les autres faits, il n'existe que des sympt^ymes de paralysie. Enfin, les maladies delà moelle peuvent aussi retcatip sur le fonctionnement du sympathique, tout justement parce qae dans le système vaso-moteur général, il se trouve engrené avec elle de la manière la plus intime. Indiquons enfin, seulement pour mémoire, certains faits d'anatomie pathologique recueillis avant l'application du microscope aux investigations nécroscopiques et qui pour cette raison n'ont plus grande valeur aujourd'hui. Lobstein a trouvé, chez un homme mort de la colique saturnine, de petits tubercules inhltrés dans l'épaisseur du ganglion semi-lunaire. Le môme auteur a vu ce ganglion très-enflammé chez une femme qui avait succombé ù des vomissements incoercibles. Dans un cas de cachexie cancéreuse. Rayer a rencontré une altération profonde, mais indéterminée de plusieurs des ganglions du sympathique. Bérard a trouvé sur un cadavre, dont l'histoire cliniciue est restée inconnue, le ganglion cervical supérieur excessivement hypertrophié. Autenricth aflirme que la portion thoracique du sympathique 8 enflamme souvent.

Physiologie palliologicjuc générale.

Les manifestations morbides, tant matérielles que fonctionnelles, du sympathique ont des allures qui sont un peu dictées par l'organisa

lion miïme de ce système nerveux. Les dégénérescences procèdi

d'abord par lohules; rcnTahissemcnt devient ensuite de plus en pins général. Le foyer morbide primitif peut aussi relenlir ourles organiis qui se Lrouveat sou5 la coupe d'un plexus commun, et même sur les orgaoes des autres fooctions, par l'intermédiaire du cordon cenïnl. Enlin, grâce aux communicantes, tes deux systèmes, végétatif et animai , peuvent s'influencer muloellement par leurs déviations morbides. De là des sympathies patliolot^iqucs qui peuvent varier à riufîni; de là aussi cette grande mobilité de formes et de sièges que présentent certains vices morbides, comme la diathèse rhumatismale» par exemple, dont on a voulu à tort chercher la cause dans la continuité et la géoéralisation de l'appareil conncctiL En outre, comme il est peu de maladies qui ne soient accompagnées de modifications vaso-motrices d'un ou de plusieurs organes, il en résulte que le sympathique intervient d'une manière tout au moins secondaire dans tous les faits cliniques. Il serait impossible de suivre la pathologie de ce nerf dans lous les composés morbides qu'il peut réaliser ou auxquels il peut prendre part, et ta méthode exige que dans ces généralités nous groupions les troubles d*origine sympathique d'apri?s leur nature. Nous aurons à étudier ainsi, successivement et à part^ les troubles vasculalres, calorifiques nulrilifs, ceux de la sécrétion sueur, de l'appareil de la vision, de Tappareil cardiaque, de la digestion, de la fonction urinaire, de la menstruation, de Tappareil hépatique, de la sensibilité et de rintelligence, Enfln nous terminerons la physiologie pathalogique générale du sympatliiquc par la recherche du mécanisme d'un phénomèno qui est presque toujours en scène sur le théâtre de la clinique , c'est celui qui est connu sous le nom de fièvre.

Troubles vascuiaires, — Les faits d'anatomie pathologique ipie la science possède concernent surtout, nous l'avons vu. la région cervicale do sympathique. Or, il est à remarquer que, tandis que dans toutes les observations correspondantes on a eu û noter des symplômcs oculaires, les modifications vaso-motrices ne sont m contraire mentionnées que dans quelques-unes. Cette rareté n'dt pas r effet d'une négligence des auteurs, puisqu'ils signalent eux* mêmes cette absence de symptômes vasculaires. Elle doit tenir évîdemmeot aux conditions respectives de ces deux espèces de mam* feslations. Eulenbourg pense que dans le cordon cervical les Ûbm fk action pupillaire sont plus superficielles que celles à actioD ras*

tmiNli SyMPATHinUE

ir

ciilaire. et i|i*\;lli's sunl fiour celle raisoti [Am exposées a subir iv,^ conséquences des processus ambiants. Vnlpiaii n'admet pas celle (•xplicatioii, parce (|ue îe cordon est trop mincL! pourquoi oci^ouffre pai dans son entier, H est persuada que les troubles vasculuires échappent souvent à robservateur^ parce qu ils doivent iHre passagers eomme dans les nuls expérimentaux. Quoi qu il en soit de ces inlerfirL'tatiuns^ te nombre deà malades ayant offert un<* paraly\sie vaso-motrice de la télé dans les cas de lésion do sympalbii|ue cervical, est suÛJsant pour qu on puisse affirmer (lue la palliologie concorde parfaitement avec ce que nous a appris l'expérimental ion» I.e maladie dr Panas avait la conjonctive oi.ulairc, l oreille et la moitié de la face fortemunl congestioimêes. tîeluide Verneuil offrait une rougeur intense de la lempe et des gencives. Toute la face et la conjonctive étaient excessivemeut rouges chez uo de ceux de Poiteau. L'opère de Trélat eut la face congestionnée et parsemée de plaquer rouges^ violacées, couleur lie de vin. Chez le malade d*Ogle, la coiigciition élail des plus marquées â l'oreille, à la joue et sur la conjonctive. Dans Icïî trois faits signalés par Nicali, Je côté de la face correspondant à la lésion était plus coloré. La congestion chejs le blessé de Siegmuller ne s accusait que sous rintlueuce des émotions et de la boisson. Il y avait alors une différence notable enlrr le c6té paralysé et le côté sain. Perroud, de Lyon^ se basant sur deux observations, déclare qu'il peut exister des paralysies permanentes des vaso-moteurs de la face, de même qu'il existe des paralysies permanentes des nerfs BensitLfs et moteurs de la vie animale. Il pense qu'elles doivent leur permaueuce à des lésions matérielles des nerfs vaso-moteurs restées inconnues jusqu'alors. Elles peuvent tlurer plusieurs années sans altérer la nnlrilion des tissus.

i?i l'on rencoulre rarement l'innervation vaso-motrice de la téie troublée par une lésion directe du cordon cervical, eu revanche, elle est très-souvent atteinte d'une manière rétlexe dans les circoustujïces morbides les plus variées. Elle semble servir a la mimique •de la plupart des souffrances d'origine pathologiiiue, comme elle fert a la mimii|ue des émotions. Le trouble vasculaire est alors sympatliique île maladies viscérales irritant un plexus éloigné du point ou il se montre. On sait que la pneumonie et la tuberculose pulmonaire determineiil |>resque toujours une rougeur caractéristique des ponnneltes. tiubler a (ail ressortir rimporïaiii'c de ce symptôme daiiii la première de ces maladies, et il a été établi que dans le cas

rHYSlUL(JGlK DU SYSTÈME ^'ERVKL'X.

de pneumonie uoilatéraie, c'est sur la joue du côté corriîspuDdaol au poumon alteiut que lïi rougeiu" appanUl. La Ulillation el V^rùthisme du plexus puluiouaire provoquent cette dilatation réflexe daus le déparlemint eéphalique. Les maladies de ï'ulénis donnent lieu à une coiigeslioti qui souvent reste limitée au sommet de la léte. La malade y éprouve une douleiu* t^nVIanle, et le thermomètre aa-use une véritable élévation de température. Pendant la grossesse, la |>6riodc menstruelle et l'époque du retour, il se fait à chacpiu itistant des fluxions sanguines vers la tête, «lui sont connues sous le nom de t)Ouffées de ctial*^ur. Les digestions [lénibles et lu conslipalion porleiit le sang à la léte. Les plexus utérin, eoronaire slomacliiqae et héniorrhoïdal peuvent doue, de même qtie le plexus pulmonaire, provoquer des modîticalions rétlexes dans le département vajsculair»' du cordon cervical. Il est un genre de troubles vasculaires siégeanl . à )a léte, iiui a été signalé par Willcrs. Kn généniL les bles$ijre^ graves de lubdomen donnent lieu à une dilatation considérable des vaisseaux de ta tête, dilatation {fui peut aller jusqu'à la produclioii de ruptures, d ecchymoses et même de bosses sanguines. Il est possible que cette congestion soit réflexe et due à la coatusioD iûdirecte subie par le sympathique abdominal, mais il est impossible de ne pas tenir compte aussi du reflux brusque du sang qui est fHHir ainsi dire, chassé des vaisseaux abdominaux par pression.

La clinique nous l'ait aussi assister souvent à des troubles vaiculaires réilexes qui siègent dans d'autres ftuparteuients du sysl^me symiialhique» Les maladies de l'utérus font encore fh>qiiemmeiit dilater les vaisseaux de la région lombairt* et y font naître ta seûsation d'une chaleur nu^rdicante L'innervation vaso-iuotrici» *« montre troublée jmrfois dans dilTérenls points chcx les syplii[iyques>. tls unt des refroidissements partiels, des algithtés locales, des fris* sons passagers, des bouffées de chaleur à la télé. Très-souvenl \c^ brûlures des tégutueuts doiment lieu à des congestions viscéraJei, pariiculièremenl de la mu(|ueuse intestinale» Ce sont là évidemment des congestions réilexes dans lesquelles les nerfs culanés eertdirorachiiliens sont le siège du courant centripète, t;unlïs que le sjnh patliique livre passage au courant ccntifruge. fjuanl au ceuîre ûp réflexion, il se trouve évidemment dans Taxe cérébro-spinaL au point d'aboutissenienl des nerfs seusilifs. Du reste, llrovvu-Sequird a TaK. a ce sujet, îles expériences directes qui démonheut que c*e?i bien dans la moelle que se réttcchissant de cette façou le^ï iiupre»*

GRAND SYMPATHIOUK. 499

gious eogeudrées par les brûlures du tronc et (ks uieuibres. La congestion viscérale, dans ce cas, prend fréquemment un caractère inflammatoire et finit même par déterminer des altérations nutriliYCS. C'est qu'en effet le réflexe qui s'opère sur les vaso-moteurs peut naturellement provoquer une contraction péristaltique est pasmodique des vaisseaux. Il peut môme se faire en même temps sur les nerfs fonctionnels, et déterminer, par leur intermédiaire, une activité morbide des éléments histologiques, qui dès lors sont encline à créer des produits anormaux.

Le sympathique joue aussi un rôle important dans la plupart des hémorrhagies spontanées, qui souvent ne sont que la conséquence mécanique d'une congestion réflexe portée à un très-haut degré. Il peut se faire alors, soit une sortie des globules par diapédèse sous j'influence de l'exagération de tension, soit une rupture des vaisseaux qui livrent passage au sang dans son (entier. Les choses se passent certainement ainsi pour les hémorrhagies intestinales qui viennent compliquer les brûlures graves. Il n'est plus admissible aujourd'hui d'expliquer les épislaxis et les hémorrhagies utérines qui se montrent dans la fièvre typhoïde et autres pyrexies par l'état chimique du sang. Ces hémorrhagies sont certainement produites par des congestions qui viennent traduire la perturbation vaso-motrice et par suite l'intoxication du système nerveux. Les vaso-moteurs déterminent une dilatation des vaisseaux de la pituitaire et de la muqueuse utérine.

Tout en étant l'agent direct de l'innervation vaso-motrice, le sympathique, sur le terrain pathologique comme sur le terrahi physiologique, subit l'influence des états de l'axe cérébro-spinal. Aussi voit-on survenir des effets, tantôt paralytiques, tantôt d'exaltation, dans la sphère du sympathique, sous l'influence des maladies de la moelle, surtout quand celles-ci sont d'origine traumatique. Les membres et particulièrement leurs extrémités sont piles ou cyanoses. D'autres fois, au contraire, leurs téguments prennent une teinte rouge vif. Il en est de même souvent dans l'hystérie, quoique la moelle ne soit alors troublée que dans sou fonctionnement et pasagèrement. L'influence pathologique que la moelle peut exercer sur le sympathique a été mise théoriquement à profit pour les besoins de a thérapeutique. Un médechi anglais, Ghapman, a conseillé d'appliquer de la glace sur la colonne vertébrale, atin d'engourdir le •ouvoir vaso-moteur de la moelle, de paralyser ainsi indirectement ' sympathique et produire un afllux de &an^' à la périphérie. Ly

aUU

PHV^IULOGII: DU SYSTKME NERVEUX,

IjniliqiLU/ n'a luiîlPinciit cadré avec l:i théurie. Li*s Vil^o-moteu^^ qti»* Itî syrupiitliir|ii(' confie aux nerfs cêréïiio*racÎ!i(lieris ne les suivent piis lo n jours, tependanl, iUm^ leur? deslinées pulholog-ifiues. Danii un cas de parai ysk a frif/oir du uorf radiiil, Vulpian a corislalêquc l'électricité pouvait encore faire nailre dans? son tiépurtemeot dw modifîcalionH vaso-motrices. Il en a été de même dans un cas «le paralysie satuniioe.

Les maladies du ( erveau, elles-mêmes, retentisseot sur le Tanctionnement do sympalliiciue et lui donnent des allures anoroialef. Il (existe, en effet, dans ce cats uucerlain relâchement des vaisseaux di-s memlires paralysés, et il est pUiB facile, ainsi que l'indique Gabier. de produire la tache méningitique. Ce médecin atlribjie Tappantion facile de cetie tache k raîTaiblissemenl de riniiervation vaso-motriCf qui se trouve privée de rapport normal de rencéphalc. Vulpiai* croit que la rougeur produite tient, non pas à une dilatation paralytique des vaisseaux, mais à une action vaso-dilatatrice, etquecellt^ plus grande facilité de production trtidnit au contraire nue plu« grande impressiounabililé de la moelle, résultant elle-métnc de ce que ce centre nerveux se trouve débarrassé de l'actiou modératrice du cerveau. Il se bavse sur ce qu'en étecïrisant la peau, on peutoMt*nirune sailtie plus rapide et plus accusée des follicules pileux sur les régions paralysées que sur celles qui dépendent de riiémisphére sain, ce qui indique bien ijiie la portion de la moelle qui échappi* au cerveau a acquis un pouvoir réflexe plus considérable, Saiu admettre d'une façon certaine Tactioa vaso-dilatatrice cocmne ce physiologisle la comprend, je pense avec lui qu'il s agit ici d'au effet d'irritabilité et non de paralysie, d aulant plus que le moyrti mécanique provocateur est plutôt de nature à exciter qu'à paralyser. Il est possible, en outre, que le réflexe ne se fasse pas dans la rr. " et que tout se passe dîms le plexus péri-vasculaire. C'esl peu; grâce à cette plus grande impressionoabililé vaso-motrice, que \» tissus s'enflamment plus facilement sous rinlluence des causer le* plus légères d'irritation.

Les troubles va^sculaires peuvent engendrer iiidireeiement dtn? bniits de souille dans les vaisseaux, de sorle que ce syniptùme ptnil \Htq d'origine nerveuse. Laennec, qui ne connaissait pas lexislencf (les vaso-moteurs, avait déjà dit que le souille vasculaire des 'i chondriaques tient au spasme de leurs vaisseaux. Depuis. Lii . veau en a encore mieux précise le mécaniï«mc dauî* le outoe sem.

PtRXND sympathiouk.

Sï'liiti lui. pauv i[uil y ait hritiL dr soniïle, il faut lu prodiiclion tl'not* veiïn* liquide. Or, eu se conlractanl^ lus vaisseaux déterraineui uû rétrécissement qni est tout juslenient Iti condition physique voulue |ïour la forniiitiau d une veine liquide. Sée, au eorilraire, prétend que les bruits de souille sont engendrés par la paralysie ou l'afTai' blïssement des va.so-iuoteurs, parce que le relûchement des vaisseaux diuunue lu tension du snng, et que c'est eelte diminution de lensîou qui permet au bru il de prendre naissaoce. il fait observer qu'il uû existe, en eiïet, dans la ïièvre ou les pyrexies, maladies dans lesquelles il y a un affaiblissement considérable des vaso-moteurs. La vérité se trouve probablenienl dans l'opinion mixte de Trousseau, qui croit qu'il suUit que les vaisseaux se modifieul, eu se relâchant ou s« reSR^rratit, pour qu*il se produise uue veine liquide. Eq loul C31S, il est certain que le sympjUhique joue un rôle dans la produclion des souilles vîiscuhûres.

Troubln de la cahrificafion^ — Lu chaleur des lifisus est naturel leruent solidaire de leurs modifications vascul aires. Aussi toutes les causes morbides capables d'irriter les vaso-moteurs d'une région font-elles baisser sa Icmpéralure relative, en même temps qulls la dècolorenl- Toutes ciHIes, au ronlraire, qui paralysent ces mêmes uerfis déterminent l'écliauffemeot et la rougeur de ces organes. C'est ainsi que les tumeurs du cou et du thorax^ qui comprometlent le cordon cervical, modifient la température de la moitié correspondanle de la tête. Cbez le malade de Panas, il y avait une différence de deux degrés entre les deux côtés. Lexcés de chaleur était même appréciable à la main. L'opéré de Verneuil offrait aussi une élévation de la température locale. Le malade d'Ogle avait manifestement Toreitfe correspondante plus chaude; elle résistait mieux au froid que l'autre. L'application delà ^lace augmenlait la différence; celle-ci tliniiuuait au contraire par l'application de feau chaude, mais elle grandissiiil surtout sous t influeuce de la marche, en même temps que ia vasculahsalion se prouoni^ail davantage. Je crois que ce double effiH tenait seulement à ce que la marche activait !e^ baltements du cœur. Be Ui l'envoi d'une plus grande quantité de sang que pendaul le repos. Le cOté malade eu acceptait plus que le côté Sftîn, parce que les parois de ses vaisseaux n'offraient aucune résistance à l'impulsion cardiaque. Chez le blessé de Siegmuller, la diffiTcnce de lempL^ralure ne fut que d'un dixième de degré. La jeune fille d'Mulenburg avait un écart de 0%3 à 0%4; son jeune

r>Mi PHYSIOLOGIE Dr ST?TÊ>fE NERVEUX.

iiomniP iiri Krart rie Or*.i, Poiteau a consiaté une augmeotatioD coo? tante et considérable iU^ la température du côté paralysé. La diffc rence était de (f.Z^ à IMO rhez l'an des malades de Nicati; chi on antre elle rariait de (^AOk (^,80. Cet auteur a analysé en dél^ ]t^ caractère^ des troubles calorifiques qui sniriennent dans c^^ circonstance, han^ le:^ premiers temps de la paralysie, la temiH^|.. ture de la moiti»* correspondante de la tête est plus élevée que co// de l'autre moitié. La première offre aussi plus de résistance an froid AuSfli, quand Tatmospheni est três-réfrigérante. la différence de tem pérature qui existe entre les deux côtés tend-elle à s accentuer d< plus en plus. La région parait aussi moins apte à s approprier l caloriqut.' extérieur, car la différence diminue à mesure que la ctia leur ambiant»* augmente.'^et même lorsque celle-ci a atteint 50 degrt^: le côté saiaest plus chaud que le côté malade. Lorsque laparalys est ancienne, on ob:5ervi.* un état inverse. C'est le côté paralysé q présente une température plus basse. — Pour les troubles de la c lorification. comme pour les troubles vasculaires, le sympathicf subit l'influence des états morbides de la moelle. Reale a vu la te^ : pérature s'élever à ."iO degrés sous l'influence d'un traumatisme dmj colonne vertébrale. Ce chiffre est tellement élevé qu'on est toute croire à une erreur.

Les chirurgiens ont contaté depuis longtemps que quand applique une ligature sur l'artère principale d'un membn*. ce cl* nier «'prouve immédiatement un refroidissement notable qui 5^%^ plique très-bien, puisque l'arrivée du sang se trouve tout A coi supprimée ainsi que celle du calorique qu'il apporte ordinaircijie avec lui. Mais Rroca a poussé plus loin l'observation et il a signa un fait consécutif qui était d'abord resté inaperçu : c'est que, s boni de doux heures, la température de ce même membre con menco à s'élfver ot tinit par dépasser de 3 ou 4 degrés colle € membre sain. (Jela tient d'abord à ce que les collatérales tendon l se dilater de plus en plus, de façon à suppléer la portion du tro i principal qui se trouve obstruée. MaLs tout ce que cette suppU>am semblerait devoir faire, ce serait de ramener l'irrigation saugni au niveau qu'elle présentait avant l'opération; et sa tempèrali* devrait .seulement devenir égale à celle du côté opposé. Pourqu fait-elle plus et élève-t-elle la température au delà de la normal Brown-Sequard a répondu à cette question en disant que .<c: doute la ligature détruisait les vaso-moteurs du tronc artériel

par suile ceux des branches naissant au-dessous; que cet ensemble de vaisseaux éprouvait, par le fait, une dilatation paralytique qui leur faisait admettre une plus grande quantité de sang que le compartiment artériel homologue qui se trouvait encore en état de tonus vasculaire. Cette explication me paraît, comme à Vulpian, parfaitement suflBsanle. Tel n'est pas le sentiment de Broca, qui pense que l'élévation de température précède l'augmentation de diamètre des collatérales et tient à la dilatation. immédiate de tous les capillaires qui, par leur ensemble, offrent une capacité beaucoup plus grande que celles de toutes les artères, même dilatées au maximum. Lorsque plus tard la circulation collatérale serait suffisamment rétablie, les capillaires reviendraient à leurs dimensions primitives, et à ce moment la température redescendrait à la normale.

On rencontre parfois des modifications locales de température qui sont dues à une action réffexe produite sur le sympathique par l'inflammation d'un organe plus ou moins éloigné. Lépine a constaté dans la pneumonie, la pleurésie et la phthisie une différence de température entre les membres homologues, qui est presque toujours à l'avantage de ceux qui correspondent au côté de l'organe malade.

Troubles de la nutritimi. — Nous avons vu que la section, et par conséquent la paralysie du cordon cervical, ne détermine, par elle-même, aucun trouble trophique dans la région qu'il innerve. Le résultat a été tout aussi négatif dans les paralysies spontanées que l'on a eu l'occasion d'observer dans l'espèce humaine, car aucune altération de tissu ne se trouve mentionnée dans les observations publiées jusqu'à présent. Mais si la paralysie du sympathique ne paraît pas avoir des conséquences directes poiu* l'intégrité des organes, tout porte à croire cependant que ce nerf peut, lorsqu'il fonctionne, contribuer à la réalisation de certains états morbides à effets matériels, notamment de l'inflammation et de l'œdème.

Le rôle considérable que les vaisseaux jouent dans le processus dit inflammation, indique à priori qiie le sympathique intervient dans ce trouble de la nutrition. Pour apprécier son mode d'intervention, il faut que nous reproduisions les diverses hypothèses émises sur le mécanisme du travail inflammatoire. Suivant Saviotti, il y a au début une simple dilatation des vaisseaux. Au bout d'un certain /emps, il s'opère une transsudation de globules par diapédèse. Ces (Jeux, phénomènes sont eux-mémosla conséquence d'une action ner-

PHVSIOURHK Dr ^YSTKMK XKRVRrX-

veiisc réflexe. Dès les premiers momenis, le tissu devirni U- «itfc d'un travail cellulaire iiiii irrite les iierTs sensilifs. Cetix-d lraa«* raeltent celtn impression aux centres vaso-moleurs qui, se trouvaul ainsi troublés <1aiis leur aitivilé Ionique, cessent d'entretenir h* tonus vasculaire. De là une dilatation qui, dans les artères, rend le# lîattements plus forts, et qui, dans les capillaires, rend la marche du sang saccadée, Koss et Vircliow ar corde ut une importance bien pics grande à la vie celloiaire, el rejettent au second plan rinlen'êotiaii nervease. Il y a avant tont uo trouble dans le travail que chaque eîêment histolofîique opère pour les besoins de sa propre nutrition inlime. Ces élémenls attirent i\ eux plus de sang pour soUlre ù leur travail exagère ; ils rotaboreut d'une manière vicieuse, Delàégcstion de produits plus ou moins anormaux de désassimilatiou. Quant à la modïficatton vaso-motnce, rpLioiqu'elle ait lieu au dèlïut de rinflamniation, elle n'eu est pas moios très-secondaire, puisque rabl;»Uon des ganglions cervicaux ne crée pas d'inflammation.

L'école dv Paris donne aujourd'hui à ractiou vaso-motrice uniiraporlance majeure dans les phénomènes inflammatoires. Mais son mécanisme, en cette circonstance, n'y est pas compris par tout k monde de la m^me manière. Les partisans des vaso-dilatateurs \eB Regardent comme étant seuls capables de réaliser un travail inflam* matoire. D*autres, avec Onimus et Legros, ne melienC eu soî'tie que les vaso-eonslricteurs, c>st -à-dire les filets propres du sympalbique, et leur font déteniiiner une contraction spasmodique et irrégulière des vaisseaux, qui serait la condition vasculalre spéciale" de tout travail inflammatoire.

Il Ê^t inconleslable que la vie cellulaire joue le rdieàla foiâ initial et capital dans l'inJlamroidion. L'irrit;ilioû des éléments histologique* ouvre la marche dans la plupart des cas. Dès le début, ils montrent une suractivité morbide qui exige une plus grande quantité de gang, mais même quand ce satig serait attiré, uniquement el toujours, par eux, son afflux ne pourrait encore se réaliser qu'A t'aide de modifications vasculaires pour lesquelles Tinner^'^ation vaso-motrice fst indispensable. En outre, la contraction spasmodigue des vaisseatis, que je crois, avec Onimus ef Legros, exister dans cette cireon5tance, viendrait à son tour entretenir cl exagérer la suractivité sponlanét' des tissus, mais il y a plus. Dans bien des câs, c'est certainement le système nerveux gui engendre, lui-même, rexcitation des éléments histologiques. Il en est évidemment ainsi dans \e^ m*

GRANn î^VMPAllIIOUK.

Page 1